Titre original : Skeletons in the Closet
Auteur : Fading into the background
Traductrice : Gaeriel69
Chapitre 9 ~
"Vous pouviez juste me ramener chez moi," dit Nanao avec un soupir.
"Ma maison était plus proche," dit-il en haussant les épaules, "et si tu gardes cette tâche de vin plus longtemps elle va rester. Je le sais bien."
"Bien," dit-elle, trop fatiguée pour argumenter plus longtemps. "Je vais aller rincer tout ça dans l'évier et je rentrerais chez moi. Je serais rapide." Elle enleva ses talons et se mit en tête d'aller dans la cuisine, naviguant aisément dans la maison. Elle venait souvent pour le traîner chez lui ou pour le soigner d'une gueule de bois.
Elle était aussi venue lorsqu'elle était jeune et qu'elle ne pouvait pas se payer ses propres appartements à la huitième division après avoir été nommée cinquième siège. L'une des fêtes du capitaine avait dérapée et le mur de sa chambre avait explosé, lui détruisant toute intimité. Pour se faire pardonner il insista pour qu'elle prenne sa chambre d'ami et après qu'elle ait refusé une première fois, préférant aller dormir chez Matsumoto à la dixième, il avait déplacé toute ses affaires chez lui pendant qu'elle travaillait. Après ça, il aurait été inutile de protester, et il eut un comportement exemplaire pendant les deux semaines où elle resta chez lui avant que le mur ne soit réparé. Vraiment, le moment le plus ennuyeux pendant cette colocation fut lorsqu'il remarqua qu'elle savait cuisiner et qu'il la harcela constamment pour qu'elle le fasse pour lui. Elle était encore jeune à l'époque et c'était juste avant qu'il ne commence à flirter avec elle avec autant d'insistance, ou comme elle aimait le dire, juste avant qu'il ne commence à la rendre folle.
Elle frisonna en pensant à ce que pourrait ressembler un séjour prolongé dans ces lieux maintenant qu'il la harcelait ainsi. Nanao ouvrit la lumière en entrant dans la cuisine et se dirigea vers le lavabo en retirant sa veste. Elle grimace face à la tâche rouge qui s'étalait sur le tissu et fit couler de l'eau froide. Elle mit la veste dans l'eau et se demanda si son capitaine avait quelque chose de spécifique pour faire disparaître les tâches de vin. Sentant un regard posé sur elle, Nanao tourna la tête et vit son capitaine appuyé contre la chambranle de la porte et qui la fixait.
"Auriez-vous un produit spécial pour ce genre de tâches ?" demanda t-elle en se retournant vers la veste.
"Rien qui n'a jamais marché," avoua t-il. "C'est l'une des raisons qui fait que je préfère le saké."
"Eh bien si vous ne pouvez pas aider," dit-elle raisonnablement, "vous devriez allez vous coucher. Je peux retourner chez moi de moi même, et je préfèrerais ne pas avoir à faire exploser mon reiatsu demain matin pour pouvoir vous réveiller." Kyouraku soupira bruyamment derrière elle et lorsqu'elle se retourna il était parti. Nanao regarde autour d'elle et prit un savon, décidant de se servir des bonnes vieilles méthodes pour faire partir la tâche.
Concentrée sur son nettoyage, Nanao manqua de pousser un cri lorsqu'elle sentit quelque chose d'humide et chaud posé sur son dos. Seul une main tenant fermement sa hanche l'empêcha de se retourner et d'envoyer un sort de Kido dans la figure de son capitaine. Au lieu de ça, elle dut se contenter de lui envoyer un regard noir au dessus de son épaule tout en demandant, "que faites-vous ?"
"Le dos de Nanao-chan est collant de vin," répondt-il tranquillement. "Je l'aide juste à nettoyer ça." Le gant de toilette chaud glissa le long de son dos et Nanao résista de justesse à l'envie de se cambrer.
"Je peux me laver toute seule, monsieur," dit-elle en essayant de garder un ton froid. "C'est complètement inapproprié." Elle essaya de se retourner pour lui faire face, mais sa main tenait fermement sa hanche pour la garder en place. Elle regarda autour d'elle pour trouver quelque chose à lui envoyer en pleine figure et trouva sa cuisine désespérément vide.
