Chapitre 07
Labyrinthe – Partie 01
Ichigo étouffait.
La poussière abondante lui brûlait les yeux, l'empêchant d'identifier avec certitude la masse conséquente qui lui entravait la poitrine et pesait sur ses poumons.
La respiration laborieuse, la rouge poussa une nouvelle fois sur le poids qui l'écrasait à l'aide de ses muscles meurtris par l'effort. Tous ses membres l'élançaient douloureusement, mais elle continuait de pousser, de toutes ses forces. Elle ne pouvait pas se permettre de se laisser écraser par un vulgaire rocher, pas alors qu'elle ne savait même pas ce qu'il venait de se passer. Pas alors qu'elle ne savait même pas où elle était.
Pas alors qu'elle n'avait aucune nouvelle des autres.
Au-dessus d'elle, le rocher bougeait à peine. Ichigo avait l'impression que cela faisait des heures qu'elle s'acharnait sur ce maudit caillou, en vain. Il fallait se rendre à l'évidence. Comment allait-elle bien pouvoir s'en débarrasser, alors que ce truc pesait une tonne et qu'elle était si faible ?
Ichigo commençait sérieusement à désespérer, lorsqu'elle sentit soudain que le bloc remuer. Ce fut un mouvement presque imperceptible, si bien qu'au début, la rouge crut avoir halluciné. Puis, deux secondes plus tard, la pierre bougea à nouveau. Avant qu'Ichigo ne puisse crier de joie, le bloc s'éleva soudain dans les airs, et une avalanche de caillou et de poussière dégringola sur la tête de la rouge.
Ichigo poussa un glapissement de surprise, qu'elle regretta aussitôt lorsqu'elle sentit le goût âcre de la terre sur sa langue.
– Dépêche-toi, veux-tu ? s'exaspéra une voix familière. Je ne vais pas retenir cette chose très longtemps !
La rouge ne se le fit pas dire deux fois, et roula sur le côté.
Lorsqu'elle fut à l'abris, elle ouvrit les yeux et se retrouva nez à nez avec un gros bloc de pierre, lévitant à deux bons mètres au-dessus du sol. Prenant appui sur ses coudes tremblants, Ichigo fit mine de se redresser, cherchant une explication à ce phénomène.
Face à elle, Minto était assise en tailleur à même le sol, et demeurait droite, les yeux fermés. Un halo de lumière bleuté l'entourait, et Ichigo remarqua que la bleue serrait dans sa main sa mini pierre de puissance, qui brillait également.
Lorsqu'elle comprit ce que son amie était en train de faire, Ichigo sentit son sang se glacer.
– Arrête !
D'un coup de pied, la rouge balaya l'artefact de la main de son amie, qui s'envola dans les airs et atterrit quelques mètres plus loin. Surprise, Minto rouvrit les yeux, et Ichigo sentit son cœur rater un battement lorsqu'elle se rendit compte que l'iris et la pupille de Minto étaient entièrement devenues bleues. Heureusement, les yeux de la jeune fille reprirent rapidement un aspect normal, au même moment où le bloc de pierre s'écrasait au sol. Le halo autour de Minto disparut, ainsi que celui autour de la pierre de puissance.
Ichigo poussa un soupir de soulagement.
Minto lui lança un regard étrange, puis entreprit de se relever. Ichigo voulu l'imiter, mais abandonna vite l'idée lorsque le monde se mit dangereusement à tourner autour d'elle.
– Evite de trop bouger, lui intima calmement Minto en époussetant ses jupes. Tu as pris un sacré coup, quand le mur est tombé. J'ai réussi à me protéger grâce à la pierre de puissance. Toi, en revanche…
Ce ne fut qu'en entendant ces paroles, qu'Ichigo remarqua que Minto n'arborait pas la moindre égratignure. Ses vêtements n'étaient même pas froissés ! Ichigo, quant à elle, n'avait pas eu la même chance. Son corps était couvert de contusions sanglantes. Ses vêtements étaient déchirés par endroit. La rouge porta la main à son front, et sentit un liquide chaud et poisseux couler entre ses doigts.
Malgré l'étendue de ses blessures, Ichigo ne pouvait s'empêcher de se dire que s'en sortir avec seul un léger coup à la tête tenait du miracle.
De son côté, Minto s'était dirigé vers l'endroit où sa pierre de puissance avait atterrit. La bleue se pencha pour la ramasser, puis tourna la tête vers Ichigo.
– Je peux savoir ce qui t'a pris ? demanda-t-elle froidement.
– Tu n'aurais pas dû utiliser ta pierre, répliqua Ichigo au bout de quelques secondes. Ryou a dit que son pouvoir était limité, et on ne sait pas contre quoi on doit encore se mesurer.
– Je t'ai sauvé la vie, grinça Minto, qui essayait visiblement de garder son calme. Un simple merci aurait suffi.
– On aurait pu se débrouiller sans la pierre de puissance !
– Décidemment, tu es vraiment une idiote.
– Arrête de m'insulter ! s'écria Ichigo en se redressant brusquement.
