Merci pour les mises en alerte et en favoris !

Note de l'auteur : Cette fic prendra en compte TDKR à partir du 17eme chapitre !

Note à l'attention des reviewers anonymes : Je rage à chaque fois de ne pas pouvoir vous répondre, alors si vous avez une adresse mail, un blog, un twitter, n'importe quoi, vous pouvez me le donner si vous le souhaitez pour que je puisse vous répondre.

Disclaimer : Rien n'est à moi (mes Ocs, si vous voulez, mais c'est si peu que ce n'est même pas vraiment a peine de trop s'attarder là-dessus)


Chapitre 9 :

I was calling your name

But you would never hear me scream

You wouldn't let me begin

Muse

Lucius Fox soupira et leva la tête vers le plafond blanc et immaculé de son bureau. Des fois, il se demandait comment Bruce avait pu le convaincre de ne pas démissionner après l'épisode du Joker. Dans les moments particulièrement difficiles, il le regrettait parfois.

Depuis la mort de Maroni, Batman avait tenté de trouver le tueur – sans surprise, un homme envoyé par le mafieux russe. L'homme avait été arrêté et mis sous les verrous, mais Lucius sentait bien que Bruce n'était pas en paix.

La sonnerie du téléphone l'intrigua : il avait dit à la secrétaire de ne pas le déranger jusqu'à la fin du déjeuner. Sur l'écran, un numéro étranger était affiché. Un numéro anglais. En fronçant les sourcils, il décrocha.

-Bonjour, Lucius, c'est Estel.

Il comprit immédiatement qu'il y avait un problème.

-Je ne sais pas du tout ce que mes parents sont en train de faire. On dirait qu'ils veulent envoyer Carolyna en Italie. Quelque chose se prépare, là bas.

-Je vais en parler à Bruce.

oOo

Trois semaines après son retour au Manoir, Estel trouvait l'atmosphère étouffante. Ses parents n'en voulaient pas à Carolyna – innocente, brisée, petite Carolyna – mais à elle, pour l'avoir autorisée à revenir en Angleterre. Pire, ils avaient bien compris que Bruce Wayne s'était séparé de Carolyna, et qu'il n'avait rien fait pour rester en bons termes avec elle. Non seulement les affaires entre les deux entreprises avaient été réduites à néant, mais en plus, aux yeux des parents Rosenberg, il n'y avait plus aucun contact entre leurs filles et le millionnaire.

Ce qui était plus ou moins faux.

Trois semaines passèrent encore. Dans la chambre de Carolyna, Estel pouvait voir que les valises s'accumulaient.

-Est-elle obligée de partir, mama ?

-Bien sûr, répondit la femme avec humeur. Ici, tout le monde pensait qu'elle allait épouser Wayne. Elle aurait du l'épouser. Maintenant, pour que la honte ne tombe pas sur la famille, elle doit partir. Nous allons faire croire aux gens qu'elle est repartie pour Gotham.

-Personne n'y croira...

-La faute à qui ?

Sa mère quitta le couloir et rentra dans sa chambre. Estel entra dans celle de sa sœur et s'assit sur son lit.

-Qu'est-ce qu'on a fait de mal ?

La voix de Carolyna était basse, presque un murmure.

-Nous n'avons pas assuré les intérêts de la famille.

-Nous sommes si affreuses que ça ?

Estel serra sa sœur dans ses bras.

-Bien sûr que non. Papa et Mama sont aigris parce qu'ils pensaient que ton amour pour Wayne était réciproque. Ils pensaient que tu serais heureuse et que la famille pourrait rejoindre Maroni à Gotham.

Estel se surprit à comprendre qu'elle disait la vérité. La situation, une fois schématisée, ressemblait étrangement à ce qu'elle racontait.

-Tu me diras ce qu'il se passe, en Italie ?

-Promis. Fais de même.

Puis Carolyna la congédia et partit se coucher. Estel passa quelques temps à vagabonder dans la maison. Elle arriva près du bureau de son père. Elle allait faire demi-tour quand une voix, qui n'était pas celle d'Edward Rosenberg, l'appela par son nom. Elle entra dans la pièce et trouva son frère, Edward Junior, penché sur le bureau, en plein travail.

-Le Manoir n'est pas assez grand pour que tu aies ton propre bureau ? Plaisanta-t-elle.

-La plupart des papiers sont ici. Donc c'est plus pratique. Mais tu le savais déjà.

Elle hocha la tête, quand bien même il ne pouvait pas la voir. Il semblait toujours tout savoir.

-Tu me caches quelque chose, Estel.

-Et toi aussi, tu me caches quelque chose, répondit-elle aussitôt.

Avec lui, il était inutile d'essayer de mentir. Mais elle pouvait toujours éviter d'en parler.

-Ne fais pas de bêtise.

-Toi non plus.

Il se tut quelques secondes. Puis, doucement, il se leva, et Estel remarqua qu'il avait l'air fatigué. Il avança jusqu'à une armoire dans un coin de la pièce et en sortit une bouteille de whisky, et deux verres. Estel soupira et s'installa dans un fauteuil. Il prit celui juste à côté, et remplit les deux verres. Estel récupéra le sien, et ils se regardèrent dans les yeux pendant un long moment.

-Je sais que tu n'es pas contente de ce qu'il s'est passé à Gotham.

-Ne me dis pas que tu l'es, toi. Maroni est mort , et Carolyna a le cœur brisé. Tout ça pour Papa et Mama et l'entreprise, encore une fois.

-Sans cette entreprise, nous ne serions rien, la coupa-t-il. Néanmoins, tu as raison d'être en colère. C'est légitime.

