Salut tout le monde !

IceQueen38 : Merci pour ta rveiew ! Oui, on va en savoir plus sur Rosaline, dans quelques chapitres ! Bisous

SweetDream-chan : Et oui tu avais deviné, félicitations ! Bisous

Vlad : Haha, ma petite Rosa est une sang-pur des années 40, et en plus, une française, ça en fait des raisons d'être sûre d'elle haha ! Bisous !

C'est la première fois que je poste aussi rapidement la suite, mais ce chapitre est trèèèèèèèèès cours, je ne trouvais pas ça cool de vous laisser attendre longtemps ! J'espère que ça vous plaira, dites le moi en review, j'adore ça!


A Dance of Ice and Fire - Partie I


9. Plume

8 Octobre 1943

- Tom -

Dans le silence du couloir du deuxième étage, seuls ses pas résonnaient contre les murs de pierre. Personne ne pourrait entendre ceux de Rosaline, plus feutrés, qui marchait quelques pas devant lui. Les flammes vascillantes des torches faisaient danser leurs ombres, les transformant en pastiches immenses et anguleux de leurs corps. La cape de Rosaline effleurait à peine le sol. Une mèche ondulée s'était échappée de son chignon et rebondissait en rythme contre son épaule. Elle avait l'air à l'aise, pressée et déterminée. Sa démarche ne trahissait aucune appréhension. Il serra les dents. Il n'avait rien vu venir, il avait eu faux sur toute la ligne. Il s'était imaginé qu'elle arriverait vers lui fière et sans peur comme une lionne, et qu'elle prendrait peur avant le Serment. Qu'elle abandonnerait, le traiterait de fou, et qu'elle irait baver tout cela à Dumbledore, la queue entre les jambes. Mais c'était exactement le contraire qui s'était produit. Lorsqu'elle l'avait rejoint dans les cachots, elle paraissait terrifiée. Il ne l'avait jamais vu dans un tel état, et cela n'avait fait qu'empirer quand elle avait découvert Rosier à ses côtés. Comment pouvait-elle craindre Rosier, en comparaison avec lui ? Lorsqu'il avait proposé le Serment, il avait sentit toute la peur et l'angoisse la quitter, remplacées par cet air prétentieux et ce sourire narquois dont il avait l'habitude. Elle avait été plus sûre d'elle que jamais. Elle s'était pliée à toutes ses exigences sans sourciller, et l'avait presque supplié de l'emmener voir la Chambre immédiatement. Il devait se rendre à l'évidence : elle n'était pas l'espionne de Dumbledore. Elle ne l'avait sûrement jamais été, comme elle s'était évertuée à le lui répéter depuis la rentrée. C'était simplement une arrogante et courageuse petite curieuse de merde. Il allait sortir le grand jeu. Il allait la faire frissoner jusque dans sa moelle.

"- Tourne." Lui intima-t-il. Elle se tourna vers lui avec un air incrédule.

"- Les toilettes ?" Il hocha la tête et désigna la porte avec sa baguette. Elle poussa la porte branlante et le laissa entrer en premier. Comme depuis deux ans, un bruit de fuite d'eau perçait le silence, et le spectre léger d'une jeune fille sortit d'une des cabines de toilette. Il lui fit son plus beau sourire.

"- Bonsoir Myrtle." Elle lui rendit son sourire en minaudant.

"- Bonsoir Tom. Cela fait longtemps que tu n'es pas venu me voir..." Il soupira d'un air penaud.

"- J'ai eu beaucoup de travail, à cause de mes missions de Préfets-en-Chef. Tu m'as beaucoup manqué." Il entendit Rosaline pouffer derrière lui. Myrtle aussi, s'en aperçut, car elle ôta immédiatement sa tête, qu'elle venait de poser sur l'épaule de Tom, pour regarder derrière lui.

"- Mesnaud ? Pourquoi est-ce que tu l'as amenée, Tom ?" Lui reprocha-t-elle encore.

"- Miss Mesnaud est Préfète-en-Chef, elle aussi. Nous avons quelque chose d'important à faire ici, pour le Professeur Dumbledore. Il faudrait que tu ailles dans un toilette et que tu me promettes de fermer les yeux, Myrtle." La pria-t-il, mais ses traits devinrent soupçonneux.

"- Que je ferme les yeux ? Tu es sûr que c'est... professionnel, ce que vous devez faire ? Ne me dis pas que tu as emmené cette... pimbêche ici pour un rendez-vous romantique ?" Elle sanglota et gémit sur la fin de sa phrase. Tom fit mine de caresser ses cheveux impalpables.

