Chapitre 7
Les filles se levèrent tôt, encore, ce matin. Elles prirent chacune une douche, comme à tout les matins. Blondines se rasant alors que Hermione se lavait, et le contraire ensuite. Blondine se maquillant, et Hermione se coiffant, comme à tout les matins, leur amie Kristi venant les rejoindre vers 6 heures du matin, elles déjeunaient à peine, et boom! Voilà que leur journée commençait. Encore et encore le même enfer, depuis bientôt un mois et quelques jours.
Elles traversèrent le champs de blé d'inde, et tournèrent à droite sur la grande route. Elles suivirent cette route vers l'est durant quelques dizaines de minutes, et alors arrivèrent quartier Carigni. Le centre-ville de Carigni était trois fois celui de St-Martin et Saint-Henry réunis. Mais c'était loin d'être le plus beau et le plus propre. Carigni, c'était là où les putains, les vendeurs de drogues, les danseuses, les cinglés et les barges vivaient. C'était pire que le vieux St-Henry. Pire, et encore pire que ce que Hermione avait connu, pire et encore pire que ce que Blondine avait connu… c'était d'où leurs mères venaient, et où Hermione et Blondine, ainsi que leur amie, s'en allaient.
Avril, déjà. Le printemps fleurissait quelque peu les arbres morts des rues salles et de cette ville grise, polluée et monotone. Ça sentait la cigarette et la pisse de chat ou de chien partout. C'était laid, et depuis la fin février, et le début mars, voilà qu'elles allaient tous les matins sur le même coin de rue. Un bout de ville bien sombre, à l'abri des autorités et où la racaille, les putains, et la drogue ce tenait. C'était là que grouillaient toutes les affaires malveillantes et salles, et elles, elles étaient tombé dans le panneau.
Ces jeunes hommes, qui les avaient recueillies, leur avaient donné un endroit ou vivre, un endroit ou manger, et où elles se cGrangeraient en sécurité. Et le matin venu, celui où elles devaient, et voulaient partir, ils leur avaient acheté des bijoux, les suppliant de rester. « Vous êtes mignonnes, et bien trop jeunes pour vivre l'enfer que vous vivez, restez, s'il vous plait. » Le jour d'après ce fut deux magnifiques robes de soirées, pour aller au resto. Et chaque soir qu'elles désiraient partire, boom! Un nouveau cadeau. Ensuite, ce fut le party! L'alcool, et surtout la drogue, à n'en plus finir. Puis, les semaines suivantes, ce fut l'essai. Elles, qui étaient vulnérables, naïves et sans ressources, s'enroulaient dans une couverture de malheur. Un tissus de mensonges. Les fausses cartes, les fêtes «underground» puis, la prostitution. Et voilà où elles en étaient rendues maintenant. Accro à des drogues mortelles, en quête de chaleur et de réconfort, perdues dans un monde noir, d'où elles ne pouvaient sortir. Les viols, la violence, les batailles, les mensonges et l'argent sal, la drogue et l'enfer et la misère de la rue.
Hermione portait une jupe noire, très courte, des botes en cuir à talon aiguilles, et une camisole noire, faite du même tissu que les bas nylons, sous les quels on pouvait voir son soutient-gorge rouge. Ses yeux, maquillés de noirs, ses lèvres teintées de rouge, elle était sur le bord de la rue, tenant sa sacoche noire d'une main, et sa cigarette de l'autre.
Blondine, avait la même jupe que Hermione, et des bas filets, montant à la mis genoux. Elle portait des bottillons noirs à talons aiguilles aussi, et une camisole blanche très courte, et à peine opaque sous la quelle on voyait son soutient-gore noir.
Quant à leur amie Kristi, elle portait des shorts mi-fesse noire, les mêmes bottillons que Blondine et un chandail filet sans manches noir, sous lequel on voyait son soutien-gorge, elle aussi rouge.
Kristi ayant sa sacoche rouge en main, elle sorti son miroir, pour se mettre un peu de rouge à lèvre rouge vif. Ses yeux, aussi maquillés de noirs semblait encore plus triste et plus moche qu'à l'habitude. Plus elle se regardait, et plus elle se trouvait moche. Pourtant, avec ses superbes cheveux roux, et ses yeux bleus ciel, Hermione ne cessait de lui dire qu'elle était superbe.
Les filles trouvaient comme seul réconfort, le soutient de leur amies, même si elles savaient bien, qu'elles n'en sortiraient jamais. Elles étaient comme trois sœurs maintenant. Inséparables.
Blondine, c'était pareil. Elle n'aimait plus son corps. Elle se sentait toujours salle. Même après trois douches. Même après s'être brosser les cheveux, les dents, rincé la bouche, après s'être fait sauté par quelques mecs, elle revenait toujours à la case départ. «Ouache!» C'tait le seul qualificatif qu'elle trouvait digne de s'associer.
Et pour Hermione… c'était devenu pire encore. Elle se mutilait toujours, et les deux autres avaient commencées aussi. Elle se détestait encore plus…
- Arrête Kristi! T'es super mignonne! Tes yeux sont couleurs ciel, tes lèvres couleur cerises et tes cheveux comme le soleil! Tu es une superbe meuf!
