Me revoilà avec un petit chapitre ! (Je ne sais pas pourquoi, en ce moment, je n'arrive pas à faire long... Peut être parce que j'ai une fiche de lecture de 10.000 mots à faire pour dans une semaine et que depuis, je fais une allergie aux textes trop longs... Bref, ne voulant pas vous ennuyer avec ma vie, je vais vous laisser avec Ziva ^^). Encore merci à tous ceux qui me suivent, et bonne lecture ! :)
Miniziva : sache que la partie très constructive me fait très plaisir aussi ! ;) J'aime bien imaginer leur relation un peu particulière, après tout, le Mossad laisse des traces même chez une Ziva qui a passé cinq ans aux Etats-Unis ^^ L'heure des révélations ne devrait plus tarder, je te laisse découvrir !
« Tu es en avance, Ziva.
- Je sais, aba, je ne voulais pas faire attendre mon chauffeur, commenta l'interpellée en s'asseyant à la terrasse du café, face à son père. Tu remercieras Hadar une nouvelle fois d'avoir accepté de m'accompagner, même si tu as aménagé sa journée, c'était gentil de sa part.
- Tu sais que ça lui fait plaisir, libéti. Mais je lui transmettrai tout de même, affirma Eli David, avant de jeter un coup d'œil à la carte. Tu prendras quelque chose ?
- Je ne sais pas quoi prendre du tout, ce café a dû changer de propriétaire dix-sept fois depuis que je suis partie ! releva-t-elle sans pouvoir s'empêcher de répondre au sourire de son père.
- Que dirais-tu de prendre quelque chose à emporter pour manger au parc Hayarkon, en face de la fontaine ? suggéra-t-il. Tu aimais tellement avant, avant que tu ne rentres au Mossad, et ça, je te promets que ça n'a pas changé.
- Alors ça me va, répondit-elle simplement. Mais aba, tu es sûr que tu peux aller à Hayarkon sans gardes du corps ? Je sais que ça sera calme, à cette heure, mais on ne sait jamais…
- Ma fille est là pour me protéger, en cas de besoin, n'est-ce pas ? » lança-t-il en souriant.
Le visage de la jeune femme se referma. Elle ignorait où son père voulait en venir, mais la manière qu'il avait de privilégier le 'bon vieux temps', et ses références constantes au passé, aussi bien à son enfance qu'à l'époque où elle jouait les gardes du corps, ne lui laissaient présager rien de bon.
Elle s'en voulait de soupçonner de la sorte l'homme maintenant âgé qui se tenait face à elle, mais préférait conserver une certaine distance pour éviter de souffrir d'une nouvelle déception.
Elle se sentait suffisamment mal après les évènements de la nuit précédente pour ne pas ressentir le besoin de trop s'impliquer émotionnellement, cette fois dans un lien père-fille fragile, instable et pendant trop longtemps douloureux.
Alors que le directeur du Mossad relançait la conversation sur des sujets anodins, tels que des nouvelles de la famille ou les hobbys que l'ex-officier du Mossad pouvait avoir à Washington pour leur permettre de patienter, elle rechercha une amorce pour en venir à l'essentiel : la Somalie. De quelle manière lui faire comprendre qu'elle souhaitait entendre la vérité, toute la vérité, et de sa bouche ?
Attrapant les fallafels que le serveur lui tendit soudain en esquissant un sourire, elle sentit le regard de son père posé sur elle. Elle avait tant changé depuis son départ d'Israël.
Sa manière plus féminine de s'habiller, avec ses bottes à talons et son blouson en daim coupé à la perfection, bien sûr, mais aussi un visage plus mature, marqué par assez de souffrances et de joies pour paraître sage et posé, un sourire moins innocent qui soulignait à quel point elle était consciente de tous les choix cornéliens et les dilemmes auxquels elle devait faire face, la multiplicité des solutions qui laisseraient toujours une part d'elle insatisfaite, et de la douleur qu'elle infligerait forcément à ceux qu'elle aimait en prenant sa décision.
Sa fille était devenue une femme, plus forte qu'il ne l'aurait jamais crue capable de devenir.
« On y va, aba ?
- Bien sûr. » répondit-il, tiré de ses pensées par la main qu'elle avait posée sur son épaule, les falafels qu'ils avaient commandés dans l'autre.
Ils se dirigèrent silencieusement vers le parc, avant qu'Eli David ne rompe finalement le silence lorsqu'ils se furent installés sur un banc :
« Pourquoi voulais-tu me parler aujourd'hui après avoir refusé hier, Ziva ?
