Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi (et j'y tiens, vous ne les aurez pas).

Note de l'auteur : Merci à tous de continuer à lire cette fic. eb, LilyRow, merci pour vos reviews, mais laissez vos adresses si vous voulez que je puisse vous répondre. Désolé de ne pas avoir publié hier soir, mais je n'étais pas libre. J'espère que vous apprécierez tous ce neuvième chapitre. Bonne lecture, et n'oubliez pas de me dire ce que vous en aurez pensé après coup !


Chapitre 9 : Disputes


Après les essais, Harry envoya sa toute nouvelle équipe aux vestiaires, puis il alla manger, accompagné de ses amis et poursuiveurs.

— Pourquoi tu n'as pas pris Greg ? lui demanda Owen après un moment. Il aurait parfaitement fait l'affaire.

— Simplement parce que Saven a été meilleur que lui. Il n'a eu qu'une cible de moins que Greg mais il a beaucoup mieux volé.

— Ouais, d'accord, mais il n'empêche qu'il est de sang mêlé, ce n'est pas bon pour l'image de Serpentard.

— Ce qui ne serait pas bon pour Serpentard, rétorqua Daphné, c'est d'avoir un attardé comme Goyle dans l'équipe, Crabbe suffit largement pour ça. Laisse-moi deviner, tu voudrais aussi que Harry vire la petite Saven parce qu'elle n'a pas le sang assez pur pour toi ?

— C'est bon, Daphné, calme-toi, intervint Drago avant qu'Owen ne réplique sur le même ton. Personne n'a l'intention de sortir la sœur de l'équipe, il faudrait être fou pour faire ça. Personnellement je n'ai jamais vu une gardienne aussi bonne. Et encore, elle n'est qu'en deuxième année, elle peut encore progresser. Si elle ne finit pas dans l'équipe nationale, je ne connais rien au Quidditch.

— Je suis d'accord pour elle, on ne peut pas s'en passer, admit Owen, mais on aurait très bien pu ne pas choisir son frère.

— De toute façon, Harper, dit enfin Harry d'un ton sec, je ne vois pas pourquoi tu dis "on" puisque c'est moi le seul à choisir. C'est moi le capitaine, tu n'as jamais eu ton mot à dire dans la composition de l'équipe. Alors tu peux garder tes remarques pour toi.

Owen le regarda une seconde, vexé de s'être fait rembarrer de la sorte, puis s'éloigna à grands pas. Les trois autres le retrouvèrent à leur table, semblant être en grande conversation avec Theo. C'est le plus âgé des deux, d'ailleurs, qui accueillit Harry quand ils s'assirent :

— Alors Potter, en plus de fricoter avec les traîtres, tu fais la charité pour les sangs impurs, maintenant ?

Nott avait parlé d'une voix forte qui avait attiré l'attention. Harry, cependant, était resté sur la première partie de la phrase. Qu'est-ce qu'il voulait dire par "fricoter avec les traîtres" ? Theo n'avait jamais parlé sur ce ton à Harry auparavant, principalement parce qu'il savait que Harry était probablement le seul élève de l'école à pouvoir le battre en duel. Il devait avoir une bonne raison de l'attaquer aussi ouvertement, mais il ne pouvait pas avoir découvert quelque chose à propos de Cloé, n'est-ce-pas ? Son cerveau fonctionnant à toute allure, il décida de rester calme pour voir ce qui dérangeait son camarade :

— Qu'est-ce que tu veux dire, Theo ?

— Non seulement tu sors avec une garce amoureuse des moldus, mais en plus tu renvoies des fils de bonnes familles comme Greg de l'équipe pour les remplacer par des Sang-mêlés ! Mais où est donc passé le grand Harry Potter, la fierté de Serpentard ? demanda-t-il à la cantonade.

