Hey hey Hey ! Sorry pour l'heure de postage mais je fais toujours une énième relecture avant de vous livrer le chapitre ;)
Chapitre 8
Au pied du Sapin
La première semaine de vacances au Terrier s'était révélée étrangement calme pour les trois adolescents. Hermione s'était habituée au babillage incessant de Suzan et Paule, ses cadets, qui passaient leur vie à se disputer. Elle avait aussi prit goût aux discussions exaltantes avec Wilhelm et aux sifflements stridents qu'Appolin produisait à l'aide de sa petite flûte en bois. Il lui avait raconté que son grand-père lui avait offert cet objet moldu le jour de sa fête et qu'il ne s'en séparait pas depuis. Ses frères et sa sœur avaient confirmé d'un œil mécontent en précisant qu'ils avaient pourtant essayé de se débarrasser de l'objet. Ron pour sa part, regrettait les parties d'échecs avec Ana' et les pitreries d'Edgar qui ne manquait pas une occasion de se donner en spectacle. Depuis quelques semaines, en traînant avec le métis, il s'était aussi considérablement rapproché de Blaise. Le serpentard était intelligent et amusant et s'avérait être un excellent joueur aux échecs. Harry avait d'abord grogné quand Ron l'avait ramené dans la salle commune des rouge-et-or mais avait aussi du avouer qu'il le trouvait sympathique.
De ce côté là, il n'y avait pas eu de progrès, Harry n'avait pas montré d'inclinaison particulière envers le black et celui-ci semblait intégrer Harry seulement comme connaissance d'ami. Ron avait bien essayé de jouer les marieuses mais Hermione l'avait réprimandé fortement. Elle avait même sournoisement souligné qu'il ferait mieux de s'occuper de sa propre vie sentimentale. Il avait rougi avec virulence, se demandant si elle avait pu deviner ce qui s'était passé entre Anthony et lui.
Ce souvenir en amena un autre dans son esprit. Celui d'un serpentard aux mèches claires le plaquant contre un mur pour lui planter les dents dans le cou. Il caressa distraitement la marque qui ornait toujours sa peau fine. Cela faisait presque semaine déjà et elle persistait. Il ne s'était pas rendu compte sur le moment que Malfoy avait croqué si fort. Et il rougit en songeant qu'il avait vraiment du perdre les pédales pour ne pas le noter. Il essaya de chasser la sensation du corps de Draco contre le sien. Cet instant le hantait. Il avait vraiment aimé cet échange et il avait envie de se baffer de se l'avouer si facilement. Mais après tout, il était encore dans l'enthousiasme de la découverte et Malfoy avait trop d'expérience pour le bien de Ron. Il soupira encore en ramenant son drap à lui. Il leva la tête pour constater que Harry dormait, ses ronflements résonnant doucement dans la chambre. Il aurait bien aimer se confier à quelqu'un. Ce qu'il avait ressenti avec Draco en cinq minutes était quatre fois plus intense que ce qu'il avait partagé avec Anthony en plusieurs semaines. Il culpabilisa en songeant à Anatole et Sylvestre. Les deux adolescents seraient probablement écœurés s'ils savaient ce qui s'était passé derrière cette statue. Il chassa ses sombres idées pour se concentrer sur les dernières nouvelles du monde du Quidditch. C'est ainsi qu'il s'endormit en rêvant balais, souaffles, anneaux et bel attrapeur aux yeux d'acier.
Ron s'éveilla en sursaut. Il avait rêvé de Draco Malfoy. Et la netteté de ce songe perturbant le retournait encore. Il baissa le regard. Visiblement, son corps aussi avait été prit par l'illusion et il avait un sérieux souci dans le pyjama à régler. Il jeta un regard furtif en direction de Harry mais celui-ci était déjà levé. Il sourit, satisfait. Alors, il glissa sa main dans son pantalon de pyjama. Il se concentra sur la silhouette massive de Viktor Krum et commença de lents va-et-vient. Mais très vite, les yeux noirs du joueur de Quidditch s'éclaircirent pour se parer de nuances nuageuses aux pépites de plomb. La peau, perdit sa pilosité sombre pour se recouvrir d'un duvet couleur blé qui lui était familier. Les hanches, d'habitudes si massives, s'atrophièrent pour n'être plus que des lignes sveltes qui venaient à sa rencontre en une poussée gracieuse. Et les lèvres, qu'il imaginait pulpeuses, se dégonflaient soudain pour se faire maigres et rêches. Et la sensation de griffure qu'il avait déjà vécu l'effleura à nouveau et il fut électrisé en la retrouvant si hâtive. Il jouit sans pouvoir retenir un « Draco... » murmuré faiblement.
