Bien le bonjour à vous mes très lectrices (et lecteurs au cas où il y en aurait). Et oui, après quasiment deux mois d'absence, me revoilà de retour avec un nouveau chap, qui mine de rien fait 13pages word. De quoi vous régaler.

Si je n'ai publié avant c'est parce que je manquais de temps, et avec la rentrée en fac, ça ne s'est guère arrangé. Trois heures de transports quotidiens, plus le travail personnel qu'ils nous demandent à côté, sans parler de mon boulot parallèlement aux études, autant vous le dire tout de suite, je n'ai plus la moindre minute à moi.

Mais je tiens tout de même à vous rassurer, il n'est pas question que j'arrête cette fic. Les updates seront certes moins réguliers, mais ils seront toujours là, c'est une certitude.

Bon quant aux reviews, je n'y répondrais pas individuellement aujourd'hui car je n'ai pas le temps, mais sachez que comme d'habitude elles m'ont fait très plaisir. Donc merci à annabanana-the-cold, vampire-stellaire, salma, Violet Silva, jorarjho, nightdreamangel (X3), flammifer, Creme de moshi, jennyalissime, Zazaonne ( pour trouver un Severus en jean noir, fine chemise noire également sans manche s'ouvrant sur un torse d'albâtre à louer, je crains malheureusement que cela ne soit guère possible pour le moment, étant donné qu'il s'agissait d'un cobaye, mais promis, dès la fin de cette fic, qui n'est pas pour avant longtemps, je me mettrais dans la vente de Severus en jean noir et chemise noire sans manche s'ouvrant sur un torse d'albâtre, qui sera vendu ou louer avec la potion, lol), Maugreyfiliae, Keep Hope.

Bien maintenant passons à quelque chose de bien plus intéressant que mon bla bla bla, à savoir le chap, qui je le sais vous l'attendiez avec impatience.

Disclamer : Mis à part Maxence, aucun des personnages de m'appartiennent. Quant à certains lieux tels que le manoir inconnu, ils sortent de mon imagination.

Je tiens également à signaler que cette fic ayant été écrite bien longtemps avant la sortie du tome6, que je n'ai pas terminé de lire à l'heure où je vous parle, ma fic ne tiens donc pas compte des évènements survenus dans le tome6.

Enfin, merci à Auclerc, ma bêta qui prend le temps de me corriger mes chap.

Voilà, maintenant il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une très bonne lecture !


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Chap9: Severus contre attaque!

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Elle avait grandement eu raison de prendre la dernière phrase de Severus comme une menace. Elle savait pertinemment qu'il n'en resterait pas là. Il lui rendrait la monnaie de sa pièce au moment où elle s'en méfierait le moins. Le tout restait pour elle de savoir quand il passerait à l'action. Elle avait ouvert les hostilités, lui, il se contenterait simplement de riposter. Elle se tenait sur ses gardes, faisant attentivement attention autour d'elle.

Ce qu'elle n'avait pourtant pas prévu était que la riposte aurait lieu le lendemain même. Que les premiers effets se manifesteraient dès le petit déjeuner !

La veille au soir, après avoir écouté ce que Granger avait à lui dire, il s'était retiré dans ses appartements avec un sentiment d'humiliation. Cette insolente Gryffondor avait réussi à faire de lui un gentil sorcier qui lui avait été dévoué tout le temps qu'avait duré sa maudite potion. Il soupçonnait fortement autre chose qu'il ne voulait pas s'avouer, mais qui devait néanmoins être vrai. Surtout par rapport à leur intimité lorsqu'il avait reprit ses esprits. Merlin il était en train de l'embrasser ! Il y avait toutefois prit goût, s'il en jugeait par le souvenir de la peau douce qu'il avait alors sentit sous ses doigts. Une peau étonnement douce, une peau délicatement nacrée. La chaleur du corps de Granger étroitement pressé contre le sien, qui réclamait que l'on lui prodigue milles caresses toutes aussi douces les unes que les autres…

Severus se rabroua pour revenir à la réalité. Depuis la vieille au soir, ses pensées avaient une très nette tendance à se diriger vers le souvenir d'une peau douce qu'il avait, inconsciemment étant sous l'emprise d'une potion, aimé caresser. De nouveau ses pensées prirent le dessus. Il repensa à ses lèvres, gonflées par les baisers, qu'il lui avait donné. Des lèvres rosées d'apparence si douce, qui ne demandaient qu'à être délicatement embrassées, titillées, mordillées…

Une fois de plus, il se rappela mentalement à l'ordre, alors que son corps parlait un tout autre langage que celui de son esprit. Ses reins s'embrasaient de plus en plus douloureusement.

Pour éviter d'avoir à penser directement à elle, Severus réfléchit au meilleur moyen de l'humilier. Il se souvenait d'une potion dont le nom lui échappait. Une potion assez ancienne, qui était en quelque sorte l'équivalent de l'impardonnable sortilège d'imperium. Cette potion si elle était bien préparée, permettait de devenir le maître de la personne choisie. La victime restait consciente de tout ce qui l'entourait ainsi que de ses actions, mais ne pouvait qu'obéir. Les effets de la potion en eux-mêmes duraient trois jours, cependant l'antidote que l'on pouvait également préparer ne devait être donné qu'au bout de six heures après absorption de la potion. Il ne lui restait plus qu'à mettre la main sur le nom de la potion, et accessoirement sur le livre dans lequel elle se trouvait consignée. Cette insupportable Miss-Je-Sais-Tout, doublée d'une insolence digne des Gryffondors verrait qui est le seul et unique maître à bord !

