Bonjour tt le monde ! Je sais que ça fait très longtemps que je n'ai pas posté, je suis désolée mais bon j'étais en pleine période de bac et j'ai bossé à fond pour l'avoir. Et j'ai bien fait, puisque je l'ai eu, mention très bien en prime ! Donc je ne vous ai pas oublié, bien au contraire, et puisque je suis très heureuse que tout ce stress et cette montagne de travail soient terminés, voici un long chapitre, qui, j'espère, vous plaira.

Calzona 11: merci pour ta review, ca fait vraiment plaisir ! Je ne pensais pas avoir des critiques si positives lorsque j'ai posté ma fanfic. Et pour info, non je n'arrête pas d'écrire cette histoire mais bon je mets du tps à poster car je prends le tps de bien écrire les scènes entre les personnages, je me relis plusieurs fois, je change des phrases, supprime ou modifie des passages, enfin bref un vrai carnage ;) Tant que je ne suis pas complètement satisfaite, je ne publie pas, et voilà c'est pour cela aussi que je mets pas mal de temps. En tt cas des reviews comme la tienne me boostent pour écrire plus vite ;)

Sur ce, Enjoy !


«Hey. »

« Hey. Tu es en retard. »

Mark était allongé sur le canapé, une bière à la main tout en regardant un match de football. Je posai mon sac à coté du porte manteau et laissai échapper un soupir.

« Um…Oui désolée. Beaucoup de travail avec le défilé. »

Un mensonge. Encore une fois. Bien sur que le défilé demandait beaucoup de travail, mais ce soir la raison de mon retard n'était pas liée à un surplus de travail. Mais Mark décida d'ignorer ma réponse.

« Oh. Au fait j'ai pris du Chinois à emporter, tu sais celui qui est à droite de la boulangerie. J'espère que ça ne te dérange pas mais je n'avais pas tellement envie de cuisiner ce soir. »

Je devrais sûrement lui en parler. Cela ne pouvait plus durer. Tous ces secrets, tous ces mensonges, toutes ces fois où je lui disais « je t'aime ».

« Je t'aime ». Un mot trop souvent utilisé, trop impersonnel et qui au fond n'avait plus de sens.

«Um…Mark, il faut- »

DRING DRING DRING

Bien sûr il fallait que le téléphone sonne à ce moment là.

« Attends Callie je prends juste cet appel et après je t'écoute. Allô ? »

Je profitais de l'appel de Mark pour aller me rafraichir à la salle de bain.

Actionnant le robinet, je m'aspergeais le visage d'eau froide. Puis m'essuyant le visage à l'aide d'une serviette, je me regardais un instant dans le miroir.

Mes yeux étaient rouges de fatigue, mes cheveux en bataille et mes joues légèrement rosies par la fraîcheur de l'eau.

Que se passait-il ?

Comment se faisait-il de ressentir toutes ses sensations inconnues ?

Mais surtout comment se faisait-il qu'hier vous aviez la vie sous contrôle mais qu'aujourd'hui vous n'en maitrisiez plus le cours ?

Tout cela était vraiment déroutant…Mais en même temps excitant. Aujourd'hui j'étais prête à prendre des risques, à sauter dans l'inconnu alors qu'hier…alors qu'hier je ne me posais pas toutes ces questions.

« Callie ! Callie tu es où ? »

Je soupirais encore et fermais finalement le robinet. A travers le miroir, je vis Mark à la porte de la salle de bain. Il arborait un sourire large et posait le téléphone sur son torse afin que l'interlocuteur ne l'entende pas. Puis il me chuchota :

« Callie est-ce que ça te dérangerais si John venait à la maison ce soir. En fait il veut nous présenter sa nouvelle petite amie…ou je devrais dire plutôt « conquête ». »

Je souris alors au ton employé par Mark. Il taquinait souvent John quand il évoquait les déboires de sa vie sentimentale. Je riais maintenant me souvenant alors d'une ancienne anecdote.

« Tu es sûre qu'il y'en a pas deux cette fois-ci ? »

Mark ria à son tour à ma remarque.

Soudain le portable de Mark s'alluma sur son torse, émanant dorénavant le son distinctif de la voix de John.

« Mark ! Callie ? Hey vous deux ! Pourquoi vous rigolez ? »

« Merde ! J'ai mis le haut parleur. » S'exclama Mark

« Ouai ouai. J'aimerais bien savoir de quoi vous rigoler les deux. Callie t'es là ? »

Je m'approchais alors de Mark pour être plus près du téléphone.

« Oui je t'entends. Comment ça va John ? »

« Très bien écoute. Même très très bien. Enfin bref Callie est-ce que ça te dérange si je viens ce soir avec Cynthia ? »

« Euh non pas du tout c'est juste qu'on n'a pas cuisiné avec Mark et l'apart'… aurait besoin d'un peu de ménage » Rajoutai-je à l'intention de Mark celui-ci feignant l'ignorance avec un « quoi ? »

« Oh. Bon je passerais une autre fois alors. Je ne veux pas vous déranger-»

Mais il ne put terminer sa phrase, je le coupai pour parler à mon tour.

« Non viens John ! J'insiste. Et puis tu dois nous présenter ta nouvelle petite amie. »

« Bon allez je vais essayer de me libérer. Je te tiens au courant. »

« Ok à toute. »

J'appuyais sur le bouton raccrocher du téléphone et le rendais à Mark. Mais alors que je lui rendis, il se pencha et déposa un chaste baiser sur mes lèvres.

Cela était familier et agréable….Mais je ne ressentais pas les papillons dans le ventre, la chaleur me monter au visage, les joues qui me brûlaient, la gorge qui se nouait, l'électricité et un désir violent lorsque ses lèvres avaient touchées les miennes.

« Callie…Est-ce que tout va bien ? »

Une boule se forme dans ma gorge. Je fuyais son regard.

« Um…Oui…je…il vaudrait mieux que je range un peu l'appartement avant que John arrive. »

Mais alors que je sortais de la salle de bain, Mark me saisit délicatement le poignet et m'obligea désormais à le regarder dans ses yeux bleus-gris.

« Tout à l'heure…Tu voulais me dire quelque chose. »

Ma gorge se nouait encore plus. Comment aborder cela ? Je ne pouvais pas lui dire, ça lui ferait trop de mal…Mais justement est-ce que cela ne lui fait pas du mal de ne pas savoir ? Je ne pouvais pas le faire souffrir…Mark était mon meilleur ami, mon confident et maintenant mon petit-ami. Mais il semblait que je me sois trompée sur l'implication du dernier statut. Je m'étais peut-être laissée bercée d'illusions, croyant que lorsque nous étions encore amis, cette forte complicité, cette honnêteté, franchise, ce côté décomplexé pouvait nous unir comme un couple.

Nous pouvions passer des heures à rire...mais aussi à s'engueuler.

Mark était tout pour moi, je ne pouvais pas m'imaginer ma vie sans lui…seulement je pouvais aussi m'imaginer avec Arizona maintenant.

Peut-être que Mark n'était qu'en fait resté mon meilleur ami ?...

Non tu ne peux pas penser ça ! Cela va faire un an que tu es avec lui, sois raisonnable Callie ! »

« Callie…Tu m'entends ? »

« Um…il faut vraiment que je range là, s'il te plait. »

Mais alors que je m'avançais de la porte, le bras de Mark m'empêcha de passer.

« Non Callie. Pas avant que tu me parles. Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu agis bizarrement ces derniers temps et c'est à peine si tu oses me toucher. »

Je continuais à fuir le regard de Mark. Sa main me prit le menton et m'obligea à le regarder dans les yeux.

Toujours aucune réponse.

« Callie. S'il te plait. Parle-moi. »

Je pouvais sentir les larmes me monter aux yeux. Pourquoi lui faisais-je tant de mal ? Il fallait vraiment que je lui dise… Cela ne pouvait plus continuer. Lui dire « je t'aime »…Non.

