« Plus de temps à perdre ! La planète est en train d'être modifiée pour accueillir une toute nouvelle espèce dominante, les Lupok'hilax! » S'écria le Docteur sur un ton plein de motivation en débarquant dans la salle des commandes.

« On dirait une marque de laxatifs ! » Lança Rose.

« On me l'a déjà fait celle-là ! » Sourit le Docteur.

« Une menace de quel ordre ? » Demanda Mickey.

« Ils sont sûrement sur Terre depuis un bon bout de temps. »

« Depuis le 18ème ? » Demanda Rose.

« Probablement avant. Ils testent la planète, prennent des millions d'échantillons, et en modifient lentement mais sûrement la faune, la flore et l'atmosphère. Toutes ces histoires d'enlèvements d'humains, depuis des décennies, c'est très probablement eux... Et moi qui croyais que... Bon, on en reparlera plus tard... Ah ces chers Lupo, ils font tout ce qu'ils peuvent pour que la planète leur offre un petit nid douillet. Et on peut dire que vous, humains, leur donnez du fil à retordre ! Avec votre production massive de gaz à effet de serre. Ils adorent la fraîcheur. Quoi qu'il en soit, la capture de la population parisienne – espérons que cela ne se soit pas plus étendu – correspond au début de leur dernière phase. Ils vont terminer leur étude humaine et aboutir à la modification génétique finale... Celle de l'espèce dominante, qui maîtrise le travail manuel, pour qu'elle puisse perdurer sous leurs conditions de vie et l'utiliser comme esclave. Ensuite, ils modifieront l'atmosphère de la planète à leur goût, un vrai petit paradis... »

« Ils vont nous modifier comme le hibou ? » Demanda Jenny.

« Le hibou ? » Demandèrent Rose et Mickey d'une seule voix, les yeux ronds comme des hiboux, justement !

« Tout à fait ! Ensuite, ils s'installeront bien confortablement, utilisant les ressources de la planète que ses habitants d'origine exploiteront pour eux... Je n'arrive même pas à croire que la Proclamation des Ombres puisse accepter une manière de vivre aussi peu respectueuse de l'univers... Quoi que cela ne change rien, les Lupok'hilax sont en totale infraction avec le code légal, ils n'ont absolument pas le droit d'effectuer ce type d'action sur une planète telle que la Terre, cela leur est parfaitement interdit... Mais laissons tomber les problèmes juridiques, il n'est plus temps de... » Expliqua le Docteur en marchant de long en large, pianotant sur des boutons, ses pas résonnants sur le sol métallique du Tardis.

« Et que se passera-il quand ils auront « exploité » toutes nos ressources ? » Demanda Rose.

« Quand ils auront tout épuisé ? Ils partiront voir ailleurs s'ils y sont aussi, en laissant la pagaille après la fête... Mais espérons qu'on n'en arrivera pas là ! » Expliqua le Docteur en s'arrêtant.

« Un hibou ? » Redemanda Mickey. Visiblement sans plus de succès.

« Scénario assez classique finalement... » Commenta Rose après quelques secondes de réflexion.

« Oui ! Et ils n'en sont pas à leur coup d'essai. Mais le bon point, c'est que je connais la façon de les arrêter ! Fit-il en levant le doigt en signe de victoire. Nous allons avoir besoin d'un élément en Lupianum... Et de quelques précisions stratégiques... C'est le seul moyen de... Et je vais devoir... »

« Un HIBOU !? » Recommença Mickey pour la troisième fois.

« Oui Rickey, un hibou ! » Cria-il.

« Je m'appelle Mickey... » Souffla-il si bas que personne ne l'entendit.

« Mais par où commencer... Par... » Continua le Docteur en levant l'index en signe de réflexion, faisant comme si Mickey ne l'avait jamais interrompu.

« Les géants existent et j'en ai la preuve. Elle repose là où, depuis 1768, le cœur de ma bonne amie est déposé. En ce lieu saint, vous trouverez la vérité sur ce qui s'est et va se passer et un moyen, une fois de plus, de sauver l'humanité » Récita soudain Jenny.

Le Docteur fixa la gamine.

« Quoi ? » S'étonna Mickey.

« Les mots de la Pompadour ! » Lui lança Rose en lui tapant dans les côtes.

« Mais oui ! S'écria le Docteur en s'agrippant les cheveux. Oh, Jenny, tu es fantastique ! » Ajouta-il en enlaçant le petite.

« Mais ça ne nous dit pas où chercher... » Fit Mickey.

« Pour info, j'ai appris au Louvre que la Pompadour était décédée en 1764... » Fit Jenny avec un air plein de fierté qui la fit étonnement ressembler au Docteur.

« Mais elle parle de 1768 ! » S'écria Mickey.

« D'où le message secret ! » Lui lança Rose.

« Et puis, qui peut être cette bonne amie ? » Demanda Mickey.

« Ah ça aussi, je peux vous le dire, et elle est décédée, justement, et comme par hasard, attention, roulement de tambours, en 1768 : La Reine de France, née Marie Leszczynska, fille du Roi Stanislas de Pologne ! »

« La Reine de France était sa bonne amie ? Mais elle était la maîtresse de son mari ? » S'étonna Mickey.

« Et les deux femmes s'entendaient bien mieux que vous ne pouvez l'imaginer... Je vous raconterai ce que j'ai découvert dans un livre un de ces jours ! » Fit la petite en regardant à tour de rôle les trois personnes dans la salle.

« Je ne vous l'avais pas dit... » Fit le Docteur à l'intention de Mickey, lui rappelant leur discussion à bord du S.S. Madame de Pompadour (Dont ils ignoraient cependant le nom !)

« Il suffit donc de découvrir où est enterré la Reine de France... » Commenta Mickey en essayant de conserver un peu de fierté.

« Ce n'est pas très difficile. A Saint Denis, comme tous les Souverains... Dernière Reine de France à y avoir été inhumée avant la Révolution... » Dit le Docteur en bricolant les commandes du Tardis

« Oh... Oh mais attendez, on ne parle pas de son corps, mais de son cœur ! Son cœur ne doit pas être avec son corps ! » S'exclama Rose.

« Il est déposé aux côtés de ses parents ! » Dit le Docteur.

« Si je me souviens bien, elle vient de Pologne, son père était roi de Pologne... Nous devons aller en Pologne ! » S'exclama Rose.

« Oh non, non, non ! Il n'est pas l'heure d'aller jouer les espions à Varsovie... Et puis de toute manière, son cœur n'est pas en Pologne. Son père était aussi Duc de Lorraine, il repose en l'Église Notre-Dame de Bonsecours à Nancy... On reste en France ! » Lança Jenny.

« Dis donc ! Tu en sais des choses ! » Lança le Docteur impressionné.

« J'aime lire ! » Lui sourit Jenny en haussant les épaules.

« C'est une très bonne habitude ! Continue comme ça ! »