Minto darda sur elle un regard furieux.
– Cette fois, tu l'as amplement mérité ! IDIOTE !
Ichigo lança à la bleue un regard courroucé, mais ne chercha cependant pas à répliquer tellement Minto avait l'air en colère. Elle l'avait compris, cette fois, il ne s'agissait pas seulement de provocation, ou de l'insulter pour le simple plaisir de se disputer. La façon dont Minto appuyait chacun de ses mots, le regard qu'elle lui lançait, tout chez l'adolescente indiquait chez l'adolescente un état de fureur extrême.
– Sais-tu au moins où nous sommes, Ichigo ?
Pour la première fois, Ichigo détacha son regard de Minto et se mit à faire attention à ce qui l'entourait. Sur les quatre hauts murs qui les entouraient avant qu'elle ne perde connaissance, trois étaient encore debout. Ichigo avisait les débris de celui qui s'était effondré, puis posa le regard sur l'endroit où il se trouvait auparavant. À la place, se trouvait un long couloir, qui bifurquait brusquement sur la droite au bout de quelques mètres. Ichigo commençait à comprendre, mais refusait encore l'idée.
C'était tout à fait improbable.
Elle se leva précipitamment, hypnotisée par le couloir qui s'étendait devant elle. Elle devait en avoir le cœur net. Lorsqu'elle fut debout, elle craignit un instant que ses jambes ne flanchent, mais elles supportèrent l'action et Ichigo pu se mettre à marcher. La rouge laissa sa main courir le long du mur alors qu'elle progressait, le contact glacial de la pierre lui envoyant des frissons d'angoisse dans ton son corps.
Minto la suivait de près, l'air toujours autant énervée.
Alors qu'elle arrivait au bout du couloir, Ichigo tourna… et se retrouva face à un autre couloir. Lequel aboutissait à trois nouveaux embranchements, parfaitement identiques.
Ichigo déglutit péniblement.
– Un labyrinthe…
Elles n'avaient décidemment plus aucune chance de s'en sortir.
Derrière elle, Minto eut un rire sinistre.
– Tout à fait, un labyrinthe ! Et tu sais comment en sortir, toi ? Eh bien, moi non plus ! Et tu sais pourquoi ? Parce que je n'ai jamais été enfermée dans un labyrinthe ! Ça, pour une première !
Ichigo leva la tête. Les murs étaient d'une hauteur vertigineuse, si bien qu'on n'en distinguait même pas le haut et que ceux-ci semblaient se perdre dans le ciel… ou la chose qui servait de ciel à cet endroit étrange. Une sorte de brume ténébreuse flottait tout là-haut, comme si le ciel était chargé de nuages noirs. Les murs ne portaient pas de torches ni aucunes lumières, et pourtant, une lueur blafarde éclairait faiblement les lieux, permettant à peine d'y voir clair.
Ichigo devait bien admettre que cet endroit lui faisait un peu plus peur à chaque seconde de plus qu'elle passait ici. Cependant, elle ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi Minto était aussi furieuse.
– Et tu sais quoi, Ichigo ? Si on en est là, c'est uniquement ta faute, dit sèchement Minto.
Cette fois, Ichigo fit volte-face.
– Qu'est-ce que tu racontes ?
– Ça te surprend, n'est-ce pas ? Je suis sûre que ne t'en n'étais même pas rendu compte. Tu n'imagine même pas à quel point tu m'agaces avec tes belles idées, tes actes héroïques et cette manie de tout le temps vouloir sauver tout le monde !
Lentement, Ichigo comprit où Minto voulait en venir. Est-ce que son amie était vraiment en train de vouloir l'accuser de la situation, parce que la rouge avait voulu venir en aide à deux prisonniers ?
– Et toi, tu es tellement égoïste ! répliqua Ichigo avec une colère soudaine. Tu entends ce que tu dis ? Je suis sûre que si on ne t'avait pas forcé la main, tu aurais préféré de cacher dans ta tour d'ivoire et laissé mourir Pai et Taruto, et ainsi ne pas mettre ta précieuse petite vie en danger ! Tu ne te mouilles jamais pour personne, jamais !
– Ma pauvre, mais tu n'as vraiment rien compris ! Jamais je ne me serai permis de laisser tomber des personnes en danger, surtout si je sais que je peux les aider ! Être méfiant ne veut pas dire être lâche. Et c'est exactement à cause de ce genre de situation que j'avais des raisons de l'être !
– Alors si tu admets qu'on était toutes d'accord pour leur porter secours, c'est quoi ton problème ? s'énerva Ichigo, qui ne comprenait plus vraiment.
Minto leva les yeux au ciel et souffla fortement, exaspérée.
– Tu vois, c'est là que tu te trompes. On était toute d'accord pour aider Kisshu dans ses recherches, et retrouver ses frères. Mais il n'a jamais été question se jeter volontairement dans la gueule du loup !
Quoi ?
