Auteur: Swato
Pairing: Derek X Stiles
Disclaimer: L'univers et les personnages de Teen Wolf ne m'appartiennent pas mais vous pouvez être sûre que s'ils m'appartenaient, ils seraient ensemble depuis un petit bout de temps :P
Note: Désolée de cette absence trèèèèès prolongée, le sort s'acharne. J'espère que cette suite vous plaira, c'est la fin mes amis, il ne reste plus que l'épilogue ^^
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ABUSIVE RELATIONSHIP
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Chapitre 10 :
Tout le monde était là, pour le tirer vers le haut, pour l'aider à s'en sortir. Stiles avait besoin de réapprendre à vivre, il ne savait plus comment interagir avec les autres de façon normale, sans mentir, sans cacher ce qu'il ressentait vraiment. Il devait lâcher son masque, le laisser se fissurer, se briser entièrement pour pouvoir se reconstruire et il n'avait jamais rien fait d'aussi dur et compliqué de toute sa vie.
Quand Derek lui parlait un peu trop sèchement, il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Lorsque Scott avait un geste trop enthousiaste, trop brusque dans sa direction, il avait la trouille. Même Liam, du haut de ses seize ans, le terrorisait parfois, alors qu'il n'y avait pas plus gentil que lui. Ce n'était pas de leurs fautes, Stiles était... déréglé, détraqué, comme une horloge qu'on aurait un peu trop secoué. Son mécanisme tournait à l'envers et il sonnait midi quand il était trois heures.
Il s'exprimait un peu plus, après son « merci » envers Derek, la parole lui était revenu doucement, lentement. Cependant, jamais, jamais il n'avait parlé de ce qu'il avait vécu. Il ne l'avait raconté qu'à Derek. Cet aveu les rapprocha beaucoup, Stiles aurait pu être gêné d'avoir expliqué tout ce qu'il avait subi au loup-garou mais ce n'était pas le cas. Derek ne jugeait pas. Il allait beaucoup plus facilement vers lui maintenant, leur relation était... étrange. Stiles ne savait pas quel nom lui donner, quel titre avait leur drole d'amitié. Et au final, il était fatigué de mettre des étiquettes partout. Derek était présent la nuit quand il avait des cauchemars, il ne lui en voulait pas lorsqu'il avait besoin de temps pour comprendre quelque chose, il était patient quand il était effrayé. .. Il était en somme tout ce dont il avait besoin pour se sentir mieux. Ce fut peut-être pour cette raison qu'il ne le repoussa pas au moment où Derek lui parla de voir Morell.
« Je dis pas que ça va être cool... Mais peut-être que ça t'aidera, lui fit remarquer Derek. »
Scott avait déjà proposé cette idée mais Stiles l'avait mal pris. Il avait honte. Il ne voulait pas raconter son histoire parce qu'il ne voulait pas y penser. Il avait déjà des flash back la nuit dans ses cauchemars et dans la journée quand il se trouvait dans des situations similaires, ce n'était pas pour en rajouter avec la psy.
« J'y pense déjà sans arrêt... J'ai pas envie d'en parler, répondit Stiles. »
Une expression pensive s'afficha sur les traits de Derek tandis qu'il le regardait. Stiles l'observa avec attention, se disant qu'il avait tout de même de la chance d'avoir des amis comme cela, d'être entouré.
« Si tu y penses sans arrêt... peut-être qu'en parler avec elle t'aidera à comprendre et à ne plus y penser... »
Derek avait l'air sérieux et Stiles le regarda un instant, incertain. Il finit par hausser les épaules, ne répondant pas clairement mais ne repoussant pas l'idée totalement, il se jura d'y réfléchir.
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L'année scolaire touchait à sa fin et Stiles n'était toujours pas retourné en cours, il ne voulait pas affronter le regard des autres même s'ils ne savaient pas ce qui s'était passé. Stiles avait l'impression que tout le monde était au courant, c'était une sensation étouffante, trop stressante à gérer pour lui à l'heure actuelle. Il vivait toujours chez Derek, le loup-garou n'était pas tout le temps au studio mais sa présence était partout dans chaque pièce. Cela commençait par ses affaires, ses habits, un livre qu'il était entrain de lire, son odeur... De petits détails que Stiles s'étonna de trouver rassurant.
