Bonsoir les gens !
Me revoilà comme promis avec un nouveau chapitre de cette fic, qui annonce clairement un tournant de l'histoire... Vous êtes un certain nombre à avoir déploré la façon dont Bella s'était comportée au chapitre précédent. Et un certain autre nombre à ne pas avoir été choqués par ça... Quoiqu'il en soit, ce chapitre reprend à partir du lendemain de l'agression !
Mais je vous laisse découvrir ça...
Réponses aux non enregistrés :
diana : ben voilà la suite justement ^^
didi : Bella a encore un abcès à crever avec Edward, avant de devenir sympa, mais... Il se peut que ça arrive très bientôt ;)
Onja : En effet pour le coup Edward a trouvé un moyen de faire amende honorable aux yeux de Bella, mais est-ce que ça va être suffisant...
Patiewsnow : jusque là, t'as tout bon ! L'a comme un blocage avec le sexe féminin, quand il s'agit pas de Bella, Eddie. Et il commence à devenir un peu possessif. Ravie que t'aies aimé, voici une suite, euh... Tu verras !
brune59 : Mais en effet, la phrase "je ne veux pas être ton ami" signifie clairement (bon, c'est clair sauf pour Bella) qu'Eddie veut beaucoup plus...
Pimprenelle : Ben tu vas en avoir un nouveau de rebondissement là ! Laisse pas ton mari crever de faim quand même ;)
miss cullen : merci beaucoup pour ta review ! comment veux-tu que mes chevilles n'enflent pas ?
BELLA POV
Je fermai les yeux, essayant de ne pas penser à ce que je m'apprêtais à faire.
J'aurais bien tourné les talons, et suivi la recommandation d'Alice, mais je ne pouvais pas m'y résoudre. Je n'étais pas comme ça.
Je me trouvais devant la porte de l'appartement d'Edward Cullen, dans le but de le remercier, et on m'aurait dit ça il y avait encore deux jours, non mais franchement... Je crois que je serais littéralement morte de rire.
Sauf que voilà. La veille, il m'avait tiré d'un sacré mauvais pas, et moi, je ne lui avais même pas témoigné de réelle gratitude... Sauf en l'invitant chez moi pour se désinfecter. Finalement, ça comptait, non ?
Non, Bella... Tu es là, prouve que tu vaux mieux que lui et appuie sur cette sonnette.
J'avais envoyé un message à Jasper pour qu'il me donne l'adresse de son ami, afin de le remercier, et Jazz m'avait renvoyé non seulement l'adresse et le numéro d'appart, mais aussi le code d'entrée de l'immeuble. Ce qui me soulageait. Je sentais que si je sonnais juste à l'interphone et que j'entendais la voix d'Edward me répondre, je serais capable soit de m'enfuir en courant, soit de simplement balancer un « Salut, c'est Bella, je voulais juste te remercier pour hier. Pas la peine de me faire monter. » et partir sans demander mon reste.
Peu de temps après, alors que j'étais en route, j'avais reçu un appel d'Alice, qui avait été prévenue par Jasper, et pendant toute la durée du trajet de chez moi jusqu'à chez Edward, elle n'avait eu de cesse de chercher à me convaincre d'abandonner l'idée. « Après tout ce qu'il t'a fait, il te doit bien ça ! Tu vas quand même pas lui baiser les pieds ! »
Je savais que j'étais rancunière, mais Alice était une championne toutes catégories pour ça. En même temps, je ne pouvais pas lui en vouloir. C'était elle qui m'avait ramassée à la petite cuillère alors que...
Je chassai ces pensées de mon esprit avec un frisson, et frappai à la porte, oubliant la sonnette. Mon côté discret. Avec un peu de chance, Edward n'était pas là. Ou n'ouvrirait pas. Mais était-ce vraiment ce que je voulais ?
Le bruit de la serrure déverrouillée me tira de mes pensées, et je me glaçai. Puis il fut là, devant moi, un air déjà surpris sur le visage. Ben oui, il avait dû me voir à travers le judas.
