Par Merlin ! Mais qu'est ce qu'il fabrique ?! Il devrait déjà être là devant moi. J'ouvre la porte et jette un coup d'œil dehors. Il fait noir, il fait froid et en prime il pleut. Inutile de dire que je n'ai rien vu et que je suis près de la crise d'angoisse !
Il survit à des attaques de mangemorts, au point d'avoir un article sur lui dans un journal ! Mais il va se blesser en allant fermer des volets. Et puis quelle idée d'être sorti ! Il aurait pu rester avec moi et nous aurions juste réparé les vitres à chaque casse… Après tout nous sommes sorciers, non ?!
A moins qu'un mangemort l'ait retrouvé ! Il était peut être en train de se battre à ce moment même ! Peut être qu'ils l'avaient kidnappé ! Mon cœur bat la chamade. Si ça continue, je ferais bientôt une belle crise d'angoisse. Et puis tout ce vent, ces craquements… J'entends un bruit sourd contre un volet dans une pièce du rez de chaussée.
Je me précipite, criant le nom de James pour savoir si c'est lui, s'il a besoin d'aide, mais rien, pas de réponse. Ca y est je sens que je panique, ma respiration se fait difficile et quand l'électricité s'éteint brusquement je ne retient pas un cri de terreur.
Je suis maintenant dans le noir, seule, sans nouvelle de l'homme que j'aime et qui ne le sait pas. Pourquoi la vie est si dure ?! Pourquoi ne m'a-t-elle pas accordée la chance de lui dire ce que je ressentais, de m'excuser de tout ce que je lui avais fait subir… Bien que je maintienne que ses demandes étaient ridicules et parfois même vulgaires.
J'avance à tâtons. Dans la folie, j'ai posé ma baguette je ne sais où… Et s'il y a réellement des mangemorts, je dois la retrouver rapidement parce que la prochaine sur la liste, ce sera moi. Ils ne voudront pas garder de témoins gênants et je serais beaucoup plus facile à neutraliser !
J'arrive dans l'entrée, ne quittant pas des yeux la porte. Je vais aller dans le salon pour attendre son retour… Enfin s'il revient… Je percute alors une masse mouillée qui vient d'entrer dans mon champ de vision. Deux mains me rattrapent et tout en fermant les yeux je me mets à frapper mon agresseur le plus possible.
- Lache moi, sale brute !
- Lily…
- Je t'ai dit de me lacher !
Ce qu'il fait… Sauf qu'avec toute la hargne que j'avais, je tombe à la renverse et me retrouve assise par terre regardant un Potter mouillé. Il est en vie ! Il est sain et sauf ! Je ne vois pas la moindre blessure sur son corps, enfin de ce que la pénombre me laisse entrevoir.
- Pourquoi m'as-tu laissé tomber ?! Je m'écris une fois la joie de le revoir disparue.
- Tu m'as demandé de te lâcher… C'est ce que j'ai fait. Et dois je te rappeler que tu me frappais !
Sa voix est sèche. Nous allons nous disputer c'est sure parce que je n'arrive pas à contrôler mes nerfs. Je me suis tellement fait de soucis pour lui que j'aurais envie de continuer à le taper pour qu'il comprenne qu'il ne faut pas qu'il recommence !
- Je ne pensais pas que je te dégoûtais à ce point…
Me dégoûter ?! Cet imbécile croit vraiment qu'il me dégoûte ?! Mais c'est pas vrai !!! Je me relève tant bien que mal, massant au passage mon fessier endolori. La colère gronde en moi, il est trop tard tout ce que j'ai sur le cœur va sortir, aux abris !
- T'es vraiment qu'un crétin !
- Ca faisait longtemps que tu ne me l'avais pas dit ! Hurla t il.
- Je me suis fait du souci pour toi, nom d'un scrout à pétard poilu !
- …
- J'imaginais déjà toute une bande de mangemorts venant pour te tuer ou t'enlever ! Et là, je croyais que c'était l'un d'eux !
- Je…
- Oh non ! Le coupais je. Ne me dis pas que tu es désolé sinon…
- Sinon quoi ? Me demande t il avec un sourire.
Je sens tout mon énervement s'envoler. Il me sourit. Il est devant moi. Il ne me fuit pas… Je suis brusquement heureuse. Je lui rend son sourire et saute dans ses bras. Il a une minute d'étonnement puis je sens ses bras m'entourer. Que je suis bien… Même mouillé, cet homme est parfait ! Je respire discrètement son odeur qui se mêle à celle de la nature… Quand je le repousse, les sourcils froncés.
- Et tu étais où ?
- J'ai aidé la voisine à fermer ses volets. Je n'allais pas laisser une femme de son âge risquer sa vie.
- Pourquoi ne m'as-tu pas prévenue ?!
- Je ne pensais pas que tu deviendrais hystérique…
- Je ne suis pas hystérique !