Ichigo sentit soudain son sang se glacer, alors que l'ampleur de l'erreur qu'elle venait de faire lui apparaissait enfin au grand jour. Et si Minto avait raison ? Et s'ils étaient tous bloqués dans ce labyrinthe par sa faute ?
Prenant le silence de la rouge pour un signe d'assentiment, Minto laissa un sourire cruel étirer ses lèvres.
– Cette décision, tu la prises seule. Tu étais tellement obsédée par le seul fait que ton maudit Cyniclon te fasses les yeux doux, que tu n'as même pas pensé à nous concerter. On n'avait même pas de plan d'attaque ! Toi alors, à toujours vouloir montrer à tout le monde que tu es parfaite, à vouloir attirer tous les regards sur toi ! Je ne dis pas ça par pur égoïsme : il ne s'agit pas seulement de moi, ni de toi, mais de tout le monde. Tu ne t'es même pas dit que cette excursion pourrait nous être fatale à tous, même à ton Cyniclon à qui tu veux tant rendre service.
– Tu ne pense pas ce que tu dis, bredouilla Ichigo, qui sentait les larmes lui monter aux yeux.
– Bien sûr que si, cracha Minto. Cela fait plusieurs semaines que je n'arrête pas de te faire la morale. Et, même si d'ordinaire ça m'aurait fait beaucoup plaisir, je commence à en avoir assez que tu agisses comme une enfant.
Minto s'avança d'un pas, auquel Ichigo répondit en reculant. Tout un tas de pensée contradictoire se bousculait dans sa tête, et la rouge ne savait plus que faire. D'un côté, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle avait fait ce qui lui avait semblé être le plus juste. Mais, de l'autre…
Les larmes lui brouillaient à présent la vision. Et si elle avait réellement causé la perte des Mew Mew ?
– Je vais te dire une chose, Ichigo, gronda Minto. Être un héros, ne veut pas dire foncer tête baissée et réfléchir aux conséquences après. Être un héros, c'est étudier les options qui s'offre à nous, réfléchir à la meilleure issue et agir en se tenant à un plan, un plan qui marche de préférence.
« Tout ce que tu ne fais pas, quoi ». Minto ne l'avait pas prononcé, mais c'était tout comme.
La bleue lui lança un dernier regard dégoûté puis, sans prévenir, commença à s'éloigner vers les trois embranchements qu'Ichigo avait repéré un peu plus tôt. Celle-ci ouvrit de grands yeux, paniquée.
– Où est-ce que tu vas ? s'écria la rouge.
– Je vais chercher les autres, et je vais sortir de cet enfer ! Il est hors de question que je sois encore la victime de tes mauvaises décisions.
– Attends ! Tu as toi-même dit tout à l'heure que l'on devait rester ensembles !
Minto fit volte-face, et Ichigo se sentit transpercer par le regard glacial que la bleue lui lançait. Puis, l'adolescente revint sur ses pas, et pointa un doigt accusateur sur la poitrine de la rouge.
– Tu sais quoi ? Ce n'est pas grave si je meurs ici, articula froidement Minto. Au moins, je me réconforterai en me disant que je t'avais prévenu et que, pour une fois, c'est moi qui avais raison.
Puis, sur ces mots, elle tourna les talons et disparut dans l'obscurité.
De son côté, Retasu n'en menait pas large.
À quatre pattes sur le sol, la verte tâtonnait ici et là dans le flou le plus complet, à la recherche de ses lunettes qui avaient chuté quelques minutes plus tôt.
En fait, Retasu n'avait pas vraiment compris ce qu'il s'était passé au cours des derniers instants. Après que la porte se soit refermée sur eux dans l'entrepôt, elle se souvenait que le sol avait commencé à trembler. Les murs avaient également commencé à s'effondrer autour d'eux, et ils avaient tous été séparés.
C'étaient à ce moment que Retasu avait perdu ses lunettes. Celles-ci avaient glissé alors que la verte fuyait et depuis, pas moyen de remettre la main dessus. Privée de la vue, il avait été impossible pour Retasu de comprendre ce qu'il s'était passé ensuite. Tout ce qui suivait n'était qu'un trou noir.
– C'est bien ma veine, gémit la verte.
Elle cherchait toujours ses précieuses lunettes, lorsqu'elle sentit soudain un contact froid et familier se poser sur son nez. Surprise et de nouveau capable de voir correctement, Retasu cligna des yeux et leva un regard troublé sur la personne qui se trouvait face à elle.
Accroupie devant la verte, Berry arborait un sourire radieux en dépit du décor et de l'atmosphère effrayante qui les entouraient. Ses longs cheveux blonds étaient emmêlés et elle était couverte de poussière, mais sinon, elle avait l'air d'aller bien.
– Je pensais bien que tu allais en avoir besoin pour sortir d'ici, dit la blonde en désignant les lunettes de Retasu.
Celle-ci les remonta sur son nez, puis lui renvoya son sourire, empreint de gratitude.
– Merci, souffla la verte.
– Pas de quoi, répliqua Berry en balayant l'air de sa main. Allez, debout, on a du chemin à faire.