Hermione observait Percy Weasley depuis que celui-ci avait rejoint la table du petit-déjeuner. Il avait posé son journal sur la table, à gauche de son bol. Mal réveillé, ses cheveux étaient un amas de boucles irrégulières se battant entre elles. Il avait le regard ensommeillé, naviguant distraitement sur les différents articles de la Gazette. Il prenait du café et des tartines au beurre recouvertes de confiture de fraise. Comme elle. Elle sourit inconsciemment en se rappelant que Wilhelm aussi prenait cela le matin. Elle détailla davantage son vis-à-vis. Percy était de taille moyenne pour un jeune adulte. Il n'avait pas une musculature très développée du temps où il était à Poudlard mais la vie active lui avait octroyé quelques rondeurs au niveau des bras qui révélaient une activité sportive régulière. Son visage s'était affirmé, sa mâchoire élargie, et son torse était plus clairement dessiné. Il n'était pas beau à proprement parler mais il y avait un air intelligent dans son visage qui lui accordait un certain charme posé. Un rire contenu à sa gauche la tira de sa contemplation.
Harry l'avait grillé en beauté. Elle baissa le nez sur son bol, trempant plusieurs fois sa tartine pour se donner contenance. L'arrivée d'un grand hibou grand-duc leur fit tous lever la tête. Il arborait une mine supérieure et tendit l'enveloppe à Hermione qui la prit, surprise. Elle ne recevait jamais de courrier. Le hiboux n'accepta pas le Miam-Hiboux qu'elle lui tendait et elle se dit qu'il attendait sûrement une réponse. Alors, elle décacheta la lettre et quitta la table pour la lire plus à son aise près de la cheminée, sous le regard blasé du volatile. Elle regarda directement la signature pour connaître l'identité de son correspondant. Elle sursauta lorsqu'elle vit une fine écriture italique indiquer : Draco Malfoy. En quel honneur le Prince des Serpentards lui accorderait-il son attention ?
Granger,
Tu te doutes bien que si je m'adresse à toi, c'est que je me retrouve dans une situation désespérée. J'ose supposer que tu es moins stupide que les amis que tu t'es choisi. Aussi, je pense ne pas me tromper en affirmant que tu as, comme moi, deviné l'identité du deuxième parent d'Edgar Zabini. Qui ne reconnaîtrait pas de tels yeux ?
Je suis certain que tu ne comprends pas ce que vient faire Zabini dans cette affaire.
En réalité, il me semble qu'un autre adolescent du futur possède des yeux tout à fait reconnaissables et ce constat, tu le comprendras quand tu l'auras fait par toi-même, me plonge dans une situation délicate.
Je vais être franc. Ma famille a juré allégeance au Lord Noir. Je n'ai jamais souhaité suivre les traces de mon père. Jusqu'ici, je m'étais résigné à le faire. Mais maintenant, il y a Sylvestre. Et ce nouvel élément évoqué plus tôt. Je ne peux pas me lier à Voldemort.
Je m'adresse à toi pour que tu appuies la demande que je vais faire à Dumbledore d'intégrer l'Ordre du Phénix.
J'attends ta réponse au plus vite.
