John Watson, le moldu qui…
Un petit crossover entre Sherlock et Harry Potter. Disons que cela se passe après le retour de Sherlock mais ne prend pas en compte les évènements de la saison 3 (pas de Mary notamment) et disons que cela correspondrait à la cinquième année de Harry Potter (et oui je suis parfaitement consciente que les dates ne correspondent pas du tout mais bon…).
Avertissement : je reste persuadée que John est cinglé… (probablement moins que moi cependant) et les doloris ne doivent pas aider.
Ames sensibles s'abstenir. Et les estomacs les plus fragiles devraient éviter de consommer quoi que ce soit à la lecture de ce… truc. C'est très sérieux. (idem pour ceux qui explosent de rire devant les films gores bien stupides mais pas pour les mêmes raisons).
Apprendre que Sherlock était un sorcier avait été… n'avais pas été… John n'avait pas été vraiment choqué. Il n'avait jamais entendu parler du monde magique, du fait qu'il existait vraiment un monde magique, et n'aurait jamais pu imaginer quelque chose comme cela mais sa vie était depuis longtemps tellement folle que cela ne l'avait pas surpris plus que ça. Beaucoup de choses s'expliquaient quand on tenait compte que Sherlock, et Mycroft, étaient des sorciers. Cela expliquait comment Sherlock avait pu survivre à sa chute déjà… Mais c'était… un peu décevant en fait. Savoir que tout ce qui faisait de Sherlock un être incroyable, fantastique, presque magique… était finalement dû au fait qu'il était vraiment magique. Décevant, en effet. Non pas que les autres sorciers que John avait croisé eussent montré la même brillance que Sherlock mais…
De toute façon, John était furieux. Pas tellement parce que Sherlock ne lui avait pas dit qu'il était un sorcier. Bon d'accord, un petit peu. Ok, il y avait des lois qui interdisaient de parler du monde magique aux… moldus mais depuis quand Sherlock respectait-il les lois ?! Non, c'était juste comme la fois précédente, avec le faux suicide, Sherlock ne lui faisait pas confiance… Après tout, il n'était qu'un simple docteur, ancien chirurgien militaire. Un simple… moldu. Moldu, comme ce terme paraissait méprisant, même dans la bouche de ceux qui disaient vouloir les protéger. Surtout dans la bouche de ceux qui disaient vouloir les protéger. Après tout, ils considéraient les personnes non magiques comme des personnes faibles et incapables de se défendre. Comme des enfants qu'il fallait protéger. C'était ce qu'avait voulu faire Sherlock. Encore. Le protéger. Et pour cela, il avait voulu l'envoyer au loin, avec une escorte de… policiers sorciers ou quelque chose de ce genre. Comme avec Moriarty… qui n'était pas un sorcier soit dit en passant. Et pas mort. Parce que Sherlock pensait que John n'était pas capable de se défendre, était inutile et même pire, un poids.
C'était douloureux. Et c'était pour cela que John les avait tous envoyés se faire f… Sherlock, Mycroft et tous leurs petits copains sorciers. Il leur avait dit ce qu'ils pouvaient faire de leur protection et avait interdit à Sherlock de le suivre, ou de le faire suivre, sous peine que John disparût définitivement de la vie de Sherlock.
John avait claqué la porte, glissé son portable dans la poche du premier passant en espérant que cela les induirait en erreur – mais il y avait sûrement des moyens magiques pour filer quelqu'un – et avait pris le premier train qui quittait Londres. Après trois changements de train, deux bus et une demi-heure dans la vieille voiture d'un type qu'il avait croisé sur la route, John se trouvait dans un vieux cimetière laissé à l'abandon. C'était toujours dans les cimetières que John se réfugiait. Les cimetières isolés et déserts. Là où il pouvait crier, exprimer sa frustration à haute voix sans être entendu et sans gêner les habitants. Les morts ne se plaignent pas…
John déambulait dans ce cimetière inconnu, entre des tombes vieilles de près d'un siècle, à demi en ruine et recouvertes par la végétation. Il criait, faisait de grands gestes, tapait dans des morceaux de pierre. Bref, il exprimait sa colère sans prêter attention à son environnement. C'est sans doute pourquoi il ne vit pas ses agresseurs approcher…
Quand John reprit conscience, il se trouvait dans une pièce sombre, éclairée par des torches, affalé sur un vieux parquet craquant devant une cheminée allumée. La pièce était meublée comme un bureau ou une petite bibliothèque et les couleurs dominantes étaient le vert et l'argent.