« Bella ? Tu te sens mal ? C'est ta tête, tu as... »
Ce fut à cet instant que je me sentis encore plus mal. Comment pouvait-il se soucier autant de ma santé ? Il croyait vraiment que je venais parce que j'avais, je sais pas, les symptômes d'une commotion cérébrale et qu'il était en médecine ?
Il se pencha vers moi, et je reculai d'un pas, essayant de ravaler mes larmes de mal-être.
« Je suis juste venue m'excuser... Euh... Te remercier, je veux dire. M'excuser de ne pas l'avoir fait hier. »
Ses yeux s'agrandirent de surprise, et je soufflai un coup.
« Mais tu l'as fait, Bella. »
Je haussai les épaules.
« Je n'ai pas le souvenir d'avoir été très chaleureuse. »
Il se passa la main dans les cheveux, nerveux.
« Tu étais sous le choc... »
Je détournai le regard, ne sachant que rajouter.
« Entre.
_ Non, ça va, je...
_ S'il te plait. »
Je relevai les yeux vers lui, au supplice ; il s'était effacé pour me laisser le passage, et je n'eus pas la force de refuser. De toutes façons, je pense que j'avais fait le pire. Oser me pointer chez lui et humblement le remercier. Vraiment, je n'aurais jamais cru faire ça un jour.
Mes yeux glissèrent sur les murs de son appart, son mobilier réduit, et je m'étonnai de tout trouver si vide.
« Tu viens d'emménager ? Demandai-je d'une voix morne.
_ Non... » Il avait l'air gêné, et je reportai mon regard sur lui.
Il se détourna.
« En fait, j'ai disons, un peu pété un câble dernièrement et j'ai dû à peu près tout jeter. »
Je ne relevai pas. Et il dut voir que je n'étais pas réellement surprise, parce qu'il souffla, un peu désespéré.
« Je ne suis plus comme avant.
_ Tu veux dire que maintenant c'est uniquement aux objets que tu t'en prends ?
_ Bella...
_ QUOI ? » Hurlai-je en me retournant vers lui, soudain dans une rage folle. « Tu sais, Edward. » Repris-je en baissant le ton, « De nombreuses fois je me suis imaginée te retrouver. Me pointer chez tes parents, et te remercier, devant eux. Te remercier d'avoir bousillé quatre années de ma putain de vie. Un peu plus, même, et je peux affirmer avec certitude que si je n'avais pas rencontré Alice, les dégâts ne se seraient pas limités à quatre. Petites. Années. »
Il sembla accuser le coup alors que je détachais chaque syllabe de ma fin de phrase.
« J'aurais bien aimé savoir comment tes parents auraient regardé leur fils prodige, alors. Mais sans doute auraient-ils trouvé des excuses à ton comportement. »
Ma voix n'était plus que pur venin, et Edward ferma les yeux, visiblement incapable de soutenir mon regard.
« Je croyais que tu étais juste venue me remercier pour hier soir, souffla-t-il soudain.
_ C'est vrai. Malgré tout ce que tu m'as fait, je dois reconnaître que je te dois ça. Malgré toute la haine que j'éprouve pour toi, j'ai assez d'humilité pour avouer que non, je n'aurais pas préféré me faire violer par les trois gars d'hier que de me faire sauver par toi. Tu aurais pu ne pas écouter Alice, tu aurais aussi pu me laisser dans ma merde et juste appeler les flics sans intervenir, pour ne pas risquer d'être blessé. »
Les yeux d'Edward se plantèrent à nouveau dans les miens, et je pus y lire de la souffrance.
« Jamais je n'aurais supporté qu'ils te fassent du mal...
_ Pourquoi ? Ça t'est réservé ? Crachai-je.
_ J'ai changé, Bella ! Cria-t-il.
