Un petit bonus pour vous en ce jeudi :) Je vous en offre un autre demain !... En quel honneur ? J'ai finit l'écriture de D - II qui totalise 20 chapitres et je peux donc entamer la troisième (et dernière) partie ! Hourra :)
Chapitre 9 – Rumeurs sales
La juge s'installa dans son siège et tous les gens présents dans l'assemblée se rassirent. Brennan toisa la juge avec de grands yeux scrutateurs. Assise au côté de l'avocat de la couronne, puisqu'elle faisait partie des plaignants et témoins, elle écouta attentivement le discours des deux avocats. D'abord Caroline Jullian. Puis l'avocat de la défense.
Amanda avait passé le dernier mois en centre de détention pour jeunes et avait apparemment eu une conduite exemplaire. Elle était habillée proprement, avec de jolis souliers vernis et les cheveux bien peignés. Elle regardait le sol avec insistance, visiblement honteuse. Ses parents étaient dans l'assemblée.
- L'accusée ici souhaite se repentir de ses meurtres. Je tenterai de prouver qu'elle avait un jugement altéré durant ses meurtres et je souhaite que messieurs et mesdames les jurés prennent un moment pour considérer l'option suivante. L'accusée plaide coupable, mais mentalement atteinte. Ceci signifie qu'elle reconnaît la responsabilité de ses actes et demande à être traitée. Je vous demande donc de bien écouter le procès, pour prendre la décision la plus clémente possible. L'accusée n'est qu'une enfant et a encore beaucoup à apprendre…
Brennan cessa d'écouter, choquée. Amanda reconnaissait ses torts dans le but d'être traitée de façon clémente. Brennan ne lui accorderait pas son pardon. Elle lui avait presque coûté la vie.
Dans l'assemblée, l'équipe du Jeffersonian avait pris place. Booth serait appelé à témoigner, ainsi que l'équipe de fouines afin d'expliquer comment Amanda avait procédé pour les meurtres.
La juge écouta avec attention et le procès débuta. La première comparution devait être celle de Brennan. Elle se rendit à la barre avec calme, évitant de croiser le regard de Booth qui la troublerait inévitablement. La cours jeunesse était différente de la cours pour adulte, moins formelle, et l'avocat de la jeune se spécialisait dans la défense des mineurs.
Brennan ne ressentait pas de nervosité. Elle jura de dire la vérité, devant Caroline et la juge, et commença à répondre aux questions de Caroline.
L'assemblée était silencieuse. Les paroles de Brennan résonnèrent dans la salle alors qu'elle commença à raconter l'épisode de l'incendie. Maître Jullian lui demanda ensuite de parler du 3 janvier. Brennan prit une pause avant de répondre.
- L'agent Booth m'a appelé parce qu'Hodgins avait trouvé des fibres de vêtements sur ce qui restait du corps de Garry O'Sullivan. Hodgins a reconnu des fibres de jeans qui sont conçus pour rester serrés. Ils étaient de couleur mauve. Il en a donc déduit que seule Amanda avait pu commettre le crime. Elle était la seule dans l'entourage propice à s'habiller ainsi.
- Dr. Hodgins nous livrera d'ailleurs son témoignage tout à l'heure. Que s'est-t-il passé pour vous, Dr. Brennan ?
- Hum. Je suis allée chez l'agent Booth. Il ne pouvait laisser son fils seul. Angela m'a accompagnée. Amanda O'Sullivan a cogné à la porte environ dix minutes après notre arrivée. Elle n'était pas habillée pour l'hiver et semblait sale. Je lui ai demandé si elle était en fugue. Elle m'a répondu par l'affirmative…
Dr. Brennan continua son histoire, jusqu'au moment où elle avait reçut l'aiguille dans le cou.
- Je ne me rappelle de rien, par la suite.
- Pouvez-vous nous parler des conséquences d'avoir été droguée ainsi.
Elle raconta ce qui s'était passé à l'hôpital, mais spécifia que c'était les médecins qui le lui avaient rapporté, puisqu'elle avait été inconsciente pendant presque tout son séjour à l'hôpital. Caroline la remercia et ce fut donc au tour de l'avocat de la défense de l'interroger. Son introduction angoissa Brennan :
- J'ai ici votre dossier médical.
