Bonjour, bonsoir et bienvenue !

Merci beaucoup à Courtney Ackles pour son commentaire ! Et je m'excuse encore pour mon retard ! Avec les fêtes et les partiels qui arrivent, mon rythme d'écriture a ralenti vraiment beaucoup.

Bonne lecture et laissez un commentaire !

Chapitre neuf

Sam se réveilla doucement, frissonnant et groggy à cause de l'anesthésie. Sa bouche était sèche et sa tête le lançait. Ses yeux l'élançaient et ils semblaient deux fois trop grands pour leurs orbites.

Sam essaya de prendre une profonde inspiration pour se calmer mais à la place il laissa échapper une toux sèche. Il se pencha en avant, réalisant qu'il était en position assise- quelqu'un avait bloqué son dos contre le mur- sur le lit de camp de sa chambre.

Quelque chose n'allait pas, quelque chose ne va pas avec mes yeux cette réalisation entraîna une peur qui paralysa d'effroi Sam comme de la glace.

Tentant d'ouvrir les yeux, Sam fronça les sourcils- les paupières ne voulaient pas coopérer et il sentit comme une bande tirant sur ses joues. Son cœur commença à accélérer la cadence en même temps que la peur devenait panique.

« Non, » murmura Sam, « Mon Dieu, pitié non. Pitié, pitié. »

Les larmes remplirent ses yeux et roulèrent sur ses joues. Sam essayait de lever la main pour effacer les gouttes de son visage quand il se rendit compte qu'il ne pouvait pas bouger les bras, ils étaient enroulés autour de lui, bloqués.

Sam commença à changer de position, frénétiquement dans la couverture qui l'emprisonnait.

Non, pensa Sam en même temps qu'il entendit le tintement métallique des maillons et le grincement du cuir, ce n'est pas une couverture, c'est une camisole.

C'est une camisole de force.

Pendant un instant Sam envisagea l'idée qu'il devait être fou et tout ce qui s'était passé ne pouvait être qu'une hallucination très réelle mais il l'écarta- les dernières semaines avaient été trop réelles pour être une illusion.

« C'est tout simplement stupide, » dit Sam d'une voix rauque, « Si je suis fou ça n'explique pas la chasse avec papa et Dean. »

Sam commença à rire- d'un air impuissant, sans espoir- tandis que les larmes continuaient de dévaler depuis ses yeux enflés.

Sam s'appuya contre le mur, bougeant nerveusement ses bras attachés et il tomba dans un sommeil épuisé.

W

Sam se réveilla, frissonnant et gigotant inconfortablement sur le lit. Il devait aller aux toilettes.

« Merde, » marmonna Sam. Ses yeux ne se sentaient pas mieux que lorsqu'il s'était réveillé de l'anesthésie et son mal de crane semblait avoir empiré.

Maintenant, l'appel de la nature s'ajoutait à cet inconfort. Même si Sam réussissait à se lever et à trouver le chemin à travers la pièce jusqu'à la bassine, ses bras étaient piégés, l'empêchant de baisser son pantalon.

Sam ne voyait pas beaucoup d'options. Il pouvait attendre quelqu'un- un agent hospitalier ou une infirmière- pour vérifier son état (pas sûr) et il lui enlèverait la camisole de force ou il pouvait faire dans son pantalon comme un enfant.

La pensée de se faire dessus fit rougir ses joues pales.

Ce n'est pas plus embarrassant que d'avoir un thermomètre là où le soleil ne brille jamais, se dit Sam de plus, ce ne serait pas vraiment ma faute, je n'ai pas d'autres choix de toute façon.

Cependant, Sam décida de se retenir et de voir si quelqu'un allait venir.

Il attendit un long moment.

SPN

Dean leva les yeux, surpris, quand le policier d'État Deacon Kaylor entra dans le Roadhouse.

Pendant une minute l'officier regarda d'un air incertain le petit groupe de chasseurs se demandant si il était venu au bon endroit avant de trouver John et de se diriger tout droit vers lui.

« Qu'est-ce que tu fais ici, Deke ? » demanda le plus âgé des Winchester, sincèrement concerné.