_ Peut-être, Edward. Mais le mal est fait. Tu n'aurais pas supporté de les voir me faire du mal, hein... Mais tu as une idée de ce que toi, tu m'as fait ? »
Je savais que ça n'était pas la première fois que je lui disais ça, et cette fois, je voulais vraiment crever l'abcès. Alors je m'approchai de lui. Je retirai ma veste pour la jeter sur le dossier d'une chaise à proximité. Et je plantai mon regard dans le sien avant de relever les manches de mon pull pour lui exposer mes poignets.
« Tu as une idée de ce que je ressens encore à chaque fois que je vois ces cicatrices sur mes poignets, et que je me dis que par ta faute, j'ai failli m'ôter la vie, et faire souffrir ceux qui m'aiment ? »
Son regard baissé sur les fines marques barrant mes veines, je vis le choc se peindre sur son visage.
Et je saisis.
Je saisis que j'étais en train de devenir un monstre, moi aussi.
Cette partie de moi, personne d'autre qu'Alice ne la connaissait. Et je ne lui aurais rien dit, si elle n'avait pas elle-même repéré les fines cicatrices, presque devenues invisibles quand on n'y prêtait pas attention. Mais même Alice n'avait jamais eu connaissance du plaisir pur que j'avais ressenti quand le sang avait coulé sur ma peau glaciale, les jours où je m'étais retrouvée seule avec le couteau de cuisine que j'avais été jusqu'à affûter pour l'occasion. Ce plaisir effrayant.
Je n'avais jamais été très loin. Juste une ouverture superficielle. M'émerveiller devant le rouge profond sur ma peau pâle. Ressentir avec plaisir cette chaleur s'écouler hors de moi, la brûlure de la coupure me faisant oublier un instant celle qui détruisait mes entrailles à longueur de temps.
Me demander ce que ça ferait si j'ouvrais encore un peu, juste un tout petit peu.
Puis paniquer, et attraper tout tissu qui me tombait sous les mains pour arrêter le flot, avant de tout salir, avant que Charlie ou Emmett ne rentre, avant que...
Et voilà que je balançais toutes mes souffrances passées au visage d'Edward. Le détruisant à son tour. Je baissai mes manches sur mes poignets, soudain honteuse.
La vérité m'éclata en pleine face alors que je voyais la douleur incroyable qui déformait ses traits. Et je ne pus plus retenir mes larmes.
Ce ne fut pas lui qui m'approcha de son corps. Ce fut moi qui fis le pas qui nous séparait, et qui passai les bras autour de son cou, alors qu'il restait immobile, voire tentait de se reculer, choqué.
Mais je m'accrochai à lui, et je noyai mon chagrin et ma propre douleur dans son épaule. Jusqu'à ce que je sente ses bras se refermer autour de moi, et me serrer fort. Comme la veille, dans la ruelle.
Je ne savais pas, à l'heure actuelle, si je devais regretter de lui avoir jeté au visage la part la plus sombre de ce que j'avais failli faire à cause de lui.
« Je suis désolé... Je suis tellement désolé... » Soufflait-il contre mes cheveux, tel une litanie.
Je brûlais de l'intérieur. D'une manière qui n'avait rien d'agréable. Rien du tout. J'avais envie de mourir, à nouveau, pour avoir fait ça. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas voulu mourir. Et je haïssais ce sentiment. Je me haïssais pour cette faiblesse.
Edward n'était qu'un gosse à l'époque, après tout. Je ne devais pas l'oublier. Même si je ne pouvais rien effacer de ce qu'il m'avait fait et de ce que j'avais ressenti, je devais prendre en compte que, oui, il avait sans doute changé.
Moi, je l'avais fait. J'étais devenue quelqu'un d'autre. Alors pourquoi pas lui ?
Je ne sus combien de temps on resta ainsi enlacés, au milieu de son chez lui. Je le détestais. Et en même temps je sentais que j'étais en train d'avancer.
De surpasser tout ce qu'il m'avait fait.
Mes larmes se tarirent au bout d'un moment, et je commençai à ressentir à nouveau ce qui m'entourait. Ce qui n'était pas cette brûlure affreuse au fond de mon ventre.
