Bonjour à toutes et à tous !
En ce vendredi pourri du mois d'aout, un nouveau chap qui j'espère vous fera plaisir !
Je remercie Sygui pour ces corrections qui font que ce chapitre est lisible ! mdr
En vous souhaitant une bonne lecture !
Chapitre 9 : LE SPAP
Hermione entendit du bruit venant du couloir. La porte de la bibliothèque claqua et l'enchanteresse grimaça.
- Y'en a qui dorment… maugréa la neuvième sage.
- Ouais, mais pas toi ! Donc, c'est pas important… se moqua Pansy en ôtant ses chaussures pour les jeter dans la pièce.
Hermione leva les yeux au ciel.
- Attends un peu que je dise ça à ta femme. Elle va être ravie…
- De l'ironie à cette heure tardive ? Du vin et des cigarettes ? Je sens qu'on va se faire une nuit blanche à échanger des blagues salaces ! répliqua Parkinson en s'affalant dans le canapé.
- Pas de blagues, non… Je ressassais de vieux souvenirs.
- Hmmm… soirée où on refait le monde ? Pourquoi pas ! Alors, tu pensais à quoi ?
L'enchanteresse se leva et ouvrit le tiroir de son bureau. Elle en sortit une pensine qu'elle posa sur la table basse.
- Le mieux, c'est que je te montre…
Pansy donna quelques coups de baguette sur les cicatrices d'Hermione et eut un sourire satisfait.
- Tout est en ordre. Tu peux recommencer tes activités dangereuses… se moqua la médicomage.
- Il était temps ! Une semaine que je rouille à la maison, j'allais devenir folle ! soupira l'enchanteresse.
- Plus que tu ne l'es déjà ? Impossible… rétorqua l'ancienne Serpentard. Et si j'en crois le mini-modèle que j'ai à la maison, c'est de famille.
Parkinson rangea sa trousse de soin et dégagea d'un geste souple une mèche de cheveux qui tombait sur son visage.
- Avoue quand même que comme infirmière particulière, on ne fait pas mieux. Tu as été soignée par la Directrice de Sainte Mangouste…
- Descends sur terre, chérie, la rabroua Hermione avec humour. Tu soignes la Ministre de la Magie. Tu devrais te sentir honorée.
- L'arrogance te sied mal, Granger.
- Tout comme ta dernière teinture… Déjà des cheveux blancs ?
- Est-ce que je te parle de tes seins qui tombent ?
Merlin apparut au milieu de la pièce, un sourire goguenard aux lèvres.
- Salut mes grosses ! Désolé d'interrompre une conversation fort passionnante, mais il y a un problème…
Un hibou déboula dans le salon, lâcha un journal roulé au pied d'Hermione et repartit aussitôt. La neuvième sage se pencha et parcourut rapidement la une du quotidien. Elle fronça les sourcils et étouffa un juron.
- Un seul problème ? marmonna-t-elle. J'aimerais bien…
- Que se passe-t-il ? demanda Pansy.
Hermione s'éclaircit la voix et commença la lecture.
- Marietta Edgecombe lance un nouveau parti politique appelé Les Sang Pur Au Pouvoir, ou SPAP. La présidente du mouvement appelle à la démission de la Ministre de la Magie en vue de l'élection d'un nouveau représentant de notre communauté. Edgecombe bénéficie de plusieurs soutiens de taille, comme les Avery, les Carrows ou de Jugson, le principal actionnaire de notre journal.
- C'est une blague ? s'étouffa Pansy.
- Attends la suite… répondit la neuvième sage. « La situation politique est intenable et notre ministre actuelle est incapable d'assurer la sécurité de notre communauté, pas plus que la sienne d'ailleurs… » déclame la présidente du SPAP.
Hermione se tut quelques instants avant de blêmir.
- La salope ! s'exclama-t-elle vertement en tapant du poing sur la table. « Une pétition pour la démission d'Hermione Granger est disponible dans les locaux du SPAP en vue d'une élection, la première depuis la réforme de la nomination du Ministre de la Magie… »
- Je t'avais dit que c'était une connerie de faire ça, murmura doucereusement Pansy.