Nott avait haussé le ton et maintenant, la Grande Salle toute entière semblait attendre la réponse de Harry. Il était simplement soulagé que sa sœur n'ait rien à voir là-dedans. Par contre, maintenant il allait devoir frapper fort. Theo avait l'air de péter un plomb et d'oublier qui était le chef à cette table. Il ferait mieux de s'en rappeler très vite, pour son propre bien. Harry mit une main sur l'épaule de sa petite amie pour la dissuader de répliquer, puis énonça de sa voix la plus menaçante :

— Écoute-moi bien, Nott. Je sors avec qui je veux, je mets qui je veux dans l'équipe de Quidditch, ça ne te concerne pas. Même si je voulais me faire muter à Gryffondor, tu n'aurais pas ton mot à dire, et tu sais pourquoi ? Simplement, ajouta-t-il après avoir laissé le temps d'assimiler le choc de ses paroles, parce que le patron, ici, c'est moi. Je fais absolument tout ce que j'ai envie de faire dans ce château, parce je suis un Potter, et que les Potter n'ont pas pour habitude de se faire dicter leur conduite, et encore moins par des minables dans ton genre. Maintenant, si tu as oublié comment exactement je suis devenu la fierté de Serpentard, je suis à ta disposition pour te le rappeler. Sinon, dégage d'ici sur-le-champ.

En prononçant ces derniers mots, il avait prestement tiré sa baguette de sa poche et l'avait fait claquer sur la table, faisant sursauter plusieurs personnes dans la salle. Nott, lui, n'avait pas bougé, mais avait sensiblement pâli sous la menace. Il était impossible qu'il ait oublié l'évènement auquel Harry faisait référence. Voir un élève, après à peine trois jours à Poudlard, désarmer sans aucune espèce de difficulté un Préfet qui l'avait regardé de haut n'était pas le genre de chose qui s'effaçait facilement des mémoires.

Même Theo n'était pas assez fou pour provoquer Harry en duel. C'est pourquoi il se leva lentement et commença à sortir de la Grande Salle, dans un silence pesant. Harry commença à manger, sans prêter une once d'attention à Nott ou à tous les élèves qui le dévisageaient. Il remarqua malgré tout l'air furieux de Dumbledore, même si celui-ci ne pouvait rien dire étant donné qu'il n'y avait eu ni sortilège, ni menace explicite d'échangée. Peu à peu, toutes les conversations reprirent, avec pour sujet principal ce qui venait de se passer. Les repas étaient toujours animés quand Harry était impliqué.

— Pourquoi tu m'as empêchée de répondre ? lui reprocha Daphné à voix basse.

— Parce que ça n'aurait fait qu'empirer la situation. C'était moi qu'il attaquait, c'était à moi de répondre.

— Il va me le payer. Personne ne m'insulte impunément.

— Fais quand même attention. Theo n'est pas mauvais avec une baguette.

— Qui te dit que j'ai l'intention de lui laisser une chance de répliquer ? fit-elle avec un petit sourire parfaitement Serpentard.

— Pardon, votre Majesté, les coupa Drago. Quand vous aurez fini de dire des mots doux à votre belle, vous pourrez peut-être me répondre.

— Excuse-moi, gamin, lui répondit un Harry hautain à l'extrême, mais je suis occupé. Reviens plus tard et je t'accorderai peut-être une audience.

Les deux garçons les plus admirés de l'école échangèrent un regard en se retenant de rire.

— Je voulais savoir si tu avais avancé avec la salle, reprit Drago.

— Un peu, oui. Tout m'a l'air parfait, mais la salle ne veut pas mettre de musique. Je ne sais pas pourquoi, mais quelle que soit la façon dont je le demande, il n'y a jamais aucun son.

— Tu as pensé à mettre tout simplement une radio ? proposa son meilleur ami.

— À quoi ça servirait ? rejeta Harry. On aurait de la musique, c'est sûr, mais je vois mal comment on pourrait passer la soirée à danser avec ce qui passe sur la RITM. Le mieux serait qu'on puisse choisir une liste des chansons qu'on veut faire passer, ou bien qu'on les commande à loisir.