"- Qu'est-ce que tu vas chercher là ? S'il te plait, fais ce que je te dis, Myrtle, c'est pour ta sécurité." Sa voix était douce, mais ferme. Myrtle lui caressa la joue et partit s'enfermer dans sa cabine, non sans quelques gémissements plaintifs. Rosaline articula un "J'hallucine" muet, auquel il répondit par un simple haussement d'épaules. Quand Myrtle était revenu sous la forme d'un fantôme, il avait bien fallut se la mettre dans la poche. Si un jour les soupçons pesaient sur lui, elle serait la première à le défendre. Il entretenait donc cette romance platonique et malsaine depuis deux ans, même si la fréquence de ses visites à Myrtle s'était ralentie au fur et à mesure que le danger s'éloignait. Il s'approcha du robinet et désigna la marque de Serpentard à Rosaline. Elle était à la fois étonnée et fâchée. Elle s'était certainement lavé les mains des centaines de fois à ce robinet, sans jamais remarquer ce petit détail.

"- Ouvre-toi."

Il sentit Rosaline tressaillir à côté de lui en l'entendant parler Fourchelang. Ils observèrent en silence le mécanisme s'activer, les robinets et les vasques bouger jusqu'à laisser place au trou béant qu'il avait emprunté une centaine de fois au moins. Il ne regarda pas Rosaline.

"- J'y vais en premier, tu comptes jusqu'à dix, et tu sautes." Elle ne répondit pas, mais du coin de l'oeil, il la vit acquiescer doucement. Pieds joints, bras collés contre son corps, il s'élança dans le toboggan. Si la glissade lui avait soulevé l'estomac la première fois, cela ne lui faisait plus ni chaud ni froid. Ses pieds claquèrent le marbre froid et trempé de la Chambre. Sans parler et sans toucher sa baguette (pourquoi faire semblant ?) il alluma les dizaines de torches à têtes de serpents qui ornaient les colonnes de marbre noir. Quelques secondes plus tard, il entendit un hoquet d'appréhension résonner, puis des chaussures de cuir rencontrer le sol. Il se tourna vers Rosaline. Elle s'était débarrassée de sa cape et était occupée à épousseter sa jupe d'uniforme. Observant d'un air ébahit la fameuse Chambre des Secrets, elle le rejoint en quelques pas.

"- Vas te mettre contre le mur, là-bas. Tourne moi le dos et n'ouvre les yeux sous aucun prétexte." Elle plissa les yeux et pinça les lèvres.

"- Je veux tout voir." Elle était de retour, la petite peste prétentieuse et inconsciente qu'il détestait tant.

"- J'ai bien l'intention de tout te montrer. Fais comme tu veux, mais saches que si tu ouvres les yeux, tu ne remonteras pas vivante. Je n'ai pas le temps de faire la cours à deux fantômes..." Ses joues rosirent et elle s'éxécuta. Il attendit qu'elle soit en sécurité contre le mur, car il était hors de question de la tuer ce soir, et lorsqu'il ne distingua plus d'elle que le petit carré de peau nue entre sa jupe et ses chaussettes, il appela le Basilic. Au loin, la gueule de la statue de Salazar s'anima, et sans le regarder, Tom devina l'énorme serpent chimérique qui en sortait et ondulait jusqu'à lui.

"- Reste couché et ferme tes yeux. Tu ne les ouvres sous aucun prétexte." Le même ordre, encore. Il s'amusa de constater que le Basilic était plus obéissant que Rosaline.

"- Est-ce que tu es en train d'ordonner à ta bête de me dévorer ?" Demanda celle-ci, les yeux toujours rivés sur le mur, paupières closes. Il soupira.

"- Ne sois pas stupide. Tu peux te retourner." Elle obéit et se stoppa net dans son élan en apercevant le monstre. Tom se rendit compte que son coeur battait fort dans sa poitrine. Allait-elle, comme il le supposait, prendreses jambes à son cou ? Au lieu de ça, elle lui adressa un regard interrogateur et... admiratif ?

"- Est-ce que c'est un Basilic ?" Demanda-t-elle. Il acquiesça. Evidemment, elle connaissait déjà la bête et sa légende... "Est-ce qu'il peut m'attaquer ?"

"- Non. Il m'obéit au doigt et à l'oeil." Répondit-il. Elle eut un petit rire sarcastique.