Encore un mot trop souvent utilisé…et peu souvent pensé.

Seulement Mark était quelqu'un de bien.

Il était gentil, patient, drôle, ok parfois un peu cru, mais c'était quelqu'un de bien. Et il méritait de connaître la vérité.

« Mark, je….écoute je dois te parler…mais John va arriver et je ne pense pas que ce soit le bon-»

Mais Mark me coupa avant que je ne puisse finir.

« On peut annuler. John peut attendre. »

« Non. Plus tard. Je te le promets d'accord ? »

Il soupira puis sourit faiblement.

« D'accord. »


« Mademoiselle est-ce que je prends tout de même votre commande ? »

« Um….elle ne devrait pas tarder je vous assure. Si dans dix minutes elle n'est toujours pas là, je passe commande. »

Le serveur acquiesça à ma demande puis s'en alla d'un pas prononcé. Je me raclai la gorge et regardais ma montre.

Vingt-minutes de retard. Super. Je commençais à penser qu'Arizona m'avait posé un lapin. En même temps je m'y attendais un peu. Peut-être que je ferais mieux de partir. Peut-être que je ferais mieux de l'oublier et de ne pas envisager de quitter Mark. Lui était là pour moi. Il n'était pas si inaccessible, si mystérieux…si compliqué. Pourquoi moi ? Moi Calliope Iphegenia Torres, venue d'une famille catholique pratiquante, ait-il fallu que je succombe pour une femme alors que j'étais déjà en couple avec un homme ?

Je soupirais encore. Ma tête vint se poser lourdement sur la nappe blanche alors que je murmurais à moi-même.

Dios mio…estoy en un berenjenal. ( Mon dieu…je suis dans le pétrin)

« J'espère que ce n'est pas insulte à mon issu. Je suis désolée, je suis en retard. »

Je relevais la tête subitement en entendant cette voix si particulière. Arizona sourit puis pris place devant moi.

Oh la honte. Et maintenant elle m'avait vu me morfondre sur la table en murmurant des choses incohérentes. Mierda ! Eres tonta Torres o que ?

« Oh bonjour…Arizona tu es venue…Je ne pensais pas que- »

Arizona soupira puis me sourit timidement.

« Um…pour te dire j'avais très envie de te revoir. »

Je souriais à mon tour. Moi qui pensais qu'elle prendrait peur après ce qui s'était passé. Au contraire, il semblait que ce moment nous avait rapprochées, à ma plus grande surprise.

Finalement, elle s'asseyait en face de moi et passa une main dans ses cheveux.

« Je suis désolée pour le retard... » Me dit-elle, d'un ton sincère

Je secouais alors ma tête, déconsidérant son retard.

« Non ne t'inquiètes pas, je suis contente que tu sois là, c'est le principal.»

Elle soupira puis posa son sac par terre.

« Je te remercie de ta compréhension. J'ai une réunion qui a duré un peu plus longtemps que prévu avec des investisseurs…vraiment chiants il faut le dire. Limite si je n'ai pas dû me débarrasser d'eux pour éviter d'être trop en retard. »

« Oh. Mais tu aurais pu annuler tu sais. J'aurais compris. »

Arizona écarquilla ses yeux et hocha la tête. Je ne pus m'empêcher de rire face à tant de spontanéité.

« Non jamais ! Et puis j'avais envie de te revoir. »

Nous rîmes toutes les deux et je fis signe au serveur de nous amener la carte. L'expression d'Arizona changea tout à coup et ses iris bleus devenaient plus intenses. Dios moi, elle me tue quand elle me fait ce regard, ne me regarde pas comme ça…

J'avalais ma salive devant cette vision… Ses yeux intenses continuent à me fixer, dangereux et malicieux, ce qui me surprenait. Ce simple regard avait le don de m'exciter, c'était comme si ce regard prédateur me dévorait, me déshabillait. J'avais très chaud tout à coup.

Arizona semblait remarquer que j'étais mal à l'aise, ce qui ne fit qu'agrandir son sourire.

« Um…bon…sinon ça va ? » Réussis-je à sortir, d'une voix inhabituellement aigüe et tremblante.

« Merci je vais bien. Et toi Callie comment ça se passe au travail avec Miranda ? »

Je soupirais et puis lâchai un petit rire nerveux.

« Et bien….j'ai pas mal de pression en ce moment. Runway organise un défilé samedi prochain et…voilà quoi avoir de suite la responsabilité de tout organiser….et bien je ne suis pas habituée. »

« Calliope je suis sure que tu fais du très bon travail. »

Je la regardais alors d'un regard incrédule.

« Et qu'est-ce que tu en sais ? »

Arizona passa une main dans ses cheveux et fixa Manhattan à travers la fenêtre. Puis elle me fixa de nouveau, de ce regard intense.

« Et bien…la preuve la durée de vie d'une assistante à Runway est d'environ une semaine, voire quelques jours. Et toi, cela va faire trois mois que tu travailles à l'entreprise. Et puis tu es quelqu'un de très intelligent et compétent et je pense que c'est pour cela que Miranda t'as embauchée. »

« Hmmm…Peut-être que tu as raison. » Marmonnais-je, à moitié convaincue.

« Mais bien sûr que j'ai raison ! »

Je riais maintenant face à l'enthousiasme d'Arizona. Je pris une gorgée de mon verre rouge puis reprit la conversation.

« Et toi avec la compagnie ? »

Arizona but une gorgée elle aussi.

«Ohh… Du stress aussi. »

Elle piqua des olives vertes disposées dans un bol puis en goutant quelques unes. Elle mâcha pendant un moment ses olives vertes et je ne pus m'empêcher de sourire face à tant de naturel.

«Mmmh… En ce moment…de gros clients sont prêts à investir dans notre nouvelle ligne de restaurants. Le concept des hôtels avait dorénavant plût, mais je ne pensais pas que lancer notre propre chaîne de restaurants avec Chuck rencontrait autant de succès. »

« C'est super Arizona. Une ligne de restaurants wow je suis impressionnée. Tu cuisines ? »

Arizona se mit à rire à ma remarque et je ne pus qu'être confuse.

« Quoi ? J'ai dis quelque chose de drôle ? »

« Oh non…c'est juste que moi et la cuisine ça fait deux vraiment. »

« Ahh…On veut être une bussiness woman et puis après on ne sait plus cuisiner. »

Arizona ricana puis me tira la langue. Je ne pus m'empêcher de sourire et de secouer la tête. Elle était mignonne lorsqu'elle se comportait comme un enfant.

« Mmmh…Disons que je sais faire les pancakes seulement à chaque fois un côté est brulé au second degré. Ah !t aussi des muffins à la myrtille, la seule recette qu'a réussi à m'apprendre ma mère. »

Je piquais à mon tour quelques olives vertes et secouais la tête face à la réponse d'Arizona.

« Wow. Des pancakes brûlés et des muffins à la myrtille, cela ne m'étonne pas que tu sois aussi mince. »

Elle me tira encore la langue.

« Haha très drôle. On dirait ma mère qui me parle. »

Elle fit une grimace. Soudain sa voix prit une tonalité aigüe et ridicule. Mon verre menaça de tomber, son imitation me faisant rire aux éclats.

« Arizona Robbins ! Mais non ! Quand vas-tu comprendre qu'il faut éplucher la peau des champignons avant de les couper ! »

Je riais maintenant de bon cœur avec Arizona pendant plusieurs minutes. Je me tenais le ventre, rire devenait désormais douloureux.

« Ahh…Est-ce que tu réalises que tu viens juste de me comparer à ta mère ? »

Elle sourit puis jeta une olive dans sa bouche qu'elle attrapa au vol.

« Ahh oui désolée. »

Le serveur interrompit notre moment et nous prîmes nos commandes.

« Au fait ! Je ne savais pas que tu parlais espagnol » Me-dit-elle, brisant le silence.

Je souris et puis bus une gorgée de mon vin.