— Je suis sûre que tu vas trouver, le rassura Daphné. Comme ça n'aidera en rien d'en parler pendant des heures, si tu nous disais plutôt ce que tu penses de ta nouvelle équipe ? Je n'aurais jamais cru que les essais seraient aussi difficiles.

— Parce qu'ils n'auraient pas dû l'être ! se plaignit Drago. Honnêtement, Harry, qu'est-ce qui t'a pris de faire des tests aussi tordus ? J'ai failli me rompre le coup au moins trois fois sur ton parcours ! Et je ne te parle pas des batteurs, la moitié doivent avoir peur de regarder un match depuis les tribunes après ce qu'ils ont subi. Douze Cognards ! C'est un miracle que cet abruti de McLaggen soit le seul à s'être écrasé.

— Je voulais être sûr que cette année, on aurait la meilleure équipe possible. Je ne supporterais pas de voir une deuxième fois Weasley porter la coupe.

— Ça se comprend. Mais comment tu t'es débrouillé pour faire apparaître et contrôler autant de mannequins d'un seul coup ? Je suis sûr que même McGonagall aurait du mal !

— Je ne les ai pas fait apparaître, répondit Harry avec un petit sourire en coin, et je n'utilisais pas de sortilège d'Animation.

— Tu plaisantes ? Une seconde il n'y avait rien, et juste après des dizaines de poupées volantes étaient sur des balais. Comment elles sont arrivées là si tu ne les as pas faites apparaître ?

— Le sortilège de Dissimulation, tu connais ?

Drago le regarda, la bouche entrouverte, alors que Daphné écarquillait les yeux. Harry leur sourit d'un air supérieur tandis qu'ils prenaient conscience du fait que le jeune Potter les avait tous trompés pendant le test. C'était vicieusement bien joué, car tout le monde penserait que Harry était capable de lancer ce puissant sortilège, ce qui augmenterait encore son prestige, si c'était possible, quand la rumeur se répandrait. D'autant que connaissant sa réputation, personne n'oserait mettre en doute ses talents. Son meilleur ami déglutit difficilement avant de lui demander une nouvelle fois :

— Et comment tu les contrôlais ? Tu vas me dire que c'était des elfes de maison métamorphosés, c'est ça ?

— Ah ah ! rit le capitaine. Je n'y avais même pas pensé ! Non, j'ai juste écrit quelques runes derrière leurs têtes cet été quand j'ai métamorphosé quelques rondins.

— J'abandonne, déclara Daphné. Je ne comprendrai jamais comment tu peux être aussi fort dans à peu près toutes les matières et ne pas être à Serdaigle.

— Daphné ! s'offusqua l'héritier Malefoy. Comment peux-tu imaginer ce gars-là autre part que chez nous ? Il n'y a pas plus Serpentard que lui ! Il suffit de voir comment il cache tous ses talents à tout le monde et laisse croire aux profs que Granger est la seule à avoir un cerveau dans notre année. Et puis le simple fait qu'il nous ait tous piégés pendant les essais est assez parlant, je trouve.

Harry ne répondit pas et se contenta de proposer de retourner dans la salle commune. Mieux valait ne pas s'engager sur le sujet de la maison qu'il méritait, ou il sentait que Cloé arriverait bientôt dans la conversation. Plus tard dans la soirée, quand il annonça qu'il quittait les cachots, il fut surpris que Daphné vienne avec lui.

— Tu vas quelque part en particulier ? lui demanda-t-il en sortant des quartiers Serpentard.

— Pourquoi, n'ai-je pas le droit de suivre mon petit ami quand il s'enfonce tout seul dans les profondeurs du château le plus hanté de Grande-Bretagne ?

— Oh si, tu en as le droit, mais je ne crois pas que ce soit ton genre de t'inviter sans prévenir. Ce n'est pas que ça me dérangerait, soit dit en passant, mais je commence à te connaître, Daphné, et je sais que tu ne ferais pas cela. Alors, où est-ce que tu vas si tard le soir ?

