Chapitre 9 : Leçon apprise

Un sentiment presque apparenté à de la culpabilité prenait Hermione par la gorge, elle avait sa tête endolori et un estomac quelque peu instable. Serrant une copie froissé de la Gazette dans une main et armée de d'un chiffon sur les potins dans l'autre, elle marcha résolument vers Malefoy Manoir. Derrière elle, les lourdes portes en fer forgé se refermèrent presque silencieusement, lui donnant une sensation de sécurité ainsi que d'isolement.

Ses talons résonnant sur les pavés, Hermione jongla avec les articles puis les plaça précairement sous le bras afin de passer une main dans ses cheveux. On entendait son souffle passer entre ses lèvres, sifflant de temps en temps à travers ses dents serrées comme si une vague d'anxiété l'a submergeait.

Malgré l'inutilité, Hermione se rassura à plusieurs reprises. Comment pourrait-il être fâché ? Ce n'était qu'un simple dîner entre collègues diplomatique avec un ordre du jour semblable… Il ne pouvait pas s'y méprendre! Bien sûr, les médias en avaient fait quelque chose de différent, mais Drago serait plus intelligent…sage…et…

…typiquement masculin…

…Et, évidemment, très enclin à des crises de jalousies.

Quelques minutes plus tard, Hermione se trouva debout dans le salon richement désigné alors que Malefoy avait posé son front contre le carreau de la vitre froide, les yeux fixés sur l'étendue verte de sa propriété. Son combat intérieur et sa chaleur semblait l'avoir vidé, ce qui laissa une boule miroitante de rage froide, silencieuse par sa nature mais d'autant plus déconcertante.

- Collègues diplomatiques, répéta t-il. C'était une déclaration plutôt qu'une question.

- Oui. Malefoy…Drago, les médias tordent la vérité, ils sont à la recherche d'une histoire, rien de plus.

- Collègues diplomatiques, répéta t-il de nouveau d'une voix morte.

Drago resta immobile et elle, silencieuse. Après quelques instants, il se redressa, se tourna enfin vers son visage, lissa son vêtement, leva les yeux fermement vers les siens et sourit. Il marcha ensuite vers elle et l'a pris dans ses bras. Ses bras étaient aussi froids que ses yeux, faisant frissonner Hermione de cette étreinte serrée, presque écrasante autour de son petit corps.

- Oui. Bien sûr. Draco murmura dans ses cheveux. «Pardonnez-moi, mon amour

Hermione se tendit à l'entente de ce mot tendre, mais se força à rester immobile.

- Je peux être si irrationnel parfois, n'est-ce pas ?

De sa main, Drago traça doucement la longueur de sa taille avant de l'immobiliser à la courbe de ses seins. Il écarta légèrement son corps du sien et permis à sa main de se promener davantage jusqu'à en emprisonner un entièrement. Sans repentir, il malaxa et pinça la pointe jusqu'à entendre ses petits soupirs. C'est à ce moment là qu'il s'éloigna, un petit sourire bénin planant sur ses lèvres.

Ses yeux étaient froids comme la glace.

Hermione prit une profonde inspiration pour se calmer et força son corps de cesser son emprise déloyale envers elle. Elle leva la tête avec fierté malgré l'éclat de ses joues colorées et fixa ses yeux sans broncher.

- Pour ce que ça vaut, je suis désolé.

Hermione avait répété ses mêmes mots précédemment, avant que l'intense colère de Drago ait fait exploser du verre et de la porcelaine à porté de main, versant Hermione d'une pluie de ce qui avait sans doute été des objets historiques et très coûteuses.

Drago conserva son petit sourire.

Il était brillant acteur et tout en se regardant fixement, Hermione réfléchissait. Si elle ne l'avait pas connu durant Poudlard, elle aurait certainement manquée le seul signe de tension qu'il affichait aujourd'hui. Au cours de ses duels avec Ron, juste avant de fuir, Hermione observait toujours attentivement cette contraction de sa main droite avant que la gauche atteigne sa baguette magique. Le pourquoi de cela, Hermione ne l'a jamais compris, mais il se passait la même chose en cet instant.