« Oui…en fait c'est ma langue maternelle. Je suis née à au Mexique. Puis lorsque j'avais dix-ans, j'ai du déménager à Miami à cause du travail de mon père. Heureusement j'avais déjà commencé à apprendre l'anglais à l'école mais bon à cet âge là je ne connaissais que les basiques. »

« Oh…Ca du être dur de s'adapter à une toute autre culture. Je veux dire à cet âge là, on pas mal besoin de repères. »

Je pris une pause et observais la rue à ma droite. Arizona semblait sentir mon hésitation. Finalement je me tournais à nouveau vers elle et soupirais un instant avant de poursuive.

« Oui…c'était dur…je ne comprenais pas pourquoi les autres enfants me regardaient si différemment à l'école. Je ne comprenais pas lorsqu'ils se moquaient de moi en anglais. Et pourquoi les parents me dévisageaient et éloignaient leurs enfants. »

Je pouvais voir la compassion et la tristesse dans les yeux d'Arizona. Soudain elle posa sa main sur la mienne, un geste réconfortant mais qui provoquait en moi des millions de papillons dans le ventre.

« Calliope…Je suis désolée. Et ces enfants étaient juste trop idiots de ne pas t'apprécier. J'aurais été ravie d'être ton amie Calliope, je veux dire tu es belle, intelligente et drôle…Personne ne peut ignorer cela. »

Je souris affectueusement à Arizona. Ses compliments et sa compassion me faisaient chaud à cœur.

« Merci Arizona. Oui ça été dur. Mais cela s'est arrangé au lycée puis à l'université. Et maintenant j'ai réussi. Mais bon je ne compte pas rester l'assistante de Miranda indéfiniment. »

« Mmmh c'est vrai. Mais tu es jeune encore et cette expérience va t'ouvrir pleins de portes, crois-moi. Sinon à propos du Mexique, tu y retournes souvent là-bas ? »

Je finissais mon verre puis hochai la tête.

« Oui en fait pendant les fêtes de Noël, et de Pacques j'y retourne. Ma famille est très croyante et pratiquante mais bon moi je ne suis pas forcément aussi croyante. Ma grand-mère et mon grand-père vivent toujours là-bas. »

Arizona semblait écouter attentivement lorsque je lui parlais, elle souriait, hochait la tête et je pouvais clairement apercevoir dans ses yeux bleus un véritable intérêt.

« Tu as l'air proche de ta famille. »

Je souriais dans le vide en repensant à ma famille. Ils représentaient vraiment tout pour moi. C'était grâce eux si j'avais réussi à m'accomplir en tant qu'adulte.

« Oui. Surtout mes grands-parents, je les adore. Mon père, mon frère et ma sœur également. »

Arizona acquiesça puis fronça ses sourcils.

« Mais ta mère… »

Je soupirais alors. Ma mère et moi n'étions pas vraiment proches, je ne partageais pas ses opinions et elle désapprouvait mon style de vie.

« C'est compliqué… Je ne sais pas mais j'ai l'impression qu'on ne se ressemble pas du tout…C'est vrai je la trouve vraiment égoïste, moralisatrice et très commère…Je la vois déjà là en train de commérer avec ses amis de cérémonies d'autant plus inutiles les unes que les autres. Comme ci on pouvait appeler ça des amis…Des gens qui parlent derrière notre dos. Cela été pire lorsque mon cousin Cristobal a annoncé à ma famille qu'il était gay… »

Arizona me sourit d'un ton compatissant puis pris la parole.

« Je me souviens le jour où j'ai annoncé cela à mes parents…Ils ont été surpris d'abord, un peu inquiets il faut l'avouer… mais au final m'ont acceptée. Pour eux je restais toujours leur fille quelque soit mon orientation sexuelle. »

J'acquiesçais et je souriais face à la révélation d'Arizona. J'aimais beaucoup le fait d'en apprendre plus sur elle et de discuter ensemble de nos vies, notre passé, nos problèmes, nos joies, nos peurs.

« Les parents sont censés protéger leur enfants, les aimer et les soutenir, quelque soit leur style de vie. Et j'admire tes parents pour cela. »

Arizona but une gorgée de son vin puis me sourit.

« Oui je reconnais que j'ai vraiment de la chance d'avoir des parents si formidables. »

Notre moment fut interrompu par l'arrivée du serveur.

« Alors le dos de cabillaud sauce beurre blanc et échalote pour Mademoiselle. Mademoiselle votre plat arrive dans cinq minutes, le chef finit la cuisson de la viande. »

Arizona acquiesça avec un sourire et le serveur s'approcha de moi avec mon assiette fumante.

« Attention c'est chaud. Voilà, j'arrive pour vous amener l'eau et le pain. »

Le serveur posa l'assiette devant mon verre, puis s'éclipsa. La chaleur du poisson vint diffuser les arômes et je ne pus m'empêcher de me lécher inconsciemment ma lèvre inférieure. J'avais tellement faim que je pouvais également entendre mon ventre gargouiller.

BOULLLI BOULLLI BPLOOP

Oh non.

Je rougis alors furieusement face au bruit de mon ventre qui manifestait sa présence. Lorsque je relevais la tête, je pouvais apercevoir Arizona qui souriait et riait doucement.

« Tu sais… tu peux commencer à manger ».

« Mais non. Il faut que je t'attende quand même. »

« En tout cas ton ventre dit le contraire. »

Je tirai alors la langue à Arizona. Elle se mit alors à rire franchement. Ce son était vraiment de la musique à mes oreilles. Qu'est-ce que j'adorais son rire ! En fait j'adorais tout en elle. Je me joignais alors à son rire.

Une pause confortable s'installa entre nous. Je vérifiais si je n'avais pas reçu de nouveau message sur mon téléphone pendant qu'Arizona regardait brièvement le sien. Puis pensant que chacune ne regardait l'autre, nous nous regardâmes en même temps.

Je souriais.

Elle me souriait.

Son sourire était juste indescriptible…c'était tout son visage qui s'illuminait lorsqu'elle souriait, ses jolis fossettes, ce joli petit menton et ses yeux…bleus profonds et éclatants. Oh God, et maintenant me revoilà adolescente…

Arizona semblait me parler… je voyais ses lèvres bouger mais je n'entendais aucun mot.

Maintenant c'étaient ses lèvres qui retenaient mon attention. Tout semblait se passer au ralenti mais moi je ne voyais que ses lèvres roses, captivantes. Oh si seulement je pouvais juste revivre ce moment où je les aie touchées pour la première et unique fois.

« Calliope. Callie ! Tu m'entends ? »

Le son de sa voix brisa ma rêverie. Tout à coup je pouvais entendre les sons autour de moi, j'étais toujours dans le restaurant et Arizona me regardait maintenant avec confusion. Whoa c'était quoi ça ?

« Euh…Quoi ? »

Alors qu'Arizona allait répondre, elle fut interrompue par un serveur brun qui lui apporta son plat. Il posa son plat devant l'assiette, consciencieusement, puis recula.

« Bon appétit mademoiselle Robbins » Lui dit-il, le sourire aux lèvres.

« Merci. » Elle lui sourit poliment puis détourna le regard un court instant pour apprécier son assiette.

Je n'aimais pas la façon dont il la regardait, comme si il la dévorait du regard. Quoi que…je devais sûrement avoir le même regard il y a moins d'une minute…

« Vous souhaitez autre chose monsieur ? » Lui demandai-je, d'un ton sec et agacé.

Je ne souhaitais pas paraître si dure, mais ma jalousie m'emportait. Si un regard pouvait tuer, je suis que l'homme serait déjà mort.

« Um…Non. »

Il toussa une fois, rougit d'embarras puis s'en alla à tout hâte. Arizona avait la bouche ouverte, elle semblait complètement confuse et stupéfaite.

