Je suis sincèrement, complètement, entièrement, totalement désolée pour le retard que j'ai pris à publier cette suite! Faut croire que je m'étais surestimée ^^
Cela dit, les suites seront plus espacés jusqu'à la fin de l'année scolaire. Je ferais mon possible pour publier le plus rapidement possible à chaque fois, mais les cours me prennent pas mal de temps donc je ne pense pas reussir à faire des mises à jours toutes les semaines.
Sinon, encore et toujours merciiiiiiiiiiiiiiiii pour vos reviews! Sérieusement, vous faites mon bonheur et ça me fait trop plaisir de voir tous les petits commentaires dont j'ai le droit!
Et enfin, pour info, je pense que cette partie sera la dernière avec des FB. Il y en aura encore quelques uns, mais pas aussi présent que pour les premiers chapitres.
Bon je n'en dis pas plus et je vous laisse à votre lecture!
Merci à tous!
LSAfor'
« Devant chaque action, il faut voir le regret qui s'y attache »
Chapitre 8 :
∞ Flash-Back ∞
2 ans plus tôt…
Le moment de la journée que préférait Callie plus que tout depuis qu'elle avait rejoint l'Agence, était la séance d'entrainement obligatoire imposée aux recrues. Elle était son exutoire, le seul moment qui lui permettait de se défouler correctement, de se dépasser et de ne penser à rien d'autre que de mettre ses adversaires au tapis.
Avec un sourire goguenard, elle se redressa et essuya son front où des gouttelettes de sueur commençaient à s'échapper.
- Alors Ross, déjà fatigué? demanda-t-elle d'un ton moqueur à l'adresse du jeune homme allongé au sol, sous l'œil fière d'Arizona qui rentrait tout juste dans la salle, en compagnie du Colonel R.
Lorsqu'elle remarqua leur présence, Callie perdit instantanément son sourire tandis qu'ils se dirigeaient vers elle. Elle lança un regard interrogateur à Arizona, qui se contenta de lui adresser un sourire rassurant.
- Torres, déclara solennellement le Colonel, le temps de ta première mission d'infiltration est arrivé…
∞ Fin Flash-Back ∞
Arizona attendit que le Colonel s'absente du QG pour revenir dans son bureau. Durant des années, elle avait consulté les bases de données de l'Agence à la recherche de la moindre information sur Zetrov et elle n'avait jamais rien trouvé. Mais s'il y avait un endroit où elle pouvait trouver des réponses aux questions qu'elle se posait, c'était ici, dans le sanctuaire du Colonel R.. Elle désactiva donc l'alarme et commença à chercher un peu partout.
Le bureau était une pièce circulaire, qui rappelait étrangement le Bureau Ovale de la Maison Blanche. Une cheminée en marbre occupait une grande partie de la partie du mur face au grand bureau en verre. La décoration était sobre ou plutôt quasiment inexistante. Seule une grande œuvre d'art trônait au-dessus de la cheminée, une représentation de Wilson's Creek durant la Guerre de Sécession où l'on pouvait voir les soldats de l'Union et les soldats Confédérés se livrer bataille. Cette peinture avait toujours fasciné Arizona, par les couleurs sombres choisit mais surtout par la douleur apparente que le peintre avait fait apparaître tant sur les visages des sudistes que de ceux des nordistes. Lorsqu'elle avait demandé au Colonel ce qu'il trouvait de si extraordinaire à cette toile pour qu'elle soit l'unique à être accroché dans son bureau, il lui avait simplement répondu que c'était ici que tout avait commencé.
Arizona fronça les sourcils et s'avança un peu plus vers la toile. La seule et unique accrochée… Elle leva les mains et délicatement elle la souleva pour la retirer. Avec une expression victorieuse, elle vit qu'un coffre-fort se trouvait derrière. Elle l'étudia attentivement et comprit que l'accès était contrôlé par une empreinte digitale.
- Voyons voir ce que tu as dans le ventre, dit-elle à l'adresse du coffre.
Loin de se laisser abattre, elle sortit du bureau et se rendit dans le sien pour récupérer du matériel. Lorsqu'elle revint, elle se mit à la recherche d'une éventuelle empreinte du Colonel, qu'elle trouva après quelques minutes sur le bureau en verre. A l'aide d'un pinceau et d'une poudre spéciale, utilisée principalement par le FBI, elle réussit à l'extraire puis après quelques manipulations, elle l'appliqua sur un support à l'aspect caoutchouteux qu'elle posa sur le lecteur digital du coffre, priant pour que ça marche. Elle fut soulagée et extatique de voir la petite porte s'ouvrir.
Elle se dépêcha de regarder ce qu'il y avait dedans et constata que seule une petite boite rectangulaire noire s'y trouvait. En regardant de plus près, elle se rendit compte qu'il s'agissait d'un disque dur.
Arizona ne perdit pas plus de temps à allumer son ordinateur portable et brancher la boite noire au port usb. Elle s'installa sur le fauteuil du Colonel et jeta un regard furtif en direction de la porte, par peur de le voir arriver à tout moment, même si elle savait qu'il était à Washington à cette heure-ci.
Le risque qu'elle prenait était immense, mais elle avait besoin de savoir. Il lui fallait des réponses et il était évident que le Colonel R. ne lui disait pas tout. Alors, elle attendit que son ordinateur démarre puis ouvrit le fichier représentant le disque dur. Dire qu'elle était surprise par ce qui se présentait à elle aurait été un euphémisme. Ouvrant légèrement la bouche de stupeur, Arizona fit défiler le contenu, confirmant sa première impression.