Elle but une gorgée de son verre.

-Que va-t-il se passer, en Italie ? Ou alors que se passe-t-il ?

Il sembla mal à l'aise.

-Ecoute, oublie tout ça, d'accord ?

-Edward …

-Que … Tu sais bien que …

Il ouvrit et ferma la bouche, cherchant ses mots.

-Edward, calme toi.

Il prit une grande inspiration.

-Il faut te protéger, Estel. Il faut que tu ailles bien. Je ne peux pas supporter quand tu es pas bien et tu le sais.

Ses yeux s'étaient faits suppliants.

-Dis-moi ce que tu sais, ou oublie tout, Estel, je t'en prie.

Elle finit son verre et dit lentement :

-Je ne peux faire ni l'un, ni l'autre.

Il ferma les yeux, et Estel tendit la main pour enlever le verre de celles de son frère.

-Allez, viens.

Elle l'aida à se lever, et le conduit jusqu'à sa chambre. Il n'avait pas besoin d'aide – il allait très bien – mais Estel savait bien qu'il appréciait qu'elle prît soin de lui. Elle le mit au lit, et le borda, et il s'endormit serrant la main de sa sœur. En d'autres temps, elle se serait allongé à côté de lui, l'aurait serré dans ses bras et aurait passé la nuit à ses côtés. Mais ce soir-là, elle se leva et quitta la pièce.

oOo

Puis Carolyna était partie pour l'Italie, et Wayne n'avait toujours pas contacté Estel.

Il était trois heures du matin, quand il le fit enfin. Carolyna avait quitté l'Angleterre depuis deux jours, et ses parents et son frère étaient sortis. Vu l'heure tardive qu'il était, Estel estimait que leurs hôtes leur avaient proposé de rester dormir. Etrangement, elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Depuis quelques jours, elle était déchirée : devait-elle appeler Lucius à nouveau, ou n'était-ce pas la peine ? Peut-être Wayne avait-il décidé de les oublier ?

Un bruit à sa fenêtre.

Une ombre.

Il lui fallut le temps d'un battement de cœur pour comprendre, et ouvrir à Batman. Elle l'observa entrer dans la pièce, scruter chaque élément autour de lui. Il semblait déplacé ici, dans sa chambre, dans un espace aussi personnel que celui-ci. Il se tourna lentement vers elle, et lui demanda de fermer la fenêtre.

-Je n'ai pas pu venir plus tôt.

Soudainement consciente de la légèreté de sa tenue, Estel enfila un peignoir.

-Un coup de fil aurait suffi.

Il ignora sa remarque.

-Que se passe-t-il, alors ?

-Je n'en ai aucune idée. Mon frère ne m'a rien dit.

-Peut-on lui faire confiance ?

Elle s'immobilisa, puis fixa ses yeux dans les siens. Il ne baissa pas le regard.

-On ne peut être sûr de rien, ajouta-t-il.

-On peut être sûr de lui.

Il secoua la tête.

-Gardez-vous un contact avec Carolyna ?

-Bien entendu. Je lui ai demandé de me tenir au courant. Il ne s'est pas passé grand chose. Je vous l'ai dit : un coup de fil aurait suffi.

Il ne fit pas un mouvement. Elle avança jusqu'à lui et plaça ses mains des deux côtés de sa tête. Il eut un grognement.

-Calmez-vous, dit-elle en levant le maque avec précaution.

Devant ses yeux, doucement, petit miracle, se révélait le visage de Bruce Wayne.

-Je veux simplement vous offrir un verre, ajouta-t-elle.

oOo

L'homme observa la trotteuse de la pendule dépasser le douze et composa le numéro de téléphone. Il était dix heures pile.

-Monsieur Rosenberg ? Je sais avec qui votre fille a communiqué ces dernières semaines.

-Je vous écoute.

-Quand elle était encore à Gotham, elle a été contactée par Bruce Wayne, ou du moins, un numéro à son nom. Des recherches m'indiquent que le téléphone pourrait être la propriété d'un subalterne. Elle a appelé Lucius Fox, aussi.

-Wayne Enterprise, vous voulez dire ?

-Non, le numéro personnel.

-C'est tout ?

-Non Monsieur. Il y a une semaine, quelqu'un a pénétré votre jardin – une alarme m'a prévenue. Je n'ai aucun moyen de savoir qui c'était – la personne était habillée entièrement en noir. Je n'avais rien dit, étant donné que j'étais sûr que c'était une visite privée pour Estel, mais ...

-Mais ?

-J'ai appelé Wayne Enterprise, Monsieur. Bruce Wayne est en vacances.

-Merci, John.

-De rien, Monsieur.

-Vous aurez une promotion, John.

-Ce fut un plaisir, Monsieur.

OOo

Carolyna leva les yeux vers les hommes et les femmes qui discutaient avec animation sur le balcon. Sa tante lui fit signe de les rejoindre.

-C'est merveilleux, Carolyna !

-Que se passe-t-il ?

-Ta sœur retourne à Gotham. Ton père a découvert que pendant tout votre voyage et même après, elle était en contact avec Wayne et ses proches. Il pense même que Wayne lui a rendu visite peu après ton départ.

-Mais ils n'ont jamais pu se supporter !

Mais personne ne l'écouta. Lentement, dans son esprit, elle se rappelait les visites d'Estel à Lucius, et le coup de fil d'Alfred qu'elle avait surpris. Etait-ce sa sœur au bout du fil ? Que savait Estel ? Elle resta seule, sans comprendre. Aigrie, tandis que doucement, elle réalisait : on lui avait menti.