Attention !! Désormais, risques de spoilers de Tome7 !! (même si tout n'est pas encore cohérent avec l'histoire de JK Rowling !
Auteur : Rose Potter
Titre de la fic : Ma vie assassinée
Genre : Mytery/Adventure/Tragedy
Rating : T (ancien PG-13)
Disclaimer : Beaucoup de choses ne m'appartiennent pas : le monde Harry Potter et donc bon nombre de personnages appartiennent à JK Rowling ! Le titre de la fiction est le titre d'un livre écrit par Agnès Ruiz et les titres des chapitres sont référentiels, le plus souvent tirés d'une chanson, ou du titre d'un livre dont je mettrai à chaque fois les paroles, ou le titre du contenu car celui-ci peut éclairer le chapitre. Enfin, je ne touche aucun revenu, si ce n'est les éventuelles reviews que vous me laissez ! ATTENTION : Pour ce chapitre, j'ai dû m'inspirer fortement d'un passage de Et si c'était vrai... de Marc Lévy, n'y connaissant rien aux termes techniques hospitaliers !
Avertissement : Désormais, risque de certains spoiler du tome 7 qui sont encore adaptables dans la fic (vu qu'à la base elle a été écrite à la sortie du tome 5, beaucoup de choses ne correspondent pas !) ! Mais beaucoup de choses sont encore très différentes. Cette fic est loin de raconter la septième année d'étude à Poudlard de nos jeunes amis ! Enfin, mon sadisme, entre l'écriture de l'Enfant Secret et cette fic n'est certainement pas parti .
Résumé général de l'histoire : Et si, en 2017, une jeune femme d'une vingtaine d'année tentait de découvrir les circonstances exactes (celles qu'on lui a toujours cachées) de la mort de son père, un certain Harry Potter ? Que va-t-elle découvrir ? Quelle réalité effrayante se cache derrière ces questions non élucidées ? Alors que les forces du Mal semblent renforcer leur activité qui était presque inexistante quelques années auparavant, elle se lance dans des recherches qui vont faire basculer sa vie à un point qu'elle n'aurait jamais imaginé. Mais tout cela a un prix, qu'il lui faudra payer… Car après tout, n'est-il pas mieux parfois de ne pas connaître la vérité et de penser à construire son avenir plutôt que de rassembler les vestiges du passé ?
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Résumé des chapitres précédents :
Prologue: Description de la vie dans un orphelinat tenu par une vieille femme Moldue (même s'il semble qu'elle ait déjà entendu parler de Voldemort autour d'elle), Sofia, et son assistante, Elena. Le réveillon de Noël se prépare alors que dehors une tempête de neige fait rage. Une petite fille d'environ quatre ans, les cheveux noirs et emmêlés et les yeux vert émeraude, frappe à la porte de l'orphelinat et déclare « papa est mort ».
Chapitre 1 : Zoëlina reçoit chez elle son amie et collègue Andréa. Elle lui a avoué son secret, qu'elle est une sorcière, et lui présente le monde magique. Plusieurs allusions à Harry sont faites mais Zoëlina fait tout pour rester évasive. A dix heures le soir, la Gazette du Sorcier arrive (alors que Zoë n'est pas abonnée) avec un article sur Hermione, disant qu'il y a eu une attaque au Ministère de la Magie la veille et que Hermione étant Auror, est blessée et a été transportée à un hôpital Ste Eulalie. Bien décidée à saisir sa chance, Zoëlina décide qu'elle lui rendra visite pour tenter d'en apprendre plus sur son père.
Chapitre 2 : Zoëlina va à l'hôpital Ste Eulalie après avoir laissé la biographie de son père à Andréa qui a passé la nuit dans le salon. Elle rencontre un infirmier nommé Andrew puis Hermione qui ne se souvenait plus d'elle. Zoë lui raconte comment elle a vécu jusque là. Zoë se demande qui est sa mère. On lui a seulement dit que c'était « une femme bien », « une très grande sorcière ». Hermione, elle, ne sait pas non plus. Hermione lui annonce qu'elle va mourir de ses blessures et qu'aucun transfert à Ste Mangouste n'est possible. Hermy donne un papier à Zoëlina qu'elle devra remettre à McGonagall. Andrew raccompagne Zoë qui lui dit que son père est mort. Zoë est troublée par Andrew. Elle revient chez elle. Andréa est partie en lui laissant un mot. Invitation de McGo pour devenir prof de DCFM avancé. Andrew lui tel pour l'inviter à faire un tour dans le parc. Zoë furieuse de ne pas pouvoir lui résister.
Chapitre 3 : Andrew vient chercher Zoëlina pour une promenade dans le parc avec Andrew. Lors de son retour chez elle, Stephen (son collègue Moldu amoureux d'elle) lui téléphone et s'impose chez elle le lendemain. Elle parvient à lui faire croire que tout est normal malgré les objets magiques qui sont présents chez elle. Arrive Andrew et c'est le clash entre les deux hommes, même si l'infirmier venait pour donner des nouvelles d'Hermione. Après avoir mis Stephen à la porte, Zoë se rend à Poudlard et atterrit dans la cheminée du prof Rogue qu'il l'emmène voir le professeur MacGonagall. Après un entretient, elle retourne chez elle et fait un étrange rêve : la mort de Sirius Black.
Chapitre 4 : Zoë repense à son rêve sur Sirius. Elle va voir Hermione pour lui annoncer que McGo ira la voir dès que possible et qu'elle a été prise à Poudlard comme professeur de DCFM avancé. Hermione lui avoue qu'elle commence à retrouver la mémoire mais ne veut rien lui dire pour le moment. Elles se disputent un peu et Zoë repart chez elle. Elle va à Poudlard, est présentée aux élèves, et fait la connaissance du professeur de métamorphose, McDowel, qui lui montre sa chambre (qui n'est autre que son repère secret lorsqu'elle était étudiante). Son amie, Elena, professeurs de Sortilèges et Enchantements vient la voir. Premier cours : les Détraqueurs et production de Patronus. De retour chez elle, Stephen l'invite à dîner le samedi soir suivant. A Poudlard, elle fait un rêve étrange : les hommes du Ministère sont chez elle, avec son père, et semblent rechercher quelqu'un. Elle est sur le point de se faire attaquer par un Détraqueur (toujours dans son rêve) et se réveille brusquement.
Chapitre 5 : Rogue propose à Zoëlina de l'aider dans ses recherches sur Harry, proposition qu'elle ignore. Dans la Grande Salle, McGonagall donne une lettre d'Andrew à Zoëlina (elle a donc rendu visite à Hermione), et Zoëlina la lit enfin lorsqu'elle arrive à se soustraire au harcellement moral d'Elena. Il s'agit d'une invitation pour la fête foraine de Nutley Hutching le vendredi soir. Dispute avec Elena qui l'incite à y aller et à arrête de penser trop au passé. Le vendredi soir, Zoë va donc avec Andrew à la foire, et, installés dans une bouée, ils se rapprochent l'un de l'autre (Zoëlina a d'ailleurs des soupçons sur l'identité d'Andrew et se demande s'il n'appartient pas au monde de la Magie). Mais ils sont dérangés par Malefoy et Rosier qui se lancent à leur poursuite. Cachés, ils voient Elena et Andréa. Les deux sorcières partent à la poursuite des deux mangemorts et Zoë, après avoir vu des étincelles dans le ciel se rend sur le parking pour sauver Elena qui est en danger, mais se fait assommer par Malefoy.
Chapitre 6 : Zoëlina se réveille chez elle, entourée de ses amis. Stephen arrive pour emmener Zoëlina au restaurant où il lui fait une déclaration (paraît beaucoup plus mature que d'habitude) et se font offrir le champagne par un couple de sorciers ayant reconnu Zoëlina. Lorsqu'ils reviennent chez elle, ils s'embrassent dans le hall d'entrée, sous les yeux médusés d'Andrew. Une fois que Stephen est parti, ils ont une vague discussion et Andrew s'en va. Zoëlina passe une mauvaise nuit en repensant à cela, car après tout elle ne comprend pas très bien pourquoi elle a embrassé Stephen. Le lendemain, Elena incite Zoëlina a accepter la proposition de Rogue, et, lorsqu'elles sont de retour à Poudlard, celui-ci leur présente son nouvel assistant : Drago Malefoy. Zoë le surveille depuis sa chambre grâce à la carte du Maraudeur et finit par s'endormir. Elle rêve du Détraqueur chez elle où elle se voit sauvée par Malefoy qui menace son père et toute sa famille.
