Beta-reader : Imliel
9 Retour
Quand Severus Snape entra dans le bureau, en fin d'après-midi, après qu'ils aient passé une autre journée près du lac, une de plus, il avait les mains derrière le dos. Il referma la porte d'un sort puis s'approcha d'Harry qui avait le nez penché sur un tableau. Snape avait l'air de quelqu'un qui voulait surprendre son petit-ami pour lui faire une surprise. Les gens le connaissant n'auraient jamais cru ça possible et pourtant !
Le jeune homme ne l'avait pas entendu entrer tellement il était obsédé par son travail. Cette nouvelle peinture qu'il voulait restaurer représentait un autre défi pour le réparateur d'œuvres d'arts. Une vieille toile passablement effacée qu'il fallait reconstruire entièrement. Tout ce dont il avait besoin pour ne pas courir vers Severus et l'enlacer amoureusement avant de prendre possession de sa bouche pour terminer sur le lit ou sur le canapé, comme ça arrivait souvent ces jours-ci.
Harry se retourna quand il entendit Ellen Prince pousser un hoquet d'étonnement fort peu discret quand elle vit ce que son fils tenait entre les doigts. Severus devait certainement être derrière lui, pensa le jeune homme. Il ne savait pas ce qui avait surpris la femme mais le survivant ouvrit des yeux étonnés en regardant le Serpentard se placer devant lui, les mains toujours derrière le dos.
-Il est déjà l'heure de dîner ? S'enquit le Gryffondor qui était prêt à se lever de son tabouret et à abandonner son établi pour suivre Severus jusqu'à la salle à manger.
-Non, rassure-toi, tu as encore le temps, il n'est que dix-neuf heures, dit-il en ramenant devant lui un énorme bouquet de fleurs qu'il tendit à Harry qui en lâcha son pinceau de stupéfaction.
-Pour moi !...tu as été me cueillir un bouquet de fleurs ?
-Je sais que tu les aimes. Alors oui, je t'en ai ramassé et puis ce jour n'est-il pas particulier pour toi ?
-Rien que pour moi ? répéta Harry qui ne semblait pas y croire et qui ne se souvenait plus qu'il avait un an de plus en ce jour du trente-et-un juillet.
-Ben tu vois quelqu'un d'autre là dans le bureau ?
-Merci, murmura le Gryffondor très ému alors que ses joues se mouillaient de larmes qu'il ne pouvait plus arrêter même si un grand sourire se dessinait sur ses lèvres. C'est la première fois qu'un homme m'offre des fleurs, mon amour.
Le maître des potions attendri, enlaça son compagnon et le serra contre son cœur.
-Alors je t'en offrirai d'autres, j'ai toute la vie pour ça maintenant, susurra Severus contre son cou. Et bon anniversaire, mon amour.
-Tu comptes me garder toute ta vie, renifla Harry en relevant la tête.
-Oui, mon cœur, ne compte pas te débarrasser de moi aussi facilement, souffla l'homme en déposant un baiser sur les lèvres du jeune homme.
-Est-ce que tu me proposes vraiment une vie à deux ? Pour toujours ? Ensemble ?
-Eh bien si tu es d'accord, c'est ce que je voudrais, oui. Je n'ai pas du tout envie qu'un autre homme te vole à moi, tu es tout ce que j'ai de plus précieux au monde maintenant.
-Moi pareil, chuchota le Gryffondor en descendant de son tabouret pour mieux apprécier l'étreinte de Severus tout en essuyant ses joues encore humides. Je veux vivre avec toi, ajouta-t-il alors qu'Ellen Prince, émue et heureuse, regardait les deux amants s'embrasser avec entre eux un magnifique bouquet de fleurs odorant qu'Harry tenait comme un trésor.
Début août, Harry et Severus refusèrent de quitter le manoir, les vacances continuaient pour les deux hommes et ils n'avaient nullement l'intention de se séparer pour reprendre chacun leur petite vie. Albus Dumbledore n'avait pas repointé le bout de son nez, le vieil homme devait savoir que tout allait pour le mieux chez le maître des potions.
Harry et Severus allaient chaque jour au bord du lac, ils se promenaient le soir quand la chaleur était tombée dans les allées du parc, et même parfois ils allaient dans les environs du manoir. Le temps était si beau que cela aurait été un véritable sacrilège de rester enfermé dans la grande demeure. Jamais Severus et Harry n'avaient été aussi heureux.
