Auteur : Ariani Lee
Bêta-lecture : Shangreela
Pairing : Vanitas/Ventus
Rating : M (pour violence et thèmes abordés)
Titre : « Bébé, sois à moi ». J'ai oublié d'où ça vient.
CRIMINAL
Chapitre 8 – Baby be mine
Je m'étais tellement focalisé sur l'organisation et toutes les dispositions à prendre, la demande que je devais faire, que je n'avais que très peu pensé à la chose en elle-même.
Maintenant tout était fait, et plus rien ne me séparait de ce moment que j'avais tellement attendu.
Maintenant, ça me faisait peur. J'essayais de relativiser, de penser que ma réaction était normale et que ça allait bien se passer.
J'avais réussi à dissimuler mon anxiété tout le chemin du retour. Nous avons marché côte à côte, sans se tenir la main à cause des voisins, mais il y avait un silence confortable. Je souriais légèrement, heureux malgré l'angoisse qui augmentait d'un léger cran à chaque pas que je faisais, chaque pas qui nous rapprochait de la maison. J'avais tout fait pour que ça puisse arriver dans les meilleures conditions possibles, et je savais que je n'avais pas plus de raison que ça de m'inquiéter, mais je stressais surtout à l'idée de ne pas être à la hauteur. Après tout, il était loin d'en être à son coup d'essai, il ne pourrait pas ne pas comparer, même sans le faire exprès… Et si j'étais nul ? Et si, finalement, ça ne mettait pas définitivement un terme à l'affaire Kadaj ? S'il se disait que finalement il n'avait pas fait le bon choix, que…
J'aurais pu continuer comme ça des heures mais je finis par me secouer. Hors de question de tout gâcher en pensant à ça… mais quand même.
Une fois rentrés dans la maison, je lui avais rapidement fait les honneurs de l'endroit. Je lui avais aussi proposé de manger quelque chose, mais à mon grand soulagement, il n'avait pas faim. J'aurais été incapable d'avaler quoi que ce soit. Je lui avais dit que j'allais prendre une douche et je lui avais montré ma chambre.
Maintenant, j'étais assis au bord de mon lit, au même endroit où je m'étais trouvé le jour où il était venu me voir – sauf que ce jour-là, je portais autre chose qu'un bête short en toile. J'attendais qu'il sorte de la douche à son tour. J'avais hâte et peur. J'avais tiré les rideaux de ma chambre, les rayons du soleil déclinant diffusant à travers eux une lumière douce. J'étais nerveux jusqu'à la nausée, au point que quand j'entendis l'eau s'arrêter de couler, il me sembla que mon cœur allait se stopper aussi. Il fallait que je me détende, mais c'était juste impossible.
Je me penchai et attrapai la boîte sous le lit pour la laisser dessus. Puis j'entendis ses pas dans le couloir, et je désirai intensément mourir sur place, où me désintégrer, n'importe quoi.
Il s'encadra dans l'ouverture, portant des vêtements que je lui avais prêtés – un pantalon trois-quarts en tissu léger et un vieux T-shirt trop large. Je n'osais pas le regarder en face. Il s'approcha et s'arrêta à côté du lit. Je devinai qu'il scrutait le contenu de la boîte.
- Euh… Ven ? Dit-il d'une voix hésitant entre l'ahurissement et l'amusement. J'aurais voulu me changer en pierre. Une pierre, ça ne peut pas avoir honte…
- Ou-oui ?
- On attend combien de personnes là, en fait ?
- Quoi ?
J'osai finalement lever les yeux et je croisai son regard incrédule.
- T'as acheté tout ça ?
Je baissai les yeux sur la boîte, et son contenu me frappa comme si je le voyais pour la première fois, comme si ce n'était pas moi qui l'avait acheté. Il y avait trois flacons de lubrifiants différents, quatre boîtes de préservatifs en tout genre, plus quatre ou cinq autres qui se vendaient à la pièce avec des emballages fantaisie – une capsule rouge, un autre en forme de louis d'or – je ne m'en souvenais vraiment pas, de celui-là. Tout à coup, la honte que j'éprouvais devint deux fois plus cuisante, insoutenable. Mon visage brûlait, mes yeux aussi, et je sentis une larme couler le long de ma joue. Je voulais parler mais je savais que si je disais un mot, j'allais éclater en sanglots, et je me trouvais déjà suffisamment pitoyable comme ça.
- Ven ? Ven, qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu pleures, maintenant ? S'inquiéta-t-il.
