Bonjour ici.

Encore une fois, je brave la chaleur étouffante de mon bureau pour vous fournir le chapitre de la semaine.

D'ailleurs c'est la raison pour laquelle vous n'avez pas encore le second chapitre de The other side, j'ai plus de 12 000 mots à relire et c'est pas possible avec la chaleur qu'il fait. Mais promis, j'avance dessus et vous devriez avoir le second et troisième chapitre assez proches l'un de l'autre.

J'ai presque terminé d'écrire cette fic également, elle aura été beaucoup plus longue que prévue, j'espère que vous ne vous en lassez pas. C'est toujours difficile de savoir quand s'arrêter.

Un grand-super-méga merci à Nagron, Emilie et Julindy qui laissent une review chaque semaine. Je sais que je suis en retard pour vous répondre, je suis en retard de tout en ce moment, mais c'est une telle joie d'avoir vos avis que je vous supplie (oui, oui je vous supplie) de ne pas arrêter.

Bonne lecture


Steve se réveilla fatigué. Ce qui était étonnant étant donné qu'il n'avait rien fait d'autre que de rester enfermé dans sa chambre depuis son altercation avec Natasha. Il attendit, allongé, de longues minutes.

Il n'avait rien d'autre à faire.

Personne n'était venu le voir hier et il ignorait encore quoi ressentir à ce sujet. Ils n'avaient probablement pas besoin de lui. Et personne, à part Bucky, n'était jamais resté avec lui s'ils n'avaient pas d'arrières pensées.

Une petite voix lui souffla que Nat et Sam n'étaient pas comme ça, mais il la fit taire rapidement. Sam était mort. Parti avec Bucky. Et Natasha était celle qui l'avait assigné à résidence, elle savait où le trouver si elle voulait lui parler.

Il referma les yeux. Il n'avait rien à faire et était encore fatigué. Dormir un peu ferait passer le temps plus vite.

ooOoo

Il se réveilla plus tard. Il ne savait pas exactement combien de temps s'était écoulé. Ce n'était pas important.

Il serait bien resté encore un peu au lit, mais sa vessie en avait décidé autrement. Il se leva et se dirigea vers la salle de bain. Après avoir répondu à l'appel de la nature, il regarda sa cabine de douche. Il haussa des épaules et se contenta de laver ses mains dans le lavabo.

De retour dans sa chambre, il attrapa son carnet de croquis toujours au sol et s'affala sur le lit. Il fouilla ensuite dans sa table de chevet et y sortit ses crayons. Il avait un dessin à terminer.

La lampe qui était restée allumée toute la nuit ne procurait pas assez de lumière. Il allait devoir se lever et ouvrir les volets. Il posa crayons et carnet à côté de lui sur le lit et ferma les yeux.

ooOoo

Il les rouvrit quelques minutes plus tard.

Il n'était plus seul.

Bucky était au bord du lit et il le regardait avec un mélange d'affection et d'inquiétude qui lui était tellement familière qu'il sentit les larmes lui monter aux yeux.

"Je vais bien. Plus de crise d'asthme ou de pneumonie ou de cœur qui flanche. Le sérum a arrangé tout ça."

Il vit les lèvres de son petit ami bouger mais aucun son n'en sortit. Il devrait peut-être apprendre à lire sur les lèvres. Il avait le temps maintenant. Ça lui permettrait de comprendre ce que son petit ami, mort, lui disait quand il venait lui rendre visite.

"Tu es vraiment une illusion merdique. Ou mon cerveau aime me faire souffrir encore plus que ce que je croyais."

Il se releva de son lit et voulut s'approcher. Bucky fit plusieurs pas en arrière, mais Steve le suivit. Lorsqu'il tendit la main pour le toucher, elle se referma sur du vide. C'était vraiment la pire illusion du monde.

Il retourna s'écrouler sur son lit.

ooOoo

Son estomac le réveilla du demi-sommeil dans lequel il était resté plongé toute la matinée.

Il n'avait pas envie de quitter ses quartiers.

Il ne voulait voir personne et la cafeteria du complexe était constamment occupée. Heureusement sa chambre était équipée d'une kitchenette. Il avait de quoi se préparer quelque chose de rapide.