- Objection votre honneur ! intervint Caroline, Ce genre de renseignement est confidentiel.
- Votre honneur, il est primordial que je discute de cette partie du dossier.
- Continuez.
La juge approuva l'interrogatoire et l'avocat poursuivit donc.
- Dans le dossier, le Dr. House vous a trouvé un caillot au cerveau et l'a retiré. Vrai ?
- C'est bien cela, répondit Brennan soulagée qu'il ne fasse ni allusion à sa grossesse, ni allusion à son syndrome d'Asperger.
- C'était une condition sous-jacente jamais révélée antérieurement.
- C'est vrai.
- Donc, l'injection de drogues n'aurait pas du causer un coma, si vous n'aviez pas eu cette condition préexistante.
Brennan jugea qu'il était plus prudent de donner une réponse floue :
- Je ne sais pas. Il faudrait interroger le docteur House à ce sujet. Je ne suis pas spécialiste de caillots.
- D'accord. Est-ce que ma cliente, ici présente, aurait pu être au courant de cette condition avant de vous injecter ces drogues ?
Brennan évita soigneusement le regard d'Amanda :
- Je n'étais pas moi-même au courant.
- Je prendrai donc cela pour un non.
- Objection votre honneur, l'avocat induit des réponses à…
- Retenue. Maître Russell, n'interprétez pas les réponses de l'interrogée.
- Bien, madame la juge.
Il s'éclaircit la gorge et rectifia sa pensée. Maître Russell était un homme dans la cinquantaine, propre sur lui-même, la tête bien garnie de cheveux blancs et les yeux d'un bleu éclatant. Il dégageait une aura de confiance. Il posa une main sur la barre, Brennan se repoussa instinctivement.
- Vous n'étiez pas au courant, donc, l'accusée ne l'était pas non plus. C'est bien cela ?
- Oui.
- Pourrait-on dire, alors, qu'en vous injectant ses drogues, l'accusée vous a en fait sauvé la vie ?
Un murmure de protestation s'éleva dans l'assemblée et Caroline s'objecta à nouveau. La juge demanda le silence et demanda au maître de s'expliquer, visiblement mécontente, lui rappelant que ce genre de spéculations n'avait pas lieu d'être dans une cours respectable.
- Je souhaitais simplement souligner, s'expliqua-t-il, que ma cliente n'avait pas l'intention de tuer Dr. Brennan, comme son témoignage nous l'apprendra plus tard. Et que par ses actions, elle a permis de découvrir une condition médicale potentiellement mortelle dont Dr. Brennan était affectée. Elle a pu en être guérie et reprendre le cours normal de sa vie.
Les murmures d'indignations s'amplifièrent dans l'assemblée et quelqu'un cria même : « Calomnies ! ». La juge tapa plusieurs fois son marteau de président contre le tas en réclamant le silence. Elle intervint en demandant à l'avocat de s'en tenir aux faits et de surveiller la façon dont il les interprétait.
- Malgré qu'une condition ait été découverte après l'injection de drogues, il est inexact d'employer les termes « sauver la vie ». Je suspends cette audience pour une période d'une heure. Les deux partis sont invités à ne rien communiquer pendant cette pause. L'audience reprendra à 11 heures.
Brennan sortit de la salle d'audience quelque peu confuse. Elle comprenait en quoi le raisonnement de maître Russell était erroné, mais elle avait du mal à comprendre l'emportement de l'assemblée. De la même manière que lorsqu'elle avait assisté au procès de son père, Angela s'était emportée contre les autres employés sans qu'elle ne comprenne pourquoi.
House avait osé lui dire : « N'importe qui aurait été fâché contre ses amis d'avoir témoigné contre son père. Pas vous. Vous avez raisonné cet événement. Je trouve que c'est un peu Asperger. »
Non. Elle était hyper rationnelle. Et House, abject.
Elle se demandait si, pourtant, elle devait s'emporter contre l'avocat, elle aussi. Elle eut sa réponse rapidement, elle fut entourée de ses anciens collègues qui venaient la supporter.
- C'est un être ignoble ! s'écria Daisy en s'approchant un peu de Brennan, qui recula pour préserver son espace vital.