"Le dos est un endroit délicat à atteindre," commenta Kyouraku en ignorant ses tortillements, caressant ses homoplates exposées à travers le gant de toilette. "Laisse-moi juste t'aider."
"Kyouraku-Taicho, c'est très incorrect," essaya t-elle de nouveau. Elle laissa tomber la veste dans l'eau et saisit le bord du lavabo pour essayer d'avoir assez de force pour se retourner. S'il ne s'arrêtait pas très vite elle était sûre qu'elle allait complètement perdre ses esprits.
"Je sais ce qui est correct et ce qui ne l'est pas," grogna t-il en continuant son chemin tortueux sur sa peau nue, "et Nanao-chan portant une robe comme celle-ci pour sortir avec un inconnu est définitivement inapproprié."
Les poings de Nanao commencaient à virer au blanc à force de se tenir au bord du lavabo et elle lâcha un grognement de mécontentement à ces mots. "Ce n'était qu'un dîner de remerciement monsieur. Mamoru-san et ses collègues voulaient exprimer toute leur gratitude pour mon rôle de guide." Le gant de toilette stoppa tout mouvement et Nanao remercia Kami pour avoir dit les bons mots pour qu'il stoppe cette lente torture.
"Tu as dîné avec Mamoru et ses collègues ?" demanda t-il lentement.
"Bien sûr," dit-elle de mauvaise humeur. "A quoi pensiez-vous ? Ne me dites pas que vous avez écouté Matsumoto et que vous pensiez que c'était un rendez-vous." Vraiment, il était trop protecteur. Même si c'était un rendez-vous, il n'avait pas à la travailler autant sur ce qu'elle portait.
"Cette robe ne correspond pas vraiment à ce que l'on s'attend pour un dîner professionnel, Nanao-chan," dit-il en faisant glisser une nouvelle fois le gant de toilette vers le bas de son dos.
"C'est la seule que j'avais qui était appropriée pour un restaurant de cette qualité," se défendit-elle sans être capable de stopper un long frisson qui monta le long de sa peau. Connaissant son capitaine il l'avait remarqué et elle était déjà préparée à sortir l'excuse du coup de froid pour l'expliquer.
Soudain le gant de toilette fut remplacé par une large main et Nanao se jeta brusquement en avant, sifflant de douleur lorsque ses hanches rencontrèrent le meuble. Au lieu de lui donner plus l'espace, ce qui était le but de la manoeuvre, son capitaine fit un pas en avant pour se rapprocher d'elle alors que sa main se déplaça vers le haut de sa colonne vertébrale. Son autre main passa au dessus de ses épaules et éteignit l'eau, laissant tomber le gant de toilette dans le lavabo avec le manteau désormais abandonné.
"Taicho," commenca t-elle mais elle fut vite coupée par sa voix grave.
"Ne, Nanao-chan c'est pas sympa de porter cette robe pour un diner d'affaire, et ne pas la mettre pour son usage initial," bouda t-il.
"Et quel est cet usage initial, monsieur ?" Demanda t-elle avec l'air le plus glacial possible, essayant d'ignorer le fait qu'elle était à bout de souffle. Elle se demandait si une bonne explosion de kido serait idéal ou si elle pouvait atteindre ce vase au bout du meuble pour le briser sur sa tête. Il devait avoir bu plus qu'elle ne le pensait pour être aussi envahissant. De plus, il pouvait se dire chanceux de ne pas être encore mort, puisqu'il n'y avait que très peu de personnes qui avaient le droit d'empiéter autant sur son espace personnel.
"C'est mon cadeau d'anniversaire non ?" Demanda t-il alors que ses mains caressaient son dos nu avant de venir masser ses épaules, frôlant doucement son cou. Ses deux mains étant occupées il se servait du poids de son corps pour qu'elle ne bouge pas.
"Comment en êtes vous arrivé à cette conclusion ?" Demanda t-elle en essayant de s'échapper par la droite, mais il était plus rapide et, bougeant l'une de ses mains pour la poser sur sa hanche, il la garda fermement à sa place de nouveau.
