Disclaimer : Bien évidemment, tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling ! ;)

Note : Hello ! Voilà le chapitre 8 ! Il est un peu court, parce qu'il y a un assez long passage à la fin directement extrait de Harry Potter et l'Ordre du Phénix (qui appartient donc à JK Rowling ;) C'est juste pour mieux vous situer dans l'histoire et le prochain chapitre sera plus long. Bonne lecture à tous et n'hésitez pas à donner votre avis !

CHAPITRE.8 : Encore et encore (Dissolve Me – Alt-J)


Le lendemain, Harry se réveilla d'une humeur atroce. Il avait passé une très mauvaise nuit, enchaînant à nouveau les mauvais rêves. Son esprit avait décidé d'arrêter de le torturer avec Cédric, préférant lui infliger les regards accusateurs et les paroles vengeresses de Sirius et Valya. Parce que Harry avait l'impression de trahir son parrain de la pire des manières qui soit. Les mots de Rogue tournaient en boucle dans son esprit. Evidemment qu'il ne voulait pas que Sirius reparte à Azkaban ! Mais en même temps, rester les bras croisés et ne rien faire alors qu'il avait Valya sous les yeux en permanence lui apparaissait comme la pire des abominations.

Las de se retourner dans son lit, il finit par sortir se balader dans les couloirs. Les tableaux toujours endormis et la couleur rosâtre du ciel lui indiquèrent qu'il était, encore une fois, beaucoup trop tôt pour être debout. Il se dirigea vers les cuisines avec la vague intention d'aller saluer Dobby, qu'il n'avait pas encore vu depuis le début de l'année.

- Hey Potter ! Déjà levé ? T'es matinal dis donc…

Harry sursauta et se retourna vivement. Valya se tenait devant lui, les mains nonchalamment plongées dans ses poches. Ce matin, elle portait un jean gris clair, un sweat à capuche vert foncé et des baskets noires. Elle avait échangé la pierre à son oreille contre ce qui ressemblait à une dent de serpent, noué sa cravate autour de son bras et il aperçut une chainette à son poignet.

- Tu t'es enfin décidée à porter l'uniforme ? plaisanta Harry. La jeune blonde le fixa avec incompréhension. Vert, argent et croc de serpent, précisa-t-il en désignant sa tenue. Si avec ça les profs ne te laissent pas tranquilles, je comprends pas.

Valya éclata de rire.

- Tout à fait ! Mais c'est juste les couleurs que je préfère en fait, ajouta-t-elle, amusée. Alors, comment ça va depuis hier ?

Harry secoua la tête.

- C'est plutôt à moi de te poser cette question. Valya le regarda sans comprendre. Je te rappelle que la dernière fois qu'on s'est vus, c'était devant la porte de l'infirmerie parce que tu avais la clavicule en morceaux.

- Ah… oui ça… c'était rien t'inquiète, c'est bon maintenant, marmonna-t-elle d'un air embarrassé.

Elle frotta rapidement son épaule du plat de la main.

- Les potions de l'infirmerie sont ultra efficaces, affirma le Gryffondor.

Valya lui renvoya un sourire hésitant.

- Ouais… c'est clair que ça marche hyper bien…

Pris d'un doute, Harry l'observa avec soupçon.

- En plus… commença-t-il. L'infirmier est cool tu trouves pas ? Vu qu'il est jeune, il comprend les élèves. En fait, il a seulement vingt-deux ans, il était à Serdaigle il y a deux ans et il a son diplôme de Médicomage depuis l'année dernière, inventa-t-il.

- Oh… euh ouais il a l'air gentil, c'est sûr…

- Hun hun, acquiesça Harry avec malice. Tout aussi sûr que l'infirmière s'appelle madame Pomfresh et qu'elle doit avoir la quarantaine. T'as jamais mis les pieds à l'infirmerie, ah oui ?!

Valya gémit théâtralement.

- Ok Potter, j'avoue, sur ce coup là tu m'as eue ! Elle lui adressa un sourire penaud. Tu vas quand même pas me dénoncer à Malefoy ? le taquina-t-elle.