Bien qu'il soit immobile et presque désinvolte dans sa gestuelle, Hermione pouvait voir l'inévitable contraction de sa main droite. Il n'allait pas sortir sa baguette, Hermione le savait, c'était tout simplement un signe de colère.

Comme si il pouvait sentir son attention, la main de Drago se desserra et se glissa dans sa poche, cachant tout signe d'émotion. Ah…maintenant, il semblait avoir l'image du parfait pardon.

- Pas la peine de t'excuser, répondit-il. «J'ai peur. J'ai perdu mon sang-froid et je te demande pardon pour cette offense.»

Hermione hocha la tête avec raideur. Elle détestait quand il retournait à ce langage officiel. Cela la démangeait et elle n'avait qu'une envie, s'enfuir de son regard inébranlable.

- En fait, dans le but de réparer et cimenter la solidarité de notre mascarade, nous devrions être vus en public plus souvent, de peur que Weasley découvre notre ruse. Cela serait une sage décision, qu'en dis-tu ?

Hermione serra les dents pour retenir l'injure qui lui passait à l'esprit et hocha, une fois de plus, la tête avec raideur. Il était bon, il l'avait eu.

- Bien sûr, reconnut-elle avec le peu de grâce qu'elle pouvait afficher. « Je suis entièrement d'accord. »

- Bien, dit-il d'une voix rauque, ses yeux démontrant désormais son ennui, un acte pour lequel Hermione voulut applaudir.

- Bien, répéta-t-elle avec une voix nette pour contrer son ton impétueux.

Un rire profond sortit de sa gorge, un son sirupeux apparenté à une sombre promesse qui lui fit remonter un vague souvenir au plus profond de lui.

Elle se tortilla inconfortablement, se débarrassant de cette sensation afin de ne pas perdre son sang-froid.

- Bien. Il grogna et s'avança vers elle. A proximité de son corps, il appuya son dos contre le mur. Sans cérémonie, il captura ses lèvres en un baiser meurtrier en forçant le passage de sa langue dans sa bouche, elle haleta tant par le choc que par indignation. De sa chaude langue à l'aspect de velours, il caressa chaque recoin de sa bouche, ce qui lui permit de goûter à la violence, à peine contenue, de son corps.

Hermione savait qu'elle était perdue. Essayer de lutter alors qu'il était dans cet état ne ferait seulement qu'aggraver la situation déjà précaire. Au lieu de ça, elle se laissa faire, laissa la douceur de sa peau modeler son corps et son emprise impitoyable. Comme un souverain conquérant, il sentit sa soumission et ronronna, atténuant ainsi ses baisers éprouvants jusqu'à ce que ses lèvres caressent à peine les siennes, la pointe de sa langue caressant en douceur ses lèvres gonflés.

Sa poitrine se souleva et retomba à chaque respiration. Quand finalement, elle avait retrouvé ses esprits, elle ouvrit ses yeux et regarda le visage de Drago remplit de plaisir. Sa beauté d'ange déchu n'avait jamais été aussi apparente à ses yeux qu'en ce moment avec ses yeux d'argent pensif et ses lèvres gonflées de sa propre force.

- Je pense que tu commences à te réconcilier avec la nature de notre relation, murmura-t-il en baissant la tête pour que ses dents puissent pincer le lobe délicat de son oreille.

Hermione frissonna mais se pencha, l'invitant à continuer et puis soupira de frustration quand il s'éloigna.

C'était physique. C'était ce qu'il attendait d'elle. Peu importe combien elle pouvait le mépriser, son corps réagissait avec ferveur à sa simple présence.

- C'est sans rapport, répondit-elle, ses yeux le fixant fermement pour souligner son point de vue.

- Ce n'est pas sans rapport. Les yeux de Drago chutèrent vers ses lèvres en appuyant sur ses hanches par des mouvements circulaires lents et tortueux.

Malgré son pantalon, Hermione sentit la pulsation de vie du membre de Drago, cherchant sa chaleur brûlante.

Il lui fallut toute sa force de volonté pour ne pas déboutonner son pantalon et le libérer, et elle, elle n'avait plus la force pour arrêter ses hanches à répondre à cette frénésie et tenta de se positionner au mieux pour approfondir cette sensation.

Drago ricana et déplaça ses hanches, lui refusant la friction qu'elle sollicitait.