- Je-je savais pas… j'y connais ri-rien, je savais pas ce… qu'il fallait prendre ! Je suis désolé, je s-suis la-lamentable !
- Ven…
Il repoussa la boîte plus loin et s'assit à côté de moi sur le lit, me prenant dans ses bras. Pas de sanglots, finalement. Mes yeux avaient débordé quand j'avais commencé à parler, mais il semblait que je n'avais que ces larmes-là à verser. Je me sentais juste profondément abattu. Je gâchais tout, après tous les risques qu'on avait pris avec Roxas, tout le temps qu'il y avait consacré avec moi… en arriver là, à cet instant précis, et tout ficher par terre… Je ne m'étais jamais senti aussi mal de ma vie.
Vani me tenait contre lui, caressant doucement mon dos et murmurant à mon oreille des « shhh… » apaisants.
- Je suis désolé, finis-je par dire.
- Mais pourquoi ? Enfin, Ven, c'est… super mignon, quoi. T'es vraiment adorable… Mais tu prépares ça depuis combien de temps, en fait ?
Je réfléchis une seconde avant de répondre.
- En tout… un peu moins de trois semaines…
- Oh, Ven…
Il m'étreignit.
- Tu m'étonnes que ça va pas… Tu te mets beaucoup trop de pression…
- Je fais comme je peux !
Ma voix était sortie plus cassante que je ne m'y étais attendu, et je le regrettai aussitôt. Je savais qu'il ne pensait pas à mal en disant ça… Mais il fallait que je gère mes parents, en sachant très bien que si ils apprenaient ça je connaîtrais les Neuf Cercles de l'Enfer, c'était tout de même ma première fois et c'était lui, c'était tellement important… Et puis… J'avais tellement peur d'être nul !
Mais il ne s'offusqua pas. Il s'agenouilla devant moi et prit mes mains dans les siennes.
- Ven… Je te fais peur ? Me demanda-t-il.
- Non !
- Tu crois que je te ferais du mal ?
- Non, bien sûr que non !
- Alors pourquoi t'es si tendu ? T'es mort de trouille…
Je soupirai.
- Je peux pas m'en empêcher… Je suis désolé…
- Arrête de t'excuser…
Ses mots se perdirent sur mes lèvres en un murmure caressant, et il m'embrassa doucement.
- Tu es parfait, arrête de t'inquiéter…
- Mais je…
Il s'écarta de mon visage et posa ses bras sur mes genoux, me regardant droit dans les yeux.
- Ecoute, là, c'est pas possible, à moins que tu te calmes. Ça me pose pas de problème de rien faire, on peut très bien passer la soirée tranquillement, et juste dormir ensemble, ou je rentre chez moi…
- Non !
Je me mordis la lèvre. Mais ça, c'était la dernière chose que je voulais, après tout le mal que Roxas et moi on s'était donné…
- Alors il va falloir te détendre. Tu te rends pas compte que ça me flippe complètement ?
- … Quoi ?
Il haussa les sourcils, l'air de dire « évidemment, qu'est-ce que tu crois, nounouille ? ».
- Enfin, Ven, tu me prends pour qui ? Je suis pas en pierre ! Je t'aime, quoi… Je sais bien que c'est ta première fois. Tu parles d'une putain de responsabilité ! Je peux même pas ne serait-ce que penser te toucher si t'es dans un état de nerfs pareil, merde, j'aurais l'impression de te violer !
- Oh, je…
… n'avais absolument pas pensé à ça.
- J'm'en doute. Je sais ce que je fais, c'est pas ça, mais te voir raide de peur comme ça, c'est quand même foutrement déstabilisant…
Je secouai la tête.
- Je comprends… Excuse-moi, Vani, je… je n'ai pensé qu'à moi.
- C'est rien, Ven. Juste… essaye de te détendre.
Je fus soudain secoué par un rire nerveux. Il me regarda comme si j'étais devenu dingue. Peut-être que le rire, c'était pire que les larmes… ?
- Excuse-moi… j'arrive pas… à m'arrêter…
Son regard semblait dire « Et si je t'en colle une t'arrêtes ? » mais il attendit simplement que j'aie fini.
- Je vais peut-être vraiment finir par te violer, en fait ? Suggéra-t-il, mais je savais parfaitement qu'il n'était pas sérieux et je lui tirai la langue.
- Tu ferais pas ça !