« Mon dieu Calliope…je suis sûre que tu as terrorisé le pauvre garçon… »

J'ignorais Arizona et continuais de fixer le serveur. Il évitait mon regard, faisant semblant de s'occuper. C'est ça cache toi…

« Mmmh je ne crois pas non…Enfin as-tu vu comment il te regardait ? »

Je fixais Arizona à nouveau, ses sourcils étaient rehaussés, son visage traduisait un certain étonnement.

« Oui, mais ce n'était pas méchant…Au contraire ça fait toujours plaisir de voir que je plais. »

30 min plus tard

Je fixais mon assiette silencieusement. Je réalisais alors mon excès de jalousie…Oh mon dieu Callie. Je n'osais relever la tête.

« Calliope » Murmura Arizona « Regarde moi »

Mais je n'osais relever la tête, morte d'embarras. Damn Torres !

« Calliope… » Ne voyant aucune réaction, Arizona me prit le menton et le releva de son index. Je frissonnais au contact, ses doigts fins et délicats sur mon visage.

Je relevais alors la tête. Arizona me fixait avec un sourire éclatant. Elle pencha sa tête sur le côté d'une façon adorable, son sourire toujours visible sur ses lèvres. Puis elle me fixa de nouveau, son expression cette fois-ci sérieuse mais très très sexy… Damn Torres ! Reste calme.

« Est-ce que tu es jalouse ? »

Je lâchais un petit rire nerveux à sa question puis je la fixais de nouveau.

Pendant une minute, nos regards ne se lâchaient pas, l'un aussi pénétrant et intense que l'autre. Mon cœur fit plusieurs ratés à ce moment là, je pouvais même l'entendre. Arizona continuait de me regarder de ce regard si bleu et intense. A ce moment j'oubliais où nous étions. J'oubliais que j'étais déjà en retard pour mon travail. J'oubliais que j'avais Mark. A ce moment plus rien d'autre ne comptait…J'avais tellement envie de l'embrasser.

« Oui...Euh je sais c'est débile…je…euh…je crois que je ferais mieux d'aller, je suis en retard.»

Il fallait que je m'en aille, sinon je risquais de faire quelque chose que je pourrais regretter. Mais alors que je prenais mon sac et me levai, Arizona se leva aussitôt et me saisit le poignet avant que je ne m'échappe.

« Attends, je te raccompagne »

Je suivis alors Arizona vers la porte de sortie du restaurant. Elle m'ouvrit la porte et me fit signe de passer et me fit son plus beau sourire. Mon cœur fit un battement bizarre, comme il s'était arrêté, puis reprit de plus belle.

« Merci »

Nous nous trouvions désormais devant l'entrée du restaurant. Arizona était en face de moi et continuait de me sourire. Sûrement qu'elle pouvait…elle devait se moquer de ma stupide jalousie.

Soudain, elle se rapprocha de moi.

Je restais plaquée, là, complètement figée et captivée, n'ayant aucune envie de bouger. Nos pieds se touchaient désormais. Son souffle à quelques centimètres du mien...

Puis elle se pencha vers mon oreille. Elle déposa un doux baiser au cru de celle-ci puis pris mon lobe entre ses lèvres et le suça avec sa langue.

Mon sac tomba d'un coup sec et me corps se raidit immédiatement. J'avais très très chaud tout d'un coup et il devenait de plus en plus difficile de respirer.

« Ari..Arizona …qu'…qu'est ce tu fais ?»

Elle relâcha mon oreille, entre ses lèvres puis releva la tête, ses yeux pleins de malice.

« Que crois-toi que je suis en train de faire d'après toi ? »

Mais avant même que je n'ai eu le temps de répondre, elle se pencha de nouveau. Je ne pus m'empêcher de laisser échapper un léger gémissement à la sensation de ses lèvres sur ma peau.

Arizona alternait entre des baisers papillons dans mon cou puis des succions sur mon lobe d'oreille. Ses actions provoquèrent une vague d'excitation dans mon corps. Mes mains se posèrent sur ses hanches, les agrippant fermement.

Puis Arizona se retira et me pris soudainement la main. Je la suivais, aveuglement, trop excitée pour riposter.

Arrivées quelques mètres plus loin dans un endroit plus sombre de la rue, Arizona me poussa contre un mur avec fermeté. Ses yeux étaient bleus sombres, ses pupilles dilatées.

Elle me regarda encore un instant, ses yeux brillaient et ses joues étaient roses. Mon pouls continuait de s'accélérer. Le son de mon cœur furieux, nos souffles erratiques étaient tout ce que je pouvais entendre. Puis Arizona s'attaqua de nouveau à mon cou, cette fois-ci mêlant baisers et succions successives.

Puis elle me mordilla.

« OH ! »

Cette fois ici il me fut impossible de contenir un gémissement de plaisir, la douceur et l'humidité de sa langue mêlée avec la douleur de la morsure m'excitait.

Puis elle me mordilla encore une fois.

Elle déposa finalement un dernier baiser humide, apaisant la morsure.

Le son et la sensation de ses baisers sur ma peau provoquaient en moi des choses incroyables. Puis elle quitta mon cou pour se pencher à nouveau vers mon oreille.

« Tu sais, ça m'excites beaucoup, quand tu es jalouse Calliope… » Me susurra-elle dans l'oreille, d'une voix rauque et terriblement sexy.

Mais alors que j'allais me pencher pour l'embrasser, elle s'éloigna de mes lèvres. Je ne pouvais plus bouger, mes jambes étaient littéralement en compote. Ma vision était encore un peu floutée, ma respiration erratique.

Elle mordillait maintenant sa lèvre inférieure et continuer à me fixer puis la relâcha doucement, cette lèvre rose se bomba un court instant puis revint en place. Cette lèvre était maintenant légèrement enflée et un ton plus sombre à cause de la pression exercée par ses dents. Mon regard restait un long moment fixé sur cette lèvre : un geste plutôt banal mais Arizona avait le don d'érotiser tout ce qu'elle entreprenait. C'est alors que je relevais la tête que je compris que j'étais tombée dans son piège. Arizona me tourmentait volontairement et le sourire malicieux qu'elle me rendit me confirmait qu'elle y prenait plaisir.

« A Bientôt Calliope » Elle me jeta un dernier sourire, puis un clin d'œil et disparut de la rue comme si rien ne s'était passé.

Je réalisais alors l'ampleur de la situation, repris mon souffle puis pris ma tête entre mes mains.

Dios mio…estoy en un berenjenal…


Je vais la tuer…Je vais la tuer….J'étais terriblement excitée, embarrassée mais j'étais aussi sur mon lieu de travail. Impossible de se concentrer, impossible d'entendre ce qui se passait autour de moi mon esprit restait bloqué depuis deux heures maintenant, deux heures que ces baisers érotiques hantait mon esprit. Et le pire était que je ne me sentais pas coupable, non maintenant il était trop tard, j'étais déjà une addict et Arizona mon héroïne.

Une seule dose, un seul regard, un simple contact suffisait à rendre l'accoutumance réelle à mon corps et à mon esprit.

Plus rien n'importait que cette dose, cette dose…

Et lorsque cette dose était augmentée, il rendait plus difficile à mon corps et mon esprit de s'en détacher maintenant Arizona était définitivement la seule et unique au cœur de mes pensées…Mon corps, mon esprit ne demandait qu'à augmenter les doses, toujours plus, il reconnaissait maintenant l'objet de mes pensées de très loin…

Les mains moites, le cœur qui bât, sensation de chaleur…dans le ventre, dans les jambes, dans le cœur…Frissons…anticipation…J'étais une addict…addict d'Arizona. Il était maintenant impossible de revenir en arrière après ce qui s'était passé en dehors du restaurant. Le peu de raison qui restait à mon esprit, qui me disait Callie, ne gâche pas tout, Callie tout pourrait tout y perdre… et bien ce peu de raison se rangeait peu à peu à côté du cœur.

Oui, mon choix était fait. Et Arizona avait intérêt à s'accrocher.

