Bonjour !

Tout d'abord pardon pour l'énorme retard, surtout que je n'ai aucune excuse pour le justifier. Mais, après tout ce temps, je poste enfin ce chapitre 8. J'espère que la suite vous plaira.

Bonne lecture.

Spéciale dédicace à Mili sans qui ce chapitre n'aurait jamais vu le jour.

Biz


- NA SADARU LOTIS RAN !

Une lumière intense jaillit d'un coup, aveuglant Harry. Lorsqu'il rouvrit les paupières, il resta stupéfait. Devant lui s'étendaient des étagères de livres enchaînés à de gros barbelés aux piques immenses et acérés. Et entre eux des fils noirs s'entrelaçaient en des liens compliqués. L'atmosphère était oppressante et d'une froideur suffocante.

- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama Harry qui se retenait de se frotter les yeux pour vérifier qu'il ne rêvait pas.

- On est dans l'Inner Heart d'Hermione, précisa Luna.

- L'Inner Heart d'Hermione ? répéta Harry, incrédule.

Il fixa Luna comme si elle était folle, mais celle-ci ne lui prêtait absolument aucune attention. Elle jetait des coups d'œil ci et là, semblait chercher quelque chose.

- Luna, tu…, insista-t-il, lui lançant un regard légèrement agacé.

Sa voix mourut dans la gorge alors qu'il contemplait d'un oeil incrédule et admiratif les changements opérés chez son amie. Elle portait une robe tunique rouge sans manche, entrelacé de mille rubans, sous une cape blanche à la texture assez étrange mais fort belle ses mains étaient couvertes de long gants lui arrivant jusqu'au coupe et portant le symbole du lotis du le dos des bottes blanches complétaient le tout. A la base de sa poitrine luisait le miroir de Lota, l'"insigne" des Lotis Master, et à son poignet le bracelet de Lotis orné de ses cinq pierres. Ses cheveux n'avaient plus rien de terne, ils brillaient d'une couleur verte étonnante et flottaient gracieusement derrière elle – mais il n'y avait pas de vent !

- C'est l'habit des Lotis dans l'Inner Heart, expliqua Luna, avisant le regard sidéré de son compagnon.

- Ah ? Euh… ça te va bien, complimenta maladroitement Harry en s'éclaircissant la voix.

- Merci, fit Luna rosissant de plaisir. Bon, on va chercher Hermione. Fais attention de ne pas toucher les barbelés, ça réveillerait le marras.

- Euh… Luna… tu es sûre de ce que tu fais ? hésita-t-il peu rassuré, alors qu'elle enjambait un barbelé.

- Bien sûr. Allons-y.

Sur ce, elle le planta là.

- Eh, attend ! s'écria Harry, se relevant précipitamment. Luna, est-ce que tu pourrais développer, s'il te plait ? Comment ça se fait qu'on soit dans l'Inner Heart d'Hermione ? s'enquit-il quand il fut à sa hauteur.

- La formule que j'ai prononcée me permet d'entrer dans l'Inner Heart des gens. C'est ainsi que procèdent les Masters pour les guérir.

- Tu m'as bien dis que l'Inner Heart était un univers alternatif reflétant le monde comme le voit son créateur, non ?

- C'est ça, répondit distraitement la jeune fille.

- Le monde d'Hermione est une gigantesque bibliothèque délabrée empli de barbelés ? s'ahurit Harry, légèrement alarmé.

- Oui et non. Disons plutôt que la bibliothèque de Poudlard est l'endroit où elle se sent le plus à l'aise. Vu le temps qu'elle y passe, c'est un peu normal qu'il soit important pour elle. De plus, une bibliothèque représente bien sa façon de penser. Elle aime classer les choses selon un ordre bien précis, avec une définition pour chacune d'entre elle. Plus que sa vision du monde, cette bibliothèque est le savoir même d'Hermione. Les barbelés ne sont là que pour l'empêcher d'accéder à certains souvenirs. Si tu regardes bien, tu verras que seuls ses plus mauvais souvenirs lui sont accessibles. Les bons sont cadenassés ce qui la rend beaucoup plus malléable, expliqua Luna.

- Tu es en train de me dire qu'Hermione a une sorte de Détraqueur dans la tête ? s'horrifia Harry.

- On peut voir ça comme ça.

- Qui a fait ça ? rugit Harry, les yeux emplis d'éclair.

- C'est ce que nous allons découvrir.

Harry fit une moue féroce qui n'engageait rien de bon pour la personne responsable du trouble de son amie. Cependant, au bout d'un moment de marche, le brun fut sujet à une frustration exaspérante. Son impatience de botter le cul au fouteur de trouble ne supportait que difficilement le silence inconfortable régnant dans ce monde, le décor sinistre, et principalement, l'absence du dit fouteur de trouble.

Alors pour calmer son impatience et surtout par curiosité, il se rapprocha d'un rayon. C'était celle de l'amitié. L'une des étagères portait pour titre, « Harry Potter », l'autre était intitulée « Ron Weasley ». Les livres étaient dans un état de délabrement inquiétant et ils portaient des titres assez saugrenus comme « Pourquoi les tâches de rousseur me font défaillir ? » ou encore, « De l'utilité d'un peigne. », « Comment sexy et imbécile peuvent faire la paire ? », « Bordélique ou la tare suprême. ».

Harry remarqua que tous les livres où les mots « sexy » et « imbécile » étaient inscrits, concernaient Ron. Voilà qui confirmait ce qu'il soupçonnait depuis longtemps.

- On tourne en rond, dit Luna, les sourcils froncés. Harry, où peut bien être Hermione, à ton avis ?

- Comment veux-tu que je le sache ?

- C'est ton amie. Réfléchis, ordonna impérieusement Luna.

Harry n'apprécia que modérément le ton péremptoire, mais obéit. Un endroit où Hermione irait se cacher ? Il aurait bien proposé la bibliothèque s'il n'y était pas déjà. Un endroit où se cacherait Hermione… il se souvint du troll durant sa première année à Poudlard…. les…

- …toilettes, murmura-t-il pensif.

- Hum, les toilettes ? Je vois, dit Luna en hochant la tête. Suis-moi.

Après une courte marche, ils bifurquèrent dans une allée plus sombre où les barbelés étaient beaucoup plus concentrés.

- Tu as vu juste. Elle est aux toilettes, constata placidement Luna.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

Le Harry d'avant aurait foncé tête baissée dans l'inconnu, ne songeant qu'à délivrer son ami et au diable les conséquences. Mais celui formé par Elendil n'allait certainement pas risquer la vie de son amie inconsidérément, sans savoir où il mettait les pieds. C'était Luna l'experte, donc il s'en remettait à elle.

- Toi, rien. Tu te contentes de me suivre, avertit la lorialet.

Harry lui jeta un coup d'oeil de travers, se sentant légèrement vexé. Le profile concentré et déterminé de Luna l'incita à l'écouter. Elle prit une profonde inspiration et s'avança. Comme s'ils avaient senti la menace, les barbelés se mirent à onduler férocement alors que de grosses tentacules s'élevèrent vers le plafond, menaçantes, et les prirent pour cible. Luna fit un autre pas et ils fusèrent vers eux.

- JETA ! s'écria la blonde, le bras tendu devant elle.

Aussitôt, ses agresseurs furent détruis. Harry en siffla d'admiration, il en oublia presque de la suivre.

Ils n'eurent pas beaucoup de répit. Les autres barbelés ne semblaient pas décidés à les laissaient passer et plus ils avançaient, plus il y en avait. Luna les protéger de leur assaillants avec le lotus Kaara ou détruisait ceux-ci avec Jeta. Quand ils arrivèrent enfin devant la porte, Harry commençait à désespérer de la voir un jour.

- VIMK !

Rien ne se passa.

- Scroutt ! jura Luna en se retournant, excédée.

Elle avisa alors les tentacules qui n'avaient pas dit leur denier mot.

- Harry, trouves un moyen d'ouvrir cette porte. Moi, je m'occupe d'eux, lança-t-elle en supprimant les tentacules-barbelées.

- Quoi ? Mais comment je dois faire ?

- Hermione est ton amie. Comment s'y prendrait-elle pour rendre une pièce inaccessible ?

- Peut-être… un mot de passe ? songea Harry. Euh, troll… polynectar… Mimi Geignarde… chat… Wingardium Léviosa…

- Harry, dépêches-toi ! s'écria Luna dans son dos.

- Je fais ce que je peux ! s'irrita le brun, en se passant une main dans les cheveux.

Réfléchis, réfléchis ! Que s'est-il passé d'important dans les toilettes ? Il y a le troll, on lui a sauvé la vie et on est devenu ami… Mais bien sûr, triple idiot !

- Amitié !

Rien ne sa passa. Il aurait du se douter qu'Hermione ne choisirait pas un mot de passe si simpliste. Avec un soupir irrité, il se trifouilla les méninges tout en lançant des potentiels mots de passe sans grandes convictions.