- Je crois qu'on ira pas jusque là, rigola Harry. Par contre, j'avoue que j'aimerais bien comprendre comment tu t'es débrouillée pour soigner une fracture ouverte sans passer par l'infirmerie.

Valya haussa les épaules.

- Disons que… je guéris vite ? avança-t-elle avec un clin d'œil.

- Tu n'as pas mieux à me proposer ? ricana gentiment Harry.

- Et si je te jure que c'est la vérité ?

Elle tira sur son col pour dévoiler sa blessure. La plaie béante avait laissé place à un mince trait blanc. Le garçon examina la cicatrice avec scepticisme.

- D'accord, je te crois… plus ou moins. Après tout, il semblait clair que Valya ne suivait pas vraiment les règles normales, alors une bizarrerie de plus ou de moins… Mais j'espère avoir droit à une meilleure explication plus tard, prévint Harry.

- Ok, je note, affirma la jeune blonde avec un sourire complice. Je crois que ça va être l'heure du petit-déjeuner. On va à la Grande Salle ?

Harry se détendit en bavardant gaiement avec Valya. Elle avait la conversation beaucoup plus facile que ce qu'elle laissait penser au premier abord et plaisantait souvent. Si physiquement elle ressemblait à sa mère, Harry commençait à fréquemment entrevoir Sirius en elle. Ils avaient les mêmes attitudes, la même intonation, le même rire… Harry eut un pincement au cœur en voyant Valya lui faire un signe joyeux avant d'aller s'asseoir en face de Nott. Chaque moment qu'il passait avec elle aggravait sa culpabilité. Morose, il se traîna vers la table des Gryffondor. Il était à peine installé qu'il se faisait sauter dessus par Ron mais également plusieurs autres de ses camarades qui exigeaient de savoir POURQUOI il persistait à fréquenter une Serpentard. La discussion houleuse qui s'ensuivit fut heureusement interrompue par l'arrivée du courrier. Mais les hiboux étaient loin d'apporter de bonnes nouvelles. « Ombrage, Grande Inquisitrice ?! C'est une blague… », songea Harry avec désespoir.

ooo

Drago avait l'impression que Noël était arrivé en avance. L'écœurement sur le visage des Gryffondor valait tous les Gallions du monde. Sa satisfaction grandit davantage lorsqu'il arriva dans les cachots, pour le cours de potions. Il avait obtenu un O à son devoir sur les pierres de lune ! « Je suis le meilleur ! », pensa-t-il avec arrogance. Ce n'était sûrement pas le cas de ce crétin de Potty qui, visiblement, avait eu une très sale note. Rogue les sermonna longuement, insistant sur le fait qu'il n'hésiterait pas à donner des retenues à tous ceux qui n'arrivaient pas à obtenir plus qu'un D.

- Ah tiens, il y en a qui ont eu un D ? ricana Drago en jetant un regard vers Potter.

Puis Rogue se tourna vers Black, installée à côté de Nott et lui tendit sèchement sa copie.

- Je vous ai donné un Acceptable mais ça valait plus un P. Disons que c'est pour souligner l'effort au vu de votre situation… particulière. La prochaine fois je serais beaucoup plus sévère. Et vous devriez relire le chapitre 3 de votre manuel pour corriger vos erreurs.

- Mais bien sûr… Oncle Sev', acquiesça moqueusement la jeune fille.

Le professeur se pinça l'arrête du nez tandis qu'un silence assourdissant tombait sur la salle.

- Cinq points en moins pour Serpentard, annonça-t-il calmement. Dans cette classe, c'est « professeur » et si vous recommencez, ça sera cinq points de moins et une retenue. C'est clair ?

- Très clair, persifla Black.

Rogue la dévisagea, pensif.

- Par ailleurs, au vu de vos compétences désastreuses, je me demande si ça ne serait pas mieux de vous changer de partenaire. Si vous parvenez à fréquenter monsieur Malefoy sur le terrain de Quidditch, je suppose que vous pourrez aussi vous entendre en classe…?

- Non, déclara posément la jeune blonde.

Rogue la dévisagea, abasourdi.