- Si tu demandes gentiment en ajoutant un « s'il te plait », je pourrais prendre pitié.

Hermione mordit sa lèvre pour retenir la phrase qui voulait sortir puis, elle sortit un « s'il te plait» désespéré qui s'était précipité au bout de sa langue. Elle avait toujours sa fierté quoique ses sens semblaient l'avoir abandonnés.

Elle vit une fine pellicule de sueur sur sa peau quand elle leva ses yeux vers son mystérieux visage. Il semblait beaucoup plus calme qu'elle. Hermione aurait pensé qu'il était complètement indifférent à leur position si on omettait cette lueur sauvage dans ses yeux.

Drago ne l'a touchait pas. Ses mains étaient posées fermement contre le mur, la prenant au piège entre ses bras souples, et ses lèvres étaient uniquement employées dans l'expression de son amusement…seul son bassin se déplaça en un rythme immuable.

Quand finalement, le désir s'intensifia en une douleur atroce, elle attrapa sa ceinture et la défit avant qu'il ne puisse protester, déchirant presque le fin tissu de son pantalon afin d'atteindre son membre durcit. Au premier contact, elle haleta par cette simple sensation qui réveilla en elle un autre flash d'un souvenir et de sa familiarité inexplicable.

- Qu'est-ce… commença-t-elle à poser dans la confusion, mais toutes ses pensées furent coupées lorsque Drago la retourna, faisant appuyer sa poitrine contre le mur. Ses doigts s'avancèrent sur la chair de ses hanches et de son abdomen, il fit sauter le bouton de son jean puis tira sur cette matière grossière pour ouvrir la fermeture éclair et le fit descendre avec sa culotte le long de ses jambes.

Par un gémissement, Hermione félicita la poussé de ses doigts qui s'enfoncèrent dans son antre chaud, une fraîcheur bienvenu avec le liquide brûlant de son corps endolori. Avec sa tête tournée vers le côté, elle pouvait voir son visage du coin de l'œil. Il la regardait avec une attention d'adoration tandis que sa main faisait des va-et-vient.

Protestant fort, Hermione poussa ses hanches plus en arrière, exigeant muettement un autre doigt, qui l'amènera à son paroxysme…mais il était cruel et au lieu de cela, il retira sa main et leva ses doigts luisants afin d'étudier le chatoiement de son humidité à la faible lumière du soleil.

- S'il te plaît, força Hermione et Drago quitta lentement ses doigts de ses yeux et la regarda avec curiosité. Alors qu'elle le regardait, il porta ses doigts à ses lèvres et les suça. Alors qu'Hermione haletait, Drago ferma les yeux d'extase jusqu'à ce que ses l'orbes d'argent s'ouvrirent brusquement et sa volonté éclata…

En un instant, elle sentit son corps plaqué contre le sien, et tout aussi rapidement, elle sentit une exaltante brûlure quand son sexe entra en elle. Quand il fut entièrement en elle, Drago se retira avec une douloureuse lenteur.

- Exquis, lui souffla-t-il à l'oreille. «Absolument exquis.»

Désespérée, Hermione rapprocha son corps du sien recherchant le contact, voulant l'avoir à l'intérieur d'elle pour enfin se libérer. Ca ne ressemblait à rien à ce qu'elle avait connu jusqu'alors, elle n'avait jamais connu ce plaisir qui lui faisait si mal qu'elle en perdait toute pensée, que la seule chose qu'elle désirait c'était qu'il reste enfoui au plus profond d'elle jusqu'à la fin des temps.

Elle haletait…par Merlin ! Mais il lui faisait sentir si belle.

A chaque entrée et retrait, Hermione sentit un éclat profond de…quelque chose qui grandissait de plus en plus dans sa poitrine alors qu'il susurrait des mots d'affection, d'obsession et d'amour à son oreille.

Le glissement délicat de sa peau ne perdait jamais de sa douceur, de ce rythme soyeux avec une sorte d'horrible tendresse. Hermione sentit le plaisir monter de plus en plus haut jusqu'à ne plus tenir et elle cria par anticipation, en attente de cette poussée finale qui la plongera dans les profondeurs de l'oubli.

