Je tins ma promesse et me reposais, les yeux rivés sur les ombres au plafond, en attendant un sommeil qui me guiderait, irrémédiablement vers le jour suivant... vers les corvées qui étaient toutes les mêmes, les pavés qui se ressemblaient, les brûlures dues aux Scroutts que je ne prenait même plus la peine de soigner tellement j'en avais... Si j'étais retournée une fois de plus à l'infirmerie avec la peau grillée et des griffures partout, je crois bien que Madame Pomfresh m'aurait enfermée dans une cuve de dictame jusqu'à la fin de l'année !

En parlant de cuve, j'avais eu plusieurs fois le 'droit' ou plutôt « l'insigne honneur » d'aller récurer tous les chaudrons de ce cher Rogue... après plus de trois jours de récurage, j'avais commencé à me demander s'il ne laissait pas ses chaudrons sales sur le feu, exprès... et bien sûr, je ne pouvais pas me servir de ma baguette ! Non pas que je n'avais pas le droit de l'utiliser... non... j'avais juste peur... peur que ma baguette me fasse faux bond et je transforme tous les chaudrons en serpents ou en volatiles... j'imaginais déjà le petit sourire satisfait de Rogue s'il apprenait que ma baguette était défaillante... bon.. si je n'avais pas été renvoyée pour avoir failli maudire la vie d'un élève en lui réduisant son espérance de vie de moitié... alors une baguette défaillante ne serait peut-être pas une raison suffisante pour me jeter d'ici... mais dans le doute, je m'imposai comme défis d'apprendre à jeter des sorts efficaces sans même utiliser ma baguette...

Je ne savais pas plus qu'avant sur le sujet et ne pouvais définitivement pas demander à un professeur comment faire c'était quelque chose que l'on apprenait qu'en sixième année en Défense contre les forces du mal... et même si Roque aurait été flatté qu'on lui pose une question sur un sujet pareil, je me doutais qu'il ne me lâcherait plus d'une semelle si j'avais le malheur de lui en faire part... et maintenant que j'y pensais, si je voulais réellement retourner dans la forêt, il me faudrait être un peu plus préparée... c'était une folie de partir comme ça...

Alors, pendant les deux semaines qui suivirent, je me contentai de m'entraîner dans le dortoir en essayant de faire voler des objets de plus en plus lourds j'avais commencé avec une plume, puis brindille et ainsi de suite jusqu'à ce que je butte devant la bûche... je ne savais pas si c'était une limite de ma magie non catalysée ou juste un manque de concentration... mais je n'arrivais pas à la déplacer de plus de dix centimètres au dessus du sol et à la maintenir là...

Au bout du vingtième essai, je laissai tomber la bûche et me contentai de faire voler un vieux journal.

Soudain, je sentis que le journal était devenu plus lourd et c'est à ce moment que je me rendis compte que mini-Krum était dessus ! Ma concentration s'évapora d'un coup et tous deux tombèrent. J'étais trop loin pour le rattraper avant qu'il n'atteigne le sol et je ne pouvais pas utiliser ma baguette je risquais de lui faire du mal... alors, réunissant toute la concentration que j'avais, je me concentrait sur lui.

Arresto Momentum

hurlai-je dans ma tête et, à quelques centimètres du sol, il s'arrêta puis, fut poser doucement sur le tapis sauvé.

- « Tu es complètement fou ! » grondai-je en marchant à grand pas vers lui. « j'ai frôlé la crise cardiaque ! » dis-je en le prenant délicatement entre mes doigts. « tu aurais pu te faire mal ! Ou pire ! » ajoutai-je toujours paniquée.

Mais à la place d'un air effrayé, je ne vis qu'un grand sourire et un pouce levé.

- « Ne me dis pas que t'as fait ça exprès... » grondai-je un peu déconcertée il haussa les épaules. « Ne me refais plus jamais ça... » commençai-je avant qu'il secoue la tête et ne retourne à côté du journal sur lequel il monta à califourchon. « J'ai dit 'non'... » grondai-je d'un ton que je voulais strict... mais en y réfléchissant... c'était moi qui l'avait privé d'un balai... alors j'acceptai et, après plusieurs sauvetages in extremis, je parvins à le garder en vol... et ce, malgré les différentes cabrioles qu'il tentait.

