Désolée pour le retard, je sais que j'étais censée poster hier, mais j'ai quelques problèmes de santé en ce moment.. Bref. Vous avez survécu au suspense du chapitre précédent? Haha, peut-être que Myungsoo est parti... J'aime bien ce chapitre, il se passe plein de choses, avec une nette évolution. Dans quel sens, ça, je ne sais pas. All Mine de One Ok Rock colle bien avec le texte, pour moi. Ou alors Et Cetera, version live. Bonne lecture!
Réponse aux reviews:
KL, :rougis: Il essayait, c'est vrai. C'est pour ça qu'il a peur de Myungsoo aussi, (ce qui explique son comportement dans les chapitres suivants) parce qu'il ne veut pas être plus faible qu'il ne l'est déjà. Aha, il faut bien un peu de suspense de temps en temps ^^ d'ailleurs, ce chapitre finit un peu pareil.. Enfin...
Chapitre 9
J'eus la réponse quand je me sentis soulevé de terre. Il avait de la force, mine de rien, pour réussir à me porter. Un de ses bras passait près de mes cuisses, et une nouvelle déchirure s'opéra en moi, dans ma poitrine. Je retins à grand peine un cri, et me mordit les lèvres férocement. Pour la deuxième fois de la journée, Myungsoo me déposa sur mon lit, mais j'étais bien incapable de faire quelque chose pour m'enfuir. Je me recroquevillai en position fœtale, la tête cachée dans les bras, et les genoux repliés contre le torse. J'étais condamné à souffrir ici, autant de mes blessures physiques que mentales. Avec toujours cette incompréhension : pourquoi était-il là à mes côtés ?
Je remuai, et ma respiration s'accéléra considérablement. L'air me manquait, j'aspirais de plus en plus fort pourtant rien ne venait. Parallèlement, ma poitrine me faisait toujours aussi mal. J'eus un sourire ironique, malgré mon état. Une crise d'angoisse, c'était bien le moment. Myungsoo m'entoura de ses bras et j'eus un hoquet de surprise. Comme s'il avait deviné. J'aurais voulu résister, mais ma raison ne faisait plus le poids. J'entourai sa taille de mes bras et me blottit contre lui. Tant pis si je continuai à souffrir encore après. Tant pis si j'avais l'impression de perdre mes membres. Tant pis s'il n'était là que par pitié.
Dans ses bras, j'étais bien. La sensation était bien plus douce que l'illusion de bonheur que m'apportait le yakju. Là, c'était réel. Même si ça ne pouvait pas durer des siècles, j'étais presque apaisé. La crise s'éloigna, et je savais qu'elle reviendra à la moindre brèche supplémentaire. Myungsoo caressa paisiblement mon dos, partageant sa chaleur avec moi. Je sentis mes yeux se fermer et je changeai d'étreinte, pour me blottir cette fois dans les bras de Morphée. Juste avant de sombrer, j'étirai mes lèvres craquelées en un léger sourire, sincère.
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Je sentais que mon corps s'était réveillé, mais je n'avais pas envie d'ouvrir les yeux. Et si tout ça n'avait été qu'un rêve ? Si j'avais complètement inventé la venue de Myungsoo ici ? C'était tellement absurde, que ça ne me semblait pas réel. Je n'avais toujours pas trouvé de raison satisfaisante à son apparition. Dans ma chambre, tout était calme. Je bougeai la tête de l'oreiller, et sentit quelque chose de bizarre. Je remontai ma main pour palper mon crâne et sentit un bandage serré à l'arrière, là où je m'étais blessé. Alors c'était bien la réalité… Avait-il profité de mon sommeil pour me soigner ? L'idée me fit frissonner.
Je me décidai à ouvrir les yeux, et je fus soulagé de ne pas être ébloui. Il avait pris la peine de fermer les rideaux. Tout mon corps me semblait peser une tonne. Je retirai la couverture qui me recouvrai, et vit que je ne portais qu'un tee-shirt et un boxer. Un pansement tacheté de sang entourait mon poing gauche, et j'en avais un autre, plus épais et immaculé, à la cheville. J'espérais être capable de me lever.
L'opération me prit quelques minutes, cependant le résultat importait plus. Je marchai vers la porte en m'appuyant au mur, ne voulant pas non plus tenter le diable. Je trébuchais dans un vêtement et vis en me baissant qu'il s'agissait de mon pantalon. Je le renfilai avec une légère grimace et ouvrit la porte pour aller dans le salon. D'un côté, je voulais que Myungsoo soit encore là, mais d'un autre je lui en voulais de m'aider, parce que je savais très bien que j'allais rechuter après son départ.