Dans un large fauteuil se trouvait un homme qui… devait être atteint de la lèpre car il n'avait pas de nez, sa peau était grise – John diagnostiqua un possible argyrisme qui pouvait s'expliquer si l'apparente obsession de l'homme pour l'argent allait jusqu'à en ingérer – et ses yeux jaunes, probablement une maladie du foie. La somme de tous les symptômes faisait de l'homme un cas médical très intéressant…
« Vous avez besoin d'un médecin ? demanda John. C'est pour cela que vous m'avez fait enlever ? »
L'homme tourna vers lui un regard ophidien – John aimait faire son scientifique quand Sherlock n'était pas là pour se moquer de lui – et lui jeta un regard qu'il voulait probablement effrayant. John pensait qu'il avait surtout l'air constipé.
« Savez-vous qui je suis, misérable moldu ? demanda le grand homme gris d'une voix sifflante qui rendait les syllabes commençant par le son [s] interminables.
_ Un malade en phase terminale échappé d'une secte d'adorateur du dieu serpent argenté ? proposa John. Mais vu que vous avez prononcé le mot moldu, je vais tenter un sorcier ?
_ Je suis le Seigneur des ténèbres, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, celui…
_ Voldemort, c'est ça ? le coupa John qui se rappelait une conversation entendue quelques temps plus tôt entre les sorciers qui avaient envahi son logement.
_ Je vais t'apprendre à craindre mon nom, misérable vermine ! s'exclama Voldemort en se redressant et pointant un bout de bois sur John. »
John était toujours en colère, beaucoup trop pour écouter la partie, certes déjà très réduite, de son cerveau qui agissait pour l'instinct de survie.
« Vous êtes vraiment sûr que vous n'avez pas besoin d'un médecin ? redemanda-t-il. Vous avez vraiment mauvaise mine… »
L'homme agita son bâtonnet en baragouinant un truc qui ressemblait à du latin de cuisine et un meuble explosa à côté de John. John sentit sa colère renaître alors que se dissipaient les brumes de son esprit, brumes probablement liées au moyen qui avait été utilisé pour le rendre inconscient.
« Si vous cherchez à me faire peur, vous pouvez aller vous démaquiller. Je n'ai pas peur des clowns ! Et si vous comptez m'utiliser pour attirer Sherlock, vous n'êtes vraiment pas original. Moriarty l'a fait avant vous…
_ Qui est Moriarty ?
_ Un génie du mal. Le génie du mal. L'adversaire de Sherlock.
_ Je ne connais aucun sorcier du nom de Moriarty.
_ C'est parce que ce n'est pas un sorcier. Et il est bien pire que vous, ajouta John en voyant que Voldimachinchose semblait vexé.
_ Pire que moi ! Pire que moi ! Un moldu ! hurla Voldemort qui s'était levé et déambulait à grands pas dans son bureau en faisant virevolter sa cape. »
Une cape. Comme les superhéros. C'était ridicule. Et apparemment très sorcier puisque les sorciers qui étaient venus parler à Sherlock et Mycroft portaient tous des capes. Pas Sherlock et Mycroft en revanche. Ce n'était probablement pas très discret quand on vivait dans le monde moldu. Encore que Sherlock semblait avoir trouvé la solution avec son long belfast qu'il faisait tournoyer. Bon sang, les sorciers étaient tous des fashion victims.
