Disclaimer: Saint Seiya, ses personnages et son univers ne m'appartiennent pas.

Attention : ce chapitre contient une scène d'horreur.


« Aiolia devrait être le prochain Pope. »

Shion soupira, croisant les bras derrière son dos. Il marcha lentement, traversant la grande salle qui paraissait si vide. Une légère brise souleva les drapés blancs comme dans le passé, quand rien n'avait changé. Milo l'avait suivit des yeux. La pièce n'était plus aussi lumineuse, plus aussi chaleureuse. Elle semblait si froide désormais, sans une âme pour venir la réchauffer.

« Tu l'as bien comprit, aussi bien ses disparitions que son comportement compromette grandement une telle chose. »

Shion baissa la tête, ignorant la pluie fine qui s'abattait sur les temples du zodiaque. Oui, froid était le mot. Un froid pernicieux qui s'infiltrait sans un signe avant de gelé la moindre trace de bonheur. Milo était toujours à genoux, face au trône désespérément vide. Il avait cessé d'observer Shion, autant par respect que par lâcheté. Il venait de perdre son seul ami, il voyait un de ses frères s'enfoncer chaque jour un peu plus dans les ténèbres et la seule figure qui aurait put le rassurer avait le dos courbé après tant d'année et tant d'épreuves. Le grand Pope n'avait plus rien de grand, même ses espoirs s'était épuisés au fil du temps. Un vieillard fatigué, voilà ce qu'il était. Un vieil atlante qui ne frémissait même plus à la vue d'un bras putréfié.

« Tu étais le suivant Milo...

- Je ne pense pas pouvoir remplir cette tâche grand Pope. »

Shion soupira et retira son masque avant de se tourner vers le garçon.

« Et moi je ne pense pas tenir encore longtemps. »

Le chevalier d'or du scorpion baissa la tête. Il le savait, il le savait que trop bien mais parfois entendre la vérité était trop dure. Cette salle était bien trop grande maintenant, surtout lorsque la pluie résonnait entre les colonnes. Il faisait trop sombre et trop gris.

« Regarde moi Milo. »

Milo garda les yeux rivés sur les pavés gris. Gris, tout était trop gris. Tout était trop gris, trop froid, trop triste.

« Milo, reprit le grand Pope d'une voix plus douce, je t'en pris. Regarde moi. »

Le chevalier du scorpion secoua légèrement la tête de droite à gauche, sans même s'en rendre compte. Ça n'était pas comme ça avant. Ça n'était pas comme ça. Pas quand le soleil brillait, pas quand... pas quand... pas quand quoi ? Pas quand le monde tournait encore ? Pas quand les hommes tombaient comme des mouches ?

Il concéda, il releva la tête vers leur modèle à tous. Il vit ce visage si familier marqué par le temps, marqué par les rides. Il vit ce sourire désolé et ce regard fatigué qui en avait trop vu.

« Il faut que vous me laissiez partir Milo.

- Je sais, souffla le chevalier. »

Shion était leur guide, il était le seul à pouvoir les mener mais pendant combien de temps encore ? Combien de temps tiendrait-il ? Leur déesse le savait aussi bien qu'eux mais tous étaient parvenu à se cacher la vérité. Ils s'étaient mentis à eux-mêmes, ils étaient parvenus à se convaincre que leur grand Pope les survivraient. Maintenant qu'il y pensait, il ne pouvait pas s'empêcher de se dire à quel point c'était égoïste. Ils étaient égoïstes à demander à l'atlante de voir encore une fois partir ses amis et ses frères. Après tout, mourir était triste mais ça n'était rien comparé à la douleur de ce qui survivaient. Ce n'était rien face à la perte, face à un monde qui continuait de tourner après le départ d'un être cher. Le monde se moquait de la mort, comme le temps se moquait des mortels. Il continuait juste sa course.

« Saga ne peut pas devenir Pope, reprit Shion comme si de rien était, pas après la bataille du Sanctuaire. Quant à Shaka, il n'est pas assez proche des autres, pas assez empathique pour ce rôle.

- Qu'en est-il du chevalier du Bélier?

- Mü est un excellent chevalier du Bélier, cependant sa sensibilité l'empêcheront de prendre des prendre les meilleures décisions. Il ne reste que toi Milo.

- Et le chevalier du Taureau? Et celui du Capricorne?

- Milo ?...

- Je comprends que vous puissiez émettre des doutes sur les chevaliers du Cancer et du Poisson mais qu'en est-il des autres ? De tous les autres ? »

Shion soupira, impuissant face aux suppliques du chevalier. Ces derniers mois avaient été durs pour le chevalier du Scorpion. Faire face à la mort, aux suicides d'habitants de Rodorio ainsi que survivre à son ami fut de douloureuses épreuves. Il les surmonteraient et n'en sortirait que plus fort mais le sentiment d'impuissance qu'il ressentait à l'instant était bien trop fort. Le grand Pope le savait : Milo était perdu. Pourtant il était bientôt le seul à pouvoir les mener en ces temps obscurs. Quant à lui, il rejoindrait Dohko et ses anciens frères dans les limbes.