- Dépêches-toi ! maugréa Luna entre ses dents.

Elle commençait sérieusement à fatiguer.

- Chambre des secrets ? Pleurer ? Serpent ? Ron ? Harry ? Dentiste ? Toilette ? Les toilettes ? 5 points ?

La porte se désintégra si soudainement que Harry ne réagit tout d'abord pas.

- 5 points ? C'est ça son mot de passe ? Santé ! Fallait vraiment le trouver, celui-là !

Luna l'attrapa par la main et s'y précipita. Les tentacules butèrent contre une espèce de barrière de protection invisible les empêchant de les poursuivre. La lorialet poussa un soupir soulagé. Harry vit qu'elle était en sueur.

- Il représente quoi ce mot de passe ? s'enquit-elle en s'essuyant le front.

- En première année, quand on a sauvé Hermione d'un troll, le professeur McGonagall nous a donné 5 points chacun, à Ron et moi, mais en a enlevé 5 à Hermione. Au final, Gryffondor n'a gagné que 5 points. Mais c'est à partir de cet instant que notre amitié a débuté.

- Pourquoi a-t-elle perdu des points si elle était la victime ?

- Elle a raconté une histoire qui la rendait responsable de notre présence à tous les trois dans les toilettes avec un troll. C'est que nous étions légèrement sensé être en sécurité dans notre dortoir.

- Je vois.

Des applaudissements retentirent dans les toilettes, captant toute leur attention.

- Bravo, vraiment, bravo ! s'extasia une fille qui ne devait pas avoir plus d'une douzaine d'année.

Elle avait la peau aussi blanche que la robe d'une licorne, des cheveux blond court et bouclé et des yeux bleu.

- Franchement, je ne pensais pas que vous arriveriez jusqu'ici indemne, poursuivit-elle. Je dois avouer que tu es très douée, malgré le peu de Lotis à ta disposition. Et toi, Harry Potter, tu as trouvé si facilement le mot de passe. Quand je pense qu'il m'a fallu un mois entier pour briser cette porte. Je suis admirative.

Le ton insultant disait tout le contraire.

- Qui es-tu ?

- Mon nom n'a que peu d'importance. Ce qui compte n'est-ce pas plutôt de sauver votre amie, railla-t-elle en désignant le fond des toilettes de la main.

Ils jetèrent un coup d'œil dans cette direction, réticents à quitter leur ennemi des yeux. Si Harry sursauta en voyant Hermione à moitié absorbée par une espèce d'énorme boule parsemé d'yeux, dotés d'une énorme bouche et d'épaisses lianes finissant par des mains décharnés Luna resta parfaitement sereine.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? s'écria Harry avec un mouvement de recule.

- Un maara mangeur d'âme, expliqua Luna. Il est toujours affamé et dévore tout ce qui est à sa portée.

- Il faut en débarrasser Hermione !

- Ca va être difficile, marmonna Luna, les sourcils froncés. Ce maara l'a déjà bien absorbé. Je n'ai pas assez de Lotis pour la libérer.

- Mais qu'est-ce qu'on fait, alors ? On ne peut pas la laisser comme ça !

- On ? Non, toi, tu ne fais rien, décréta sèchement Luna en fixant Harry droit dans les yeux. Tu n'es pas apte à lutter contre un maara. Tu ne feras qu'empirer les choses et me gêner.

Harry se raidit à ces mots.

- Tu ne crois tout de même pas que je vais rester les bras croisés à regarder Hermione se faire dévorer ? répliqua fraîchement le brun.

- C'est exactement ce que tu vas faire si tu veux qu'Hermione ait une chance de s'en sortir, gronda presque Luna. Si tu te préoccupes vraiment du sort de tes amis, Harry, tu dois accepter de ne pas toujours être la personne apte à les sauver et adopter la meilleure solution pour leur venir en aide, ajouta-t-elle devant la mâchoire crispée du brun.

Harry sera un peu plus des dents. Il n'aimait pas du tout être mis sur la touche, surtout qu'il avait une sacrée envie de botter les fesses de cette horrible chose. Mais, si Elendil lui avait appris bien une chose, c'était de cadenasser son impulsivité et de réfléchir avant d'agir. Il ne savait strictement rien sur les maaras et les manières de les combattre, il ne pouvait donc pas prendre le risque de blesser Hermione de quelques façons que ce soit.

- Sauve-la, s'il te plait, murmura-t-il simplement à Luna.

- Je te le promets, sourit cette dernière.

- DISRI ! hurla soudain Hermione d'une voix hideuse qui n'avait strictement rien à voir avec la sienne.

Une énorme vague pleine de noirceurs déferla sur eux.

- RIIYA ! contra Luna en décrochant une capsule de son collier pour la lancer devant elle.

La capsule se transforma instantanément en un énorme bouclier qui les protégea de l'attaque.

- SHANA !

- VIMK !

Alors qu'un combat titanesque opposait Luna et Hermione contrôlée par le maara, Harry sentit comme une présence près de lui. Il tourna la tête et se trouva nez à nez avec le Maaram Master. Il l'avait complètement oubliée, celle-là. Merde ! Il allait se faire remonter les bretelles par Elendil.

- SURA ! lui sourit-elle sournoisement.

Il était à bout portant. Il ne put rien faire. D'instincts, il chercha sa baguette sur sa hanche mais elle n'était pas là, évidement.

- Harry ! cria Luna.

Trop tard. Le brun se crispa et ferma les yeux, attendant l'impact mais rien ne vint. Etonné mais méfiant, il ouvrit les paupières lentement. Il vit tout d'abord une espèce de nuage rouge flottant doucement devant lui, avant de s'apercevoir que c'était une chevelure flamboyante oscillant paresseusement. Il lui fallut une seconde pour reconnaitre Darias, avec sa peau mate et ses vêtement minimalistes.

"Ne vous inquiétez pas, maître Harry, je vous protège", souffla-t-elle.

Darias ? s'étonna Harry, si interloqué qu'il baissa les bras.

"Qui d'autre ?" dit l'esprit un brin amusé.

Harry découvrit avec stupeur qu'il était enveloppé dans une soyeuse boule d'énergie rougeâtre le protégeant de toutes attaques. A son doigt, la Bague de l'Héritier luisait d'une lumière ardente.

- Mais qu'est-ce que… ? s'ahurit le brun.

"N'oubliez que je suis la gardienne de votre esprit, maître Harry. Tant que je serais avec vous, personne ne vous fera du mal, spirituellement parlant.", lui rappela Darias.

Alors, Harry se souvint de la Cérémonie du Lien. Hadès protégeait son corps, Midoline, son âme et Darias… son esprit.

- Qui es-tu ? Comment es-tu entrée ? se stupéfia l'ennemi.

Au lieu de répondre, Darias lui décocha une attaque qu'elle évita en s'élançant plus loin. Mais Harry comprit vite que le coup de sa protectrice n'était pas destiné à toucher l'adversaire mais juste à l'écarter, chose qu'elle réussit parfaitement. En effet, une autre de ses protectrices était là. Midoline surgit brusquement derrière le Maaram Master. A partir de là, Harry ne comprit plus rien. Tout alla trop vite pour lui. Il aurait pu mettre en apprentissage l'enseignement d'Elendil mais il était trop stupéfait pour y penser. De toute façon, est-ce que cela marchait dans l'Inner Heart ?

En tout cas, l'ennemie gisait maintenant aux pieds de l'elfe. Midoline récita une formule elfique pour emprisonner l'adversaire.

- Elle est morte ?

- Bien sûr que non, sinon je ne prendrais pas la peine de l'enchainer, répondit l'elfe en roulant des yeux.

Bon ok, question stupide.

- Maître Harry, vous devriez allez aider la Lotis Master à libérer votre amie, suggéra Darias. Elle est en mauvaise position.

Seulement alors, Harry se souvint de Luna toujours aux prises avec le maara qui dévorait Hermione. Il regarda vers elles et se rendit compte que la lorialet était blessé au bras.

- Mais je ne peux rien faire. Luna a dit...

- Vous ne pouvez pas atteindre Hermione avec des armes, mais avec votre cœur sûrement, coupa sèchement Midoline. Après tout, elle est votre amie, non ?

- Bien sûr ! s'insurgea Harry. Mais comment faire ?

- Nous sommes dans le monde intérieur d'Hermione. Tout ce que vous faites, dites, ressentez, elle le sait parfaitement. Laissez-là voir en vous, tout simplement, et elle comprendra à quel point vous tenez à elle.

Elle en avait de bonne, elle ! Comment était-il sensé faire ça ? Vu le regard sévère que lui lança Midoline, elle ne semblait pas prête à le lui expliquer. Mais il n'avait pas vraiment le temps de s'indigner. Le temps pressait, s'il ne se dépêchait pas de trouver une solution, Hermione allait se faire dévorer. Il ne voulait pas la perdre, elle aussi. Il n'était pas sûr de se remettre qu'une telle perte, d'ailleurs.

