Merci à J.K. Rowling ! (Reviews?) =)
-Elle aurait dû être ici, annonça Luna, embêtée, tout en passant une main dans ses cheveux blonds. On devrait l'attendre.
Elle s'assit sur le banc de pierre présent sous l'alcôve qui leur faisait face. D'un geste du bras, elle invita ses amis à la rejoindre. Harry, Hermione et Mary s'exécutèrent. Tapotant nerveusement sur ses genoux, cette dernière regardait le jardin désert en face d'elle. Ils attendirent. Mais attendre un fantôme est assez risqué. Étant morts, ils ne faisaient plus vraiment attention au temps qui s'écoulait, confondant les minutes et les secondes, les jours et les heures.
Quelques minutes s'écoulèrent et déjà, Hermione trouvait le temps long. Si seulement Ron les avait accompagnés, elle aurait eu l'impression de ne pas gâcher son temps libre. Mais pour plus de discrétion, Harry avait décidé que Ron et Neville ne les accompagneraient pas. Si le trio était séparé, personne ne se douterait qu'ils enquêtaient sur Voldemort. Hermione bougonna intérieurement. Discrétion. Harry n'avait que ce mot à la bouche depuis la mort de Dumbledore. Et parfois, cela les étouffait.
-Elle est là-bas ! s'exclama subitement Luna en désignant une silhouette fantomatique au bout du couloir. La Dame Grise ! Attendez, je vais lui parler.
La jeune fille souleva les lunettes dorées aux verres rouges et bleus qu'elle gardait sur elle constamment, puis se mit à courir en direction du spectre. Agitant les bras au-dessus de sa tête, elle héla le fantôme dans un Helena amical.
Surpris de la familiarité et de l'aisance dont Luna faisait preuve face à cette dernière, les trois Gryffondor la regardèrent s'éloigner bouche-bée. Mais seulement après quelques secondes de débat entre le spectre et Luna, ils furent invités à les rejoindre.
-Luna m'a prévenue que vous souhaitiez me parler, fit Helena, avenante et regardant Harry.
-Bonjour Helena, enchanté, commença l'Élu en s'inclinant légèrement. Je suis Harry Potter et voici mes amies.
Au nom d'Harry, le fantôme ne put retenir un frisson admiratif et surpris.
-Eh bien, parlez je vous prie, fit-elle en se rapprochant légèrement de lui. Suivez-moi.
Harry regarda ses trois amies, qui l'incitèrent à la suivre. Elles restèrent en arrière mais ne le lâchèrent pas d'une semelle. Le garçon sourit au spectre qui flottait à quelques centimètres du sol et, le suivit docilement.
-En fait, commença-t-il, j'aimerais que vous me parliez du diadème de Serdaigle. Luna m'a dit que vous étiez la plus apte à m'enseigner sur le sujet.
Helena se figea. Se retournant, elle foudroya du regard la blonde aux radis juste derrière elle. Et, rougissant autant que le pouvait un fantôme, elle lança d'une voix glaciale à Harry :
-Quoi qu'on ait pu vous dire, Potter, je n'ai plus le diadème depuis longtemps. Je l'ai déjà dit au charmant jeune homme qui était aussi curieux que vous, je ne peux rien pour vous. Désolée.
Avec la légèreté caractéristique des spectres, elle fila vers le fond du couloir et allait disparaître lorsqu'une voix l'arrêta dans sa course.
-Voldemort. C'était lui, n'est-ce pas ?
Mary, qui venait de parler, attira la curiosité d'Helena. Cette dernière retournant sur ses pas, se précipita sur la jeune fille avec une vitesse inhumaine. S'arrêtant de justesse face à elle, le spectre la défia du regard.
-Comment le savez-vous ? grinça-t-elle.
-Simple supposition, répondit Mary, tout en haussant les épaules. Nous savions qu'il avait fait de nombreuses recherches sur votre mère, Rowena Serdaigle. Nous n'étions pas sûr qu'il cherchait le diadème mais votre réaction nous l'a clairement indiqué.
Les deux personnes se dévisagèrent. Se jaugeant l'une et l'autre.