Draco Malfoy
Hermione recommença enfin à respirer. Son cerveau était en ébullition tant il essayait d'intégrer les informations contenues dans cet étonnant courrier. Le début. Les yeux d'Eddy, ceux de Harry, elle situait. Malfoy savait donc. Mais après ? Un autre adolescent aux yeux singuliers ? Un adolescent n'ayant donc qu'un père... Sylvestre ? Il n'avait jamais la même couleur d'yeux. Mais son père était Draco. Non, il ne s'agissait probablement pas de lui. Elle songea que ce devait être un adolescent plus ou moins proche d'elle pour que Draco songe qu'elle puisse l'identifier. Aucun de ses enfants, ils avaient soit ses yeux, soit ceux de Percy. Ce qui pouvait être considéré comme sa plus proche famille était Harry, mais son fils était à éliminer. Restait Ron. Son cœur battit à toute allure alors qu'elle prenait conscience de la couleur des yeux de son neveu. Elle ne put s'empêcher de crier :
« Par la jupe de Morgane ! »
Le Lendemain
Paule était en compagnie de tous les enfants du futur dans la Grande Salle. Ils s'étaient tous levés aux aurores pour découvrir leurs cadeaux. Tous les paquets étaient présentement au pied d'un gigantesque sapin. Leur situation quelque peu exceptionnelle avait poussé Dumbledore a fêter Noël tous ensemble plutôt que chaque maison séparément. Il avait été heureux de voir qu'aucune espèce d'inimitié ne semblait d'ailleurs régner entre les quatre maisons du futur. Aussi en cette matinée encore peu entamée se frottait-il les mains en observant les petits loups ouvrir leurs cadeaux avec enthousiasme.
La jeune fille avait reçu des cadeaux très variés. Sa mère lui avait offert un joli grimoire sur les voyages temporels qui la fit sourire. « Il ne faut jamais perdre une occasion de s'instruire » disait tout le temps Hermione. Harry, qui avait une imagination limitée mais était un oncle plein de bonne volonté lui avait acheté des bonbons et des accessoires lumineux pour ses cheveux. Et Ron, qui était le plus fantasque des trois avait opté pour un coffret édition de luxe des Boîtes à Flemme des Jumeaux. Elle regrettait de ne pas connaître ces deux-là du passé. Mais Dumbledore avait été formel : pas de contact extérieur. Elle serra dans son poing le petit médaillon de Draco.
Comme d'habitude, Toundra avait été le plus fin, le plus à même de deviner ce qui la toucherait. Il avait trouvé un cadeau élégant, distrayant et utile. En effet, elle avait découvert quelques jours plus tôt qu'en ouvrant son médaillon, celui-ci proposait plusieurs options selon ce dont elle avait besoin. Quand elle se sentait seule dans son dortoir la nuit, il laissait échapper un petit serpent vert lumineux, qui dansait pour la faire sourire. Quand elle faisait ses devoirs et qu'elle se trouvait dans une impasse, la petite lumière se regroupait pour former le numéro de la page du livre qu'elle avait en main et qui pourrait l'aider. Enfin, quand elle trouvait le temps long, la lueur lui indiquait l'heure et lui mimait tout ce qu'elle pouvait faire pour s'occuper. Elle était toujours étonné par les ressources dont disposait la petite lumière. Elle soupçonnait Draco de lui avoir lui-même soufflé des idées.
Elle observa ses camarades. Elle guettait particulièrement la réaction d'Anatole, toujours inquiète à son sujet. Il déballait les présents distraitement, leur accordant parfois un faible sourire. Alors qu'il croyait avoir terminé, Edgar lui indiqua un autre paquet :
« Il y a ton nom dessus. » Ana' haussa un sourcil surpris.
« Qui ça peut bien être ? » Il approcha le cadeau, un paquet plutôt petit et rectangulaire. Sûrement un livre. L'emballage était noir avec un ruban gris. Il hésita, jeta un œil à Sylvestre et Edgar et enfin l'ouvrit. Un carnet. Il fronça les sourcils. Il l'ouvrit. Une petite enveloppe dorée se trouvait entre les deux premières pages. Il marqua un temps avant de la saisir et de la décacheter. Il déplia un parchemin au grain fin et admira l'écriture élégante qui s'étalait devant ses yeux. Son cœur se serra. Il reconnut l'écriture de Draco.
Anatole,
N'en veut pas à Paule de ne pas avoir résisté à mon regard d'acier. J'ai réussi à la faire suffisamment parler pour lui arracher un indice capital concernant l'identité de ton second père.