— Au même endroit que d'habitude, et tu le sais très bien, grommela-t-elle.

— Tu ne l'as pas vue de la semaine, je crois. Vous ne vous êtes pas disputées, j'espère ?

— Depuis quand tu t'inquiètes de la famille des autres ? s'étonna la jeune femme.

— Pourquoi est-ce que tout le monde pense que je suis un monstre sans cœur ? demanda Harry, fâché de voir le peu de considération que les gens qu'il connaissait lui accordaient.

— Parce que c'est ce que tu t'appliques à faire croire à tout le monde depuis que tu es né ? lui rétorqua-t-elle du tac-au-tac.

Harry se calma un peu, prenant en compte le fait que sa petite amie avait parfaitement raison. Pourtant, elle au moins devrait savoir que ce n'était qu'une façade, lui souffla une voix désagréable dans sa tête. Après tout, Daphné était la seule à Serpentard à savoir ce qu'il faisait pour sa sœur. Sentant la colère remonter en lui, il préféra partir avant de dire quelque chose qu'il regretterait par la suite. Lui souhaitant une bonne nuit du bout des lèvres, il prit un raccourci pour le quatrième étage et se rendit à grands pas vers ses appartements.

C'était une première pour lui de se disputer avec sa copine sans la laisser tomber immédiatement après, il était donc passablement en colère quand il prononça le mot de passe qu'il avait choisi. Cette colère devait s'évacuer, et c'est sur la petite Weasley que ça tomba, puisqu'elle était encore une fois ici à travailler. Dès qu'il entra, il lui jeta violemment, la faisant sursauter :

— Cette fois c'est trop, Weasley. Je t'ai prévenu plusieurs fois, mais là c'est trop tard. Retenue demain soir à vingt heures avec Rusard. Maintenant dégage d'ici.

— Potter, tu n'as pas le droit de… commença son homologue féminin.

— Non, Granger, c'est elle qui n'a aucun droit de mettre un pied dans cette salle. J'ai été gentil et je n'ai rien dit alors que si j'avais fait tout ce que je suis en droit de faire, elle aurait eu au moins une semaine de retenue. Weasley, pourquoi tu es encore là ? Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot "dégage" ?

— Pas la peine d'être aussi désagréable, Potter, répondit sèchement Ginny, je m'en vais.

— J'espère bien, et ne t'avise pas de revenir ici, ou je te jure que tu passeras toutes les soirées de l'année en retenue.

La préfète de Gryffondor partit, et Harry alla se coucher sans accorder un regard à une Granger choquée. Il était un tout petit peu calmé, mais aurait quand même apprécié qu'elle lui parle pour qu'il puisse se défouler encore un peu. Weasley avait abandonné beaucoup trop vite à son goût, il était presque déçu.

— Tu n'es pas obligé de passer ta mauvaise humeur sur les autres, ce n'est pas de la faute de Ginny si Nott t'a provoqué.

En fait il avait tort, Granger au lieu de le calmer l'avait encore plus énervé. Il avait presque réussi à oublier cet abruti de Theo. Il se retourna vivement, une lueur dangereuse dans le regard.

— N'essaie pas de me comprendre, Granger, et ne prends surtout pas cette espèce de ton compatissant avec moi. Tu ne sais absolument pas de quoi tu parles. Mon humeur n'a rien à voir avec Theo, et si j'ai donné une retenue à ta copine, c'est uniquement parce que j'applique le règlement que tu t'amuses à piétiner sans aucune honte. Il faut bien que l'un de nous deux fasse son travail, non ?

La réponse de Granger ne vint que plusieurs minutes plus tard, alors qu'elle encaissait la critique.

— Non, mais je rêve ! Comment peut-on être aussi hypocrite ? Et Greengrass, qu'est-ce qu'elle faisait dans ta chambre l'autre jour ? Est-ce que tu imagines ce que tu aurais risqué si je l'avais dit à quelqu'un ?