Sachant d'avance qu'une fois de plus le sommeil le fuirait cette nuit, Severus ne prit finalement pas le chemin de ses appartements mais celui de son laboratoire. Pour atteindre celui-ci, il fallait passer devant la cuisine puis longer le couloir jusqu'au bout, on se retrouvait alors à un angle. Tournant à cet angle, on pénétrait dans un couloir plus sombre, dont la seule porte en vue pour qui ne connaissait pas les lieux se trouvait tout au fond du couloir. Severus s'avança dans ce sombre couloir. Peu avant d'être parvenu à la moitié du couloir, il marqua une pause en se tournant vers la gauche. Devant lui se tenait un tableau aussi grand que large représentant deux serpents enlacés.

« Serpenportia » dit-il au tableau.

Aussitôt les deux serpents se séparèrent alors que le tableau se changeait en porte.

Il pénétra alors dans l'antre du serpent, autrement dit son laboratoire. Celui-ci se constituait de trois pièces. La pièce principale aux couleurs sombres à la dominante vertes était le foyer principal. Une bibliothèque digne de ce nom se tenait fièrement dans un coin de la pièce, à côté de laquelle se trouvait une table en bois d'ébène accompagnée de deux chaises afin de pouvoir travailler. Un canapé en cuir vert, trônait au milieu de la pièce, à côté duquel se trouvait un petit guéridon sur lequel était posé un chandelier. Un miroir contre le mur, rappelant celui qui se trouvait dans le refuge d'Hermione. Une cheminée autour de laquelle on voyait deux portes : une à droite, et l'autre à gauche. De nombreux tableaux, pour la plupart des portraits, décoraient le foyer principal, et chose incroyable, dans un coin de la pièce, se trouvait également un magnifique piano noir sur lequel était peint un serpent vert qui se mouvait allégrement sur toute la surface.

Les deux portes en question donnaient accès l'une au laboratoire en lui-même, tandis que l'autre s'ouvrait sur un bureau. On pouvait à ce propos facilement passer du bureau au laboratoire sans avoir à repasser par le foyer au moyen d'une petite porte de communication qui avait été ajoutée par Severus pour cet avantage.

Severus parcourut rapidement la bibliothèque du regard, cherchant le livre qui l'intéressait. Il dénicha finalement l'ouvrage à la couverture verte foncée, entre deux gros volumes.

Il tourna les pages sans vraiment y porter d'attention comme s'il savait d'avance où se trouvait ce qu'il cherchait, ce qui n'était pas tellement faux en soi. Il arrêta soudainement de tourner les pages, son doigt se posant sur la potion recherchée. Un sourire victorieux aux lèvres, il lut le nom de la potion qui lui échappait :

« Le breuvage de soumission ! »

La potion était relativement simple à faire pour un sorcier tel que lui. Le sang de salamandre et la serre de Griffon en poudre entraient dans la composition de la potion. Par chance ces deux ingrédients assez rares, il en possédait en réserve ! Préparer la potion ne lui prit guère plus de deux heures. Quand elle fut prête, il en remplit une petite fiole qu'il glissa ensuite dans la poche de sa cape.

D'un evanesco, le reste de la mixture encore présente dans le chaudron disparut. Une fois la salle parfaitement rangée, il passa dans la pièce d'à côté. L'horloge magique lui apprit que Granger se trouvait sans ses appartements.

Severus s'approcha alors négligemment du piano. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas laissé ses doigts courir sur les touches. Durant des années, la musique ou du moins le piano avait constitué son refuge. Son père l'avait d'ailleurs encouragé à poursuivre sa passion. C'était d'ailleurs son père, qui, pour son douzième anniversaire lui avait offert ce piano, et par la même occasion ce refuge, jugeant utile que son fils unique bénéficie d'un endroit bien à lui. À l'origine, il n'y avait pas de laboratoire. Il n'y avait que la pièce principale 'le foyer' ainsi que le bureau. La troisième pièce était vide.

Malheureusement tout avait dérapé à peine quelques mois après qu'il ait reçu ce magnifique cadeau. Son père, le noble Adamus Rogue, respecté par bon nombre de sorciers de part son niveau social, mais aussi par ses généreuses donations pour les sorciers en difficultés, mourut dans des circonstances plus que douteuses, après avoir à plusieurs reprises décliné les offres du Seigneur des Ténèbres, de se joindre à lui. À cette époque, Severus n'était âgé que de douze ans.

Dès ce moment, le jeune Severus avait commencé à se replier sur lui-même, n'accordant pas facilement sa confiance à autrui. Sauf peut-être à Malfoy, et encore, il aurait mieux fait de se méfier. Il s'était alors réfugié dans les études, plus particulièrement dans les potions, l'une des seules matières dans lesquelles il excellait.