La blonde bondit sur ses pieds avec souplesse, puis se tourna vers son amie et lui tendit la main. Retasu s'empressa de la saisir, et fut debout moins d'une seconde plus tard. Elle en profita pour embrasser les alentours du regard, et constata avec surprise qu'elle se trouvait entouré d'immenses murs à l'air infranchissable. En ce moment-même, elle et Berry se trouvaient au milieu d'un long couloir où, juste à leur gauche, se trouvait un embranchement.
Retasu écarquilla les yeux, stupéfaite.
– Où sommes-nous ?
– Dans une sorte de labyrinthe, je crois. J'ai perdu connaissance, comme toi d'ailleurs. Quand je me suis réveillée, l'entrepôt avait disparu, et c'était déjà comme ça. Et il n'y avait aucune trace des autres.
Retasu détourna le regard des murs, pour poser les yeux sur Berry. Celle-ci arborait une expression inquiète.
– Comment as-tu fait pour me trouver ? demanda la verte.
– Oh, je ne t'ai pas trouvé. En fait, quand l'entrepôt a commencé à s'effondrer, j'ai vu que tu t'éloignais des autres, donc je t'ai suivi. On a eu de la chance, on n'a pas fait une trop grosse chute. Par contre, j'ai vu les autres, et Pudding…
Sa voix s'étrangla dans sa gorge, et Retasu sentit son cœur se briser à la simple idée qu'il est pu arriver quelque chose à la petite blonde. Ou à qui que soit d'autre, d'ailleurs. Jamais elle n'aurait pu imaginer que la situation déraperait autant.
Ils étaient sensés sauver Pai et Taruto, et non se faire prendre au piège à leur tour !
Sonnée, la verte attira Berry à elle et la serra dans une étreinte qui se voulait réconfortante. Effectivement, la blonde tremblait de tout son corps. Intérieurement, Retasu se fit la promesse que, si elle n'avait pas réussi à rester avec les autres, elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger Berry.
Celle-ci enfouit son visage contre Retasu.
– Comment allons-nous rentrer à la maison, maintenant ? souffla la blonde.
Soudain, ce fut comme si la vérité frappe Retasu de plein fouet, telle un éclair de lumière.
Elle s'éloigna de Berry, et attrapa la blonde par les épaules afin de la fixer droit dans les yeux, l'air grave.
– On ne rentre pas à la maison.
Berry ouvrit de grands yeux, où Retasu put y lire panique et confusion. Avant que la blonde n'ait pu ouvrir la bouche, Retasu reprit la parole, évitant ainsi tout malentendu :
– On ne rentre pas à la maison, répéta la verte. Du moins, pas maintenant.
À présent, Berry avait l'air complètement perdue.
– Comment ça ?
– Regarde autour de toi, s'expliqua Retasu en désignant les lieux d'un vaste geste de la main. Nous sommes tous pris au piège, à l'intérieur de ce labyrinthe. Mais à mon avis, ce n'est pas un hasard si nous avons atterrit ici. Je ne pense pas que Ryou se soit trompé dans ses coordonnées, tout à l'heure en fait, il avait raison. Et si nous n'avons rien trouvé dans le hangar, ce doit être parce que l'endroit où se trouvent Pai et Taruto… était en fait juste en dessous !
Les yeux de Berry s'écarquillèrent un peu plus – du moins, autant qu'il était humainement possible – mais cette fois, ce ne fut plus la panique qui hantait son regard, mais la lucidité.
– Tu penses que nous sommes…
– Oui, affirma Retasu avec vigueur. Je pense que nous devons nous trouver dans une sorte d'abris sous-terrain, un endroit qui doit servir de repère à ceux qui détiennent Pai et Taruto en captivité. À mon avis, ces personnes nous ont vu rôder autour de leur base secrète et, ayant deviner que nous sommes là pour libérer leurs prisonniers, ils nous ont pris au piège à notre tour. Mais, ce qu'ils ne savent pas, c'est que les Mew Mew ne se déclarent pas vaincues aussi rapidement, sans même avoir essayer de se défendre.
Alors qu'elle parlait, Retasu leva la main pour la placer sur sa poitrine. Là, sous ses doigts, elle sentait son cœur battre, un peu plus fort et un peu plus vite qu'à l'accoutumée depuis qu'elle était arrivée en ces lieux… étranges. Au départ, elle n'y avait pas fait attention, mais à présent qu'elle avait compris…
– Et puis… j'ai l'intime conviction que Pai et Taruto ne sont pas loin. Je peux… j'arrive à le sentir.
La mâchoire de Berry chuta.
– Vraiment ? Bon, dans ce cas j'imagine que tu veux te lancer à leur recherche à travers ce labyrinthe… à l'air… carrément glauque.
– On a fait une promesse, Berry, lui rappela Retasu d'un ton incertain qui, en jetant un coup d'œil autour d'elle, se rendait compte de la folie de sa décision. Cependant… je dois t'avouer que je n'ai pas la moindre idée d'où commencer.