Hermione et Ron étaient très importants pour lui. Ils étaient ses deux meilleurs amis. Plus même, Ron était son frère et Hermione sa sœur. Ils étaient des membres de sa famille. Ils avaient vaincu tellement de choses ensembles, ils l'avaient tellement soutenu, ils étaient toujours là pour lui. Le fait de le fréquenter les avaient mis en danger plus d'une fois, pourtant ils ne l'avaient jamais abandonné. C'était grâce à eux qu'il avait tenu malgré tous les malheureux qui lui était tombé dessus. Sans eux, Harry Potter ne serait pas aller bien loin. Sans eux, Harry Potter n'était même pas sûr d'être toujours en vie maintenant.

Harry se souvint de la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, dans le Poudlard Express. Ron avec sa tâche noir sur le nez et Hermione si agaçante. Les garçons ne s'étaient pas entendu avec elle au début car son comportement de Miss-je-sais-tout les avait un peu hérissé. Puis, il y eut la rencontre avec le troll dans les toilettes de filles. Ce soir-là, le Trio Inséparable, comme les appelait Rogue, était né.

Les souvenirs continuaient de défiler en lui. Des images plus ou moins heureux selon le contexte mais tous imprégnés de tendresse car, à chaque fois, elles mettaient en avant l'importance de ses amis, l'amour qu'il leur portait. Hermione, sa sœur et Ron, son frère. Il donnerait sa vie pour eux, sans la moindre hésitation. Il les aimait tellement. Tellement.

Hermione, je t'adore.

Tout à coup, il y eut une lumière aveuglante. Harry plissa des yeux et constata qu'elle se dégageait d'Hermione. Avec stupéfaction et soulagement, il vit l'immonde chose qui dévorait son amie exploser et laisser place à la jeune fille.

Harry voulut aller vers elle mais n'en eut pas le temps. Il se sentit tirer en arrière, poussé hors de ce monde pour la réalité.

xxx

- Maître Harry, levez-vous ! Ce n'est pas le moment de dormir !

Sous cette injonction brutale, Harry ouvrit les yeux d'un coup et se redressa tout aussi vite, hagard. L'esprit vif, il regarda autour de lui à la recherche de son amie et aussi pour vérifier que nul ennemi n'était présent. Il remarqua tout de suite Hermione et Ron qui étaient à genou près de lui. Le rouquin tenait la jeune fille dans ses bras et ils le regardaient avec soulagement.

- Hermione ! s'exclama-t-il en se précipitant vers eux.

Il les enlaça fort.

- Je suis désolée, Harry, pleura la jeune fille. Tout le monde se met en quatre pour te protéger et moi j'amène l'ennemi à toi... Je n'ai rien sentit... Je ne me rendais compte de rien... Pardon... Pardon...

- Arrête de dire des bêtises, la réconforta Harry. Tu ne pouvais rien faire. Moi aussi, j'ai été pris par l'un de ces trucs. Il se servait de ma peine pour me manipuler et faire en sorte que je vous rejette. C'est grâce à Luna que je m'en suis sortit. Tu n'as rien à te reprocher, Hermione.

- Mais...

- Maître Harry a raison, coupa Midoline, accroupie près du brun. Tu n'aurais rien pu faire. D'après les informations que j'ai, je suis même étonnée que tu ais tenu si longtemps avant de te laisser submerger. Tu as un esprit très fort. C'est une bonne chose... bien que dans ce cas, ça nous a un peu freiné.

- Comment ça ? s'étonna Ron.

- Dès que je l'ai rencontré, au QG de l'Ordre, j'ai remarqué que quelque chose n'allait pas avec elle.

- Mais pourquoi vous n'avez rien fait alors ? se révolta le rouquin.

- On se calme, pria sèchement Midoline. A ce moment-là, je ne pouvais rien faire. Seul un Lotus Master ou un Maaram Master peut entrer dans l'Inter Heart. Malgré tous mes pouvoirs, je n'ai pas ce don. Pourquoi croyez-vous que Luna soit là ?

- C'est une amie de Harry, dit Neville.

- Avant l'an dernier, maître Harry ne savait même pas qu'elle existait, souligna l'elfe. Bien sûr, je ne minimise pas l'affection que lui porte le maître, mais elle n'ai pas aussi...

- Midoline, coupa sévèrement Harry qui n'aimait pas la tournure de la conversation.

- Luna est très lucide à ce sujet, maître Harry. Elle sais parfaitement qu'elle ne compte pas autant que Ron ou Hermione. Tout comme elle sait qu'elle est une des rares personnes que vous considérez comme une amie. L'hypocrisie n'a pas lieu d'être ici. De plus, Luna est bien plus forte que vous le pensez. Elle n'est pas du genre à se voiler la face.

- Ce n'est pas une raison, grimaça Ginny. Et puis, vous auriez pu guérir Hermione plutôt.

Midoline leva les yeux au ciel.

- Vous écoutez quand je parle ? Ce n'est pas si simple d'aller dans le monde intérieur d'autrui. Tout être a des défenses naturelles qui le protègent des intrusions extérieurs. Comme le corps a les globules blancs qui combattent les virus et bactéries, l'âme et l'esprit ont aussi leurs "armées", si je puis dire. Même pour un Lotus Master ou un Maaram Master, il est difficile d'entrer dans l'Inter Heart. Il faut vraiment que la personne soit affaiblie mentalement et sentimentalement pour qu'une ouverture se présente. Depuis votre arrivée, j'ai poussé Hermione dans ses retranchements jusqu'à ce qu'elle craque. Mais il fallait la jouer finement pour que le Maaram Master espionnant en elle ne soupçonne rien. Il ne fallait pas qu'elle nous échappe.

- Vous vous êtes servi d'Hermione ! s'insurgea Ron.

- Pas spécialement, répondit Midoline avec un haussement d'épaule. Mais si l'ennemi s'était aperçu de nos manigances, elle serait partie de son Inter Heart et aurait raconté tout ce qu'elle avait appris sur l'Ordre et maître Harry à Voldemort. Nous ne pouvions pas prendre ce risque.

- Harry, dis quelque chose ! l'apostropha le rouquin en fusillant Midoline du regard.

- Ron, ce n'est pas la peine de t'en prendre à Harry, intervint Luna d'une voix étonnamment autoritaire. De toute façon, nous n'avons rien pu faire avant aujourd'hui car, comme l'a dit Midoline, Hermione a longtemps lutté contre le maara avant de céder. C'est la seule chose qui a retardé notre mission.

- Quelle mission ?

- Sauver Hermione, répondit la blonde sur un ton d'évidence.

- Mais..., voulu encore protester le rouquin.

- Stop Ron ! intervint Hermione. C'est gentil à toi de t'inquiéter pour moi, mais je suis sûre qu'ils ont fait de leur mieux. Nous ne pouvons pas nous permettre de douter les uns des autres. C'est ce que chercher l'ennemi et ils y ont presque réussi.

- Si vraiment on se fichait du sort d'Hermione, j'aurais fait en sorte d'emprisonner la Maaram Master en elle et les aurais tuées toutes les deux.

- Tu parles ! Vous l'avez sauvée seulement parce que Harry tient à elle ! contra Ron.

- Exactement, confirma Midoline. Elle devrait en être heureuse parce qu'ou sinon personne ne lui serait venu en aide et elle serait devenu un détraqueur.

- Hein ?! s'horrifièrent les adolescents.

- Quoi, vous ne savez même pas ça ? Ils vous apprennent quoi exactement à Poudlard ? Comment croyez-vous que ces immondices naissent ? Un détraqueur est un être dont l'âme a été dévoré par un maara, c'est-à-dire la manifestation de ses pensées et sentiments les plus sombres.

Les détraqueurs, des êtes humains ? Ces horreurs avaient un jour été comme lui ? Et Harry avait été affecté par l'une de ces choses ? Si Luna ne l'en avait pas débarrassé, il serait peut-être devenu un... Par Merlin ! Et Hermione alors ! Elle, c'était encore pire ! Bordel !

Harry jeta un regard horrifié à la jeune fille. Celle-ci le fixait aussi, blême. Ils prenaient seulement conscience à quoi ils avaient échappé.

- Mais elle, elle ne ressemble pas à un détraqueur, fit remarqué Neville en désignant la Maaram Master.

- Ce que nous avons là, c'est la version évoluée. Pour que l'amas de pourriture qu'est un détraqueur prennent forme humaine, il lui faut absorber mille âmes humaines... Mais vu l'apparence de celle-ci, elle a du en dévorer bien plus.

- C'est-à-dire ? s'enquit Hermione.

- Ce n'est pas parce qu'un détraquer réussit à avoir forme humaine qu'il en a l'apparence. Il faut bien plus d'âmes pour amoindrir cette différence. Elle, il est impossible de la distinguer d'une fille normale. Elle a du dévorer au moins des milliers d'âmes pour arriver à un tel résultat.