« Milo, Camus serait fier de toi. »

Le chevalier se calma, comme si ces quelques mots avaient soudain apaisé ses pensées. Son regard demeura sombre mais au moins il ne tentait plus de nier, de trouver une issue.

« Qu'en savez-vous ? », demanda-t-il d'une voix bien trop grave.

Shion fut surprit de cette question. Milo avait ce sourire désabusé, quelques mèches animées par la brise se déplaçant sur son visage. Camus était mort, son armure sagement revenue dans son temple et son bras sûrement de nouveau volé par le chevalier du lion. Il ne l'avait même pas sentit partir. Son cosmos n'avait pas explosé avant de disparaître, il était seulement partit. Silencieusement, sans le moindre signe. Il lui avait suffit d'une seconde.

Ce n'était pas la première fois qu'il mourrait pourtant cette fois, cette fois c'était différent. Tout était différent. Ils étaient différents. Ils n'étaient pas sensés mourir, ils étaient sensés être en paix et profiter d'un monde guérit des divinités grecques. Cette fois, c'était définitif. Plus de tour de passe passe, plus de dieux les rappelant à la vie et plus de réincarnation. Oui cette fois, c'était fini.

Les grandes portes s'ouvrirent à la volée, Saga suivit de Shura sur ses talons, tous deux essoufflés. Shion ne manqua pas un instant avant de mettre son masque, laissant aux deux hommes le temps de reprendre leur souffles.

« Grand Pope, pardonnez notre audace mais nous l'avons retrouvé. »

Le grande Pope s'approcha de Saga, soulagé.

« Où est-il ?

- Le chevalier des poissons et nous-même l'avons vu rentrer dans une grotte à l'Ouest. Comme vous nous l'avez demandé, le chevalier du Capricorne et moi-même sommes venus directement vous avertir plutôt que d'y aller. »


Les choses avaient changées au tréfonds des Enfers, c'était tout ce que Rhadamanthe, fidèle juge du seigneur Hadès ne cessait de se répéter. Les choses avaient changées et quand malgré les efforts de ces soldats aux visages inconnus, la gloire des Enfers ne parvenait pas à être restitué. Le juge recula de quelques pas, laissant passer silencieusement deux hommes bien plus affairés que lui.

Les Enfers grouillaient, les anciens chevaliers et spectres réunis fourmillaient. Chacun avait une tâche, tout était bien organisé et personne non personne ne manquait de travail. Il ne faisait pas exception à la règle. Pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de contempler un monde qu'il ne reconnaissait plus. Il était partit, détruit par les chevaliers de la déesse et pourtant le voilà de nouveau, servant avec toujours autant de fidélité l'être qui se présentait comme leur maitre.

Était-ce seulement Hadès ? Avait-il échappé à la déesse Athéna ? Si oui, comment ? Si oui, pourquoi avait-il seulement échoué ? Il n'en avait pas la moindre idée, la... chose qui se dressait devant eu était mystérieuse. Elle ressemblait plus à une poupée qu'à un homme, autant à cause de ce masque réifiant que des postures désarticulées qu'il semblait prendre. Pourtant, le cosmo seul de l'être flottant autours d'eux suffisaient à faire plier qui que ce soit au moindre désire de leur maitre. Était-ce Hadès ? Il n'en savait rien. Leur seigneur était grand, leur seigneur était terrifiant et éblouissant. Cette chose était tout simplement cauchemardesque. Sa menace était au dessus d'eux, planant comme un oiseau de proie seulement quelque chose en cet être attirait autant les chevaliers que les spectres. Comme des papillons de nuit attirée par la lumière, il ne pouvait s'empêcher de tourner autour de l'être. Peut être n'était-ce pas le seigneur Hadès mais au fond c'était suffisant. Le désire de vengeance mêlée à l'angoisse lui suffisait à lui, juge des Hommes d'Afrique et d'Asie, obéir aveuglément à un être aussi mystérieux que familier.

« Juge Rhadamanthe ! », trancha la voix grave de l'auto-proclamé général.

Le voici qui arrivait, protégeant de son corps leur seigneur. L'ancien chevalier d'or du sagittaire, l'homme de droiture et de justesse qui en son temps aurait dû devenir grand Pope. Quelle décadence, avançant en piétinant le sol, fidèle à ce qui se rapprochait plus d'un fantôme que d'un homme. Dans sa nouvelle armure scintillante d'un blanc immaculé, le général s'arrêta non s'en pencher la tête face au juge en signe de respect.

« Général Aiolos. Mon seigneur. »

Rhadamanthe ne put s'empêcher, alors qu'il se courbait face à son maitre, de dérober un regard vers le masque froid de son seigneur. Que se cachait-il en dessous ? Un homme ? Un spectre ? Peut être l'esprit brisé du seigneur Hadès. Si seulement il y avait le moindre indice...

« Notre seigneur s'interroge sur les âmes, combien d'entre elle reste-t-il à trouver ?