Berry fit la moue, tandis que Retasu se plongeait dans ses réflexions. L'idéal aurait été d'accéder à un point de vue en hauteur pour avoir une vue d'ensemble du labyrinthe, se repérer et, peut-être, réussir à localiser Pai et Taruto. Cependant, un bref coup d'œil au mur lui avait permis d'observer que leur paroi lisse n'offrait aucune possibilité d'escalade et, de toute façon, ces murs étaient bien trop haut. Non, il faudrait…
Soudain, Berry claqua des doigts, tirant Retasu de ses pensées. La blonde affichait une mine victorieuse.
– Mais oui ! J'ai lu quelque part que si on voulait sortir d'un labyrinthe, on devait garder la même main sur le même mur et le suivre, c'est infaillible !
Berry appuya sa main sur le mur à sa droite, et décocha un clin d'œil en direction de Retasu.
– Maintenant, voyons si ça marche aussi lorsqu'on veut retrouver quelqu'un !
– Merde ! hurla Kisshu en balançant son pied contre le mur.
Furieux, le Cyniclon se mit à ruer à le ruer de coup de poing, comme s'il lui suffisait de se défouler dessus pour que le mur disparaisse. Comme si cet excès de colère allait changer quoi que ce soit à cette situation catastrophique.
Il s'était fait kidnapper, et avait ensuite réussi à s'échapper en laissant ses frères derrière lui. Il avait réussi à trouver de l'aide. Il avait fait tout ça, pour finalement se faire piéger bêtement par ses ennemis : non seulement il n'avait pas réussi à sauver ses frères, mais en plus il s'était laissé suffisamment distraire pour se faire séparer des Mew Mew.
– Quel con ! s'énerva-t-il en redoublant l'intensité de ses coups.
– Ça suffit ! rugit soudain une voix derrière lui.
Kisshu fit volte-face vers Ringo, et lui décocha un regard noir. Etrangement, la petite fille soutint son regard, solidement campée sur ses jambes et serrant fermement dans s la paume de sa main la mini-pierre de puissance totalement inutile que ce Ryou tout aussi inutile lui avait donné.
Ringo prit une grande inspiration, comme pour se donner du courage avant de parler :
– Arrête, maintenant. Ce n'est pas en bombardant ce mur de coups de poing qu'on arrivera à s'en sortir.
– Tsss.
Kisshu secoua la tête. Ce n'était peut-être qu'une gamine, mais elle avait raison. Il balança une dernière fois son poing dans le mur pour la forme, avant de baisser les yeux vers ses mains : celles-ci étaient écorchées, et couvertes de sang. Comparée au sentiment de trahison envers ses frères qui ne cessait de le hanter, la douleur était supportable.
Le Cyniclon enfonça ses poings dans sa poche, puis lança un regard de travers en direction de Ringo.
– Génial, marmonna-t-il. Non seulement j'ai été séparé des autres, mais au lieu de me retrouver avec mon koneko-chan, il fallait que le destin me colle à sa version miniature.
En entendant ces mots, Ringo fronça les sourcils.
– Je ne suis pas la version miniature d'Ichigo !
– Non seulement tu es sa version miniature, mais en plus tu m'es complètement inutile, rétorqua Kisshu.
Il ne se sentait vraiment pas d'humeur à avoir un semblant de dispute avec une gamine.
Face à lui, Ringo gonfla les joues, insultée, et se retint de lui tirer la langue : elle voulait lui prouver qu'elle pouvait être mature et utile par la même occasion. En plus, il n'avait pas le temps de se disputer.
Alors que le hangar s'effondrait, Ringo avait manqué de se faire écraser par une lourde étagère. Heureusement, Kisshu, qui se trouvait juste à côté, lui avait sauvé la vie de justesse, mais n'avait pas pu échapper à la crevasse grandissante qui avalait tout sur son passage. Et, alors qu'ils essayaient tous les deux de fuir, Ringo l'avait sentie cette attraction provenant de la crevasse, comme si quelque chose à l'intérieur essayait de les attirer à l'intérieur, de les absorber. Kisshu n'avait pas pu lutter bien longtemps ils avaient fini par tomber.
Et, alors qu'ils chutaient, Ringo avait serré sa mini-pierre de puissance au creux de sa paume de toutes ses forces en hurlant. Et là, quelque chose s'était produit : la pierre avait commencé à briller. Mais il ne s'agissait pas seulement d'un simple halo de lumière la pierre brillait vraiment, semblable à un mini-soleil. Elle projetait sa lumière blanche sur les murs tout autour d'eux dans un rayon assez important, les empêchant de se retrouver dans l'obscurité la plus totale.
Soudain, alors que Ringo était occupée à observer les murs comme si une porte de sortie allait apparaître devant elle, un bruit la fit sursauter. D'un bond, elle se retourna juste à temps pour voir Kisshu se laisser tomber à genoux, les paumes pressées contre le sol froid du labyrinthe.