Drago fit une pause, sourit d'un air satisfait puis se retira enfin. Hermione sentit sa dureté glisser de sa chair alors que son corps insatisfait glissa au sol. Retenant un cri, Hermione se tourna de sorte de lui faire face et le regarda avec désespoir alors qu'il remontait son boxer en soie sur son membre encore tendu puis suivit de son pantalon lui permettant d'onduler de façon provocante sur ses hanches étroites.

- Pourquoi ? Qu'est-ce que… était tout ce qu'elle pu murmurer alors qu'il s'agenouilla à côté de son corps à demi nu.

Penché en avant, il l'embrassa tendrement sur les lèvres et sourit brièvement avant de se relever.

- Ta punition, mon amour. Réfléchis à deux fois la prochaine fois que tu décideras de dîner avec un autre homme.

Drago considéra son visage scintillant et quitta la pièce en fermant tranquillement la porte derrière lui.

Abasourdie, Hermione resta là, sans pudeur, affalée sur le sol de l'élégant salon, son jean et ses sous-vêtements autour de ses chevilles et son corps qui hurlait cette libération qu'on lui avait si cruellement refusée. Frémissant, Hermione maudit violemment Malefoy à haute voix, crachant toute sa colère puis elle rassembla ses esprits et hésita à terminer le travail seule. Il ne lui fallut pas longtemps pour se résoudre à une conclusion, la petite explosion de plaisir qu'elle pouvait se procurer ne serrait rien comparé à ce que le corps de Drago lui avait promis.

Emportée par la rancune, Hermione se redressa et chercha une salle de bain, errant dans les couloirs interminables jusqu'à ce qu'elle capitule et demande l'aide d'un elfe de maison. Quand elle fut lavée de cette insatisfaction qui lui collait, Hermione alla à la recherche de Drago mais on lui indiqua que le maître était partit pour une affaire privée et n'était pas censé revenir en Angleterre avant plusieurs jours encore.

Luttant contre l'envie de taper du pied comme une enfant, Hermione prit une profonde inspiration apaisante et marcha avec colère vers la porte d'entrée. Tout en marchant dans l'allée pavée du Manoir Malefoy, elle se maudit violemment. Elle ne pouvait pas blâmer les journalistes ou Dolohov, peu importe combien elle l'aurait souhaitée… elle aurait du se douter qu'un enfant gâté comme Drago ne pouvait pas prendre cela bien. Elle devait plutôt maudire Malefoy mais c'était applaudir sa nature de Serpentard.

Merde, merde et double merde.


Drago l'observa alors qu'elle tapait du pied sur les pavés puis transplana loin.

Il sourit malgré la douloureuse palpitation de son sexe. Il avait peut-être appris une leçon à Hermione, mais ce n'était certainement pas une expérience amusante pour lui non plus. Apportant une image de son extase à l'esprit, Drago gémit et respira profondément, sentant Son parfum persistant. Il ne serait jamais en mesure de retourner dans ce salon sans avoir une immortel érection. Soupirant doucement, il se dirigea vers sa salle de bain luxurieuse…il avait le sentiment qu'il passerait beaucoup plus de temps là, le temps que cette affaire d'engagement et de mariage soit réglée une fois pour toute.


Le sourire sur les lèvres de Dolohov pouvait paraitre profondément inquiétant, si ce n'est qu'il était satisfait de lui. Il feuilletait négligemment les pages de la Gazette et une vague de réussite traversa sa poitrine à chaque fois qu'il regardait l'image de la belle Hermione Granger et lui, penchés sur leurs desserts en un échange apparemment romantique. En tout cas, c'était ce que les journalistes avaient suggérés.

Il n'en était rien, bien sûr, Dolohov s'était délicieusement consacrée à sa cause et était sûr de glaner autant d'informations que possible. Pendant leur entretien, elle était enthousiasmée par tout ce qu'elle racontait, ce qu'elle aimait. Une étincelle l'emportait quand elle racontait ce qu'elle faisait, et tout observateur ordinaire ce serait levé pour en prendre connaissance. Ah…être l'unique obsession d'une telle femme serait une vraie merveille. D'un doigt grêle, Dimitri caressa l'image en noir et blanc d'Hermione pendant qu'elle mangeait, se rappelant la détermination charmante dans ses yeux quand elle promue farouchement la S.A.L.E. C'était à la fois sa force et sa faiblesse. C'était certainement une arme que Dolohov pourrait manier, quelque chose à utiliser comme un levier et un leurre.