John fut rapidement sorti de ses pensées vestimentaires par une douleur atroce qui semblait venir de nulle part. Il se tordait de douleur sans pouvoir contrôler son corps en dehors d'empêcher ses cris de sortir. Après tout, John connaissait la douleur. Et pas seulement parce qu'il s'était fait tirer dessus. Aussi terrible fût-elle, cette douleur était loin d'être la pire qu'il avait un jour dû supporter. John avait été torturé en Afghanistan ce que ni Sherlock ni Mycroft ne semblaient savoir. Ce n'était pas la seule chose qu'ils semblaient ignorer sur le temps que John avait passé en Afghanistan… Et John avait été habitué à la douleur. Après tout, son cher père avait été un très bon entraîneur…
La douleur diminua alors que Voldemort hurlait quelque chose que John pensa être « Lucius », hurlement presque immédiatement suivi par l'entrée d'un homme aux cheveux si blonds qu'ils en étaient presque blancs. John chercha à entendre ce que les deux sorciers – car l'homme qui venait d'entrer était forcément un sorcier ou alors les moldus s'étaient eux-aussi mis à la mode des capes – mais l'agonie qu'entraînait le moindre mouvement lui fit manquer presque toute la conversation. Peu importait. Après tout, si cela le concernait, il serait probablement rapidement au courant de ce qui se passait.
John n'aurait su dire combien de temps s'écoula car à chaque fois que la douleur semblait enfin disparaître, Voldemort lui jetait à nouveau un sort, quelque chose qui ressemblait à dolorisssss, et John était replongé dans une douleur insoutenable. Son calvaire cessa cependant lorsque la porte s'ouvrit à nouveau devant plusieurs sorciers qui jetèrent une forme humaine aux pieds de Voldemort avant de quitter la pièce sur ordre de ce dernier.
John profita que l'intérêt de Voldemort était tourné vers le nouvel arrivant pour essayer de se redresser. Il parvint avec quelques difficultés à s'asseoir en se retenant contre la cheminée dans laquelle flambait un feu impressionnant, surtout pour un mois de juillet. Il ne faisait tout de même pas si froid ! Même si on était en Angleterre… Ainsi stabilisé, et ne se vautrant plus par terre, il tourna le regard vers l'homme qui se relevait gracieusement. Un petit homme brun en costume de luxe. B… ! Voldemort avait kidnappé Moriarty !
John observa les deux psychopathes qui semblaient se disputer pour savoir qui était le pire criminel et le véritable ennemi de Sherlock. Du moins c'était l'impression qu'il avait mais avec son esprit embrumé il n'était pas très sûr de ce qu'il entendait. Si cela se trouvait, les deux cinglés étaient en train de comploter pour préparer la domination totale du monde ou sa destruction complète. L'idée que les deux puissent faire équipe était effrayante même si peu probable vu ce que Voldemort pensait des moldus. Encore qu'il n'avait toujours pas jeté de sort à Moriarty alors même qu'il l'avait fait enlever pour prouver qu'il était plus fort que lui. Mais Moriarty était un génie manipulateur et, apparemment, même Voldemort pouvait être manipulé. En tout cas, aucun des deux ne se préoccupait de John, comme si sa présence ne comptait pas, comme s'il ne représentait pas la moindre menace. C'était vexant. Non pas que John tenait particulièrement à attirer leur attention mais tout de même… Heureusement qu'il n'avait pas un égo très développé. En même temps, en vivant avec Sherlock, cela n'aurait pas été possible.