Un malheur ne survenant jamais seul, Severus eu l'occasion de s'en rendre compte l'année de ses quatorze ans, lorsque sa mère, la très honorable Fulvia Rogue, l'incarnation même de la gentillesse, de l'amour et de la patience, lui présenta cet homme, Ludovica Malogent comme son futur beau-père. Un homme doux, aimant, serviable en apparence, mais violent, détestable, humiliant en réalité. Dès le jour ou l'union fut célébrée, leur vie à Severus et Fulvia devint un véritable enfer. Ce fut d'ailleurs le dernier jour où il vit sa mère heureuse, sauf peut-être lorsqu'elle apprit qu'elle était enceinte. Cette année, Severus avait quinze ans. Un beau-père qui la battait lorsque l'envie l'en prenait. Un an de mariage qui fut un an de trop. Severus perdit en cette fin d'année, le seul être cher qui lui restait. Sa mère rendit l'âme en mettant au monde un garçon. Son seul souhait fut qu'il soit prénommé Maxence, qui était le nom de son père.

Severus se retrouva en cette nuit du 16 décembre, à l'âge de quinze ans, seul au monde avec à sa charge un bébé qu'il devait coûte que coûte protéger, et un beau-père qui n'en voulait qu'à la fortune Rogue, tout en se tournant vers la magie noire et vers ce Seigneur des Ténèbres qui promettait tant de belles choses qui sonnaient étrangement comme fausses à ses oreilles !

L'enfant par mesure de sécurité, fut placé en nourrice. Severus, la mort dans l'âme, retourna à Poudlard où il devait supporter le mépris des autres, le dégoût de ses condisciples vis à vis de son apparence dont il ne se souciait guère plus. Poudlard et les potions devenaient ses seules refuges du moins quand on lui foutait la paix, c'est-à-dire rarement surtout de la part des Maraudeurs qui trouvaient toujours le moyen de lui créer des ennuis.

Ce qu'il redoutait le plus à cette époque là était les vacances : il serait alors obligé de regagner le manoir pour subir humiliation, mépris, coups, de la part de ce beau-père qui entreprit alors de lui enseigner de force la magie noire, pour pouvoir le rallier par la suite à la cause de ce sorcier. Ayant avant cela été un enfant tendre et doux, il ne trouva pas la force de dire non, même si intérieurement, il hurlait 'Je ne veux pas avoir affaire à la magie noire'. À contre coeur, il apprit la magie noire. Profitant de cet état de faiblesse, Lucius Malfoy aidé de son beau-père réussit à le rallier à leur cause en temps que Maître des Potions pour le Seigneur des Ténèbres.

À la fin de ses études à Poudlard, dès que la marque lui fut apposée sur le bras, il sut qu'il aurait du se révolter. Mais telle une marionnette, il avait laissé les autres décider pour lui. Pendant cinq ans, manipulé par les autres, il tua sans scrupule, violant les femmes. Mais à chaque fois alors que les autres se réjouissaient de ce qu'ils avaient commis, un profond dégoût qui ne cessait de grandir, s'insinuait dans son corps. Intérieurement, il jura qu'un jour il se vengerait de tous ces mangemorts, dès qu'il en aurait les moyens.

Sa vengeance débuta lorsque Maxence eut atteint onze ans. Ludovico s'était mis en tête d'envoyer son fils à Durmstrang, afin qu'il baigne dans la magie noire. Pour la première fois de sa vie, Severus osa dire haut et fort non ! Il avança qu'il serait très bien à Poudlard, qu'il pourrait parfaitement se retrouver chez les Serpentards. Ce fut un non catégorique de la part de son beau-père.

Pourtant, pour protéger son jeune frère de ce dont il n'avait su lui-même se protéger, Severus alors âgé de vingt-cinq ans prit les devant. Profitant d'une mission de son beau-père, Severus emmena Maxence en France, puis l'avait fait entré au collège de Beaux-Batons sous le nom de Maxence Rogue. Pour cet acte, Ludovico lui en voulut énormément, cependant Severus n'en avait cure. Quatre ans plus tard, il découvrait le courage de son jeune frère. Ce courage que lui n'avait pas eu. Maxence rentrait pour les vacances, son père avait voulu lui enseigner la magie noire, mais c'était sans compté sur la rébellion de Maxence qui tint vaillamment tête à son père, obtenant finalement gain de cause, grâce à son caractère rebelle. À partir de là, tout s'était rapidement enchaîné. Une vengeance digne de ce nom avait prit forme dans son esprit. Il tenait enfin le moyen de se débarrasser de son beau-père. Il avait alors fait circuler une rumeur au sein des mangemorts prétextant un traître parmi eux. Anonymement, il avait fourni des preuves qui accusèrent Ludovico. Quelques jours plus tard, un 'avada Kedavra' le tuait.

Maxence fut aussitôt transféré à Poudlard, chez les Gryffondors à son plus grand désarroi. Lui fut engagé en tant que Maître des Potions malgré qu'il soit toujours mangemort. Mais Dumbledore lui faisait confiance, croyait en lui. Personne n'avait pu faire le lien entre lui et Maxence, tous deux ne portant pas le même nom. Progressivement, il devint un double espion pour Dumbledore. Maxence sa scolarité terminée, repartit en France sous la demande de son frère, afin d'y faire sa formation de duelliste, discipline dans laquelle il excellait, et qui n'avait pas le moindre secret pour lui. Severus même si jamais ne l'avait avoué à quiconque, souffrit de cette absence, même si tous les deux savaient que l'aîné des frères faisait tout pour protéger son cadet. Maxence ne revint en Angleterre que lorsque sa formation fut terminée, c'est-à-dire le mois précédent l'attaque de cette insupportable Miss-Je-Sais-Tout de Gryffondor.