- Comment ça « non » ?

- Juste non. Je lui ai déjà dit, ajouta-t-elle avec un signe de tête en direction de Drago, qui siffla de colère. Sur le terrain, c'est lui qui commande, en dehors… il peut aller se faire foutre bien profondément, termina-t-elle avec un rictus mauvais.

Drago bondit de sa chaise, la baguette brandie.

- Furunculus ! gronda-t-il.

Mais Black avait été plus rapide. En un seul geste, elle avait sorti sa baguette et paré le sort d'un mouvement du poignet. Le trait de lumière jaune partit s'écraser sur une étagère qui explosa sous le choc, fracassant de nombreux bocaux par terre.

- Sérieux Malefoy ? C'est tout ce que t'as dans le ventre ?! Des sorts pour les gosses de huit ans ? Allez, retourne jouer dans les robes de papa Lucius et peut-être que si t'es sage, Voldy te filera des bonbons… railla méchamment Black.

- FERME LÀ ! Ferme là, putain ! Tu sais rien de moi, tu ne connais pas ma vie ! hurla Drago, enragé.

- Mais bien sûr que si ! attaqua la jeune fille. Je te connais, et ta famille aussi ! Toi qui rêve de gloire, avec ton ambition de devenir un parfait petit Mangemort, aussi minable que ton père… Le grand Lucius Malefoy qui se pavane, qui prend plaisir à terroriser les plus faibles… Mais qui au final, passe son temps à lécher les semelles d'un abruti psychopathe, pendant que sa femme se fait baiser par toutes les queues qu'elle trouve… Elle préfère qui en ce moment ta mère ? Rabastan Lestrange ? Rodolphus ? Ou les deux en même temps peut-être ?!

Drago ne réfléchit même pas. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il voulait exterminer Valya Black et son foutu sourire goguenard.

- ENDOLO

- EXPELLIARMUS !

Drago sentit sa baguette lui échapper des mains. Il tourna la tête pour se retrouver face à un Severus Rogue écumant de rage. Le professeur de Potions l'attrapa brutalement par le bras avant de faire de même avec Black, qui semblait maintenant profondément ennuyée. Il les traîna jusqu'à la porte, laissant derrière eux des Serpentard et Gryffondor médusés. Drago déglutit avec difficulté lorsqu'il se rendit compte qu'ils prenaient la direction du bureau de Dumbledore. Rogue cracha le mot de passe et les poussa dans la cage d'escalier.

- Severus ? questionna le directeur avec surprise. Qu'est-ce qui…?

Le professeur ne répondit pas et les envoya vers les sièges d'une bourrade.

- ASSIS ! Tous les deux ! Et si vous faites mine de ne serait-ce que vous regarder, je vous jure que je vous étrangle à mains nues ! menaça Rogue.

Il commença ensuite à expliquer ce qui s'était passé à Dumbledore. Drago revint peu à peu à la réalité et le poids de ses actes tomba sur ses épaules comme une chape de plomb. Il avait jeté un sortilège impardonnable sur quelqu'un en présence d'une vingtaine de témoins. Peu importait que Rogue l'ait arrêté avant, il risquait de très très gros ennuis. D'autant plus que ce n'était pas un accident. S'il en avait eu la possibilité, il aurait vraiment lancé un Doloris à Black. C'était le renvoi assuré et peut-être même un séjour à Azkaban.

Sur le coup, il n'avait pas réfléchi, aveuglé par la colère et la haine. Les insultes sur son père lui avaient déjà donné des envies de meurtre mais les propos sur sa mère, balancés devant tout le monde, avaient été la goutte de potion qui avait fait déborder le chaudron. Le sortilège lui était venu tout seul, sans même qu'il y pense. Mais maintenant, il se sentait assailli par une vague de culpabilité. Il connaissait les effets du Doloris et ne souhaitait à personne de subir ça, surtout pas à une fille qui prenait juste son pied à le faire chier. Drago sentit la nausée monter en lui. Il avait réellement voulu faire souffrir Black de la pire des manières qui soit. Et quelque part au fond de lui, il avait toujours envie de lui faire payer. Il se rendit compte que Rogue avait fini de parler et que Dumbledore l'observait maintenant d'un air indéchiffrable.