"Ran-chan m'en a dit assez," dit-il près de ses oreilles, son souffle caressant sa peau, et il lui sembla que, pour la millième fois cette nuit, elle eut le souffle coupée. Elle le frappa d'un violent coup de coude, le capitaine laissant échapper un cri de surprise et de douleur, faisant un pas en arrière. C'était assez pour lui laisser une porte de sortie, qu'elle prit avec joie.
Se retournant pour lui faire face elle se rapprocha du vase et le fusilla du regard. "Ce n'est rien de tout ça. Rangiku-san m'a fait acheter ça lorsque j'étais sous influence d'alcool et je n'ai jamais pris le temps de lui rendre."
"Tu as les coudes pointus, Nanao-chan," marmonna le capitaine, une main sur son estomac.
"Et vous vous avez des mains baladeuses," dit-elle sèchement. "Oubliez le manteau, il est fichu de toute façon. Je rentre."
Elle commenca à se rapprocher de la porte, rapidement suivie par son capitaine. Entrebaillant la porte d'entrée elle fut surprise lorsque celle-ci s'échappa de ses mains et s'ouvrit violemment. Le vent fit entrer de la pluie qui claqua sur son visage alors que le tonnerre grondait. Elle avait vraiment été très distraite pour louper un orage de cette force. Se rendant compte que l'entrée de Kyouraku commençait à être trempée elle essaya de refermer la porte avec difficultés, celle-ci étant poussée par le vent. Une grande main passa à côté de sa tête et ferma la porte d'un coup sec.
"Il semble que tu vas devoir rester cette nuit," dit-il d'un ton calme.
"Je n'ai qu'à utiliser le shunpo jusque chez moi," répondit t-elle en se tournant vers la porte refermée.
"Et tu mourras d'hypothermie avant d'être arrivé," répondit le capitaine.
"Ce n'est pas loin," répliqua t-elle, mais elle était déjà certaine d'avoir déjà perdue. De plus sa migraine avait empirée et tout ce qu'elle voulait été de pouvoir s'allonger.
"Tu peux avoir la chambre d'amis," dit-il en essayant de l'emmener loin de la porte d'entrée. Après quelques secondes de résistance il soupira et demanda, "tu ne me crois pas ?"
Comme à chaques fois qu'il lui posait cette question, elle acquiesca aussitôt. Si elle n'avait pas toujours confiance en elle-même quand il était dans les parages, elle n'avait jamais douté en la confiance qu'elle lui portait. "Bien, mais vu l'enfer qu'a été cette nuit vous me devez un nouveau manteau."
Il eut un rire, apparemment ravi que la tension se soit apaisé. "Je t'achèterais tout les manteaux que tu voudras," répondit t-il en lui prenant la main pour la mener vers la chambre. Elle savait très bien qu'il était au courant qu'elle pouvait trouver son chemin elle-même, mais elle le laissa faire pour s'excuser pour l'inondation quelle avait causée dans son entrée.
"C'est bon à savoir, comme j'ai prévue avec Rangiku-san d'aller faire du shopping dans le monde réel je pourrais trouver le manteau le plus cher qui existe," dit-elle en se faisant traîner.
"J'approuve entièrement. Ran-chan fait d'excellents choix pour ta garde-robe," dit-il en lui faisant un clin d'oeil par dessus son épaule. "On y est. Laisse moi rajouter un futon."
Nanao rentra dans la chambre et s'assit au bord de la fenêtre pour regarder l'orage. Le fauteuil au bord de la fenêtre n'était pas d'origine, mais lorsqu'elle avait demandé à Kyouraku - lorsqu'elle était très jeune - qu'elle voulait une maison avec un siège au bord de la fenêtre pour y lire lorsqu'elle aurait grandie, elle avait été surprise quelques jours plus tard quand il l'avait soulevée et amenée ici chez lui en quelques pas de shunpo. Il l'avait fait entrer dans la chambre avant de lui dire qu'elle était assez vieille pour lire et qu'elle pouvait venir ici autant de fois qu'elle le souhaitait. Comme cela s'était déroulé peu de temps après que Lisa soit partie, Nanao venait souvent pour profiter de cette offre. Parfois elle lisait seule, et parfois il l'attrapait et ils s'installaient sur le fauteuil, elle sur ses genoux, le capitaine lui lisant un livre jusqu'à ce qu'ils s'endorment tout deux. Grâce à ça elle se sentit mieux, mais en grandissant elle réalisa que cette situation était très inappropriée et, invitée ou non, elle ne vint plus.