Comme l'humidité sur mon épaule et dans mon cou, là où la tête d'Edward reposait.
Il avait pleuré. Lui aussi avait pleuré.
La douleur me déchira.
Mon étreinte se défit peu à peu, même s'il me gardait contre lui.
Et je ne murmurai qu'une question d'une voix cassée.
« Pourquoi... ? »
Le silence retomba entre nous. Puis Edward se dégagea et recula un peu, le visage défait. Honteux.
« Je ne sais plus réellement, Bella. D'aussi loin que je me souvienne, tout ce que je voulais à l'époque, c'était être respecté. Et... »
Il ferma les yeux et souffla, torturé. Puis planta à nouveau son regard empli de sincérité dans le mien.
« Et je voulais que tu me remarques. Que tu ne m'oublies pas. Comme moi, je ne cessais de penser à toi. »
Ses mots tombèrent comme un couperet entre nous, et je ravalai une boule d'amertume qui faisait gonfler ma gorge. J'attrapai ma veste sur le dossier de sa chaise, et la passai sur mes épaules avant de me diriger vers la sortie de chez lui.
« Il aurait suffi d'un 'Bonjour, je m'appelle Edward.', tu sais. Juste ça. Et on aurait pu être amis. » Lançai-je avant d'ouvrir sa porte, et de sortir de chez lui avant de la claquer.
Je descendis en passant par les escaliers, bien que j'aie vu qu'il avait un ascenseur. Mais j'étais habituée aux escaliers, et j'avais besoin de me défouler.
Je ne poussai qu'un petit cri de surprise quand je faillis rentrer dans Edward, alors que j'atteignais le hall de son immeuble.
Il me repoussa tout doucement contre un mur, et ses lèvres vinrent frôler mon oreille.
« Bonjour, je m'appelle Edward. » Murmura-t-il.
Je le repoussai.
On ne pouvait pas faire comme si rien n'avait existé. On ne pouvait pas recommencer depuis le début.
Si, on le pouvait ?
« Isabella. Mais je préfère Bella. » Fis-je d'une voix nouée alors que je me dirigeais vers la porte d'entrée.
Je venais de poser la main sur la poignée quand sa voix s'éleva.
« Veux-tu que je disparaisse, Bella ? Je peux le faire. »
Je me tournai vers lui, et lui lançai un long regard.
Il semblait si vide, désormais.
Il y a deux jours, j'aurais répondu oui. Et j'en aurais été si heureuse !
Mais tout avait changé.
« Non. Je veux qu'on passe à autre chose. »
Mes doigts trouvèrent le bouton de déverrouillage de la porte, et je m'élançai dans la rue.
EDWARD POV
Aujourd'hui comme tout samedi, j'attendais mes amis à un petit bar proche d'une boîte de nuit où nous allions parfois – celle où j'avais revu Bella pour la première fois.
Aujourd'hui, Alice avait tenu à aller en boîte. On se retrouvait donc dans ce restau, on dînait, puis on allait en boîte. Il était déjà neuf heure et demi – se rejoindre tard pour ne pas arriver trop tôt en boîte, manœuvre d'Alice, d'autant que ça lui laissait plus de temps pour se préparer – et je crevais la dalle.
Depuis hier je n'avais pas été capable d'avaler quoi que ce soit. Depuis l'éclat de Bella.
Je fermai les yeux, à nouveau vrillé par une douleur vive alors que l'image des cicatrices sur ses poignets si fins me revenait en mémoire.
Je nageais en plein cauchemar depuis hier. Et ça me tuait de m'en plaindre, alors que Bella avait connu bien pire, bien plus longtemps. La seule chose qui faisait que je pouvais encore me regarder un peu dans la glace, c'était que Bella voulait qu'on passe à autre chose.
Les 24 dernières heures, je mentirais si je disais que je n'avais pas envisagé malgré tout de disparaître de la surface de la terre. De la vue de Bella, d'Alice, même de Jazz, de tout ce qui me liait à elle. Mais elle m'avait dit de ne pas le faire.