L'homme plus âgé, malgré ses antécédents, était tendre et passionné avec son compagnon qui en profitait largement. Il prévenait le moindre de ses désirs, il n'était que douceur avec lui, et amoureux à un point qu'il se traitait parfois d'idiot quand il voyait son Gryffondor entre ses bras la nuit et qu'il ne pouvait s'empêcher de respirer son odeur alors que Harry dormait profondément.
Un mois et plus où une complicité naquit entre eux en plus de leur amour. Les fous rires n'étaient pas rares, les batailles dans la cuisine non plus. Les moments de tendresse très nombreux les ravissaient, les baisers volés, les caresses, les mots d'amours que Severus s'était mis à murmurer de plus en plus souvent à l'oreille du survivant qui en frissonnait de bonheur, tout ça fit que le temps passa trop vite, beaucoup trop vite.
Et un jour, il fut temps de refaire ses malles pour rejoindre Poudlard et leur cher directeur, Albus Dumbledore. Harry les refit, ses malles, mais en boudant comme un gamin capricieux malgré son âge, il n'avait pas vraiment envie de partir d'ici, le seul lieu, à part Poudlard bien sûr, où il avait trouvé un peu de bonheur. Et puis il avait aussi un peu peur que Severus redevienne comme avant une fois qu'il serait revenu à l'école.
Le jeune homme fit un dernier passage par le bureau pour dire au revoir à la mère de Severus et il fut surpris de la trouver en larmes. Inquiet il s'en approcha et lui demanda ce qui n'allait pas. La femme triturait ses doigts sur un fin mouchoir de dentelle blanche, elle renifla, ce qui n'avait rien d'élégant mais lui la trouva touchante, puis elle lui dit ses angoisses.
-Je suis heureuse que ce soit toi, Harry, qui est conquis le cœur de mon fils. Si tu savais combien je suis rassurée de savoir qu'il ne sera plus seul. Je me faisais tellement de soucis pour lui. Il a tellement changé ! As-tu vu comme il est magnifique depuis que tu es entré dans sa vie ?
-Il l'est sans conteste, Ellen, et je trouve que c'est moi qui ait de la chance d'être aimé par lui.
-Et lui par toi, mon ange. Cependant il est bien dommage que je doive rester ici, continua la mère de Snape, je n'aurai plus l'occasion de vous revoir avant longtemps et…
-Oh ! Je ne vous ai pas dit ! Vous serez au château dans deux jours, j'ai réussi à convaincre Severus de vous installer dans son bureau à Poudlard, il était ravi.
Le jeune homme ne raconta pas que son homme avait râlé et protesté ardemment car, disait-il, ils n'auraient aucune intimité dans la pièce quand Harry viendrait dans les cachots.
Mais nous aurons toutes les autres, mon amour, avait-il rétorqué avec malice. Poudlard est immense, avait-il ajouté. Tu n'imagines même pas le nombre de pièces que contient le château !
Snape avait alors éclaté de rire et avait embrassé fougueusement son ange lubrique, son amant, son compagnon pour la vie. Puisse-t-elle durer une éternité cette vie qu'il voulait rendre la plus agréable possible.
-Harry ? Que dirais-tu si je te demandais d'abandonner ta chambre à Poudlard pour intégrer mes appartements ? Ceci n'est pas une obligation, dit Severus en s'efforçant de rester calme tandis que le jeune homme vérifiait une dernière fois sa malle. Je ne veux pas te forcer la main mais….
-Je croyais que tu n'allais jamais me le demander mais j'espérais que tu le fasses une fois sur place, sourit le Gryffondor avec tendresse.
Snape s'approcha du jeune homme et le prit contre lui.
-Je ne veux plus que tu me quittes et dans mes cachots, il y a de la place pour nous deux. Et si tu es d'accord pour vivre avec moi, nous y ferons des améliorations.
-Je suis d'accord, Sev, et tu veux dire quoi par « des améliorations » ? Demanda le Gryffondor une fois qu'ils furent arrivés à Poudlard, dans les cachots du maître des potions.
-Je sais pas moi, remettre un peu de couleur, par exemple ! Remplacer quelques meubles, faire de la place pour installer ton bureau, agrandir une pièce pour installer tout ton matériel. Acheter un nouveau lit plus grand, continua Snape qu'Harry fit taire d'un baiser.
-On verra ça au fur et à mesure, Severus. En attendant, on déballe nos affaires et pour ce qui est de la couleur des murs, on peut toujours s'en occuper cette après-midi, hein ?
-Bonne idée, au moins je serai là pour m'assurer que tu ne mettes pas de rouge partout.
-Hey ! J'aime le rouge moi ! Mais pour te faire plaisir on rajoutera du vert, ça te va ?