- C'est dégoûtant, s'écœura Ginny, verte.

- Nous perdons du temps, coupa Hadès.

Il avait parlé d'un ton calme mais aussitôt l'atmosphère fut comme congelé. Tout le monde se tourna vers lui pour le trouver assis dans un fauteuil, un pieds nonchalant clouant la Maaram Master à terre qui avait les yeux bandés, la bouche bâillonnée et le corps si ligoté qu'il lui était impossible de faire le moindre mouvement.

- C'est vrai, approuva Midoline. Il faut agir avant que l'ennemi ne se rende compte de la défection de leur espion. Déjà, je dois savoir ce qu'elle a transmis à ses alliés. Ensuite j'enverrai un rapport à mon père qui se chargera de prévenir l'Ordre.

Elle jeta un petit coup d'œil vers lui avant de rajouter.

- Maître Harry, nous ne pouvons pas nous permettre de lui rendre sa voix ni de pénétrer son esprit. Mais nous devons savoir ce que Voldemort sait.

- Qu'attends-tu de moi exactement ? demanda Harry, fronçant des sourcils.

- Hadès peut nous aider mais sa manière de faire n'est pas très... propre, on va dire.

- Propre ?

- En fait, c'est carrément barbare comme procédé mais c'est le seul dont nous disposons.

- C'est quoi exactement ?

- Ca.

En ayant visiblement assez du temps perdu, Hadès se redressa, empoignant la Maaram Master par le col de sa robe. Suspendu par le vampire, elle gigotait tel un veracrasse pour tenter de se libérer mais peine perdue. Les ongles de Hadès s'étaient démesurément allongés, formant une sorte d'épée de fortune.

- Attend ! lança Midoline en faisant un pas vers lui pour l'arrêter.

Mais il était déjà trop tard. D'un coup sec d'ongles aiguisés, Hadès trancha la Maaram Master en deux sous les yeux épouvantés des autres. Etrangement, alors que les deux moitiés de corps s'effondraient lourdement par terre, le sang, lui, flottait dans l'air, formant une sorte d'écran géant. Harry, entre deux haut-le-cœur, remarqua aussi que le sang n'avait rien éclaboussé, comme s'il était contrôlé.

Neville quitta précipitamment la pièce la main devant la bouche, Ginny, Ron et Hermione sur ses pas. Harry voulut aussi les suivre mais il croisa le regard d'Elendil et comprit qu'il devait assister à cette scène. Parce que c'était pour lui, uniquement pour le protéger, que les autres se salissaient les mains. Il n'avait pas le droit de détourner les yeux. Mais c'était dur de combattre la nausée tordant son estomac. Horriblement atroce même.

Des adolescents, seule Luna resta de marbre. Elle regardait l'écran de sang de son habituel air rêveur, si bien que Harry se demandait si elle comprenait vraiment ce qui se passait autour d'elle. Mais, il se souvint de la force et du calme dont elle avait fait preuve dans l'Inter Heart de Hermione.

Les adultes, eux, étaient bien moins affectés que les plus jeunes, ou du moins, ils le cachèrent mieux. Le plus touché était sans aucun doute Remus qui devait combattre ses instincts de monstre sanguinaire. Maugrey semblait plus intéressait par la technique d'Hadès que par le côté gore de la chose.

Rassemblant son courage et sa volonté, Harry regarda l'écran de sang et vit des images défiler à grande vitesse. Il ne comprit pas tout mais assez pour saisir qu'elle en savait beaucoup sur lui, sa nouvelle maison, ses nouveaux pouvoirs, ses protecteurs...

- Et bien, je comprends mieux maintenant d'où viennent les fuites, marmonna Maugrey.

- Heureusement qu'elle était trop sûre d'elle, siffla Midoline. Elle n'a fait qu'un seul rapport avant qu'Hermione ne vienne à Havenfield. Après, les protections de la maison l'ont empêché de s'échapper.

- Mais ça était suffisant pour coûter la vie à des membres de l'Ordre, grimaça Remus.

- Comment ça ? fit Harry.

- Emmeline Vance est morte avec toute sa famille, lui apprit le lycan.

Le jeune homme écarquilla les yeux d'horreur alors que l'image de cette belle femme brune lui revint à l'esprit.

- S'il vous plait, ne dites rien à Hermione, finit-il par dire, le cœur serré.

- Ce n'est pas lui rendre service, maître Harry, soupira Midoline. Vous ne pourrez pas la protéger éternellement, vous savez ? Il vaut mieux qu'elle sache et qu'elle tire parti de cette expérience, même si elle est mauvaise, plutôt qu'elle reste dans l'ignorance et refasse les mêmes erreurs.

- Mais c'est de ma faute si elle a été contaminée ! s'insurgea Harry. A cause de moi s'ils étaient tous au Ministère de la Magie !

- Non, c'était leur choix, asséna fraichement Hadès.

- Mais...

- Il a raison, Harry, le coupa Remus. Tes amis ont choisi de te suivre en toute connaissance de cause. Dire que tu es responsable de leurs décisions est très présomptueux de ta part.

- Mais...

- C'est comme si tu les dépossédais de leurs libres arbitres, gamin, jeta Maugrey.

- Ils ont raisons, Harry.

Le jeune homme se tourna d'un coup vers la porte où se tenaient ses amis. Ils étaient très pâles mais bien campés sur leurs deux jambes. Visiblement, ils avaient entendu pour Emmeline Vance.

- Nous sommes en guerre et la guerre engendre des atrocités, souffla-t-elle. Nous devons nous endurcir, sinon nous serons des proies faciles pour les Mangemorts.

Elle faisait la courageuse mais Hermione avait les larmes aux yeux, sa pâleur s'était encore accentuée et sa voix frémissait. Ron lui frotta doucement le bras en signe de soutient. Harry la rejoignit et la prit dans ses bras pour la serrer fort contre lui. Elle éclata en sanglots.

- Maître Harry, l'interpela Midoline. Je sais que vous voulez être là pour votre amie mais pour l'instant vous avez des décisions importantes à prendre qui ne peuvent attendre.

- Ca va allez, Hermione ? s'enquit-il sans la lâcher.

- Oui, ne t'inquiètes pas, renifla-t-elle.

- Je vais m'occuper d'elle, assura Ron en la prenant dans ses bras.

Son geste était assez possessif ce qui fit un peu sourire Harry. Finalement, cet incident aurait au moins une bonne conséquence. Ses deux meilleurs amis allaient peut-être enfin arrêter de se tourner autour et se dévoiler l'un à l'autre.

- Viens Hermione, tu as besoin de t'allonger un peu, suggéra Ginny.

Ses amis repartirent après qu'il eut promis de les rejoindre une fois sa réunion finie. Il ne restait plus que ses protecteurs, Elendil, Luna, Remus, Maugrey et lui dans la pièce.

- Nous devons prévenir mon père, fait Midoline.

- Comment ? On ne peut pas sortir de cette pièce avant des mois, rappela Maugrey.

- Nous non, mais lui si, sourit l'elfe.

Elle leva gracieusement la main et alors une lumière blanche aveuglante illumina la pièce. Quand elle s'estompa, un magnifique phénix blanc était perché sur le bras de Midoline.

- Oh, un simorgh ! s'émerveilla Luna.

- Voilà une connaissance digne d'une lorialet, sourit Midoline.

- Un simorgh ? s'ahurit Remus. Mais je croyais qu'ils avaient disparu.

- Et bien, vous vous trompiez.

Puis Midoline s'adressa à l'oiseau en une langue inconnue aux sons mélodieux qui ressemblait plus à un chant qu'à un langage. Elle caressait tendrement son plumage, lui parlant doucement.

- C'est quoi, un simorgh ? demanda Harry.

- C'est un phénix blanc aux pouvoirs légendaires. On dit que boire son sang rend immortel, manger sa tête donne la sagesse immémoriale, dévorer leurs yeux permet de voir le passé, le présent et l'avenir, et se laver avec la poudre de leurs plumes donne la beauté éternelle.

- Rien que ça, siffla Harry admiratif.

- Hum, approuva le lycan. Mais à cause de cela, leur espèce a été décimé et on croyait leur race éteinte.

- Maître Harry, je vous présente Rudab, intervint Midoline.

- Euh, bonjour, Rudab, salua Harry, un peu gêné sous le regard scrutateur de l'oiseau.

- Bonjour, jeune milésien, entendit-il dans sa tête.

Harry écarquilla les yeux.

- Ne soyez pas si étonné, sourit Midoline. Tous les simorghs communiquent par pensée avec ceux qui ne parlent pas leur langue.

- N'avons-nous pas perdu assez de temps ? intervint une nouvelle fois Hadès.

Comme toujours, l'atmosphère devint plus froide dès qu'il ouvrit la bouche. Rudab jeta un coup d'œil vers le vampire avant de le... snober ? Etonné, Harry vit les yeux de Hadès se plisser alors que l'aura autour de lui devint plus sombre. Mais les ondes meurtrières dirigées vers lui ne sembla pas du tout perturbé le phénix qui frottait sa tête contre la joue d'une Midoline toute câline.

