Amour sanglant

Chapitre 9

(Se passe peu avant le chapitre 8)

Le parc du château ressemblait plus à une forêt vierge qu'à un parc noble comme on pouvait voir ailleurs. Mais cela ne gênait pas Harry. Il adorait se promener dedans, trouvant parfois des anciens meubles de jardin, comme une fontaine envahi par la mousse ou ce banc perdu au milieu d'un bosquet de rose. Et comme personne d'autre n'osait s'aventurer aussi loin dans la forêt, il avait l'impression que c'était son petit coin de paradis à lui, rien qu'à lui. Ici, il oubliait qu'un vampire en avait après son sang et son corps, qu'un fantôme se servait de lui pour une sombre vengeance. Alors il s'isolait de plus en plus, oubliant les règles de survie élémentaire.

Car Tom avait instauré depuis peu des règles que ses joyaux ne devaient pas enfreindre. Apparemment sa domination ne se déroulait pas comme il l'aurait voulu. Ses vampires prenaient de plus en plus de liberté et ce n'était pas pour lui plaire. Surtout s'ils se mettaient à côtoyer les humains sur un même pied égalitaire. Mais bon…Harry en avait toujours fait à sa tête et ce n'est pas maintenant qu'il allait changer.

«Harry, tu devrais peut être pas y aller maintenant. Attends qu'il fasse jour, cela faut mieux.»

«Oh, Alexandre…Je veux sortir! J'étouffe dans ce château. Tu ne te rends pas compte de ce que c'est.» s'exclama Harry, avant de claquer la porte à la figure d'Alexandre et de sortir dans le parc.'

Il alla dans le parc d'un pas vif, sans se rendre compte que quelqu'un le suivait. Arrivé dans une petite clairière qu'il avait trouvé, il y a peu, il déposa sa mallette sur le banc qu'il avait dégagé et regarda autour de lui, avec un sourire rêveur. La pleine lune illuminait l'endroit, se reflétant dans le bassin en marbre blanc. Il prit son violon et commença à jouer, un air lent et doux, s'accordant parfaitement à l'ambiance dans la clairière.

Mais cette paix irréelle fut brusquement interrompue par le craquement sec d'une branche d'arbre. Harry s'arrêta et se tourna vers le château. Un homme s'avança dans la lumière blafarde de la lune. Celle-ci révélait la pâleur morbide de sa peau et la couleur irréelle de ses yeux. Harry recula doucement. Il faisait face à un vampire qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam. Il ne l'avait jamais vu au château. Ce qui était très mauvais pour lui.

«N'ait pas peur, petit chaton…Je ne te ferais pas de mal.» dit doucement le vampire en s'approchant du brun. Celui-ci eut l'impression que sa tête devenait plus légère, comme s'il s'endormait doucement. Il secoua vivement la tête. Il savait à quoi cet état était du. Tom avait utilisé le même stratagème lors de sa première fois. Le vampire l'avait voulut docile, pensant qu'il le resterait par après.

«Mm…Apparemment tu as déjà rencontré un vampire, et tu es toujours en vie? Etrange, mais pas surprenant. Tu es tellement beau qu'il serait dommage de te tuer.» dit le vampire avant de se retrouver derrière Harry.

Le jeune mortel sursauta violemment quand le vampire se mit à caresser sa joue. Sa main était froide et rêche, pas du tout comme cela d'Alexandre ou de Draco. Il frissonna au contact et s'éloigna rapidement, en se retournant. Le vampire eut une moue déçue puis se mit à sourire. Ses yeux s'illuminèrent un peu plus. Ce fut la dernière chose qu'Harry se rappela, car tout de suite après, il perdit tout contrôle de ses sens. Il ne voyait plus, il ne sentait plus, il ne bougeait plus mais cela l'importait plus…Il ne pensait plus non plus.

«Bien, tu es un bon petit!» ricana le vampire en se rapprochant de sa proie.

Tout en gardant le contrôle sur elle, il la déshabilla et la coucha sur le sol glacial de la clairière. Elle était si belle qu'il était bien dommage de ne profiter que de son sang. Ses gestes étaient lents et son regard plongé dans celui voilé de sa proie. Jamais encore il n'avait vu un vert d'une telle intensité. Pendant un instant, il avait même cru à un vampire, mais la chaleur et l'odeur enivrante qu'il dégageait l'écarta bien vite de cette idée. Un sourire pervers s'inscrit sur son visage…Tom savait vraiment bien accueillir ses invités.

«Tu es si beau…Ton odeur m'enivre, elle me donne faim…laisse-moi te goûter, laisse-moi m'enivrer de toi.» chuchota le vampire d'une voix basse et rocailleuse. Comme un pantin, le brun pencha la tête sur le côté, lui laissant un plus grand accès à son cou si doux.