En pensant à elle, il sortit brusquement de ses sombres pensées concernant son passé, qui, il fallait bien l'avouer, n'avait pas toujours été des plus tendre. Il regarda un instant le piano, hésitant. Finalement, il s'assit sur le siège, souleva le couvercle et pendant quelques secondes, resta là à observer les touches. Ses longs doigts fins caressèrent rapidement les touches, sans le moindre but précis. La question qu'il se posait était : était-il encore capable de jouer quelque chose de correct?

Se laissant emporter par un nouveau flot de souvenirs, il se mit tout naturellement à jouer, comme s'il n'y avait jamais eu toutes ses années de souffrance, où pas une seule fois, il n'avait jouer du piano. Au fur et à mesure que la mélodie cessait d'être hésitante pour devenir sûre, ses traits se détendirent progressivement. On retrouva alors le Severus au visage serein qu'Hermione avait plus ou moins fait ressortir par sa potion. le véritable Severus rogue qui était profondément enfouie en lui ressurgit le temps qu'il resta au piano ; c'est-à-dire de longues heures, où dans cet antre connu de lui seul, s'enchaînèrent des mélodies plus belles les unes que les autres. des mélodies qui semblaient exprimer sa véritable personnalité : un être mélancolique, fragilisé par la perte d'êtres chers, abusé par des gens qui se disaient ses amis, sa famille, enfin un être qui avait finalement su trouver sa force dans l'hostilité, le mépris.

Lorsque finalement la dernière note d'une énième mélodie toujours plus belle que les précédentes résonna dans le silence, à l'extérieur du manoir le jour commençait son ascension. À présent, il se sentait revitalisé, plus en forme que jamais. Tout cela, grâce à la musique.

Severus passa rapidement à ses appartements, prit une douche, se changea tout en revêtant un pantalon et une chemise bien évidement noir avant de renfiler sa cape. À ce moment, dans la poche de sa cape, ses doigts rencontrèrent un petit objet, à l'aspect lisse, et assez long, une sorte de fiole, et pas n'importe quelle fiole, l'une des fioles de son laboratoire privé. Ce n'est qu'en la sortant pour l'examiner de plus près, qu'il se souvint de la potion.

Un sourire mauvais se dessina sur ses fines lèvres alors qu'il reprenait le chemin de la cuisine.

Sur place se trouvaient les deux elfes de maison qui s'activaient à la confection du petit déjeuner de leur maître et de sa jeune invitée. Severus apprit d'eux que Granger venait à l'instant de se lever, qu'elle serait dans la salle à manger dans une quinzaine de minutes.

'Parfait' pensa-t-il sournoisement.

Un rictus aux lèvres, il se rendit dans la salle à manger, s'installa confortablement à sa place habituelle. C'est le moment que choisit leur petit déjeuner pour apparaître sur la table. Un café bien noir pour lui, un thé fumant pour elle, des pancakes fraîchement préparés dans une assiette, du sirop d'érable à côté, et autres confections de la même sorte. D'un 'accio', il fit venir la tasse de thé à lui. Il y vida le contenu de la fiole. Le contenu de la tasse prit un instant une teinte rouge, puis le moment d'après, retrouvait sa couleur d'origine. La seule modification, qu'il s'était autorisé sur la potion concernait son goût. Il l'avait adoucit pour la tromper. Ainsi, elle ne se rendrait compte de rien. D'un geste précis de sa baguette, il renvoya la tasse à l'autre bout de l'immense table.

Quelques minutes plus tard, l'objet de ses pensées fit son apparition. La jeune sorcière s'arrêta soudainement l'espace de quelques secondes en voyant Rogue déjà installé à la table, qui faisait celui qui ne s'intéressait strictement pas à elle. Contrairement à ce qu'elle pouvait penser, Severus l'observait bel et bien, du coin de l'oeil. Il observait discrètement le moindre de ces gestes. Il put voir avec un plaisir sadique l'hésitation qui se lisait sur son visage. Finalement, elle prit ce qui sembla être pour Severus une grande inspiration puis vint à son tour s'installer à l'autre extrémité de l'immense table, essayant visiblement d'oublier la présence de son ennemi installé à la même table qu'elle.

Inconsciente de ce qui se tramait contre elle, elle porta la tasse à ses lèvres, et en but une longue gorgée, sans voir le sourire satisfait de Rogue. Le contenu de la tasse ingurgité, rien ne permettait de savoir si la potion faisait effet. Severus s'accorda encore quelques minutes, le temps de finir sa propre tasse de café, accompagné d'un muffin. Quand il eut terminé, il se décida enfin à la tester :

« Granger, apportez-moi les pancakes à côté de votre assiette » ordonna-t-il.

'Non mais pour qui il se prend celui-là ! S'il les veut ses pancakes, il n'a qu'à se déplacer !' pensa-t-elle en son fort intérieur, ses yeux brillant de colère. Mais pourtant, sans qu'elle ne puisse rien y faire, elle se vit se lever, prendre l'assiette contenant les fameux pancakes et... les lui apporter !