Quel incroyable ajout faisait-elle à la famille Dolohov ! L'intelligence, la magie, le sang-froid…ce qui faisait cruellement défaut aux Dolohov si leur héritage devait s'avancer dans ce vingt et unième siècle de l'après-guerre. Et quelle belle conquête elle ferait dans son lit…une femme qui n'écarterait pas les jambes pour la richesse et le prestige. Par ailleurs, ce serait son plus grand plaisir de l'éloigner de Malefoy…pour finir, après des millénaires, un Dolohov vaudra mieux qu'un Malefoy. Ses ancêtres devaient sûrement l'applaudir de leurs tombes.

Soupirant de contentement, Dimitri replia soigneusement le journal et le mit de côté, sur sa table de chevet. Il glissa paresseusement sa tête sur ses oreillers calés sur son lit et se tourna pour regarder la flamme de cheveux roux à ses côtés. Son corps était roulé dans une position fœtale, à son opposé. De temps en temps, ses épaules crémeuses frissonnaient à cause de sanglots silencieux avant qu'elle ne se roule un peu plus en boule, jusqu'à ce que son visage soit presque encerclé par ses genoux.

- Voilà, voilà ma chérie, murmura Dolohov en caressant d'un doigt le long de sa colonne vertébrale. «As-tu eu assez de temps pour réfléchir à tes actions ?»

Ginevra Weasley se redressa lentement et se tourna péniblement pour lui faire face. Les larmes striant encore son visage, elle hocha la tête sagement.

- Je suis désolé, Dimitri. Je n'aurai jamais du trouver un autre homme. J'ai été très idiote…je n'ai pas…

Dimitri Dolohov l'attrapa par la gorge et serra, coupant court à tous mots qu'elle voulut dire.

- Tu n'es pas idiote, ma cher, t'es juste qu'une putain. Ses doigts se resserra brièvement puis il l'a libéra.

Ginny gémit et haleta piteusement, drainée de ses combats la veille et de ses douloureuses exigences quand il était revenu de son dîner avec Hermione Granger.

Il continua à parler, insensible à son malaise et sa peur. « Un homme comme Drago Malefoy ne t'accordera jamais une journée…avec une femme comme Granger à ses côtés tu as une chance encore plus faible de même attiré son mépris. Chose stupide, n'est-ce pas…tu n'es bonne que pour étendre tes jambes et même alors, Merlin seul sait combien les hommes sont sensible par ce don particulier. »

Elle se mordit les lèvres alors que ses larmes coulaient librement et Dimitri lui lança un ricanement de dégoût. Il s'écarta loin d'elle, laissa tomber ses pieds nus sur le sol glacé et s'avança vers la porte ouverte de la salle de bain sans un regard en arrière.

Hors d'elle, Ginny enfouit son visage dans l'oreiller et fit claquer son poing inutilement dans cette matière douce, étouffant la torture de ses furieux sanglots alors qu'elle tentait d'ignorer la morsure de ses côtes. Quand enfin elle reprit un minimum de contrôle, elle s'aida de ses coudes pour se relever et arracha la Gazette de la table de chevet et le jeta, face visible, à l'endroit où elle était couchée auparavant.

L'image de Dimitri et Hermione lui souriaient d'un air moqueur.

#OÙ EST MALEFOY ?#

Ginny lut le titre étincelant et sourit. Il ne devait pas être heureux de cette situation…peut-être serait-ce le bon moment pour…ses yeux se levèrent vers la porte fermée de la salle de bain et elle frissonna. Non, si Dimitri découvrait qu'elle était allé voir Malefoy…

Elle secoua sa tête pour se débarrasser de cette pensée et laissa la frustration l'emporter jusqu'à vouloir crier.

Cette salope !

Granger ! N'était-ce pas assez d'avoir Drago ? Elle était si avide qui lui fallait Dolohov aussi !