Les mains glissèrent le long de son corps, éprouvant la douceur et la chaleur de cet être alangui sous lui. Sans prêté attention au gémissement d'angoisse de sa proie, il se pencha pour enfin goûter à ce sang si prometteur. Cependant, il n'eut pas le temps d'y goûter. Il fut violemment arraché de sa proie et vola à travers la clairière pour se prendre un arbre. Il fut sonné pendant un instant, avant de se relever, tout croc dehors. S'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'est se faire déranger pendant un bon repas.

«Qui es-tu pour oser me déranger?» grogna-t-il. L'autre vampire le regarda avec dédain mais ne semblait nullement impressionné par l'aura de menace que dégageait le vampire.

«Qui es-tu pour oser t'attaquer à ce mortel?» répondit son agresseur. Le vampire se redressa, totalement interloqué et choqué par l'attitude hautaine par son agresseur. Soudain, il retrouva le nom de ce vampire. Il avait toutes les caractéristiques de ce clan italien si ancien. Un Malfoy, il avait devant lui un Malfoy. Pourtant celui-ci semblait si faible par rapport aux autres, qu'il avait du mal à le croire.

«Un Malfoy? Tu es un Malfoy? D'accord, je te le laisse!» soupira le vampire avant de faire demi-tour. Mais il n'eut pas le temps de sortir de la clairière, avant de retourner dire bonjour à un arbre. Celui-ci craqua avant de tomber dans un grondement sourd. Le vampire se releva et essuya le sang qui coulait de sa bouche.

«On peut s'avoir ce qu'il te prend. Je t'ai dit que je te le laissais. Je ne savais pas que tu le convoitais aussi. Sinon, je te l'aurais laissé.» râla le vampire. Alors qu'il allait de nouveau quitter la clairière, il se stoppa de surprise. Malfoy riait comme un tordu, comme s'il n'était qu'un clown. Cela le fit grogner, il était quand même le président du Luxembourg.

«Il n'est pas à moi et toi, tu es mort!» répondit Malfoy en prenant le brun dans ses bras. Il l'avait recouvert de son manteau.

«Hein?» s'étonna le vampire, mais son agresseur ne lui répondit pas, il se contenta de retourner au château, portant le brun comme s'il était quelqu'un de très précieux. Intrigué, il se mit à le suivre.

Malfoy entra dans le château et se mit à monter dans les étages, arrivé au dernier étage, il alla dans la dernière chambre qui s'ouvrit sur un vampire à la chevelure brune.

«Harry? Qu'est-ce…C'est toi?» s'exclama le vampire en prenant le mortel dans ses bras.

«Non. C'est lui…MAIS» dit-il fermement en empêchant le brun de sauter sur le vampire «je pense qu'il sera mieux accueillit par Tom…si tu vois ce que je veux dire.»

Le brun foudroya Malfoy avant d'hausser les épaules et de retourner s'enfermer dans sa chambre. Le vampire regarda la porte sans réellement comprendre. Mais il ne resta pas longtemps à regarder cette porte, car Malfoy venait de l'empoigner et de le traîner à l'étage inférieur. Sans prendre le temps de taper à la porte, il entra dans la chambre, traînant toujours le vampire. Dedans, il y avait seulement un lit, mais il prenait toute la place. Dedans il y avait deux personnes, un vampire aux yeux rougeoyant et une jeune femme. Celle-ci avait la tête entre les cuisses du vampire.

«Draco? Mais qu'est-ce que…Tu ne vois pas que je suis occupé! Arrête-toi!!» hurla le vampire aux yeux rouges. Le chef du Luxembourg comprit alors qu'il était en face de son supérieur, en face de Tom. Aussitôt, il s'arracha à la prise de Draco et de s'agenouiller devant son maître. Celui-ci le regarda d'un œil surprit.

«Sieur Fudge, que nous faut l'honneur de votre visite?»

«Mais c'est vous que m'avez invité…»dit le vampire

«Ah…peut être. Mais cela ne me dit pas ce que vous faites dans ma chambre. Normalement, mes entretiens se passent dans la grande salle…où vous devriez y être.» dit calmement Tom tout en caressant le dos de la mortelle qui gémit doucement

«Il n'y était pas…Apparemment le parc était beaucoup plus attirant…Surtout ce qu'il y avait.» dit Draco en s'appuyant nonchalamment sur le mur.

«Ce qui s'y trouvait? C'est-à-dire?» demanda Tom tout en continuant à regarder le vampire agenouillé sur le sol

« Euh…il ne s'agissait que d'un mortel sans grande importance. Il se baladait avec insolence dans votre parc.» déclara le vampire sans relever la tête. Quelque chose lui disait qu'il avait fait une connerie, sans savoir laquelle.