"- C'est censé me rassurer ?" Il sourit à son tour et haussa les épaules.

"- Si j'avais voulu te tuer, il sera déjà en train de croquer tes os. Tu n'es pas très prudente." Elle balaya sa phrase d'un mouvement gracieux de la main et s'avança vers la bête. Elle n'était pas confiante, mais elle n'avait pas non plus l'air terrifié. Bizarrement, elle avait beaucoup moins peur que lorsque le minuscule serpent de la forêt s'était accroché à sa jambe. Bientôt, elle arriva à hauteur de la pointe de la queue du reptile, et lentement, longea son corps jusqu'à la base de sa tête. Là, elle s'arrêta un instant, leva un bras hésitant, et finit par caresser la crète de plumes rouges. Tom sentit un chatoullis désagréable dans son estomac. Il comprit alors que non seulement elle n'avait pas peur, mais elle appréciait réellement ce moment. Peut-être que comme lui, elle était fascinée par la puissance des fondateurs, et par le majestueux exemple qu'en était la Chambre des Secrets. Elle s'accroupit ensuite devant la gueule du Basilic. Elle avait l'air d'être minuscule, face à son immense tête triangulaire.

"- Qu'est-ce que je risque, si je l'embrasse ?" Lui dit-elle en souriant.

"- Manger..." Siffla le Basilic en sentant le coeur de Rosaline, bien vivant et gorgé de sang chaud, battre à quelques centimètres de ses narines.

"- Ne la touche pas." Tom se tourna vers Rosaline, qui était un peu plus pâle. "Tu n'es vraiment pas assez prudente. Ce n'est pas un jeu." Elle afficha à nouveau son sourire fier et se leva pour le rejoindre.

"- Je te l'ai déjà dit, la vie entière est un jeu. Et toi un mauvais perdant." Elle lui fit un clin d'oeil. "Je peux visiter ?" Il hocha la tête et avança à côté d'elle. Ils traversèrent la première salle, celle où ils avaient atterrisRosaline n'en perdait pas une miette. Elle observait, scrutait et photographiait mentalement chaque mètre carré. Ils arrivèrent ensuite dans la salle de Salazar, où trônait, gueule béante, l'immense statue du maître des lieux. Rosaline s'en approcha jusqu'à mettre les pieds dans l'eau. Elle avait l'air hypnotisé.

"- Comment as-tu découvert la Chambre ?" Demanda-t-elle soudain. Il hésita avant de répondre, mais maintenant qu'elle lui était liée par le Serment, il ne craignait plus rien.

"- C'est elle qui m'a découvert. J'ai entendu le Basilic parler, et j'ai simplement suivi sa voix jusqu'ici." Répondit-il en la rejoignant. Ils étaient côte à côte, leurs épaules se touchant presque, leurs yeux fixés sur la statue de Serpentard.

"- Est-ce que tu réalises le pouvoir du sang qui coule dans tes veines ?" Ho oui, il savait. Le divin élixir de toute la puissance d'un fondateur de Poudlard, souillé par la boue du sang de son Moldu de père. Tout à coup, les doigts de Rosaline se retrouvèrent contre la paume de sa main, lui déclenchant un frisson depuis la pulpe de ses doigts jusqu'à la base de sa nuque. Elle caressa sa paume jusqu'à enlacer leurs doigts et serrer légèrement sa prise. Son estomac le dérangea à nouveau. Qu'est-ce que c'était que ça, maintenant ? Personne ne lui avait jamais tenu la main. Personne à part Mrs Cole, un jour, pour l'obliger à rentrer dans sa chambre quand il avait huit ans. Mais ça n'était pas pareil. Il savait que ce n'était pas pareil, et pourtant, il ne savait pas quoi en penser. Du coin de l'oeil, il s'aperçut que Rosaline ne le regardait toujours pas, absorbée par l'architecture de la Chambre. Le plus lentement qu'il pu, il défit leurs doigts.

"- Nous ferions mieux de remonter, avant que quelqu'un se demande ce que nous faisons." Les joues un peu roses, elle lissa sa chemise et entreprit de quitter la Chambre, marchant quelques pas devant lui. Lorsqu'ils furent à nouveau dans les toilettes des filles du deuxième étage, avant que leurs routes se séparent, elle souffla un "Merci" en souriant. Perdu dans ses pensées, il ne prit pas la peine de lui répondre et s'en alla vers les cachots sans se retourner.