Anatole arrêta de lire, referma la lettre et la repoussa loin de lui, paniqué. Edgar intercepta la lettre et la parcourut hâtivement. Son expression passa de surprise, à méfiante, à inquiète puis à surprise encore avant d'être franchement amusée et enfin rayonnante. Il passa la lettre à Sylvestre qui passa lui aussi par toutes ces nuances. Mais il partit aussitôt sa lecture achevée à Paule pour l'enlacer et l'embrasser plusieurs fois sur les deux joues. Anatole, perplexe, reprit la lettre laissée au sol et reprit sa lecture.
… J'ai réussi à la faire suffisamment parler pour lui arracher un indice capital concernant l'identité de ton second père. Je me demande maintenant comment il est possible que personne ne tire leçon de l'exemple d'Edgar. Car sans vouloir me vanter, mes yeux sont au moins aussi unique que ceux de Potter.
Je suis désolé de ne pas m'être plus intéressé à toi et de t'avoir abandonné au milieu du couloir le jour où j'étais revenu chercher ma canne. Ma surprise était trop grande et j'étais aveuglé par l'antipathie que j'éprouve encore parfois pour ton autre père.
Ce carnet est un bien modeste présent mais j'espère qu'il nous permettra de rattraper le temps que nous avons déjà perdu afin de mieux nous connaître. Je suis très curieux à ton sujet.
Ce carnet possède un jumeau qui est actuellement en ma possession. J'ai relié magiquement nos deux carnets pour que nous puissions communiquer par leur intermédiaire.
A l'occasion, n'hésite pas à déranger ton jeune père.
Joyeux Noël Fiston.
Draco Malfoy
Ana' essuya une larme qui avait perlé au coin de son œil gauche lorsqu'il avait constaté que le « Fiston » était d'une écriture un peu tremblotante, et il imaginait assez bien ce que cela avait coûté à son père d'utiliser cette formulation. Il se leva à son tour pour aller embrasser sa cousine pour la remercier de cet excellent cadeau de Noël.
La veille
Harry l'avait rejoint lorsqu'il l'avait entendu s'exclamer depuis la cuisine. Il était assez inquiet de découvrir son état prostré et ses yeux globuleux sortir presque de leurs orbites. S'en était suivie une étrange discussion.
« Hermy ? » Elle secoua la tête pour se reprendre.
« Harry... Je crois que j'ai la réponse à une question que tu m'as posée il y a quelques temps. » Il croisa les bras, dans l'expectative.
« Je ne pense pas que l'homosexualité soit évidente à deviner chez un inconnu ou même chez quelqu'un de très proche. Si tu ne m'en avais pas parlé, je n'aurais jamais pu imaginer que tu préférais les garçons. Et Ron non plus. » Elle sourit à l'ambiguïté de sa phrase. L'image d'Anthony Goldstein se montrant plutôt désagréable avec Ron, sans raison apparente, lui revint, et elle sourit mentalement. Comment avait-elle pu louper cette idylle ? Tout se recoupait : la bonne humeur de Ron, son amitié nouvelle avec Goldstein, leur disparition un soir de ronde commune... Elle rit doucement. Harry semblait la prendre pour une folle.
« Je ne pense pas non plus que les gens du même bord que nous ne devine nos préférences. Et cette lettre vient de m'en apporter la preuve. » Harry croisa davantage encore ses bras.
« Qui peut bien t'écrire pour te parler de sa vie amoureuse ? » Elle fit signe que non de la tête.
« Tu n'y es pas. Il s'agit de quelqu'un qui me parle de sa future vie amoureuse ou du moins, de ce que celle-ci implique pour plusieurs personnes. »
Elle brûla le parchemin d'un coup de baguette magique et se précipita vers un bureau-secrétaire pour emprunter une plume et un rouleau de parchemin. Harry la regarda faire sans bouger, encore perplexe sur ce que son amie essayait de lui faire comprendre. Elle scribouilla pendant dix minutes, se relisant, se corrigeant, reformulant et après avoir recopié au propre son message, elle le cacheta pour le donner au grand hibou qui attendait toujours. Celui-ci s'envola dans un bruissement élégant tandis que Hermione brûlait son brouillon. Elle arracha ensuite un petit bout de papier, y inscrivit un bref message qu'elle envoya par cheminette après avoir prononcé distinctement : « Pour le Professeur Dumbledore ». Harry se gratta la tête, totalement perdu.