— Encore aurait-il fallu que tu puisses le prouver.

— De nous deux, qui crois-tu que les profs vont croire si je leur dit que tu as amené une fille pour passer la nuit avec elle ? demanda-t-elle sournoisement.

— Oh, les profs vont sûrement te croire, mais ce n'est pas pour ça qu'ils pourront faire quoique ce soit. Sans preuve, personne ne peut rien faire, et surtout pas toi.

Granger parut chercher un argument à lancer mais ne put rien dire, pour la bonne raison qu'il n'y avait rien à ajouter. Rien ne viendrait corroborer la version de la jeune femme si elle décidait de le dénoncer. Bien sûr, Harry savait pertinemment que cela n'empêcherait nullement McGonagall de le punir, mais jamais Granger ne pourrait imaginer que son idole puisse faire preuve de la plus petite injustice. Elle soupira donc d'un air dépité avant de changer de sujet :

— Peut-être que tu n'as pas complètement tort quand tu dis que Ginny n'a pas le droit d'être là, admit-elle avec réticence, mais tu n'étais pas obligé d'être aussi cassant.

— Et peux-tu me donner une seule bonne raison de faire autrement, Granger ? coupa-t-il avec toujours autant de colère dans la voix. On n'a jamais été amis, à ce que je sache. À vrai dire, c'est exactement l'inverse. Je déteste cette petite idiote et c'est réciproque. Si vous n'êtes pas capable de comprendre cela, alors vous les griffies êtes encore plus stupides que je ne le pensais. Et pourtant mon opinion de vous n'était déjà pas très haute.

— C'est bon, j'ai compris, Potter, s'énerva enfin Granger. Nous ne sommes que de simples Gryffondor sans cervelle. Nous sommes loin d'être aussi intelligents et intéressants que les grands Serpentard, dont toi et Nott êtes de parfaits exemples, il faut bien le dire ! Dis-moi, Potter, si tu rejettes ceux qui essaient de se montrer amicaux avec toi dans les autres maisons et si tu menaces les Serpentard, qui te restera-t-il à la fin ?

— Arrête-toi tout de suite, Granger, on pourrait croire que tu t'inquiètes pour moi. Je préfère aller me coucher avant que tu me déclares ta flamme éternelle, sinon j'en ferai des cauchemars pendant un bon mois.

Harry entra ensuite dans sa chambre pour être dispensé de continuer cette conversation. Il était plus calme à présent, Granger avait été assez combative pour qu'il trouve distrayant de lui parler. Quant à ce qu'elle disait, cela le faisait doucement rigoler. Il avait toujours exclu les autres maisons et menacé les Serpentard, et il ne s'en portait pas plus mal pour autant. Dès que Theo serait calmé, ils s'expliqueraient et tout redeviendrait normal entre eux. Et même si ce n'était pas le cas, il aurait toujours des personnes de confiance sur qui compter. Occultant sa dispute avec Daphné, ou le fait qu'il cachait des choses relativement graves à Drago, il s'endormit assez rapidement.

La journée du lendemain passa très rapidement, entre devoirs en retard et discussions insouciantes. Lui et Daphné avaient décidé d'un accord tacite de ne pas reparler de leur première dispute. En revanche, Theo ne donnait lui aucune impression de vouloir rétablir leur relation. Il avait froidement ignoré Harry quand celui-ci s'était assis à la table du petit-déjeuner. Il s'était ensuite mis à l'écart toute la journée en restant en compagnie d'Owen Harper pour travailler. Bien entendu, ce ne serait sûrement pas Harry qui ferait le premier pas.

L'héritier Potter, de son côté, passa le reste de la journée calmement, profitant de la présence de ses amis et de sa petite amie. Ils s'étaient installés près du lac pour discuter, comme une semaine auparavant. Le point positif étant que cette fois, Pansy n'osait plus draguer ouvertement Harry juste sous le nez de Daphné. Elle se contentait de jeter à la jeune femme des coups d'œil furieux que celle-ci ne prenait même pas la peine de remarquer.