- Pourquoi as-tu pris ta journée alors que tu ne l'as pas fait depuis 28 ans ? rétorqua-t-elle du tac-au-tac, pourtant sans agressivité. Pourquoi avoir choisi de me parler seul, sans gardes du corps, au risque de te faire tuer ? Pourquoi m'avoir menti au lieu de m'avoir dit la vérité ?
- De quelle vérité parles-tu ? chercha-t-il à gagner du temps, bien qu'il puisse lire dans son regard ce qu'elle voulait entendre.
- Commence par les autres questions, la dernière est la plus difficile, affirma-t-elle. Mais la plus importante. Elle mérite que tu prennes le temps de réfléchir à la réponse. »
Le directeur du Mossad soupira en fixant le sol, avant de finalement avouer :
« J'ai pris ma journée parce que j'ai compris, au bout de 28 ans, ce que je devais faire en tant que père. J'espère simplement qu'il n'est pas encore trop tard, et pour que tu me laisses une dernière chance de me rattraper, j'ai pensé qu'il était nécessaire que personne ne nous accompagne. Maintenant, j'ai bien conscience qu'il n'est peut être plus temps de te faire changer d'avis. Mais il fallait que je te vois, Zivaleh, une dernière fois, pour que tu nous quittes si tu le souhaites, mais pour que tu ne nous fuis pas. »
La jeune femme enfouit son visage entre ses mains, perturbée. Il lui était impossible de les quitter. Tout comme il lui était impossible de quitter son autre famille, celle qu'elle avait découverte au NCIS.
Son choix initial lui avait pourtant paru si logique, si simple lorsqu'elle avait signé les papiers faisant d'elle un agent probatoire du NCIS, ou lorsqu'elle avait fait sa demande de citoyenneté.
Maintenant qu'elle se retrouvait face à la vérité, celle d'un père qui ne l'avait pas abandonnée, et tentait une dernière fois de la retenir, tout en ne souhaitant pas la contraindre comme elle avait pu tant de fois l'en accuser, celle aussi d'un pays qui ne l'avait pas oubliée, comme en témoignaient la poignée de main énergique de son rabbin préféré et ravi de la revoir qu'elle avait croisé en faisant son jogging le long de la plage de Tel Aviv ce matin pour se changer les idées, ou les sourires des employés des cafés qu'elle avait eu l'habitude de côtoyer à l'époque où elle travaillait encore en Israël.
Et bien sûr celle de la raison pour laquelle elle avait effectué le footing, des sentiments enfouis qu'elle n'arrivait pas à enterrer, bien qu'elle ait pu penser, l'espace d'un instant, que la nuit qu'elle avait passée en sa compagnie, lui aurait permis de lui dire adieu une fois pour toutes.
Parallèlement se trouvait une autre vérité, celle d'un chef d'équipe qui la considérait comme sa fille et l'apprécierait toujours, quelle que puisse être sa décision, un petit frère un peu rat de bibliothèque sur l'appui duquel elle pourrait toujours compter, un ami cher qui l'avait toujours protégée et ne l'abandonnerait jamais, une amie déjantée qui ne cesserait de la prendre dans ses bras pour célébrer une bonne nouvelle ou au contraire la réconforter lorsqu'elle se sentirait mal.
Comment pouvait-on lui demander de faire un choix entre les deux ? Comment pouvait-on l'inciter à effacer la moitié de sa vie pour pouvoir la continuer sans rien garder de son passé ? Comment pouvait-on la forcer à décider entre son père biologique et son père adoptif ?
Et pourquoi l'image de Malachi s'imposait-elle systématiquement lorsqu'elle s'imaginait recevoir la citoyenneté américaine et porter fièrement le badge du NCIS ?
« Il n'est jamais trop tard, lâcha-t-elle soudain en se tournant vers son père, surpris de sa réaction. C'est toi qui m'as dit qu'il n'était jamais trop tard tant qu'on n'avait pas décidé que tout était terminé.
- C'est bien le problème, libéti, commenta-t-il doucement en esquissant un sourire triste. C'est à toi de décider s'il est trop tard ou pas, plus à moi. C'est à toi de faire ton choix.
- La vérité, le coupa-t-elle, ressentant le besoin pressant de tout mettre à plat pour calmer le tourbillon de ses pensées. Dis-moi la vérité concernant l'opération Damoclès.
- Tu la connais déjà, rétorqua-t-il en retrouvant la froideur qu'il arborait habituellement lorsqu'il s'agissait de travail. Sinon, tu n'en saurais pas assez pour me demander.