Et je ne pouvais décidément pas oublier ce sentiment là, au fond de chacune de mes cellules, comme gravé dans mon ADN. Ce sentiment que je l'avais toujours voulue, elle. Ma Bella.
Je ne la méritais pas. Pas parce que j'avais été un salaud ; c'est vrai que je l'avais été. Mais j'avais changé. Si je ne la méritais pas, c'était parce qu'elle était juste... Parfaite. Jusque dans sa façon de m'accorder non pas le pardon, mais une nouvelle chance de devenir quelqu'un pour elle. Quelqu'un de bien.
J'avais pris la décision d'être juste entièrement moi. Avec mes défauts. Mes qualités. Tout ce qui était mon naturel. Et à partir de là, je verrais bien si elle resterait, ou voudrait ne plus jamais entendre parler de moi.
Être moi-même, ça voulait dire ne pas pouvoir m'empêcher de chercher à l'avoir. Parce que ça faisait partie de moi. Cette obsession que j'avais d'elle. Comme si je ne serais complet qu'en la possédant. Mais il allait falloir que je sois... Patient.
Et sa voix me sortit de mes pensées, et je levai le regard vers elle, et je me perdis dans ses yeux chocolat.
« Bonsoir, Edward. »
C'était la première fois qu'elle prononçait mon prénom de cette façon, et j'en eus la gorge nouée.
Je ne pus répondre, alors je hochai la tête en me levant, et je lui tirai la chaise en face de moi.
Elle haussa un sourcil. Mais s'assit sans commenter après s'être débarrassée de sa veste.
« Tu n'es pas avec Alice ? Je pensais que... Commençai-je après m'être rassis, quand je réussis enfin à retrouver l'usage de la parole.
_ On s'est préparées ensemble, oui. Mais elle est restée un peu dehors, Jasper arrivait. »
Je hochai à nouveau la tête, la dévorant encore du regard. Ses boucles brunes cascadaient dans son dos, encadraient son visage reposé ; ses grands yeux bruns étaient soulignés de noir et ses paupières teintées de gris argenté, et sa bouche me paraissait plus rouge que d'ordinaire. Elle portait une robe au décolleté hypnotisant, mais pas trop – pas assez – révélateur, d'un bleu nuit qui mettait en valeur sa peau pâle d'une manière telle qu'on avait envie de la croquer toute crue, sous un gilet noir dont elle se débarrasserait sans doute une fois en boîte. Elle était sublime, sensuelle. Bella.
« Bon Dieu Eddie, on se doute que t'as la dalle, mais c'est pas la peine de te convertir au cannibalisme ! »
Je me renfrognai au son de la voix de Demetri, alors qu'il apparaissait derrière Bella, goguenard.
Un court instant, j'avais presque oublié que Bella et moi n'étions pas ici pour un dîner en tête à tête. La simple idée d'elle et moi, seuls, dans un restaurant, me donna un tas d'envies.
Je pourrais bien l'inviter, pour sceller notre nouveau départ... Non ?
Alice me fusilla du regard, alors qu'elle s'installait à table, face à Jasper qui se plaça à côté de moi. Je tressaillis.
« Ouh ouh, Lice le petit dragon semble en colère que t'aies failli bouffer son amie.
_ J'allais pas manger Bella, marmonnai-je.
_ T'en avais tout l'air. »
Bella ne savait visiblement plus où se mettre, écarlate ; et visiblement, elle n'était pas au bout de sa peine.
Car dès que Riley fit son apparition, après avoir salué tout le monde, il ne put s'empêcher d'adresser un sourire à Bella.
« T'as pas amené Victoria ? »
Bella rougit encore plus, et je ne réussis même pas à retenir un grognement, qui visiblement fut perçu par Alice puisqu'elle m'adressa un regard satisfait et en rajouta une couche.
« Oh, tu peux bien leur raconter, Bells. Un tel orgasme, tu vas quand même pas leur cacher ça.
_ Alice ! »
Bella manqua de s'étouffer, et Demetri ricana.