- Monsieur Malefoy, sortez dans le couloir s'il vous plait, pria le directeur. Nous devons parler avec miss Black.

ooo

Severus n'avait qu'une envie : rejoindre son lit et ne plus jamais en sortir. Et aussi, que Valya Black n'ait jamais débarqué à Poudlard et qu'elle cesse d'engendrer la troisième guerre mondiale à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche. L'intéressée était à présent avachie sur sa chaise avec une expression grognon. A la voir, elle ne se sentait absolument pas concernée par la situation et se retrouver encore dans le bureau de Dumbledore l'agaçait totalement.

- Est-ce que vous voulez porter plainte ? demanda posément Albus.

La jeune blonde ouvrit de grands yeux.

- Pourquoi faire ?!

- Monsieur Malefoy vous a lancé un sortilège impardonnable, expliqua Severus en grinçant des dents. C'est une raison suffisante pour déposer plainte contre lui.

Il s'en voulait d'enfoncer davantage le garçon mais il ne pouvait pas non plus cautionner ses actions. Mal à l'aise, la jeune fille se passa une main dans les cheveux, avec un geste la faisant ressembler trait pour trait à son père.

- Rah… Laissez tomber c'est bon… il a pas eu le temps de jeter le sort de toute façon…

- Miss Black, si vous ne voulez pas porter plainte, il ne pourra pas être jugé. Lancer un impardonnable est totalement illégal, insista Dumbledore. Je peux demander l'exclusion mais rien de plus…

- Attendez… vous voulez le renvoyer ? Mais pourquoi ?

Valya dévisageait le directeur comme s'il était cinglé.

- C'est un acte puni par la loi et, bien évidemment, c'est une violation du règlement de l'école. S'il vous avait touché…

La jeune fille se mordit la lèvre.

- Oui mais… là c'est moi qui l'ai provoqué non ? Il avait des raisons… Et puis justement, il ne m'a pas touchée !

- Ah parce que pour vous la provocation justifie l'utilisation du sortilège Doloris ?! rugit Severus, outré. Par Merlin, Albus, faites quelque chose sinon on ne va pas s'en sortir…

- Severus, calmez-vous… Faites entrer le jeune Malefoy s'il vous plait.

Severus alla récupérer un Drago particulièrement nerveux sur le pas de la porte.

- Très bien, monsieur Malefoy, je pense qu'un mois de retenue devrait être suffisant pour punir votre comportement.

- Je ne vais pas être renvoyé ? demanda le garçon avec étonnement.

- Hum non, miss Black ne semble pas vous en tenir rigueur et comme elle n'a pas été blessée, je peux vous punir uniquement pour avoir enfreint le règlement. Mais si vous recommencez, c'est la porte directement. Vous allez également me faire le plaisir de vous excuser auprès d'elle. Quant à vous, miss Black, je pense qu'une semaine de retenue vous fera le plus grand bien. De plus, je vous encourage vivement à vous excuser également auprès de monsieur Malefoy pour vos propos déplacés.

- Et 100 points en moins à Serpentard pour votre conduite à tous les deux, ajouta Severus la mâchoire serrée. Il s'agissait peut être de sa propre maison mais il était impensable qu'il laisse passer un comportement pareil. Vous êtes dispensés de cours pour le reste de la journée, vous allez rester avec moi et commencer votre retenue en me nettoyant le bazar que vous avez mis dans les cachots. Rendez vous à 13h30 dans mon bureau. Maintenant, déguerpissez et je vous promets que s'il vous prend l'envie de vous entretuer à nouveau, vous allez le sentir passer !

Severus s'effondra dans un fauteuil tandis que les deux adolescents sortaient du bureau.

- Voyons Severus, la situation n'est pas si catastrophique…

- Pas si catastrophique ?! C'est une plaisanterie ? siffla le maître des potions.