Frappant du poing sur la photographie en mouvement, Ginny saisit les bords du journal et tira, elle le réduit et le déchira, mais ne lui donna que peu de satisfaction. Elle était une fois de plus tentée de crier mais elle ne voulait pas alerter Dimitri, de peur de recevoir une punition.

Haletant de colère, Ginny appela un elfe de maison pour nettoyer les dégâts qu'elle avait fait et elle s'habilla. Elle voulait partir avant que Dolohov revienne, besoin de s'éloigner un certain temps, juste le temps pour elle de guérir ses bleus. Elle ne pouvait tout simplement pas laisser Dolohov aux griffes avides d'Hermione ainsi.

Secouant sa chevelure, Ginny décida de rendre visite à la salope en personne. Mettre Hermione plus bas que terre ne pouvait pas la nuire, ça avait toujours été son passe-temps favori.

Quand elle fut enfin satisfaite de l'image sexuée qu'elle dégageait, elle transplana dans le centre de Londres, devant la porte d'appartement d'Hermione. Elle se moqua du regard désapprobateur d'un vieux couple qui passa devant elle et frappa ensuite à la porte.

Hermione ne répondit pas et il n'y avait aucun bruit à l'intérieur de l'appartement. Après un moment d'impatience, Ginny frappa du poing contre la porte de nouveau, tentée de crier à la salope de lui faire face.

- Weasley….puis-je t'aider ?

Ginny se retourna et faillit perdre l'équilibre sur ses talons en voulant faire face au propriétaire de la voix.

- Granger, fit-elle avec colère. « Je veux te parler. »

Hermione sourit d'un air désapprobateur.

- C'est ce que j'avais cru comprendre, soupira-t-elle. « À quel propos ? »

La tête rousse se redressa avec arrogance, gommant les plis de colère de sur son front.

- Tu ne me fais pas entrer ?

- Non, répondit Hermione, impassible.

- C'est tellement impoli de ta part, Granger. Moi qui croyais que tu étais du genre « madame-je-fais-tout-comme-il-faut », siffla Ginny, réduisant ses yeux.

Hermione fixa son regard sans broncher.

- Les temps changent.

Les deux femmes se regardèrent froidement, une de rage refoulée, l'autre de mépris.

- Restes à l'écart de Dimitri, dit enfin Ginny avec force.

Hermione leva les sourcils d'incrédulité.

- Quelle hypocrisie ! Peut-être devrais-je te rendre la pareille et te dire de rester loin de Malefoy.

Ginny ricana.

- Des menaces ? Inquiète que ton statut de sang-de-bourbe empêche Malefoy de te garder ? souligna la rousse face à l'expression de l'autre femme et gloussa mesquinement. « Il n'est pas généreux avec toi, n'est-ce pas ? Oh cher, il ne perd pas son temps avec des amateurs… »

- Mieux que d'être une marchandise d'occasion, répondit Hermione, essayant de faire abstraction de l'insulte.

Les yeux de Ginny se rétrécirent et ses narines ce dilatèrent de colère.

- Il te suffit de garder tes griffes hors de ce qui m'appartient ou je te le ferai regretter.

Filant sur ses talons, Ginny commença à s'éloigner, tête haute. Hermione fit un bond et la saisit par les poignets.

- Weasley ! s'écria-t-elle alors que Ginny poussa un cri de douleur aiguë.

- Qu'est-ce qui te prends ? cria la rouquine avec colère. « Lâche-moi tout de suite ou tu vas le regretter, Granger ! »

Hermione retint son souffle de dégoût.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé Gin ? Tu n'avais jamais été comme ça à Poudlard.

Quelque chose brilla dans les yeux de la jeune femme alors qu'elle se frottait son poignet où Hermione l'avait saisie.

- Ouais, eh bien, les temps changent.

Elle s'éloigna de nouveau mais Hermione reprit la parole.

- Pas tellement, Gin. Que s'est-il passé entre toi et Harry… ?