- Je puis vous assurer, commença-t-il en se tournant vers le général, que nos recherches ont grandement avancé. En effet, grâce à l'aide du spectre Runes, nous avons put trouver l'âme du Juge Eaque. Nous attendons son réveil. De même, cinq spectres ont été retrouvé aujourd'hui. »

Aiolos était un bon général, hochant de la tête tout en écoutant attentivement le rapport qu'on lui faisait. Oh bien sûr la fidélité à leur seigneur ne faisait plus aucun doute. L'apathie qu'il ressentait pour la déesse Athéna était telle qu'elle en devenait palpable. En faite, depuis son réveil, Rhadamanthe découvrit un général froid et consciencieux plutôt que l'âme altruiste qu'il avait put voir il y a de ça des années. Lorsque sa mission était de juger les âmes et d'attendre patiemment le retour du seigneur Hadès.

« Bien. Je suis certain que notre seigneur est enchanté de cette nouvelle. Qu'en est-il du juge Minos ?

- Nous espérons qu'une fois le juge Eaque réveillé, le trouver sera bien plus simple. Hélas, les Enfers sont vaste.

- Très bien. Notre seigneur reviendra vers vous. »

Et sans un mot de plus, Aiolos tourna le dos au juge avant de s'en aller. L'homme était occupé, il dirigeait les actions d'une main de fer. Rien, il ne laissait rien passer au hasard et ce pour le plus grand bien de leur seigneur. Aveuglé par cet être qu'il vénérait, il en avait oublié ce qu'il était avant. Rhadamanthe soupira lentement, perdu.

Il sentit alors quelque chose alourdir ses épaules. Une présence, un chuchotement qui lentement grignotait ses pensées. Le juge sursauta alors violemment en se rendant compte que son seigneur se tenait toujours face à lui, immobile et comme toujours silencieux.

« Mon seigneur ? »

À ses mots, l'être pencha la tête sur le côté. Rhadamanthe sentit la chair de poule dévalée sa colonne vertébrale : le masque de son seigneur, blanc et vide de toute expression, ainsi penché donnait l'illusion que sa nuque était brisée. Il détestait ça, il détestait l'aspect désossé de ce seigneur. Il le craignait, bien plus qu'il avait craint le seigneur Hadès. Les images, les sons et les cris qu'il avait fait naitre dans ses pensées, les idées invasives. Tout ça il le craignait. Le seigneur Hadès les avaient en partit ignoré, écoutant vaguement leur rapport et leur jugement. Il avait été inhumain parce que c'était ce qu'il était, il n'avait jamais été humain. Il avait été un dieu, un être que l'on ne pouvait atteindre. Un être contre qui ils ne pouvaient rien faire, un être de pouvoir. Un être inhumain certes mais il avait été leur seigneur. Son seigneur.

Cet être était différent. Il était imprévisible. Il était cruel. Macabre. Affreux, sinistre, lugubre, sépulcral, haïssable et terriblement familier. Il était... comme eux. Il était leur miroir. Impossible à regarder mais tellement captivant. Peu importe ce qu'il cherchait à voir derrière le masque, tout ce qu'il y trouvait était le reflet de son propre visage torturé. Voilà ce qu'était son seigneur : une cruelle vérité. Tout ce qu'il avait tenté de cacher. Rhadamanthe porta sa main à son front, fatigué.

Bien sûr qu'il le suivait, qu'aurait-il put faire d'autre ? Depuis qu'il avait été rappelé par ce seigneur, il n'avait pas réussit à retrouver son audace ni même son arrogance. Rhadamanthe était devenu l'ombre de lui-même, attendant patiemment qu'on lui donne des ordres pour les exécutés sans rechigner. Il ne savait même plus comment il avait put être ce juge impétueux et colérique. Comment ? Comment était-il devenu tout ça ?

Il sentit quelque chose frôler sa peau et, en redressant la tête, vit le bras de son seigneur tendu vers lui. Le cuir de son gant frotta contre le front du juge, glacial. Dans son esprit se dessina alors l'image d'un insecte aux ailes triangulaire et au corps allongé terminé de deux filaments. Un insecte d'allure frêle dont il n'arrivait pas à voir exactement les contours et dont le brun passé ressemblait à de l'aquarelle. Il voletait, lentement, insouciant parmi le vert flou de ce qui était probablement une prairie. Il volait, voilà tout ce qu'il faisait avant que l'image ne s'efface.

Rhadamanthe frotta sa peau toujours froide malgré le contact rompu. Que devait-il comprendre ? Y avait-il quelque chose à comprendre ? Son mystérieux seigneur resta là, immobile face au regard abasourdi du juge. Bien sûr que non, l'être n'était que non sens. Il ne tarderait à disparaître comme il en avait l'habitude, laissant le juge seul face à ses doutes.

Pourtant, malgré sa confusion et la pointe de colère ne lui, Rhadamanthe se sentit soulager. L'image paisible qu'on venait de lui offrir lui avait apporté une étrange paix. Alors que son seigneur tourna finalement le dos et disparut dans la foule grouillante, il tomba plutôt que dans des contemplations plutôt que des doutes. Ça n'avait aucun sens. Tout ceci n'avait aucun sens. Pas seulement le papillon, mais bien tout ce qui se passait autour de lui : l'armée, les Enfers et même leur seigneur. Lui qui des millénaires de ça était l'un des hommes les plus droits et les plus justes.

Il devait trouver Aiolos, il devait le dire au général. Il devait lui dire que tout était éphémère. Que c'est ce qu'ils étaient : les éphémères.