Samedi soir, défilé à Runway. Soit prête à neuf heures.


« Allez mes poulets, mes poulettes plus vite on se dépêche ! »

Nigel courait dans les couloirs, une jupe et un pantalon sur ses deux bras et deux chapeaux sur sa tête.

« Oh ! Ni- bon…bonjour à toi aussi… »

Deux assistantes le suivaient telles des poules se battant pour leur coq de basse cour…

Une atmosphère de chaos, de panique et d'anticipation régnait désormais dans Runway. Miranda n'était bien sûr par là pour assister au désordre. Non elle était bien trop occupée…Etre allongée sur une table du Mandarin Oriental, un des meilleurs spa de la ville, après tout…ça demandait beaucoup de concentration.

« Tiens toi, prends ça ! Allez grouille, on n'a pas beaucoup de temps »

Emily me coupa de mes pensées et me jeta deux boites de chaussures dans les bras que je réussissais à rattraper de justesse. C'est fou ce que les gens sont aimables ici…

Oui un chaos, c'était exactement le mot qui définissait le mieux ce qui se passait ici à Runway.

« Ohh ! »

Soudain un assistant de Nigel vint juste d'entrer en collision avec mes chaussures, celles-ci tombant au sol ainsi que tout le contenu de mon sac. Mais celui-ci décida de continuer sa route comme si de rien n'était. Alors que je pensais que la journée ne pouvait pas être pire, mon téléphone, éjecté quelques mètres plus loin, se mis à sonner.

« Merde ! »

Ahh qu'est-ce qu'on est serrés au fond de cette boîte !

« Mais c'est quoi cette sonnerie ? Oh John… »

John avait du surement changer la sonnerie la nuit dernière, trouvant sa plaisanterie de bon goût.

Chantent les sardines, chantent les sardines !

Je courais alors en direction de mon téléphone afin d'éviter une humiliation publique.

Ahh qu'est-ce qu'on est serrés au fond de cette boîte !

« Roh mais tais-toi ! Imbécile…»

Deux standardistes m'observaient avec dédain et étouffaient leurs rires.

« Je me demande bien où Miranda est allée la chercher celle-là »

OH Chantent les sardines entre les huiles et les aromates

« C'est clair…Tu as vu comme elle est grosse »

Je me retournais alors en direction des deux femmes, toutes les deux appuyées sur un comptoir. Je m'avançais près d'elles, celles –ci paraissaient surprises par mon geste. Arrivée à leur hauteur, je croisais les bras et les regardais droit dans les yeux. La femme blonde au chignon et aux yeux verts semblait fuir mon regard tandis que l'autre femme, rousse, me regardait avec un mépris visible dans ses yeux.

« Donc je suis grosse…Mmh…D'accord, mais est-ce que ça me fait être quelqu'un de moins compétent ? Pensez vous que mes rondeurs sont une gêne pour contacter des photographes, des investisseurs, des stylistes…Je ne crois pas… Votre taille est fine, vos cheveux impeccables, votre look au top mais êtes-vous performantes pour autant ? Car oui ce que j'entends par performante, c'est aussi ambitieuse…Pourquoi travaillez vous ici ? Pour vous achetez les dernières bottes de chez Chanel ? Mon dieu, j'envie votre vie, vraiment si cela ne tient qu'à ça. Je suis peut-être grosse comme vous dites, mais j'ai des projets réels, concrets. Donc maintenant si vous voulez bien m'excusez, j'ai du travail et je crois que vous aussi. »

Les deux femmes me regardaient maintenant, interloquées, et ne sachant que dire elles s'éloignèrent. Mon téléphone s'était éteint désormais.

Un appel manqué : Numéro Inconnu

J'appelais alors ce numéro inconnu.

« Allo ?»

Une voix masculine familière me répondit. J'essayais alors de décrypter cette voix.

« Oui bonjour, vous m'avez appelé ? Je suis Callie Torres. »

« Oui en effet, je suis James Garret, vous vous souvenez, le guitariste des Harks. »

Je me giflais alors à ma propre stupidité…Oh mon dieu le guitariste des Harks.

« Ah oui bonjour. Bien sûr je me souviens de vous. Pourquoi souhaitiez-vous me joindre ? »

James rit à ma réponse et je ne pus qu'être confuse.

« Je vous appelle en fait parce que j'ai un petit problème…Bon en fait un gros…Le batteur s'est cassé le poignet ce matin et le chanteur a une grosse angine depuis deux jours -»

« Oh non… »

« Ouais… Je suis désolé vraiment, mais bon j'ai une solution je pense…Je suis batteur moi-même et je pense que je pourrai remplacer Travis, le batteur. »

« Oui mais attendez…Qui chante alors si Warren est malade ? »

J'entendis le rire de James au téléphone.

« Et bien disons que j'avais pensé -»

« Oh non… »

James rit une fois encore.

« Mais attendez je n'ai même pas encore fini ! »

« Oui mais je sais ce que vous allez dire. »

« Ahh. C'est bonne idée ? Non ? Callie je vous ai entendu chanter l'autre jour, vous avez une voix magnifique.»

« Merci c'est gentil à vous mais non je ne peux pas. C'est un défilé de mode ! Je n'ai pas le droit à l'erreur et je ne suis même pas une professionnelle. Et en plus Miranda me virerait sur le champ si je chantais à son défilé. Et puis si vous êtes batteur, il n'y aura plus de guitariste…»

« Oh mais j'ai déjà trouvé un guitariste. Par contre impossible de trouver un batteur vu que Travis s'est cassé le poignet ce matin. »

« James je ne peux pas, je risquerais de perdre mon travail. Je suis l'assistante de Miranda et non la chanteuse du défilé. Miranda a besoin de moi pour ce défilé, je ne peux pas me permettre de-»

James me coupa à nouveau. Je soupirais encore devant sa persistance. Il était clair qu'il n'allait pas renoncer, j'apprenais alors que lorsque ce dernier avait une idée en tête, il en était difficile de lui en débarrasser.

« Oh mais j'ai déjà appelé Miranda, elle est enchantée par l'idée »

Il me fallut plusieurs secondes pour enregistrer ce que James venait de me dire. Il se fout de moi j'espère ?...

« Mais bien sûr et qui va me remplacer ?! »

« Oh mais que vous êtes têtue mademoiselle Calliope Torres ! Emily est d'accord pour vous remplacer, tout se passera bien, ne vous inquiétez pas. Au fait je pense qu'on peut se tutoyer, viens au studio dans une heure. Allez à tout à l'heure Callie Chao ! »

Et sur ce, il raccrocha.

Super…

Je n'avais pas chanté depuis le lycée, mes études supérieures me demandant beaucoup de temps, de travail et d'énergie. Je n'en avais tout simplement plus envie mais aussi plus le temps. Chanter…Je ne sais pas si j'en serai encore capable, d'autant plus que je paniquais et balbutiais devant une forte audience. Je n'avais jamais vraiment chanté devant un public, alors n'imaginons même pas devant des designers, journalistes, stars du cinéma et…de la chanson… Oh mon dieu, stars de la chanson…

Finalement Arizona, je pense que c'est mieux que tu ne viennes pas…

Je recevais une réponse quelques secondes plus tard lorsque mon portable se mit à vibrer.

Oh si je viens, j'ai trop envie de te voir. Chuck serait là au fait. Me tarde ! Bisous

Super…


« It ain't the fancy things that you give to me. Even though you know I ain't mad at that »

« Ouais continue ! »

« …Merde j'oublie toujours la suite-»

James prit le relais.

« It's all about the times … »

« Ah oui ! That you spend with me. When I was down and out, Hey-ey»

Pete arrêta de gratter les cordes de sa guitare et y posa sa main pour étouffer le son. Pendant ce temps James s'avança vers moi et me prit par les épaules.

