CHAPITRE 8
EDWARD POV
La sensation de quelque chose d'humide et collant sur ma main me ramena au présent. Le présent étant moi, me paluchant dans ma salle de bains, alors que je revivais la plus fantastique expérience sexuelle de ma vie.
Sans même m'en rendre compte, j'avais joui, trop perdu dans le souvenir de l'amour que nous avions fait Bella et moi, et du meilleur orgasme que j'avais jamais eu.
Mon érection ayant été satisfaite, je me nettoyai et allai au salon pour débarrasser un peu. Dans notre précipitation hier soir, nous avions laissé la télé allumée et des canettes de bière traînaient dans la pièce. Je n'étais pas fatigué, dormir était une idée très loin de mon esprit, en cet instant.
Il fallait que je réfléchisse à ce que j'allais faire maintenant. Quoi faire au sujet de notre relation ? Que faire de mes sentiments pour Bella ? Qu'allions-nous faire des séquelles de ce qui était arrivé ? Ces pensées étaient trop pesantes pour s'en arranger si tôt le matin, mais il faudra pourtant bien que je m'en arrange.
Je savais que les choses ne pourraient plus s'effacer et revenir où elles en étaient avant la nuit dernière. C'était impossible. Nous ne pourrions simplement jamais oublier ce qui était arrivé. C'était trop énorme, trop grand pour oublier.
Premièrement, je suppose que j'étais amoureux de Bella. Il me semblait que je l'étais depuis une éternité. Je l'avais réalisé la première fois pendant une de nos séances de pelotage où on se réunissait pour picoler et faire les andouilles quand nous avions 15 ans. Tous les deux inexpérimentés dans ce que nous faisions, c'était gênant et merveilleux à la fois.
Rigolant à ce souvenir, je me rappelai avoir été vidé en un rien de temps ce soir-là. Je n'avais jamais eu la main de quelqu'un d'autre que la mienne sur ma queue, j'étais venu avec seulement deux petites caresses rapides de la main de Bella. J'aurai voulu mourir tellement j'étais embarrassé.
Mais je l'avais aimée à partir de cet instant. Cet amour avait grandi avec le temps et maintenant, c'était tout un feu qui me consumait. J'étais certain qu'elle était mon âme-soeur. Elle devait l'être. La profondeur de mes sentiments pour elle était devenue si intense qu'il ne pouvait en être autrement.
Le problème était qu'il fallait que je lui en parle ou que j'en parle à quelqu'un. Trop effrayé par un rejet. Trop peur de ce que cela pourrait faire de notre relation à Jasper et moi. A côté de mes sentiments pour Bella, qui était la chose la plus importante pour moi, il y avait notre amitié.
Neuf ans, mec, neuf putains d'années que tu l'aimes et que tu n'as rien fait.
Ouais, je suis une putain de poule mouillée, je sais.
Et puis, il fallait considérer Bella elle-même. Elle était la perfection pour moi. Mon ciel, mon enfer, mon sauveur, mon destructeur, mon tout. Je ne voulais pas la partager. Je voulais qu'elle ne soit qu'à moi, autant que possible. Je voulais qu'elle n'appartienne qu'à moi tout comme je n'appartenais qu'à elle seule, dans un sens. Mais ce n'était pas ce qui allait être, enfin plus maintenant. Plus après la nuit dernière.
Quand Jasper me regarda, lorsqu'il était entre ses cuisses, semblant me demander la permission, je voulais lui hurler "NON, putain, NON ! Elle est à moi, toute à moi !" Mais comme le gros connard que j'étais, je lui laissais savoir que j'étais d'accord. Alors que je ne l'étais pas, en réalité, je ne l'étais foutrement pas. Mais si je l'avais stoppé... Si je lui avais dit non... J'aurai dû expliquer à Bella pourquoi ... Que j'étais désespérément et complètement amoureux d'elle de toutes les fibres de mon être. Je ne pouvais pas prendre le risque qu'elle me rejette. Si elle m'avait rejeté, j'aurais voulu mourir, me ratatiner à l'intérieur de moi et juste mourir.
Alors à la place, j'acquiesçai pour qu'il continue. J'autorisai ma jalousie et ma rage, devant l'ironie et la cruauté de la situation, à m'embraser juste une seconde avant de me forcer à le laisser faire. Parce qu'ainsi, nous trois ensemble, je pouvais être avec elle. Même si je devais la partager avec lui, je prendrais ce que je pourrais avoir. Même si cela me tuait un peu de le laisser faire. Même si cela me blessait de devoir la partager, je le ferai. Parce que je la voulais elle ; non, j'avais BESOIN d'elle. Je souhaitais qu'elle me veuille moi et seulement moi, mais elle ne voulait pas que moi.
C'est ce qui c'était imposé à moi quand elle avait invité Jasper à venir l'embrasser.
Je m'assis sur le banc de mon piano et repensai à comment tout ceci avait démarré. Nous regardions ce sacré film Pretty Woman. Je ne le regarderai plus jamais ou ne penserai plus jamais à la Jagermeister en même temps.