« On est toute ouïe... Lança-t-il.
_ Non mais ça va pas ! Si ça continue, je ne te dirai plus rien, Alice.
_ Sérieusement, tu vas la revoir ? Demanda Riley.
_ Mais en quoi ça vous reg...
_ Bien sûr qu'elle va la revoir ! Faut qu'elles essayent avec des sex toys, maintenant. » s'écria Alice.
Bella, qui était en train de boire un verre d'eau certainement dans l'illusoire but de se rafraîchir, ses joues ayant viré à l'écarlate, manqua de tout recracher sur moi.
Rongé par la jalousie, je ne pus m'empêcher d'intervenir.
« Et si on commandait ? »
Alice me lança un regard mesquin.
« Notre conversation te gêne, Edward ?
_ Absolument pas.
_ Ah bon ? J'avais l'impression que la vie sexuelle de Bella était un sujet sensible pour toi, tu voudrais pas en savoir plus ? »
Je me retins de rétorquer que tout ce que je voulais savoir sur ce sujet, était ce que j'apprendrais en amenant Bella dans mon lit ; ce genre de réponse serait assez malvenue.
« Bon, Alice, ça suffit maintenant ! » S'agaça Bella.
La petite brune lui lança un regard, et dut comprendre qu'elle allait trop loin, parce qu'elle ne fit que reporter une dernière fois son attention sur moi pour me lancer un regard noir avant de plonger son nez dans le menu qui était déjà posé sur la table.
Génial. Apparemment, maintenant que les choses s'étaient plus ou moins arrangées avec Bella, j'allais devoir essayer de convaincre sa meilleure amie que je ne ferai pas de conneries avec elle. Y avait pas à dire, si jamais quelqu'un reprochait à Bella de ne pas être assez rancunière, Alice le serait pour deux.
Je jetai un nouveau regard à Bella, perdue dans sa contemplation de la carte... Des pizzas, apparemment. Je haussai un sourcil. La plupart des filles que je connaissais commandait des salades, au restaurant. Ou alors commandait une pizza, mangeait une ou deux parts, et la repoussait en déclarant être calé. On allait voir ce qu'il en était de Bella.
Le dîner se passa sans plus d'accrocs ; Alice me surveillait souvent, mais ce n'était pas comme si ma relation avec Bella avait été assez intime pour que je me permette de lui faire du pied ou quelque chose dans ce goût là. Je n'eus pas l'occasion de lui parler, de toutes façons, elle ne me regardait pas ; elle discutait avec Riley, à sa droite, ou Alice, à sa gauche, avec Jasper, un peu, aussi... Et bien sûr elle ne pouvait pas éviter Demetri. Demetri qui ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes quand il la vit terminer sa dernière part de pizza.
« Ben Bells, mais tu mets où tout ce que t'engloutis ? J'ai jamais vu une fille avec une telle descente. 'Fin, pour la bouffe. Mais maintenant, j'aimerais bien te voir à l'œuvre avec de l'alcool. » s'esclaffa-t-il.
Bella haussa les épaules.
« Tu ne connais pas mon frère, Emmett. Quand tu grandis à proximité de lui, tu peux juste pas ne pas apprendre à manger vite et de grandes quantités.
_ Et il vit où, ton frère Emmett ? » Ricana Demetri. « Je lancerai bien un concours du plus gros mangeur. »
Les filles levèrent les yeux au ciel, mais le visage de Bella s'éclaira.
« Il est pompier, et il a demandé sa mutation à New York pour me rejoindre. Normalement, il arrive dans un mois. »
Je déglutis difficilement, soudain mal à l'aise.
Je n'avais aucun souvenir de son frère, mais les pompiers, c'est pas des crevettes, hein ?
Il était au courant de ce que... J'avais fait à Bella, avant ? Parce que si c'était le cas, il avait toutes les raisons de me ratatiner la gueule.
Alice me lança un regard alors que je me dandinais sur ma chaise, et elle reprit une voix sournoise.