John entreprit de fouiller ses vêtements pour faire l'état des lieux de ses forces. Il trouva son revolver dans la poche de son manteau. Son revolver ! Ces foutus sorciers ne l'avaient même pas fouillé, tellement persuadés qu'il était incapable de leur faire quoi que ce fût. John avait l'habitude d'être sous-estimé mais là, c'était trop gros ! Et il était furieux. Ah ! il n'était qu'un vulgaire moldu ! Ils allaient voir ce dont était capable le vulgaire et insignifiant petit moldu ! John saisit un coussin sur un fauteuil à portée de main de l'énorme cheminée sur laquelle il était toujours appuyé, ne récoltant qu'un regard méprisant de Voldemort et un sourire vicieux de Moriarty qui semblait ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Mais les deux hommes se détournèrent à nouveau de lui pour reprendre leur joute verbale. Ou leur complot apocalyptique. En tout cas, ils se désintéressaient totalement de lui. Tant mieux !
John positionna le coussin devant lui pour dissimuler son arme et atténuer le bruit. Il s'accorda une seconde de réflexion pour s'interroger sur la légitimité de son geste mais décida rapidement qu'on pouvait caser cela comme un cas de légitime défense et, de toute façon, s'il réussissait et survivait, aucun des participants à ce qui allait suivre ne serait en mesure de témoigner.
John visa… et tira. La première balle traversa la tête de Voldemort – John l'avait visé en premier car le prendre par surprise était probablement la seule manière d'éviter qu'il se protégeât avec la magie et ne répliqua – et la seconde fracassa la mâchoire de Moriarty ce qui entraîna une agonie de quelques secondes à base de gargouillis répugnants et de bulles sanglantes qui éclataient sur son visage alors que Voldemort semblait être mort sur le coup.
John se redressa pour commencer à explorer son environnement et trouver une solution pour sortir de là. Une hache était accrochée au mur, comme on pouvait s'y attendre dans le manoir d'un fou psychopathe. John voulut s'en approcher mais posa le pied sur une matière visqueuse et s'étala. La matière visqueuse était un mélange de sang et de matière cérébrale ayant appartenu à au moins l'un des deux cadavres. John se releva difficilement, les vêtements couverts de ces matières peu ragoutantes. Avec davantage de prudence, il se dirigea vers le mur et saisit la hache. Ce fut à ce moment précis que quelque chose bougea derrière lui. John réagit par instinct et balança un coup de hache dans la silhouette. Il s'agissait d'un serpent gigantesque que John venait de décapiter d'un seul coup de hache. La tête du serpent géant rebondit sur le sol dans une éclaboussure de sang avant de finir sa course dans la cheminée. Aussitôt, une horrible odeur de chair brûlée s'éleva dans la pièce. Cela eut au moins le mérite de couper l'appétit de John qui commençait à ressentir la faim.
La décapitation du serpent fit réfléchir John. Pouvait-on véritablement tuer un sorcier d'une balle dans la tête ? Et Moriarty était déjà revenu d'entre les morts après s'être tiré une balle dans la bouche. Il valait mieux s'assurer de leur mort. Deux précautions valent mieux qu'une après tout. John décapita prestement les deux cadavres en espérant que, comme pour les vampires, cela les empêcherait de revenir. Etait-ce aux vampires qu'il fallait couper la tête pour les tuer définitivement ? John n'était pas très sûr mais la décapitation lui semblait une solution plutôt efficace. Personne ne pouvait faire repousser sa tête, n'est-ce pas ? Ou la recoller. Quant à se promener sans sa tête… Bon, il y avait bien la légende du cavalier sans tête mais ce n'était qu'une légende, n'est-ce pas ?