La neuvième sage balança le journal dans la cheminée et claqua des doigts. Un feu vif apparut dans l'âtre, léchant les pages de parchemin pour les consumer.
- Ne me dis pas que tu vas démissionner ! s'exclama Pansy en voyant que sa belle-mère réfléchissait intensément.
- Bon, c'est bien gentil vos histoires de cours de récré, mais deux membres des conseils ont disparu… coupa Merlin.
- Qui ? demanda sèchement Hermione, regardant le feu qui léchait les derniers bouts de parchemin.
- Calamity Jane et Christophe Colomb, répondit l'enchanteur. Donc, maintenant que t'es opérationnelle, tu vas filer un coup de main à ta fille pour savoir ce qui se trame ! Et si le fait de laisser tomber ton job te permet de te concentrer sur la tâche, démissionne !
Sur ces mots, il partit aussi subitement qu'il était venu.
- N'écoute pas ce vieux machin, commença Parkinson.
- Il a raison sur un point : il y a urgence vis-à-vis du Conseil, coupa la neuvième sage.
- Oui, mais ils sont morts. La priorité est de s'occuper des vivants, rétorqua la Directrice de Sainte Mangouste. N'empêche, Edgecombe a la rancune tenace…
- Pardon ?
- Tu ne te rappelles pas ?
- Je sais juste qu'elle était à Poudlard avec nous, répondit Hermione, perplexe.
- Tu ne te souviens pas de l'Armée de Dumbledore et du mot « cafard » qui est apparu sur la tronche de Marietta ?
L'enchanteresse eut une moue dubitative puis son regard s'illumina brièvement.
- Non, tu ne penses sérieusement pas qu'elle m'en veut encore pour ça ?
- Je l'ai croisée plusieurs fois à Sainte Mangouste quand j'étais étudiante. C'était d'ailleurs un pari entre les médicomages. Celui qui arriverait à lui retirer ses pustules se verrait offrir les consommations au bar pendant un an par les collègues.
L'ancienne Serpentard fit une courte pause, rangeant sa baguette dans sa manche droite.
- Personne n'a réussi. Tes maléfices ont toujours été époustouflants, ma chère belle-mère…
Rose flânait entre les rayons de chez Fleury and Bott, à la recherche d'un livre pour l'anniversaire de son fils. Dans deux jours, elle recevait une trentaine de personnes chez elle, maudite famille nombreuse !, et n'avait toujours pas décidé du menu.
- Et c'est pas Pansy qui va m'aider… soupira la jeune femme.
Elle se dirigea vers les rangées littérature enfantine et fut surprise de tomber sur sa marraine.
- Bonjour Rose, dit doucement Minerva en parcourant du regard les tranches des livres. C'est toujours bon pour dimanche ?
- Salut Marraine ! C'est maintenu, si maman H arrive à rester sage et évite de se retrouver à moitié morte à Sainte Mangouste…
- Comment tu t'en sors avec Marylin ?
- Elle m'épuise… Hier, on s'est occupées de deux chimères… murmura la dixième sage. J'ai maintenant à mon actif Kalimdor, la chimère du feu et Azethor, celle de l'électricité. Pour la dernière, je te passe les détails, mais Pansy a dû jeter quelques sorts pour arranger mes cheveux…
Rose passa sa main dans sa chevelure, comme pour s'assurer qu'elle était en ordre.
- Bref, que fais-tu ici ?
- Je cherche un livre particulier… Des contes pour enfants écrits en rune.
- Je sais qu'Alex est mon fils et le petit-fils d'Hermione, donc extrêmement intelligent, mais il va avoir un an… Les runes…
- J'ai déjà son cadeau, rassure-toi, je sais bien qu'un enfant ne sait pas lire, je ne suis pas encore gâteuse ! répondit l'ancienne directrice de Poudlard avec un léger sourire.
- A mon avis, tu les trouveras dans le rayon langues anciennes.
- J'ai déjà regardé, rétorqua Minerva.
- Demande à un vendeur… Tiens, en voilà un !