«Oui, un mortel sans grand importance…Enfin, cela dépend du point de vue. Il s'agissait d'Harry, maître.» dit Draco tout en regardant ses ongles.

«Harry…comme Harry Potter, mon joyau aux yeux émeraudes, la perle de ma collection…» Au fur et à mesure qu'il décrivait le jeune mortel, sa voix augmentait en puissance et le vampire comprenait qu'il avait fait une connerie, une très grosse connerie.

«Bien…Dire que je voulais te féliciter de ton travail. Est-ce que tu as un «enfant»?» demanda Tom d'une voix doucereuse. Le vampire ne répondit pas tout de suite, mais un coup de pied dans les côtes l'obligea à répondre.

«Oui, maître. Une jeune femme du nom de Tonks. Elle est ravissante, bien qu'un peu extravertie, et elle possède une grande intelligente, surtout au niveau de la politique. Mais pourquoi cette question? …Maître?» demanda le vampire en se redressant.

«Parce que je voulais savoir qui te remplacera.» dit Tom en se levant et en se rapprochant du vampire qui ne comprenait rien. Il regarda Malfoy et celui-ci se contenta de le regarder avec un sourire en coin.

«Je…je ne comprends pas maître.»

«Je déteste qu'on touche à mes joyaux…surtout celui-ci!» dit Tom avant de mordre le vampire et de le vider de son sang. Fudge n'eut même pas le temps émettre le moindre son qu'il ne fut plus que poussière.

Harry se réveilla difficilement le jour…enfin la nuit d'après. A force de vivre avec Alexandre (qui, étant vampire, était plutôt un noctambule), il avait fini par prendre le même rythme de vie, ce qui le coupait un peu du reste de la collection, ce qui n'était pas plus mal. Il avait toujours du mal à supporter Hermione et ses comparses, trop imbue d'eux même…A croire qu'ils étaient fiers d'être les poupées de Tom. En fait, les seuls qu'il arrivait encore à supporter étaient Molly, toujours très câline avec lui, et les jumeaux avec qui il jouait très souvent.

«Enfin tu te réveilles…Tu es pire que la belle au bois dormant.» plaisanta une voix qui lui était inconnu, elle ne ressemblait pas du tout à celle d'Alexandre. Il ouvrit les yeux et papillonna pour fixer sa vue. Il sursauta violemment en voyant le visage de Draco aussi près de lui.

«Qu'est…qu'est-ce que vous faites ici? Où est Alexandre?» demanda-t-il en se redressant. Aussitôt Draco lui posa un plateau repas sur les genoux.

«Mange d'abord. Alexandre est partit manger et, comme j'étais dans les parages, je me suis permis d'apporter à manger et de voir comment tu allais depuis hier soir.» répondit calmement Draco en s'asseyant aux côtés d'Harry qui s'écarta, mal à l'aise.

«Ce qui s'est passé hier? Je…oh…le vampire! Qu'est-ce… est-ce qu'il m'a…touché?» demanda Harry, légèrement paniqué que le vampire ait pu le violer.

«Il n'en a pas eu le temps, je suis arrivé juste à temps. Tu sais, normalement tu n'aurais pas du sortir. Tom l'avait interdit…pour une bonne raison.» gronda gentiment Draco

«Rien à foutre des lois de Tom. S'il m'avait laissé où j'étais dès le départ, je n'aurais jamais ce problème.» répondit sèchement Harry. Il poussa le plateau et se levé, sans s'apercevoir qu'il était encore nu. Il n'avait pas envie de discuter avec le vampire blond, surtout si c'est pour se faire rabrouer. Il se tourna pour fur er le toiser, mais fut surpris par la fixité du vampire. Il avait une lueur de désir dans les yeux, une lueur qu'Harry ne comprit pas…Enfin pas tout de suite. Un courant d'air lui fit comprendre ce qui se passait.

«Aaah, mais vas-y, rince-toi l'œil pendant que tu y es. Tu ne veux pas un défilé non plus?» hurla-t-il avant de s'enfermer dans la salle de bain.

Un rire sonore lui répondit depuis la chambre. En maugréant contre les blonds pervers, il entra dans l'eau chaude et entreprit de se délasser. Cependant, il ne resta pas seul très longtemps. Alexandre avait, depuis un petit moment maintenant, trouvé le moyen d'ouvrir la salle de bain sans devoir défoncer la porte. Une fois lui avait suivit… Cette seule fois avait bien failli être la dernière pour Harry…sa première nuit avec Tom…sa première tentative de suicide, et étrangement la seule.

«Harry? Tu es enfin réveillé. On peut savoir ce qu'il t'a pris d'aller te balader la nuit, sans que je t'accompagne?» dit Alexandre d'une traite, se souciant guère de la nudité de son protégé et de sa gêne. Derrière lui, Draco se moquait allégrement du brun qui tentait vainement de sauver sa dignité.