Je m'approchai silencieusement et vit une chaussure dépasser du canapé. Mes yeux remontèrent et découvrirent Myungsoo, affalé et endormi. Son tee-shirt avait glissé pendant qu'il dormait, et j'avais vue sur son ventre plat. Je secouai la tête, puis évaluai la situation. Je tenais debout, et ce qui m'empêchait de sortir dormait. Je passai devant lui et avançai vers la porte d'entrée. Je croisai mon reflet dans un miroir et fit la grimace. J'enlevais le bandage qui me donnait un air de pirate et le fourrai dans ma poche. J'arrangeai rapidement mes cheveux et caressai machinalement les piercings métalliques de mon oreille. C'est bon, je pouvais sortir.
Je failli tomber plusieurs fois dans les escaliers, me faire écraser parce que j'oubliais de traverser dans les clous, me tromper d'alcool, me prendre le chou avec une ahjumma qui avait soit disant saisit la dernière bouteille de yakju du rayon avant moi, et cetera. Je réussi tout de même à revenir chez moi avec ce que je voulais. Une grande fatigue s'empara de moi, et je songeai qu'il faudrait que je planque la bouteille, sinon Myungsoo serait bien capable de me la prendre.
La première chose que je remarquai en entrant dans le salon fut qu'il n'y était plus. Tant mieux, il devait être rentré chez lui. Je m'approchai du la cuisine pour ranger la bouteille dans le frigo et tombait face à lui. J'eus un léger sursaut. Il avait dû m'entendre rentrer. Son regard était noir, et il me foudroya.
« _Le médecin est venu pendant que tu dormais, tu sais. »
J'écarquillai les yeux de surprise. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit la première chose qu'il me dise. Alors ce n'était pas lui qui m'avait soigné. Je ne savais pas si ça devait me rassurer. Ses yeux dévièrent sur la bouteille que je tenais à la main et son regard s'obscurcit davantage.
« _Tu n'es pas encore remis de la fois précédente et tu songes déjà à recommencer… Reprocha-t-il sans me quitter des yeux.
_Tu n'avais qu'à pas m'en priver, je ne serais déjà plus là, et ça aurait été mieux pour tout le monde.
_Arrête de dire des bêtises. Ne crois pas que personne ne tient à toi.
_MAIS EST-CE QUE TU CROIS QUE J'EN AI QUELQUE CHOSE À FOUTRE ? ».
Je m'étais mis à hurler, à bout de nerfs. L'homme que j'aimais, le seul être humain pour qui je ressentais quelque chose, se tenait devant moi, à quelques mètres, plus inaccessible que jamais.
Un voile passa dans les yeux de Myungsoo, et je cru avoir rêvé. Pourquoi se mettait-il à avoir des émotions maintenant ? Pourquoi venait-il bouleverser mes résolutions ? J'aurais pu en finir tranquillement, mais j'expérimentais maintenant d'autres types de souffrance. J'avais cru être au fond du trou, et ce n'était que l'aube. On peut toujours tomber plus bas.
Il se rapprocha vivement de moi, si bien que je n'eus pas le temps de réagir. Il saisit mes bras, m'empêchant de bouger. De toute façon, même si je l'avais voulu, j'étais pétrifié par sa présence à quelques centimètres de moi. Il me secoua vaguement une ou deux fois. Je ne parvenais à quitter ses yeux, si expressifs en cet instant.
« _Sungyeol, tu es à bout de nerfs, et je ne suis pas sûr que l'alcool soit une solution. Alors tu vas lâcher cette bouteille, retourner te coucher, et on parlera demain, finit-il par lâcher dans un souffle, la voix pourtant ferme. »
Je ricanai et me défit de son étreinte. La colère nourrissait ma force, et je lui en étais reconnaissant dans ce genre de moment. J'avançai de quelques pas en direction de ma chambre, tout en dévissant le bouchon de la bouteille de yakju que j'avais acheté pas beaucoup plus tôt. Une fois ouverte, j'en bus une longue gorgée tout en soutenant le regard de Myungsoo. L'alcool me brûla la gorge, coula un peu le long de mon menton et irradia mes veines, pourtant ça me soulageait grandement. J'en repris une, puis une autre, sans qu'il n'esquisse un geste. Me testait-il ? On aurait pu croire qu'il attendait que je boive à n'en plus pouvoir pour me ramasser ensuite et faire ce qu'il voulait de moi.
J'eus une autre idée, et je me dirigeai furtivement vers ma chambre, entrai à l'intérieur, refermai la porte, et tournai la clé. J'étais enfermé, il ne pouvait rien contre moi. De plus, si je laissai la clé, toute tentative de crochetage de serrure se solderait par un échec cuisant.
J'entendis des pas de l'autre côté, sans doute venait-il vérifier si la porte était réellement verrouillée. Le savoir dans mon appartement ne m'enchantait guère mais je n'avais pas d'autre choix. Il allait bien falloir qu'il retourne travailler, un jour. Moi je m'en fichais, ça faisais deux ans que je ne faisais plus de grosses dépenses, alors je pouvais tenir un moment sans salaire.
« _Sungyeol, ne fais pas de bêtises, s'il te plaît.