Rose appela l'employé qui arriva d'un pas vif.
- En quoi puis-je vous aider, Miss ?
- Je cherche Contes et Légendes d'Ecosse, en version originale. Je crois qu'il a été écrit en rune, il me semble, commença Minerva.
- Tout à fait. Cependant, je ne peux pas vous le commander, il n'est plus édité depuis dix ans. Vous aurez plus de chance de le trouver chez un antiquaire, Miss McGonagall.
- Merci de votre aide. Bonne journée. Rose, on se voit dimanche.
L'ancienne directrice de Poudlard quitta rapidement la librairie et transplana pour Edimbourg. Elle connaissait parfaitement cette ville et savait où se rendre exactement pour mettre la main sur le livre qui pourrait l'aider à guérir Severus.
Tonks étouffa la réplique cinglante qu'elle rêvait de sortir et baissa légèrement les yeux. A ses côtés, Franck Londubat n'en menait pas large. Helen, quant à elle, s'était faite toute petite dans son fauteuil.
- Madame la Ministre, vous étiez en convalescence et nous ne voulions pas vous inquiéter… tenta la secrétaire.
Hermione tapa du plat de la main sur son bureau.
- Ne pas m'inquiéter ? Vous vous foutez de moi ! s'exclama rageusement l'enchanteresse. Vous êtes au courant depuis combien de temps ?
- Trois jours… murmura Franck.
- Beau travail, monsieur le Directeur de Cabinet ! ironisa la neuvième sage. Et j'apprends ça ce matin dans la Gazette du Sorcier qui vient visiblement de retourner sa veste !
- Hermione… commença Tonks.
- Du travail d'amateurs ! Vous auriez dû me le dire immédiatement ! J'aurais eu le temps de réfléchir à une solution. Maintenant, je me retrouve au pied du mur et j'ai horreur de ça !
La Ministre s'alluma une cigarette et inspira profondément.
- Quelles sont les options qui nous restent ? demanda-t-elle froidement.
- Vous ne devez pas démissionner. Ce serait une preuve de faiblesse. Malgré la campagne de dénigrement d'Edgecombe, les sorciers vous apprécient, murmura Londubat. Faites le dos rond quelque temps, ca passera…
- Commandez un sondage sur le ressenti des sorciers, sur l'influence qu'a Edgecombe sur la communauté. Je veux les résultats demain matin sur mon bureau ! aboya Hermione.
Londubat hocha la tête et sortit en courant du bureau.
- Tonks, peux-tu vérifier si Marietta a des liens avec les milieux extrémistes, si elle a trempé d'une quelconque manière dans les attentats ?
- Tu veux une enquête de personnalité ?
- Bien ! Tu piges vite, rétorqua Hermione, cinglante. Heureuse de savoir que je n'ai pas à t'apprendre ton travail.
La commandante des Aurors se leva et toisa du regard la ministre.
- Nous sommes amies depuis longtemps, aussi vais-je mettre ta mauvaise humeur et ton manque de courtoisie sur ton accident ! Mais si tu veux garder tes proches, change de ton ! Le rapport sur Marietta te sera communiqué en fin de journée.
Tonks tourna les talons et sortit sous le regard éberlué d'Hermione.
- Madame la Ministre, nous avons reçu un hibou de Mr. Lovegood qui vous assure de tout son soutien. Il met son journal à votre service…
L'enchanteresse ferma les yeux tandis que sa secrétaire en profitait pour quitter à son tour les lieux et tira longuement sur sa cigarette. Elle imaginait déjà les articles vantant son action coincés entre un reportage sur les ronflaks cornus et une photo floue des fées de Cornouailles.
- Avec ça, je suis sure de gagner… ironisa-t-elle. Bon sang, c'est vraiment la merde !
En rouvrant les yeux, elle sursauta, faisant tomber de la cendre sur la moquette. Un homme d'apparence spectrale se tenait devant elle. Il était habillé à la mode du XIXème siècle et s'appuyait sur une canne. Un rictus étirait ses fines lèvres et il fit une profonde révérence à la ministre.