«Euh…Alex, est-ce que tu peux attendre que j'ai terminé avant de me gueuler dessus…de même pour vous, sieur Draco.» Les vampires eurent un reniflement de dédain avant de sortir. Ils avaient du mal à saisir la timidité maladive du brun…enfin des mortels en général. Mais il est vrai qu'ils avaient toujours vécu dans une aura de luxure, ce qui à la longue, ôtait toute timidité.

«Bien…Allons-y pour les engueulades. AVANT» dit Harry, coupant Alexandre dans son élan « je vous dois des remerciements, sieur Draco. Vous m'avez sauvé la vie. Cependant, puis-je vous demander ce qu'il est advenu du vampire? »

«Voilà justement la raison de ma présence ici. Tu dois te douter que cette histoire a eu des…répercussions peu glorieuses…N'ayant pas le droit de toucher un vampire, surtout un supérieur, j'ai du demander le concourt de Tom…»

«Pourquoi ne pouvez-vous pas toucher un vampire? En quoi était-il votre supérieur?» s'étonna Harry. Peu au faite de la vie à l'extérieur du château, il ne savait pas comment se dérouler la gestion du monde sous la domination vampirique. Tout ce qu'il savait était que Tom était le maître incontesté et c'est pour cela qu'il se trouvait dans une telle galère.

«Je suis ce que l'on appelé un enfant pour les vampires… Je suis encore très jeune. Je n'ai donc que peu de pouvoir sur les autres vampires. Alexandre, par exemple, fait partit des plus anciens vampires, il possède une très grande puissance dans les mains. Il pourrait avoir plusieurs jeunes vampires, comme moi, sous ses ordres. Il pourrait me tuer que personne ne me défendrait. Ce serait normal» expliqua difficilement Draco

«Mouais, c'était avant que Tom me désavoue auprès de la société vampirique…Maintenant je suis considéré comme un paria. Je n'ai plus droit à rien, sauf vivre, parce que tu me «protège» avec le consentement de Tom.» dit-il en regardant Harry. Celui-ci eut rapidement les larmes aux yeux. Il n'avait jamais su quelles étaient les conséquences de son amitié pour Alexandre. Maintenant qu'il savait, il se sentait très mal, très égoïste.

«Pourquoi ne m'avoir jamais dit Alexandre…Tu sais, j'aurais très bien pu comprendre.»

«Qu'est-ce que tu aurais fait si tu avais su? Tu te serais isoler, t'enfermant sur toi-même, jusqu'à en mourir. Ose venir me dire le contraire. Je ne t'en veux absolument pas pour l'amitié que tu as offert…Elle m'est beaucoup plus précieuse que le pouvoir…parce qu'elle est vrai et infinie, contrairement à la puissance qui, tôt ou tard, fini par te trahir et disparaître, te laissant sans défense.»

«Bon, je continue…» intervient Draco car cette discussion prenait un tour très sombre qu'il n'aimait pas beaucoup. Surtout qu'il était légèrement jaloux qu'Harry puise tenir autant au vampire. «Le vampire qui t'attaquait, bien qu'étant un sombre crétin imbu de lui-même, était aussi, et avant tout, un chef d'Etat.»

«Tous les pays, après la fin de la guerre, fut distribué entre les plus anciens vampires. Pour tout te dire, j'étais et je suis toujours, aux dernières nouvelles, le gouverneur du Japon.» expliqua Alexandre en voyant la moue incrédule d'Harry.

«Fudge, ton agresseur, était celui du Luxembourg. Bien qu'étant chef d'un pays ridicule, il n'en était pas moins un chef. J'ai déjà pris des gros risques en l'attaquant. Mais je ne pouvais pas le tuer…je n'en ai pas la force, j'ai donc du demander à Tom de faire vengeance, en lui expliquant la situation.» poursuivit Draco.

«Vous…Tu…veux dire que Tom…es au courant?» s'inquiéta, à raison, Harry. Le vampire blond hocha la tête tout en gardant ses yeux fixé sur le sol. Harry déglutit difficilement, en comprenant la raison de la présence du blond.

«Il veut me voir, n'est-ce pas?» dit-il d'une voix tremblante. Draco hocha une nouvelle fois la tête. Le jeune homme inspira profondément pour calmer l'anxiété qui lui enserrait violement le cœur.

«Bien, allons-y…le plus tôt sera le mieux. Alexandre, tu viens avec moi…histoire qu'il ne tente pas de me toucher. Je ne veux pas à avoir à le supporter ce soir…J'ai failli me faire violer hier, je ne suis pas en état de supporter ses assauts…» dit péniblement Harry en s'agrippant à Alexandre, il avait les jambes qui tremblaient légèrement en pensant à ce que Tom pourrait lui faire…Après tout, il lui avait sciemment désobéi.