Quand il arriva dans ses quartiers ce soir là, il fut agréablement surpris de voir Cloé qui l'attendait en compagnie de Granger. Cependant, une fois qu'il l'eut regardée un peu plus attentivement, son sourire se fana légèrement. Il n'avait que rarement expérimenté la colère de sa sœur, en dehors des jours où il "l'abandonnait" pour partir vers Poudlard. Ce qu'il pouvait dire, en revanche, c'était que dans ces cas-là il valait mieux ne pas se trouver contre elle.

— Harry ! lui cria-t-elle dès qu'elle eût pris connaissance de son entrée. Il faut que je te parle !

— Bonjour, petite sœur, je suis très content de te voir, moi aussi. Euh, ajouta-t-il en voyant que sa boutade n'avait aucun effet, tu veux aller dans ma chambre pour parler à l'aise ?

Cloé ne prit pas la peine de répondre et passa la porte. Harry soupira d'anticipation avant de la suivre. Il vit du coin de l'œil le regard moqueur de Granger mais n'y fit pas attention. Il était trop occupé à s'interroger sur l'humeur de sa sœur. Qu'avait-il fait de mal ? Ce ne pouvait pas être à propos de son comportement au petit déjeuner de la veille, puisqu'il l'avait prévenue et que de toute façon, elle n'aurait pas attendu aussi longtemps si elle avait eu quelque chose à lui dire. Non, il ne savait vraiment pas pourquoi elle lui en voulait.

— Alors, Cloé, qu'est-ce qui t'amène ? entama-t-il en fermant la porte de sa chambre derrière lui.

— Comme si tu ne le savais pas. Pourquoi tu as fait ça ? attaqua la première année en croisant les bras.

— Tu sais, ça m'aiderait beaucoup si tu me disais de quoi tu parles, répondit Harry, complètement perdu.

— Pourquoi tu as donné une retenue à Ginny ?

Le Serpentard fut vraiment surpris d'entendre cela. Sa propre sœur s'inquiétait pour Weasley. Pire, elle lui en voulait pour lui avoir donné une punition tout-à-fait justifiée ! Il n'y comprenait rien, pourquoi cela intéressait-il Cloé ? Il garda une voix douce pour ne pas blesser sa sœur en tirant cette affaire au clair. Il se sentait toujours coupable de ce qu'il lui avait dit la veille.

— En quoi est-ce que ça t'intéresse ?

— Ça m'intéresse parce que Ginny est mon amie ! éclata la jeune Gryffondor. Qu'est-ce que ça peut faire si elle vient voir Hermione de temps en temps ? Je suis sûre que les autres Préfets-en-Chef l'ont toujours tolérée, alors pourquoi tu l'as punie ?

— Parce que c'est interdit, fit-il simplement. Elle est venue plusieurs fois dans les appartements des Préfets-en-Chef alors qu'elle n'en avait pas le droit.

— Et alors ? Moi aussi je suis venue plusieurs fois ici et tu ne me donnes pas de retenues !

— Mais Cloé, protesta Harry avec choc, tu es ma sœur !

— Ce n'est pas pour ça que je suis au-dessus des règles, rétorqua-t-elle immédiatement.

— Justement, si.

C'était la vérité. Il n'avait jamais été et ne serait jamais capable de punir sa sœur, que ce soit au manoir quand il devait la surveiller, ou ici à Poudlard. Il la sentit lentement se calmer à sa dernière remarque, comme toujours quand il lui montrait à quel point il tenait à elle. Elle s'assit enfin dans le fauteuil, alors qu'elle était restée debout pendant toute la dispute. Toute animosité semblait avoir disparu quand elle reprit la parole, ne laissant plus que de l'incompréhension :

— Pourquoi tu es aussi méchant avec elle ? Qu'est-ce qu'elle a fait de mal ?