Il resta ainsi pendant quelques secondes, pendant lesquelles Ringo retint sa respiration. Lorsqu'il finit par se relever, la première chose que la jeune fille remarqua fut son expression sombre. Très sombre.
– Q-qu'est-ce qu'il se passe ? bégaya-t-elle.
Comme Kisshu ne répondait pas, se contentant de la fixer sans rien dire, Ringo insista :
– Si tu sais quelque chose, c'est peut-être le moment de le partager ! Même n'importe quoi ! Si on ne s'entraide pas, on n'arrivera jamais à sortir d'ici !
Kisshu eut un rire lugubre.
– Sortir d'ici ? répété-t-il d'une voix étrange. Pourquoi tu veux sortir d'ici ? Laisse-moi te dire une chose, chérie : nous sommes condamnés.
– N'importe quoi ! On n'a même pas essayé ! C'est facile de dire que tout est perdu, si on ne bouge même pas le petit doigt pour s'accrocher à la vie. Tu sais quoi ? Si tu veux mourir, libre à toi de finir tes jours à pourrir dans ce labyrinthe comme un fruit desséché…
Avant même qu'elle ne put terminer sa phrase, Ringo sentit deux mains l'agripper par le col de son T-shirt et la soulever de terre, comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. La seconde d'après, son dos heurta le mur avec violence, la douleur se répercutant par onde dans tout son corps. Elle grimaça, tandis que le visage furieux de Kisshu s'approchait à quelques centimètres du sien :
– Tu crois que c'est simple, hein ? souffla le vert en la secouant comme un prunier. Tu crois qu'il te suffit de brandir ta ridicule pierre, de prononcer une formule magique débordante de niaiseries et ça y est, tu es tirée d'affaire ? Laisse-moi te dire une chose, gamine tout ce que tu as affronté jusque-là, c'était du gâteau. On est coincé ici et ni toi, ni moi ne savons comment sortir. Et encore, si ce n'était que ça. Tu crois réellement que c'est ce labyrinthe de merde qui m'inquiète ? Ces personnes, qui s'amusent avec nous comme si nous n'étions que de vulgaires jouets eh bien figure-toi qu'elles nous ont envoyé des amis. Des monstres, comme celui qui me poursuivait lorsque je me suis échappé. J'ai senti leurs vibrations : ces créatures seront bientôt là.
Kisshu s'était attendu à ce que la gamine tremble face à ses paroles terrifiantes. Il s'était attendu à ce qu'elle crie, ce qu'elle proteste, qu'elle le frappe, qu'elle lui ordonne de la lâcher. Au lieu de quoi, elle approcha simplement son visage de celui de Kisshu, le regarda droit dans les yeux et murmura, d'un aplomb qui surprit le Cyniclon :
– Si ce n'est que ça, je m'en débarrasserai, de tes monstres.
– Fais-moi plaisir, arrête de dire des bêtises, répliqua Kisshu, légèrement surpris. Le seul conseil que j'ai à te donner c'est, lorsque ces monstres arriveront, ne te retourne pas : fuis, et ne t'arrête surtout pas.
– Fuir, c'est pour les lâches, contrattaqua Ringo en le repoussant. Si tu as trop peur pour les affronter, vas-y. Personne ne t'en voudras, pas même tes frères.
La phrase de Ringo eut l'effet escompté avant que la jeune fille n'ait pu faire trois pas, le Cyniclon frappa soudain le mur juste à côté d'elle, l'empêchant d'aller plus loin, si fort que la pierre sous ses mains en trembla.
– Ecoute, petite, lâcha-t-il d'une voix dangereusement basse, écumant de rage. Je ne suis pas d'humeur à entendre tes conneries. Ose encore une fois m'insulter de lâche, et je jure sur la Couronne que je te tuerai de mes propres mains.
Un petit sourire provocateur se dessina sur les lèvres de Ringo, faisant un peu plus se froncer les sourcils de Kisshu.
– Tu ne me tueras pas.
– Tu veux parier ?
– Si tu avais vraiment voulu me tuer, tu l'aurais déjà fait. Et surtout, tu ne voudrais pas t'attirer le rejet de ma cousine, n'est-ce pas ? Mais c'est bien, j'aime ce côté sauvage et agressif, poursuivit la petite brune en lui tapotant l'épaule, satisfaite. Garde ça pour l'arrivée des monstres, OK ?
– Tu n'es qu'une petite manipulatrice, comprit Kisshu en reculant, à la fois admiratif et énervé de s'être fait manipuler si facilement.
Ringo se contenta de hausser les épaules, un sourire ravi ornant ses lèvres. Kisshu la jaugea du regard pendant quelques instants, puis poussa un soupir. Cette petite avait encore raison : rester là à attendre la mort sans même se battre était indigne de lui.
Et il ne pouvait pas se permettre de ne pas honorer la promesse qu'il avait fait à ses frères.
– OK, soupira finalement Kisshu. Si tu veux survivre, il y a une chose que tu dois savoir : nous ne sommes pas vraiment dans un labyrinthe.
– Hein ?