« Je veux aider, » dit simplement Deke, « Je veux voir ces gars se faire coffrer autant que toi. »

Avant que John ou Deacon n'aient pu continuer, Caleb Blacker prit la parole, « Plutôt se faire descendre que de se faire coffrer ! »

Les sourcils de Deacon Kaylor se haussèrent de surprise mais John grommela, « Ignore-le. »

« Laisse-moi aider, John, » continua Deke, « Je peux envoyer les autorités à Dunhill si vite que ces bâtards ne les verront pas arriver. »

John fronça les sourcils il ne voulait pas que la police d'État ou, que Dieu lui pardonne, les fédéraux s'en mêlent. Si ça arrivait il y aurait des centaines de questions, des heures d'interrogations- ils voudraient même parler à Sam- et tout ça envoyait des signaux lumineux dans la tête du chasseur.

« Deke, » commença John, « J'apprécie vraiment que tu fasses ça. Vraiment, je veux dire, on ne s'est pas vu tous les deux depuis la fin de la guerre mais je veux... non, j'ai besoin de faire les choses à ma manière. Je suis dans une position dangereuse ici, tu comprends. Juste... si tu veux appeler les fédéraux ou n'importe qui, c'est bon mais laisse-moi prendre Sam et mettre de la distance entre Dunhill et ma famille. C'est tout ce que je te demande. »

Le policier d'État de l'Ohio réfléchit à la proposition pendant un moment avant d'acquiescer.

« Je crois que je peux faire ça, » dit-il et John sourit, « Laisse-moi te présenter à quelques uns de mes amis du boulot. »

SPN

Sam se raidit quand il entendit le bruit de sa porte être déverrouillée. Deux paires de pas frottèrent contre le sol carrelé et des bras puissants l'attrapèrent et le soulevèrent.

« Bates veut qu'on la lui enlève avant de l'emmener en bas, » grogna un homme- Elridge- directement dans son oreille.

Le jeune Winchester resta silencieux pendant que les agents hospitaliers tripotaient les boucles et les sangles et sortaient ses bras de la camisole.

Sam ne put retenir un soupir de soulagement.

« Tu ne vas pas nous résister, n'est-ce pas ? » demanda l'autre agent et Sam commença à secouer la tête mais il s'arrêta quand un pic de douleur se propagea au sommet de son crâne.

Les agents prirent les bras de Sam et il les suivit alors qu'il était toujours aveugle à travers le couloir.

Le trio s'immobilisa et Sam sentit ses jambes qui vacillèrent faiblement. Il n'avait rien mangé depuis que Bates lui avait pris son rein et il était affamé. Il espérait qu'une fois que le docteur en aurait fini avec lui, il obtiendrait de la nourriture.

Ils le firent entrer dans l'ascenseur et il se tint entre les deux malabars hospitaliers. Un moment après, l'un des hommes renifla et fit un son de dégoût.

« Ça sent la pisse, » grinça l'agent inconnu et Sam baissa la tête de honte.

L'ascenseur tinta et Sam entendit les portes s'ouvrir. Il fut tiré à travers le couloir- lequel ? Est-ce qu'il allait dans la pièce avec la chaise de dentiste ou la salle d'opération ?- sans qu'il ne se débattis pas comme habituellement. Il n'en avait pas la force. Pas maintenant.

Les agents poussèrent les portes et la voix de Bates accueillit Sam, « Ah, vous êtes en avance ! C'est une première ! »

Elridge marmonna, « C'est parce qu'il ne s'est pas débattu. »

« Hm, » dit Bates, « Il semblerait que tu as enfin appris à être sage. Ça rend les choses bien plus faciles, non ? »

Cela prit un moment avant que Sam ne réalise que le docteur voulait qu'il lui réponde.

« Si, » murmura Sam, son cœur martelant dans sa poitrine, lui causant à nouveau des élancements derrière les yeux.

Bates gloussa et il ordonna aux agents de faire asseoir Sam sur la chaise. Sam leur permit de le guider jusqu'à la chaise et ils le poussèrent pour qu'il s'assoit. Il ne les affronta pas non plus quand ils attrapèrent ses bras pour les boucler aux accoudoirs.

Sam sursauta quand il sentit les mains froides de Bates sur son visage, défaisant le bandage qui comprimait la gaze sur ses yeux.

« Ouvre, » ordonna Bates et Sam ouvrit lentement ses paupières douloureuses et il vit... rien. Ou plutôt, pas rien, tout semblait être caché derrière un brouillard gris-blanc.

« Oh ! » s'exclama Bates pendant qu'il observait les yeux du garçon autrefois verts. Maintenant les iris étaient d'un pale, blanc laiteux. Il sortit son crayon lumineux de la poche au niveau de sa poitrine et pointa le rayon dans ses yeux, fronçant les sourcils quand les pupilles ne réagirent pas.