- Dessou a raison. Alors que faisons-nous, maître Harry ?

- Je croyais que tu voulais envoyer un message à Walter pour le prévenir de ce qui venait de se passer ?

- Oui, mais c'est à vous de le faire. Vous êtes le maître, vous devez donc donner les directives.

- Oh... Euh, je m'y mets...

Harry fit apparaitre parchemins et plume.

- Vous n'avez pas besoin de ça, le prévint Midoline. Dites seulement votre message à Rudab et il le transmettra tel quel à mon père, exactement comme un patronus.

- Les patronus peuvent transmettre des messages ?

Un silence accueillit sa question.

- Mais qu'est-ce qu'ils vous apprennent dans cette école ? se scandalisa l'elfe. Enfin, Remus, je croyais que vous avez été son professeur !

- Euh oui, mais nous n'avons pas vraiment eu le temps de voir toutes les fonctions du patronus, bredouilla le lycan, baissa la tête comme un enfant pris en faute.

- Arrêtons de perdre du temps, dit pour la troisième fois Hadès.

Depuis que le phénix était là, Harry avait l'impression que l'humeur du vampire s'était considérablement assombrie, elle qui n'était pas déjà pas très joyeuse à la base. Midoline roula des yeux avant d'aider Harry à faire son message. Harry y résuma ce qui venait de se passer, donna des directives pour renforcer les protections de la maison, demanda d'informer Dumbledore des derniers évènements. Il dit aussi quelques mots à l'attention de Mme Weasley pour qu'elle ne s'inquiète pas trop pour ses enfants.

Après une dernière caresse de Midoline sous les yeux torves de Hadès, Rudab s'envola avant de disparaitre dans un flot de lumière. Aussitôt l'oiseau volatilisé, le vampire entraina l'elfe hors de la pièce à une vitesse telle que Harry eut à peine le temps d'entendre le cri de surprise de sa protectrice qu'ils n'étaient déjà plus là. Le jeune homme cligna une seconde des yeux, incrédule. Maugrey grogna après la jalousie des vampires. Remus rit doucement en secouant la tête, soulignant que ce sentiment n'était pas réservé qu'aux vampires.

Elendil, lui, prévint Harry qu'ils reprendraient l'entrainement le lendemain. Pour l'instant, il devait se reposer et se remettre des évènements survenus. Puis, son maître d'arme quitta la pièce de cette démarche légère propre aux elfes qui donnait l'impression qu'ils ne touchaient pas le sol.

- Elendil a raison, dit Remus, inquiet devant la pâleur de Harry. Va te reposer. Et puis... discutes avec Ron et Hermione.

- Oui, acquiesça le brun.

Maugrey, Remus, Luna et lui sortirent de la pièces à leur tour, chacun regagnant ses quartiers. Les deux adolescents se rendirent dans la chambre de Hermione pour prendre de ses nouvelles.

- Comment va-t-elle ? demanda Harry à Ron au chevet de leur amie.

Ginny et Neville n'étaient pas en vu.

- Je les ai envoyé se coucher, dit Ron en le voyant les chercher du regard. Mine de rien, il est tard et ils sont épuisés. Maugrey n'a pas été tendre avec nous, aujourd'hui.

- Je vais vous laisser, dit Luna.

- Oui, tu devrais aller te coucher aussi, tu sembles très fatiguée, s'inquiéta Harry.

- Ce maara était vraiment coriace. Comme l'a dit Midoline, Hermione a vraiment un fort mental pour lui avoir résisté aussi longtemps.

- Oui, elle est forte, notre Hermione, sourit Harry en regardant tendrement l'endormie.

- Hé Luna ! l'interpela Ron.

Sur le point de sortir, elle se tourna vers lui.

- Merci pour tout ce que tu as fait, merci d'avoir sauvé Hermione et d'avoir protégé Harry.

La jeune fille sembla étonnée un instant, avant de lui faire un magnifique sourire.

- De rien.

Puis elle sortit.

- Elle a été formidable, déclara Harry. Sans elle, on aurait perdu Hermione.

- Tu devrais aller te coucher aussi Harry, tu as une mine épouvantable.

- Merci, marmonna le concerné en s'asseyant sur le lit d'Hermione. Il est hors de question que je la laisse seule.

Ron n'insista pas, comprenant son besoin d'être physiquement proche de leur amie. Ils avaient failli la perdre, sans même s'en rendre compte. C'était le plus abominable dans l'histoire. Ils n'avaient rien remarqué, rien vu. Pour eux, qui étaient sensés être les meilleurs amis de Hermione, elle avait été la même alors qu'elle se débattait avec un monstre à l'intérieur d'elle pourtant.

- Qu'est-ce qui s'est passé là-bas, Harry ?

Le brun se mit à lui raconter l'histoire. Comment Luna et lui était arrivé dans l'Inter Heart de Hermione, comment ils l'avaient trouvé dans les toilettes protégés par des tentacules et un mot de passe - Ron eut un tendre sourire au entendant le dit mot de passe. Comment ils avaient découvert cette chose immonde dévorant leur ami. Comment Luna s'était lancée dans la bataille alors que lui restait en retrait pour ne pas la déranger. Comment Midoline et Darias avaient surgi pour le sauver du Maaram Master. Comment il avait su atteindre Hermione en lui dévoilant son cœur. Bref tout.

Quand il finit son récit, il alla se servir un verre d'eau tant il avait la gorge sèche. Ils restèrent silencieux un instant, puis Ron raconta ce qui s'était passé de son côté. Sa panique quand ils les avaient trouver tous les trois étendus par terre, inconscients. Midoline et Hadès, déjà à leur chevet, qui tentaient de pénétrer l'esprit d'Hermione. Sa dispute avec l'elfe qui ne voulait pas qu'ils s'approche d'eux. L'intervention percutante de Hadès qui leur avait remis les idées en place. L'attente infernale et le sentiment d'impuissance qui lui contractait le ventre et la peur tapis au fond de lui. Et le soulagement, enfin, à leur réveil.

- Franchement, je suis heureux d'être de ton côté parce que tes protecteurs ne sont vraiment pas tendres, marmonna Ron. Surtout le vampire-là... Il fait froid dans le dos !

Un léger son les fit tourner vers le lit. Hermione se réveilla doucement. Elle battit des paupières, bailla un peu. Les garçons sourirent en la voyant mettre la main devant la bouche alors même qu'elle était à moitié dans les vaps - eux n'auraient pas pris cette peine.

- Vous devriez aller dormir, tous les deux, les gronda-t-elle gentiment. Vous serez épuisés pour l'entrainement demain.

- Après ce qui vient de se passer, tu crois que l'entrainement va continuer ? douta Ron.

- Ouais, Elendil m'a déjà prévenu de me tenir prêt pour demain, marmonna Harry en s'allongeant à côté d'Hermione.

- Hey, qu'est-ce que tu fais ? s'outra le rouquin.

- Je me couche, baya Harry. Je ne compte pas sortir d'ici et Hermione a raison, il vaut mieux que je sois en pleine forme demain si je ne veux pas me faire trucider.

D'un mouvement de baguette, Hermione agrandit le lit puis souleva la couverture.

- Viens-là, Ron.

- Hein ? balbutia le rouquin, rouge. M-mais... mais... mais...

- Ron, allez ! s'agaça la jeune fille.

Finalement, le rouquin finit part obtempérer et se glissa entre les couvertures. Mais il était si crispé que les deux autres éclatèrent de rire.

- C'est pas drôle ! s'offusqua Ron, encore plus rouge d'embarras, ce qui jurait assez comiquement avec ses cheveux.

Ron avait reçu une éducation assez stricte sur ces choses-là. Un homme n'avait rien à faire dans le lit d'une femme avant sa majorité.

Le silence finit par revenir.

- Je suis désolé, finit par dire Harry, après un moment.

- De quoi ? demanda Ron d'une voix ensommeillée.

Harry se mit à parler alors, dévoilant son cœur, s'excusant de les avoir négligés après la mort de son parrain, leur expliquant comment il s'était senti dévasté par cette disparition, comment il se l'était reproché, comment il s'en était voulu de les avoir mis en danger. Ron et Hermione se confièrent aussi. Eux aussi avaient été affectés par la mort de Sirius, sans doute moins durement que Harry car le maraudeur ne jouaient pas le même rôle dans leurs vies, mais ils l'avaient connus et sa disparition les avait beaucoup marqués. Ils parlèrent ainsi pendant longtemps, resserrant leur complicité, retissant leur lien d'amitié, se retrouvant tout simplement.

Le Trio Inséparable était de nouveau formé.

Au bout d'un moment on entendit plus que leurs souffles réguliers. Ils s'endormirent ainsi, tous les trois, blottis les uns contre les autres.