- Ca m'est égal, insista-t-elle. Et c'est maintenant ou jamais. Après, j'aurait décidé qu'il sera trop tard. Après, il faudra que je fasse le choix le plus dur qu'on m'ait jamais donné à faire, et je te le dis parce que je ne veux pas que tu penses que c'est facile, pour moi, de partir ou pas. Alors j'aimerais que tu me dises ce que tu as fait pendant que j'étais en Somalie. »
Elle le vit hésiter un instant, avant qu'il ne lâche, las :
« Je ne t'ai pas abandonnée, Zivaleh. Je n'ai jamais voulu qu'il t'arrive quelque chose là-bas, et même si la mission était dangereuse, je ne voulais pas que tu la vois comme une mission suicide. Tu es ma fille unique, maintenant, Ziva, et te perdre était et est toujours la pire de mes inquiétudes. Mais parce que je suis ton père, je n'ai pas le droit d'être égoïste, je veux que tu sois heureuse. Alors si tu dois partir, je n'ai pas le droit de t'en empêcher. Je peux simplement te dire que ton pays a besoin de toi. Et que ta famille aimerait que tu les effaces pas de ta vie.
- Toda, aba, murmura-t-elle en souriant malgré le voile humide qui recouvrait ses yeux.
- Tu veux que je te laisse seule pour que tu puisses réfléchir, maintenant ? » s'enquit-il.
Elle hocha la tête, avant de lancer, alors qu'il s'éloignait non sans l'avoir embrassée sur le front :
« Si tu vois Malachi au Mossad, dis-lui que je suis désolée. Sur toute la ligne. Vraiment tellement désolée d'être aussi lâche.
- Je suis désolé pour ça, libéti, la lâcheté est héréditaire, et elle vient de mon côté, soupira-t-il, réussissant à lui arracher un sourire.
- Tu auras ma réponse dans peu de temps, il faut que je me décide avant que mon avion ne décolle, de toute façon. » affirma-t-elle alors qu'il acquiesçait et s'éloignait après l'avoir rassurée d'un signe de main entendu.
Lorsqu'il eut disparu, l'ancien officier du Mossad poussa un long soupir, et se décida à déambuler dans les rues de Tel Aviv, peut être pour la dernière fois en tant que citoyenne israélienne.
Sortant du parc, elle récupéra au détour de quelques rues commerçantes le chemin qui longeait la mer. Suivant du regard la mer dorée, elle songea à tous les souvenirs qui lui étaient associés.
Sa sœur courant dans le sable le premier jour de mai, lorsqu'enfin la Méditerranée était assez chaude pour qu'elle puisse s'y baigner, son frère riant en voyant Tali aussi enjouée, tout en la surveillant, elle, Ziva, qui construisait sagement des châteaux de sable, et recevant d'Ari des félicitations pour ses œuvres architecturales pourtant peu convaincantes.
Plus loin, la marina lui rappela ses premières leçons de navigation en famille, lorsque son père tentait tant bien que mal de leur expliquer, à sa sœur et elle, comment conduire un petit bâteau, et que sa mère les regardait, hilare, alors qu'elles étaient incapables de manier la barre, au grand dam de leur géniteur.
Ce fut avec un sourire nostalgique qu'elle constata que le petit restaurant de poisson en bordure de la plage où Malachi et elle avaient pris de nombreux repas en amoureux existait toujours.
Elle s'assit un instant sur le mur en béton qui séparait le trottoir de l'étendue sablonneuse, et ferma les yeux, l'air marin fouettant doucement son visage dans la chaleur du midi.
Alors qu'elle sentait une larme, une seule couler le long de sa joue, avant de ruisseler dans les interstices du muret, brillant comme de l'or sous le soleil brûlant, elle colla son portable contre son portable pour mieux entendre la voix de son père à l'autre bout du fil énoncer un Directeur Eli David, j'écoute, blasé, et murmura du filet de voix qui lui restait :
« J'ai pris ma décision, aba. »
Eh non, vous n'en saurez pas plus pour cette fois ^^ Vous vous doutiez bien que je vous torturerai un peu avant la grande décision, non ? Et soyez gentils, ne me jetez pas de pierres, ou ne me cassez pas les doigts, je ne pourrai pas taper la suite. Je préférerais que vous me postiez quelques reviews, ça serait beaucoup plus agréable pour moi ;)
PS : cette fic touchant bientôt à sa fin, je voulais vous demander votre avis concernant une idée que j'ai eue pendant le week end : seriez-vous intéressés par une fic sur une remplaçante (temporaire bien sûr) de Ziva envoyée par le Mossad qui viendrait briser un peu les habitudes de notre team ? Avec Tiva, Tibbs et McAbby (amical, je pense) au programme, pour me rattraper étant donné qu'ils ont été un peu absents de cette fic :)