Chapitre 7 : Petite rixe entre Rogue/Elena/Zoë/Drago. Début Novembre : Zoë s'absente de l'école et va à Ste Eulalie. Hermione est de plus en plus mal. Celle-ci raconte à Zoë la recherche des Horcruxes (cf. tome 7, sauf que la quête dure plus longtemps, et que lorsqu'ils ont tué Nagini, celle-ci a mordu Ron qui est mort). Harry aurait voulu attendre pour poursuivre la quête afin de protéger la vie de sa famille. En partant de l'hôpital, Zoë croise Andrew, elle essaie de le convaincre qu'il faut qu'Hermione sorte d'ici (pour l'emmener à Ste Mangouste). De retour chez elle, elle passe la soirée avec Stephen, mais lorsqu'elle s'endort, elle fait un rêve : elle avait une soeur jumelle, Zoëline, qui est morte.
Remerciements : A tous ceux qui me soutiennent pour cette fic mais aussi tous les jours ! Merci aussi aux lecteurs éventuels de venir vous aventurer ici ! Réponses aux reviews à la fin du chapitre . (lisez-les seulement après avoir lu le chapitre ;) )
Où en sommes-nous dans l'histoire : 8/17
A propos du titre du chapitre : Dernier sourire, une chanson magnifique de Mylène Farmer :x
Dernier sourire, Mylène Farmer
Sentir ton corps,
Tout ton être qui se tord
Souriant de douleur
Sentir ton heure
Poindre au cœur
D'une chambre qui bannit le mot tendre
Sentir ta foi
Qui se dérobe
À chaque fois que tu sembles comprendre
Parles moi encore
Si tu t'endort
Si c'est ton souhait
Je peux t'accompagner
Qui te condamne
Au nom de qui
Mais qui s'acharne
À souffler tes bougies
Est-ce te mentir ?
Est-ce te trahir ?
Si je t'invente des lendemains qui chantent
Vois-tu le noir de ce tunnel ?
Sais-tu l'espoir quand jaillit la lumière
Ton souvenir ne cessera jamais
De remuer le couteau dans ma plaie
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Chapitre 8 : Dernier sourire
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- Zoë ! Réveille-toi ! Zoë… Zoë !!!
Je sens qu'on me secoue, une main caresse mon visage et tapote légèrement mes joues.
- Zoë !
J'ouvre les yeux, enfin, tremblante et fébrile. Le visage de Stephen est au-dessus de moi, j'y lis l'inquiétude. Il me faut quelques secondes pour remarquer que mon visage est inondé de larmes, que j'efface rapidement d'un revers de main en espérant - stupidement - qu'il n'a rien remarqué. Je ne comprends pas…
- Que s'est-il passé ? demandé-je en un murmure.
- Je ne sais pas ! s'écrie Stephen. Tu t'es endormie sur moi, je suppose que tu as dû faire un mauvais rêve !
Instantanément, le mauvais rêve en question déferle dans mon esprit ; tout me revient, les morceaux se recollent. Mon père, cette ambiance sinistre… ma sœur. Je sens ma tête tourner. Ainsi j'avais eu une sœur jumelle… Zoëline. Je n'arrive pas à y croire ! Comment est-ce possible ? Je veux dire… comment se fait-il que personne ne m'en ai jamais parlé ? Que je ne m'en souvienne pas moi-même ! Enfin, j'avais seulement quatre ans à l'époque... Est-il possible qu'absolument tous l'aient oubliée ? Assurément non ! Alors aurait-on voulu me cacher son existence ? Et dans ce cas là, pourquoi ? C'est un pan entier de ma vie qui bascule, qui est remis en cause. Cette nouvelle n'aura à vrai dire pas beaucoup d'incidence à présent, sur ma vie. C'est du moins tout ce que je peux supposer. Mais c'est tellement troublant ! Comment ai-je pu rester si longtemps sans le savoir ? Aussi certaines menaces de Malefoy dans mon dernier rêve prennent tous leur sens. « L'accident » déjà survenu dont il parlait, c'était la mort de ma sœur et pas celle de ma mère comme je le croyais. Et lorsqu'il se voulait rassurant en me disant que moi, je ne mourrai pas, il marquait la différence avec ma sœur, qui elle, n'était déjà plus parmi nous. Ce sont eux qui l'ont tuée ; ainsi donc, ils m'auront tout pris... Je regarde Stephen qui est toujours penché sur moi, attendant probablement une réaction de ma part, une parole, un geste qui tarde à venir.
- Zoë ! Ça va ? Qu'est-ce qu'il y a ma douce ? reprend-il d'un air inquiet.
- Quelle heure est-il, demandé-je contre son attente.
- Il est neuf heures et demi du matin, nous nous sommes endormis comme ça. Tu as fait un mauvais rêve ?
- Pire ! Mais je n'ai pas le temps…
Sans donner plus d'explications, je me lève d'un coup, me précipite dans le hall d'entrée et enfile mon manteau tout en sortant.
- Où vas-tu ?! s'écrie Stephen dans la plus totale incompréhension.
- A l'hôpital ! Je ne sais pas quand je reviens !
Je claque la porte derrière moi et me mets à courir en direction de l'hôpital. Il faut absolument que je la voie, que je lui parle… Serait-elle au courant de tout cela sans m'en avoir parlé ? Ou ne s'en souviendrait-elle pas ? L'horreur me fait courir si vite que je parviens à l'hôpital en à peine plus de cinq minutes, seulement. A croire que j'ai transplanné sans m'en rendre compte. Je traverse le hall d'entrée, me rue dans l'ascenseur et scrute l'écran qui indique les étages au fur et à mesure que la machine monte. Lorsque, au bout d'un temps qui me paraît interminable, le « ding » caractéristique de l'arrêt à un étage se fait entendre, je sors précipitamment de cette boite à sardine et cours en direction de la chambre 713, sans faire attention, pour une fois, à l'éventuelle présence d'Andrew dans le service. Lorsque je pousse la porte, l'odeur qui règne dans la pièce ne me saisit même pas, de même que la vue de son corps de plus en plus pâle et décharné. Est-ce que je fais même attention à elle ? Non en fait… Je n'ai en tête que mon rêve ; ma sœur qui est morte, et dont je n'ai aucun souvenir. Cependant, je vois qu'elle est surprise par ma visite. Son bras s'est glissé avec une rapidité étonnante pour son état sous les draps. Je me demande tout juste ce qu'elle a bien pu cacher et n'y accorde, à vrai dire, aucune importance.
- Hermione ! crié-je, moi-même surprise par la force de ma voix dans cet endroit si silencieux.
Elle tourne vers moi un regard vieillit de dix ans, tiré, épuisé… agonisant.
- … pardon, dis-je alors en baissant la tête, honteuse et d'une voix beaucoup plus faible.
Elle me fait un vague sourire, à peine perceptible. Son absence de réactivité est flagrant, de même que son manque de force pour en avoir. Peut-être que son récit de la veille l'a trop épuisée. Ou peut être que les jours qui passent ne font qu'aggraver son état, « tout simplement ».
- Hermione ? répété-je encore plus doucement, tout en m'approchant lentement du lit.
Là, je remarque une tige de bois très travaillée, plutôt belle… qui s'avère être sa baguette magique, encore posée sur son lit, non loin de sa main. Apparemment, elle n'a pas eu le temps de la dissimuler, elle.
- Je ne pense pas que ce soit très prudent de la laisser en vue dans cet endroit, entourée de Moldus comme vous l'êtes… et même cachée, ils pourraient facilement mettre la main dessus, sans même le vouloir.
Je m'assoie lentement sur lit ; elle ne fait aucun commentaire sur ce que je viens de dire et détourne même très vite la conversation d'une manière à laquelle je ne m'attendais pas.
- Que se passe-t-il ? Tu sembles ne pas être bien...
Mon agitation n'est apparemment pas passée inaperçue. Elle a même l'air intrigué, voire inquiet.
- Comment allez-vous ? lui demandé-je alors, n'ayant pas encore rassemblé le courage de lui demander des explications sur mon rêve.