« Chevalier du Lion? »

Milo souleva doucement le rideau de lierre du revers de son avant bras. Son poids vers l'avant mais ses pieds fermement accroché au sol, il se penchait vers l'ouverture béante. Il ne vit rien, sinon l'obscurité grignotant la lumière orangé du crépuscule.

« Tu es sûr que le chevalier d'or du Lion se trouve ici ? »

Aphrodite hocha la tête, les bras croisés.

« J'en suis sûr. Je l'ai vu rentrer ici il y a deux heures déjà, je n'ai pas décroché les yeux de cette grotte depuis.

- Et s'il y avait une autre sortie ? »

Aphrodite regarda le chevalier d'or des Gémeaux, pensif. C'était bien sûr une théorie qu'il avait pris en compte seulement l'odeur seul que dégageait les lieux lui permettait d'affirmer que le chevalier du Lion était toujours là.

« Non. Il est dans la grotte. »

Milo tourna la tête vers ses frères d'armes. Ils avaient tous sentit cette puanteur qui refoulait en vague successives. Cette odeur si reconnaissable de pourriture et de chaire en décomposition venait effectivement des profondeurs de la grotte. Bien. Il avait encore emporté le bras du défunt chevalier du verseau. Milo ne put s'empêcher de faire claquer sa langue en signe d'agacement. Pourquoi le chevalier Aiolia avait-il une telle obsession sur ce satané bras ? Pourquoi fallait-il que chaque matin il le dérobe ? Et peu importe où se trouvait le bras tranché, Aiolia le trouvait et Aiolia le volait avant de s'enfuir. Cette grotte n'était qu'une cachette de plus pour le chevalier.

« Bon, que fait-on ?, demanda Shura en croisant les bras.

- On y va. »

La réponse du 8ème gardien, bien que prévisible, les satisfit. Milo sortit alors de grandes torches d'un sac en toile avant d'en donner une à chaque homme présent. La grotte était particulièrement sombre, à tel point que l'on aurait put croire qu'une épaisse brume s'y était installée. De plus, la nuit approchait à grand pas, sans la moindre source de lumière, ils n'auraient aucune chance de trouver Aiolia.

Aphrodite fut le premier à recevoir une torche. Le bois lourd et humide entre ses mains lui donnait une impression désagréable. Comme si l'objet qu'il tenait allait être la seule chose à le maintenir en vie. Lui chevalier d'or des Poissons, lui qui était mort d'innombrable fois, appréhendait ce qu'il allait trouver dans la grotte. Comparé à ses compères, lui était resté pour guetter une potentielle sortie du chevalier du Lion. Deux heures, deux longues heures à sentir la pourriture. Deux heures pendant lesquelles il ne pouvait pas s'empêcher de se souvenir qu'il s'agissait du bras pourris du chevalier mort qu'il sentait. D'un chevalier qu'il avait connu, d'un chevalier qu'il avait côtoyé. Un ami. Aphrodite déglutit difficilement, ses yeux toujours rivés sur la torche.

Il entendit à peine le bruit d'un brasier à côté de lui et sursauta même lorsque le bout de sa torche s'enflamma. Il releva les yeux, Milo le fixant à travers les flammes rouges. Il avait un regard si sérieux désormais. Aphrodite fronça les sourcils. Quand le gardien du 8ème temple avait ainsi changer ?...

« Tout le monde est près ? »

Aphrodite ne répondit pas, se contentant de regarder les hochements de tête de ses camarades. Il se sentait perdu... Lorsqu'ils pénétrèrent la grotte, il les suivit sans un mot, le regard bas et les yeux vides. Il se sentait perdu... Il était passé devant cet endroit tant de fois, il avait même passé de longues minutes à contempler les rideaux de lierre se tisser au fil du temps. Maintenant tout était si différent. Les plantes d'un vert profond n'étaient plus que des branches nus qui tombaient en poussière si on les frôlait seulement. Les buissons étaient rêches, nus et mort, tout comme l'herbe brûlée par le soleil.

Le chevalier laissa ses yeux trainer sur la roche suintante d'humidité. Il n'y avait pas la moindre trace de vie, même pas une petite araignée. Le sol était poussiéreux, pas sec ni compact, juste poussiéreux alors que la roche semblait par endroit imbibée d'eau. L'air était lourd, en tout cas pour lui car à chaque pas qu'ils prenaient, l'odeur s'intensifiait. C'était peut être ça, c'était peut être la raison de cette petit voix dans sa tête qui lui murmurait de fuir. Vite. Peut être que l'odeur de mort réveillait quelque chose dans son cerveau. Le bruit de leur pas, d'une cadence répétitive comblait le silence mais le rythme monotone qui s'était formait commençait lentement à l'aliéner.

Quelque chose apparut alors sur les murs, révélé par la lumière de leur torche. Un gribouillage, en tout cas au premier abord. Non, une suite de symbole sans la moindre cohérence, d'abord un seul d'un noir poudreux. Un triangle ? Le début d'une étoile ? Le signe avait un début mais pas de fin, juste une dernière ligne trainante. Puis un autre, une autre ligne vacillante. Un cercle de triangle hésitant. Sous leur regard, c'était une œuvre archaïque qui se montrait. Partout, sur les murs, tracée dans la poussière et gravé dans le plafond de la grotte. Ils étaient entourés de ses petites figures, de bonhomme bâton singulier et de silhouette vaguement animal. De forme géométrique aussi précises que floues.