Il n'était pas rare que Derek s'endorme à coté de lui lors de nuits où les cauchemars étaient vifs et durs à supporter et il se rendit compte qu'il n'était plus seulement soulagé ou reconnaissant que le loup-garou soit là. Il appréciait sa présence. Il la cherchait sans arrêt.
Stiles avait suivi son conseil et avait commencé à voir Morell. Elle venait au studio deux fois par semaine et Derek en profitait pour aller faire les courses, les laissant seuls. Stiles n'avait pas réussi à tout lui raconter mais selon elle, ce n'était pas le plus important. Le plus important, c'était le traumatisme qui lui restait sur la conscience, l'amour qu'il ressentait encore envers Malia malgré tout ce qu'elle lui avait fait.
« Est-ce que vous croyez qu'elle m'a aimé ? Avait-il demandé au cours d'une séance, nerveusement. »
Morell lui avait lancé un sourire triste, posant ses mains sur ses genoux en le regardant droit dans les yeux. Stiles se souvint s'être mordu les lèvres en attendant une réponse, se demandant si cette dernière allait lui plaire. Morell avait soupiré en repoussant ses cheveux derrière son oreille :
« Stiles... Est-ce que Malia a déjà été violente avec toi ? Avait-elle demandé t-elle calmement, avec patience. »
Un flash back l'avait saisi, une des nombreuses gifles que lui avait infligé Malia lui revenant à l'esprit, le coup de la baignoire, les empoignades... Il avait hoché sèchement la tête, pinçant les lèvres en une ligne fine, livide.
« Selon toi... Est-ce qu'on frappe les gens qu'on aime ? Avait continué Morell. »
Devant cette question, Stiles s'était retrouvé dans l'incapacité de répondre. Il ne savait plus. Il ne savait plus ce qu'on était censé faire avec quelqu'un qu'on aime, comment on devait se comporter... Il n'avait eut qu'une petite-amie et il s'agissait de Malia. Il ne savait pas. Morell s'était penchée en avant, lentement, pour croiser son regard.
« Est-ce que tu as déjà levé la main sur elle ?
- Non, avait-il répondu tout de suite.
- Parce que tu l'aimais, avait-elle poursuivi.
- Oui...
- Stiles... On ne frappe pas les gens qu'on aime. »
Stiles avait senti une boule se loger dans sa gorge. Il l'avait soupçonné, quelque part, au fond de lui, il se doutait qu'agir avec violence avec son compagnon n'était pas une chose normale, qu'on ne frappait pas les gens qu'on était supposé aimer... Mais Stiles avait voulu se raccrocher à ça, se dire qu'il n'avait pas subit tout cela en vain. Qu'au moins, ils s'étaient aimés, que tout n'avait pas été un mensonge, une illusion. Malia avait-elle réellement menti tout ce temps ? En lui disant qu'elle l'aimait, qu'elle ne voulait que lui, en l'embrassant ?
« La conception de l'amour est différente pour tout le monde, avait expliqué Morell. Pour Scott, c'est peut-être l'affection qui prime, pour Lydia l'accord physique et mental entre elle et ses partenaires... En ce qui me concerne, je considère qu'une relation amoureuse est basée sur la confiance
- Hmmm...
- Je pense qu'on recherche tous quelqu'un en qui on peut avoir confiance... Est-ce que tu sais en qui tu peux avoir confiance ?
- … Je ne sais pas. »
Cette conversation lui avait donné de quoi réfléchir. Stiles ne se voyait pas replonger dans une relation de sitôt de toute façon mais cela lui avait donné du recul sur celle qu'il avait entretenu avec Malia pendant presque un an et demi. Peu à peu, il vit les choses sous une autre perspective, ses idées étaient de plus en plus claires et plus il y pensait, plus il se demandait comment il avait fait pour plonger aussi fort dans cet enfer.