Me sortant de mon cafard, Bella me demanda :
Hey, Edward, t'as jamais baisé sur ton piano ?
Hum, non ! Répondis-je, essayant de ne pas rougir lorsque cette pensée s'imposa à mon esprit à la seconde même où elle me posa la question : Bella et moi sur mon piano, baisant comme des animaux.
Et pourquoi non ? Demanda Jasper.
Hum... parce que l'opportunité ne s'est jamais présentée, je suppose ! Rétorquai-je, tentant désespérément de penser à autre chose pour changer de sujet, mais malheureusement rien ne vint.
Ouais, ben... rien de tel que l'instant présent ! Dit Bella, et elle se leva de sa petite pile d'oreillers pour s'approcher et venir se tenir entre mes jambes.
Je la dévisageai, essayant de savoir ce qui lui traversait l'esprit.
Bella ? Fut tout ce que j'arrivai à sortir.
Son parfum rendait mes pensées confuses de désir.
Elle me choqua d'enfer quand elle s'installa à califourchon sur mes genoux. Se penchant en avant, elle pressa doucement ses lèvres sur les miennes. Je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas respirer. Tout ce que je pouvais faire était de la laisser agir, pensant finalement qu'elle pourrait être à moi enfin. Peut-être, juste peut-être, que c'était sa façon de me dire qu'elle m'aimait.
M'accrochant à cet espoir, j'agrippai ses hanches fermement et approfondis le baiser. J'étais vivant, pour la première fois, je me sentais vraiment vivant. Chaque nerf de mon corps me picotait, soudainement appelé à la vie sous la sensation des lèvres de Bella pressées contre les miennes.
Si je pensais que son odeur était intoxicante, sa saveur était plutôt comme une drogue pour moi. Elle avait un goût de raisin et d'amour et de sucre et de quelques traces de bière. Je ne serai jamais capable d'en avoir assez de la savourer.
Le satané besoin d'air nous força finalement à rompre notre baiser. J'essayai de la regarder au fond des yeux, mais elle fuyait mon regard. Jasper fit un de ses commentaires à la con que je n'entendis qu'à peine et me déconcentra de ce qui se passait entre Bella et moi.
Avant que je puisse assimiler notre baiser, Jasper était en train d'embrasser MA Bella.
Putain de merde ! Pourquoi est-il en train d'embrasser MA BELLA ?
La jalousie et la colère m'envahirent à cette vision. Je cramponnai plus étroitement les hanches de Bella. La suppliant d'arrêter. De me regarder. Moi, celui qui l'aimait. Mais elle n'arrêta pas. Elle m'attrapa, passant sa main à l'arrière de ma tête et m'attirant vers son cou.
Son parfum submergea à nouveau mes sens. J'en avais plus rien à foutre si Jasper l'embrassait. Je voulais à nouveau poser mes lèvres sur elle.
Embrassant son cou en remontant, je suçai la chair vers son oreille. Elle gémit et ce fut le son le plus agréable que j'ai jamais entendu dans ma vie jusqu'à cet instant.
Elle pencha sa tête en arrière, m'exposant plus de peau à aimer. Je me mis en devoir d'en embrasser, d'en mordiller et d'en lécher chaque parcelle. J'étais ivre de sa saveur, mais j'en voulais plus, j'avais besoin de plus d'elle.
Elle gémit encore. Etaient-ce les gestes de Jasper ou les miens, ou encore la combinaison des deux ensemble ? Je n'en savais rien. Je la rapprochai de moi. Ses hanches commencèrent à bouger contre moi. J'aurais pu mourir, je serais allé au ciel à cet instant. Au lieu de ça, je lui glissai au creux de l'oreille :
Tu aimes ça, pas vrai, Bella ? Nous deux, qui t'embrassons ? Tu en veux plus, n'est-ce pas, vilaine petite fille ?
Cela attira finalement son attention et elle me regarda dans les yeux. Il me sembla que nous nous fixions l'un l'autre durant une éternité. C'était comme si le monde autour de nous s'était arrêté et que tout ce que je ressentais pour elle était juste là, attendant de sortir de moi. Je savais que mes yeux étaient emplis du désir, du besoin et de l'amour que j'avais pour elle. J'espérais juste qu'elle le verrait et le comprendrait. Tellement de sentiments passèrent dans ses yeux, trop rapidement pour que je les saisisse tous. Mais il y en eut un, que je saisis et qui s'imprima en moi.
L'espoir.
Je vis de l'espoir dans ses yeux.
Puis, elle m'embrassa à nouveau. C'était plus insistant et énergique que le baiser d'avant. Ensuite Jasper – qu'il aille au diable – prit ma position antérieure et embrassa sa gorge.
Je voulais le haïr, mais je ne le pouvais pas. Elle était autant à lui qu'elle était à moi ; elle l'avait toujours été. Mais il ne savait pas que moi, je l'aimais. S'il l'avait su, je suis sûr qu'il ne l'aurait pas embrassée ainsi.