Il était en train de battre les œufs pour son omelette lorsque Bucky réapparut. Il n'était qu'à quelques centimètres. Il aurait suffit à Steve de tendre le bras pour le toucher. Sauf qu'on ne pouvait pas toucher une illusion. Il serra sa fourchette et se mit à battre le contenu du bol un peu plus fort.

Il essaya de garder les yeux fixés sur ce qu'il faisait, Bucky n'était pas vraiment là, ce n'était qu'un tour que lui jouait son esprit fatigué. Malade. Il avait failli mourir à Vienne à cause de ça. Une partie de lui aurait préféré. L'autre, de plus en plus petite, ne voulait pas abandonner. Il savait qu'il devait résister, ignorer l'illusion qu'il voyait du coin de l'œil. Il ne devait pas s'enfoncer encore plus dans la folie.

Malgré tout, il fallut moins de trente secondes à son regard pour se tourner vers son petit ami. Il était toujours là. Le soulagement lui fit presque rater le carnet à spirales que tenait Bucky. Quand il le leva vers lui, il lut sur la feuille blanche :

HOCHE LA TÊTE SI TU ARRIVES A LIRE

Il hocha la tête.

Son petit ami retourna le carnet et se mit à écrire rapidement.

JE VAIS BIEN. JE SUIS AVEC T'CHALLA ET SAM. ON CHERCHE UN MOYEN DE SORTIR D'ICI.

Le regard de Steve resta longuement fixé sur les lettres noires.

Il était vraiment en train de perdre la tête et il n'était même pas capable de conjurer une illusion agréable. Tout ce que son cerveau malade faisait apparaître ne faisait que le faire souffrir encore plus.

Bucky n'allait pas bien. Il était mort. Disparu. Perdu.

Et Steve avait beau faire tout ce qu'il pouvait pour accepter cet état de fait, une part de lui refusait de vivre sans lui.

Il releva les yeux vers son petit ami. Ses paroles eurent du mal à passer la boule qui s'était formée dans sa gorge :

"Tu es une illusion. Je t'aime, Buck, mais tu n'es pas réel. Je donnerai tout ce qu'il me reste pour que ce ne soit pas le cas, mais rien ne pourra te ramener à moi cette fois. Je t'ai vu disparaître, j'ai vu tes cendres sur le sol. Ne reviens pas me voir. S'il te plaît. Je ne peux plus le supporter. Laisse moi le peu de santé mentale qu'il me reste."

Il vit Bucky écrire sur son carnet, mais il détourna les yeux avant qu'il finisse. S'il devait l'ignorer, il le ferait. Tout le monde lui disait qu'il était bien trop têtu. Il allait s'en servir.


Bucky était inquiet quand il réussit enfin à apparaître auprès de Steve.

Il était toujours dans sa chambre. Les volets étaient toujours fermés et seule la lampe de chevet était allumée. Son cahier à dessin et ses crayons étaient posés sur le lit, certains étaient même tombés au sol, et leur propriétaire était allongé à côté, les yeux fermés. Il prenait toujours grand soin de son matériel de dessin et les voir ainsi, abandonné sur le tapis, l'inquiéta encore un peu plus.

Plusieurs autres petits détails s'étaient ajoutés depuis sa visite de la veille : une serviette posée en boule sur le bureau, les chaussures - une couchée sur le flanc et l'autre debout - n'avaient pas bougé de leur place, un second tiroir de la commode resté grand ouvert.

Steve n'était pas sorti depuis la veille. Il détestait être enfermé. Et même avant que la vie militaire ne lui apprenne à garder ses quartiers parfaitement rangés, il était maniaque au point de rendre son ami et colocataire complètement dingue.

Qu'est-ce-qui n'allait pas chez lui ?

Le blond ouvrit les yeux à ce moment.

Ils se posèrent sur Bucky et ce dernier les vit se remplir immédiatement de larmes. Il sentit un étau se resserrer autour de sa poitrine.

Je vais … Plus de crise … pneumonie … cœur qui flanche. Le sérum a arrangé ...

Ses capacités à lire sur les lèvres étaient toujours rouillées, mais il comprit sans difficulté ce que lui disait son petit ami. Il répondit, sachant pertinemment qu'il ne l'entendrait pas.

"Je m'inquiéterai toujours pour toi. Qu'est ce qui ne va pas, Stevie? "

Steve fronça les sourcils.

une illusion merdique … aime me faire souffrir … croyais.