-Vous auriez peut-être dû aller à Serdaigle, mademoiselle... ?
-Mary. Je m'appelle Mary, se décontracta la jeune fille. Mais, nous devons savoir... Pourquoi Voldemort cherchait-il le diadème ?
Helena souffla, du moins en apparence et prit un air résigné. S'éloignant de la jeune sorcière, elle fit face au reste de la bande qui les regardaient avec fascination.
-D'accord, vous avez gagné, concéda-t-elle. Il faut que vous sachiez une chose, pour commencer. Ma mère a toujours caché la vérité. J'ai volé le diadème.
Les quatre amis se regardèrent, chacun plus surpris que son voisin.
-Je sais, c'est un acte plus que honteux, et sachez que je ne suis pas fière de moi. Je ne sais plus vraiment pourquoi je l'ai fait. Par jalousie, peut être. Ou bien par méchanceté... Le fait est que je le lui ai pris. Le diadème n'est pas commun. On dit que celui qui le porte acquiert de nouvelles capacités, de nouvelles connaissances. Vous devenez plus intelligent.
Malheureusement, ma bêtise était trop grande et porter le diadème ne m'aida pas. Je m'enfuis donc et quittant l'Angleterre, je le cachai en Albanie, dans un quelconque tronc creux.
-Avez-vous raconté cette histoire à Tom, lorsqu'il est venu vous parler ? demanda Harry.
-Oui, exactement la même. Et il est allé le chercher. Il s'en est emparé. Je le sais parce qu'il est venu me remercier, lorsqu'il revint pour le poste libre à Poudlard en 1942, ajouta-t-elle sous le regard incrédule qu'affichait Harry. Ne m'en voulez pas, je ne savais pas, en 1938 qu'il allait devenir le plus terrible mage noir de tout les temps. Lorsque je lui révélai tout cela, il n'était alors que Tom. Tom Jedusor, le charmant jeune homme et l'élève brillant.
Un lourd silence s'abattit sur le grand couloir. Harry ne savait plus comment réagir. Hermione décida alors de prendre les choses en main. Elle tira le garçon par la manche, tout en faisant signe à Luna et Mary, assises à ses côtés.
-Merci beaucoup, Helena, fit-elle le plus simplement du monde. Merci d'avoir répondu à nos questions et d'avoir éclairé nos lanternes.
-Ce n'est rien, répondit Serdaigle. Et ne me jugez pas, je ne voulais pas... je ne voulais rien de ce qui s'est passé.
Et dans un sourire contrit, elle disparut, d'une manière que seuls les fantômes connaissent.
X
Ron attendait patiemment dans la cour principale du château que ses amis viennent le rejoindre. En face de lui, Neville faisait les cent pas, avec une nervosité palpable. Une bourrasque vint alors se glisser sous sa robe de sorcier. Cachant son nez dans son écharpe rouge et or, il grelotta. Alors qu'il bougonnait, comme à son habitude, un mouvement rapide attira son attention sur sa droite.
Hermione, suivie de près par Harry, Luna et Mary, affichait un air sérieux. Perdue dans ses pensées, elle faillit trébucher mais elle fut rattrapée de justesse par Harry.
-Alors, vous avez pu lui parler ? Elle vous a révélé le secret caché de sa mère ? s'enquit Ron, tandis que Neville se rapprochait du reste du groupe.
-Plus que ça, même, répondit son amie.
Et, alors qu'il rentrait à l'intérieur, elle raconta aux deux garçons l'entretien. Ron, aussi surpris que l'avaient été les autres membres du groupe, se contenta de lancer un regard incrédule à la jeune fille.
-Pourquoi voulait-il le diadème ? lança alors Neville.
-Aucune idée, répondirent-ils en cœur.
Ils se dévisagèrent et, malgré la gravité de la situation, rigolèrent de concert. Pourquoi l'avait-il voulu ? Il l'avait pris. Mais pourquoi faire ? Et, qu'en avait-il fait ?
-Peut être qu'il s'en est servi pour augmenter ses capacités mentales ? proposa Mary.