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- Hermione, tu vas venir avec moi, dit soudain Midoline.

- Hein ? Pourquoi ? fronça des sourcils Ron en se rapprochant de la jeune fille comme pour la protéger.

Pour toute réponse, l'elfe lui envoya un sourire éclatant, promesse de mille atrocités s'il se mêlait encore de ses affaires. Bien que déglutissant péniblement, le rouquin ne s'éloigna pas pour autant. Il resta fermement campé sur ses deux pieds et défia Midoline du regard. C'est Luna qui éclaircit la situation.

- L'esprit d'Hermione a été souillé par un maara, elle doit se purifier. Malheureusement, je n'ai pas encore assez de connaissance pour pouvoir l'aider. Mais Midoline en a la capacité.

A ces mots, Harry vit Hermione pâlir un peu plus et baisser les yeux, les lèvres frissonnantes.

- Elle pouvait pas l'expliquer, marmonna Ron, râleur, jetant un coup d'œil de travers à l'elfe.

Ainsi, Hermione partit avec Midoline alors que Ron, Ginny, Luna et Neville restèrent avec Remus et Maugrey. Harry suivit Elendil et Hadès pour le dojo. Il y trouvèrent Midoline les attendant ce qui étonna Harry.

- Mais, tu n'es pas avec Hermione ?

- Si, répondit malicieusement l'elfe.

Harry fronça des sourcils.

- Clonage, maître Harry, expliqua sobrement Elendil.

- T'es pas drôle, bouda Midoline, qui voulait visiblement embêter le jeune homme.

- Clonage ?

- Ce sera au programme lors que vous serez capable de maîtriser la magie verte, précisa son professeur. Pour l'instant, mettez-vous en garde.

Harry n'eut pas vraiment le temps de s'exécuter qu'Elendil lui décocha déjà un coup de pieds dans le ventre. Il ne put l'esquiver. Plier en deux, il eut du mal à éviter la charge suivante. Le duel continua ainsi sous les yeux des ses protecteurs. L'elfe ne lui laissa aucun répit. Harry le trouva bien plus dur que d'accoutume. Sans doute Midoline lui avait rapporté son manque d'attention dans l'Inner Heart de Hermione. A la pose déjeuner, Harry était si mal en point qu'il eut besoin d'un haricot magique pour se remettre sur pieds. Elendil n'y avait vraiment pas été de main morte.

- Midoline, il y a quelque chose qui me perturbe, dit Harry alors qu'il finissait son casse-croute.

- Quoi donc ? s'enquit l'elfe, callée contre le torse de Hadès.

- Luna m'a dit que seule les lorialets peuvent sentir la présence d'un maara. Mais toi, tu l'as sentit aussi, n'est-ce pas ?

- En effet, acquiesça Midoline.

- Comment ça se fait ?

- Je ne savais pas qu'elle était dévoré par un maara, juste que son âme m'était inaccessible. Or, pour qu'une âme me soit impénétrable, il faut soit que la personne n'en est pas, soit qu'un maara fasse obstacle. Hermione n'étant pas une morte-vivante, j'en est déduite la seconde option.

- Tu peux pénétrer une âme ? s'horrifia presque Harry.

- En quelque sorte.

Comme, visiblement, elle n'allait pas en dire plus, Harry posa l'autre question qui le turlupinait.

- Pourquoi Hermione et moi sommes les seuls à avoir été affecté par les maaras ? Je peux comprendre pour Luna car c'est une lorialet, mais Ginny, Ron et Neville n'ont rien eu eux ? Pas que j'aurais voulu qu'ils soient contaminés, mais tout de même... c'est étrange !

- Cela n'a rien d'étrange, maître Harry, fit Midoline. Ginny et Ron sont naturellement doués pour fermer leur esprit. Un don qui lui vient des Prewett, réputés pour être de grands occlumanciens. Leur boucliers mentaux sont très puissants.

- Pourtant Ginny s'est fait posséder par Jedusor, durant ma deuxième année, contra Harry.

- Parce qu'elle a elle-même exposé son âme à Voldemort. De lui-même, il n'aurait rien pu lui faire. Et encore, il a mis du temps avant d'arriver à en faire sa marionnette.

- Mais l'occlumancie concerne l'esprit pas l'âme, souligna Harry, les sourcils froncés.

- Je vois que vous avez fait bonne usage de la bibliothèque, sourit Midoline. Vous avez raison, l'occlumancie n'a rien avoir avec l'âme. Cependant, cette dernière étant protéger par l'Inner Heart, il faut forcément passé part l'esprit pour l'atteindre.

- Attends, l'âme est dans l'esprit ? Mais je croyais qu'elle était dans le cœur !

- Une croyance humaine complètement fantasque. Le cœur est le récepteur corporelle de l'âme, mais cela ne signifie par qu'elle s'y trouve.

- Récepteur corporelle ?

- Ah, vous en êtes pas encore là, à ce que je vois. Je vous laisse découvrit la suite par vous même.

Harry eut une petite moue boudeuse qui s'estompa bien vite quand un détail lui vint en mémoire.

- Tu es sûre de toi, Midoline, parce que Luna m'a dit que les maaras naissance des pensées négatives des gens. Alors l'occlumancie ne sert à rien s'ils sont crées dans l'esprit même.

- Remarque pertinente, complimenta l'elfe. Sauf que les maaras ne naissent pas dans l'esprit.

Le froncement de sourcils de Harry prouvait bien qu'il ne comprenait pas.

- Tout comme le corps évacue ses déchets, l'esprit en fait de même, maître Harry.

Le jeune homme eut aussitôt une image peu ragoûtante en tête.

- Attend, tu veux dire que l'esprit... chie ses mauvaises pensées ?!

- Exactement, rit Midoline devant la moue dégouté de Harry. Mais cela vaut aussi pour les bonnes pensées. Le patronus découle d'ailleurs de ce principe.

Les yeux exorbitants du jeune sorcier étaient à mourir de rire ce dont ne se priva pas Midoline.

- C'est..., commença Harry, sans pouvoir trouver le mot exacte. Et Neville alors ? poursuivit-il, préférant passé les détails répugnants.

- Lui, c'est une autre histoire encore. Durant son enfance, sa famille avait peur qu'il ne soit un cracmol, elle l'a donc soumis à toute sorte de rituels pour le protéger de tout et n'importe quoi. Si bien que son esprit est aussi hermétique ce celui d'un lorialet.

- C'est possible, ça ?

- Faut croire. Les Londubat ont toujours été doués pour les rituels. Cela ne m'étonnerait vraiment pas qu'ils aient trouvé un moyen de ce protéger des maaras sans avoir recourir à l'occlumancie.

Leur conversation fut interrompu par Elendil. La pause déjeuner était fini. Harry se promis d'aller vérifier le soir même les dires de Midoline. Parce que vraiment : l'esprit caguant ses pensées ? Et par où elle évacuait d'ailleurs ? Pas par le même endroit que le corps tout de même, si ? Non vraiment, il était sûr que l'elfe s'était encore foutu de sa poire. Il aurait bien interrogé Elendil, mais il ne voulait pas passé pour un crétin si jamais elle s'était encore payé sa tête.

N'empêche que, si c'était vrai, ce serait vraiment dégoutant...

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- Bon retour à la maison, maître Harry, s'inclina profondément Walter.

Alors que Harry saluait le majordome, Molly Weasley attrapa ses enfants et les étreignit contre sa forte poitrine avec force. L'adolescent vit même le teint de Ron virer au vert. Les autres eurent droit aussi à leur câlin de bienvenue - Harry remarqua qu'elle garda un peu plus Hermione dans ses bras. Puis vint son tour. Il lui rendit chaleureusement son étreinte, même si s'il se fit à moitié broyer les côtes.

- Merlin, vous avez tous l'air si mature ! s'exclama Mme Weasley en les contemplant, la main sur le cœur.

Ron bomba un peu le torse sous les yeux exaspéré de Ginny, mais indulgent de Hermione.

- Maître Harry, le conseil des Douze vous attend, prévint Walter.

Harry prit congé de ses amis et suivit le majordome, ses protecteur sur ses pas. Remus et Maugrey voulurent les suivre mais Walter leur en empêcha. Il leur expliqua que la réunion en cour n'avait rien avoir avec l'Ordre, mais avec les affaires au Clan. Ils n'avaient donc pas à y participer.

Sur le chemin, Harry fut si surpris de voir Harold apparaitre d'un coup devant lui pour lui changer sa tenue d'un claquement de doigt, qu'il faillit lui rentrer dedans. Il évita la collision grâce à ses réflexes. Il pesta tout le reste du trajet contre son valet alors que Midoline pouffait derrière lui. Enfin, vu le regard glacial qu'Hadès jeta à Harold, il n'était pas sûr qu'il retente l'expérience. Si Harry apprécia de se sentir propre, le changement de vêtement, lui, obtint un accueil plus mitigé. Décidément, il ne se ferait jamais à ces fichues robes d'appart !