« Non pas besoin d'en faire des tonnes Callie sur cette chanson ! »

« Okay merci j'apprécie le compliment James-»

« Non non je ne veux pas dire que tu forces sur ta voix ce que je veux dire par là c'est que cette chanson eh bien ce n'est pas une chanson écrite pour les chanteurs à voix, c'est tout dans l'interprétation ici. Je sais très bien que tu as une puissance vocale et un vibrato énormes mais là c'est tout dans la sensualité avec un brin de nonchalance »

Je riais maintenant James était devant moi en train de danser alors qu'il tenait toujours mes épaules. Je me pris alors dans son jeu, et me mis à danser à mon tour.

« Voilà maintenant Callie je veux entendre ta voix la plus rauque, sexy, je veux que tu nous fasse trembler ! Mais oh ! Soudain tu deviens mystérieuse, inaccessible, nostalgique. Je veux que tu penses à quelqu'un, quelqu'un qui te fait trembler de désir et qui est pourtant inaccessible. Allez vas-y montre moi Callie ! »

Je m'avançais vers James et me mis à chanter tout en dansant.

« It ain't the fancy things that you give to me. Even though you know I ain't mad at that »

Je fermais les yeux et me déplaçais dans l'espace.

« Oui c'est ça ! »

Je tournais maintenant autour de lui, mes mains passant occasionnellement sur ses épaules. Mes yeux étaient désormais fermés, les bruits extérieurs s'estompaient. Je pouvais désormais entendre le son de ma voix vibrer dans mon corps. J'avais oublié cette sensation magique, lorsque le monde autour de moi cessait d'exister, lorsque la technique du chant laissait place à l'émotion. Arizona m'inspirait. Et je me laissais emporter par ma muse.

« It's all about the times that you spend with me. When I was down and out, Hey-ey »

J'ouvrais les yeux à nouveau. James, Pete le guitariste Zac le pianiste et Iam le bassite me regardaient désormais, bouche bée. Leur yeux étaient écarquillés et leur expression figée.

« Callie, tu nous fait pareil ce soir ! »


« Hey relax, Callie, imagine toi dans le studio, comme en repet', ils ne sont pas là pour juger de ta voix, ils sont là pour juger les vêtements de Runway »

« Oui mais bon…ça me stresse quand même… Aie !»

« Désolée mais si vous arrêtiez de bouger» me dit la maquilleuse, qui posait le peigne sur la table puis appliqua quelques touches de blush sur mes joues.

« Ouais...relax…donc bon si je me souviens bien on commence par You Should Know, ensuite Dark Doo Wop, I Can't Help It, Dancing On My Own et enfin One Out Of Two c'est ça ? Après je sais pour la suite… »

« Presque sauf que c'est I Can't Help It à la fin… »

« Et voilà je me trompe tout le temps ! » Je levai les bras en l'air puis les posais violemment sur la table. La maquilleuse soupira encore une fois, mon geste ayant fait déborder le fard à paupières.

James se leva de sa chaise, puis posa sa main sur mon épaule.

« Callie on ne se connait pas beaucoup, mais tu as assuré aujourd'hui et je suis sûr que tu vas assurer tout à l'heure, donc s'il te plaît aie confiance en toi, tu as une voix magnifique, tu es magnifique, laisse toi aller, oublie les gens et laisse ton émotion te guider »

Il me sourit une dernière fois puis sortit de la loge.

« Mouais laisse ton émotion te guider, il est gentil lui… » Marmonnais-je.

Mais mes doutes furent soudain coupés de court par hoquet de surprise.

« Oh sweet gaga Callie tu chantes ce soir ?! »

Je n'avais pas besoin de me retourner pour constater que cette voix appartenait à Nigel.

Je laissais échapper un léger soupir et souriait faiblement, le trac trahissant les rapides vas et viens de mon pied gauche.

« Um...Oui…Beaucoup de monde est au courant ? »

Nigel fit signe à la maquilleuse de nous laisser un moment en privé puis s'asseyait sur la chaise d'à côté.

« Mmmh…Oui, pratiquement tout le monde » Me dit-il avec le sourire.

Je cachais alors mon visage dans mes mains et soufflais pour la énième fois.

« Callie tout va bien se passer, crois-moi, sinon James Garrett ne t'aurait pas choisie » Me rassura-t-il.

Je relevai alors ma tête, observai un instant ma réflexion dans le miroir puis fis face à Nigel.

« Nigel…ce n'est pas pour cela que je suis stressée… »

Nigel fronça les sourcils à ma réponse.

« Ah bon ? Eh bien alors qu'est-ce qui te stresse ? »

Je soupirais et bus une gorgée d'eau.

« Arizona sera là… »

« Oh. C'est une bonne chose non ? »

Je me levais précipitamment puis arpentais la loge de gauche à droite.

« Une bonne chose ?! Mais c'est horrible ! Horrible Nigel ! Et si elle trouve que je chante mal ? Non non je ne peux pas…et puis Mark…il faut que je lui parle…Oh la la je me suis mise dans une merde ! ? Entiendes ? ! Estoy en la mierda hacia la cabeza !»

« Arrête de marcher si vite, je n'arrive pas à te suivre ! »

« ¡En la mierda, si estoy en la mierda profunda!"

"Arrête de parler espagnol et écoute moi !"

Nigel me saisit par les épaules et m'assit sur une des chaises de la loge.

« Callie, ce soir tu chantes, tu oublies Arizona. Mais après tu dois me promettre quelque chose. »

Je relevais la tête et croisait son regard.

« Tu dois rompre avec Mark »


Everybody wants to gets our heads

Beetween high and the low

C'est la vie de Chateau

Les mannequins défilaient d'un pas contrôlé sur large podium blanc de Runway. Des photographes et journalistes prenaient des notes, éblouissaient de leurs flashs, surexcités tandis que Miranda chuchotait quelque chose à l'oreille d'Emily. Celle-ci acquiesça, puis s'éclipsa dans la foule.

Je sentis alors une main dans mon épaule.

« Ca va bientôt être à nous. » Me chuchota James.

Je soufflais encore une fois, le battement de mon cœur commençait à s'enflammer à cause du trac. J'avais une soudaine envie de courir et de m'éloigner le plus loin possible de cet endroit.

J'entendis alors les applaudissements. Puis un noir.

« Allez c'est à nous et n'oublie pas Callie relax ! Allez venez les gars »

Tout le monde s'échangea une brève accolade avant de monter sur scène.

Le noir fit place à la lumière, et je pouvais désormais apercevoir clairement la forte audience dans la salle. Zac commença les premières notes de synthé et les choristes commencèrent les premières vocalises.

Je devais alors chanter lorsque James commençait à la batterie mais la panique me prit de court…Aucun son ne sortait de ma bouche. Les mannequins commençaient à défiler et la musique continuait, Pete improvisa une intro à la guitare, ses yeux écarquillés, me pressant de commencer.

Je soufflais alors un bon coup. Soudain je captai le regard de deux yeux bleus dans l'audience. Elle me regardait intensément, mélange de surprise, adoration et envie. Puis elle me sourit. Oh ce sourire. Elle hocha la tête puis continuait de sourire. Je soufflais encore une dernière fois, saisis mon micro et fermais les yeux.

It ain't the fancy things that you give to me

Even though you know I ain't mad at that

It's all about the times that you spend with me

When I was down and out, Hey-ey

J'ouvris les yeux. Arizona m'écoutait et me regardait intensément, ses yeux bleus devenus subitement plus sombres. Je souriais alors, un plan se formait dans mon esprit. Arizona m'inspirait et je décidais de jouer un peu avec elle, ce qui était absolument légitime après l'extraordinaire morsure dans le cou que celle-ci m'avait infligée.

And even know I couldn't get you everything

You ain't the type to be mad at that,

Cuz all you want to do is give your love to me,

And baby I love you back, Hey-ey

Je me laissais alors emporter par mon émotion, comme disait James. Ma voix résonnait dans mon corps et je retrouvais un élan d'assurance. Je jouais alors avec mon audience, et réalisais que j'aimais ça, tout en jetant subtilement de longs regards à Arizona.