« Oh, » répéta le docteur comme si le résultat ressemblait plus à une petite déception qu'à un handicap à vie.

Les mains de Sam se contractèrent en un poing et il commença à respirer anormalement, hyperventilant presque de panique.

Je ne peux pas voir ! Je suis aveugle ! Pitié mon Dieu faites que ce soit un cauchemar ! Ça ne peut pas m'arriver ! Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? S'il vous plaît, dites-moi !

Bates dirigea encore une fois la lumière dans les yeux de Sam, ignorant les larmes qui coulaient maintenant le long du visage du garçon.

C'est pourquoi son ami lui avait demandé de faire des essais avec les cornées d'abord sur un sujet humain- pour prévenir ce genre d'infortune dans le futur.

Au lieu de lui prélever du sang, Bates lui administra simplement une dose d'un fort antibiotique et il demanda aux agents de porter Sam en bas pour le laver.

Sam était hébété tandis qu'il était pratiquement traîné le long du couloir jusqu'à l'intérieur de l'ascenseur. Il fléchit dans la poigne des agents mais il n'y fit pas attention.

« Peut-être que Bates devrait rendre aveugle tous les gamins, » ricana Elridge, « Ce serait bien plus simple pour les contrôler. »

L'autre agent rigola en réponse et il secoua le bras de Sam, « En tout cas, ça marche sur lui. »

« Doux comme un agneau, hein ? » se moqua Elridge mais Sam n'avait pas la force de se mettre en colère.

Sam ne ressentait pas grand chose, juste engourdi, comme si tout à l'intérieur de lui lui avait été retiré.

Il fut arraché brusquement à ses pensées quand l'ascenseur atteignit le bon étage et il fut poussé le long d'un couloir qu'il ne pouvait pas voir. Les agents hospitaliers poussèrent des doubles portes et ils firent un geste en direction d'un couple de techniciens de laboratoire- les mêmes qui avaient préparé Sam quand il était arrivé.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » demanda une nouvelle voix et Sam leva légèrement la tête.

« Bates le veut propre, » dit Elridge aux techniciens, « Le gamin s'est pissé dessus. »

« Qu'est-ce qui ne va pas avec ses yeux ? » demanda la technicienne choquée et légèrement dégoûtée.

« Bates a voulu communiqué avec son Frankenstein intérieur qu'est-ce que ça peux vous faire ? » aboya Elridge, « Faites votre boulot et renvoyez-le là-haut. »

Le bruit de pas s'affaiblissant signala à Sam que les agents s'en allaient. Il tressaillit quand une main gantée attrapa son menton et tourna sa tête.

« Allez, » grogna le second scientifique- un homme, « On ne va pas attendre toute la journée que tu finisses d'admirer le travail du bon docteur. »

La main de la femme fila de sa joue à son bras tandis que son partenaire prenait l'autre bras.

Sam ne protesta pas pendant qu'il fut mené vers les cabines de douche et les techniciens lui enlevèrent ses affaires sales. Un mouvement brusque envoya Sam sous le jet de la pomme de douche et il hoqueta quand l'eau chaude le frappa. Quelques minutes plus tard, deux paires de bras l'agrippèrent et l'éloignèrent de la douche, l'habillant rapidement avec des vêtements propres.

Déboussolé, Sam fut poussé encore une fois à travers le couloir jusqu'à l'ascenseur. Il frissonna. L'eau sur sa peau entrait en contact avec l'air froid. Il cligna des yeux, souhaitant les éclaircir.

Sam ne se souvint même pas du trajet jusqu'à sa chambre. Il tomba sur les genoux, les frappant violemment contre le sol carrelé de sa prison, et il posa ses mains sur ses yeux.

Sam toucha ses paupières, le bout des doigts frôlant les cils dans un constat horrifique que seulement deux jours plus tôt il voyait encore.

Sam sentit les larmes rouler le long des joues et goutter de son visage mais elles n'effacèrent pas la terrible blancheur qui obscurcissait sa vision comme un blizzard sans fin.

Se recroquevillant après ce qui semblait être des heures de prières désespérées, Sam garda ses mains au-dessus des yeux d'une façon protectrice, espérant que peut-être, peut-être sa vue reviendrait quand il se réveillerait. Ce n'était qu'un effet secondaire de l'opération du docteur et ça passerait tout comme passait la douleur de son flanc.