Dans la salle, tous le monde les attendait. Aucun membre de l'Ordre du Phénix n'était présent. Etonné, il en fit la remarque à Walter.

- Les affaires internes du clan ne concernent pas les personnes extérieurs, maître Harry. De plus, la présence de l'Ordre la dernière fois était exceptionnelle. Vous veniez tout juste d'accéder à votre statut de chef et nous avons pensé que des visages familiers vous rendraient la tâche plus aisée.

- C'était une bonne idée, approuva Harry.

- Et puis souvenez-vous de ce que je vous ai dit dans la salle temporelle, maître Harry, renchérit Midoline. Il faut parfois savoir se taire pour préserver l'essentiel.

- Je comprends.

Il annonça le début de la réunion et Walter présenta les ordres du jour.

Tout d'abord, Médéryc aborda la question de la gestion de la fortune familiale. Selon lui, il était grand temps que Harry s'y intéresse de plus prêt, car même s'il était le trésorier, c'était au chef de décider de la politique économique du clan. Harry ne se sentit pas réellement à l'aise avec l'idée de prendre des décisions qui pourrait mener la famille à la banqueroute. Cependant Médéryc ne semblait pas vouloir lui laisser le choix. De plus, tous les autres membres du Conseil estimaient que son protecteur avait raison.

- Ne voyez pas cela comme une épreuve, maître Harry, mais plutôt comme une autre façon de contrer Voldemort, dit Walter, devant la mine soucieuse du jeune homme.

- Comment ça ? s'étonna Harry, qui ne voyait pas vraiment ce que venait faire son ennemi juré dans cette affaire.

Ce fut Médéryc qui répondit.

- Toute guerre requière des fonds, maître Harry. Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Voldemort compte sur l'or de ses Mangemorts pour financer ses campagnes militaires. Or, soixante pour cent des revenus de ses partisans proviennent du marché économique moldu. Voilà pourquoi il est nécessaire d'abattre les sociétés renflouant leurs caisses. Mais nous devons œuvrer dans la discrétion pour que les Mangemorts ne se doutent pas que nous savons d'où provienne leurs fonds et retirent leurs billes. Voilà pourquoi, il vaut mieux passer par nos sociétés moldues pour attaquer. Maintenant, c'est à vous de mettre en place la stratégie d'attaque.

- Mais je ne connais rien à la fiance, protesta Harry, avec un calme qu'il était loin d'éprouver.

- Voilà pourquoi je vais vous former.

Même s'il n'était pas rassuré, Harry acquiesça. S'il devait supporter le mépris de Médéryc pour contrecarrer les plans de Voldemort, il le ferait de bon cœur.

Ensuite, la taupe farceuse lui exposa les litiges entre les membres du clan et leurs requêtes. Harry devait trancher en faveur de l'un où de l'autre, décidant de leur sort, alors qu'il ne le connait pas bien. Avoir la vie d'autrui entre ses mains ne lui procura aucun sentiment de puissance, comme bon nombre de personne l'aurait éprouvé. Seul un grand malaise le prit à la gorge. Cependant, il se plia à son rôle de chef, en essayant de prendre les décisions lui paraissant le plus juste possible. Le plus compliqué était de trancher en tenant compte des us et coutumes de chaque peuple. Le clan Potter était un véritable cocktail raciale, ce qui était évident pour les uns, l'était moins pour d'autre, quand ça n'était pas purement et simplement en contradiction.

Le troisième point abordé fut la visite de Harry chez les alliés des Potter. Noironde avait des nouvelles de ses parents qui proposaient de voir Harry à une date, qui si dans le calendrier féérique paraissait loin, dans celui des humains arrivait dans trois heures à peine. Cependant, avec les pouvoirs Silf, ce décalage se résolue bien vite. Selon Walter, cela ne posait aucun problème. D'ici là, Harry aurait déjà deux ans d'entrainement spéciale derrière lui et les expériences de son apprentissage avec Médéryc, sans oublier les cours que Noironde allait lui donner sur la société féerique. De plus, avec ses nouvelles capacités mentales, il n'aurait aucun mal à suivre le rythme. Il serait prêt pour faire face aux souverains des faeries.

Le Conseil se termina sur ce dernier point. Aussitôt la séance levée que Médéryc se posta devant lui. Il lui pria de le suivre et tourna les talon sans même vérifier qu'il lui emboitait le pas.

'Qu'est-ce qu'il m'énerve', siffla Silf.

- Seulement parce qu'il est plus arrogant que toi, se moqua Midoline.

Cette remarque lui valut un regard noir dès plus terrifiant qui fit seulement ricanait sa protectrice un peu plus.

Harry s'empressa de rejoindre Mdédéryc, Midoline, Hadès et Silf derrière lui. Ils sortirent de la maison, se dirigeant vers la haute bâtisse de la salle temporelle. Cependant, ils ne l'empruntèrent pas. Silf contourna le bâtiment et s'arrêta un peu plus loin, sur le flan Est, où une porte plus modeste se dressait. Il posa la main sur le battant et elle s'ouvrit d'elle-même. Elle cachait une salle circulaire bien plus petite que le palais temporelle, où plusieurs autres portes aux tailles et matières différentes s'alignaient.

'Combien ?' demanda Silf à Médéryc sans même lui lancer un regard.

- Un mois me parait suffisant, répondit-il sombrement.

Sans un mot, Silf se dirigea vers la plus petite porte. Harry ne vit pas vraiment ce qu'il fit mais d'un coup, le battant s'illumina et une ouverture se fit. De nouveau, Harry découvrit cette étrange tunnel aux parois si fluide qu'elles en paraissaient liquide.

'Voici vos montres de Cronos', dit le serpent en distribuant des montres élégante à chacun d'eux. 'Ne vous fiez qu'à elles. Partez dès que vous serrez de l'autre côté. Ne trainez pas.'

- Comme si nous ne le savions pas, marmonna Médéryc avec un certain dédain.

Silf l'entendit parfaitement, vu son expression.

- Arrêtez les garçons, intervint Midoline, d'une voix autoritaire. Nous n'avons pas le temps pour vos enfantillages... Et Déssou n'est vraiment pas d'humeur, ajouta-t-elle quand elle constata qu'ils continuaient à se fusiller du regard.

Les deux protecteurs jetèrent un coup d'œil prudent vers le vampire et cessèrent leur duel visuel aussitôt. Il faut dire que la moue légèrement agacée de Hadès n'avait rien - mais alors absolument rien - d'engageant.

Médéryc s'engouffra dans l'ouverture sans un mot pour personne.

- Mais quel sale caractère ! soupira Midoline, exaspérée.

'Depuis quand ces trolls-à-quatre-pâtes ont un bon caractère ?' jeta dédaigneusement Silf.

L'elfe roula des yeux avant de franchir la petit porte à son tour. Harry la suivit, pas très rassuré. Quand il arriva de l'autre côté, ce fut pour tomber nez-à-nez avec d'immenses ronces plus tueuses qu'accueillantes. Tout se passa très vite alors. Il sentit qu'on le ceinturait par la taille et il eut alors la plus désagréable sensation qu'il n'eut jamais connu. C'était comme s'il se désagrégeait pour se reformer.

- Et bien, on l'a échappé belle, souffla Midoline, décoiffée. Tiens, où est notre joyeux dragonnet ? Déssou ne me dit pas que tu l'as laissé là-bas ? Non mais vraiment ! Va le chercher tout de suite ! Maître Harry a besoin de lui, enfin !

Assez étonné, Harry vit le vampire obéir sans même un regard glacial. C'était bien la première fois qu'il voyait Hadès obtempérer. Alors que Midoline rouspétait contre "ces bons à rien de mâles", Harry détaille son nouvel environnement.

- On est où, là ? hallucina Harry devant le décor somptueux l'entourant.

- Dans la plus prestigieuse suite du Nemed Palace, répondit Midoline alors que Hadès réapparaissait soutenant un Médéryc en mauvaise état. Si je me souviens bien des explications soporifiques du dragonnet, c'est le fleuron de votre empire hôtelier. Et ben, il est salement amoché. Elles sont tout de même assez teigneuses, ces petites plantes. Heureusement que sa condition lui permet de guérir vite.

En effet, les blessures de Médéryc étaient déjà presque toutes refermées. Harry, qui s'était précipité à son chevet en voyant son état, resta un brin fasciné dans cette étrange phénomène. Il n'avait jamais vu des plaies se refermer aussi vite. Il était en pleine contemplation de la guérison d'une large plaie barrant le visage de Médéryc, lorsque ce dernier ouvrit d'un coup les yeux, le faisant sursauter.

- Non mais ça va pas de lui faire peur comme ça ! gronda Midoline en lui assénant un coup sur la tête.

Cependant, Médéryc devait vraiment avoir le crâne dur parce que ce fut l'elfe qui gémit de douleur.

- C'est pas vrai ! geignit Midoline. Tu m'as cassé un ongle !