- On s'est déjà vu, il me semble… commença l'enchanteresse, méfiante.
- Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, pour vous servir, commença le sorcier. Quatrième Haut de l'Alliance Interdite.
- Vous étiez le camarade de jeu de Merlin, à Buckingham Palace, c'est ça ?
Le Haut se tut un moment, se délectant de la perplexité qu'affichait le visage de la Sage.
- Exactement. Excellente mémoire. C'est d'ailleurs lui qui m'a dit que vous rencontrez quelques tracasseries politiques, si j'ose dire… reprit-il avec amusement. Il m'a donc dépêché pour vous prêter main forte.
- Je ne vois pas ce que vous pouvez faire ! soupira Hermione.
- Vous plaisantez, j'espère… répliqua sèchement Talleyrand. On m'a surnommé le Diable Boiteux, le Vice au bras du Crime –c'était avec mon ami Fouché-, j'ai traversé trois régimes politiques différents sans dommage alors qu'à l'époque, on coupait les têtes pour passer le temps. Et vous ne voyez pas ce que je peux faire ?
- Ma foi, vous êtes mort… rétorqua l'enchanteresse en écrasant sa cigarette dans le cendrier.
- Mais mon esprit subtil et mon intelligence prodigieuse sont toujours intacts. Je vous rappelle que je fais parti de l'Alliance Interdite, les « méchants ». La politique n'est pas une affaire de bons sentiments. Seuls les êtres dénués de scrupules réussissent. Et des scrupules, je n'en ai jamais eus, conclut-il avec un sourire machiavélique.
- Ce n'est pas ma vision des…
- Il le faudra ! coupa le Haut. Bien. Vous devez vous trouver un publicitaire, un directeur de campagne…
- Vous pensez que je dois démissionner ?
- C'est une évidence. Remporter les élections vous confortera dans votre poste et vous serez en position de force. Bref, il vous faut quelqu'un de vivant et d'aussi vicieux que moi…
- Honnêtement, je ne vois pas… maugréa Hermione.
- Allons, on connait toujours quelqu'un qui serait prêt à vendre père et mère pour un peu plus de gloire…
Le regard d'Hermione s'illumina un court instant et le Haut eut un rictus.
- Vous avez trouvé ?
- Non, mais je connais une personne qui pourra vous renseigner…
La Ministre attrapa son téléphone, composa rapidement un numéro et attendit que son interlocuteur décroche.
- Pansy ? C'est Hermione. Je vais t'envoyer quelqu'un qui a besoin de toi…
Tonks compulsait sur son pc les archives et les dossiers concernant Marietta Edgecombe. Et au bout d'une heure de recherche, elle n'avait rien trouvé de litigieux sur la sorcière. Pas même une simple amende.
- Elle est blanche comme neige… maugréa la commandante des Aurors.
Alors qu'elle fouillait une dernière fois par acquis de conscience, son téléphone portable sonna et un sourire étira ses lèvres.
- Salut John ! s'exclama-t-elle joyeusement en s'étirant. Quoi de neuf ?
- C'est de pire en pire, répondit le chef de Scotland Yard avec lassitude. J'ai pas assez d'hommes pour protéger les députés pro-sorciers, et on compte deux assassinats de plus cette semaine. C'est la panique chez nous. Et du côté sorcier ?
- M'en parle pas, grommela Tonks. Notre Ministre est au bord de la crise de nerf et je pense qu'elle va provoquer des élections anticipées.
- J'espère qu'elle sait ce qu'elle fait ! soupira John Grant.
- Moi aussi, répliqua Nymphadora. Dis-moi, tu pourrais chercher dans tes dossiers si tu as quelque chose sur une certaine Marietta Edgecombe.
- D'accord, mais en échange, tu viens dîner ce soir à la maison… Pour récupérer les dossiers, bien sûr !
- Avec plaisir, murmura Tonks, son sourire devenant légèrement niais.
- Bien. Vingt heures ?