« Qu'est-ce que c'est que ça ?... », souffla Shura.

Les mots échappèrent de ses lèvres dans une question qu'il se posait plus à lui-même qu'à ses confrères. Partout. Partout où ils regardaient. Partout où leurs yeux trainaient. Les figures étaient partout, éparses par endroit, se chevauchant à d'autre. Saga avança la main du mur, touchant l'un des bonhommes du bout des doigts. Il ramena sa main vers lui, frottant son index et son majeur désormais noirs contre son pouce.

« De la suie... Il a fait ça avec de la suie.

- Aiolia ?, demanda faiblement Aphrodite. »

Saga ne répondit pas tout de suite. Était-ce l'œuvre d'Aiolia qui leur mettait ainsi froid dans le dos ? Il discerna une scène dans ce chaos : un bonhomme avec un bâton, suivit par d'autre bonhomme. Puis le bonhomme au bâton assit et les autres tout autour de lui, tous dans la même position. Qu'était-ce ? Un cours ? Les autres bonhommes étaient plus petit, peut être était-ce des enfants ? Peut être vénéraient-il le bonhomme au bâton ?... Athéna ?

« J'en sais rien. Je doute que l'on soit face à des peintures préhistoriques.

- Donc il s'agit d'Aiolia... »

Aphrodite soupira, laissant lentement ce sentiment étrange le noyer. Ce n'était plus vraiment de la peur, ni même de l'appréhension. C'était quelque chose de grisant, de dépriment comme la fatalité.

Les scènes, les scènes se succédaient et plus ils avançaient, plus tout ceci devenait inquiétant et étrange. Ce qui était d'abord des dessins, devint des gravures puis des petites sculptures de brindilles et d'ossement. Des petites œuvres aux aires de rituel obscur. Puis vint les pétales séchées, les inscriptions sans le moindre sens et enfin, dans la pénombre, une lumière qui répondait à celle de leur torche. Ils étaient arrivés.

« Chevalier du Lion ? », appela Milo.

La lumière les narguait en s'échappant d'un détour. La roche épaisse cachait encore probablement leur frère d'arme, ils ne leur restaient plus qu'à tourner dans quelques mètres, mais elle ne suffisait cependant pas à cacher ces chuchotements. Il chuchotait, tous l'entendaient chuchoter d'une voix si aigue, si troublante. Il chuchotait gaîment, il chantonnait et même ricanait par moment. Si l'un d'entre eux n'avait pas eu la chaire de poule face aux dessins étranges et aux inscriptions, alors la voix de leur cher ami la leur donna.

Milo ne put s'empêcher de s'arrêter juste avant de pouvoir le voir. Il l'écouta partir dans ses divagations, parler tout seul. Il écouta sa voix changer de ton, sauter à chaque mot, devenir légère puis grave sans jamais perdre cette folie. Il n'y avait plus de doute, plus de façon de se le cacher : Aiolia était fou. Il parlait avec excitation mais il ne chercha pas à comprendre. Il ne voulait pas comprendre. Alors ils était là tous les cinq... tous les quatre au fond d'un grotte. Et il ne pouvait plus se voiler la face.

« Milo ? », murmura Saga avec inquiétude.

Milo inspira profondément. Une fois, puis deux, sans jamais oublier d'expirer. C'était à lui de le faire, n'est-ce pas ? Il s'était placé en chef de groupe et tous l'avaient laissé faire. C'était à lui d'y aller en premier. C'était le seul à pouvoir le faire ? Il avança d'un pas, d'un deuxième, une expression neutre sur le visage. C'était à lui de le faire. L'odeur de putréfaction le prenait à la gorge. C'était à lui de le faire. Derrière les flammes de sa torche, le dos d'Aiolia tremblait. C'était à lui de le faire. Il y avait des dessins, des inscriptions, des branchettes accrochaient entre elle et des fleurs séchées un peu partout. C'était à lui de le faire. Il y avait de petites bougies allumées un peu partout, ainsi qu'une lampe à huile éteinte. C'était à lui de le faire. Il y avait un autel devant lequel Aiolia rigolait d'allégresse. C'était à lui de le faire. Et sur l'autel il y avait... il y avait...

C'était... à lui... de le faire...

« Aiolia...

- C'est magnifique ? C'est magnifique hein ? »

L'homme garda d'abord le dos tourné, son visage balayant tout les ouvres autours de lui. Il semblait tellement, tellement fier de lui. Milo pouvait même pratiquement voir son visage rayonné. On aurait dit un petit garçon.

« C'est moi qui l'ai fait ! C'est moi qui ai tout fait ! »

Il se tourna alors vers Milo, un sourire trop grand sur le visage et des yeux bien trop écarquillés. Il montra tout en écartant les bras, sa silhouette pliée dans une étrange position. Le chevalier du scorpion inspira. Il avait perdu la raison. Il continuait d'agiter les bras dans tous les sens, faisant balancer sa tête d'un côté à un autre telle une marionnette aux mains d'un marionnettiste inexpérimenté.