Les fouines ripostèrent un moment, mais changèrent vite de discussion. Hodgins demanda ouvertement à Brennan de revenir au labo, ce qui lui arracha un sourire. Saroyan empêcha toutefois Hodgins de continuer :
- Je comprends votre sentiment Dr. Hodgins, mais ce n'est pas le moment approprié.
- Quel autre moment aurai-je !? Allons, Dr. Saroyan, nous voulons tous voir Brennan revenir. Tu nous manques, Brennan, reviens ! Toi et Booth… d'ailleurs, où est Booth ?
Booth, accoté contre un mur, entendait à peine la discussion, mais voyait les fouines s'exciter autour de Brennan. Elle était appréciée. Sa posture se voulait décontractée, mais il se raidit quand la bande de scientifiques se tourna vers lui. Hodgins lui sourit et lui envoya la main pour lui faire signe de les rejoindre. Booth fit mine de ne pas comprendre, il renvoya la main avec un sourire crispé, tourna le dos et s'éloigna.
Sweets haussa un sourcil et saisit l'ampleur du malaise.
- Oh, souffla-t-il comme s'il venait d'avoir un éclair de compréhension.
Les autres scientifiques firent abstraction de Booth, afin de profiter pleinement de Brennan. Mais ils venaient tous de comprendre.
- Alors, tu reviens quand ?
- Euh, bien, mon nouvel emploi me convient très bien.
- Ahh, tu mens ! Tu adorais le travail de terrain ! La médecine judiciaire ! Voyons, Brennan ! insista Hodgins.
Brennan chercha une façon de s'en sortir. Elle se savait assez forte pour créer des malaises avec sa maladresse. Elle tenta donc une fuite de cette façon.
- Je n'ai pas vraiment envie, avoua-t-elle, j'ai de mauvais souvenirs. J'ai failli mourir plusieurs fois. Je crois que j'ai eu ma dose d'adrénaline. Toi aussi, Hodgins, d'ailleurs. Tu as failli mourir au moins deux fois. Tu devrais reconsidérer ton emploi.
Mission réussie. Un malaise s'installa que Saroyan identifia très rapidement.
- Ok ! Alors, allons donc prendre un café et parler d'autre chose pour l'heure qui suit…
Tout le monde acquiesça. La rencontre fut agréable, malgré le commentaire de Brennan.
Lorsque tout le monde fut en chemin, de retour vers la salle d'audience, Wendell tira le bras de Hodgins afin qu'ils marchent derrière les autres.
- Je dois vous demander quelque chose, chuchota-t-il.
Il laissa le groupe prendre de l'avance. Il marcha côte à côte avec Hodgins et finit par souffler :
- Est-ce que Brennan et Booth ont eu une aventure ?
Hodgins sourit.
- Tu es plutôt potineux, M. Bray.
- Sérieusement ? insista Wendell.
- On dirait.
- Je crois qu'elle enceinte, Hodgins.
Hodgins s'arrêta, plaça une main sur le torse de Wendell et se plaça devant lui, de façon à arrêter sa marche. Il lui lança un regard furieux.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Wendell haussa les épaules et plaça ses paumes vers l'avant, comme pour se défendre. Il gigota, mal-à-l'aise et se mordit la lèvre.
- Je m'excuse… mais je suis anthropologue ! Elle est au moins enceinte d'un mois et demi… je veux dire… je suis formé pour reconnaître ce genre de… je suis mal-à-l'aise, avoua-t-il devant le regard insistant de Hodgins.
- Ok, comprends-moi bien, tu te tais ! Je suis très attaché au Dr. B. et tu vas me jurer de ne rien dire pour ne pas compromettre sa réputation. Quand elle sera prête, elle nous l'annoncera. D'ici là, je ne veux pas qu'une sale rumeur ne se répande sur son cas. Déjà qu'une rumeur se répand sur elle et Booth.
- D'accord. Mais être enceinte, ça ne rentre pas dans la catégorie des rumeurs « sales ». C'est une rumeur heureuse…
- Pas quand on ne vit pas bien avec la situation. Promets-moi Wendell !
- Ok, je promets. Je me tais, Hodgins.
Hodgins acquiesça, soulagé. Il souffla un remerciement à son collègue et ils continuèrent leur route.