- C'est de ça maudit faute ! Il avait perdu espoir pour nous deux alors il est allé voir Parkinson et maintenant, elle porte son enfant bâtard et…et…et… Ginny haleta et se frotta les temps. Elle se tourna vers Hermione, lui offrant une grimace en signe de sourire. « Comme je l'ai dit, les temps changent. Pourquoi remuer le passé, Granger ? Tu espères ressouder notre vieille bande ? Ron se moquerait s'il t'entendait, même si tu te mettais à genoux… »

- Merlin, Oubli Weasley ! Hermione passa une main dans ses boucles entremêlées. « Je voulais simplement te dire que tu blesses tes parents et toi en agissant comme ça. Tu ne te fais aucune faveur. »

- Merci pour cette merveilleuse perspicacité, Granger, mais je pense faire ce qu'il faut. De plus, pourquoi prendrais-je conseil auprès de toi alors que tu n'as même pas de famille ?

Des larmes apparurent aux coins des yeux d'Hermione. Ses parents avaient péri durant la Grande Guerre et elle n'en avait pas oubliée les conséquences. Ainsi, au lieu d'essayer de tendre la main à la rouquine et la laissa s'éloigner.

- Une âme perdue.

Hermione pivota et porta une main à son cœur.

- Luna ! Depuis combien de temps es-tu là ?

La blonde aux yeux de biche secoua la tête pensivement et caressa sa frange de son doigt. Elle était vêtue d'une robe, ou d'un sac à patate violet selon le goût d'Hermione, avec des lunettes de soleil arrondies et d'un foulard lié à sa tête au petit bonheur. Elle ressemblait à un agent free love (1) tout droit sortie des années soixante…il semblait que Luna n'avait toujours pas saisit le concept des vêtements moldus.

- Seulement un petit moment. Mais, il ne m'en a pas fallut plus…elle n'est pas très subtil.

Hermione soupira et ouvrit la porte de son appartement pour faire entrer Luna.

- Les Weasley le sont rarement.

Après avoir fermer la porte derrière elles, Hermione jeta ses clés sur le comptoir et tomba dans un canapé bien rembourré. Soupirant de réelle lassitude, elle pencha sa tête en arrière et ferma les yeux tandis que Luna prit place à côté d'elle.

- Je t'offrirai bien une boisson mais je crains que mon corps ne m'obéisse plus.

- Bien, murmura docilement Luna. «Tu souhaites m'en parler ? »

Hermione secoua la tête avec véhémence et agita la main comme pour rejeter cette notion.

- Je ne parle pas de Ginny, dit Luna d'un ton neutre. « Je parlais de cette petit histoire de toi et de ce rendez-vous illicite avec Dolohov. »

A ces mots, elle eut toute l'intention d'Hermione. Ses yeux s'ouvrirent en un instant et elle grogna furieusement.

- Ne me dis pas que tu crois à ces bêtises, Luna Weasley ! Je n'aurais jamais…

- Une image vaut milles mots.

Hermione s'affala de nouveau.

- C'était juste un dîner d'affaire. C'est tout. Rien d'illicite ou de répréhensible.

Un silence déconcertant suivit après le « hmm » de Luna puis elle demanda dans ton presque innocent : « Et est-ce comme cela que l'a interprété Malefoy ? »

Serrant les dents, Hermione pencha sa tête sur le côté, regardant avec dépit une photo des Pyrénées encadrée sur le mur.

- Drago est irrationnel. Comme tous les hommes.

- Mmm hmm. Luna hocha la tête distraitement, ses yeux trahissant son amusement. « Donc, si tu trouvais une photo de…disons, Ginny et Malefoy partageant un dîner intime affichée dans tout les tabloïds people et que… »

Hermione grogna âprement, luttant contre le désir de se frotter la poitrine pour chasser le sentiment étrange qui s'éleva maintenant au niveau de sa gorge.

- Bien, bien. Un point pour toi. Cependant, J'suis allé le voir pour lui expliquer les choses et que fait-il… ? Elle s'arrêta à mi-phrase, une chaleur inondant ses joues quand elle se rappela exactement ce qu'il s'était passé et de la manière cruelle dont il l'avait quittée, pour la punir avait-il prétendu.

Luna se pencha en avant avec impatience.

- En effet… qu'a-t-il fait ?


(1) Le terme « free love » a été utilisé pour décrire un mouvement social qui rejette le mariage, qui est considérée comme une forme de servitude sociale. Objectif initial, le mouvement Free Love était de séparer l'État des questions sexuelles telles que le mariage, le contrôle des naissances, et l'adultère…