Tu n'y crois pas vraiment, n'est-ce pas ? pensa Sam.

Non admit Sam et il ferma les yeux, plongeant dans un sommeil agité.

SPN

Ellen Harvelle suivit le petit groupe de chasseurs à travers l'immense terrain de l'hôpital psychiatrique Dunhill. La rosée du soir recouvrait l'herbe et trempait son pantalon mais Ellen le remarqua à peine.

Qu'est-ce que tu fais, ma fille ? pensa-t-elle, Tu n'es pas chasseuse.

Même si Ellen n'avait jamais tué un wendigo ou exorcisé un démon, elle sentait un fort désir d'aider John et Dean pour sauver Sam.

Gardant son arme à feu à portée de main, Ellen suivit du coin de l'œil Caleb Blacker courant devant elle.

Feu Bill, le mari d'Ellen, lui avait enseigné à tirer, croyant qu'elle aurait besoin de savoir comment se protéger elle et leur fille quand il s'en allait chasser.

Ellen n'avait jamais tiré sur une chose vivante, ses victimes avaient toujours été des bouteilles de bière et des boites de conserve vides.

Pourquoi est-ce que je fais ça ? s'inquiéta-t-elle tandis qu'ils se faufilaient le long d'un chemin de gravier, le suivant depuis le bâtiment principal- Cathcart Hall- si elle se souvenait bien du debriefing de Ash.

Ellen ne faisait certainement pas ça pour John. Elle était juste mal à l'aise dans le fait de le détester. Il était avec son Bill sur sa dernière chasse et même si Ellen ne doutait pas du fait que John lui avait dit la vérité et que la mort de Bill avait été un horrible accident, elle ne trouvait pas la force de lui pardonner. John était un chasseur, merde ! Il savait faire mieux que ça et son erreur avait coûté la vie de son mari.

Non, Ellen ne faisait pas ça pour John. Elle le faisait pour Sam. Quelqu'un qu'elle n'avait jamais rencontré mais elle ressentait le besoin insatiable d'aider. Sam, qui n'avait jamais joué de mauvais tour à qui que ce soit, n'avait eu que pour seul crime de partir pour Stanford. Personne ne méritait d'être traité comme du bétail, d'être déshumanisé en un sac d'organes avec une étiquette au lieu d'un nom.

Ellen se surprit à cligner des yeux pour éloigner les larmes. Elle ne pouvait pas imaginer comment elle se sentirait si quelqu'un lui prenait sa fille et même si elle devait (presque) détester John Winchester elle le prenait en pitié. Quoi qu'il ait pu faire, il ne méritait pas de voir son fils découpé et jeté aux ordures.

De plus, pensa-t-elle, il y avait assez de mal dans ce monde sans que des hommes en rajoutent.

Ellen commençait à se dire qu'ils s'étaient perdus ou que Ash avait trouvé une mauvaise adresse quand un énorme bâtiment gris s'éleva devant eux.

La plupart des lumières à l'intérieur était éteinte mais Ellen pouvait apercevoir un mince rayon jaune provenant du rez-de-chaussée. Elle resserra sa prise sur son arme et ses yeux scrutaient les arbres qui longeaient le chemin à la recherche d'ennemis.

John fit signe de s'arrêter et le groupe fit halte instantanément. Entre des épaules et des dos en face d'elle, Ellen vit que le hall de North Hall était désert mise à part une infirmière travaillant de nuit. Elle s'asseyait derrière un bureau en chêne cerné par une cage en verre.

Ellen se souvint que les patients dans cette résidence était supposés être violents puis elle se tourna quand John prit la parole.

« Deke et Joshua iront à l'arrière voir un passage pour passer par-là, » leur dit-il- les deux hommes en question acquiescèrent et se faufilèrent dans les ténèbres- avant de se retourner avec la tête penché d'un côté comme pour guetter un signal.

Ellen regarda Dean se rapprocher de son père et murmurer quelque chose John secoua la tête et Dean roula des épaules avant d'hocher la tête.

Une chouette hulula deux fois avant de rester muette et John fit signe au groupe. Ellen haussa les sourcils elle n'avait pas pensé que ce petit groupe de racailles serait aussi organisé.

Ellen se retrouva aux abords de la première ligne de l'équipe de secours et elle vit Joshua et l'agent Kaylor de l'Ohio- un ami de confiance de John- attendant à côté une lourde porte grise.