- « Allez, au lit. » dis-je faisant se poser le journal sur la table il ne voulait plus descendre. « Tu pourras en faire demain. » dis-je en préparant mon pull pour lui faire un lit. « Mais maintenant, c'est l'heure de dormir. » ajoutai-je en baillant à m'en décrocher la mâchoire.

Rester concentrée pendant si longtemps sur un seul point m'avait complètement vidée mais, juste avant de m'endormir, une question me vint quand recevrai-je la réponse pour ma proposition de vente ?

Badiane arriva le lendemain cette enflure ne voulais même pas m'en donner dix Gallions ! J'avais besoin de cet argent... mais je ne pouvais pas me laisser avoir par cette vipère à corne... il me fallait trouver autre chose... et vite... à ce moment, mon regard alla vers la forêt... la dernière fois, je n'étais pas prête... mais ça, c'était la dernière fois !

Allongée sur le canapé, je faisais voltiger Krum sur son journal tout en essayant de penser à quoi emmener pour ma prochaine expédition... Demain soir, tous les élèves arriveraient et s'en serait fini de mes sorties nocturnes... ou du moins, elles ne seraient pas aussi simples à mettre en place... et puis... je devrais à nouveau faire en sorte que personne ne me trouve dans mon pot...

Je soupirai 'et encore une année à vivre cachée...' murmurai-je en laissant ma tête aller en arrière.

C'était peut-être la dernière fois que je pourrais être tranquille avec seulement mini-Krum dans ce dortoir... peut-être la dernière fois que je pourrais le faire voler librement sur un vieux journal... mais aussi, peut-être, la dernière chance que j'aurais de sortir sans que personne ne me remarque... et il me fallait ce venin !

J'avais envoyé mini-Krum se coucher et, sans faire de bruit, je me relevai, mis une goutte d'Ailuro dans mon œil puis allai chercher tout ce dont je pourrais avoir besoin une veste, mon sac et ma baguette que j'avais hésité à prendre... mais elle faisait partie de moi...

Je me dirigeai donc à pas de souris vers la sortie mais, quand je passai devant la cheminée, je vis une ombre se dessiner entre la lumière qu'offrait les flammes.

- « Je t'avais dit que j'y retournerais... » soupirai-je en me retournant mini-Krum était debout sur la table et laissa sa tête pendre vers le bas. « J'ai besoin d'argent pour grand-mère... » commençai-je en m'approchant de lui. « Je dois récupérer un ingrédient rare et une fois que je l'aurais vendu... » continuai-je en m'agenouillant devant la table. « tout ira mieux. » ajoutai-je en forçant un sourire que je voulais rassurant. Il me regarda pendant un moment puis il parti vers le pull noir et jaune.

Je le suivais du regard, un peu peinée et, quand je voulus me redresser pour partir, j'entendis quelque chose être 'tapé' contre du bois. Je relevai les yeux et, devant moi se trouvait mini-Krum avec le Nimbus 2000 dans ses mains il me le tendit.

Surprise, j'approchai lentement ma main et, quand mes doigts se refermèrent sur le manche, il le lâcha, un sourire sur les lèvres.

- « Merci » dis-je en avant de me relever. Le sourire aux lèvres, je sortis du dortoir et sortis par le dédale des rondes bajoues. Soudain, en mettant les mains dans mes poches, je sentis quelque chose le Nimbus. Ceci me donna une idée. Je rebroussai chemin, pris un autre raccourci et arrivai dans le parc juste devant le terrain de Quidditch.

Alohomora

murmurai-je devant la porte de bois de la remise tous les cadenas s'ouvrirent et tombèrent au même moment. Cette chère Madame Bibine état bien plus stupide que je ne l'aurais cru...

Accio protections

dis-je en tendant la main un set complet de protection de Quidditch me vola dans les bras. Je serais bien entrée pour chercher moi-même... mais le fait d'avoir mis de simples cadenas était vraiment, vraiment louche... je ne pouvais pas me permettre de tomber dans un éventuel piège et me retrouver coincée dans la remise... je n'avais pas que ça à faire !

Une fois arnachée, je m'enfonçai dans la forêt et, après une bonne heure de marche en suivant les marques que j'avais faite sur les arbres la dernière fois, je parvins devant celui qui m'intéressait le plus un marronnier magnifique. J'en tranchai une branche et la mis dans mon sac 'J'en connais un qui sera content' pensai-je en zippant la fermeture éclair.