- J'y serai. A tout à l'heure…
L'Auror raccrocha et s'enfonça dans son fauteuil, l'air rêveur. Malgré le chaos ambiant, elle se sentait bien. Cependant, elle ne devait pas se laisser aller. Si elle ne dégotait rien sur la probable adversaire d'Hermione, la Ministre lui arracherait les yeux. Tonks frissonna en lançant une nouvelle recherche. L'enchanteresse avait bon fond, mais elle pouvait être terrifiante. Et Tonks savait de quoi elle était capable quand on la poussait à bout.
Hermione était debout face au Magenmagot au grand complet. Les hommes et les femmes qui composaient l'assemblée ne la quittaient pas du regard, aussi elle faisait attention à sa gestuelle, à son phrasé. Elle voulait que le projet de Minerva soit voté et elle y consacrait toute son énergie.
- Quel avenir voulons-nous offrir à la jeune génération, celle qui dirigera notre communauté dans les prochaines années ? Quelle aide voulons-nous apporter aux parents de ces enfants ? Et surtout, quel message voulons-nous donner au monde moldu ? Celui du repli ? De l'ignorance ? Du mépris ?
Elle fit une courte pause et regarda une par une les personnes du premier rang.
- Deux ans que moldus et sorciers se sont rencontrés, dans de tragiques circonstances. Mais l'entraide fut là et ensemble, nous avons reconstruit notre société sur les ruines du rejet pour certains, de l'incompréhension pour les autres. Ce fut un premier pas, effectué de part et d'autre. Mais il faut aller plus loin. Les évènements de ses dernières semaines ne peuvent être ignorés et nous encouragent à avancer dans la découverte de nos deux mondes. La haine est fondée sur l'ignorance, sur la peur de ce qu'on ne connait pas. Aussi, le projet de Minerva McGonagall ici présente sera la première pierre, les fondations de cette société naissante. Une société dans laquelle moldus et sorciers cohabiteront dans la paix et l'entraide.
La neuvième sage jeta un coup d'œil sur sa droite et observa rapidement Minerva, assise confortablement dans un fauteuil. L'ancienne directrice de Poudlard avait les mains jointes sur ses jambes croisées et écoutait avec attention le discours de son ancienne préfète.
- En tant que Ministre de la Magie, j'approuve totalement le projet qui vous est soumis aujourd'hui, et je suis convaincue que vous verrez tout comme moi l'intérêt de le mettre en œuvre pour la rentrée prochaine. Je vous remercie.
La plupart des membres du Magenmagot applaudirent bruyamment et la Ministre s'approcha de leurs rangs pour serrer les mains qui se tendaient. Le Président finit par réclamer le silence et Hermione s'installa à côté de Minerva pour assister au vote. Les deux femmes restèrent silencieuses alors qu'une multitude de mains se levaient pour approuver le projet, qui fut adopté à quatre-vingt pour cent des voix.
Aussitôt, les journalistes présents se précipitèrent vers l'enchanteresse et l'ancien professeur de métamorphose. Les flashs crépitaient, les questions fusaient, plusieurs en rapport avec Marietta Edgecombe. Hermione répondait dans la langue de bois la plus parfaite et, suivie de Minerva, se réfugia dans son bureau.
Hermione ferma la porte derrière elle et soupira.
- Je suis épuisée… murmura-t-elle.
McGonagall s'approcha doucement de la Ministre et posa sa main sur la joue de l'enchanteresse.
- C'était un discours magnifique. Merci, Hermione.
- Je vous en prie, répondit la neuvième sage.
L'animagus se pencha légèrement et posa brièvement ses lèvres sur celle de son ancienne élève.
- Pourrais-je vous demander une autre faveur ? chuchota McGonagall.
- Tout ce que vous voudrez… répondit l'enchanteresse dans un souffle.
- J'ai ici un livre en rune, et j'aimerais que vous me traduisiez un passage précis…
- Je m'en occupe au plus vite et je vous rends la traduction dimanche, quand nous nous verrons chez Rose.
Minerva sortit le livre de sa poche et le tendit à l'enchanteresse.
- Page 58 à 63, merci beaucoup.
- Cinq pages ? Autant vous le faire maintenant… Laissez-moi le temps de vérifier que je n'ai pas d'autres rendez-vous.