Joshua avait bloqué la porte avec son pied pour qu'elle reste ouverte et il avait un énorme sourire dans le noir.

John leva le pouce aux deux hommes et ouvrit la porte en plus grand, poussant tout le monde à l'intérieur. Ellen avança dans North Hall et vit qu'ils étaient dans un couloir silencieux avec un sol carrelé et des murs bleu clair nus. Le couloir était sombre et John leur dit d'avancer vers la lumière jaune à l'autre bout- le hall.

Le cœur d'Ellen commença à battre plus fort tandis qu'ils se glissaient de plus en plus loin, et elle resserra sa poigne sur son arme.

« C'est une zone privée ! Vous n'avez rien à faire là ! » appela l'infirmière quand elle vit le groupe s'avancer vers elle.

Marchant enfin dans le hall, John leva son arme et la pointa sur le visage de la femme.

« Ne bougez pas. Où sont les enfants ? » sa voix était étonnement calme et cela envoya un frisson le long du dos d'Ellen.

L'infirmière plissa les yeux sur John mais ne répondit pas.

Le regard sur le visage du plus vieux Winchester aurait pu faire pleurer Ellen- si il lui avait été destiné- mais la femme en tenue d'infirmière renifla simplement, « Je ne vois pas de quoi vous parlez. Ceci est un établissement psychiatrique. »

John retira le chien de l'arme. « Ça ne prend pas avec moi. Maintenant, dis-moi où sont gardés les enfants. Un, deux... »

La femme ne dit rien mais leur fit signe derrière elle. C'était vague mais au moins ils savaient quelle direction prendre.

« Ellen, » appela John et elle s'approcha, « Reste ici et surveille-la. Tire lui dans la jambe si elle essaie de s'enfuir la tête si elle essaie d'appeler à l'aide. »

Quelque chose en Ellen se figea à l'idée qu'une femme puisse être impliquée dans quelque chose d'aussi horrible que le trafic d'organes et elle acquiesça, leva son arme pour la pointer sur l'infirmière.

Ellen écouta le groupe s'en aller silencieusement et elle prit une profonde inspiration. Elle ne savait pas combien de temps ils prendraient mais sa colère lui donna de l'énergie et elle pensa qu'elle pourrait rester comme ça toute la nuit.

L'infirmière la regarda et se déplaça pour retourner s'asseoir sur son fauteuil pivotant.

« Je ne ferais pas ça si j'étais vous, » prévint Ellen et la femme se figea.

Ça allait être une longue nuit.

SPN

« Dean, tu vas avec Caleb et trouve Sam, » ordonna John à son fils dans un murmure pendant qu'ils prenaient l'ascenseur, « Le reste d'entre nous va s'occuper du personnel. »

Dean acquiesça et Caleb posa une main encourageante sur son épaule.

Pour aucune autre raison que le fait que ce serait plus facile de commencer par le haut et de continuer en descendant, John appuya sur le bouton de l'étage le plus haut.

Dean baissa le regard sur le sol de l'ascenseur entre ses pieds et se demanda si son frère était déjà monté dans ce même ascenseur.

Pendant qu'ils attendaient, Deke sortit des talkies-walkies du sac qu'il portait. John semblait légèrement surpris mais sourit.

Dean reçut le sien et l'alluma.

« Une fois que tu as trouvé ton frère on pourra s'enfuir rapidement, » expliqua Deacon en murmurant, « Et ça évitera que quelqu'un se perde. »

L'ascenseur s'arrêta soudainement et tinta, les portes coulissant pour révéler un long couloir ridé de portes métalliques.

« Bingo, » chuchota Caleb et il sortit de l'ascenseur avec Dean juste derrière lui.

Les jeunes hommes étaient déjà partis avant que les portes ne se referment et ils regardaient attentivement à travers les fenêtres renforcées dans les pièces- qui étaient heureusement vides pour la plupart- en espérant que Sam soit à l'intérieur de l'une d'elles.

« Hey ! Qu'est-ce que vous faites ici ? » fit une voix bourrue qui alarma Dean et il se tourna pour voir un homme de forte corpulence en tenue d'agent hospitalier tout en blanc qui sortait de l'ascenseur.

Caleb poussa Dean sans ménagement et il lui souffla de continuer à avancer.

« Je me charge de ce gorille, » sourit Caleb et Dean s'en alla, continuant à chercher son frère.