- Aussi bien que tu peux le voir, me répond-elle vaguement, probablement résignée à me laisser tourner encore un peu autour du pot.
- Nous allons essayer de vous sauver ! m'écrié-je en me rapprochant d'elle. Vous ne pouvez pas rester ici !! Ils ne peuvent rien faire pour vous !
Elle hoche lentement la tête en signe de négation.
- Je vois que quelque chose te tracasse, dit-elle pour reprendre le contrôle de la conversation.
Je vois très vite que rien ne la décidera à parler d'une éventuelle fuite de l'hôpital, j'accepte donc de revenir sur le but premier de ma visite.
- Et bien je… commencé-je. J'ai fais un rêve cette nuit. Cela m'arrive depuis quelques temps. En fait, je redécouvre mon passé dans ces rêves.
Elle hausse les sourcils et son visage marque une expression à la fois stupéfaite et intriguée.
- Des choses que j'ai vécues, continué-je, et dont je n'avais aucun souvenir. Mais aussi des choses qui se sont passées alors que je n'étais pas encore née… comme la mort de Sirius Black... c'est le premier que j'ai fait.
Elle semble ébahie par ce que je lui dis.
- Tu vois tout ça en rêve !? s'exclame-t-elle comme pour confirmer. Oh…, continue-t-elle plus faiblement, fais juste attention à ce que ce ne soit pas une manipulation.
C'est tout ; elle me dit simplement cela. Elle ne parle plus avec sa conviction habituelle et ne me demande pas quels sont ces rêves ; elle semble être plus qu'épuisée.
- Ton dernier rêve t'a apparemment plus troublé que les autres vu que tu sembles avoir couru jusqu'ici pour m'en parler, continue-t-elle. Qu'as-tu découvert ?
- J'ai rêvé d'une mort. J'étais à la maison, avec mon père… et j'ai vu un fantôme. Et grâce à une photo, j'ai compris que c'était… ma sœur. Zoëline.
Elle ouvre des yeux ronds, effarés, et porte sa main osseuse sur sa bouche. Le silence s'abat sur nous. Moi, tremblante, et elle, semblant penser à toute vitesse. Le tic tac de la petite pendule de la chambre égraine le temps infini que nous passons ainsi. Soudain, les yeux d'Hermione s'agrandissent d'horreur et sa respiration devient saccadée, difficile. Ses doigts se crispent sur les draps de lit.
- Hermione ? demandé-je, inquiète.
Aucune réaction de sa part, si ce n'est une crispation grandissante. Je me penche vers elle et mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Elle suffoque ! Vite, je touche son front et constate qu'il est brûlant.
- Hermione ! Que se passe-t-il ?
La courbe de l'électrocardiogramme qui prend en permanence son rythme cardiaque sursaute un peu. Très vite l'idée du motif de ma visite s'évanouit en moi. Je ne pense plus à mon rêve, à Zoëline, à tout ce passé si mystérieux. Un bruit anormal m'interpelle ; celui de l'appareil dont le tic tic affolé n'indique rien d'encourageant. Hermione est maintenant prise d'une quinte de toux violente. Je me lève précipitamment et le prends la main.
- Hermione !!! Hermione ! m'écrié-je à nouveau.
Mais elle se met à tousser de plus belle, comme si elle allait s'étouffer. Le graphique montrant sa fréquence cardiaque s'affole autant que moi ; faisant de grands traits rapprochés sur la feuille qui retrace toutes ses activités cardiaques. Son cœur bat beaucoup trop vite. J'empoigne alors la sonnette d'alarme suspendue à la tête du lit et appuie dessus comme une forcenée. En attendant la venue d'un infirmier, je lui tapote le dos même si je sais que mes efforts sont vains. Un temps interminable à mon goût s'est écoulé lorsque tout à coup, elle se met à cracher du sang qui vient souiller les draps qui étaient auparavant d'un blanc immaculés. A chaque toux, un liquide pourpre s'échappe de sa bouche et ses forces semblent diminuer irrémédiablement. Folle d'inquiétude, je cours à la porte et sors dans le couloir à la recherche d'un infirmier. J'en repère un à l'autre bout du long corridor, en train de discuter avec une aide-soignante. Je cours comme jamais je n'ai couru dans sa direction puis l'atteint enfin ; ce n'est pas Andrew.
- Vite, je vous en supplie, cris-je presque.
- Mademoiselle, nous sommes dans un hôpital ici, pas dans une foire alors cessez de crier ! me réplique la femme qui parlait avec lui en un rictus de mépris. Je suis en train de parler avec Mr…
- Qu'y a-t-il ? la coupe l'infirmier en fronçant les sourcils, non pas d'un air fâché mais plutôt inquiet.
- Hermione Granger ! Elle ne va pas bien du tout et crache du sang !
L'homme crie à l'infirmière antipathique d'appeler l'infirmier de garde car il aura sûrement besoin de renforts puis commence à courir dans le couloir après que je lui aie indiqué la chambre 713. Quant à moi, je fusille la femme de mon regard vert émeraude et me lance sur les talons du jeune homme. Nous débarquons dans la chambre d'Hermione qui gît déjà inconsciente sur son lit, une marre de sang autour d'elle. Le jeune homme jette un œil à l'électrocardiogramme qui montre une activité à présent très lente du cœur. Trop lente.
- Merde ! s'écrit-il.
Il se retourne et sors précipitamment de la chambre en me bousculant au passage mais je suis bien trop impressionnée par le spectacle qui s'offre à moi. J'entends crier des ordres dans le couloir. Très vite, il revient dans la chambre, accompagné de… Andrew ! Il me jette un coup d'œil au passage et se rue sur le lit d'Hermione. Trop choquée, j'observe la scène en silence, n'osant pas manifester ma présence, ni proposer mon aide. Je ne pense pas pouvoir faire grand-chose… et eux non plus d'ailleurs.
- Vite, penche-la sur le côté, Stew, vers le seau et fait la vomir pour empêcher qu'elle s'étouffe avec son sang pendant que je prépare tout, ordonne-t-il à l'autre homme.
Celui-ci empoigne doucement la malade et lui met la tête au-dessus d'une bassine. Prostrée, je ne détourne même pas la tête alors qu'un long filet de sang dégouline de la bouche d'Hermione. Et la boule que je sens monter dans ma gorge n'est pas de l'écoeurement, mais plutôt de la frayeur. Ste Mangouste, je dois appeler des Médicomages !!! Mais si je pars… que risque-t-il de se passer pendant mon absence ? Si jamais elle devait… partir… Je ne veux pas qu'elle soit seule…
- Prépare-moi les pastilles et une perfusion.
- Qu'est-ce que ça donne ? demanda Stew, maintenant occupé à la perfuser en désignant du menton l'électrocardiogramme.
- Rien qui soit de bon augure. Tension à 8/6, pouls à 140… prépare un tube endotrachéal de 7, on va intuber.
J'observe l'homme préparer une mixture avec des ingrédients qui se ressemblent tous. « Rien à voir avec les potions de Rogue » me dis-je. L'instant d'après je réalise que c'est idiot et complètement inapproprié de penser à ça en un instant pareil. Au même moment, la température d'Hermione se met à chuter brutalement, tandis que le tracé de l'électrocardiogramme devient irrégulier. Au bas de l'écran vert, un petit cœur rouge se met à clignoter, aussitôt accompagné d'un bip court et répétitif.
- Tiens bon, tiens bon…! Allez, accroche-toi ! murmure Andrew.
En moins d'une minute, Hermione est intubée et la sonde reliée à un embout respiratoire.
- Quel est le bilan, Andrew ?
- La respiration est stable, la tension a chuté de 4… commence-t-il.
Mais il n'a pas le temps de terminer sa phrase, au bip court se substitue un sifflement strident qui jaillit de l'appareil.
- Oh non, pas ça !!! Vite ! Envoie-lui 300 joules !
Franck frotte les deux poignées de l'appareil l'une contre l'autre.
- C'est bon, j'ai le jus ! Ecarte-toi !
Il plaque les deux appareils sur la poitrine d'Hermione qui, sous l'impulsion de la décharge, s'arque et retombe mollement sur son lit. A cet instant je distingue tout juste un petit objet tomber du lit d'Hermione et rouler un peu plus loin dans la pièce ; je ne vois pas où il atterrit. Les deux infirmiers n'y ont même pas fait attention. Je regarde ce spectacle, effarée. Que se passe-t-il ?