— Disons simplement que quand on s'est rencontrés, on ne s'est pas appréciés, et que ça n'a fait qu'empirer avec le temps.

— Pourquoi vous ne vous êtes pas appréciés ? demanda-t-elle avec curiosité.

Harry se demanda s'il pouvait répondre à cela. Incroyable comme une question toute simple posée sans arrière-pensée par une petite fille pouvait mettre mal-à-l'aise le plus sûr de lui des Serpentard. Comment était-il censé répondre à cela ? Il n'allait pas lui révéler la vérité, ça la détruirait. Cloé avait toujours détesté le décevoir, alors comment réagirait-elle si elle pensait qu'elle venait de concrétiser son pire cauchemar ? C'était beaucoup trop dur pour une gamine de onze ans, éluder la question valait beaucoup mieux pour tout le monde.

— Encore un "pourquoi" ? Mais tu n'as que ce mot-là à la bouche ! Arrête de te poser des questions, petite sœur, je suis beaucoup trop compliqué pour toi, ajouta-t-il avec son petit sourire en coin personnel.

— Tu es bizarre, Harry, pas compliqué, rectifia Cloé avec la même légère grimace. Et ça ne me dit pas pourquoi tu es méchant avec Ginny, tu pourrais faire un effort.

— Et pourquoi je ferais ça ?

— Tu vois, c'est toi qui demandes "pourquoi", maintenant ! fit-elle victorieusement.

— D'accord, tu as gagné, alors donne-moi une bonne raison d'être sympa avec elle.

— Ça ne suffit pas qu'elle soit mon amie ? glissa-t-elle innocemment.

Harry fut surpris au point que son sourire disparut instantanément, avant de réapparaître doucement, presque avec fierté. Voilà que Cloé y allait au chantage affectif avec lui, à présent ! Il ne put s'empêcher de trouver qu'elle lui ressemblait de plus en plus, en caractère sinon physiquement, et rien ne pouvait le rendre plus heureux à l'heure actuelle. C'est surtout cela qui le fit accepter, même si c'était à contrecœur :

— Bon, je veux bien essayer, mais ne t'attends pas à ce qu'elle devienne mon amie, parce que même tes jolis yeux de chien battu ne sont pas capables de me forcer à faire quelque chose dans ce genre.

— Je ne t'en demande pas tant, répondit-elle avec un grand sourire. Si seulement tu étais juste avec elle, ce serait déjà bien.

— Assez parlé de ça. Je n'ai pas envie de passer toute la nuit à discuter de Weasley. Je sais que je te l'ai déjà demandé i peine trois jours, mais comment tu te sens à Poudlard ? Tu dors bien ? Tu manges assez ? Tu n'as pas trop de devoirs ?

— Stop, laisse-moi le temps de répondre ! le coupa-t-elle en riant. Tu ne peux pas t'empêcher de faire ton papa-poule, pas…

Cloé s'arrêta brusquement quand elle se rendit compte de ce qu'elle venait de dire, son visage s'affaissant lentement. Harry sut tout de suite ce qui n'allait pas et se précipita à ses côtés pour la prendre dans ses bras. Il voyait bien qu'elle se retenait difficilement de sangloter devant lui, alors il la serra contre lui en la berçant, comme il faisait quand elle était toute petite. Elle résista un peu par fierté, mais finit par se laisser aller et pleura sur l'épaule de son frère. Après plusieurs minutes passées dans un silence entrecoupé de sanglots, la petite Gryffondor murmura avec crainte :

— Il ne m'aime plus, hein ?

— Bien sûr que si, qu'est-ce que tu racontes ? répondit-il, sa voix montrant clairement qu'il n'en croyait pas un mot.

— Ce n'est pas la peine de me mentir, Harry, je le sais. Père ne me pardonnera jamais d'avoir été envoyée à Gryffondor.

