Me revoilà avec le 9ème Chapitre!

bonne lecture a tous!


Chapitre 9

On est sur le trajet du retour à l'académie. Izzi est partie nous chercher un truc à manger et Max s'est encore endormi.
Je décide alors de lire les messages de Magnus. Tous, un par un. C'est un mélange étonnant de sentiments : Des excuses, des engueulades, des tonnes et des tonnes de questions. Encore des excuses. De l'inquiétude, beaucoup d'inquiétude aussi.
Et qu'est-ce que c'est que ça ? « LY » ? Je ne suis vraiment pas doué avec les abrégés.
J'aime écrire correctement. Je poursuis ma lecture et écoute ensuite les messages vocaux qu'il m'a laissé. Un peu tous sur le même schéma que les messages mais là je peux entendre sa voix. Ses émotions son bien plus palpables comme ça. Je suis bêtement heureux de l'entendre. Mais je ne dois pas… Je soupire et décide de quand même lui envoyer un message alors qu'Izzi arrive avec les sandwichs.

À Magnus :
15h34
Salut. Désolé pour les messages mon père m'avait confisqué mon portable.

C'est un peu boiteux… mais une réponse ne tarde pas à arriver.

À Alec :
15h34
Qu'à tu fais pour qu'il te prenne ton téléphone ?

Oh… une excuse vite. Izzi me passe un sandwich que je pose avant de reprendre mon portable avec ma main libre. Je ne peux pas lui dire la vérité et si je lui dis que j'ai eu un accident il va s'inquiéter.

À Magnus :
15h40
Il voulait que je ne sois pas distrait pour les fêtes en famille.

Je soupire face à mon piètre mensonge et regarde dehors en attendant sa réponse. Je suis sûr qu'il ne va pas y croire.

À Alec :
15h 42
Vous arrivez à quelle heure ?

À Magnus :
15h 45
Bientôt. L'arrêt est prévu pour 16 heures.

À Alec :
15h46

Je vous attendrai à la gare.

Merde non. Si il vient il va voir mon état lamentable… bon en même temps c'est mon coloc il va forcément finir par me voir dans cet état lamentable. Tout Idris va me voir dans cet état de loque EN FAIT… Il ne gobera jamais l'excuse de l'accident de voiture non plus…

À Magnus :
15h 47
Tu n'es pas obligé…

À Alec :
15h 47
Je serai là. J'ai hâte de vous revoir. Ces vacances ont été longues, seul sans toi pour me réveiller et me forcer à faire mes devoirs. -)

Je soupire encore et regarde Izzi. Elle pianote elle aussi sur son téléphone.

-Magnus nous attend à la gare.

-Tu lui as dit pour ton état ?

Je secoue la tête négativement. Très mauvaise idée. Une violente douleur me vrille le crâne. Izzi me lance un regard me signifiant clairement que je suis un idiot.
Mon téléphone vibre et je regarde son message. On reprend les cours demain et il n'a pas fait ses devoirs ?!

À Magnus :
15 h48
Tu n'as pas fait tes devoirs ?

À Alec :
15h 50
Je te dis à tout de suite chéri !

Il n'a pas répondu. Non je n'y crois pas ! Cet idiot passe son Bac l'année prochaine. Il pourrait être un peu plus sérieux !

-Tu l'aimes Alec.

Je regarde ma sœur, interloqué, par ce qu'elle vient de me dire. De quoi est ce qu'elle me parle ?

-Pardon ?

-Magnus. Tu l'aimes. Et c'est réciproque.

-C'est impossible Izzi !

Mon ton est froid. Mais aussi triste. Jamais je ne pourrais tenter quoi que ce soit avec Magnus. Il y a un tas de raison à ça, et la plus importante mes parents. Je n'ose même pas penser à ce qui arriverait si mon père apprenait que je sors avec un garçon.

-Alec. Pourquoi tu ne lui donne pas une chance ? Tu es heureux avec lui.

-C'est non Izzi. Et je ne veux pas en parler.

Je coupe court à la conversation, encore, et regarde dehors. Je ne peux pas être avec Magnus. Notre père s'en prendrait à elle, peut-être même à Max. Je ne veux pas qu'il subisse les coups. Les viols ne sont pas un risque. Ils me sont « réservés » : Soit disant qu'il veut me guérir de ma maladie. Et puis je ne le mérite pas. Magnus n'as pas à sortir avec un gars brisé. Pourquoi le ferait-il ?

"Tout le monde est trop bien pour toi Alec."