– C'est ce que veulent nous faire croire les personnes qui nous ont enfermées ici, expliqua le Cyniclon avec impatience. En réalité, nous nous trouvons dans un lieu hors du temps et de l'espace, une sorte de brèche spatio-temporelle. Mes frères et moi avions procédé de la même façon pour construire notre quartier général lorsque nous étions… enfin, bref. Cet endroit malléable il prend l'apparence que veulent nous faire percevoir nos ennemis.
– Heu… je vois pas trop où tu veux en venir, là.
– Ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu lieu, ici, qui n'est pas malléable. Son apparence est immuable, car c'est là que se trouve le véritable QG de nos ennemis. Si nous le trouvons, nous trouvons Pai et Taruto. J'espère seulement que tes copines comprendront que c'est endroit n'est qu'une sorte d'immense piège.
Ringo hocha la tête. Les filles étaient intelligentes : elle savait qu'elles comprendraient que le QG des ennemis se trouvaient non loin.
Alors qu'elle était plongée dans ses pensées, une sorte de mugissement retentit, arrachant un sursaut à Ringo et un juron de la part de Kisshu. Les deux jeunes gens échangèrent des regards graves la créature qui avait poussé ce cri, quelle qu'elle soit, ne se trouvait plus très loin d'eux.
– Allons-y, dit Kisshu en se mettant en marche. Mieux vaut prendre de l'avance sur elles car crois-moi, ces choses finiront bien par nous rattraper, tôt ou tard.
Pudding était morte.
Elle gisait sur le sol, les membres tordus dans des angles improbables. Son cœur avait cessé de battre, une bonne partie des os de son corps étaient brisés, et une marre de sang s'étalait sous elle.
Et pourtant, elle était encore consciente. Elle percevait la sensation du sol glacé sous elle. Elle sentait la chaleur des jambes de Zakuro sous sa tête, et la main de la jeune femme qui lui caressait lentement les cheveux. Elle sentait son souffle chaud sur sa nuque, ses larmes qui s'écrasaient sur elles à intervalles réguliers.
Elle l'entendait sangloter, berçant doucement le corps de la petite fille dans ses bras.
Ce qu'il s'était passé ? Pudding ne savait plus trop. Elle se souvenait qu'elle était tombée. De haut, très haut, et pendant longtemps. Puis, son corps avait fini par rencontrer le sol avec violence. Elle avait eu mal, très mal. Comme si tous ces membres, ses bras, ses jambes, essayaient de se détacher du reste de son corps. Puis, la douleur s'était arrêtée.
Est-ce que c'était comme ça devait se passer quand quelqu'un mourrait ? Elle avait drôlement envie de dormir, soudain.
Alors qu'elle sombrait de plus en plus vers les ténèbres, ses pensées se tournèrent une dernière fois vers les gens qu'elle aimait. Ses amies les Mew Mew, sans doute perdues dans cet étrange endroit, terrifiées, se demandant si elles reverraient un jour la lumière du soleil. Kisshu, qui allait probablement mourir sur une planète qui n'était pas la sienne, sans avoir pu sauver ses frères. Ryou et Keiichiro, qui devaient attendre leur retour, morts d'inquiétude. Ses frères et sœurs, Honcha, Lucha, Hanacha, Chincha et Heicha. Comment allaient-ils faire, sans elle ?
Enfin, une dernière personne apparue dans son esprit. L'image d'un jeune Cyniclon, aux beaux yeux oranges, aux cheveux bruns attachés en deux couettes et à la mine constamment renfrognée.
Elle lui avait fait une promesse celle d'attendre son retour, peu importe le temps que cela prendrait. Comment allait-elle faire pour l'honorer, si elle était morte ?
Ce fut comme si une étincelle s'allumait au fond d'elle. Elle ne pouvait pas abandonner. Elle ne pouvait pas laisser les méchants gagner, pas sans s'être battue de toutes ses forces.
Et, soudain, se fut comme si elle remonta à la surface après être longuement restée sous l'eau. Sa vue se précisa, révélant les contours des hauts murs qui l'entouraient, les jambes de Zakuro sous elle. Elle repéra également le halo de lumière entourant les deux Mew Mew, avant de comprendre qu'il provenait d'elle. Son corps brillait d'une intense lumière dorée, s'étendant dans un cercle parfait d'un rayon d'un ou deux mètres.
Et, juste à la limite de ce cercle de lumière, cachées dans l'ombre, des créatures ondulaient dans les ténèbres.
Elles étaient aussi sombres que l'obscurité dans laquelle elles se cachaient, si bien qu'il était difficile de déterminer avec précision de quoi ils s'agissaient. Aux vues de leurs postures et des halètements qu'elles poussaient, Pudding aurait parié sur de gros chiens. Mais de très, très gros chien, beaucoup plus gros que la moyenne. Elles se tenaient tout près du cercle, mais ne cherchait pas à y pénétrer. Pudding comprit qu'elles fuyaient la lumière, comme si elles en avaient peur. La lueur dorée les éclairait faiblement, projetant leurs ombres menaçants sur les murs derrière eux.