- Non, c'est pas bon, prend à 360 et recommence ! ordonne Andrew.
- OK !
Le corps se dresse puis retombe, toujours inerte. La violence du spectacle qui s'offre à moi m'arrache des larmes, malgré tous mes efforts pour les retenir.
- Passe-moi cinq milligrammes d'adrénaline et recharge à 360 !
L'autre infirmier s'exécute. De nouveau, le corps sursaute.
- 380, vite !
Hermione se voit une nouvelle fois appliquer les deux appareils sur la poitrine et son cœur semble reprendre un rythme stable, quelques instants seulement : le sifflement qui s'était interrompu quelques secondes se fait entendre de plus belle…
- Un arrêt cardiaque ! s'écrit Stew.
Immédiatement, Andrew entame un massage cardio-respiratoire avec un acharnement, tentant de la ramener à la vie. Il ordonne à son coéquipier de recharger la machine une fois de plus. Je reste dans mon coin sombre, observant la scène avec horreur. Ce n'est pas possible…
- Laisse tomber, Andrew, ça ne sert à rien, tente celui-ci de le raisonner. On savait que ça ne tarderait pas à arriver…
Mais Andrew n'abandonne pas. Il hurle de recharger le « défibrillateur » et son partenaire s'exécute. Pour l'énième fois, il demande que l'on s'écarte. Le corps se cambre encore, mais le trait de l'électrocardiogramme est toujours plat. Andrew recommence à masser, mais son coéquipier prend conscience de l'absurdité de sa conduite.
- Repasse encore un demi-milligramme d'adrénaline et monte à 400 !
- Andrew, arrête, ça n'a pas de sens, elle est morte. Tu fais n'importe quoi !
- Ferme ta gueule et fais ce que je te dis ! jure Andrew.
Stew secoue la tête mais obéit à son ami, injecte une nouvelle dose dans le tuyau de la perfusion, et recharge le défibrillateur. Il envoie la décharge et le thorax se soulève brutalement. Le tracé de l'électrocardiogramme reste désespérément plat. Andrew se passe une main dans les cheveux, puis, contre toute attente, frappe le bord du lit avec son poing. Je sursaute.
- Merde, merde !
Mon cœur s'accélère… non ! Ce n'est pas possible. Ca ne peut pas arriver… pas ça ! L'assistant le saisit rapidement par les épaules et le sert fortement.
- Arrête, Andrew, tu perds les pédales, calme-toi ! Tu prononces le décès et on s'en va. Tu es en train de craquer, tu vas aller te reposer maintenant. Ça devait arriver. Elle est en paix maintenant.
Andrew est en sueur, les yeux hagards. Son coéquipier hausse le ton, contenant la tête de son ami entre ses deux mains, le forçant à fixer son regard. Il lui intime l'ordre de se calmer et, en l'absence de toute réaction, le gifle. Le jeune infirmier accuse le coup, ses yeux brillent. Je pense intervenir, voyant l'état de choc d'Andrew, mais je suis incapable de dire un seul mot, et encore moins de faire un geste vers lui.
- Allez, reviens avec moi, reprends tes esprits, lui dit Stew d'une voix apaisante et en le lâchant.
Andrew, le regard perdu se met à marcher en tournant sur lui-même, totalement désemparé. L'électrocardiogramme ne fait plus aucun bruit. Il effleure la main d'Hermione du bout des doigts et passe la main sur ses yeux, fermant ainsi les paupières restées jusque là grandes ouvertes. Je le vois ouvrir la bouche lentement, les yeux fixés sur la pendule de la chambre. Je ne peux pas croire que c'est en train d'arriver… non ! Il ne faut pas…
- Seize heures vingt-cinq, décédée.
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Ces lourdes paroles font peser un silence affreusement lourd sur nous trois. Les deux infirmiers sortent sans un mot - Andrew, qui finalement semble savoir que j'étais là depuis le début, n'ose qu'à peine me regarder - et me laissent seule, dans cette chambre où la mort s'est installée. Je glisse lentement contre le mur, toujours au même endroit, dans le coin de la porte, jusqu'à atteindre le sol. Ce n'est pas possible… ça ne peut pas être arrivé. Pas à elle ! Pas déjà ! Les larmes qui m'ont échappées tout à l'heure ont séché sur mes joues et je suis trop choquée pour pouvoir pleurer encore. Combien de temps est-ce que je reste ainsi à penser ? Ou plutôt à essayer vainement d'organiser cette foule de pensées qui envahit mon esprit ? Je n'en ai aucune idée. Finalement, je me lève, d'un geste automate et m'approche lentement, pas à pas, du lit où gît le corps d'Hermione, toujours sous ces draps ensanglantés. Mes doigts effleurent sa main encore chaude. Se pourrait-il qu'elle se réveille ? Qu'elle ne soit finalement pas morte ?
- Hermione ? me risqué-je en un murmure étranglé.
Mon cœur se serre, et se resserre toujours plus au point que j'ai l'impression qu'il va imploser. Je repense à toutes nos conversations et regrette de ne pas l'avoir connue avant qu'elle ne soit dans cet hôpital, avant qu'elle ne commence à mourir. Puis je repense tout à coup à l'étrange attitude qu'elle a eue lorsque je suis entrée, en cachant très certainement quelque chose sous ses draps. Et si je ne me trompe pas, cet objet est celui qui est tombé tout à l'heure, alors qu'ils essayaient de la réanimer. Je m'accroupis donc et scrute le sol, à la recherche de cet objet mystérieux. Je ne vois rien à première vue, à part un petit bout de bois dépassant de sa table de nuit, par terre. Mais ce n'est pas ce qui m'importe, ce que j'ai vu tomber était un peu argenté. Je suis donc obligée de m'allonger au sol afin de regarder sous l'armoire de la chambre. Je passe mon bras dessous et cherche à tâtons. Pendant quelques secondes ma main ne touche que le sol mais tout à coup, ça y est ! Je le sens, froid, petit et cylindrique. Je le saisis et le ramène à moi. Il s'agit d'un petit tube en verre fermé par un bouchon de liège. J'ai à peine le temps de constater la couleur effectivement argentée du liquide qu'il contient que la porte de la chambre s'ouvre doucement. Vite, j'enfouis le tube dans la poche de mon pantalon et me relève juste avant qu'Andrew n'apparaisse dans l'encadrement de la porte. Il s'approche de moi, gravement, tête baissée.
- Je suis désolé, dit-il finalement, une fois arrivé à ma hauteur.
- Vous n'y pouvez rien… c'est de ma faute, admis-je. Je suis venue lui parler d'un sujet important… Elle a peut être été trop choquée ou je ne sais quoi…, dis-je finalement en prenant conscience de ma culpabilité. C'est ça qui a déclenché sa crise.
Ma voix se serre peu à peu. J'ose à peine le regarder moi aussi. Je me demande ce qui se serait passé si je n'étais pas venue. Je sens une boule monter dans ma gorge mais rien ne veut sortir. Je suis perdue, désemparée. Je m'aperçois qu'Andrew fait quelques pas vers moi. Une main se pose derrière ma tête avec douceur et, par une légère pression, me fait avancer vers lui. Son autre bras passe aussitôt derrière mon dos et je me retrouve dans ses bras. La gêne dans ma gorge monte alors violemment et j'éclate en sanglots, dans ses bras si chaleureux, si rassurants.
- Vous n'y êtes absolument pour rien, Zoëlina, me murmure-t-il doucement à l'oreille alors que j'enfouis mon visage dans le creux de son cou. Ce matin, quand j'ai été la voir, elle m'a dit… qu'elle sentait qu'elle allait mourir aujourd'hui. C'est pour ça que je suis restée, alors que je ne devais travailler que ce soir. Vous n'y pouvez rien.
Il me serre un peu plus fort, mais toujours avec douceur, contre lui. Sa main passe doucement dans mon dos dans un geste réconfortant. Je ne pense plus à rien d'autre qu'au vide étrange qui s'insinue en moi. C'est comme si on aspirait tout ce qui me constitue ; comme si je n'étais plus rien qu'un corps entièrement vide, une coquille vidé de son contenu.
- Comment le savait-elle ?