Tous les trois parcoururent rapidement le château et entrèrent silencieusement dans la chambre. Tom était assis dans son lit, son dos reposant contre la tête de lit. A côté de lui, une jeune femme, Hermione, dormait, entourant la taille du vampire de ses bras graciles. Harry retient une exclamation dégoûtée. Comment pouvait-elle aimer une telle horreur? Un monstre de cruauté, avide de sang et de meurtre!!

«Allons Harry…Tout le monde ne peut aimer les faibles et les couards!» ricana Tom. Apparemment, il n'avait pas su masquer son dégoût pour la jeune femme. Celle-ci s'était réveillée par la voix froide de Tom. Sans s'apercevoir de leur présence, elle se redressa et embrassa Tom avec ferveur.

«Ma douce…nous avons des invités, un peu de tenue très chère.» dit doucement Tom tout en caressant avec langueur le dos de son amante, découvrant peu à peu sa nudité. Elle gloussa et se redressa pour faire face à Harry. Celui-ci redressa le menton et la toisa du regard. Il savait qu'il avait l'air hautain mais il ne s'en soucia pas. Il n'avait que mépris pour une telle créature.

«Tu veux que je te laisse?» demanda-t-elle avec une pointe de déception

«Non, tu peux rester…mais n'interviens pas, sinon il se pourrait bien que cela ne me mette en colère.» dit-il en se détachant de la jeune femme. Il se leva, exposant sa nudité à tous. Hermione se délecta de cette vision alors qu'Harry recula d'un pas…trop de mauvais souvenirs.

«J'ai appris, avec colère, que tu avais pris la liberté d'outrepasser mes règles…Ce que je ne supporte absolument pas!» dit Tom avec dureté. Il se rapprocha rapidement et emprisonna Harry d'une main, lui tenant la nuque, faisant gémir le brun. Alexandre s'avança d'un pas, voulant obliger son maître et «père» à lâcher son protégé, mais Harry secoua la tête négativement. Il se doutait bien que la colère de Tom allait se retourner vers lui et il ne le voulait pas. Mais Draco ne se sentit pas concerner par cet avertissement.

«Pourquoi, Harry?» demanda-t-il en resserrant sa prise sur le cou du jeune homme, l'empêchant ainsi de répondre. «Sache, que bien que tu sois une pure merveille, le clou de ma collection, tu n'es pas irremplaçable!» Deux grognements distincts se firent entendre. Surpris, Tom se retourna vers le vampire blond.

«Draco? Tu oses te rebeller contre moi?» s'étonna Tom, avec une pointe de menace latente dans la voix.

«Non, seigneur, je n'oserais jamais…mais maître, peut être auriez-vous du les…avertir de ces visites…» répondit le blond d'un ton condescendant.

«Peut être, en fait. Bien, je laisserais passer pour cette fois. MAIS, je vais m'assurer que tu restes à ta place, celle d'un serviteur…d'un joyau de collection! Draco, tu resteras avec lui…Tu seras son gardien, puisque Alexandre ne fut pas capable de surveiller mon petit joyau.» dit d'un ton impérial Tom.

Alexandre renifla avec rancœur mais ne dit rien. Il ne pouvait rien faire. Aller contre Tom signerait sa mort. Draco hocha la tête. Tom lui sourit et embrassa violemment Harry, lui déchirant les lèvres, s'abreuvant du sang qui envahissait leur bouche. Harry, malgré la nausée qui lui enserrait le cœur avec une rare violence, ne put s'arracher au baiser sanglant de Tom. Il dut attendre le bon vouloir de celui-ci pour pouvoir s'écrouler dans les bras d'Alexandre, du sang coulant toujours de ses lèvres malmenées. Sa tête lui tournait désagréablement, accentuant sa nausée. Alexandre, suivit de Draco, s'empressa de quitter la chambre de son seigneur.


Cela faisait plusieurs jours qu'Harry était sous la bonne garde de Draco. Sa présence ne lui plaisait pas mais il ne pouvait demander à Draco de partir…il ne savait que trop bien, ce qui risquait de lui arriver. Il ne voulait pas mettre Draco dans la situation d'Alexandre…Surtout si Draco était considéré comme quelqu'un de faible parmi les siens. Et puis, il aimait bien le blond…le chahuter était devenu un jeu des plus agréable.

«Harry, ralentit s'il te plait…»cria Draco alors qu'ils courraient dans la forêt du parc.