Puis il se leva et tenta de l'approcher. Bucky sentit immédiatement l'obscurité l'attirer à elle. Il devait rester. Il recula de plusieurs pas et ouvrit la bouche pour demander à Steve d'arrêter. Mais il était trop tard. L'obscurité l'envahit.

OoOoo

"Merde !"

T'Challa leva les yeux vers lui, surpris de son brusque accès de colère.

"Il y a un problème ?"

Un problème ? Bien entendu qu'il y avait un problème. Son idiot de petit ami était le problème.

Comme toujours.

Il commença à faire les cent pas dans la salle du trône, sous le regard interrogateur du roi. Il attendait une explication.

Sans s'arrêter de marcher, Bucky lui raconta brièvement ce qui s'était passé. Il finit par lâcher :

"Il pense que je suis une illusion. Il n'est pas sorti de sa chambre depuis plusieurs jours. Il faut absolument que j'arrive à communiquer avec lui."

"Tu m'as dit qu'il avait été blessé. Il a besoin de repos. Ça ne me choque pas qu'il reste quelques temps en convalescence."

Le rire de Bucky fut bref.

Steven Grant Rogers prenant quelques jours pour guérir ! Même sa mère n'avait jamais réussi à le faire rester au lit plus que le strict nécessaire. Il avait failli tomber dans les pommes sur le trajet de l'école un matin.

"On parle de Steve, là. Je l'ai vu repartir en mission douze heures après qu'une balle lui ai traversé l'abdomen. Et retourner en cours alors qu'il était délirant de fièvre deux jours auparavant. La convalescence est un mot qui ne fait pas partie de son vocabulaire."

"Alors quoi ?"

"Je ne sais pas, mais j'ai un mauvais pressentiment. Il y a quelque chose qui ne va pas. Et je n'arrive pas à communiquer avec lui."

T'Challa se leva et s'approcha avec un carnet et un feutre noir dans la main. Il lui tendit le tout :

"Des fois les méthodes les plus simples sont celles qui fonctionnent le mieux."

Bucky haussa les épaules. Ça valait le coup d'essayer.

Il écrivit rapidement quelques mots sur la première page blanche, puis ferma les yeux et pensé à Steve. Il sentit le onde autour de lui résister, mais il se concentra encore plus fort. Il devait rejoindre son petit ami.

ooOoo

Au moins cette fois Steve était debout. Il était même en train de se préparer quelque chose à manger. Il leva brièvement les yeux vers lui puis se concentra à nouveau sur ce qu'il faisait.

Ils étaient proches, bien plus que toutes les autres fois où Bucky était venu et il était difficile de résister à l'envie de tendre la main et de toucher son petit ami. Il attendit patiemment que le regard du blond revienne vers lui.

Il souleva ensuite le carnet.

Faites que ça marche.

Il retint son souffle jusqu'à ce qu'il voit Steve hocher la tête. Ils avaient enfin un moyen de communiquer. Il écrivit rapidement et retourna le carnet.

Le super-soldat se figea.

Et son visage se transforma. De déterminé, il devint triste. Bucky fronça les sourcils quand il vit le chagrin et la résignation entrer dans les yeux de son petit ami.

Leurs regards se croisèrent. Il aurait tant voulu garder ce contact mais il ne pouvait pas lire ses lèvres ainsi.

Tu es … t'aime, Buck … pas réel. Je … que ce ne soit pas … pourra te ramener à moi cette fois. Je t'ai vu … cendres sur le sol. Ne reviens pas … te plaît. … supporter. Laisse… mentale qu'il me reste.

Steve détourna les yeux et se comporta comme s'il n'était pas juste à côté de lui.

Bucky tenta plusieurs fois de rentrer dans son champs de vision.

A chaque fois, Steve détournait le regard.

Il avait envie d'hurler.

Il n'avait pas compris tout ce que cet idiot lui avait dit mais une chose était claire, il pensait qu'il était en train de devenir fou. Et vu son expression, il était bien décidé à l'ignorer jusqu'à la fin des temps.

Saleté de tête de mule.

Il ne savait pas s'il devait être furieux ou inquiet et passa le reste de la journée à apparaître et disparaître auprès de Steve.