- Il arrive que les gens sentent quand ils vont mourir. C'est comme ça. Et puis quand elle parlait de sa maladie, elle donnait l'impression d'en savoir plus que nous à ce sujet. Elle ressentait ce qu'elle avait, au plus profond d'elle-même. Quand je lui ai dis qu'on allait essayer, tous les deux, de la changer d'hôpital pour un plus approprié, elle a seulement dit que c'était trop tard.
Je continue à pleurer de tout mon saoul contre lui. Sa douceur et le réconfort qu'il m'apporte ont abaissé toutes les derrières que j'avais dressées contre d'éventuels laisser-aller.
- Ne vous en voulez pas. Son heure était venue, voilà tout ! Même s'il est révoltant de voir qu'elle était si jeune… 37 ans, seulement !
Il a raison… si jeune ! Un avenir si prometteur !!! Elle n'avait pas mérité ce qui lui était arrivé ! Elle n'avait pas mérité de mourir. Je sens une haine encore inconnue monter en moi.
- Je la vengerai, murmuré-je au creux de son épaule.
- « la vengerai » ? s'étonne Andrew en s'écartant un peu pour voir mon visage. Mais de quoi ?
- De ceux qui lui ont fait ça ! crié-je en larmes.
- Ça quoi ?! et qui ???
- De ceux qui lui ont infligé cette « maladie », comme vous le dîtes !!!
- Je ne comprends pas ! me dit-il en saisissant mes mains avec une des siennes et en orientant mon visage vers le sien avec l'autre. De quoi voulez-vous parler ? C'était bien une maladie, non ?
Je secoue la tête en signe de négation, toujours en pleurs. Il recommence à m'attirer contre lui pour me calmer mais je me dérobe. Je n'aurais jamais dû lui dire ça !!! Je le regarde horrifiée, puis mes yeux se posent sur le corps Hermione. Je ne peux rien dire à Andrew ! Vite, je le contourne et me met à courir. Face à ma fuite, et après un petit temps de réaction, il se met à me poursuivre. Prenant les escaliers, je descends aussi vite que je le peux, mais il rattrape petit à petit la distance que j'avais mise entre nous et je n'ai désormais plus qu'un étage d'avance. Il est trop rapide ! Transplanner… C'est la seule solution qui me reste. Je me concentre tout d'abord sur mon salon, mais je me rends vite compte que Stephen risque de s'y trouver s'il n'a pas bougé depuis ce matin. Il peut être dans toutes les pièces de la maison ; sauf… ma « Tanière » ! C'est la seule solution assez fiable. Je me concentre donc fortement sur la pièce cachée, assez sombre, et entièrement composée de Magie. Je suis obligée de m'arrêter pour réussir correctement le sort. Pop je disparais de la cage d'escalier de l'hôpital et réapparaît presque instantanément chez moi, dans la pièce désirée. Andrew s'est-il aperçu que mes pas ont cessé de se faire entendre, à l'hôpital ?
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- Zoëlina !!
Stephen se précipite sur moi lorsque j'entre dans le salon, après avoir descendu les escaliers. Il semble fou d'inquiétude.
- Tu vas bien ma douce ?? Que s'est-il passé ??! Où étais-tu partie ?!
Je le regarde, vide d'expression. Je ne suis pas sûre de le voir, même si je sais qu'il est là. Je me laisse tomber dans le canapé et il s'assoit près de moi en m'attirant contre lui.
- Tu as pleuré ! s'étonne-t-il.
Il me sert un peu plus fort contre lui. Oui, j'ai pleuré, mais ça y est, la source est tarie, plus rien ne sortira… pas maintenant de moins.
- J'étais à l'hôpital, répondis-je tel un automate.
- Pourquoi ? Tu ne m'as donné aucune explication ! J'étais inquiet… Tu es partie si vite ! C'est à cause de ton mauvais rêve ?
- … oui, répondis-je un peu hésitante. J'ai été voir Miss Granger…
Ma voix s'étrangle un peu en prononçant ce nom. Il semble le remarquer et se penche un peu plus vers moi, prenant ma main.
- Et que t'a-t-elle dit ?
Je secoue la tête violemment, ayant maintenant peine à respirer en repensant à tout ce qui s'est passé dans la chambre 713. Je n'ai pas le courage de lui dire quoi que ce soit de plus que les quelques mots qui glissent sur mes lèvres.
- Elle est morte, lâché-je en un souffle.
Il reste interdit quelques minutes puis m'attire contre lui et cale ma tête sur son épaule.
- Je suis désolé pour toi, ma douce… Elle était gravement malade ?
- Oui, on peut dire ainsi… réponds-je en pensant aigrement à la cause première de sa maladie.
- Que s'est-il passé ?
Je ne trouve pas la force de répondre, de lui dire que c'est de ma faute, que c'est moi qui est déclenché cette crise fatale. Je me contente donc de hausser les épaules. Je me sens vide. Incapable de penser correctement, voire même d'aligner trois phrases à la suite en leur donnant une certaine logique… je n'arrive même pas vraiment à m'exprimer… Nous restons donc ainsi quelques minutes, dans le silence le plus complet. Je sens pourtant qu'il brûle d'en savoir plus afin de pouvoir m'aider et me comprendre.
Je suis toujours dans ses bras lorsque je sens quelque chose de gênant dans la poche arrière de mon pantalon ; la fiole d'Hermione. Le réconfort que je trouve dans les bras de Stephen se dissipe presque aussitôt que mon attention se focalise sur l'objet. Vite, trouver une excuse… Il faut que je sois seule, seule et toute seule ! Sinon, impossible de me pencher du plus prêt sur son intriguant contenu. Peut-être que cet objet a une importance capitale. Que voulait-elle en faire ? Pourquoi a-t-elle voulu me le cacher ? Si je devine bien ce qu'il contient, alors peut-être que j'aurai des réponses... Vite, être seule !
- Stephen, je ne me sens pas bien… dis-je sans réfléchir. J'aimerais rester un peu seule, si ça ne te dérange pas, continué-je tout doucement, un peu honteuse de le renvoyer ainsi.
- Je comprends ma douce, je vais te laisser… Mais si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'appeler…
Je le remercie timidement et le raccompagne à la porte de chez moi, tout de même un peu surprise qu'il ne s'oppose pas à ma demande. Une fois seule, je me précipite dans ma « Tanière », et, après m'y être enfermée, je sors le flacon de verre trouvé dans la chambre d'Hermione. Que voulait-elle donc me cacher ? Que contient ce flacon ? Je le sors de ma poche et commence à l'examiner. Sa couleur argentée me laisse, après tout, trois solutions : du sang de licorne, de la pensine, ou de la pluie de lutin. Je débouche donc la fiole et plonge un doigt dedans. Le liquide ne semble pas visqueux… ce n'est donc pas du sang de licorne et lorsque je l'essuie sur un chiffon, je m'aperçois que mon doigt n'a pas pris la teinte argentée que prend habituellement tout ce qui touche la pluie de lutin.
De la pensine, donc. Ma première intuition était la bonne. Vite, je sors un petit bac en pierre où des runes sont gravée, et y verse fébrilement le contenu du flacon. Quelles pensées a donc pu y mettre Hermione ? Pourraient-elles m'aider dans mes recherches sur mon père ? J'hésite cependant. Et si ces pensées ne m'étaient pas destinées ? Si elles étaient personnelles ? Trop personnelles ? Si j'avais pu les regarder, pourquoi Hermione les auraient-elles cachées lorsque j'étais entrée dans sa chambre ? Peut-être même qu'elles ne devaient être regardées par personne et qu'elle les avait juste mises « de côté »… En même temps… si elle savait qu'elle allait mourir, elle n'aurait jamais enlevé ces pensées de son esprit, pas plus qu'elle ne les aurait conservées. Elles les auraient plutôt emportées avec elle, où elles seraient à jamais inaccessibles pour quiconque… Elles sont donc bien destinées à quelqu'un… Je tergiverse quelques instants, puis décide finalement de regarder… plus poussée par la curiosité que par une preuve valable qu'elle les destinait à moi. J'approche donc mon visage de la pensine, peu à peu, jusqu'à ce que je sente le froid du liquide sur le bout de mon nez et je bascule aussitôt en avant, puis atterris presque en douceur dans un tout autre lieu.