Mais maintenant, il me fallait retrouver la colonie... 'mais comment faire sans perdre des heures et des heures... ?' me demandai-je en scannant les alentours que je n'avais pas eu le temps de marquer la dernière fois. 'Peut-être' me dis-je en cherchant dans ma poche...

Je sortis le Nimbus et, après lui avoir fait reprendre sa taille normale, l'enfourchai. Les arbres étaient de plus en plus rapprochés et, je dus réduire la cadence pour ne pas m'en prendre un pendant que je regardais un peu partout. Ça faisait bien une heure que je tournais en rond et, au moment où je passais sous un arbre gigantesque, j'entendis une sorte de cliquetis étrange venir d'au dessus. Je levai les yeux une araignée !

Par réflexe, j'accélérai et me retrouvai poursuivie par une bonne vingtaine d'Acromentules. Elles étaient rapides et agiles et moi, sur mon Nimbus, je devais non seulement avoir les yeux devant moi pour éviter de faire la bise à un arbre, mais aussi sur les araignées qui me talonnaient de près... de très près... tellement près, que j'étais certaines de retrouver les brindilles de mon Nimbus complètement enduites de venin. Je parvins toutefois à en éloigner quelques unes grâce à mes Arania exumai, mais je dus en brûler une vivante pour me permettre de fuir pendant qu'elles dévoraient leur congénère.

Mais je ne m'étais pas arrêtée pour regarder et voyais les troncs noirs passer comme des ombres de part et d'autre de mon balai J'avais apparemment pris le pli.

Soudain, une ombre énorme apparut dans mon champ de vision et, alors que j'allai lui lancer un sort, le manche de mon balai se prit dans un tronc qui était tombé j'enchaînai les saltos avant et m'écrasai lourdement sur le sol.

Sonnée mais pas encore hors service, je me précipitai vers ma baguette qui, pendant ma chute, avait volé à plusieurs mètres de moi mais, alors que je n'étais plus qu'à deux mètres, les cliquetis se firent plus bruyants je me jetai sur le côté juste à temps.

- « J'ai faim... » se plaignit une voix désincarnée semblable à celle d'un enfant mais personne n'étais là ! Je mis un moment à comprendre, mais je me souvins que les Acromentules, bien qu'elles soit considérées comme des animaux magiques, sont capables de parler comme un humain et de tenir un discours cohérent... si on leur apprenait... mais qui... ?

Cependant, cette question devait attendre et, au moment où elle accouru vers moi, je me concentrais de toutes mes forces

Arania Exumai !

Criai-je. Le sort paru marcher elle se retrouva projetée à une bonne dizaine de mètres plus loin il fallait vraiment que je remercie mini-Krum ! Immédiatement et malgré la douleur qui commençait à s'installer dans toute la partie droite de mon corps, je lançai un Accio à ma baguette puis à mon balai.

- « Un Poulain n'a rien à faire dans notre forêt. » tonna une voix grave et courroucée. Juste à côté de mon balai se tenait un centaure. Ses yeux étaient aussi noirs que sa robe et, derrière une barbe fournie et sombre, se dessinait une ligne fine.

- « Poulain ? » répétai-je un peu déconcertée...

- « Partez ! » ordonna-t-il sans même répondre à ma question.

- « Mais...j... euh... vous euh... marchez sur mon b-balai... » balbutiai-je en pointant un doigt hésitant vers l'endroit où mon pauvre Nimbus se faisait à moitié piétiner. Mais il ne me regardait déjà plus et semblait bien plus intéressé par le ciel.

Sur le moment, je ne savais plus trop quoi faire prendre mon balai ? Mais si j'utilisai un Accio... il pourrait prendre ça comme une offense/agression... et si je m'approchai... non, vraiment... il avait pas l'air commode... Mais je ne pouvais pas partir sans mon balai !

- « Uhm... euh... monsieur... » commençai-je en m'approchant lentement. « est-ce que vous pouvez vous décaler pour que je récupère on balai... ? » demandai-je d'une voix mal assurée une fois à trois mètres de lui.