Une fois que tout fut installé, les deux hommes rejoignirent la grande salle. Les élèves n'étaient pas encore arrivés, il restait une semaine avant ça. Snape aurait ainsi le temps de préparer ses cours et Harry de ressortir ses pinceaux et de se remettre à son travail de restauration.
Quand les deux sorciers arrivèrent ensemble, cela suscita beaucoup de questions mais quand le jeune homme aux yeux verts prit place près de l'homme, cela fut pour la plus grande horreur des professeurs qui craignirent de suite le pire.
Que Harry prenne ainsi des risques était inquiétant, pensa Macgonagal qui se rappelait avec lucidité les six derniers mois où ils avaient dû se côtoyer. Harry avait-il envie de se faire trucider par Severus ? Ou alors avait-elle loupé quelque chose qu'Albus aurait omis de lui dire comme d'habitude ?
Le vieil homme à la mine joyeuse sourit et continua de manger sa tourte à la viande sans remarquer le froncement de sourcils sournois du Serpentard et de son petit tour de baguette sous la table.
-Qu'est-ce que tu fais ? S'enquit Harry à voix basse alors que Pomona Chourave poussa un hoquet de stupeur de voir Harry faire un geste vers le terrible maître des potions.
-N'as-tu pas envie de te venger de ce vieux sénile ? demanda Severus en rangeant sa baguette tout en ricanant.
Le jeune sorcier rigola sous cape lui aussi et sa main caressa la cuisse de son amant.
-Quel genre de vengeance ? S'enquit-il.
-Quelques verrues pour commencer, et puis des furoncles bien placés si tu vois ce que je veux dire ! Murmura Snape.
-Tu es machiavélique, mon amour, et c'est comme ça que je t'aime.
-Tu m'aimeras encore quand le vieux fou m'aura foutu dehors et que je me retrouverai sans travail ?
-Toujours, Severus, et Albus ne te mettra pas dehors : il sait qu'il l'a bien cherchée, cette punition.
-Dis ! Nous avons un appartement à rénover si tu te souviens bien. Si on quittait la table, tu crois qu'ils nous en voudraient ? Susurra Severus qui n'en aurait fait qu'à sa tête il n'y avait pas si longtemps, sans se préoccuper des autres et surtout pas de Harry.
-Et quand bien même, on s'en fout, non ?
Snape se leva et cinq minutes plus tard Harry le suivit dans les cachots tandis que les commentaires allaient bon train à la table professorale.
-Albus ! Cria madame Bibine. Que vous est-il arrivé ? Vous avez des…..pustules violettes sur le visage, c'est horrible ! Elles ont des poils !
-Ce n'est rien, répondit le directeur de Poudlard, flegmatique, en continuant son repas comme si de rien n'était. Probablement une allergie due à cette bonne tourte à la viande.
Les autres autour de lui jetèrent un coup d'œil affolé sur leur assiette et la repoussèrent le plus loin possible d'eux, craignant d'attraper la même chose.
Albus Dumbledore avait envie de rire de la blague de Severus car il ne doutait pas que l'homme en était l'instigateur. Cependant son rire s'étrangla dans sa gorge quand une vive douleur se manifesta dans une région de son anatomie qu'il ne nommerait pas. Le Serpentard n'avait quand même pas osé ! Le vieil homme se leva sous le regard curieux de ses collègues et il partit, aussi digne que possible, dans ses appartements malgré sa démarche grotesque pour trouver un contre-sort au maléfice vicieux de son professeur de potions.
Harry prit sa baguette et regarda les murs de la chambre, curieux et profondément dégoûté.
- Quelle drôle d'idée d'avoir peint cela en gris, constata le jeune homme en s'adressant à Severus qui faisait une grimace.
-Cette horreur était déjà là quand je me suis installé ici, raconta l'homme.
-Et tu n'as jamais pensé à la changer ! Mais c'est…...abominable ! A vous donner des cauchemars !
-On s'y fait tu sais, bougonna l'homme. Et arrête de critiquer, dis-moi quelle couleur tu désires, morveux.
-Rouge en bas et vert en haut, qu'en penses-tu ?
-D'accord à condition que les tapis et le couvre-lit soient verts.
-T'es dur là ! Rigola le jeune sorcier.
-Tu ne crois pas si bien dire, gamin.
Harry cessa de rire ou plutôt celui-ci s'étrangla dans sa gorge après les paroles explicites du pervers maître des potions qui avait fermé l'appartement d'un léger coup de baguette.
-Severus, tu crois que….