You should know that I love you

You should know that I care for you baby

Je balançais mes hanches de gauche à droite au rythme funky de la guitare et envoyais mon plus beau sourire en direction d'Arizona. L'intéressée n'osait plus bouger maintenant, sa bouche formait un oh de surprise d'où ne s'échappait aucun son. Mon sourire ne fit que s'agrandir devant cette vision et je décidais de continuer à la torturer gentiment.

You should know that I want you

You should know by the way that I stare

J'avais pleinement conscience de l'équivocité des paroles : moi-même je les ressentais envers Arizona. Je continuais alors de chanter, mettant dans les paroles toute mon énergie et ma passion. Pendant ce temps, je ne quittais pas des yeux Arizona, qui, elle non plus, semblée captivée par mon regard. Les mannequins continuaient de défiler, les photographes et journalistes s'affairaient, quelques stars concentraient leur attention sur moi. Cependant je ne les entendais pas. Tout ce que je pouvais voir, entendre, ressentir, c'était ce regard bleu intense et magnifique. Je me perdais dans ce regard, Arizona m'emmenait quelque part, dans un autre univers et tout cela avec un simple regard.

Puis sortant de ma rêverie, je brisais le contact et m'approchais de la foule avec mon micro. Mes yeux étaient clos mais en réalité, je jubilais intérieurement. Finalement la chanson prit fin et quelques applaudissements se firent attendre. J'ouvrais à nouveau les yeux, captant à nouveau le regard d'Arizona qui applaudissait elle aussi, puis je commençais à chanter de nouveau.


« Callie ! T'as tout déchiré ! N'empêche qu'au début tu nous as fait une petite frayeur, j'ai vraiment cru que tu n'allais pas chanter. »

James me prit dans ses bras puis me relâcha. Iam , Zac et Pete riaient à côté de lui.

« Merci James…Je suis désolée, le trac…c'était dur au début…d'ailleurs merci Pete de m'avoir couverte »

Pete sourit puis me fit un clin d'œil.

« T'inquiètes. C'est normal. »

« Bon en tout cas ça vous dit d'aller fêter ça ? Ca te dit Callie? » Demanda Zac.

« Merci c'est gentil mais je dois y aller les gars. En tout cas merci beaucoup…de m'avoir fait revivre ça…c'était super… »

James me tapota le dos puis me sourit.

« C'est normal…et si un jour tu veux chanter à nouveau, n'hésite pas à nous appeler ! »

Je fis mes au revoir à James, Zac et Pete puis quittais la loge. Dans le couloir, j'aperçus Nigel qui courait dans ma direction.

« Callie ! Callie ma chérie c'était top ! Même les mannequins ont adoré, ça les a boostés tu n'imagines même pas ! J'ai mon carnet qui est plein de commandes de pièces uniques, faites à la main ! Miranda est ravie ! »

« Wow…Vraiment ? »

Nigel était vraiment adorable : il sautillait désormais dans tous les sens, son enthousiasme rayonnait toute une pièce.

«Mais oui ! Tout le monde a adoré ! Ah Callie Callie… »

Je riais alors dans ses bras.

« Au fait as-tu parlé à Mark ? » Me demanda-il.

« Non, non je ne lui ai pas parlé…je ne l'ai pas croisé…um…pourtant il m'a dit qu'il viendrait au défilé. »

« Callie, il faut que tu lui dise, tu ne peux plus continuer à lui mentir. Je sais que tu n'as pas envie de lui faire du mal. Mais Mark est quelqu'un de bien, il a le droit de connaître la vérité. »

« Ok. Je…vais lui parler promis »

« Bien. Et au pire appelle-moi après si ca va pas d'accord ? »

« D'accord, merci »

Je m'éloignais à présent de Nigel et décidais de monter au dernier étage de l'entreprise. Arrivée au 64ème étage, je me dirigeais en direction de l'escalier en fer qui menait directement au toit. Je m'agrippais aux rampes glacées puis montait en silence. J'ouvrais la porte massive puis la refermais derrière moi. Aussitôt refermée, la fraîcheur de la nuit new-yorkaise frappa mes joues. Je resserrais mon blazer plus près de mon corps et m'asseyais sur un rebord du toit.

La sensation de vertige me prit de court lorsque je me penchais pour observer de haut la 5ème Avenue. La vue était incroyable. Les taxis jaunes déferlaient le long de la rue, la vitesse à laquelle ils passaient illuminait la rue. Les néons des magasins éclairaient eux aussi la rue même si les clients n'étaient plus là. La foule, elle, se concentrait en un immense amas. Les visages des passants n'étaient plus perceptibles, de si haut. Tous ces hommes et ces femmes semblaient si petits de si haut.

« Si j'étais toi, je ne resterais pas là. Tu pourrais tomber »

Je souriais et continuais d'observer silencieusement le vide. Mes cheveux mouvaient à la force du vent. Je fermais les yeux et la fraicheur de la nuit caresser mes joues.

« Je te trouve très belle de nuit. »

Je tournais alors légèrement la tête et croisait son regard. Ses cheveux blonds s'entrelaçaient dans l'air, ses yeux toujours aussi bleus et intenses. Mon regard se posa quelques secondes sur ses lèvres. Roses, belles, délicates. Je me demandais désormais ce que je ressentirai si je posais mes lèvres impatientes à nouveau sur les siennes. Je me souvenais encore de la sensation mais hélas aussitôt elle était repartie. Le baiser dans le bar était très furtif et cela me frustrais davantage.

Finalement je détachais mes yeux de ses lèvres. Elle avait remarqué ce regard, ses joues étaient légèrement rougies par ce regard et l'air frais de New-York.

Je brisais le silence.

« Arizona, je vais rompre avec Mark »

Elle parut surprise puis confuse.

« Calliope…je...um…je suis désolée, je passe pour la méchante du coup. Et je te force à briser ton couple à cause de moi…Je n'aurais jamais du te mettre autant la pression, comme ça… »

Elle se leva précipitamment. Je lui saisis le poignet et l'obligeai à s'assoir en face de moi.

« Arizona, écoute-moi. Je vais rompre avec Mark parce que j'en ai marre de lui mentir, de mentir à moi-même et à toi. »

Je pris une pause et observais le vide, en silence. Arizona attendait, patiemment à côté de moi que je poursuive. Je soufflais un bon coup et me préparais à prononcer les mots que j'avais tant redoutés. Je lui saisis délicatement ses mains et l'obligeai à me regarder droit dans les yeux.

« La vérité Arizona, c'est que j'ai des sentiments pour toi. Depuis que je t'ai rencontré, je ne cesse de penser à toi. Tu es partout tout simplement…et…c'est dur tu sais… de se concentrer, toute la journée, alors que je n'ai qu'une envie c'est d'être avec toi, seulement toi. »

Arizona laissa échapper un hoquet de surprise puis parut confuse.

« Je…um…Calliope…je ne pensais pas que…je ne sais pas qu'un jour tu voudrais de moi…Je veux dire, tu as un job super, un petit-ami simple, gentil et moi…je ne suis juste qu'une trentenaire accro à son boulot, qui enchaîne les coups d'un soir, qui voit à peine sa famille et qui pleure le soir la mort de son frère avec un verre de bourbon…Je ne te mérite pas…loin de là… »

Ses yeux bleus semblaient tristes à la mention de son frère. J'ignorais complètement qu'elle avait un frère… Une larme coula sur sa joue droite et je m'empressais de l'essuyer de mon pouce.

« Arizona, regarde-moi »

Mes mains tremblantes saisirent ses joues pales. Ses yeux brillaient à cause des larmes.