- Ils vont peut-être se calmer… Enfin miss Black va sûrement se calmer…

- En parlant de Black, moi ce qui m'inquiète davantage, ce sont ses propos au sujet de Narcissa Malefoy. Ça n'a jamais été un secret parmi les Mangemorts que cette femme est tout sauf une épouse aimante et fidèle. Maintenant, la véritable question c'est : comment est-ce que Valya Black peut-être au courant de ça…?

ooo

Le reste de la journée s'était écoulé dans le brouillard pour Harry. Après le départ de Valya, Rogue et Malefoy, ils étaient tous restés figés sur place, incapables de décider quoi faire. Lorsqu'il avait été clair que, ni le professeur, ni les deux Serpentard n'allaient réapparaitre, les élèves avaient commencé à sortir de la salle par petits groupes. Le déjeuner avait été pesant. Tout le monde commentait l'événement du matin, d'autant plus que les personnes impliquées étaient toujours aux abonnées absentes. Puis Hermione avait embrayé sur les notes des BUSES et le devoir de potions, insistant lourdement pour connaître sa note et celle de Ron. L'après-midi, le cours de divination s'était déroulé dans une ambiance tendue. Ombrage avait maintenant le pouvoir d'inspecter les autres profs. Trelawney avait subi l'inspection comme une véritable épreuve et le crapaud rose était visiblement peu convaincu par ses performances. Les Gryffondor avaient enchaîné avec le cours de défense contre les forces du Mal, aussi épouvantable que le lundi précédent. Harry reçut une nouvelle semaine de retenue mais cette fois, Ombrage lui ordonna de s'adresser directement à Rusard.

La journée du mardi se déroula sensiblement de la même façon. Les inspections de McGonagall et du professeur Gobe-Planche avaient été moins éprouvantes mais Malefoy avait profité de l'occasion pour parader et raconter à Ombrage des idioties sur Hagrid. Le soir venu, Harry s'était effondré dans un fauteuil de la tour de Gryffondor. Ron et Hermione l'avaient attendu avant de partir se coucher. Rusard lui avait fait nettoyer toute la Grande Salle avec une simple brosse et Harry avait les genoux endoloris, en plus de dégager une forte odeur d'encaustique. Mais surtout, il était furieux. Il avait découvert par hasard en quoi consistaient les fameuses « retenues » d'Ombrage. L'envoyée du ministère faisait copier des lignes aux élèves pendant des heures. Seulement, elle se servait d'une plume spéciale, utilisant le sang de la victime à la place de l'encre. En même temps qu'ils apparaissaient sur le papier, les mots se gravaient sur le dos de la main. Il avait surpris une conversation entre deux jeunes garçons de Gryffondor et avait dû se retenir d'aller assassiner Ombrage sur le champ, en voyant un des gamins la main en sang et les larmes aux yeux. Il s'était empressé de tout raconter à Ron et Hermione, qui s'étaient montrés aussi horrifiés que lui.

- Cette bonne femme est abominable, dit Hermione d'une petite voix. Abominable. Tu sais, j'étais justement en train de dire à Ron au moment où tu es arrivé... Il faudrait qu'on fasse quelque chose à son sujet.

- Je suggère le poison, dit Ron d'un air lugubre.

- Non... je voulais dire quelque chose par rapport à ses cours où on n'apprend rien du tout pour se défendre, dit Hermione.

- Qu'est-ce qu'on y peut? répondit Ron en baillant. Trop tard, non ? Elle a décroché le poste et elle est là pour longtemps. Fudge y veillera.

- En fait, risqua Hermione, je me disais ce matin... Elle jeta un coup d'œil un peu inquiet à Harry, puis se lança : Je me disais que le moment est peut-être venu de... de faire les choses nous-mêmes.

- Nous-mêmes ? répéta Harry d'un ton soupçonneux.

- Oui... Apprendre la défense contre les forces du Mal par nous-mêmes, reprit Hermione.

- Qu'est-ce que tu racontes ? grogna Ron. Tu veux nous donner du travail en plus ? Est-ce que tu te rends compte que Harry et moi, on a encore pris du retard dans nos devoirs ? Et on n'en est qu'à la deuxième semaine !