Il me toisa encore un moment, toujours vexé de ma crise de fou rire, puis son visage se radoucit.
- Tu te sens mieux ? Me demanda-t-il.
- … Un peu.
Il se releva et se tint debout devant moi, puis il enleva son T-shirt avant de me rejoindre sur le lit. Il repoussa encore un peu la boîte, s'assit au milieu et me regarda intensément avant de me faire signe d'approcher. Le stress était revenu se loger en une boule dure dans mon estomac, mais ce n'était plus la même angoisse. Celle-ci était plus tolérable, moins douloureuse.
Il me prit par la nuque et m'embrassa. J'étais à genoux, appuyé sur mes mains, et il ne me touchait pas. Il resta simplement comme ça à m'embrasser un moment, puis ses lèvres quittèrent les miennes, déposèrent deux baisers dans mon cou, vinrent se poser presque sur mon oreille. Je sentis sa langue qui courait sur le lobe, humide, chaude, glissante, faisant courir dans mon corps une onde de sensations qui fut malheureusement gâchée par cette fichue tension. Puis elles remuèrent et dans un souffle brûlant, déposèrent au creux de mon oreille deux mots :
- Touche-moi…
Ce fut comme s'il avait touché une corde à l'intérieur de moi, envoyant dans tout mon corps une longue et très intense vibration. La sensation fut si forte que je dus réprimer un geignement. Puis ses lèvres remuèrent à nouveau.
- Souviens-toi comment tu t'es senti là dernière fois que tu l'as fait… Ici-même, dans ta chambre…
Je fermai les yeux, écoutant son murmure brûlant. La dernière fois que je l'avais touché, qui avait aussi été la première, le jour où il m'avait montré qu'il ne portait pas d'autre tatouage que mon prénom gravé sur son bras. Le plaisir de sentir la chaleur de sa peau sous mes doigts, et de le voir tressaillir…
- Touche-moi, répéta-t-il, et je le fis.
Il se recula et ferma les yeux pendant que je faisais courir mes doigts le long de ses clavicules, puis ma main à plat sur son torse, son ventre, sa hanche. Je la fis glisser dans son dos, sur ses reins, et ça m'obligea à me rapprocher de lui.
J'étais un peu mal à l'aise, mais en même temps j'adorais ça. Je songeai que j'aurais pu continuer des heures rien que pour voir ses sourcils se froncer sous un frisson, juste parce que je savais que ce qui l'avait provoqué c'était la caresse de mes ongles au creux de son échine.
Il était assis en tailleur, moi sur mes talons à côté de lui. J'étais, pour le coup, un rien plus grand. Mon bras passé autour de sa taille me donnait une sensation grisante et étrange – comme si je lui avais dit « Tu es à moi », et mon nom tatoué sur sa peau le disait aussi. Je posai ma main libre sur sa nuque et l'embrassai.
J'étais sidéré de voir à quel point il se laissait faire, et vaguement conscient qu'il le faisait pour moi, et que ça marchait. C'était rassurant de voir que j'étais aussi capable de lui faire éprouver ce genre de choses… même si j'étais loin d'être aussi doué que lui…
L'idée me vint à ce moment-là d'essayer de reproduire un peu ce que lui m'avait fait avant. C'était nettement plus audacieux, évidemment… mais ça me plaisait beaucoup. Alors je le poussai doucement pour qu'il se couche, ce qu'il me laissa faire sans piper mot ni ouvrir les yeux.
Je m'allongeai près de lui, hésitant d'abord, avant de poser un baiser sur ses lèvres et de descendre sur sa gorge, y déposant de chauds baisers mouillés pendant que ma main courait sur tout ce qu'elle pouvait atteindre – son cou, ses épaules, son ventre… J'osai – au prix d'un énorme effort parce que ça, c'était vraiment, vraiment extrêmement osé de ma part – la poser sur un de ses genoux, puis la faire remonter le long de l'intérieur de sa cuisse, appuyant ma caresse d'une morsure douce à la base de son cou.
Et il gémit.
A nouveau, cette corde en moi vibra en l'entendant. C'était la première fois que je l'entendais gémir, et c'était d'une, extrêmement gratifiant, et de deux, le plus beau son que j'avais jamais entendu. Il ouvrit les yeux et me regarda, l'air surpris et incrédule. Je me demandai si j'étais censé me sentir flatté ou vexé, il ne s'était manifestement pas attendu à ce que j'arrive à lui faire ça.
- Ça va ? Demandai-je.