-Je ne sais pas, admit Hermione pour la première fois de sa vie. Je vois mal le grand Lord Voldemort porter un diadème, même si cela lui aurait conféré une intelligence hors du commun... Le mieux serait de consulter les livres qu'il avait emprunté en 1938. Mais ils sont à Londres. Enfin, s'ils y sont toujours...
C'est sur cette note de découragement que le groupe s'installa dans la salle commune de Gryffondor, après avoir raccompagné Luna devant l'entrée de sa propre maison. Ils ôtèrent leurs robes de sorciers et déposèrent leurs sacs aux pieds des sièges. Harry se laissa tomber dans un fauteuil près de la cheminée, tandis que Ron, Neville et Mary s'installèrent sur le grand sofa.
Hermione, prit soin de vérifier que personne ne les épiait et alla s'asseoir contre Ron, qui lui enserra la taille. Elle posa sa tête contre son torse et se mit à réfléchir, calme, bercée par la respiration lente de Ron.
-Nous n'avons qu'à nous rendre à Londres, proposa alors Neville.
-On ne peut pas transplaner de Poudlard, fit Hermione agacée.
-Mais on peut le faire de Pré-au-Lard ! s'écria Harry. Mais oui ! Nous n'avons qu'à emprunter un des passages secrets et, une fois au village, on transplane dans la bibliothèque où ils sont.
Tout semblait si simple qu'Harry se demandait pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt.
-C'est trop dangereux, Harry, remarqua Hermione. Si on se fait prendre ? Je suis sûre que le Ministère et tout le Londres sorcier grouillent de personnes qui préféreraient te voir mort. Non, je suis vraiment désolée, mais il nous faut un plan. Et un solide.
Ron, suivant sa copine, opina.
-La cape d'invisibilité ne suffirait pas ? demanda-t-il.
-Non, Ron. Pour une ou deux personnes oui. Mais pour cinq, elle est beaucoup trop petite.
Ils avaient décidé d'un commun accord que Luna ne les accompagnerait pas. Elle était trop jeune.
-Et non, il est hors de question qu'Harry y aille seul ou avec une seule personne comme escorte, reprit-elle lorsqu'elle vit une lueur briller dans le regard de ses amis.
-Pourquoi pas du Polynectar ? proposa alors Mary.
-La réserve est vide, ronchonna Hermione, à court de solution, elle, la brillante élève.
-Mais je sais ou nous pouvons nous en procurer, objecta la blonde.
Tous la regardèrent, un semblant d'espoir peint sur leurs visages, leur curiosité ranimée.
-Il suffit d'envoyer une commande à la boutique Farces pour Sorciers Facétieux. Ils ont un nouveau produit qui n'est pas encore en vente, ajouta-t-elle.
-Ça sert d'avoir des relations, bougonna Ron.
Harry rit de bon cœur et demanda à Mary s'il fallait payer, et s'il fallait se procurer soi-même les cheveux. Mary lui répondit qu'elle n'en avait aucune idée. Puis, se levant, elle s'empara de son sac de cours qui gisait un peu plus loin, sous les pieds de Ron. Elle déversa son contenu sur le sol et se saisit de son livre de Métamorphose, d'où elle sortit une petite enveloppe.
Elle reprit la petite lettre qu'elle avait écrit un jour plus tôt et marqua en bas de page.
PS : Serait-ce possible que tu m'envoies cinq potions de ton fabuleux Polynectar ? C'est pour tester. Et, fournis-tu les cheveux ? Si oui, nous sommes deux filles et trois garçons. Merci d'avance.
La commande établie et la lettre rangée, elle tendit l'enveloppe à Ron.
-Il n'y a plus qu'à l'envoyer, fit-elle dans un sourire pétillant.
Le rouquin se saisit de l'objet et lu le destinataire. George. Et, les yeux pleins de malice, il se leva et, râlant pour la forme, se dirigea vers la tour ou l'attendait son crétin de hibou. Hermione, alors que Neville et Mary s'installaient pour faire une partie d'échecs sorciers, rejoignit discrètement Ron qui l'attendait devant la porte. Et, main dans la main, ils oublièrent le couvre-feu.