« C'est moi qui ai tout fait tout seul ! TOUT SEUL ! »

Son visage passa de la joie à la colère la plus sombre alors qu'il cria violemment, forçant Milo à reculer légèrement. Immobile, figé dans une expression de haine, il éclata soudainement de rire comme si rien ne venait d'arriver. Il tourna sur lui même, deux fois, laissant le chevalier aussi perplexe qu'abattu.

« Oh mon dieu... », entendit-il derrière lui.

Aphrodite pressa ses mains sur ses lèvres. Oh. Oh c'était affreux. C'était bien pire que ce qu'ils avaient imaginé. Saga, Shura et lui étaient en entendant crié, de peur qu'il arrive quelque chose au chevalier d'or du scorpion. Ils s'étaient préparés pour quelque chose d'affreux mais ne s'étaient pas imaginés ça. Ils n'auraient jamais pus ! Pas étonnant que le chevalier du 5ème temple ne cesse de dérobé le bras putréfié : il lui avait fait un autel. Il lui rendait un culte ?

« Aiolia, il faut que tu rentres, commença Milo d'une voix calme.

- Non !

- Aiolia, je t'en pris !

- NON ! NON ! »

L'homme se crispa, tapa du pied comme un enfant. Comment allait-il faire ? Si Aiolia était toujours en état de se servir de son cosmo, alors qui sait ce qui pourrait leur arriver. Sans aucune barrière morale, il pourrait leur infliger de grave blessure. Certes, ils pouvaient l'attaquer à plusieurs mais en plus d'être contre leur principe, il s'agissait du chevalier d'or du Lion. Il s'agissait de leur ami.

« Très bien... très bien... mais il faut que tu nous rendes le bras. D'accord Aiolia ?

- NON ! NON ! Il doit... il doit RESTER ICI ! »

Aphrodite ne put s'empêcher de regarder tout autour de lui. Comparé à ce qu'ils avaient vu jusqu'ici les scènes sur les murs étaient plus claires. Il y avait surtout des bonhommes, beaucoup de bonhommes mais ce qui marqua le chevalier, ce fut la figure fantomatique qu'avait peint Aiolia au dessus de l'autel. Alors que tout les bonhommes n'étaient que des figures faites de cinq traits et d'une tête ronde remplie de noire, ce personnage lui était plus appliqué. Il portait comme une robe noire et avait une tête plus ovale qui n'était pas colorié.

« Aiolia...

- Vous ne comprenez pas ! C'est sa place ! Sa place ! C'est un cadeau !

- Un cadeau ? », ne put s'empêcher de répéter Saga.

Le chevalier hocha la tête avec violence, un grand sourire sur le visage. Un sourire cependant tordu. Il s'approche lentement du gardien du 3eme temple, pratiquement par à-coup.

« Oui ! Oui ! Un cadeau !... Du maitre!

- Le maitre? »

Cette fois, Aiolia s'approcha de Shura en entendant son interrogation. Il s'approcha bien trop près de lui, seulement séparé par les gerbes de flammes.

« Oui le maitre! C'est lui qui l'a offert ! Il l'a offert à Aiolia ! »

Aphrodite passa son regard du chevalier fou à la peinture plusieurs fois. Il vénérait le bras de Camus comme un cadeau ? De ce qu'il pouvait voir et sentir, le membre était dans un état avancé de putréfaction. Des bribes de chaires semblaient s'être décrochées des ossements et pourrissaient sur la pierre. Il n'avait même pas prit la peine de tenter de conserver le bras, il le vénérait simplement. Il l'entourait de fleurs odorantes qui finissaient par flétrirent, il lui offrait des petites poupées de brindilles et d'os animales et dessinait tout autour. Aphrodite vacilla avant de se retenir contre la roche. C'était répugnant. Il avait envie de pleurer. Il fit de son mieux pour ne pas vomir, mordant ses lèvres jusqu'à sentir le goût âcre du sang. C'était affreux.

« Qui est ton maitre Aiolia ? Ce n'est pas Athéna ?

- Ha ! Athéna !, se moqua l'homme en levant la tête. Non ! Non ! Mon seigneur est juste ! Juste ! Il nous entend ! Lui il entend Aiolia ! Il les a tous entendu, sa voix devint soudainement sinistre alors qu'il baissa la tête, et il les a tous sauvé. Même Aiolia. »

Il y avait quelque chose de terrifiant, que ce soit aussi bien dans sa voix que dans cette attitude à parler de lui à la troisième personne. Milo resta pourtant imperturbable, même lorsqu'il reprit d'une voix guillerette :

« Maintenant nous sommes tous libres ! Le maitre a montré !

- Qu'à-t-il montré ?

- Tous, chuchota-t-il. »

Le chevalier fou regarda ses mains, comme si elles et elles seules détenaient la vérité. Ses yeux perdus dans le vague, il continua de murmurer sans la moindre gaité.