Comment avait-il pu se laisser embringuer dans un amour si destructeur ? Comment avait-il pu se laisser faire à ce point ? Il avait survécu au Nogitsune, il avait couru avec des loups-garous et pourtant Malia avait failli avoir raison de lui.
Pour Stiles, l'heure du bilan était venue, il comprit vite ce qu'il avait subit grâce aux sites internets de Derek et aux rendez-vous avec Morell. Son père avait négocié avec le directeur pour lui faire passer un test en début d'année prochaine pour savoir s'il était apte à passer au niveau supérieur ou s'il devait redoubler. La confiance de Stiles était durement atteinte. Il avait parfois besoin que plusieurs personnes lui répetent qu'il n'était pas nul pour qu'il commence à les croire. Reprendre les cours ne serait pas facile, Scott était pourtant enthousiaste, décidé à l'aider et déterminé à le soutenir.
En voyant l'aversion de son fils à l'idée de retourner à la maison, le shérif mit à contribution toute la meute pour une grande opération de rénovation. Il pensait que donner un autre look à la maison aiderait Stiles à surmonter sa peur. Ce fut donc une drôle de procession qui se dirigea chez le shérif ce jour-ci. Stiles était gêné, il n'était pas sûr que le changement de décor allait fonctionner et le faire se sentir mieux chez lui mais il était reconnaissant à ses amis d'essayer malgré tout. Lydia haussa une épaule en faisant virevolter ses cheveux sur son épaule :
« Tu me remercieras quand j'aurais fini d'arranger ta chambre, ce skateur doit disparaître une bonne fois pour toute.
- Je l'aime bien mon skateur, dit-il en grommelant tout bas. »
Scott lui adressa un clin d'œil, fier que son meilleur ami ose à nouveau émettre des commentaires de ce genre. Stiles se figea légèrement en voyant un pot de peinture orange parmi les autres, il secoua la tête en grimaçant, l'éloignant des autres en le poussant du pied. Derek haussa un sourcil, ce à quoi il contenta de hausser les épaules :
« C'était sa couleur préférée, grimaça t-il encore. »
Derek hocha la tête avec compréhension et poussa un peu plus le pot de peinture. Les loups-garou déplacèrent et bâchèrent tout les meubles. Engoncé dans des salopettes bleus hideuses, pinceaux et rouleaux à la main, ils écoutèrent le shérif qui agissait en véritable agent de la circulation, donnant des ordres avec brio :
« Stiles et Scott à la chambre d'ami, Lydia et Isaak à la chambre de Stiles, Derek et Kira à la cuisine, Liam et Mason au salon et après ça on avisera. Au boulot ! »
Stiles se dirigea dans la chambre avec son meilleur ami. Il avait bien vu la moue de regret sur le visage de Scott en voyant disparaître Kira avec Derek. Stiles leva les yeux au ciel avec un petit sourire amusé.
« Tu peux aller à la cuisine, tu sais ? Lui dit-il.
- Non, c'est bon, protesta Scott.
- Vas-y, je te dis. Je sais que tu meurs d'envie de voir Kira avec plein de peinture sur la figure.
- C'est vrai, je peux ? Demanda Scott avec espoir. Tu m'en veux pas, dis ? Je te le revaudrais ! »
Scott serra Stiles contre lui avec sa joie habituelle. Scott fila, lui envoyant un sourire et un clin d'oeil en quittant la pièce. Stiles leva les yeux au ciel encore une fois, content tout au fond de lui. Son meilleur ami et Kira allaient bien ensemble, ils étaient... parfaits l'un pour l'autre. Stiles n'était pas naïf au point de croire que Scott était parfait, il arrivait qu'il prenne les mauvaises décisions ou qu'il cherche « compliqué » là ou tout était simple finalement. Kira n'était pas du genre parfaite non plus, sa maladresse frisait le ridicule à certains moments, mais finalement, cela faisait qu'ils étaient bien l'un pour l'autre. Des bruits de pas attirèrent son attention, il tourna la tête pour voir qui entrait et se détendit en voyant qu'il s'agissait de Derek. Ce dernier s'appuya contre le battant de la porte, rouleau à la main.