"Voilà une vision tout droit sortie du passé," sa voix brisa sa rêverie, comme s'il songeait aux mêmes choses qu'elle. "Pourquoi ne viendrais tu pas ici pour lire, Nanao-chan ?"
"J'ai mon propre fauteuil au coin de ma fenêtre désormais, Taicho," dit-elle en se redressant pour l'aider avec le futon. Le mouvement rapide lui fit monter le sang à la tête et elle tressaillit lorsque sa migraine se fit plus forte.
"Quelque chose ne va pas ?" Demanda Kyouraku en posant le futon pour s'approcher d'elle.
"Juste un mal de crâne à cause du vin et de cette longue nuit," dit Nanao brusquement. "Je vais m'occuper du futon, si cela ne vous gêne pas de me trouver quelque chose à porter pour dormir ?"
"Huh ?" dit-il instinctivement.
"Je ne vais sûrement pas dormir avec cette robe," dit-elle d'un ton évident. "Auriez-vous un vieux teeshirt ou un yukata que je pourrais porter ?"
"Oui, bien sûr, je pense que je dois avoir quelque chose venant du dernier voyage que j'ai fait dans le monde réel," il sortit de la chambre et elle alla s'occuper du futon.
De retour quelques temps plus tard son capitaine lui apporta un teeshirt bleu pâle qui devait sûrement tomber jusqu'à mi-cuisse. C'était plus qu'elle ne voulait montrer, mais au vu de ce qu'elle avait déjà montré aujourd'hui elle n'était plus à ça près et n'avait pas envie de se disputer là dessus. Elle lui prit le teeshirt des mains tout en le remerciant calmement et attendit qu'il sorte de la pièce.
"Taicho ?" demanda t-elle finalement alors que le silence était retombé dans la pièce.
"Oui ?"
"Je vais aller me coucher maintenant," dit-elle comme une évidence.
"Oh, c'est vrai, désolé," il l'a regarda, penaud, avant de se tourner pour partir.
"Monsieur ?" dit-elle, le stoppant alors qu'il avait atteint la porte. Il se retourna et elle perdit tout son courage pour lui poser cette question qui allait la dérangeait toute la nuit. "Si je voulais sortir avec Mamoru-san, vous l'accepteriez ? Je ne dis pas que je vais le faire, c'est juste qu'il pense que vous ne laisseriez jamais cela arriver et j'ai dit-"
"C'est vrai ai-je le droit de déterminer avec qui tu vas sortir ?" Demanda Kyouraku en l'interromptant. Il baissa son chapeau pour cacher ses yeux, ce qu'elle détestait puisqu'elle ne pouvait voir ce qu'il pensait. "Plus que tout je veux que ma Nanao-chan soit heureuse, quoique qu'il faille pour cela."
"Monsieur," commenca t-elle en sentant qu'elle venait de faire une grosse erreur en demandant cela.
"Bonne nuit, Nanao-chan," dit-il doucement avant de laisser la porte se refermer derrière lui sans laisser à la jeune femme la moindre chance de lui répondre.
Nanao soupira et se retourna, observant le teeshirt entre ses mains, se demandant comment ils en étaient arrivés là. Pourquoi avait-elle ressentie le besoin de poser cette question dont elle ne voulait pas particulièrement de réponse ? Mais cela l'avait dérangée que Mamoru affirme haut et fort que Kyouraku contrôlait sa vie. Elle était tombée amoureuse de cette idiot, ce n'était pas sa faute, et Mamoru n'avait pas le droit de le blâmer pour cela. Nanao soupira et se prépara à se coucher. Après tout, il n'y avait rien d'autre à faire pour cette nuit et elle était épuisée...
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Merci beaucoup à vous pour vos reviews ! Maintenant que je suis de retour et en pleine forme, voilà la suite pour vous !
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