« Avant nous étions perdu. Avant. Avant, nous ne savions pas. Nous ne savions pas le passé. Nous ne savions pas le futur, lentement Aiolia recula sans décrocher les yeux de ses mains. Nous ne savions pas ce que nous étions. Il nous a montré. Nous le suivons parce qu'il nous a montré. Il nous a libéré de l'ignorance, le maitre nous a libéré, il releva la tête vers les autres chevaliers. C'était magnifique. Aiolia a essayé de reproduire. C'était magnifique. »

Ses yeux les fixaient et pourtant son regard n'était pas là. Il était lointain, plongé dans ses propres souvenirs, dans sa propre démence.

«Qui est ton maitre Aiolia ?, demanda Milo d'une voix dure.

-Ça a fait mal... tellement mal... Pauvre Aiolia, se lamenta-t-il en ignorant la question. Pauvre Aiolia. Le maitre est cruel, le maitre est parti sans Aiolia. Mais maintenant nous pouvons le rejoindre.

- Aiolia, qui est ton maitre ?, demanda de nouveau le chevalier plus fort cette fois.

- Oui. Aiolia peut le rejoindre. Nous allons tous le rejoindre !

- ATTENTION ! »

Le cri d'Aphrodite suffit à peine à faire reculer Milo et Saga avant que l'huile ne les touches. Dans la surprise, le chevalier des gémeaux en lâcha sa torche qui continua de brûler doucement. Aiolia tenait fermement la lampe vide, complétement imbibé. Il les regarda le regard figé, il les regarda avec choc. Ils avaient refusés le maitre ? Personne ne pouvait refuser le maitre. Il laissa son bras retomber le long de son corps, la pièce silencieuse si ça n'était pour les respirations courtes des deux chevaliers qui venaient d'esquiver leur sauvetage. Il laissa la lampe à huile glisser de ses mains. Le verre de celle-ci s'éclata sur le sol pourtant meuble.

« Ce n'est pas grave. »

Les quelques mots qu'il se murmura à lui-même brisèrent le silence.

« Non. Ce n'est pas grave. »

Milo et Saga se rapprochèrent un peu plus des deux autres chevaliers. Il n'avait pas fait exprès. Ce n'était pas possible. Il n'avait pas tenté de les...

« Le maitre viendra. »

Lentement, il se pencha vers la torche qu'avait fait tombé Saga. Tous retinrent leur souffle alors que le chevalier releva lentement le morceau de bois. Shura hocha la tête négativement sans même s'en rendre compte. Il fallait faire quelque chose. Il n'allait pas ? Non. Non.

« Le maitre viendra pour eux. »

La lumière du brasier les aveugla tous alors que les cris perçant du chevalier firent battre leur cœur bien trop vite. Ce fut Aphrodite que tira d'abord Shura de là, avant de prendre le bras de Saga. La fumée commençait à remplir la petite pièce, le feu se propageait. Les flammes léchaient l'huile sur le sol, remontait le long des murs en dévorant les dessins de suie. Tout, tout était en train de consumer, les pétales de fleurs, les sculptures, les bougies de cire. Bientôt, ce ne fut plus que Milo et cet enfer de flammes. Pourtant ce ne fut pas la silhouette incandescente qui accrocha son regard, non. Ce fut le bras. Le bras du chevalier du verseau. Seul parmi les flammes, reposant sur cette roche dont la chaleur ne faisait que monter. Ce n'était ni les cris d'agonies, ni le rugissement du brasier qui le marquèrent le plus. Juste de perdre pour toujours le chevalier du verseau. Il ne jeta qu'un regard rapide sur Aiolia et sur la fresque de ce qui devait être son maitre. Il était temps de rentrer.


« Tu es venu. »

Hadès se tourna en entendant les pas derrière lui et son expression changea en voyant le jeune homme devant lui. Camus se tenait dos à l'obscurité du temple, la bouche entrouverte et le yeux grands ouverts bien que ruinés par les larmes. Il vit le torse de se contracter dans un effort certain d'arrêter la douleur et les sanglots. Loin de ses habits de seigneur, ses cheveux turquoises détaché et revêtu d'une longue tunique blanche, il semblait si fragile.

« Je... »

Il n'arrivait pratiquement pas à parler, quoi qu'il fasse les mots ne sortait pas. L'air du temple devint alors plus grave. Les teintes dorées semblaient faire place à un bleu léger. Les teintures, toujours animé d'une brise fantomatique paraissaient respirer au rythme de l'homme.

« C'est... dur... »

L'homme baissa la tête et ses cheveux tombèrent devant son visage comme pour cacher sa honte et sa peine. Hadès s'approcha.

« C'est de ma faute. J'ai choisi cette voix. Je connaissais les conséquences. Je n'ai pas le droit de pleurer ! Je n'ai pas le droit ! Je ne suis pas celui qui a souffert ! »

Hadès souleva du bout de ses doigts tout une partie de ses cheveux, dévoilant le visage pâle du jeune homme et ses yeux noyés de larmes. Il ignora la dureté de ses mots, à la place il le regarda avec souci.

« Oh Camus... C'est un chemin bien solitaire que tu as pris...

- Je sais. Je sais aussi que ma souffrance n'est qu'une vaste hypocrisie.