L'arrivée de Ron les distrait quelque peu.
« Il reste des croissannnnnnts ?! » gueula celui-ci en dévalant les escaliers. Il semblait de mauvaise humeur. Ils entendirent Percy soupirer avant de quitter la cuisine et Hermione ne put bêtement s'empêcher de sourire. Elle aurait réagi pareil si elle n'était pas déjà préoccupée par un autre sujet. Elle regagna la table du petit-déjeuner. Ils découvrirent un Ron décoiffé, la tête maussade, les yeux cernés, le regard fuyant. Et ce Ron là était clairement mal à l'aise concernant quelque chose qu'il leur cachait visiblement. La jeune fille se demanda si l'affaire n'était pas plus avancée qu'elle ne l'avait cru, du moins du côté du rouquin. Elle décida de laisser tomber la subtilité avec un Ron à peine réveillé qui ne comprendrait pas où elle voulait en venir. Après tout, elle ne cédait pas souvent à sa curiosité. Après avoir jeté un sort de silence autour d'eux trois, elle demanda sans préambule :
« Est-ce que tu sais qui est le deuxième père d'Anatole ? » Harry qui avait espéré que reprendre du café éclaircirait ses idées recracha le contenu de son bol. Outré, il s'insurgea :
« Quoi ?! Tu es gay Ron ?! » Celui-ci rougit comme jamais avant.
C'était marqué sur son front ou quoi ? Il se racla la gorge, totalement désespéré par cette situation inattendue. Hermione ne pouvait-elle pas poser ses questions en privé ? Et d'abord, cela signifiait-il qu'elle savait, contrairement à lui, avec qui il avait eu Anatole ? Il attaqua derechef.
« C'est Edgar qui te l'a dit ? » Elle sourit.
« Non. C'est l'autre père. » Ron recracha chocolat chaud, croissant et confiture. Ses yeux devinrent fous et il attrapa Hermione par le col de son chemisier.
« Dis-moi qui c'est ! » Surprise, elle bafouilla, mais elle le repoussa d'un sort et il jura en tombant de sa chaise. Heureusement qu'elle gardait toujours sa baguette sur elle.
« Non, je ne te dirai rien. D'une part car je ne vois pas pourquoi tu serais mieux traité que Harry. D'une autre parce qu'encore une fois, ce n'est pas mon rôle. Tu n'as qu'à deviner.
-Crois-tu que je n'y ai pas pensé ?! Mais c'est moins facile que pour Harry. » Le concerné eut la bonne idée d'intervenir.
« Comment ça ? Vous voulez dire que tout le monde hormis moi sait qui est mon fils ?!
-Non. Juste nous et Malfoy. » Hermione et Harry ouvrirent de grands yeux.
« Rassure-moi... Ce n'est pas Malfoy...
-Non. » Ron gloussa en imaginant la fouine avec son meilleur ami.
« Tu ne mérite pas tant de mal. » Ce fut à Hermione de glousser mais les deux garçons ne comprirent pas pourquoi. Il continua :
« Allez Hermione, un indice au moins. » Elle avança sa tête vers lui, et avec un sourire sournois, elle lâcha :
« ça crève les yeux ! »
Ron se mit à bouder et Harry exigea des explications. Hermione lui répliqua sèchement qu'il n'était pas concerné et il se mit également à bouder. Un bruit dans le salon fit s'y précipiter Hermione. La tête du Professeur Dumbledore était apparue dans la cheminée. Il l'aperçut :
« Miss Granger ! J'ai reçu votre billet. Êtes-vous libre pour l'heure à venir ?
-J'arrive tout de suite Professeur. » Elle jeta une poignée de poudre de cheminette lorsqu'il eut disparu et s'évapora à son tour dans le conduit, sous l'œil surpris de Percy qui était en train de lire sur le canapé.
« Cette fille est folle... » Et il replongea dans son journal en souriant.
Hermione surgit dans le bureau du directeur et se retint à la paroi pour ne pas tomber. Dumbledore était attablé derrière son large bureau, attendant qu'elle s'explique. Elle ne perdit pas une minute. Techniquement, il n'y avait pas d'urgence mais elle ne prendrait pas le risque que Draco change d'avis.