« Hey, Bella, il sera sans doute ravi de savoir que t'as retrouvé un de tes anciens camarades de collège. »
Les yeux chocolat de la fille qui me faisait face se plantèrent dans les miens, puis dans ceux d'Alice, avant de me revenir.
« Il sait rien. » lâcha-t-elle juste d'une voix froide.
Je m'autorisai à souffler, alors qu'Alice me lançait un regard plein de sous-entendus. Cette enfoirée n'hésiterait pas à parler elle-même à ce Emmett si je faisais souffrir Bella. En même temps, je ne pouvais pas lui en vouloir.
La conversation reprit alors que nous étions en train de commander les desserts. Alice se contenta d'une salade de fruit, mais Bella commanda une glace.
« T'as pas peur que toute cette bouffe alourdisse ton cul ? Ricana Demetri.
_ Qu'est-ce que t'as contre mon cul, se renfrogna Bella.
_ Je me disais que t'avais pris facilement deux ou trois kilos depuis notre rencontre, non ? Tu me parais plus empâtée, la taquina Riley.
_ Mais vous dîtes n'importe quoi ! » S'insurgea Bella en se levant. « Alice, j'ai vraiment grossi ?
_ Pas d'un pet, la défendit sa meilleure amie en levant les yeux au ciel.
_ Ou si tu as grossi, ça te va merveilleusement bien. »
Notre tablée se tut, et chacun d'entre nous reporta son attention sur le gars qui venait d'apparaître derrière Bella.
Elle sursauta.
S'anima.
Et un grondement monta progressivement en moi alors que je la regardais sourire au connard qui avait tiré une chaise pour s'asseoir tout près d'elle.
Un sentiment nouveau m'envahit, et tous mes muscles se tendirent.
J'avais une envie folle de me rapprocher d'elle, de passer un bras autour de sa taille, de grogner contre l'autre, d'embrasser violemment les lèvres sensuelles qui bougeaient alors qu'elle prononçait des mots que j'étais incapable d'entendre.
Si j'avais cru être jaloux de Victoria, alors là, je franchissais un nouveau record.
Ma respiration se modifia.
Mon pouls s'accéléra.
Mon poing se crispa quand l'autre se pencha vers elle en riant, et mes yeux le fusillèrent quand il se releva en lui adressant un sourire charmeur.
Le mec disparut dans la foule du restau, et Bella resta un instant à regarder dans sa direction.
Être patient pour avoir Bella ? Mais comment pouvait-on se montrer patient, quand l'objet de notre désir se montrait réceptif à la drague par d'autres mecs ?
Je détournai rapidement le regard quand elle se retourna vers nous, et sentis les yeux d'Alice faire des aller-retour entre elle et moi.
« Bella ? J'ai besoin d'aller aux toilettes, tu m'accompagnes ? »
Ma voisine d'en face se leva, et mes yeux la suivirent un moment.
Puis mon regard se reporta sur mon meilleur ami, et je me raidis.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je froidement.
Il eut un sourire goguenard.
« T'es jaloux ?
_ Jaloux ? Pardon ? M'énervai-je.
_ D'Alec. »
Je fronçai les sourcils, me demandant de quoi il parlait.
« Le mec qui était avec Bella il y a encore deux minutes. » Précisa Jasper. « T'as pas écouté ?
_ Comme si j'en avais quelque chose à faire. » Grognai-je.
Mon ami sourit encore, sarcastique. Je me renfrognai.
« T'es jaloux. J'en reviens pas.
_ Tu racontes n'importe quoi. Pourquoi voudrais-tu que je sois jaloux ? Je suis pas avec Bella, à ce qu'il me semble.
_ Oh je t'en prie. Si t'avais vu la façon dont tu le tuais du regard ce pauvre type.
_ Pauvre type ? Non mais attends, et toi, t'as vu comment il la déshabillait des yeux ce connard ? Faut pas être devin pour entendre ses pensées, il était en train de s'imaginer la prendre sans préliminaires sur cette putain de table ! »
Ma colère avait éclaté d'un coup, sans que je ne puisse la retenir.