Soudain, des cliquetis arrivèrent à mes oreilles et, scannant les alentour du regard, je fus prise au dépourvu quand le centaure se cabra une araignée ! De surprise, j'avais perdu mon équilibre et était tombée en arrière rampant au sol pour m'éloigner du rodéo endiablé.

D'autres cliquetis furieux retentirent et, en quelques secondes, je me retrouvai entourée de sept araignées d'au moins quatre mètres chacune.

Mes Arania Exumais jamais n'auraient suffis à toutes les écarter de moi suffisamment pour que je puisse m'enfuir ! Il me fallait quelque chose d'autre... de plus puissant... mais il me fallait gagner du temps...

Confringo

pensai-je en pointant ma baguette vers le sol. Une explosion fit se soulever une quantité non négligeable de terre et, dans la confusion, je repassai tous les sorts dont j'avais théoriquement appris l'usage... mais la poussière allait se dissiper...

Duro

criai-je et toutes les particules m'entourant se durcirent, formant ainsi une barrière entre moi et mes sept assaillantes... mais ça ne durerait pas bien longtemps... 'pense ! Pense ! Vite un sort puissant... quelque chose... Incendio non. Sectumsempra ? Non... Reducto... Non F-'. Tout à coup, une patte velue transperça la coque qui m'entourait et dans ma surprise, je laissai échapper le mot qui me passait par la tête.

Feudeymon

hurlai-je en bafouillant. Je n'eus pas le temps de regretter mon action, qu'un filet de flammes dévastatrices s'échappèrent de ma baguette pour prendre la forme d'un serpent énorme qui en quelques secondes seulement, entoura toutes les araignées qui m'encerclaient dans une étreinte mortelle. Pendant que les Acromentules à l'agonie flambaient dans un concert de cris suraigus, je passai mon temps à lancer des Glacius pour endiguer les flammes qui se propageaient sur le sol parsemé de feuilles mortes.

Complètement paniquée, je gardai un œil sur le serpent, les flammes et m'estimai heureuse d'être la seule ic-

Soudain, un hennissement retentis et, d'un même mouvement, le serpent et moi-même tournâmes notre tête vers le centaure qui était toujours au prise avec son Acromentule. Il lui donna une ruade qui la fit tomber en arrière, à au moins deux mètres de lui et, avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, le Feudeymon s'élança en rampant autour de l'araignée puis la serra tellement fort entre ses anneaux qu'elle explosa en cendres !

C'était fini, il n'y avait plus d'ennemis à brûler... dans les livres, c'était à ce moment là que le Feudeymon devait disparaître, mais quand le centaure s'effondra sur le sol dans une crise de spasmes, le reptile de flamme se jeta sur lui.

Instinctivement, je me mis devant, espérant, peut-être que le Feudeymon ne brûle pas son sorcier mais la peur pris le dessus.

Protego Maxima Fianto Duri Repello Inimicum

Hurlai-je intérieurement. À ce moment, un bouclier apparut tout autour de nous et, quand le Feudeymon vint s'écraser dessus il fut désintégré et, de lui, ne nous resta plus que des étincelles.

Incrédule devant ma réussite, je tombai à genoux mais, à ce moment là, une respiration sifflante se fit entendre je me retournai pour voir le centaure, le torse couvert de sang et avec de profondes coupures au niveau des bras et de l'abdomen.

- « Monsieur ! » criai-je en me précipitant à ses côtés sa respiration semblait laborieuse. Le venin d'Acromentule était très puissant et pouvait paralyser la partie mordue en quelques minutes... mais il me fallait au moins du venin pur... et les Acromentules avaient été réduites en c-

À ce moment, mes yeux se posèrent sur une énorme mandibule fumante je me précipitai vers elle et sortis une fiole. Pourvu que le venin ne se soit pas évaporé...

La main tremblante, je pressai la pointe de la mandibule contre la fiole et... rien ne sorti

- « Merde ! » vociférai-je avant de jeter un rapide coup d'œil au centaure dont la respiration se faisait de plus en plus difficile et bruyante. « Alleeeezz... donne m'en un peu... » dis-je en réessayant : mais une seule goutte tomba. « ALLEZ ! » criai-je en pressant de toutes mes forces. Soudain, un craquement se fit entendre et, en quelques secondes, la fiole débordait déjà d'un liquide verdâtre. Pour gagner du temps, je bouchai le goulot avec mon pouce et me précipitai à côté du centaure. Là, je réunis des feuilles et brindilles en un foyer et retournai rapidement la terre alentour avec les pieds.