- Oui, mais ça, c'est beaucoup plus important que les devoirs, dit Hermione. Harry et Ron la regardèrent avec des yeux ronds.

- Je ne savais pas qu'il y avait dans tout l'univers quelque chose de plus important que les devoirs ! dit Ron.

- Ne sois pas stupide, bien sur que si, répliqua Hermione. Harry vit alors, avec un sentiment d'appréhension, que son visage s'était soudain animé d'une ferveur semblable à celle que lui inspirait généralement l'évocation de la S.A.L.E. Il s'agit de nous préparer, comme l'a dit Harry au premier cours d'Ombrage, à ce qui nous attend dehors. De faire en sorte que nous puissions véritablement nous défendre. Si nous n'apprenons rien pendant une année entière...

- On n'arrivera pas à grand-chose tout seuls, soupira Ron d'un ton accablé. Oh, bien sûr, on peut toujours aller à la bibliothèque pour étudier des maléfices et essayer de les appliquer...

- Non, cette fois, je suis d'accord, nous avons dépassé le stade où l'on n'apprend les choses que dans les livres, dit Hermione. Il nous faut un professeur, un vrai, qui sache nous montrer comment utiliser les sortilèges et nous corriger en cas d'erreur.

- Si tu penses à Lupin... commença Harry.

- Non, non, je ne pense pas à Lupin, coupa Hermione. Il est trop occupé avec l'Ordre et de toute façon, nous ne pourrions le voir que pendant nos week-ends à Pré-au-Lard, ce qui ne serait pas du tout suffisant.

- Alors, qui ? demanda Harry, les sourcils froncés. Hermione poussa un profond soupir.

- C'est évident, non ? dit-elle. Je veux parler de toi, Harry. Il y eut un moment de silence.

- De moi à propos de quoi ? interrogea Harry.

- De toi comme professeur de défense contre les forces du Mal.

Harry la contempla avec des yeux ronds. Puis il se tourna vers Ron, prêt à échanger avec lui un de ces regards exaspérés que leur inspirait Hermione quand elle se lançait dans des projets extravagants tels que la S.A.L.E. Mais, à la grande consternation de Harry, Ron n'avait pas du tout l'air exaspéré. Le front légèrement plissé, il semblait réfléchir.

- C'est une idée, dit-il.

- Qu'est-ce qui est une idée ? dit Harry.

- Toi, répondit Ron. Que tu deviennes notre professeur.

- Mais... Harry souriait à présent, certain que les deux autres le faisaient marcher.

- Je ne suis pas professeur, je ne peux pas...

- Harry, tu es toujours le meilleur en cours de défense contre les forces du Mal, dit Hermione.

- Moi ? s'étonna-t-il, en souriant de plus en plus. Bien sûr que non, tu m'as battu à tous les examens...

- Non, ce n'est pas vrai, répliqua froidement Hermione. Tu m'as battue en troisième année, la seule année où on ait tous les deux passé l'examen avec un professeur qui savait de quoi il parlait. Mais il ne s'agit pas d'examens, Harry, pense plutôt à ce que tu as fait !

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Tu sais, finalement, je n'ai pas très envie d'avoir comme prof quelqu'un d'aussi idiot, dit Ron à Hermione, avec un petit sourire moqueur. Il se tourna vers Harry. Réfléchissons, dit-il, en imitant Goyle en plein effort de concentration. Heu... première année, tu as sauvé la pierre philosophale des mains de Tu-Sais-Qui.

- Simple coup de chance, dit Harry. Ce n'était pas mon habileté personnelle...

- Deuxième année, l'interrompit Ron, tu as tué le Basilic et anéanti Jedusor.

- Oui, mais si Fumseck n'avait pas été là, je...

- Troisième année, poursuivit Ron en élevant la voix, tu as affronté une centaine de Détraqueurs à la fois...

- Là encore, un coup de chance, si le Retourneur de Temps n'avait...

- L'année dernière, reprit Ron qui criait presque à présent, tu as combattu Tu-Sais-Qui une nouvelle fois...

- Écoutez-moi ! s'exclama Harry, presque avec colère. Ron et Hermione avaient maintenant un petit rire moqueur.