Le brun rit sous cape en voyant le blond passer devant lui, sans s'apercevoir de sa présence dans l'ombre du bosquet. Il savait qu'il avait un comportement puéril, mais ne s'en inquiétait pas. Cela lui permettait d'oublier un court instant qu'il n'était qu'un prisonnier, un esclave voué à satisfaire le bon plaisir de son maître. Car, bien que Tom ait pris Hermione comme favorite, il réclamait de plus en plus souvent la présence d'Harry…soit pour son corps, soit pour son sang, mais surtout pour cumuler les deux, détruisant à petit feu la santé déjà fragile du brun. Celui-ci avait perdu du poids et sa peau, le doux hâle doré, au profit de celui pâle et cireux d'un homme malade.

Soudain, alors qu'il allait tranquillement retourner auprès d'Alexandre qui était resté sur la terrasse du château, il se sentit soulevé et jeter dans une congère. Son cri, si peu masculin, se répercuta dans le parc, provoquant le vol des quelques moineaux encore présents. Péniblement Harry se dégagea de la neige qui le trempait jusqu'aux os. Devant lui, sur le sol, Draco riait comme jamais. Son visage en était rayonnant, charmant et bouleversant Harry au plus profond de son âme. Cela le rassura dans son entreprise...Le blond, bien qu'il soit vampire, gardait une humanité, le rendant capable de tant de belle chose…tout comme Alexandre.

Harry se tourna pour se plaindre à Alexandre, mais celui-ci n'était plus sur la terrasse. Il se secoua pour enlever la neige de ses cheveux et grelottant, il se dirigea vers le château. Il fut très vite rejoint par Draco qui le prit par la taille, riant toujours de sa blague. Harry se butina un peu plus contre le torse du vampire, car, malgré que le vampire soit froid comme la mort, Harry avait l'impression qu'une douce chaleur entourait son corps.

«Harry, rentre s'il te plait…j'aimerais te parler!» cria Alexandre. Harry se détacha, avec une pointe de regret, de Draco et courut rejoindre Alexandre. Il le retrouva dans sa chambre. Mais avant qu'il est pu dire quelque chose, Alexandre lui tourna le dos et ferma la porte à clé.

«Alex? Mais qu'est-ce que tu fais?» demanda Harry, légèrement inquiet. Il recula vers la fenêtre, alors que le vampire s'avançait. Il y avait dans le regard d'Alexandre une lueur de folie qui ne rassurait pas du tout Harry

«Je suis désolé Harry…Je suis désolé mais c'est de ta faute!» dit Alexandre. Celui-ci prit peur et alla s'enfermer dans la salle de bain, espérant que le vampire ne le suive pas. Il ne comprenait pas ce qui se passait…pourquoi Alexandre agissait comme cela, comme si Harry lui appartenait…un peu comme Tom. Il avait la même folie dans les yeux.

Harry resta près d'une demi-heure dans la salle de bain, n'osant pas sortir pour ne pas tomber le vampire, surtout s'il était toujours dans le même état. Mais quand il sortit, le vampire était toujours là, allongé sur le lit, dormant profondément. Harry s'approcha sur la pointe des pieds de la porte et essaya de l'ouvrir mais elle était toujours fermé à clé. Il devait reprendre la clé à Alexandre. Cependant, il n'en eut pas le temps de trouver la clé. Alexandre se réveilla avec toujours cette lueur dans les yeux. Harry voulu reculer pour retourner dans la salle de bain, mais Alexandre l'agrippa par les poignets.

«Qu'est-ce que tu crois faire là petit démon?»ricana-t-il méchamment, resserrant son emprise sur le brun. Harry ne répondit pas, il avait peur, très peur. Il se débattit pour échapper à la prise du vampire mais il était beaucoup trop fort pour le frêle tzigane. Il gémit quand il sentit la prise se resserrer.

«Tu veux encore t'enfuir? Pourquoi tu cherches à me fuir Harry? Je ne comprends pas!»

«Aah…Alex…Tu me fais mal…» geignit Harry en continuant à tirer pour se défaire de la prise du vampire. Il tirait comme un fou mais Alexandre ne semblait même pas le remarquer. Il réussit même à tirer le brun sur le lit…sur lui.

« Tu me fais mal aussi, mon ange…Tu te me fuis de plus en plus et cela me fais mal…très mal.» murmura-t-il avant de le mordre.

Harry haleta en sentant la morsure du vampire. Sans se retenir, il se mit pleurer. Il ne comprenait pas pourquoi son ami, son seul ami dans le château le trahissait de cette manière. Il sentit son cœur se déchirer de la pire manière qu'il soit. Il ferma les yeux et se laissa aller. Il n'arrivait plus à se débattre contre Alexandre, il n'arrivait même plus à bouger. Il se rendit à peine compte que le vampire l'avait lâché et était partit. Il était plongé dans un état comateux tout sauf tranquille. Il ne réagit même pas en sentant une main lui caresser la tête.

«Pauvre petite chose…Il t'a fait du mal, n'est-ce pas? Pauvre petite chose…»chuchota une voix éthérée.