Les phrases que me dit ma mère résonnent dans ma tête alors que je ferme les yeux, mon front posé contre la vitre. Je sais que c'est uniquement pour me détruire… et ça marche… par ce qu'ils ont raison…. Ils sont trop bien pour moi… et je ne vais pas souiller Magnus plus que je ne l'ai déjà fait. Mais là je suis juste trop épuisé pour me battre.

J'ai passé cinq jours dans la cave. Je n'ai pas dormi plus de six heures en tout. Je suis dans un état lamentable. J'ai d'énormes cernes noirs sous les yeux en plus de ressembler à un zombie. Couvert de pansements. Et ma peau déjà blanche de nature est encore plus pâle.
Je souffle alors que le train entre en gare. Je me lève et secoue Max pour le réveiller. Puis descends les bagages avec mon bras valide avant de récupérer ma béquille.
C'est extrêmement dur de marcher avec une seule jambe et une seule béquille. Max sort en premier avec mon sac et le sien. Je n'aime pas lui faire porter mes affaires. Je sais bien que cela ne le dérange pas mais… c'est gênant.

Les gens ne font pas spécialement attention, je serre les dents dès que l'un d'eux me rentre dedans mais continue d'avancer. Le moindre petit choc résonne dans mon corps et c'est juste atroce.
L'étape des marches. Je soupire et descends encore plus lentement. Evidemment, avec mon adresse légendaire, j'arrive à glisser en passant sur le quai et me m'imagine déjà étalé à terre. Je vois le sol se rapprocher dangereusement alors que j'anticipe déjà la vague de douleur que je vais subir. Je ferme les yeux, ne pouvant rien faire d'autre.

La douleur arrive violement et un gémissement m'échappe, mais ce n'est pas dû au choc. Non, c'est une paire de bras qui m'ont rattrapé et me serrent contre un corps chaud. J'halète et rouvre les yeux. La douleur est diffuse mais j'arrive quand même à reconnaître l'odeur. Magnus. Il me tient contre lui. Et je me trouve à aimer cette position. Sa chaleur. Son odeur.

-Oh Alexander… Est-ce que ça va ?

Il m'aide à me remettre sur mes pieds. Enfin mon pied. Et me fait tourner la tête face à lui. Je n'ai jamais vu autant d'inquiétude dans son regard. Peut-être le jour où il m'a empêché de me faire écraser…
Je suis incapable de parler. J'ai la gorge nouée. Je me contente d'un signe de tête et rebaisse le regard à la question suivante.

-Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais blessé ?!
-Je…
-Pas un autre mensonge.

Je le regarde se retourner vers ma sœur et mon frère.

-Vous ne pouviez pas me prévenir vous non plus ?
-Nous sommes désolés Magnus… On a revu Alec que ce matin avant le départ.
-Hum. Si on pouvait aller faire ça ailleurs…

On tourne à l'unisson la tête vers Max qui enchaîne :

-Alec va s'effondrer si on le garde debout comme ça.

Il a raison. Ma jambe tremble. Magnus soupire et prend mon sac de la main de Max. Il vient me soutenir et remplace ainsi ma béquille.

-J'ai bien fait d'appeler un taxi alors.

Nous finissons par nous retrouver tous les quatre dans l'entrée du dortoir. Je dis à Izzi et Max qu'on se verra plus tard et prends la direction de ma chambre. L'étape des marches est tout aussi difficile que les autres fois, et malheureusement on n'a pas d'ascenseur. Enfin si, il y en a un. Mais il est toujours en panne.
Je monte donc une à une les marches, surveillé de près par Magnus. Je suis épuisé et j'ai faim mais je ne pourrais rien avaler. Les tremblements de ma jambe se sont étendus à tout mon corps, à cause de l'épuisement et de l'effort.
Un cri peu viril m'échappe quand je me sens soulevé telle une mariée et regarde Magnus, choqué.

-Je m'occupe de toi chéri.

Je dis rien, trop épuisé, et laisse donc ma tête retomber contre son épaule et souffle. Je me sens de nouveau enveloppé dans sa chaleur et retiens à grande peine un soupir de soulagement.
Il monte rapidement et ouvre la porte, avec son coude, malgré le fait que je sois dans ses bras. Puis, il me dépose sur mon lit avant d'aller récupérer mon sac. Il referme derrière lui et va me chercher un verre d'eau sans que je n'aie rien à dire.
Il faut que je l'arrête, qu'il ne s'occupe plus de moi... mais il est déjà en train d'ouvrir mon sac et de ranger mes affaires. Comment est-ce que je vais pouvoir l'éloigner ? Je vais lui faire du mal… mais si je ne le fais pas, ce sera pire.

-Magnus… je vais le faire.
-Mis à part si tu comptes m'expliquer ce qu'il s'est passé, je ne veux pas t'entendre. Et si tu ne veux pas parler alors tu te reposes. Tu as une tête affreuse et tu as maigri.