En arrivant devant lui, elle lut dans son regard la victoire. Cela la mit mal à l'aise d'autant plus qu'elle ne comprenait pas pourquoi, son corps refusait maintenant de bouger. Elle restait là, debout à quelques pas de Rogue à attendre. Mais attendre quoi ? Elle voulait partir mais son corps refusait de lui obéir.

« Qu'avons-nous là ? Voyez-vous cela, une jeune fille particulièrement obéissante. »

Les yeux d'Hermione étincelaient d'une rage mal contenue. Si ses yeux avaient vraiment pu lancer des éclairs, il serait sûrement mort à l'heure qu'il est.

'Non mais vraiment, pour qui il se prend la chauve souris aux cheveux gras ? Il croit peut-être que je vais lui obéir au doigt et à l'œil ?' pensa-t-elle.

Paradoxalement, aucune des paroles, qu'il pensait ne franchit la barrière de ses lèvres.

« Ne restez pas plantée là comme une idiote, je veux trois pancakes au sirop d'érable, et une autre tasse de café. »

« Bien professeur, je vous fais ça tout de suite » s'entendit-elle répondre alors qu'intérieurement elle pensait qu'il pouvait toujours courir.

Elle n'avait pas la moindre intention de les lui faire. Pourtant elle vit avec horreur ses mains prendre un pancake, puis le tartiner avec le sirop d'érable, avant de le présenter à Rogue. L'instant suivant, elle lui servait une tasse de café, et enfin répéta deux fois l'opération des pancakes.

'Mais par Merlin, qu'est-ce qui m'arrive au juste ? Pourquoi j'obéis à la moindre de ses pensées ? Pourquoi mon corps fait-il le contraire de ce que je pense... ? Minute papillon... j'ai bien pensé obéir ? Oh par Merlin non ! Il n'a... il n'a tout de même... il n'a tout de même pas osé !' réalisa-t-elle soudainement

La découverte qu'elle venait de faire du se lire dans ses yeux, car Rogue qui était toujours occupé à manger avec appétit, lui jeta un rapide coup d'œil pour voir qu'elle venait de comprendre du moins une partie de se qui se passait.

« Quelque chose ne va pas Granger ? » se moqua-t-il.

La jeune fille aurait bien voulut lui répondre que rien n'allait justement, cependant aucun son ne voulait franchir la barrière de ses lèvres. Ce spectacle fut des plus plaisant pour Rogue, qui l'espace d'un instant, se focalisa sur ses lèvres roses, douces, tendre. Il chassa bien vite cette idée tandis qu'il plongeait son regard dans celui de son... 'esclave'.

« C'est frustrant de ne pas pouvoir parler. Quel savoureux plaisir que de ne pas entendre l'insupportable Gryffondor que vous êtes se plaindre à tout bout de champ ! » se moqua-t-il à nouveau.

Un moment de silence puis :

« Parlez Granger ! Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Que m'avez-vous fait ? Pourquoi suis-je obligée d'obéir à ce que vous me dites, alors que je pense le contraire ? »

« Vous ne savez pas ? Pas même la moindre petite idée pour la l'insupportable Miss-Je-Sais-Tout que vous êtes ? Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. Hier, vous vous êtes bien amusée avec votre potion... »

« Vous n'avez... vous n'avez pas... osé !»

« Figurez-vous qu'au contraire j'ai osé. D'ailleurs je ne m'en plains nullement. Entre nous, je vous avouerais que ce breuvage de soumission me plait énormément. Un excellent moyen de vous avoir sous mon contrôle ! Qu'en pensez-vous Granger ? » demanda-t-il un rictus très mauvais aux lèvres.

« J'en pense que vous n'êtes qu'un goujat. Vous êtes perfide. Je vous hais. Vous m'entendez, je vous hais, je... »

« Ça suffira comme cela Granger » la coupa-t-il « Quelle merveilleuse potion. Sans l'antidote, cette très ingénieuse potion a de l'effet pendant trois longs jours. Trois longs jours, durant lesquels je pourrais faire de vous ce qui me plaira. La question qui se pose pour le moment serait de savoir ce que je compte bien faire de vous. »

'Donnez-moi l'antidote et vous allez voir !' hurla-t-elle intérieurement.

Severus réfléchit quelques instants. La scène de la veille lui revint obligatoirement à l'esprit. Apparemment elle avait grandement apprécié le fait d'être embrassée par un Severus contrôlé par l'intermédiaire d'une potion. Un instant il se demanda ce qu'elle penserait, dirait même si elle se faisait embrasser par l'horrible Severus Rogue "le bâtard aux cheveux gras" comme certains se plaisaient à l'appeler.

'Oublie immédiatement cette idée !' lui ordonna sa conscience. Pourtant, une autre voix qu'il ne sut identifier, lui souffla qu'il avait prit goût aux baisers échangés pendant qu'il était sous l'effet de la potion, et que depuis, il n'aspirait qu'à une chose : renouveler l'expérience en pleine possession de ses moyens.

Ce qu'il ignorait pour le moment était que la seconde petite voix, était en réalité son coeur qui commençait à s'exprimer. Son coeur qui petit à petit s'arrangeait pour faire ressortir le véritable Severus Rogue, avec ses forces, mais également avec ses faiblesses. Qu'il les accepte et qu'enfin il s'accepte tel qu'il est !