Harry n'avait rien à redire à cela, puisque c'était la pure vérité. Pourtant, il y avait tant de résignation dans la voix de sa sœur qu'il sentit le devoir de lui dire quelque chose pour la réconforter. N'était-ce pas le rôle d'un parrain, de s'occuper d'elle dans le cas où ses parents n'en seraient plus capables ? Il la serra encore un peu plus fort dans ses bras avant de lui faire une promesse au creux de l'oreille, une promesse qui, il le savait au fond de lui, allait bouleverser tout ce qui avait fait sa vie depuis qu'il était à Poudlard –et même avant.

— Ne t'inquiète pas, ma puce, je ne t'abandonnerai jamais. Même si je dois aller contre l'avis de Père pour cela, je serai toujours avec toi, je te le jure.

— Non, Harry ! paniqua-t-elle. Je ne veux pas que tu te fâches avec Père pour moi, je…

— Je ne te laisse pas vraiment le choix, Cloé, coupa Harry. Tu passes au-dessus de tout le reste. Je t'ai fait une promesse dans le train, et un Potter tient toujours ses promesses. Je n'ai rien à dire à quelqu'un qui ose faire pleurer ma petite puce.

Son regard s'était durci à sa dernière phrase, dissuadant la petite rouquine de continuer d'argumenter. Elle se contenta de se laisser bercer dans les bras de son frère, pendant assez longtemps. Finalement, alors qu'elle commençait à s'endormir, elle implora :

— S'il-te-plaît, je peux rester avec toi cette nuit ?

— Tu as amené ta cape ?

— Oui, mais je n'ai pas envie de partir. Je suis bien, là, je pourrais retourner à la salle commune demain matin, essaya-t-elle désespérément.

Harry la regarda dans les yeux, mesurant à quel point elle semblait malheureuse. Il se leva sans un mot, l'entraînant avec lui, pour métamorphoser le fauteuil en lit-de-camp. Il se tourna ensuite vers Cloé et sentit son cœur tressauter quand il vit son beau sourire. Il fit apparaitre un pyjama à sa taille et lui chuchota de se changer pendant qu'il allait prévenir Granger qu'elle dormait ici. En passant la porte de sa chambre, il fut surpris de voir que Ginny Weasley avait déjà terminé sa retenue. Un coup d'œil à sa montre lui apprit qu'ils avaient déjà changé de jour pour entrer dans la deuxième semaine de cours. Il se tourna vers son homologue pour lui annoncer d'un ton neutre :

— Pas la peine d'attendre Cloé, elle dort ici cette nuit.

— Quoi ? s'offusqua la née-moldue. Mais c'est interdit !

— Je sais, comme le fait d'inviter sa meilleure amie presque tous les jours dans ces appartements.

— Qu'est-ce qu'il y a encore, Potter ? rétorqua Weasley. Tu veux me donner une autre retenue ?

— En fait, non, j'ai changé d'avis. Tu peux venir voir Granger ici autant que tu veux, mais que ce soit bien clair, menaça-t-il, cette pièce ne sera jamais un poste avancé de la tour Gryffondor, compris ?

Harry ne fit pas attention aux mines surprises des deux jeunes femmes et attrapa la cape d'Invisibilité que Cloé avait laissée sur le dossier d'une chaise. Il s'apprêtait à rentrer à nouveau dans sa chambre quand il fut rappelé par la sixième année :

— Je peux savoir ce qui t'a fait changer d'avis, Potter ?

— Non.

Il referma la porte derrière lui et alla directement dans sa salle de bain pour se déshabiller pour la nuit. Quand il revint, il vit que sa sœur était déjà endormie dans le lit-de-camp. Il sourit pour lui-même, avant de la porter dans la plus confortable des deux couches. Il la borda doucement avant de se coucher dans le fauteuil métamorphosé. Il se sentait bien, avec la respiration de sa petite puce comme berceuse. À ce moment précis, il savait que jamais il ne regretterait la promesse qu'il avait faite à Cloé. James Potter avait fait pleurer sa sœur, il allait le lui faire payer.