Laissant toujours ses bras sagement le long de son corps sur le lit, il redressa la tête pour m'embrasser et mordilla doucement mes lèvres. Mon souffle se fit plus court.
- Ça va mieux que bien, répondit-il à voix presque basse. Tu me surprends, c'est tout.
- Comment je dois le prendre ? Dis-je en feignant l'indignation, non sans faire remonter ma main un peu plus haut entre ses jambes, la pressant doucement contre ce que, fatalement, elle avait fini par rencontrer. Et je n'étais même pas embarrassé. J'y prenais goût.
Il arqua le dos avec un halètement et braqua ses yeux sur moi.
- Comme un compliment, répondit-il, le visage un peu rouge. Oh mon Dieu comme j'aimais le voir comme ça, et me dire que c'était moi qui en était la cause…
Et puis tout à coup, sans même que je m'aperçoive de ce qui m'arrivait, je me retrouvai, moi, à plat dos sur mon lit, ses mains refermées sur mes poignets – fermement, mais pas assez fort pour me faire mal – ses yeux jaunes fixés sur moi, et le retour en force du sourcil « Voyez-vous ça ? »
- J'ai une mauvaise influence sur toi, sale gosse ! Gronda-t-il doucement en se plaquant contre moi, sa peau nue brûlante contre la mienne. Il lâcha mes poignets et je les laissai là où ils étaient, seulement désireux de sentir ses mains sur moi, et elles ne se firent pas attendre.
Emmêlant une d'elles à mes cheveux, il tira légèrement ma tête vers l'arrière pour découvrir ma gorge pendant que l'autre suivait lentement sur mes jambes un chemin familier. Il embrassa mon cou, mordant doucement ici et là, et quand sa main finit par atteindre sa destination, me faisant cambrer les reins exactement comme lui l'avait fait un instant plus tout, sa bouche me déroba mon cri d'un baiser brûlant.
Puis ses mains me quittèrent, ses lèvres aussi, et je me rendis compte que j'avais fermé les yeux car je dus les ouvrir pour le regarder se reculer pour pouvoir déposer un baiser au creux de mon bassin. Il y resta, les mains posées sur mes hanches, caressantes, suivant du bout de la langue le tracé de mes muscles, de mes os. J'emmêlai mes doigts à ses cheveux sans même m'en rendre compte, incapable de contenir mes gémissements et mes soupirs. Il était nettement plus doué que moi, sans compter le fait que moi, personne ne m'avait jamais touché de la sorte.
Il était le premier, pensai-je avec émotion en rouvrant les yeux, et je tirai doucement sur ses cheveux pour le ramener vers moi. Il remonta jusqu'à mon visage et de mes deux mains sur sa nuque, je l'attirai pour l'embrasser. Il se pressa doucement contre moi et je sentis son cœur qui battait – si vite, si vite et oh, si fort…
- Je t'aime, murmurai-je, les yeux à nouveau fermés.
Il embrassa mes paupières, le bout de mon nez, ma pommette droite avant de revenir effleurer mes lèvres des siennes.
- Moi aussi, me répondit-il sur le même ton.
Je caressai son dos – omoplates, creux, ligne sinueuse de la colonne vertébrale, j'osai descendre encore plus bas et effleurer son coccyx.
- Ven…
- Mmmh…
- T'es vraiment sûr ?
Je plongeai mes yeux dans son regard un peu embrumé, me mordant les lèvres. J'avais su avant qu'il ne le fasse qu'il allait me poser cette question, et je savais aussi déjà ce que j'allais lui répondre.
- Je veux que ce soit toi, dis-je doucement. Et oui, là, maintenant, tout de suite… je suis sûr. C'est même la certitude la plus absolue que j'aie jamais eue de toute ma vie.
Il me sourit doucement. Et ce qui arriva ensuite, hé bien, je ne vais pas vous le raconter. Seulement vous dire qu'il a été angélique de patience et de douceur, tendre d'une manière dont je ne l'aurais même pas cru capable. Il a murmuré au creux de mon oreille des mots doux et apaisants à chaque fois que je me crispais, il a pris soin de moi et tout le temps que ça a duré – et ça a duré très, très longtemps – avant, et pendant, j'ai eu l'impression d'être la chose la plus fragile et la plus précieuse du monde.
La nuit était tombée depuis un long moment quand finalement, je me suis endormi dans ses bras en lui répétant que je l'aimais, et en pensant avec gratitude que ma vie était parfaite.