Je croise les bras devant moi. Si je suis hystérique, et je sens bien que je tremble. J'ai vraiment eu très peur pour lui.
- Et aujourd'hui… Où étais tu ?
- Par ci par là. Je vais me sécher et finir ma nuit.
Avant que j'aie le temps de dire ouf, il a disparu dans sa chambre. Que je déteste quand il fait cela ! Je ne peux pas me permettre de le suivre… Bien que… Roh il faut que je me calme. Demain la tempête sera encore là, espérons, et je pourrais lui soutirer les informations. Et pourquoi pas plus…
Je suis épuisée par tout cela, à tel point que ma tête a à peine touché l'oreiller que je dors déjà, rêvant de James se battant pour se défendre puis pour nous défendre avant de m'embrasser et de… Je me réveille doucement. Je n'ai pas envie de quitter ce rêve… Il est si agréable !
Je regarde l'heure… Quoi ?! Mais il est décidément trop tôt ! Je m'enroule dans la couette. J'ai froid ! Et c'est là que je réalise… Hier j'avais mis un peu de chauffage mais celui-ci est électrique… Hors il n'y a plus d'électricité ! Je tends la main vers ma table de chevet… Ma baguette ?! Ah oui, je l'ai posé… Je ne sais où hier soir.
Je sors du lit, enfile mon plus gros pull et descend les escaliers. Je grelotte… J'aurais du mettre des chaussettes. Comme peut on passer de super températures à quasiment l'hiver ?! J'arrive dans la cuisine, ma baguette trône fièrement sur la table.
- Tu veux un café bien chaud ?
Je sursaute. James se tient près de l'évier une tasse entre les mains. Il a déjà enfilé un jean et un pull… Il est toujours aussi séduisant. Je lui souris doucement avant de hocher la tête. Ca me fera du bien. On s'assoit alors l'un en face de l'autre, tenant à deux mains nos tasses pour nous réchauffer.
- Tu étais où hier ?
Je remarque que ma voix est triste. Va t il comprendre que je suis déçue ?
- Je me suis baladé.
Je vois bien qu'il ne m'en dira pas plus alors j'insiste. Voilà sûrement un bon moyen de rompre la glace entre nous. De parler avec notre cœur et surtout que je lui avoue que je n'étais pas saoule mais entièrement consentante.
- Pourquoi ?
- J'avais besoin d'être seul.
Il ne me regarde pas, il préfère son café à moi. Je suis blessée. J'ai beau tenté de me raisonner, je n'y arrive pas. Après tout il doit s'en vouloir…
- Pourquoi ?
Je le vois inspirer à fond. Il cherche son courage…
- C'est à cause de ce qui s'est passé au bal ?
Il lève enfin les yeux vers moi. J'ai toute son attention. Oh Merlin… Et s'il m'en voulait après ?!
- Tu…
- J'avais bu… Mais pas au point de ne pas savoir ce que je faisais…
Mon cœur bat fort. Et son visage… Son visage qui s'assombrit. Il m'en veut.
- Pourquoi ? Crie t il. Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? Je me torture depuis hier et toi tu m'annonces ça tranquillement.
- James…
- J'ai passé ma journée à me demander…
Il s'était levé et faisait les cent pas dans la cuisine. Je me mis sur sa route ce qui eu pour effet de l'arrêter.
- Tu voulais que je te le dise quand ?! Le soir même ?! Tu ne m'aurais pas cru ! Tu étais si persuadé que j'étais saoule !
- …
- Tu sais très bien que je ne bois jamais autant !
- Ca fait un an…
Je pose mes mains sur son torse… Je souhaite qu'il me prenne dans ses bras. Comme cette nuit ou encore mieux comme ce soir là…
- Je voulais te le dire aussi hier mais tu as fuit. J'ai pensé que tu t'en voulais mais…
J'ai pensé depuis le début qu'il ne voulait pas profiter de moi parce qu'il tenait toujours à moi mais peut être qu'il ne voulait pas profiter de la situation pour d'autres raisons… Peut être que…
- Tu as déjà quelqu'un, c'est ça ?
J'étais sur le point de pleurer. S'il répondait oui, je…
- Non, Lily, s'écria t il.
Je souris presque soulagée. Je me colle un peu plus à lui et plonge mon regard dans le sien.
- Alors pourquoi ne m'embrasses tu pas ?
Il sourit. Qu'il est beau quand il sourit. Mon cœur loupe un battement, je me sens fondre tandis que son visage s'approche du mien. Ses lèvres sont toujours aussi douces… Ses mains se faufilent sous mon pull, sur ma peau. Je gémis. Elles sont froides et pourtant une chaleur m'envahit. Je croise les bras derrière son cou, je veux être sure qu'il ne partira pas.
Sa bouche se dérobe. Sa main me caresse maintenant la joue. Avec tant de douceur que j'en ferme les yeux.
- Lily, il faut que je t'avoue quelque chose.