«Luna??» demanda-t-il en se redressant. Il essuya ses larmes et regarda la silhouette transparente de la jeune femme.

«Oui, pauvre petite chose…je suis là, je serais toujours là pour toi. Jamais je ne te trahirais, ma pauvre petite chose.»continua le fantôme en continuant à caresser la tête d'Harry.

«Arrête!» dit Harry en se levant. Il alla dans la salle de bain pour laver son cou du sang qui le maculait encore. Il caressa ensuite les creux qui lui avaient laissé Alexandre.

«Pourquoi Alex? Pourquoi?» demanda-t-il à son miroir. Il n'arrivait toujours pas à comprendre qu'est-ce qui avait prit le vampire…Alors qu'il allait vers la porte, dans la ferme intention de sortir, il sentit un vent glacial le traverser. Ses yeux se vidèrent et ses muscles se relâchèrent…Luna venait de prendre possession de son être…une nouvelle fois!

«Je suis désolée, petit être, mais…ne t'inquiète pas, tu vois voir…tu vois aimer ce que tu vas découvrir. N'ai pas peur, n'ai jamais peur de moi.!»

Ce fut la dernière chose qu'il entendit avant de sombrer dans le néant. Il se réveilla dans une salle froide et sombre qui ne connaissait pas du tout. Il était assis à une table dans une sinistre bibliothèque. Il regarda autour de lui, ne comprenant pas comment il était arrivé là. Soudain, une douce lumière éclaira les lieux, le rendant un peu plus accueillant. Il se redressa et étouffa une exclamation enthousiaste…

«Luna?...LUNA, où est-ce que je suis?» hurla Harry, sans départir du sourire ravi qui illuminait son visage.

«Je suis là…tu es dans une bibliothèque qui date d'avant ma naissance…bien avant ma naissance. N'est-elle pas magnifique?» dit le fantôme en s'élevant dans les airs, les bras écartés.

«Si, mais cela n'explique pas comment je suis arrivé ici et pourquoi je suis ici.» dit Harry tout en regardant le nom des livres qui peuplaient la bibliothèque.

«Je…Je te montrerais plus tard, c'est trop compliqué à t'expliquer. Je voulais que tu viennes ici pour te montrer ce livre. Il devrait t'aider pour Draco.»

Elle lui présenta un livre d'apparence vétuste et très poussiéreux. Il se rapprocha et souffla dessus pour lire le titre. «Art sombre et manipulation»…Harry cligna des yeux, ne comprenant pas très bien en quoi ce bouquin pouvait l'aider. En fait, il avait plus l'impression de ce n'était qu'un ramassis de sottises comme la plupart des bouquins qui parlait de magie.

«Luna, pourquoi ce livre en particulier?» demanda Harry en s'asseyant devant le bouquin. Il le feuilleta deux minutes, sans vraiment le lire. Le fantôme se pencha sur le jeune homme et s'appuya sur ses épaules, le faisant frissonner désagréablement.

«Ne crois-tu pas en la magie?...Voilà qui est bien étrange! Pourtant tu côtois vampires et fantômes au quotidien…Tu t'intéresse même à un vampire ensorcelé par un charme très puissant. Pourtant tu nies l'existence de la magie…» se moqua gentiment le fantôme avant de reprendre possession de son corps…chose qu'Harry détestait par-dessus tout.

Cependant il ne sombra pas dans le néant comme la dernière fois. Il était conscient de ses actes, sans pouvoir contrôler ses gestes. Il se voyait appuyer sur un bouton près d'un escalier. Un bruit de glissement sourd se fit entendre et il vit une lumière provenir du haut. Il se sentit monter les escaliers qui débouchèrent étrangement en dessous de son lit. Harry s'en étonna encore quand Luna se retira de lui, le laissant étrangement vide.

«Appuis sur le bouton, caché en dessous de ton lit, au niveau de la tête de lit.» dit le fantôme avant de s'évanouir. Harry se pencha et appuya sur le bouton. A nouveau le lit bougea et vint recouvrir l'ouverture de la bibliothèque. Soudain, un bruit sourd se fit entendre, le faisant sursauter violemment. Il fit la clenche bougé mais la porte refusa de s'ouvrir. Lentement, il se rapprocha.

«Harry? Harry, tu es là?» entendit-il à travers la porte. Il se rapprocha jusqu'à se coller contre la porte.

«Draco…c'est toi?» demanda-t-il avec beaucoup d'espoir.

«Oui…mais pourquoi es-tu enfermé? Où est Alexandre?»

«Je ne sais pas…je ne sais pas ce qui s'est passé. Aide-moi, je t'en prie…il est devenue fou…il…il m'a mordu, Draco, il m'a mordu!!»dit Harry en s'effondrant en larmes, refusant d'admettre de ce que lui avait fait Alexandre.