« Tu es beaucoup plus que ça…J'ai envie d'être avec toi, de te connaître…Tu me fais rire, tu m'inspires, tu me pousses à me dépasser…Si j'ai réussi à chanter ce soir, c'est grâce à toi. »

Elle continuait de m'observer puis se leva. Elle se pencha sur la rambarde et ferma les yeux. Je me levais à mon tour et fermais les yeux.

Le son de sa voix brisa le silence.

« Tu le veux vraiment ? Tu sais que je suis une femme Calliope. Comment réagirais tes amis ? Ta famille ? Mark a tellement plus à t'offrir… »

J'ouvrais subitement les yeux.

« Non c'est faux, tu as beaucoup plus à m'offrir et le fait que tu sois une femme m'importe. Je veux être avec toi, c'est que ce qui compte. On s'en fout des autres, si mes amis et ma famille ne m'acceptent pas, c'est leur problème. Quand on aime une personne, on l'accepte, quelque soient ses choix. Tant que je suis avec toi, je peux tout affronter.»

Arizona ouvrit ses yeux à son tour. Elle se tournait désormais vers moi, les larmes tombant sur son visage.

« Vraiment ? »

Elle pleurait désormais, ses grands yeux bleus tristes et ses joues roses mouillées par les larmes.

« Vraiment. »

Je m'avançais près d'elle puis la prit dans mes bras, la serrant contre mon cœur. Ses bras fins vinrent s'envelopper autour de mon cou. Je respirais l'odeur de ses cheveux, un mélange d'amande douce et de vanille. J'aurais voulu prononcer ces mots à ce moment là, mais il était encore trop tôt et je ne voulais pas lui faire peur.

Finalement, elle releva la tête mais garda ses bras pales et délicats autour de mon cou.

« Tu vas le faire vraiment ? » me demanda-elle

« Quoi ? »

« Rompre avec Mark… »

Je baissais alors la tête et poussais une mèche blonde derrière son oreille gauche.

« Oui je vais le faire. Je te l'ai déjà dit, j'ai envie d'être avec toi Arizona. »

Elle releva alors la tête, son expression sérieuse et son regard pénétrant. Puis elle posa délicatement sa main sur ma joue. Je frissonnais à ce simple contact, les battements de mon cœur s'accélérant à chaque fois que sa main caressait ma joue. Soudain, elle plaça son autre main sur ma joue droite et relevait légèrement sa tête. Son visage n'était plus qu'a quelques centimètres du mien et j'avais soudainement du mal à respirer. Elle me regarda, une dernière fois, dans les yeux, les siens bleus, intenses et profonds.

Puis elle déplaça son regard vers mes lèvres. Mon cœur fit un raté et mes joues devenaient brulantes. Mon corps se raidissait et Arizona semblait sentir mon appréhension.

Finalement elle rapprocha ses lèvres à quelques centimètres des miennes, son souffle effleurant mon visage.

« Détends-toi Calliope »

Je clignais des yeux, bêtement puis hochais la tête silencieusement. C'était comme si cette proximité m'avais ôté de mon habilité de parler. Se penchant à nouveau, elle effleura ses lèvres contre les miennes puis y déposa un baiser très furtif qui était bizarrement tendre et doux. Cela dupait la passion qui frémissait entre nos deux corps, si proches l'uns de l'autre.

Elle s'écarta à nouveau pour me regarder dans les yeux, la passion et l'intensité de son regard ne faisant rien pour ralentir les battements furieux de mon cœur. Puis elle se pencha à nouveau et déposa un autre baiser.

Puis un autre.

Ses mains encerclaient maintenant mon cou. Ses baisers devenaient plus appuyés et je répondais à son contact, bougeant mes mains pour les placer sur ses hanches.

« Tes lèvres sont tellement douces » Murmurais-je doucement.

Elle sourit contre mes lèvres puis soudain elle déplaça le bout de sa langue le long de ma lèvre inférieure avant de la sucer dans sa bouche.

J'étais complètement stupéfaite, mes mains resserrant leur emprise sur ses hanches.

Relâchant ma lèvre, elle se pencha à nouveau pour me regarder dans les yeux. Puis elle se pencha vers mes lèvres encore une fois et nous commencèrent à nous embrasser, lentement. Ses bras se resserraient autour de mon cou. Je sentis alors sa langue effleurer la mienne.

N'y tenant plus, je m'emparais de sa langue et resserrais l'emprise de mes mains sur ses hanches. Une vague d'excitation parcourut mon corps à la sensation de sa langue caressant la mienne.

L'ambiance changea subitement. Les baisers tendres et doux laissaient place à un duel endiablé où nos langues s'entremêlaient impatiemment, ses mains s'agrippant à mes boucles et les miennes caressant désormais ses fesses.

J'entendis Arizona gémir au contact.

Mes mains tremblaient, les siennes aussi je crois. Mon cœur s'emballait et le rythme de nos langues s'accélérait encore.

Finalement elle se détacha doucement de mes lèvres puis reprit son souffle.

Cependant elle me saisit par mon blazer et attira cette fois-ci violemment ma bouche contre la sienne. J'étais complètement stupéfaite par son geste. Sa langue retrouvait la mienne, le rythme cette fois-ci plus lent et engageant nos lèvres dans un long baiser langoureux.

Je gémissais à mon tour, la sensation de sa langue chaude contre la mienne provoqua en moi une nouvelle vague d'excitation.

La chaleur de nos corps pressés l'un contre l'autre faisait oublier à chacune la fraîcheur de la nuit. Ses mains serrèrent leur emprise sur mon blazer. Son action eut pour effet de rapprocher encore plus son corps contre le mien, ses cuisses désormais entre mes jambes.

Je n'en pouvais plus, je pensais que j'allais m'évanouir, là, tout de suite, et je me demandais à présent comment mon cœur pouvait supporter une si forte décharge.

Ses cheveux blonds titillaient mes joues à présent, son odeur délicieuse envahissait mes sens tandis qu'elle penchait sa tête sur le côté, sa langue emportant la mienne dans un vas et viens passionné et voluptueux. Je remontais mes mains et caressais ses hanches de façon circulaire.

Finalement, je m'éloignais de sa bouche, complètement désorientée, ma vision floutée.

Mes mains étaient toujours posées sur ses hanches et ses mains autour de mon cou. Je reprenais peu à peu mes esprits. Je compris alors que j'avais détruit toutes mes limites, ce baiser interdit les ayant brisées.

Plus de retour en arrière possible.

Bonnes ou mauvaises, les conséquences arriveraient. Bon ou mauvais, ce soir là, dans la fraîcheur new-yorkaise, mon destin était lié à cette nuit et à ce baiser. Car oui, maintenant, il fallait faire face à la réalité, bien plus dure qu'il n'y paraissait…

On dit souvent que la vie se détermine par l'enchaînement d'événements tels qu'ils seraient fixés irrévocablement à l'avance, quoi que nous fassions : le destin. Mais on dit aussi que la vie est le résultat d'actions indépendantes, qui se rencontrent et qui engendrent des conséquences : le hasard.

Mais parfois, il difficile d'affirmer que nos actions seraient déjà déterminées dans un dessin précis ou qu'elles ne se produiraient seulement par hasard.

Car un instant peut faire basculer notre vie.

Et je savais dorénavant que ce baiser n'était ni prévisible, ni le fruit du hasard.

I lit a match in Vienna tonight

It caused a fire in New York

Where is my self-control?

You gotta learn to be thankful

For the things that you have

Now bathe my idle soul in

Desire

Taken by force

Twisted fate

Well, what weighs more

Down on your plate

A ton of love

A ton of hate

We're waiting for

A chance of

Desire


A Ton Of Love des Editors

Et la chanson du défilé Château de Housse de Racket

La chanson chantée par Callie: You Should Know de Breakbot.

Voilà j'espère que ce chapitre vous a plu et la scène caliente entre Arizona et Callie aussi ;) Mais attention, les choses ne risquent pas d'être toutes roses pour longtemps et peut-être que nos deux héroïnes auraient du être plus discrètes... La suite, au prochain chapitre...