« Monsieur. Il faudrait que Draco Malfoy soit présent car l'affaire qui va être évoquée le concerne en premier lieu. » Dumbledore plissa le front, ses yeux errèrent quelques secondes sur l'ancien mobilier qui les entourait et il se leva.
« Soit. » Il s'approcha de la cheminée, contacta le Manoir Malfoy et Hermione l'entendit parler à quelqu'un :
« Navré de me pas m'être fait annoncer Lucius. J'ai besoin que Draco vienne dans mon bureau immédiatement. Réunion exceptionnelle des préfets pour une affaire concernant l'école. » Elle entendit une voix traînante parler très vite, visiblement contrariée mais lorsque Dumbledore retira sa tête, ce fut pour laisser passer un Draco Malfoy un peu fébrile. Il regarda le vieil homme avant de lâcher :
« Heureusement que je suis Préfet. » Il s'installa dans le fauteuil que n'occupait pas Hermione en attendant que Dumbledore retrouve sa place de l'autre côté du bureau.
« Bien. Peut être serez vous à même de m'expliquer tant de hâte pour me parler. » demanda-t-il avec amusement. Hermione adressa un regard d'encouragement à Draco. Il se racla la gorge et décida de jouer franc-jeu.
« Je veux intégrer l'Ordre du Phénix. » Et c'est ainsi que pour la première fois, deux êtres encore vivant eurent la joie de découvrir ce à quoi pouvait ressembler un Dumbledore estomaqué. Le pétillement de ses yeux cessa, sa bouche s'arrondit légèrement, bien que cachée par sa barbe et sa main agrippa l'accoudoir pour qu'il ne tombe pas. Hermione aurait bien marqué son étonnement face à cette scène mais elle avait hâte que Draco développe. Alors elle pria le directeur de se ressaisir du regard. Celui-ci hocha la tête et, prenant une grande inspiration, retrouva sa voix posée.
« Puis-je vous demander quelles sont vos motivations Monsieur Malfoy ? » Draco s'exécuta.
« Je songe à cette option depuis l'arrivée des enfants du futur et la découverte de mon lien de parenté avec Sylvestre. Croyez-moi quand je vous dit que personne ne souhaite être le fils d'un Mangemort. J'ai longtemps hésité, pesant le pour et le contre. Mais dernièrement, un nouveau facteur a su précipiter ma décision. » Le regard de Dumbledore s'illumina. Draco s'interrompit. Il avait toujours aimé mettre en scène ses discours et la pause dramatique semblait en cet instant justifiée. Le directeur tomba dans le panneau (mais pardonnez-lui, il est encore sous le choc).
« Dois-je penser que ce facteur porterait un nom d'ordinaire roux ? » Draco laissa échapper un sourire contrit.
« Vous pensez bien Monsieur. » Il jeta un regard à Granger qui les observait en silence.
« Depuis que Sylvestre est rentré dans ma vie, laissant parfois échapper quelques informations sur le futur. Et Edgar surtout... J'en suis arrivé à la conclusion que mon futur est par trop lié aux Weasley, à ma camarade ici présente et à leur ami à lunettes. Je pense donc qu'à un moment donné, j'ai du prendre une décision qui m'a éloigné de Voldemort. » Dumbledore fut surpris que Draco Malfoy utilise ce nom tabou pour tout le monde, et encore plus pour les Mangemorts. Il ignorait à quel point Draco s'était entraîné pendant cette semaine pour le prononcer sans hésitation. Le directeur laissa ses muscles se détendre et sa tête reposer sur le haut dossier.
Hermione intervint :
« Avant que vous ne me posiez la question Monsieur, je suis ici pour soutenir Draco dans sa décision. » Dumbledore reporta son attention sur elle.
« Pensez-vous, Mademoiselle Granger, que ce garçon qui vous a insultée pendant six longues années et persécuté vos amis, puisse du jour au lendemain faire table rase pour montrer patte blanche. Elle plaqua son regard dans celui du vieil homme.