- Non. Non, tu as le droit de souffrir. Tu as choisi de regarder ce qui allait arriver. Tu as choisi de l'accompagner, de voir ses derniers instants. Voir une vie prendre fin, particulièrement dans de telles circonstances est toujours une dure épreuve. »

Camus détourna son visage, refusant de croiser le regard du seigneur des Enfers. À la place, il regarda sous ses cils la fresque, particulièrement les teintes chaudes qui narguait ses pupilles.

« Il a choisit la façon dont il voulait en finir.

- Il n'a rien choisit. Je l'ai manipulé... Je l'ai rendu fou. Je lui ai tout montré et voilà comment il a finit !

- Tu lui a montré tout ce que tu savais et il a choisit sa fin.

- Je l'ai changé. », répondit amèrement l'humain.

Hadès attrapa sa main et le força à le suivre jusqu'à la grande fresque. Camus le suivit, le visage toujours bas mais le suivit de même. Il trébucha pratiquement sur les quelques marches qui menait aux vitraux, traina des pieds et détourna une nouvelle fois le visage.

« Nous changeons tous Camus, que nous le voulions ou non. Parfois on abandonne notre sens de la justice pour de la cruauté, notre droiture pour la corruption. Parfois ce sont nos vertus qui se muent en pêchers. Ou parfois ce qui était de plus mauvais en nous éclot en quelque chose de plus beau, murit en quelque chose de plus grand. Hélas, nous changeons et le monde change lui aussi. Un papillon n'a après tout pas toujours eu ses ailes. Mais sais-tu qu'elle est la chose la plus belle et la plus cruelle Camus ? »

L'homme finit enfin par regarder le dieu, hochant la tête de droite à gauche. Hadès lâcha ses mains, à la place il remit une mèche de cheveux turquoise derrière l'oreille de l'humain. Ses yeux étaient toujours rouges et ses joues humides mais au moins il écoutait le seigneur des Enfers.

« Exister requièrent des sacrifices. Une simple vie en tue des centaines d'autres mais une simple vie suffit aussi à en faire naitre des centaines d'autres. Ta vie mènera à la mort d'autre vie mais n'oublie pas que sans ton existence, des centaines d'autres vies ne pourraient pas voir le jour. Il en va de même pour la mort. Il s'agit du principe même de l'existence.

- Ma vie a causé beaucoup de mort.

- Certes, mais combien de vie en plus cela aurait coûté si tu n'avais jamais été ? »

Camus se tut, réfléchissant aux paroles du dieu. Tout ce qu'il avait dit, Camus le savait déjà et habituellement, il aurait débattu sur sa nécessité, sa valeur. Il aurait trouvé des centaines d'arguments allant au contraire de ce qu'on venait de lui dire, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il se contenta de se tourner, de s'approcher de la fresque et de regarder son reflet. Il regarda les différents halos de couleurs sur son visage, du rouge sang au violet pur. Il y avait même une touche de vert émeraude.

« Le sacrifice d'Aiolia, bien que tragique, était nécessaire.

- Vous avez peut être raison, accorda-t-il au dieu en haussant les épaules. J'aurai juste voulu qu'il puisse avoir une mort bien moins douloureuse, plus paisible. »

Il vit dans le reflet le seigneur des Enfers s'approcher avant de sentir sa main se poser sur son épaule. Hadès le regardait, un sourire contrit et un regard doux.

« Je suis désolé Camus.

- Non, c'est moi qui le suis. Je suis désolé pour tout, pour la souffrance que je leur inflige mais elle est nécessaire. »

Il posa la main sur son front avant de se souffler à lui même avec peine :

« Oh si seulement j'avais le choix... »


Bon, bah je suis de retour avec un long chapitre et je ne sais pas franchement quoi dire d'autre que 'hey c'est le bazar'. Une grosse pensée pour Aiolia. Si vous n'avez pas pus lire la partit sur Aiolia pour diverses raisons, n'hésitez pas à me le dire si vous désirez un résumé rapide sans rentrer dans la partie sensible. Voilà !

Hemere : Merci pour ton commentaire ! J'avoue qu'il y a de meilleur jour pour le Sanctuaire et effectivement, pourrissant décrit assez bien l'ambiance. Pour ce qui est de plaindre Aiolia... Oui. Je comprends. Je comprends vraiment. Le pauvre n'a pas eu de chance dans cette fanfiction ! Je crois que pour le coup, tout le monde est secoué par cette histoire de bras. Encore merci pour ton commentaire !

Midia-du-Scorpion : Merci pour ton commentaire ! J'espère que tu n'espérais pas revoir Aiolia trop souvent par contre parce que là... c'est un peu grillé quoi...

Earwen de Sirfalas : Merci pour ton commentaire ! Que de question, que de question ! Tu as de la chance, une partie de tes questions vont avoir une réponse dans le prochain chapitre... après reste à savoir quand j'aurai le temps de poster. Camus prend son rôle de nouveau seigneur très au sérieux ! Il lui fallait une image qui aille avec son nouveau statut ! Pour ce qui est du nom de son armée, j'ai faillis les appeler les ombres mais je trouvais que ça rappelait trop les spectres. Après, je ne peux pas répondre au reste de tes questions, je m'interdis de spoilé !