Son ton est sec. Je ne dis rien et me contente de fixer le vide. C'est tellement dur. Aller. Un effort.

-J'ai eu un accident… de voiture…

Je le vois du coin de l'œil se retourner vers moi. Mais je ne vois pas son expression fermée et froide.

-Je vois. C'est donc ça la raison officielle.
-Oui.

Je l'entends soupirer et reprendre son rangement.

-Fais-moi signe quand tu me jugeras digne de connaître la vraie raison.

J'entends distinctement dans sa voix qu'il est blessé. Je sais qu'il voudrait que je lui parle.
Il referme mon sac vide et le glisse sous mon lit avant d'aller vers la porte.

-Je vais te ramener à manger. Ne bouge pas d'ici.

Je ne réponds pas, encore une fois, et le laisse partir. Il vaut mieux ne rien dire. Sinon je suis mort. Je me hisse un peu plus sur mon lit et m'allonge, m'écroule plutôt. Mon dieu que c'est bon d'être sur un matelas. Je ferme les yeux et soupir de soulagement.

Quand Magnus revint dans la chambre, Alec s'était endormi tout habillé. Le pailleté dépose alors le repas du noiraude sur le bureau et commence à le déshabiller doucement, avec précaution afin de ne pas le réveiller. Mais les plâtres gênent pas mal les manœuvres.
Une fois qu'Alec fut en caleçon Magnus fut horrifiée par les dégâts visibles sur son corps. Les côtes étaient bandées. Il avait le corps couvert de bleus. Quelques plaies recouvertes par un pansement. Magnus regarda alors les bandages autour des poignets d'Alec. Il en défit un doucement et ferma douloureusement les yeux. Son Alexander en était arrivé au point de s'automutiler... Il devait agir.
Magnus refit le bandage et couvrit Alec doucement avec une plus forte certitude qu'Alec lui mentait. Puis il déposa un tendre baiser sur son front, se jurant de le sortir cet enfer, et de le protéger quoi que cela lui coûte.
Il allait notamment devoir revoir sa tactique d'approche. Au début il avait prévu d'être bien plus entreprenant au retour du noiraud. Mais avec son état, il allait devoir continuer en douceur.

Je me réveillais le lendemain au son de l'alarme. Je n'arrive pas à ouvrir les yeux. Mais j'entends parfaitement une personne bouger dans la pièce. J'attends un peu et arrive enfin à papillonner des yeux, agressé par la lumière aveuglante de la lampe.
Je ne me souviens pas de m'être coucher et encore moins déshabiller. Je me redresse en position assise et laisse échapper un grognement à cause de la douleur permanente. Je tourne mon regard vers Magnus en même temps que lui tourne le sien vers moi.

-Bonjour chéri.

-Alec, Magnus. C'est Alec.

-Peu importe. Lève-toi. Je vais t'aider à te préparer.

Non… Je ne veux pas qu'il me voit. Je baisse la tête sur mes mains regarde les bandages à mes poignées et les cache sous la couette.
Magnus adossé à son bureau les bras croisé sur son torse et déjà prêt me regarde. Je relève juste mon regard vers lui.

-Il va falloir qu'on parle tous les deux. Mais là, nous n'avons pas le temps. Et si tu as peur que je vois tes blessures c'est trop tard : C'est moi qui t'ai mis au lit hier.

Je blêmis et ferme douloureusement les yeux. Je l'entends décroiser ses bras et venir vers moi. Il me donne un verre avec deux cachets en m'indiquant qu'ils sont pour lutter contre la douleur

Je les avale alors que lui s'accroupit à côté du lit et prends ma main. Je tressaille.

-Alexander. Ne peux-tu juste essayer de me faire confiance ? Je ne vais pas te faire de mal. Ni te rejeter.

De toute façon je ne pourrais pas m'habiller seul. Je redresse mes yeux vers lui et acquiesce. Il dégage alors doucement les couvertures de mon corps et m'aide à sortir du lit.

Une fois l'épreuve des vêtements passée, Magnus me regarde de haut en bas avec un sourire doux et triste. La vision de mon corps aussi meurtri le fait souffrir. Mais je ne peux pas lui dire. Je ne peux pas raconter. Rien révéler...

-Prêt pour affronter le monde extérieur ?

Je lève mon regard vers la porte et sens les battements de mon cœur accélérer et mes mains devenir moites. Non. Non. Je ne dois pas me laisser aller. Pas maintenant. Jamais.
Je reprends contenance et hoche fermement la tête, une lueur de détermination farouche éclairant mes yeux.


Tadam!

Est ce que cela vous a plus?