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La salle est plutôt sombre, les murs sont en pierres grises, froides et humides. Une odeur de moisi règle dans la pièce plutôt exiguë. Comme je pense ne rien pouvoir apprendre dans un tel endroit, je veux prendre la sortie mais je m'aperçois bien vite que la porte, qui est en fait, composée de barreaux en fer, est entourée d'un champ de Magie Noire très puissant. De quoi bien tenir un détenu en place… reste à savoir qui. Je réagis alors que si je suis bien dans la pensine d'Hermione, c'est elle qui doit être enfermée ici, avec moi, car je ne peux pas voir au-delà de ses souvenirs. Je balaye la pièce du regard, et je la trouve, tapie dans un recoin… Au premier coup d'œil, je peux juger qu'elle a environ vingt ans de moins qu'à l'époque où je l'ai connue… mais elle semble aussi fatiguée qu'elle l'était à l'hôpital. Que fait-elle ici au juste ? Dans cet endroit sinistre ? De quel genre de souvenir a-t-elle bien pu vouloir se débarrasser ? Ou partager ? Je m'approche lentement d'elle et l'observe : elle paraît faible, et plus maigre qu'elle ne doit l'être en temps normal. Ses vêtements sont déchirés et tout aussi sales que ses cheveux et son visage. Ça doit faire un moment qu'elle est ici… En attendant qu'il se passe quelque chose, je la regarde, repensant à toutes ces conversations que nous avons eues, à ce que j'y ai appris, à elle, à… sa mort. La tristesse m'envahit de nouveau. Je crois que penser à elle aura désormais pour moi autant d'effet qu'un Détraqueur à proximité ; car pour moi elle représentait l'espoir. Et elle a disparu.
Tout à coup des bruits de pas résonnent dans les couloirs environnants ; quelqu'un approche. Par réflexe, je me retire dans un coin sombre de la pièce, le cœur battant la chamade. J'entends une brève incantation et aussitôt, le champ magnétique qui émanait de la porte s'affaiblit pour devenir inoffensif. Un homme habillé en noir de la tête aux pieds et encagoulé entre tout de suite après. Hermione le fixe d'un regard chargé de défis et de dignité. Mais l'homme, à en juger par la carrure de la silhouette qui me donne dos, semble n'en avoir rien à faire et la saisit par les poignets pour la forcer brutalement à se lever.
- Aller viens, toi ! On a quelque chose à te montrer !
Il la traîne jusqu'à la sortie en la tenant fermement. Je me décide à les suivre et sors in extremis avant que la porte ne se referme sur moi. Ils avancent à vive allure, heureusement que les bruits ne peuvent pas s'entendre dans un souvenir, sinon on m'aurait très vite repérée. Je les poursuis donc tous les deux, à travers des couloirs tout aussi glauques que la cellule de laquelle nous venons de sortir. Après quelques minutes, nous arrivons, haletante pour ma part, dans une pièce de forme ronde, légèrement moins sombre que les autres. Tout autour, une quantité assez impressionnante d'hommes et des femmes habillés en noir, encagoulés, tout comme l'homme qui a emmené Hermione et qui la tire à présent au centre de la pièce. Je les suis encore, puis m'arrête devant la vue qui s'offre à moi : au centre de la pièce, qui est portée sous une lumière beaucoup plus prononcée, une chaise avec quelqu'un assis dessus. La vue de cette personne me saisit car je la reconnais aussitôt ; c'est moi. Moi à quatre ans, les cheveux ébouriffés, les yeux immenses et pleins de larmes, ce qui ne fait que ressortir le vert intense qui en est le centre. Toute frêle, je contemple la silhouette impressionnante qui se dresse devant moi, celle du Mangemort qui présente le spectacle que j'offre à Hermione. Vite, je courre me placer à côté de mon « petit moi » et la meilleure amie de mon père. Je ne veux rien perdre d'un éventuel échange entre nous deux, que ce soit par parole, par signe, ou même que ce soit l'indifférence totale. Je ne me doute que trop de l'importance de ce que je suis en train de vivre à travers ce souvenir.
- Vois, sale chienne, qui nous détenons ! hurle le Mangemort en jetant Hermione à mes pieds.
Celle-ci relève les yeux vers moi, ou plutôt mon « petit moi » ; elle semble horrifiée, certainement par ce que ces partisans des Forces du Mal ont pu me faire… ou peuvent me faire. Pour ma part, mon cœur bat à tout rompre, c'est comme si la scène se passait au ralenti.
- Zoë ! que t'ont-ils fait ? s'écrit Hermione en posant ses mains sur mes genoux.
- Rien, tantie Hermy, m'entends-je lui répondre d'une toute petite voix.
- Nous ne lui avons encore rien fait ! reprend le Mangemort en échos. Mais si tu ne te décides pas à parler, ça ne saurait tarder…
- Que s'est-il passé ma puce ? Comment t'ont-ils capturée ? demande Hermione sans se préoccuper de son geôlier.
- Cette enfant est assez stupide pour avoir suivi l'inferi que nous avons créé avec le cadavre de sa sœur ! ricana l'homme, bientôt suivit de tous les autres Mangemorts.
- Vous avez osé lui faire ça ! ragea l'Auror. Vous êtes des monstres !
- Et nous oserons bien plus si tu continues à ne rien dire. Parle ! Où est-il ?
Hermione se tait, son expression même se referme. A en juger par leur expression à tous les deux, il essaie de pénétrer ses pensées… Occlumencie. Le projet de l'homme semble échouer à en juger par sa grimace d'énervement.
- Bien, tu l'auras voulu ! ajoute-t-il d'un ton faussement dégagé. Toi ! continue-t-il en pointant du doigt un des encagoulés présents.
L'homme s'avance d'un pas mesuré, qui lui donne l'impression de glisser sur le sol. Malgré la capuche de sa longue cape, j'aperçois tout à coup quelques mèches blondes-argentées s'en libérer. Je fixe donc mes yeux sur lui, et le vois s'approcher de mon « petit moi » avec une assurance démesurée.
- Bonjour, ravi de ton revoir Zoëlina, dit-il de sa voix mielleuse et parfaitement détestable.
L'envie de lui sauter au cou pour l'égorger me prend. Enfoiré ! Et hypocrite ! Je vais t'en foutre des bonjours, moi…
- Je savais bien qu'on se reverrait ! continue-t-il d'un ton enjoué.
Pour ma petite part, je reste prostrée sur ma chaise, raide, le regard vide d'expression, sans même prendre la peine de lever mes yeux vers lui. L'autre Mangemort, quant à lui, se tourne vers Hermione et réitère sa menace, mais elle s'obstine toujours à garder le silence.
- Dis-nous où il est ! hurle l'homme dans ses oreilles.
Elle grimace, puis se permet de prendre un air dégagé et un air de défi en s'adressant à lui.
- Je ne trahirai jamais mon meilleur ami, même si je dois mourir.
- Et même si nous torturons sa fille ? lui réplique-t-il aussitôt.
Elle semble hésiter, et comme pour mieux la décider, celui que j'identifie comme étant Malefoy porte sa baguette vers moi.
- Doloris
Je me regarde avec effroi, glisser de ma chaise dans un cri perçant et me tordre de douleur sur le sol. Mon regard se porte sur Hermione qui, elle, a ses yeux figés sur moi, horrifiée. La scène se reproduit plusieurs fois, tant Hermione est décidée à conserver le secret. Elle est en larmes, horrifiée de voir qu'on me fait tant de mal, et hurle pour que je lui pardonne ce qu'elle est en train de faire. Mais quel secret doit-elle conserver ? Je ne comprends pas… Que faisons-nous là toutes les deux ? Dans cette situation ? Quand sommes-nous ? Pourquoi sommes-nous là toutes les deux ?
Tout à coup, le silence s'abat dans la salle. Les portes viennent de s'ouvrir, laissant entrer un homme plutôt grand, au crâne entièrement chauve, au teint si pâle qu'on aurait dit un cadavre. Ses yeux ne sont plus que deux pupilles rouges, en fente. L'apparence reptilienne de l'homme me fait parcourir l'échine d'un frisson. Enfin je me retrouve face à Lord Voldemort, personne que finalement je m'attendais le moins à voir ici. Voldemort. L'homme si craint par son époque, si respecté par ses fidèles, si terrifiant pour tous autant que nous sommes.