« Hey, le salua Stiles avec un petit sourire. T'es pas obligé de faire ça, tu sais ?
- Bien sûr que si, je n'allais pas rester à regarder Scott et Kira se bécotter. »
Stiles baissa brièvement la tête conscient que Derek avait fait exprès de détourner ce qu'il avait voulu dire. Avant l'incident, le loup-garou arrivait toujours sans bruit dans son dos, sans s'annoncer. Ce n'était plus le cas à présent. Il exagérait le bruit de ses pas sur le planché pour lui faire savoir qu'il approchait. Stiles était touché par ses précautions, il appréciait le geste. Il s'éclaircit la gorge et haussa une épaule :
« Mon père a tendance à vouloir les chaperonner, Scott fait partie de la famille.
- Je sais. Il doit être content de t'avoir pour contrecarrer ses plans, affirma Derek. »
Stiles eut un petit sourire, il ne répondit pas, se tournant vers le mur pour continuer à peindre. Le shérif avait choisi la couleur verte pour la chambre d'ami et Stiles fit attention à ne pas s'en mettre partout, fronçant le nez avec concentration. A ses cotés, Derek peignait silencieusement. Dans la maison, tout était agréablement calme. Une musique de rock assez douce se faisait entendre en bas et Stiles crut reconnaître la voix de son père chantonner en cœur ainsi que celle de Lydia. Le soleil tapait sur les fenêtres et rependait une chaleur bienvenue dans les pièces, ça sentait la peinture, l'amitié et le renouveau. Stiles sentit quelque chose au fond de lui se stabiliser, s'apaiser.
Alors qu'il s'y attendait le moins, quelque chose de mouillé et de froid passa dans son cou, le faisant se crisper et prendre une inspiration surprise. Il se retourna, la bouche ouverte, observant Derek qui était retourné peindre sans culpabilité aucune. Stiles se passa une main dans la nuque, lorsqu'il la retira, ses doigts étaient couverts de peinture verte.
« Dereeek ! Grogna t-il.
- Quoi ? »
Derek lui adressa une œillade innocente, haussant un sourcils. Seule une lueur amusée et malicieuse dans ses yeux trahissait son geste. Dans la tranquillité du moment, Stiles se surprit à sourire. D'humeur revancharde, il se pencha pour prendre le pinceau qui trainait dans le pot pour le passer rapidement sur la joue de Derek. La tête du loup-garou à son geste fut impayable et un petit rire lui échappa. Derek continua de le fixer, sa bouche s'entrouvrant légèrement, comme s'il ne l'avait pas cru capable de rétorquer. Stiles contempla son œuvre, penchant la tête sur le coté en se mordant les lèvres, la trace de peinture verte barrait la joue de Derek, s'accrochant à sa barbe de trois jours. Il avait l'air ridicule.
« Le vert, c'est pas vraiment ta couleur, décida Stiles. »
Derek haussa les sourcils, cligna des yeux. Lorsqu'un grognement joueur monta de la poitrine du loup-garou, Stiles ne sursauta pas, il n'éprouva pas la moindre peur. Derek se jeta sur lui, bras tendu, prêt à riposter et il poussa un cri surpris en tentant de s'enfuir. Deux bras solides s'enroulèrent autour de sa taille et une joue rapeuse se frotta contre la sienne, étalant la peinture sur sa propre peau.
« Derek ! Se plaignit Stiles. »
La maison fut traversé par un éclat de rire, le sien. La couleur verte était celle de l'espoir. Stiles était peut-être encore un peu déboussolé, mais il était certain qu'une vie heureuse l'attendait. Il avait confiance en Derek.
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Fin. Ou presque.
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Salut !
Je m'excuse encore de ma longue absente mais le destin, dieu, ou je ne sais quoi, s'acharne sur nous en ce moment XD J'espère juste que l'orage va finir par s'éloigner :)
J'espère que cette suite vous a plu, il ne reste que l'épilogue !
A bientôt :D