Une fois les deux têtes coupées, John se trouva bien embarrassé. Comment allait-il sortir de ce manoir sans se faire immédiatement tuer par les hordes de sorciers qui devaient traîner dans le coin ? John croisa son reflet dans un vase en argent. Il était couvert de sang et avait l'air assez effrayant. John jeta un regard aux deux têtes. Après tout, l'effet de surprise avait bien fonctionné sur Voldemort…
Il essaya de saisir les têtes mais ce n'était pas très pratique. Par où pouvait-il les attraper ? Moriarty avait les cheveux courts quant à Voldemort… John comprenait mieux pourquoi dans les films les personnages qui se baladaient avec des têtes coupées choisissaient toujours leurs victimes parmi la gente féminine aux cheveux longs ou des hommes à la tonsure d'homme des cavernes. La mode des cheveux longs et des catogans avait dû être assez pratique aussi. John cherchait une solution pour pouvoir transporter les têtes de manière visible tout en ayant les mains libres – il désirait pouvoir accéder facilement à son pistolet et à sa hache en cas d'attaque. Une fine corde apparemment très solide et ce qui ressemblait à des aiguilles à tricoter lui faisaient de l'œil. John hésita quelques secondes avant de céder. Au point où il en était…
Il envisagea d'abord de transpercer les têtes verticalement par le trou occipital mais il aurait alors fallu briser la boîte crânienne ce qui n'était pas si simple. John se résolut donc à transpercer les têtes horizontalement en passant par les conduits auditifs. Ce ne fut pas aussi compliqué qu'il le craignait mais très salissant. Moins cependant que quand il vida les crânes à la manière des anciens égyptiens, avec un crochet et par les narines, pour alléger les têtes qu'il voulait porter en ceinture afin de garder les mains libres.
Une fois les crânes vidés et leur bouillie de cerveau répandu sur le tapis, John entreprit de se faire une ceinture de crâne. Il hésita un instant à fabriquer une sorte de fléau d'arme mais dut y renoncer pour garder les mains libres pour son arme et la hache. Aussi alléchant soit-il, un fléau de crâne n'était pas l'arme la plus efficace qui fût.
Ainsi paré de sa nouvelle ceinture, John aperçut la baguette de Voldemort. Il s'en saisit et la secoua mais rien n'en sortit. Elle ne répondait probablement qu'à un sorcier. De dépit, John la jeta dans le feu. Les flammes n'avaient pas plus tôt commencé à lécher la baguette que celle-ci explosa dans une gerbe de flammes et d'étincelles. John sourit. Les explosions, ça, c'était une bonne idée.
Des tas de petits bocaux contenant toutes sortes de produits parfaits pour l'artificier en herbe qu'était John étaient entreposés sur des étagères. Certes ses cours de chimie étaient lointains mais avec les expériences de Sherlock qui finissaient une fois sur trois par exploser ou dissoudre la table, John avait considéré comme absolument vital de suivre des cours de chimie sur Internet. Cela allait lui être utile.
John prépara plusieurs cocktails molotov dont certains auxquels il avait ajouté des morceaux de cervelle pour renforcer l'effet répugnant. Quand il fut prêt, et eût collé dans la cheminée le bout d'une très longue mèche reliée à un explosif particulièrement puissant, John attrapa ses armes et ouvrit la porte le plus silencieusement possible. Personne ne se trouvait derrière et il put parcourir plusieurs mètres avant de tomber sur une salle pleine de sorciers. Sortir nécessitait de traverser la pièce, John ne pouvait donc les éviter. Il inspira profondément, saisit l'un des cocktails molotov maison qu'il avait accroché à sa ceinture – oui avec les crânes – essaya de se coincer la hache entre les dents, échoua, la glissa dans sa ceinture et pénétra dans la salle en criant des insultes en pachto – pour quiconque n'avait jamais mis les pieds en Afghanistan, cela pouvait ressembler à des formules magiques – et jeta sa bombe. Les sorciers furent totalement pris par surprise et se retrouvèrent face à une apparition vociférante et couverte de sang qui avançait vers eux dans la lueur des brasiers allumés par les explosions. John faisait usage de son arme, visant avec une précision due à des années d'entraînement. Quand il fut à court de bombes, il saisit sa hache et poursuivit son avancée en la balançant de droite à gauche, fauchant les sorciers qui avaient osé s'approcher ou renvoyant les sorts des rares qui n'étaient pas tétanisés. La plupart, après avoir vu la tête de leur chef pendue à sa ceinture, tentait de fuir. Mais ils étaient paniqués et se gênaient plus qu'autre chose aussi John parvint à s'avancer à travers une forêt de troncs privés de leurs membres ou de leur tête.