- La Sang de Bourbe ne veut donc pas parler ? dit-il d'une voix calme et sifflante. Bien bien… et même la torture de l'enfant n'y fait rien ?!
- Non Maître, dit le Mangemort en s'inclinant dans un geste de respect alors que tous, autour de nous en font de même.
- Bande d'incapables, réplique celui-ci d'un ton toujours égal. Une fois de plus, je vais devoir moi-même prendre les choses en main…
Il s'approche de mon « petit moi » et s'accroupit à mes côtés. Un long doigt fin vient caresser ma joue. Je ne suis pourtant qu'à un bon mètre de moi-même mais je distingue clairement mes tremblements.
- Elle lui ressemble beaucoup, vous ne trouvez pas ?
Tous acquiescent. Hermione ne dit rien et se contente de fusiller Voldemort du regard, comme prête à bondir en cas de geste trop dangereux envers moi.
- Potter doit tenir à elle, essayons de ne pas trop l'esquinter jusqu'à ce qu'il vienne… il ne faudrait pas le faire se déplacer pour « rien » ! Bonjour, continue-t-il à mon intention.
Je regarde ma réaction : mes yeux se lève vers ce monstre puis, une fois l'horreur de la vision passée, je semble me calmer petit à petit, récupérant mes forces largement diminuées par les doloris successifs.
- Bonjour, m'entends-je murmurer.
Le Seigneur des Ténèbres tente un sourire qui, bien sûr, ne ressemble finalement qu'à une grimace qui m'effraie plus qu'autre chose.
- Mes hommes ne t'ont pas fait trop de mal ? demande-t-il faussement intéressé.
- C'est des abrutis ! s'écrit mon petit-moi à ma plus grande surprise.
Le rire aiguë et sec de Voldemort retentit dans la salle pendant de longues secondes. Qui aurait pu croire qu'il savait rire aux éclats ? Et d'une manière sincère en plus.
- Tu es très clairvoyante, ma petite ! commente-t-il. Je suis obligé de tout faire moi-même ici, comme tu eux le voir. Bien, revenons aux choses sérieuses. Tu sais où est ton papa ?
Je secoue la tête… bien trop vivement pour qu'on ne doute pas de ma sincérité. Quelques Mangemorts parmi ceux postés autour de la salle ricanent.
- Je dois le voir, tu sais. C'est très important ! Est-ce que tu sais où je peux le trouver.
Je secoue la tête un peu moins rapidement et fixe mes mains qui sont posées sur mes genoux. Je sens la lutte intérieure qui se fait en moi.
- Tu sais, continue Voldemort avec plus de patience que je ne l'en aurais cru capable, je dois absolument le voir. Il ne sait pas où tu es… il doit s'inquiéter, non ? Si tu nous dis où il est, on pourra te ramener à lui ! Il sera content !
Je semble vaciller… comme si je croyais à ces énormités… Bien qu'avec seulement quatre ans d'existence à mon actif, je doute de pouvoir comprendre vraiment l'enjeu de la question.
- Sois gentille, ton papa est horriblement triste ! insiste Voldemort ayant détecté là mon point faible. Allons, dis-moi où il est.
Mon « petit moi » se met à le scruter, à détailler les moindres traits de son visage, comme si je voulais absolument qu'ils restent gravés en moi.
- Toi aussi tu es un abruti ? m'entends-je demander d'une voix candide.
Hermione ne peut se retenir de rire, ce qui lui vaut aussitôt un sortilège informulé qui l'envoie s'assommer contre le mur. Pour ma part, je ris aussi, mais c'est de courte durée, car aussitôt je vois Voldemort me gifler comme réponse à ce qu'il a pris pour de l'insolence, alors que je lui demandais seulement s'il faisait partie du Ministère de la Magie, lui aussi comme je pensais que tous ces hommes, ses Mangemorts, l'étaient… C'est ainsi que j'en qualifiais les membres, comme j'avais pu le constater lors de mes récents rêves… Et au fond, malgré le recul, je ne peux pas dire que j'avais tort…
- Bien, je ne tirerai rien d'elle comme ça ! Je comptais pourtant infliger à Potter l'amertume d'avoir été trahi par sa propre fille… mais soit, je lui passe cela ! En quelques sortes...
Il se met à me fixer de ses pupilles rougeâtres et perçantes. Il me scrute, il scrute en moi, il scrute… mes pensées ! Je vois mon petit visage se concentrer afin de repousser cette attaque intérieure. Mais il lui faut seulement quelques minutes et un air de triomphe s'affiche sur son visage.
- Potter avait même prévu cela ! Il lui a fait suivre des cours d'Occlumencie ! Heureusement qu'elle est aussi jeune…
- Maître, vous avez trouvé ? demande Malefoy d'une voix qui ne cache pas son empressement.
- Bien sûr ! J'obtiens toujours ce que je veux, répond celui-ci d'un air faste.
- Que faisons-nous à présent ? s'empresse de demander un autre.
- Que crois-tu, Queudver ?! Nous allons prendre le thé ! Avec un nuage de lait pour moi. Et après nous avons notre club de couture, songes-y ! continue le Seigneur des Ténèbres, tout d'abord ironique puis de plus en plus rageur.
Le dénommé Queudver se prosterne encore plus bas qu'il ne l'était déjà et rampe vers son maître pour aller baiser le bas de sa robe. Celui-ci lui décoche un bon coup de pied une fois qu'il est arrivé à sa hauteur.
- On va le tuer ! Abruti !!!!!
Queudver retourne dans son coin en se tenant les côtes, visiblement touchées.
- Enfin, l'heure de ma vengeance est venue, et je vais enfin détruire à jamais le Survivant…
« Connard » ne pus-je m'empêcher de répliquer. Mais bien sûr, aucun son ne lui parvient, et il est à mille lieues de se douter que je suis là… Si seulement je pouvais le combattre, là, tout de suite ! Je pourrais lui faire payer ! Tous ses crimes, la destruction de ma famille !!! Mais je dois me calmer et me concentrer sur ce qui se passe.
- Mais ne soyons pas trop pressés, ajoute-t-il finalement. Demain suffira bien. En attendant, emmenez Granger et l'enfant dans leur cellule… Et qu'elles soient reposées pour demain. Elles aussi assisteront au spectacle.
- Mais Maître… tente de protester Malefoy. Nous sommes contraints quand même d'avouer que Granger a de grandes capacités en Magie et est une Auror réputée…
- Ah oui ? répond le Seigneur des Ténèbres d'une voix faussement surprise. Tu insinues donc que j'ai à craindre d'elle ? De cette Sang de Bourbe incapable ???
- Je euh… non, bien sûr Maître, se défend aussitôt celui-ci bien trop craintif pour s'élever contre une décision de son maître.
- Bien. Granger, malgré toute la chance qu'elle peut avoir, ne pourra pas me nuire demain, car ce sera mon jour, à Moi et à moi seul !
Alors qu'on s'active dans la pièce, je reste prostrée, regardant les Mangemorts emmener Hermione et mon « petit moi » dans nos cellules. Je ne les suis pas… il est temps pour moi de sortir, je n'apprendrai rien de plus ici. Et bientôt en effet, je sens mes pieds décoller du sol, mon corps basculer vers l'arrière…
… et je retombe très vite sur mes pieds, dans la pièce que je venais de quitter, ma Tanière.
Je descends chancelante au rez-de-chaussée et m'écroule aussitôt sur mon canapé, dans le salon obscur. Je suis épuisée, profondément triste de la disparition d'Hermione, choquée par ses souvenirs que j'ai vus dans la pensine. Tant d'informations se bousculent dans ma tête ! Ainsi, les souvenirs m'ont appris où en étaient les choses, la veille de sa mort… Car je suppose que Voldemort a effectivement mené ses projets à bien le lendemain même.
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Mais ce qui me fait le plus horreur… c'est que dans un sens, c'est que j'ai participé au meurtre de mon père.
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Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises !
Aussitôt, le parchemin se couvre d'une multitude de lignes et de points actifs. Je contemple le plan de Poudlard et cherche comment atteindre la salle qui m'intéresse. Ensuite, saisissant la cape d'invisibilité de mon grand-père, je m'en vêts et sors de ma chambre, affrontant le froid qui règne dans les couloirs pour atteindre l'un des plus hautes parties du château. Nous sommes en pleine journée, mais je n'ai pas su attendre et je dois donc faire très attention au gens qui sont assez nombreux dans les couloirs. Heureusement, nous sommes un jour de semaine, la plupart des élèves sont en cours ! Je croise cependant Rogue qui manque tout juste de me bousculer. Mais je passais devant une porte et j'ai pu, juste à temps, me glisser dans son entrebâillement.
Au fur et à mesure que je monte dans les étages, les couloirs deviennent plus étroits, plus sombres, plus étriqués, au point que le dernier d'entre eux laisse tout juste assez de place pour une personne. J'ouvre la porte sur laquelle il aboutit grâce à quelques sortilèges qui déjouent ceux qui avaient été placés là. Puis je pénètre dans une salle immense, construite sur deux étages, très sombre et remplie d'étagères où sont exposés des tonnes et des tonnes de dossiers. Je contemple le tout, impressionnée par la quantité de travail qui s'étale devant moi mais nullement découragée
Incendio candelae !
Aussitôt des centaines de bougies apparaissent, s'allument et viennent éclairer la pièce qui était jusque-là trop sombre pour que je puisse mener à bien mes recherches. Je m'approche lentement d'une étagère et effleure les parchemins jaunis par le temps du bout des doigts puis me décide à regarder ce qu'elle contient. Il s'agit de la liste des élèves à qui devaient être envoyés la lettre d'inscription à Poudlard pour les nouveaux Première Année, en 1973. En jetant un coup d'œil sur les autres parchemins de la même étagère, je constate qu'il n'y a ici que des listes comme la précédente, classées par année. Jugeant que cela ne me sera pas d'une grande utilité, je passe à l'étagère suivante, qui elle ressasse des événements datant de centaines d'années… Tout est classé par ordre chronologique, depuis les vieux parchemins miteux et en lambeaux jusqu'au plus récents, encore soigneusement roulés et scellés avec le sceau de Poudlard. Sur chacun d'eux, l'année concernée par ce qui y est écrit est indiquée en lettres dorées. Chaque meuble correspond à un siècle, chaque étagère à une décennie. Ma main les parcoure doucement, partant de l'époque où les Quatre Fondateurs dirigeaient encore l'école, puis remontant à travers les âges, jusqu'en 1980, année de naissance de mon père. Sachant que rien ne serait mentionné ici, je saisi le parchemin suivant, bien plus sûre que j'y trouverai des éléments intéressants pour moi que dans le précédent, et commence à le lire en diagonale. Comme les parchemins sont classés selon l'année scolaire, je me retrouve ici avec les années 1980 et 1981. Très vite, je tombe sur la période d'Halloween, celle où mes grands parents ont été assassinés par Voldemort, où mon père a survécu à l'Avada Kedavra à l'âge d'un an, la période d'euphorie qui s'en est suivie, et, à Poudlard, le départ mystérieux d'élèves ayant appartenus au mouvement sombre qui avait sévi durant toutes ces années. N'ayant finalement rien vu de très important pour moi, je passe directement au parchemin relatant les événements de l'année scolaire 1991-1992… mon père figure sur la liste des élèves qui font leur entrée à Poudlard.
Revelato Harry Potter !
Je regarde le parchemin se vider peu à peu alors que mon cœur marque une légère accélération, puis d'autres écritures apparaissent, avec comme entête « Harry Potter » écrit en grandes lettres rouges et or, une photo de lui dans le coin gauche où je le vois brandir son Eclair de Feu d'un air victorieux. Mais ce qui m'intéresse le plus, ce sont les longs paragraphes qui s'étalent sur lui. J'y apprends d'abord quelques détails sur sa première année, que McGonagall ne m'avait jamais appris, comme le fait qu'il avait failli être envoyé à Serpentard par le Choixpeau Magique, mais avait finalement été à Gryffondor comme il le souhaitait, puis d'autres faits de moindre importance. Ainsi je découvre une mine d'informations sur toutes les années qu'il avait passées à Poudlard, avec souvent beaucoup de détails, comme ses notes aux BUSES… mais aucun ASPIC. Il ne les avait jamais passés, puisqu'il n'était pas allé en septième année. Je vois la fin du parchemin arriver, et toujours aucune information pouvant m'aider n'a été donnée. Je m'apprête à sceller de nouveau le parchemin lorsqu'une sorte d'intuition, ou peut être d'envie, me pousse à regarder à nouveau l'entête de tous ces nombreux paragraphes. Là, juste à côté de sa photo, je vois la mention qui indique de se référer à l'envoie de sa lettre d'inscription, en 1991.
Je sors donc de la rangée où j'étais pour me rendre dans celle où j'avais vu auparavant les listes contenant les noms de tous ceux à qui avaient été envoyé les lettres d'inscription à Poudlard. Je trouve très vite l'année 1991, puis la colonne des « P »… et enfin le nom « Harry Potter ». Je le touche doucement, du bout de ma baguette, et aussitôt apparaît un duplicata de la lettre qui lui avait été envoyée, et je ne peux réprimer un petit cri lorsque je vois en lettres émeraudes juste au-dessus de la lettre une adresse… :
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M Harry Potter,
Le Placard en dessous l'escalier,
4, Privet Drive
Little Whinging
Surrey
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Je reste ainsi pendant plusieurs minutes, à contempler l'adresse, comme pour l'inscrire dans ma mémoire. Je sens enfin que je tiens quelque chose, que j'ai dans mes mains un lien indéniable avec mon passé. Comment s'appelaient-ils déjà ? Les Darklay ? Il me semble que c'est quelque chose comme ça… on ne m'en a jamais vraiment parlé à vrai dire… et on m'avait encore moins donné leur adresse ! Je n'avais même jamais pensé qu'ils pourraient peut-être m'aider à en savoir un peu plus sur mon passé. Je roule le parchemin sur lui-même puis le scelle afin de ne rien laisser supposer de ma visite dans les archives de l'école. Il est désormais trop tard pour ce soir, et une nouvelle semaine commence pour moi à Poudlard, avec des cours à charge, suffisamment pour occuper largement chaque jour… Je devrais donc patienter jusqu'à mardi, car l'après-midi je n'ai pas cours. Là, j'irai leur rendre visite, aux personnes qui se sont occupées de mon père dans son jeune âge, à ces Darklay… en espérant qu'il s'agit toujours de leur adresse…
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FIN DU CHAPITRE
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Voilà, nous sommes (enfin) arrivés dans des chapitres où les choses s'accélèrent un peu et où l'enquête de Zoëlina va commencer à avancer vraiment. La semaine dernière j'ai fini la rédaction du chapitre 13 (plus de 30 pages word Oo"). J'ai écrit quelques pages du chapitre 14 mais la surcharge des travaux universitaires m'empêche de bien avancer pour le moment... grumbl. Enfin j'ai bon espoir pour que cette fic continue à être publiée régulièrement jusqu'à la fin (ou du moins à peu près, vu que les derniers chapitres seront postés en période d'examens :s). Toujours est-il que j'espère que ce chapitre vous a plu ! Laissez-moi votre avis (positif comme négatif, bien entendu !). A bientôt .
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LN-la-seule-l'unique : Coucou ! Merci beaucoup pour tes encouragements, c'est très gentil ! Je vais essayer de continuer comme ça, et même de faire encore mieux, si possible. J'espère que ce chapitre t'a plu !! A bientôt !
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Owitchygirl : Hellow ! Yes, ça y est, on est enfin arrivé dans les chapitres plus importants (à mes yeux en tous cas), et j'espère que ça te plaît toujours ! Niack niack niack, tant mieux si tout cela soulève ta curiosité, c'est le but :p Il y a seulement une seule question à laquelle je peux répondre : sa soeur jumelle s'appelle Zoëline (avec un E, et pas un A, comme elle :p). L'explication de ces noms est toute simple en fait : ce sont les deux prénoms qu'on utilisait ma meilleure amie et moi quand on jouait, lorsqu'on était plus petite :p. Pour ce qui est de sa mère, eh bien c'est... Voit Rogue pointer sa baguette sur elle et la menacer d'un sortilège "oubliette" Oups... bon bah je ne peux rien dire . ( XD) ! Merci beaucoup pour tes encouragements et tes reviews, ça fait chaud au coeur :x A bientôt !!