«Je…Ecoute Harry, je vais aller lui parler…Mais je pense qu'il y a une bonne raison derrière tout cela. Je ne cherche pas à minimiser ce qu'il a fait mais tu ne dois pas oublier que c'est un vampire…»

«Et alors, je lui faisais confiance!! Pourquoi m'a-t-il trahi? Je lui faisais confiance!!» pleurait Harry, sans arriver à se calmer.

«Calme-toi…petit ange, calme-toi. Un vampire est quelqu'un de très possessif et…si il sent que quelqu'un essaye de lui piquer ce qui est à lui, il peut devenir très violent…très très violent. Je pense qu'il a cru que tu voulais le fuir et cela lui a fait mal…très mal.» tenta de le rassurer Draco, même si lui-même ne comprenait pas vraiment

«Je…Je ne dit pas que je comprends, il m'a trahit, Draco, il m'a trahit. Je ne peux pas lui refaire confiance!» dit Harry en se relevant. Sans écouter ce que lui disait le vampire blond, il alla s'effondrer sur le lit et se mit à pleurer. Soudain, une main froide passa dans ses cheveux.

«Calme-toi, petit être…nous n'avons pas le temps pour les larmes…pas pour le moment.» dit-elle d'une voix ferme. Harry se redressa et la foudroya du regard.

«Je ne sais pas ce que vous prévoyez…mais je ne suis pas d'accord d'être votre pantin…ni celui de Tom. Je suis mon propre maître. Est-ce que vous avez compris!» Le fantôme ne lui répondit pas, elle se contenta de sourire froidement et de disparaître. Néanmoins, ce coup de gueule lui avait permit de lui changer les idées. C'est pourquoi, au lieu de réfléchir sur la trahison d'Alexandre, il prit le livre et l'ouvrit.

«La magie existe depuis la nuit des temps, mais peu de personne le savent…Ils n'ont pas les compétences nécessaires pour comprendre tout l'art de faire une potion ou de réciter un sortilège. Ils sont trop imbriqués dans leur moral étriqué pour se rendre compte que le Diable ne possède rien, comparé à la puissance de la magie.»

«Sortilège d'obéissance

Ce sortilège fut très apprécié par nos anciens rois. Ils s'assuraient ainsi d'avoir tout leur peuple sous leur ordre, empêchant toute tentative de rébellion. Cependant, au fur et à mesure que le temps passait, le sortilège fut perdu…sûrement à cause de la peur des rois de voir le sort se retourner contre eux. Il ne fut retrouvé que bien plus tard. Pour que le sort soit efficace, il veut avoir, au départ, un certain pouvoir sur la personne que l'on veut ensorceler. La peur est une très bonne emprise.

Plonger votre regard dans la personne à ensorceler et dit de façon intelligible cette phrase «TE QUOQUE DEIUS ABILIUS TE QUOQUE EQUIS MAGNUS». Sceller le sort par une goutte de votre sang et une des siennes. Mélangez-les et embrasser votre nouvel esclave sur la bouche. Il ne faut pas nécessairement y mettre de la passion, mais cela apporte une plus grande emprise sur votre esclave. Sachez aussi que votre esclave ne se rappellera rien, donc n'ayant aucune hésitation.»

Harry grogna, cela ne l'aidait pas. Comment aider Draco s'il n'était pas capable de se rappeler avec précision du sortilège? Surtout que, d'après le bouquin, la force du sort dépendait de certains paramètres. Elle en avait des bonnes le fantôme…Il n'avait aucun moyen de libérer le blond.

«Il y a jusque peu aucune solution pour enlever ce sortilège. Mais, depuis peu, un homme, ayant une apparenté avec des vampires de haute noblesse, dit avoir une solution. Selon lui, il suffirait de peu de chose pour rendre la liberté à ses esclaves. Un peu d'attention de la part d'une personne dénuée d'envie de domination, ainsi qu'un sacrifice de la part de la même personne.

Le sacrifice dépend de la puissance mit par le possesseur de l'esclave. Plus celui-ci est fort, mentalement, plus le sacrifice sera important... pouvant même aller jusqu'à la mort de la personne libératrice.»


Sincérement? Je n'aime pas ce chapitre...mais alors pas du tout. Il ne montre pas ce que je voulais réellement pour cette fic. Il est trop superficiel...Mais j'ai eu beau le réécrire encore et encore, je ne suis pas arrivé à montrer ce que je voulais. Et cela m'énerve énormément!!

Oh, pour la phrase en latin...ne chercher pas à la traduire, elle ne veut rien dire. Ce sont des vrais mots, ce n'est qu'un reste de latin que je faisais en secondaire...Bon, j'espère qu'il vous plaira malgré qu'il ne soit pas génial...je me rattraperais sur le suivant!!