Dean commençait à penser qu'ils avaient pu arriver trop tard, que Sam avait été tué (terminé) quand il regarda à l'intérieur de la dernière pièce avec espoir.

« OhmonDieu ! » haleta Dean, et il atteignit la poignée. Fermé, bien sûr. Le mécanisme n'était pas si difficile à trafiquer et Dean réussit à ouvrir la porte en quelques secondes.

« Sammy ! » dit fortement Dean, fixant son frère. Sam était replié en position fœtale sur le carrelage blanc, portant un pantalon bleu foncé et un T-shirt blanc. Ses mains étaient près de son visage et refermées en des demi-poings.

Tombant à genoux à côté de son frère, Dean attrapa l'une des épaules osseuses de Sam- il était si mince- et le secoua pour le réveiller.

Les yeux de Sam s'ouvrirent et il lança un cri effrayé, se précipitant loin de Dean sur les fesses, ses mains levées devant lui.

« Pi-pitié, » supplia Sam, « Pas encore... Pitié. »

Dean regarda le visage de son frère- ses yeux- avec horreur.

Qu'est-ce que ces connards avaient pu lui faire ?

« Sammy ? » dit Dean doucement et il tendit la main qui se referma sur l'une des mains glacées de Sam.

« D-Dean ? » dit Sam choqué et il cligna des yeux, « C'est vraiment toi ? »

Une boule se forma dans la gorge de Dean, « Ouais, Sammy, c'est vraiment moi. Papa est en train de chercher ceux qui font marcher l'affaire. On va te faire sortir de là. »

Les larmes commencèrent à couler des yeux de Sam et il poussa Dean plus près.

Dean passa ses bras tendrement autour de son frère et il le serra pendant un long moment.

« On doit partir, » Dean se dégagea et se leva, gardant la main de son frère.

Sam, pleurant encore, se leva en tremblant et marcha prudemment tandis que Dean le menait hors de la chambre.

« Tu l'as trouvé ! » Caleb sortit la tête de l'une des pièces, fermant la porte derrière lui, souriant quand elle se ferma automatiquement.

« Ouais, » dit Dean, sa voix divisée entre la joie et la tristesse.

Caleb aperçut les yeux de Sam et il fronça les sourcils. En sa faveur, le chasseur garda la bouche fermée.

« Qu'est-ce que tu as fait du gorille ? » demanda Dean à Caleb.

Ricanant, le plus vieux jeta un pouce derrière lui, « Je lui ai donné un aperçu de sa propre médecine. »

Dean jeta un œil à l'intérieur pour voir l'homme de forte corpulence étalé de tout son long au sol, une bosse commençait déjà à gonfler sur son front.

« Je crois que c'est l'heure de sortir d'ici, » dit Dean et Caleb prit le talkie-walkie.

« Le thon est dans la boite, » dit le chasseur avec assurance et Dean ne put se retenir de grimacer.

« Vous avez trouvé Sam ? » la voix de Bobby Singer prit vie.

« C'est ce que ça veut dire, » dit Caleb exaspéré, « Tu n'as jamais regardé un film d'espionnage, le vieux ? »

« C'est pas le temps de jouer au con, Blacker ! » grogna Bobby et Caleb ricana.

« Vous avez trouvé le meneur ? » demanda Dean et il sentit la main de Sam se serrer davantage autour de la sienne.

« Ouaip, » répondit Bobby, « Et disons qu'il ne verra pas son jugement arriver. »

Dean aurait aimé être là pour voir ce trouduc' recevoir le châtiment qu'il méritait mais il savait que son frère était plus important qu'une place aux premières loges pour l'exécution de cette ordure.

« D'n ? » la voix faiblissante de Sam éveilla l'instinct de Dean juste à temps pour voir le garçon s'écrouler au sol.

« Merde ! » jura Dean et il s'accroupit, soulevant son frère- il semblait ne rien peser du tout, c'était juste un sac d'os- avec la tête de Sam posée contre son bras droit et les genoux sur le gauche. Caleb bougea précautionneusement le bras gauche de Sam pour le passer autour du cou de Dean et son souffle se hacha quand il vit les ecchymoses dans l'intérieur de son coude.

« Allez, » grogna Dean et il se dirigea vers l'ascenseur. Pendant qu'ils attendaient que l'appareil arrive, Dean baissa le regard sur son frère. Il était en sécurité maintenant. Personne n'allait plus lui retirer Sam. Si ils essayaient, ils allaient devoir faire face à un grand frère furieux.