Incendio

dis-je avant que le feu ne prenne. J'avais lu les livres de Dragonneau apparemment, lors d'un voyage à Bornéo, il avait rencontré un natif qui lui avait appris que, le venin d'Acromentule bouilli, selon la personne, pouvait être, soit un remède de fortune, soit un catalyseur de la réaction et tuer en quelques secondes.

C'était tirer une vie à pile ou face, mais si je ne faisais rien, il mourrait d'asphyxie... une chance sur trois de survivre... il fallait au moins essayer ! Le laisser bouillir jusqu'à ce que le vert devienne blanc laiteux et que des bulles noires remontent... tout ce que j'espérais, c'était que ça marcherait...

Le liquide devint blanc il étouffait.

Les bulles tardaient la fréquence des apnées étaient de plus en plus rapprochée et leur durée plus longue.

Des bulles noires commencèrent à remonter il ne respirait plus et ses yeux étaient révulsés.

Totalement paniquée, je retirai le venin du feu et soulevai délicatement la tête du centaure pour lui faire boire 'l'antidote'. Il y eu quelques secondes de latence, puis, d'un coup, il se remis à respirer et avala une grosse goulée d'air.

- « Hey vous allez bien ? » demandai-je en lui relevant un peu la tête. Sa respiration était haletante et je me demandai même s'il m'entendait... Heureusement, ses tremblements avaient arrêté... cependant, j'avais peur que le petit vent froid qui s'était levé y'a un petit moment, ne le refroidisse... il était complètement couvert de sueur... et toutes ses blessures...

- « Mince... euh c'était … euh... rah mince... c'était quoi déjà... » vociférai-je en regardant un peu partout comme si la réponse était gravée sur un arbre. 'Mais pourquoi j'ai pas de dictame sur moi ?! ' grognai-je en continuant de chercher dans ma mémoire... « Sanita- Sana... euh... Sanitar... rah ! » marmonnai-je en me mordant l'intérieur de la joue. « Ah ! J'ai trouvé ! »

Vulnera Sanentur

prononçai-je distinctement en appliquant une main sur chaque plaies une après l'autre. En temps normal, j'aurais préféré utiliser ma baguette pour un meilleur résultat, mais je n'avais pas trop confiance en la mienne... du moins, pas pour soigner quelqu'un... manquerait plus qu'elle l'ai grillé sur place... j'aurais fait quoi moi ? Des lasagnes ? Le sang éparpillé sur son torse retourna alors dans son corps puis, quand la dernière goutte de sang fut à l'intérieur, les blessures se refermèrent.

Toute à coup, j'entendis des bruits de sabot marteler le sol et, ne sachant pas trop comment expliquer à des centaures les raisons de la présence d'un 'Poulain' dans la forêt interdite en dehors de l'année scolaire, la nuit et avec, autour d'elle des cadavres calcinés d'Acromentules et un centaure dans les vapes... j'optai pour l'explication la plus simple partir en courant avant qu'on me pose la moindre question !

J'embarquai mon balai qui, par je ne sais quel miracle était encore en un seul morceau ainsi que la mandibule que je réduisis avant de la mettre dans ma poche et filai dessus jusqu'à la lisière de la forêt où je descendis et me précipitai dans le dédale des rondes bajoues puis dans le dortoir des Poufsouffle où je m'écroulai sur le canapé.

Bien, alors faisons un récapitulatif de l'expédition j'avais manqué de me faire bouffer pas moins de quatre fois par des Acromentules avant même d'entrer dans la zone de la colonie, j'avais failli me briser la nuque en tombant de balai, de me faire piétiner par un centaure puis de me faire réduire en cendre par ma propre malédiction et finalement, j'avais joué les savant fou en soignant quelqu'un avec un remède qui pouvait être mortel... y'a pas à dire, ça changeait du ménage !

- « Mais au moins... » murmurai-je en sortant la mandibule miniature de ma poche. « j'ai mon venin. » dis-je en souriant. À ce moment là, même l'idée de devoir supporter les autres pendant une année de plus ne me semblait plus si horrible... au moins, ma grand-mère serait entre de bonnes mains pendant encore quelques temps... juste ce qui lui faudrait pour se remettre.