Severus se leva brusquement et passa au salon à côté. Il se planta devant la porte-fenêtre. Pendant quelques minutes, il laissa son regard errer sur le domaine. D'une part, il refusait catégoriquement le moindre contact affectif avec qui que se soit, mis à part son frère, et encore il ne le montrait jamais, et encore moins avec une Gryffondor insupportable comme cette Miss-Je-Sais-Tout qui pouvait se montrer insolente. Mais d'un autre côté, il était véritablement tenté d'écouter cette petite voix qui lui disait de se laisser tenter.

Il fut soudain las de se constituer un masque. Pour une fois, il pouvait bien se laisser tenter. Même si c'était cette Miss-Je-Sais-Tout de malheur, c'était déjà mieux que rien.

Sa décision fut vite prise.

« Granger ! » tonna-t-il

Il ne fallut pas plus de quelques secondes à la sorcière pour arriver.

« Oui professeur, vous désirez quelque chose ? »

« Approchez » répondit-il.

Ne pouvant qu'obéir à l'ordre donné, Hermione s'avança encore.

Elle n'était plus qu'à quelques mètres derrière lui. Il se retourna silencieusement pour lui faire face.

Avec l'assurance d'un prédateur, il s'approcha de sa proie. Il plongea son regard sombre, indéchiffrable, dans celui noisette, quelque peu effrayé de la jeune fille. Alors, il se mit à tourner autour d'elle une fois, deux fois, trois fois, puis revint à sa place initiale, c'est-à-dire juste devant elle.

« Je sais très exactement ce que je vais faire de vous » s'exclama-t-il d'une voix lourde de sous-entendus, « du moins pour l'instant » ajouta-t-il.

Et sans crier garde, il posa ses lèvres sur celles d'Hermione, tout en passant un bras dans son dos, l'autre sur sa nuque. Un baiser doux, presque aussi aérien qu'une caresse. Hermione ne put pas réagir étant toujours sous le contrôle de la potion, le baiser n'ayant duré qu'un bref instant.

Se détachant d'elle, il plongea à nouveau son regard sombre dans celui noisette de sa jeune élève. Il ne lut aucune haine, aucun mépris, aucune colère, mais autre chose, une sorte d'interrogation malgré le pouvoir de la potion sur elle. Comme une sorte d'acceptation qui le décida à recommencer !

Pour la seconde fois, ses lèvres se reposèrent sur celles douces d'Hermione. Cette fois-ci Hermione réagit en tentant de rester indifférente au baiser bien qu'au plus profond d'elle-même, elle pensait totalement le contraire.

D'un geste sûr, Severus la rapprocha de lui, la serrant étroitement contre lui. Il plaça d'autorité les bras de sa captive autour de son cou, posant ses propres mains sur les hanches de la sorcière. Alors seulement à cet instant, il prit sur lui d'approfondir le baiser. Inconsciemment, elle entrouvrit d'elle-même ses lèvres, afin de faciliter le passage de la langue de Severus qui vint taquiner la sienne.

Le baiser les laissa l'un comme l'autre à bout de souffle.

Lorsque sa respiration fut revenue à la normale, Hermione leva les yeux vers son professeur. Cependant le regard noir qu'il lui lança la déstabilisa au plus haut point.

Severus se reprocha immédiatement l'initiative du baiser. Il n'était pas censé avoir des émotions. Il était un être dur, froid, méprisant, craint des autres, intimidant. Il se demandait encore ce qui lui avait prit d'embrasser cette Gryffondor qu'il méprisait comme tous ces condisciples de la même maison.

« Granger, vous pouvez disposer pour le moment ! » ordonna-t-il de son éternelle vois glaciale.

Bien malgré elle, elle obéit à l'ordre et se retira silencieusement n'ayant pas l'autorisation de parler, encore moins celle de demeurer dans la pièce. Intérieurement, elle le traita de tous les noms d'oiseaux qui lui passaient à l'instant dans la tête.

Une fois qu'elle fut partie, Severus se laissa tomber sur le fauteuil le plus proche. Se prenant la tête entre les mains, il se demanda ce qui clochait chez lui depuis la veille. Au lieu de réfléchir au moyen de rendre son séjour ici le plus infernal possible, il ne faisait que chercher le moyen de l'attirer à lui pour pouvoir l'embrasser à sa guise.

Au souvenir de ce baiser, il sentit son coeur s'emballer.

« Ça suffit maintenant Severus ! » se rabroua-t-il en se levant brusquement de son fauteuil; « Va plutôt t'occuper de l'antidote au lieu de te laisser envahir par ce genre de pensées totalement stériles ! »

C'est sur ses bonnes paroles, que Severus se rendit dans son laboratoire où il commença la confection de l'antidote.

Étrangement à l'heure du déjeuner, ni l'un ni l'autre ne se présenta au salon.

L'après-midi passa dans le plus grand silence au manoir. Ce n'est qu'en début de soirée que la jeune sorcière se risqua à sortir du refuge. Cela pour deux raisons : la première c'est qu'ayant sauté le déjeuner, elle commençait sérieusement à avoir faim. Quant à la seconde raison ; c'est qu'elle avait vu dans le salon un livre sur la magie de Merlin qui l'intéressait.