– Laissez-nous tranquille, gémit soudain la voix de Zakuro.
Au départ, Pudding crut qu'elle s'adressait aux chiens. Mais, lorsqu'un ricanement résonna sur les murs, faisant sursauter Zakuro et bondir le cœur de Pudding, la blonde avisa soudain la silhouette d'un homme se tenant juste devant les créatures, caché lui aussi dans l'ombre.
Il était grand de taille, et sa posture laissait suggérer qu'il semblait appartenir à la haute bourgeoisie. La seule chose que Pudding distinguait de lui, était un unique œil doré qui brillait dans les ténèbres, semblable à une boule d'énergie ardente.
– Elle est merveilleuse, n'est-ce pas ? demanda une voix masculine, aux accents étonnés.
Un désagréable frisson parcourut la jeune blonde quand elle comprit que l'inconnu parlait d'elle.
– C'est la première fois que je vois ça. Quel pouvoir merveilleux ! C'est tout bonnement exceptionnel, incroyable. Sais-tu pourquoi son corps brille autant, chère Zakuro ?
Comme la jeune femme ne répondait pas, un gloussement amusé retentit de nouveau.
– Elle lutte, très chère. Elle lutte contre la mort. Je n'ai jamais vu une si petite chose contenir autant de pouvoir, à vrai dire. Son pouvoir permet à son corps de se régénérer : du moins, il essaye ! Elle est trop faible, cette pauvre petite chose. Tu vois, cette lumière dorée qu'elle dégage ? Tu as dû remarquer qu'elle faiblit, n'est-ce pas ?
Cet étrange bonhomme disait vrai : la lumière qui englobait Pudding et Zakuro pâlissait à vue d'œil, tandis que le rayon du cercle diminuait.
Et les monstres, eux, de l'autre côté, avançaient toujours plus.
– Quant elle aura cessé de briller, ce sera trop tard pour elle. Je sais que tu aimerais l'aider, chérie mais il n'y a malheureusement rien à faire pour elle. Tu ne peux plus que prier pour que mes amis s'occupent vite de vous lorsqu'il n'y aura plus cette lumière pour vous protéger.
Comme en écho aux paroles de l'homme, les bêtes derrière lui se mirent à grogner, prêtes à bondir.
– Qu'est-ce que vous nous voulez, à la fin ! hurla Zakuro, terrifiée.
Elle ne savait pas où elle avait atterri. Elle venait de perdre une de ses amies la jeune se sentait plus faible, plus vulnérable que jamais.
À travers ses yeux mi-clos, Pudding vit l'homme s'agenouiller, comme s'il voulait prendre une posture rassurante pour mettre la violette en confiance.
– C'est un test, Zakuro. Un simple test, que toi et tes amies devrez réussir si vous voulez sortir d'ici indemnes. Enfin… presque tous.
Son regard se dirigea vers Pudding d'un air entendu, mais la blonde n'y fit même pas attention. Elle avait beau lutter, elle sentait ses forces la quitter. Et, autour d'elle, la lumière faiblissait de plus en plus, éclairant à présent à peine les murs du labyrinthe.
Soudain, il y eut comme un flash, et une abondante lumière dorée les engloba tous elle, Zakuro, les monstres. Seul l'homme était toujours entouré d'une aura de ténèbres, qui le protégeait telle une armure.
Pudding leva lentement les yeux vers la source de cette soudaine lumière. C'était comme si elle était la seule à pouvoir la voir ni Zakuro, ni les monstres, ni cet homme mystérieux n'avait réagit à cette nouvelle apparition. Comme si elle n'était, que pour Pudding.
Derrière la barrière de monstre, une silhouette féminine sans matière, entièrement constitué de lumière blanche, brillait de mille feux. Elle ne semblait pas avoir de visage Pudding ne distinguait ni ses yeux, ni sa bouche ou son nez. Et pourtant, il lui semblait qu'on posait sur elle un regard bienveillant, presque maternel.
Qui êtes-vous ? pensa Pudding, incapable de bouger.
La silhouette eut un sourire invisible.
–La question n'est pas qui je suis, mais qui tu es toi, résonna une voix qui semblait venir de nulle part et partout en même temps. Tout ne dépend plus que de toi, à présent, petite Pudding. Tu dois trouver la force de continuer. Tes amis comptent sur toi.
Déjà, la silhouette s'estompait, disparaissant dans les ténèbres et entraînant avec elle sa chaleureuse lumière.
–N'oublie pas… tu ne dois pas abandonner…
La voix s'évanouit dans l'obscurité, et en même temps, la silhouette avec elle.
Une larme roula sur la joue de Pudding. Cette étrange apparition avait raison. On comptait sur elle. Elle devait se battre, pour tout ceux qui attendait son retour.
Alors, elle ressembla les dernières fois qu'il lui restait, hurlant intérieurement face à la douleur qu'elle ressentait en essayant de bouger.
Elle hurlait toujours, lorsqu'un son cœur fut secoué d'un battement.