- Vous m'écoutez, oui ? Ça paraît très bien quand vous en parlez comme ça, mais c'était uniquement de la chance ; la moitié du temps, je ne savais pas ce que je faisais, je n'avais rien prévu, j'ai simplement improvisé comme je le pouvais et j'ai presque toujours eu de l'aide... Ron et Hermione continuaient de ricaner et Harry sentit sa colère monter. Il ne savait d'ailleurs pas très bien pourquoi il était si furieux. Ne restez pas là à sourire comme si vous saviez tout mieux que moi ! dit-il en s'emportant. C'est moi qui étais là, non ? Je sais bien ce qui s'est passé ! Et si j'ai réussi à faire tout ça, ce n'est pas parce que j'étais brillant en défense contre les forces du Mal mais parce que... parce que j'ai reçu une aide au bon moment ou parce que j'avais bien deviné... mais, croyez-moi, j'ai complètement pataugé, je n'avais aucune idée de ce que je faisais… ET ARRETEZ DE RIGOLER ! Harry se rendit compte qu'il était debout alors qu'il ne se souvenait pas de s'être levé. Le sourire de Ron et d'Hermione avait disparu. Vous ne savez pas ce que c'est ! Ni l'un ni l'autre vous n'avez eu à l'affronter ! Vous pensez qu'il suffit de se souvenir de quelques sortilèges et de les lui jeter à la figure, comme si on était en classe ? Pendant tout le temps où vous êtes face à lui, vous savez qu'entre vous et la mort, il n'y a plus rien d'autre que votre... votre cerveau, vos tripes, ou je ne sais quoi. Comme si on pouvait réfléchir normalement quand on sait que dans une fraction de seconde, on va se faire tuer, torturer ou voir ses amis mourir... ils ne nous ont jamais appris ça en classe, ce que c'est que d'affronter ce genre de choses... Et vous deux, vous êtes là à faire comme si j'étais un brave garçon bien intelligent sous prétexte que je suis vivant, comme si Diggory, lui, n'était qu'un idiot qui a raté son coup... Vous n'y comprenez rien, j'aurais très bien pu mourir à sa place, c'est ce qui se serait passé si Voldemort n'avait pas eu besoin de moi...

- On n'a rien dit de tout ça, mon vieux, se défendit Ron, effaré. On ne s'en est jamais pris à Diggory, pas du tout, tu te trompes complètement. Il jeta un regard désemparé à Hermione qui paraissait pétrifiée.

- Harry, dit-elle timidement, tu ne comprends donc pas. C'est... c'est exactement pour ça qu'on a besoin de toi... on a besoin de savoir co-comment c'est... de... de l'affronter... d'affronter V- Voldemort.

C'était la première fois de sa vie qu'elle prononçait le nom de Voldemort et ce fut cela, plus que tout le reste, qui parvint à calmer Harry. La respiration toujours saccadée, il se laissa retomber dans son fauteuil et reprit conscience de la douleur qui courait dans son dos et ses genoux.

- Écoute... penses-y, dit Hermione à voix basse. S'il te plaît.

Harry ne trouva rien à répondre. Il avait déjà honte de s'être emporté et il se contenta d'acquiescer d'un signe de tête, sans très bien savoir à quoi. Hermione se leva.

- Bon, je vais me coucher, dit-elle d'une voix qu'elle s'efforça de rendre la plus naturelle possible. Heu... Bonne nuit. Ron s'était levé à son tour.

- Tu viens ? demanda-t-il maladroitement à Harry.

- Oui, répondit Harry. Dans une minute…

Ron fit un signe de tête et s'en alla. Harry s'effondra sur place, totalement désemparé. Il se sentait si fatigué qu'il fut tenté de rester dans son fauteuil et d'y dormir mais il se força quand même à se lever et suivit Ron dans l'escalier. Cette fois encore, son sommeil fut agité et ponctué de rêves peuplés de longs couloirs et de portes verrouillées. Lorsqu'il se réveilla le lendemain, il ressentit à nouveau des picotements le long de sa cicatrice.