Une langue impatiente s'était emparée de celle d'Harry qui ne put finir sa phrase et après tout il s'en foutait. Sev faisait ça si bien, et ses mains qui couraient sur son corps lui firent oublier les couleurs et les murs et même cette affreuse teinte grise, tout lui sembla beau en cet instant. Oubliés, les premiers jours dans le manoir de Severus alors qu'il avait la haine si facile. Oubliées, les colères, les attentes, les questions qu'il n'osait pas poser, et la douleur du maître de potions.
Un pantalon s'ouvrit magiquement avec l'aide de doigts impatients qui attrapèrent et caressèrent une virilité déjà bien dure. Des grognements retentirent dans la pièce et des souffles saccadés prirent le dessus.
-Severus, tu vas…..Merlin, n'arrête pas ça….
L'homme pouffa quand il sentit que Harry perdait pied, et que son corps entier tremblait de frissons grâce à ses mains devenues experte dans l'art de lui faire oublier jusqu'à son nom.
Le Serpentard fit poser les mains d'Harry sur le bord du fauteuil pendant que lui s'installait derrière. Les pantalons avaient disparu depuis belle lurette et on ne parlait même pas des boxers qui étaient de l'histoire ancienne. Le maître des potions embrassa le dos de son amant avant de s'avancer et de commencer à le pénétrer lentement en fermant les yeux pour mieux ressentit les sensations qui emprisonnaient ses sens.
Un corps bouillant sous lui gesticula pour hâter les choses, mais Snape prit son temps pour savourer l'instant présent.
Snape rouvrit les yeux et centimètre par centimètre il regarda son sexe disparaître entre les fesses du morveux. Et c'était fantastique comme impression, ressentir et regarder en même temps. Harry gémissait et continuait de se tortiller et c'était un régal de le voir bouger tandis qu'il était complètement en lui. Le premier coup envoya le Gryffondor directement au paradis tandis que Snape s'accrochait fermement aux hanches douces.
La pièce retentit de cris et de soupirs, de respirations qu'on retient, de souffles rapides, de mains qui griffent, de lèvres qui se dévorent et de mots d'amours qu'on se murmure quand le plaisir arrive et que les corps se tendent et se libèrent sur un dernier va-et-vient.
-Je t'aime, chuchota Severus Snape contre la bouche du garçon, bouche dont il avait du mal à se détacher.
Le jeune homme profita des bras de Severus pour se laisser aller contre lui et murmurer contre ses lèvres les mêmes mots.
-Dis ? demanda Harry après qu'ils eurent décidé de s'allonger sur le lit pour une heure ou deux. Moi aussi je peux me venger d'Albus ? Je demande ça parce que finalement moi aussi j'aimerais bien m'amuser, je ne vois pas pourquoi il n'y aurait que toi !
-Mais je t'en prie, fais ce qu'il te plait.
-Donc un petit sort qui durerait, disons… quelques semaines, serait acceptable selon toi ?
-Bien sûr, à quoi penses-tu là ?
-Je ne sais pas, hum…. Bien qu'Albus nous ait rendu service, tu en conviendras…
-Ouais, si on veut, bougonna Snape. Il nous a quand même enfermés presque trois semaines, ce vieux fou !
-J'avais pensé que cacher ses bonbons au citron serai une punition exemplaire.
-C'est tout ! Tu n'as rien trouvé de mieux ?
-Laisse-moi finir, Severus.
-Je ne dis plus rien, alors ?... Bon tu le dis ou quoi !
-Lui faire dire à chaque fin de phrase qu'il prononcera, je suis un vieux fou, ça te paraît correct ça ? Trois semaines de suite, autant de temps qu'il nous a enfermés dans ton manoir. Moi je trouve que la punition serait à la hauteur de sa fourberie, sourit Harry.
L'homme éclata de rire et ramena le corps de son jeune compagnon contre lui.
-Tu es pire que moi, mon amour. Rappelle-moi de ne jamais te contrarier.
Le Gryffondor profita honteusement de ce que Severus soit contre lui pour passer un main polissonne entre leur deux corps, et caresser une hampe qui n'attendit pas pour reprendre de la vigueur. L'homme eut un air de prédateur qui n'échappa au survivant qui rigola de bon cœur quand il se retrouva de nouveau sous Severus.
L'amour avait rattrapé les deux hommes et c'était tant mieux. Cela aurait été dommage que les deux amants restent sur un malheureux quiproquo. Et puis les cicatrices de Severus, qui s'en intéresse ? Puisque de toute façon, Harry les aime lui, c'est le principal après tout !
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Voilà c'est fini cette fois. Biz à toutes et à tous. Sorcière noire.