Cette fois-ci, elle jeta un coup d'œil à l'horloge magique qui lui apprit que Rogue se trouvait dans son laboratoire. Rassurée de savoir qu'elle ne risquait pas de le rencontrer sur son chemin, elle sortit confiante du refuge pour se rendre dans un premier temps aux cuisines. Elle était persuadée d'y trouver un petit quelque chose à manger.

Néanmoins, si elle avait attendu quelques petites minutes supplémentaires, elle aurait été témoin d'un événement, qui aurait sans conteste changé ses plans, et qui aurait principalement fait disparaître son envie de manger.

À peine quelques minutes après son départ, alors qu'elle devait très certainement se trouver dans les cuisines, il y eut un mouvement au niveau de l'horloge magique. L'aiguille au bout de laquelle était représenté son cher professeur se mit en mouvement. Du "dans son laboratoire" l'aiguille alla se mettre sur "dans le salon".

Une fois après s'être tranquillement restaurée aux cuisines, Hermione prit le chemin du salon sans savoir ce qui l'y attendait sur place. Comme pour pouvoir accéder au salon, il fallait passer par la salle à manger, elle y pénétra sereinement. Elle n'avait pas atteint le milieu de la pièce, qu'elle se figea sur place.

En face d'elle, elle venait de voir Severus Rogue approcher de la salle de communication entre les deux pièces, et s'appuyer contre le chambranle, les bras croisés sur sa poitrine.

« Et bien Granger, il vous en a fallu du temps pour venir jusqu'ici ! » la réprimanda-t-il froidement.

« Excusez mon retard professeur » s'entendit-elle répondre, bien qu'intérieurement elle ne le pensait nullement.

Si ses paroles démontraient de sa bonne obéissance, ses yeux quant à eux flamboyaient d'une rage mal contenue. Si ses yeux avaient pu lancer des jets de flammes, il en va sans dire, qu'à l'heure qu'il est, Severus Rogue ressemblerait à une torche vivante.

À ce moment précis, elle aurait bien voulu s'enfuir. Le problème c'est que son corps n'avait pas la moindre intention de bouger. Elle dut faire un effort surhumain, puisant largement dans ses forces vitales pour réussir à lui tourner le dos, ce qui lui coûta tout de même une grande quantité de force. Armée d'une volonté quasi surhumaine, elle eut momentanément le dessus sur la potion et tenta de s'enfuir. Elle n'avait pas fait deux pas, qu'elle vit avec effroi les portes de la salle se refermer sous ses yeux. Elle était belle et bien prise au piège dans la salle, avec Severus. D'ailleurs ce dernier s'était silencieusement approché d'elle sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle ne prit conscience de sa proximité que lorsqu'il lui susurra à l'oreille :

« Ne luttez pas Granger. Plus vous lutterez contre la potion, plus vous vous affaiblirez pour rien. Vous êtes à ma merci. Tant que je ne vous donnerais pas l'antidote, je pourrais faire de vous tout ce qu'il me plaira ! »

'Non mais et puis quoi encore ! J'ai réussi une fois à prendre le dessus sur cette potion, je peux parfaitement le refaire, même s'il faut bien l'avouer, que le moindre effort pour contrer les effets de la potions, me coûtent en forces !'

« Pour commencer, j'ai le sentiment que vous ne m'avez pas tout dit sur mon comportement d'hier. Auriez-vous par exemple émit de mentionner quelques épisodes ? »

'Comme si j'allais vous le dire !' ironisa-t-elle intérieurement, puisqu'elle ne pouvait le faire de vive voix.

« C'est exact professeur. J'ai volontairement passé sous silence quelques épisodes trop gênant pour pouvoir en parler de vive voix. » s'entendit-elle répondre.

Une petite étincelle victorieuse apparut dans le regard de Rogue, alors qu'un rictus étirait ses lèvres.

« Voilà qui devient... on ne peut plus intéressant. Je vous suis tout ouïe Granger... racontez donc moi cela. »

'Mais tais-toi idiote' s'ordonna-t-elle.

Elle ouvrit la bouche... mais aucun son n'en sorti. Elle mettait, toute, son énergie à résister à l'envie de lui raconter ce qu'il ne savait pas.

« Granger ! » tonna-t-il. « J'attends ! »

De nouveau, elle eut une furieuse envie de tout lui dire. Mais encore une fois, elle résista de toutes ses forces. Cette fois-ci, elle n'ouvrit même pas la bouche. Cela ne fit qu'accentuer la fureur de Rogue, qui sentait qu'il commençait à perdre le contrôle de la situation.

Elle eut un instant de panique, en voyant Rogue se saisir de sa baguette, puis la pointer vers elle.

« Bien, bien Granger. Je serais curieux de savoir jusqu'à quel point vous vous abstiendrez de parler. »

Il fit un pas en avant. Instinctivement et même sous l'effet de la potion, elle en fit un en arrière. Nouveau pas de Severus dans sa direction, et nouveau pas de la jeune sorcière en arrière. Ce fut hélas son dernier pas en arrière, puisque dans son dos, elle sentit le rebord de la table. Elle était prise au piège, elle n'avait plus aucun moyen possible de lui échapper.