La Ministre se dirigea vers son bureau et jeta un coup d'œil à son agenda. Puis, elle attrapa son téléphone et appuya sur une touche.
- Helen ? Je ne serai pas disponible pour la prochaine heure. Vous pouvez prendre les messages ? Merci.
La neuvième sage raccrocha et invita l'ancienne directrice à s'asseoir dans le canapé. Avant d'en faire de même, elle se saisit du dictionnaire de runes sur un rayon de sa bibliothèque et alla se poser confortablement à côté de McGonagall. Les deux sorcières échangèrent un regard et Minerva écarta légèrement les bras. Hermione posa sa tête contre l'épaule de son ancien professeur qui referma ses bras autour de la neuvième sage. Cette dernière s'allongea dans le canapé et cala ses pieds sur la table basse.
- Contes et Légendes d'Ecosse ? demanda l'enchanteresse en découvrant le titre avec un léger sourire. Vous avez besoin que je vous lise une histoire avant de vous endormir ?
- Très amusant, Hermione…
- Surtout que je connais bien d'autres moyens de vous détendre avant de vous coucher… ironisa la Ministre.
McGonagall lui donna une petite tape sur l'épaule et la neuvième sage eut un rictus.
- Bon, je commence… Eleyna la sorcière vivait, comme tout bon sorcier se le devait, à A'Ghaidhealtachd. Excusez-moi, Minerva, je vous livre le terme tel quel, je ne le comprends pas…
- A'Ghaidhealtachd veut dire Highlands en écossais, expliqua doucement McGonagall en caressant doucement les cheveux de son ancienne élève.
- D'accord… Ca nous promet une belle histoire aux accents nationalistes, comme dirait Severus, se moqua Hermione. Bref, je reprends. Eleyna la sorcière vivait, comme tout bon sorcier se le devait, à A'Ghaidhealtachd. Elle parcourait les Hautes Terres bénies par Merlin, de bourg en bourg, se servant de ses dons pour soigner les braves gens. Sortilège, incantation, potion, les connaissances d'Eleyna étaient sans limite et les Ecossais savaient la remercier pour les soins qu'elle prodiguait sans rien demander… Sans rien demander ? Vous êtes sûre qu'elle était écossaise ? demanda Hermione avec humour.
Alors que la Ministre s'attendait à une nouvelle tape sur l'épaule, elle fut surprise quand Minerva se pencha légèrement pour capturer ses lèvres. Elles s'embrassèrent doucement et l'ancienne directrice eut un léger sourire.
- Ca va m'inciter à faire d'autres commentaires acides… murmura Hermione avec amusement. Finalement, c'est avec du vinaigre que Rogue vous a attrapée !
L'enchanteresse reprit sa lecture, s'arrêtant de temps à autre pour chercher un mot dans le dictionnaire. Les deux sorcières restèrent lovées l'une contre l'autre pendant une longue heure, profitant de ce moment de calme et d'intimité, sachant qu'ils seraient de plus en plus rares en ces temps troublés.
- Mais c'est que vous étiez mignonnes, toutes les deux… se moqua gentiment Pansy. Et Ginny ?
- Arrête… Tu sais qu'après toutes ces années, je m'en veux encore ?
- Ca ne m'étonne pas. Je te l'ai toujours dit, Granger. On se porte mieux sans conscience.
- C'est pour ça que tu as vendu la tienne ? ironisa l'enchanteresse.
- Non, je l'ai échangée contre deux cartouches de cigarettes, à l'époque où j'étais une jeune étudiante sans le sou ! plaisanta la médicomage. Il n'empêche, ces souvenirs sont passionnants et promettent une belle soirée. Allez Granger, raconte-moi une belle histoire. Mais s'il te plait, donne-moi un rôle à la hauteur de mes talents.
- Pansy… Tu sais très bien que tu as été déterminante dans la suite des évènements.
- Je sais, mais si tu pouvais enjoliver…
Et voilà ! La suite la semaine prochaine Ca vous a plu ? N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me faire part de vos impressions !
Passez un bon week-end et une bonne semaine !
Bises,
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