- Ouais c'est ça… j'suis sur… répliqua-t-elle, en prenant une bouffé de la cigarette à son amie.
- Elle dit vrai chérie, renchérit Blondine. T'es toute mignonne!
La rouquine se contenta de lui faire un regard sarcastique.
- Alors, vous avez entendu parler du show qu'il y aura au Cabaret Rouge? Questionna subitement Hermione.
- Ouais, un groupe des États-Unis… rétorqua blondine en prenant à son tour une bouffé de la cigarette à demi consumée… Pourquoi, tu veux y aller? Poursuivit-elle.
- Oui, çà as l'air bien… non?
- J'ai entendu dire qu'il restait des billets, on pourrait allé voir cet aprem… si, par un pur hasard, l'on ne trouverait pas de boulot… si vous voyez ce que je veux dire… répondit Kristi.
- M'ouais, je suis partante! S'exclama Blondine. Et toi princesse?
- Oui, je veux bien …
Hermione sourit. Rares étaient les occasions où elles pouvaient sortir. Mais durant la fin du mois précédant, et les deux semaines de ce mois, elles avaient amassé le double de ce qu'elles amassaient habituellement en quatre semaines. Alors, peut-être IL les laisseraient sortir pour un peu de repos.
L'après-midi venu, comme par "hasard", elles n'avaient pas de boulot. Alors comme elles en avaient convenues, elles allèrent à la billetterie pour voir s'il restait des billets pour le show de Credo, un nouveau groupe américain qu'elles aimaient bien. Irvine, une fille qui faisait la rue avec elles il y a encore quelques semaines, et qui avait subitement disparue - ce qui n'était pas rare pour ces jeunes prostituées, souvent elles se sauvaient, se faisaient tuées, se suicidaient ou mouraient d'overdose - leur avait fait découvrir. Blondine paya les 3 billets. C'était elle qui avait le plus d'argent entre les trois filles, apparemment, les mecs aimaient réellement mieux les blondes! Par la suite, elles retournèrent à la maison. IL était là et ne semblait pas nécessairement joyeux de les voir arrivée sans travail, et si tôt.
- Qu'est-ce que vous faites là les putes? Demanda-t-il, furieux.
Encore, il était saoul… ne passait-il pas une journée sans boire ou fumé quelconque merdes qu'il se payait avec l'argent qu'elles lui ramenaient?!
- T'es saoul pauvre con, va donc asseoir ton putain de cul sur ton canapé puant et laisse-nous tranquille, lui jeta Kristi à la figure… Elle était plus habitué que les deux autres, malgré qu'elle savait qu'elle paierait ces paroles, elle n'hésitait pas à répliqué.
- C'est ça… tu paieras plus tard salope.
Blondine et Hermione comprenaient bien que leur vies avaient changé… quand elles se regardaient dans le miroir… mais plus les semaines passaient, plus elles étaient tristes… plus elles regrettaient leur fugue et leur naïveté… et maintenant, elles ne pouvaient plus s'enfuir.
Kristi monta avec elles aux 2ième. Là, elles commencèrent à se préparée pour le concert.
Alors le soir venu, elles avançaient dans la rue, et comme à l'habitude, des "pimps" et quelques unes de leur «chéries», quelques junky et itinérants çà et là jonchant sur les trottoirs, le regard vide ou les yeux tels ceux des poissons. Quelques jeunes se tenant en bande, avec les système de son des voitures crachant du hip-hop à plein poumon au coin de la rue Malin (drôle de nom tout de même…), là ou se trouvait le bar-billard et quelques pas plus loin le bar de danseuses nues. L'hôtel Grand Image était illuminé, on aurait dit un palace… évidemment, seul la nuit il avait l'air d'un palace, car la noirceur cachait la laideur de la façade dont le temps, et les fusillades fréquentes, avaient eus raison. La nuit était leur Grangeraume. La nuit, elles étaient des déesses pour quelqu'un… malgré toute la drogue et l'alcool qu'elles ingéraient… elles préféraient la nuit.
Alors qu'elles descendaient la rue De L'orme, une des prostituées, qui accompagnait un homme au teint basané et aux cheveux noirs, les salua vivement.
- Salut les filles! S'écria l'adolescente de 17 ans.
- Salut Chérie! Répondirent-elles, en lui faisant la bise.
- Où allez-vous toutes belles comme çà?! Questionna-t-elle.
- Au concert de Credo à l'amphithéâtre Noir-Mer, répondit Blondine.
- Sérieux?! Woah! Vous êtes chanceuses les meufs! Moi je travaille ce soir, justement, je vous présente Enrique…
Les trois filles déduisirent que Enrique devaient être celui pour qui Chérie travaillait… probablement que sa sœur aussi travaillait pour lui. Son nom était bien connu, c'était lui qui avait le plus de «filles».
Elles se dirent au revoir, et les trois filles arrivèrent aux porte du Noir-Mer environ quarante minutes avant quelles n'ouvrent.