Mon cœur battait à toute allure.
Jasper se recula dans sa chaise, son regard analytique toujours posé sur moi.
Je me glaçai.
« Tu penses pas que tu attribues à ce garçon les désirs que toi, tu as ? » Fit-il enfin.
Mes mâchoires se crispèrent, et je détournai mon regard, amer.
« Sûrement pas. » Commençai-je.
Je pris un bol d'air profond, essayant de me calmer.
« Bella n'est pas le genre de filles que je baiserais sans préliminaires, sur une table de restau... » Finis-je dans un souffle.
Je me pris la tête entre les mains, un vertige me saisissant les entrailles.
Bella, c'est le genre de fille à qui on fait l'amour.
Le genre de fille qu'on s'émerveille de pouvoir caresser.
Le genre de filles dont on aime entendre les soupirs et les gémissements.
Le genre de filles dans lesquelles on aime se perdre, et le genre de filles qui nous font sentir vraiment fiers de nous, quand on les mène à la jouissance.
Ce côté romantique en moi me... Terrifiait.
Non parce que j'ignorais qu'il existait.
Mais parce que cela faisait des années – en fait, depuis mon adolescence, cette période collège où je voulais croire à l'Amour – que je ne l'avais pas senti se réveiller en moi, faisant cogner douloureusement mon cœur dans ma poitrine.
Cela faisait des années que je me contentais de sexe avec des filles sans intérêt, et... J'aimais ça.
Mais maintenant, il y avait Bella. Bella que je ferais tout pour avoir, ou bien pour oublier si seulement ça m'était possible.
Si seulement il n'y avait pas cette jalousie qui me rongeait à l'idée qu'un autre puisse la toucher.
Et ce vide entre nous, peut-être plus effrayant que son ressentiment d'avant...
Quand je relevai la tête, mon ami me regardait d'un air plus grave, toute trace d'humour ayant disparu de ses yeux.
« Tu as conscience que tu n'as aucune chance avec elle, après... »
Je ravalai une boule d'amertume sans l'écouter terminer sa phrase.
Peu m'importait les 'chances' que j'avais ou pas. Je ne pouvais pas juste ne pas essayer de sortir avec Bella.
« Sans compter que sa meilleure amie me hait. » Soufflai-je.
Jasper me considéra un long moment.
« Je crois qu'il est temps que nous ayons une petite discussion, nous deux. Et en fonction de ce qui en ressortira, je me chargerai de calmer Alice... Ou non. »
Je lançai un regard surpris à Jasper, mais celui-ci reporta son attention sur le serveur qui nous amenait nos desserts. En même temps, les filles revenaient des toilettes.
Je détournai le regard pour éviter de contempler la façon dont Bella léchait sa cuillère.
« Au fait Bella, tu pourrais proposer à Alec de nous rejoindre en boîte, non ? Il a l'air gentil. » Lança Alice.
Mon estomac se serra.
« Oui... Pourquoi pas. » Répondit évasivement Bella.
Ok. J'allais devoir trouver un moyen d'évincer un prétendant tout en gardant patiemment mes distances avec Bella quelques temps...
Quel cauchemar.
Alors ! Que pensez-vous qu'il va se passer/Qu'espérez-vous ?
- Alec ne vient finalement pas en boîte, au grand soulagement d'Edward qui va pouvoir coller Bella en prétextant de veiller sur elle, tapez 1
- Alec vient en boîte et Edward crève de jalousie dans son coin, pour finir par noyer son désespoir dans l'alcool et/ou les filles, tapez 2
- Alec vient en boîte et réussit à sortir avec Bella malgré ce qu'Edward aura pu trouver comme moyen de les séparer, tapez 3
- Bella se foule la cheville sur le chemin de la boîte et Edward la ramène chez elle pour jouer au docteur, tapez 4
- Si la réponse n'est pas parmi celles proposées, ne me tapez pas
A bientôt !