_Tu n'es qu'un égoïste, Myungsoo. Tu ne veux pas que j'aille mal sinon tu vas culpabiliser. Tu t'inquiètes pour ton propre bien. Je n'ai pas pour habitude de me préoccuper des autres.
_Ce n'est pas pour moi que je dis ça, c'est pour toi. Ne te détruis pas comme je l'ai fait. »
Sa supplique me laissa perplexe, et j'avalai encore de l'alcool, à défaut de comprendre ce qu'il voulait dire.
« _L'indifférence fait souffrir à sa manière, Sungyeol. Reprend-toi avant d'en arriver là, poursuivit-il. »
Il devait être adossé à la porte de ma chambre, sa voix n'était qu'à peine étouffée. Un frisson me parcourut le dos. Dans sa voix, régnait une affliction palpable, très comparable à la mienne. Il se maîtrisait bien la plupart du temps, je n'aurais pas pu deviner que cette indifférence cachait justement un mal-être semblable au mien. Je me laissai tomber de mon côté de la porte et m'y collai. Je voulais retrouver la chaleur de ses bras…
« _Comment fais-tu, Myungsoo ? »
J'entendis ma propre voix, brisée, déformée, grotesque. Je ne la reconnu pas. Etais-je à ce point diminué par mes sentiments pour lui ? Il eut un faible rire, que je ne parvins pas à qualifier.
« _Je ne sais pas. J'imagine que je n'ai pas le choix, je tiens, c'est tout, soupira-t-il.
_Quel est le but de tenir sans raison? »
Ma question flotta un moment. J'en étais à presque la moitié de ma bouteille. Décidemment… Il toussa pour s'éclaircir la voix.
« _La vie est un cadeau, non ? »
J'eus l'impression qu'il cherchait à me convaincre en même temps que lui. La vie, un cadeau ? Rien n'était moins sûr. Ou alors, un cadeau empoisonné. Telle une rose épineuse qui nous blessait avant qu'on eut pu respirer son parfum entêtant.
« _Malgré tout ça, il y a des moments qui valent la peine d'être vécus, soupira-t-il. »
Il avait parlé à voix basse, et j'eus quelques difficultés à saisir le sens de ses paroles. Des flashs emplirent ma tête quand je compris. La première fois qu'il m'avait pris dans ses bras. Quand je me baladais au bord du fleuve Han les jours de pluie, avant de le rencontrer. Le jour où il m'avait souris. Quand je m'étais senti entier, après mon troisième piercing. Certes, je les comptais sur les doigts d'une main, cependant il avait raison, ces moments étaient chérissables.
« _Le destin… On peut le voir comme un traître, mais il n'est pas totalement contre nous. Et nous devons surtout lutter, pour ne pas le laisser gagner.»
Je ne sus que répondre et me laissai glisser un peu plus contre la paroi. Myungsoo continua à parler.
« _Je comprends ta colère, je le sais, j'ai vécu des choses semblables. »
Il eut un rire triste.
« _Mais quand la douleur vive laisse place à l'indifférence de tout, quand tu ne souffres plus, que rien ne te fais ressentir quoi que ce soit, je t'assure que tu te sens bien plus… Inutile. Et ça ne suffit pas. C'est confus. Tu n'as même plus l'impression d'être, et tu n'as pas le courage d'en finir, parce que l'indifférence te fait espérer que les choses changent. En quelque sorte.»
Il tapa violemment dans la porte, me faisant sursauter. Je me recroquevillai sur moi-même.
« _Ne te laisse pas avoir, Sungyeol. Je ne pourrais pas supporter de te voir sombrer. Je n'ai pas de raisons valables pour t'exprimer ça, mais les sentiments ont-ils besoin de raisons ? »
Mon cœur sembla imploser à ces simples paroles, et mes yeux brûlèrent avec une intensité surprenante et inconnue jusqu'alors. Les élancements attaquait par vague, je n'allais plus tenir longtemps, surtout que l'alcool courait depuis un moment dans mes veines, il n'allait pas tarder à arriver au cœur de mon organisme.
« _Tu es le premier à me faire éprouver quelque chose depuis des années. Si ça fait surtout mal, ça me rend aussi vivant. J'existe et j'en ai une preuve. Alors non, je ne veux pas te laisser te détruire à ton tour. »
Un nouveau coup, puis le silence. Pesant, lourd. J'avais terriblement envie d'ouvrir cette maudite porte que j'avais été si content de fermer quelques minutes auparavant. Je n'étais pas sûr d'en avoir la force… J'étais toujours prostré en position fœtale, et me relever allait me demander beaucoup d'énergie. Mais je ne tiendrais plus très longtemps de cette façon…
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Ahjumma : (Littéralement) Tante. (Péjoratif) Désigne une femme d'un certain âge, qui semble non mariée.
Quelques avis? On se retrouve le week-end prochain pour le chapitre 10 ;)