Hadès fut aussitôt prêt de l'elfe pour vérifier les dégâts. Il caressa doucement le doigt malmené avant de se tourner lentement vers Médéryc. Son regard était meurtrier. Pour la premier fois depuis qu'il le connaissait, Harry vit la peur sur le visage de Médéryc. Ce fut fugace mais il ne le loupa pas.

Avec vélocité, Hadès fut sur Médéryc et lui décocha un coup de pieds qui le fit voler à travers la chambre, traverser la baie vitrée et défoncer le muret du blacon.

- MEDERYC ! s'écria Harry, les yeux exorbitants.

- Heureusement que cette suite est blindée de sort de dissimulation en tout genre, laissa tomber Midoline, blasée. Je vous raconte pas la tête des voisins sinon. Quoique, on est seul à cet étage. Mais ceux de l'immeuble d'en face aurait eu un joli spectacle.

Alors que le vampire se retourna vers Midoline, il fut percuté de plein fouet par un missile doré et s'encastra dans le mur alors que Médéryc se redressait fièrement de toute sa taille, au milieu de la pièce.

Il y a peu, Harry aurait été incapable de suivre des mouvements si rapide. Mais maintenant, ses yeux s'adaptaient tous seuls selon la nécessité. C'était vraiment agréable d'avoir enfin une vue correcte.

Mais pour l'heure, il n'avait pas vraiment le temps d'être euphorique. Ses protecteurs se battaient entre eux, pour une raison dès plus stupide qui plus est.

Hadès se dégagea du mur, le détruisant un peu plus - heureusement, la pièce jacente était la chambre à coucher de leur suite. Hadès eut un sourit à glacer le sang.

- Cela fait longtemps que je ne me suis pas amusé avec un rampant, jubila-t-il en remettant les mèches lui tombant devant les yeux en arrière.

- Vas-y, Déssou, massacre-le ! encouragea l'elfe.

- Midoline ! réprimanda Harry

- Quoi ? Il m'a cassé un ongle, maître Harry ! s'indigna-t-elle.

Là, Harry la dévisagea comme si elle était une extraterrestre. Il préféra ne plus faire cas de sa protectrice pour tenter de séparer les deux autres qui détruisait purement et simplement la chambre. Pour la discrétion, on repassera !

Alors qu'Hadès s'élança sur Médéryc, avec la ferme intention de tuer, Harry intervint, furieux.

- Stop !

Il libéra Sana pour donner plus de poids à son ordre. Sauf qu'il laissa un peu trop de zèle à sa magie qui en profita pour exagérer, comme à son habitude. Là où il voulait simplement les séparer, Sana, elle, les statufia purement et simplement - dans le genre radical. Midoline siffla d'admiration.

- Incroyable, maître Harry ! Vous avez réussit à mater ces deux têtes dures !

Le jeune homme lui lança un coup d'œil agacé. C'était de sa faute tout ça. Tout un drame juste pour un malheureux ongle cassé. Non mais vraiment ! Quand il contempla les dégâts de la suite, il fut encore plus dépité. Mais Midoline, suivant son regard, arrangea tout ça en un rien de deux - malgré son ongle cassé, attention !

Harry ordonna à Sanna de libérer ses deux protecteurs. Ceux-ci s'assassinèrent des yeux mais ne firent aucun mouvement vers l'autre.

- Dites, on est pas venu ici pour se chamailler comme des enfants, réprimanda Harry, les mains sur les hanches.

Ils cessèrent de se défier mais la tension entre les deux hommes était palpable. Ce fut dans cette atmosphère pesant que Médéryc présenta son emploi du temps pour le mois à venir à Harry.

Il faillit tourner de l'œil quand il vit ce que lui avait concocté Médéryc. Entre les rendez-vous d'affaires, les réunions avec les conseils d'administration et les réceptions mondaines, chaque minute du mois à venir était occupée. Pire, il y avait parfois deux, voir trois, évènements programmés à la même heure !

- Comment je suis sensé faire tout ça en même temps ? protesta-il.

- Heureusement qu'Elendil n'est pas là, ricana Midoline. Il serait capable de vous tuer juste pour l'idiotie d'une telle question. Il me semble qu'il vous a appris un sortilège assez utile dans ce genre de cas et que vous disposez d'un protecteur au pouvoir étonnamment avantageux sur le temps.

Harry comprit tout de suite où voulait en venir sa protectrice et grimaça, sachant qu'elle avait parfaitement raison. Elendil le massacrerait pour n'avoir pas penser lui-même à cette solution pourtant évidente. Avec ce nouveau sort, il n'aurait aucun mal à suivre l'emploi de ministre que lui avait concocté Médéryc. Par contre, il allait épuiser Sanna.

- Nous allons nous dupliquer et nous métamorphoser pour n'éveiller aucun soupçon, expliqua Médéryc comme s'il s'adressait à un demeuré.

La manière dont il s'adressait à Harry ne plut ni au principal concerné, ni à ses deux autres protecteurs. Grâce à son entrainement, l'adolescent était un peu plus patient qu'avant. C'est l'unique chose qui l'empêcha de dire ses quatre vérités à Médéryc.

- Ce matin, nous avons trois rendez-vous important et deux conseils d'administration. Cinq clones suffiront. voici les cinq identités d'emprunt. Techniquement parlant, ce sont eux qui dirigent le conglomérat Nemed, dont le siège est ici même, à New York.

Harry prit les dossiers et commença à lire. Les informations se gravèrent dans sa mémoire au fur et à mesure de sa lecture, avec une simplicité déconcertante. Cette facilité d'apprentissage était toujours un peu déstabilisant pour lui, même après plusieurs mois d'utilisation.

Quand il eut fini de lire les épais dossiers, Médéryc lui demanda de se transformer en ses couvertures.

- Maneife !

Dans un pop sonore, au milieu d'un nuage de fumé, cinq Harry Potter firent leur apparition. Ils étaient tous des parfaites répliques de lui-même, jusqu'à la tenue.

- Ils sont consistants, remarqua sombrement Médéryc, en détaillant les nouveaux clones. Combien de temps pouvez-vous les maintenir ?

- Ce sera largement suffisant, répondit Midoline avec suffisance.

Médéryc soutint son regard un instant, avant d'acquiescer.

- Si vous l'assurez, Dame Midoline, je ne peux que vous croire.

Sans le moindre signal, Médéryc se dupliqua aussi en cinq. Harry fixa une seconde les clones de son protecteur, impressionné. Il ne l'avait même pas vu faire les signes, ni prononcer une parole. Il n'y avait même pas eu le moindre rayon lumineux prouvant que magie avait été faite. Les clones étaient simplement apparus d'un coup à leur côté. C'était vraiment incroyable ! Même Elendil, qui était pourtant balaise, ne faisait pas aussi bien. Harry, lui, n'avait pas encore ce niveau d'excellence. Son sort avait été bien plus bruyant et voyant.

Après la duplication, ce fut au tour de la métamorphose. Harry préféra user da la magie de l'écriture que celle de la parole, cette fois-ci. Elle avait l'avantage d'avoir une plus grande longévité et de requérir moins de magie. Surtout qu'avec l'énergie qu'allait lui pomper le clonage, il ne pouvait pas vraiment se permettre d'en gaspiller.

Il se coupa le bout de l'index et inscrivit de son sang sur le torse de ses clones, au niveau du cœur, les runes de métamorphose. Il prit bien garde de bien visualiser l'apparence qu'il voulait donner à ses répliques pendant qu'il exécutait le sort, sans omettre le moindre détail. Midoline et Médéryc tournèrent un instant autour de lui, recherchant les défauts. Mais ils ne trouvèrent rien. L'elfe le félicita joyeusement pour sa performance, alors que Médéryc se contenta de se transformer à son tour.

Hadès et Midoline, eux, n'accompagneraient que le véritable Harry Potter. Donc, ils n'avaient besoin que de ce métamorphoser. L'elfe le fut en une rousse aux boucles volumineuse et sexy en diable. Le vampire se vieillit juste, mais il était toujours aussi beau, même avec des cheveux courts et gris.

Dans les penderie des chambres, une garde robe moldu complète et sur mesure avaient été disposé. Les cinq Harry s'habillèrent rapidement mais Midoline le renvoya tout de suite se changer lorsqu'elle vit le résultat. Dowen tout puissant, on n'avait pas idée de porter une chemise sombre avec un costume noir ou une cravate blanche sur une chemise blanche également !

Après une terrible demi heure où Midoline se fit un devoir de lui apprendre la base de la mode, ils partirent enfin dans des limousines différentes pour des lieux divers. Le véritable Harry était avec ses trois protecteurs en route pour l'aéroport où ils prendraient un jet privé qui les conduiraient à Washington.

Harry n'arrivait toujours pas à croire qu'il avait rendez-vous avec le Président des Etats-Unis, à la Maison Banche.


BONNE FÊTES A TOUTES ET TOUS