« Ce n'est pas à vous que je conseillerais de laisser une deuxième chance à Draco. Et ce n'est certainement pas moi qui vais devoir énoncer les nombreux profits qu'une recrue telle que lui apporterait à l'ordre. Ce n'est encore moins moi qui soulignera l'impact temporel que cette décision implique. » Le directeur laissa échapper un sourire satisfait. Il allait répliquer lorsque Draco prit la parole :
« Il y a une armoire à disparaître dans la salle sur demande. Elle est en état de marche, par mes bons soins. Il est prévu qu'en Juin, dix mangemorts empruntent sa jumelle conservée à Barjow and Burke pour pénétrer dans le château. Et pendant qu'ils feront diversion en attaquant les élèves et en détruisant le bâtiment principal, je suis chargé de vous éliminer Dumbledore. » Il avait dit cela d'une voix monocorde. Hermione retint un cri strident et le Directeur hocha lentement la tête.
« C'est ce que j'ai cru comprendre en effet. » Draco ferma les yeux, las.
« J'imagine que vous avez présentement tous vos biens personnels réduits dans une malle extensible de poche. » Draco hocha la tête, les yeux toujours fermés.
« Vous concevez donc que si je décline votre requête, votre retour au Manoir sera douloureux. » Draco ouvrit les yeux mais ne répondit pas. Hermione sentit les larmes monter à ses yeux en les observant tous deux. Elle n'aurait jamais cru que Draco Malfoy soit aussi prêt à trahir le Seigneur des Ténèbres, en prenant un risque aussi grand. Le Directeur soupira :
« Vous savez aussi que je ne peux pas vous retirer la marque qui orne votre poignet gauche ? » Draco ne répondit toujours pas mais la réponse était évidente dans ses prunelles fatiguées. Dumbledore aussi sembla épuisé à cet l'instant. Il se retourna vers Fumseck :
« Convoque les membres au Quartier Général. »
Harry et Ron étaient inquiets. Hermione les avait quittés au petit-déjeuner et c'était le soir. Une heure après elle, c'étaient les parents qui avaient emprunté la poudre de cheminette après la visite de Fumseck. Ils se demandaient maintenant quel avait pu être le contenu de la mystérieuse lettre reçue par Hermione car il semblait évident que cela concernait l'Ordre. Ron avait fini de ronger ses ongles et Harry était las de tourner en rond dans le salon. Ginny était avec eux, silencieuse, ne sachant pas quoi faire pour les calmer et préférant lutter pour plaquer Harry au sol pour qu'il évite de bouger de la sorte. Percy, qui était rentré trois heures plus tôt du travail avait immédiatement gagné le Square Grimmaurd, à la demande de ses parents par l'intermédiaire de Ron. Les trois adolescents avaient fini par s'endormir.
Enfin, une lumière se fit et ils furent surpris de trouver les cadeaux sous le sapin. Ils ne réalisèrent qu'alors que c'était le matin de Noël. Puis, leur attention se reporta sur Arthur Weasley qui s'époussetait distraitement et attendit que sa femme apparaisse à son tour pour l'aider à sortir du conduit. Elle tituba un peu mais ce fut son regard qui les inquiéta. Percy les suivait, puis Fred, George et Bill. Ils étaient tous épuisés. Harry et Ron demandèrent d'une voix rauque :
« Où est Hermione ? » ce à quoi Fred grimaça et George répondit évasivement :
« Ils arrivent... » Ils ? Ron regarda Harry qui haussa les épaules. Ginny n'avait pas bougé, observant la scène avec intérêt. Enfin, la silhouette de leur amie se dessina et elle se matérialisa devant leurs yeux. Elle s'écarta vite de la cheminée et attendit quelques secondes avant qu'une deuxième personne ne fasse également son entrée. Harry laissa échapper un cri avant de balbutier :
« Le Grand Duc ! Je savais bien que j'avais déjà vu ce piaf ! » Ron pâlit considérablement. Mal à l'aise, Draco tenta un timide :
« Joyeux Noël... »
Et c'est ainsi qu'une famille de rouquins se retrouva avec un blond au pied du sapin.
Alors, qu'en dites vous ?
Des théories sur la suite ? :P
N'hésitez pas à reviewer les petits poulets :D
Au prochain post, soit, le Dimanche 13 Octobre 2013 :
- Les Vacances au Terrier