« J'attends toujours Granger... ! Vous ne voulez toujours pas répondre ? Tant pis pour vous. »

Severus fit un petit mouvement avec sa baguette sous l'oeil perplexe d'Hermione qui se demandait ce qu'il fabriquait. La réponse lui vint aussitôt lorsqu'elle sentit son chemisier se tendre, alors que le premier bouton sauta. Le haut de son chemisier à présent ouvert révéla une peau blanche.

Hermione lui lança un regard assassin, auquel il répondit en lui adressant l'un de ses éternels rictus.

« Faut-il que je réitère l'expérience ou êtes-vous enfin décidée à me dire ce que je souhaite entendre ? »

Hermione sentait qu'elle n'allait pas tarder à craquer. Mais elle ne voulait pas lui offrir ce plaisir. Elle lutterait jusqu'au bout. De ce fait, elle plaça sa main devant sa bouche, dans la ferme intention de n'en laisser passer aucune parole !

« Pauvre misérable idiote, vous l'aurez cherché ! »

Grâce à sa baguette, il fit sauter les deux boutons suivants, révélant à l'occasion un peu plus de la poitrine de sa victime. Le regard de Severus s'attarda durant quelques longues secondes sur sa poitrine qui n'était pas entièrement découverte, mais dont on en devinait aisément les formes. Lentement son regard remonta jusqu'à rencontrer celui d'Hermione. Un regard où se mêlait la honte, l'impuissance, mais également une grande colère.

« Mais peut-être en voulez-vous encore !» ironisa-t-il

« Allez en enfer ! » parvint-elle à lui cracher.

« Pas avant que vous n'y soyez déjà » lui répondit-il d'une voix tranchante.

Puis d'un geste impatient, il fit sauter les derniers boutons qui tombèrent au sol dans un petit bruit sourd.

D'un autre coup de baguette, il écarta les pans du chemisier d'Hermione, ce qui lui permit d'avoir une vue des plus totales sur la poitrine de la jeune fille. Poitrine emprisonnée dans de la dentelle rouge, qui se soulevait et s'abaissait rapidement. Son regard descendit le long de son ventre plat, jusqu'à la ceinture de son jean taille basse avant de remonter lentement, très lentement jusqu'à son cou, là où battait furieusement une veine jugulaire.

À la vue de la jeune fille, à moitié dénudée, sans réelle défense face à lui, il n'eut qu'une envie : renouveler l'expérience du matin, à savoir l'embrasser !

Alors tel un prédateur ayant repéré sa proie, il s'approcha encore plus d'elle. Parvenu juste devant elle, il retira la main qu'elle avait toujours devant sa bouche. De l'autre main, dans un geste qui parut presque tendre, il lui caressa lentement la joue. Rapidement, sa main retomba. Sans la prévenir, il la prit par les hanches et l'asseya à même la table, tout en écartant d'un geste habile du genou ses cuisses, pour s'y insinuer.

Sans plus tarder, il posa ses lèvres sur celles de la jeune sorcière tout en la tenant fermement par les hanches, et en la maintenant étroitement plaquée contre lui.

Il l'embrassa sauvagement, à pleine bouche. Emporté par son élan, il la renversa sur la table tout en continuant farouchement à l'embrasser. Le baiser sauvage se transforma en un baiser passionné, qui les laissa finalement à bout de souffle l'un comme l'autre.

Lorsqu'il la regarda à nouveau, ce fut avec une expression indéfinissable au fond des yeux. Hermione crut y déceler quelque chose qui ressemblait vaguement à de la tendresse, mais l'instant d'après, il arborait de nouveau son regard glacial.

Sans prononcer le moindre mot, il s'écarta brusquement d'elle. Il se dirigea vers les portes. Il avait la main sur la poignée. Il s'apprêtait à l'ouvrir, mais se ravisa au dernier moment, revenant légèrement sur ses pas, il déposa une petite fiole sur l'extrémité de la grande table. Puis sans lui adresser la moindre parole, mais en lui jetant simplement un regard dégoûté, il sortit de la salle à manger pour disparaître dans les profondeurs du manoir.

Un sentiment de honte la submergea alors. Lentement elle rabattit les pans de son chemisier pour cacher sa poitrine. Des larmes de honte coulèrent sans retenues sur ses joues, sans que rien ne puisse les en empêcher, alors qu'elle s'approchait du bout de la table, pour y prendre la fiole. Celle-ci contenait un liquide orange foncé. Sur l'étiquette, était écrit "antidote".

Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Un instant, il l'embrassait passionnément. Il avait aimé autant qu'elle ce baiser. Elle l'avait senti dans la façon dont il l'avait tenue contre lui. D'une façon presque rude aux premiers abords concéda-t-elle, mais dans laquelle, elle y avait pourtant discerné de la tendresse, de la protection habilement dissimulée. L'instant d'après, il s'écartait brusquement d'elle pour la regarder d'une façon dégoûtée.

De ce fait, il lui avait semblé discerner deux Severus Rogue ! L'un l'éternel professeur de potion froid et distant, et l'autre, un Severus Rogue, capable de tendresse, de passion.

Alors qu'elle avalait l'antidote, elle se demanda lequel des deux était le véritable Severus Rogue !

À suivre…

Dites-moi ce que vous en avez pensé !

Bisous à tous

Je vous adore !

Darky Angel