Enfin, John put sortir du manoir. Il fit quelques pas pour s'éloigner de la demeure, ne voyant guère car le soleil était face à lui et l'éblouissait d'autant plus qu'il se réfléchissait sur les rares morceaux de sa hache qui n'étaient pas recouverts de sang ou de toutes autres substances ayant anciennement appartenu à des corps humains. Il devait avoir une apparence plutôt inquiétante. En tout cas, assez pour que la foule de personnes qui se trouvait en face de lui – parmi lesquelles Sherlock, Mycroft et certains des sorciers que John reconnut comme ceux qui étaient venus à leur appartement – le regardât comme statufiée. Cela n'arrangea probablement pas les choses que la bombe que John avait laissée dans le bureau de feu Voldemort choisît cet instant pour exploser. Le manoir implosa dans une gerbe de flammes derrière un John impassible qui ne pût cependant s'empêcher de se dire qu'une scène pareille dans un film aurait immédiatement été qualifiée de plus gros cliché de l'histoire du cinéma. En même temps, les scènes précédentes auraient pu appartenir à un film de Tarentino alors il n'était pas à un excès près.
« John, finit par prononcer un Sherlock Holmes qui s'était avancé, seul, vers John. Tu vas bien ?
_ Parfaitement bien. Mais je dois dire que je suis déçu. J'aurai pensé que des sorciers et des psychopathes auraient été un peu plus résistants que ça, répondit John en désignant la ceinture de crâne d'un geste de la main. »
Tous les regards se dirigèrent donc vers les crânes en question et John se complut de l'ébahissement mêlé d'horreur qui se peignit sur les visages des sorciers.
« C'est pas tout ça, mais il est temps de rentrer à Baker Street.
_ Je peux nous y conduire immédiatement, répondit Sherlock qui s'était remis de sa surprise plus vite que les autres.
_ Avec la magie ? Certainement pas ! »
Et John se mit en marche. Sherlock lui emboîta le pas d'une allure guillerette. Il avait retrouvé John. Son John. John Watson, le moldu qui… avait flingué Voldemort. Et Moriarty. Et un tas de mangemorts apparemment.
John marchait depuis une demi-douzaine de minutes quand il s'arrêta soudainement alors que son esprit comprit enfin ce qui venait de se passer.
« Est-ce que j'ai vraiment… commença-t-il à demander à Sherlock qui l'avait rattrapé. »
Mais il posa les yeux sur la ceinture de crâne avant même de finir sa phrase. Un haut-le-cœur le prit.
« Enlève-les-moi ! hurla-t-il au bord de l'hystérie. »
Sherlock obéit avec empressement, ne sachant si ce qui le ravissait le plus était de pouvoir poser ses mains sur son John ou sur les crânes.
John le laissa faire, immobile. L'horreur céda la place à la lassitude. Ce qui était fait ne pouvait être défait. Et puis, il s'en était sorti et ce n'était pas gagné. Bon sang, ce qu'il voulait un thé !
John grogna pour récupérer l'attention de Sherlock qui semblait fasciné par les deux crânes.
« Je les ai vidés de leur cerveau. »
Sherlock ne lui répondit que par une moue boudeuse.
« Et il est temps de rentrer ! termina-t-il en reprenant sa route.
_ Tu es vraiment sûr que tu ne veux pas que je nous ramène à la maison ? demanda Sherlock en le rattrapant en sautillant. Parce que Baker Street est à l'opposé. Et à plus de six cent trente-sept kilomètres… »
Je tiens à préciser que, malgré tout, je ne suis pas cinglée. Pas trop en tout cas… Bon ok, je suis probablement gravement atteinte.