Elle avait face à elle, une base de données complète sur toutes les missions effectuées par l'Underground depuis sa création. Certains noms lui disaient quelques choses, tandis que d'autres lui étaient totalement inconnus. Elle parcouru des yeux tous les noms de dossier un par un, jusqu'à ce qu'elle tombe sur celui dénommé « USS Navy ». Le nom de son ancienne unité. Sentant son cœur battre à la chamade, elle cliqua dessus pour l'ouvrir mais constata qu'il était protégé par un mot de passe. Elle poussa un soupir de frustration puis essaya d'en ouvrir un autre mais il était protégé lui aussi par un code, comme tous les autres. Il y en avait des centaines, voire des milliers et ils étaient tous impossible à consulter. Et ça lui prendrait des heures, voir des jours, en supposant qu'elle obtienne l'aide d'Alex, pour tout pirater. Sauf qu'elle n'avait pas des heures devant elle. Il suffisait que quelqu'un décide de passer devant le bureau du Colonel pour qu'il se rende compte qu'il n'était pas verrouiller.
Ses yeux retombèrent sur le fichier « USS Navy » alors qu'elle réfléchissait à une solution. Elle était proche, trop proche, pour abandonner. Il fallait qu'elle trouve ce que le Colonel savait sur Zetrov et l'attentat.
Elle essaya donc plusieurs mots de passes: Underground, United-States, Marins,… mais rien ne semblait vouloir fonctionner. Elle se laissa aller contre le dossier du fauteuil, dépitée. Elle avait l'impression que l'univers entier s'acharner à lui mettre des bâtons dans les roues. Que penserait Tim en la voyant ici? Elle, qu'il avait surnommé son rayon de soleil parce qu'elle était le genre de fille souriante, rayonnante, qui ne supportait pas de voir un chat errant dans la rue et qui se sentait obligé de les recueillir à la maison. Il s'était longtemps moqué de sa manie à jouer les Mères Theresa. Mais elle, elle avait toujours su que derrière ses taquineries, son frère avait toujours été fier d'elle. Et aujourd'hui, elle était à des années lumières de la jeune femme de 20 ans, candide et voulant changer le monde. Aujourd'hui, elle était devenue une tout autre personne, que Tim aurait du mal à reconnaitre.
- Tim! s'exclama-t-elle en se redressant, une idée lui venant à l'esprit.
Elle cliqua de nouveau sur le dossier « USS Navy » puis, lorsque l'ordinateur lui demanda le mot de passe, elle tapa les lettres sur le clavier composant «Timothy» et appuya sur entrée. Elle vit avec joie une bannière « Accès Autorisé » apparaître avant de laisser place au contenue du fichier.
Arizona essaya de tout copier sur son ordinateur pour pouvoir étudier tout ça plus tard, en sécurité. Cependant, lorsqu'elle essaya de transférer les données, un message d'erreur s'afficha, lui indiquant qu'il lui était impossible de déplacer les fichiers ailleurs que dans ce disque dur. Elle ferma les yeux quelques instants, agacée avant de les rouvrir et de les poser sur un fichier audio qui attira son attention. C'était le seul du dossier. Elle attrapa ses écouteurs et les brancha avant de l'ouvrir.
- Vous voulez que je fasse une vidéo qui me compromettrait dans le monde entier? s'indigna la voix grave et trainante de Zetrov
Son sentiment familier de haine à l'encontre de l'homme la gagna de nouveau. Elle ferma les yeux, attendant la réponse de son interlocuteur, mais lorsqu'elle reconnut la voix qui résonna dans ses oreilles, un sentiment atroce lui saisit les tripes.
- Il est absolument nécessaire que cet attentat soit revendiqué, répondit le Colonel autoritairement. Il faut qu'on voit un acte de vengeance derrière pour que ce soit réellement efficace…
- Au risque de me répéter, pourquoi?
- La paix qu'il règne entre la Russie et les États-Unis est très fragile, expliqua R.. Un attentat contre l'USS Navy, qui vient d'être décoré et honoré pour son travail en Biélorussie, sera très mal accueilli, une crise entre les deux pays en ressortira et les commandes en armements se multiplieront…
- Ce qui fera fructifier les parts du Général Grant et de sa société, comprit Zetrov. Donc si je comprends bien, vous êtes prêt à sacrifier des hommes de votre propre camp, pour de l'argent?
- Pas pour de l'argent Vladimir. Pour le pouvoir…
La conversation se termina à ce moment-là, laissant Arizona sous le choc. Vladimir Zetrov était celui qui avait revendiqué l'attentat, mais c'était le Colonel qui l'avait commandité. C'était l'Agence qui avait tué Tim…
- Ça a été la Colombie? demanda Mark en se redressant légèrement du canapé, au moment où Callie passait la porte de l'entrée du loft.
Cette dernière ne répondit pas immédiatement. Elle s'avança d'un pas lourd et jeta nonchalamment sa veste sur le dossier du fauteuil face à lui, avant d'en faire le tour et de s'y laisser tomber.
- Pas exactement ce à quoi je m'attendais…
Mark posa l'ordinateur sur lequel il travaillait sur la table basse et la fixa d'un air inquiet, attendant qu'elle en dise plus. Ce qu'elle ne fit pas.
- Tu as retrouvé Robbins? questionna-t-il.
Callie leva les yeux vers lui et avala difficilement sa salive. Elle vit derrière la question de Mark plus que ce qu'il voulait réellement demander.
- Oui je l'ai retrouvée…
L'ancienne Arizona, sa complice, son binôme était rapidement revenu. Mais elle avait disparu aussi vite.
- Puis je l'ai perdue… finit-elle d'une voix à peine audible.
Elle secoua la tête pour chasser ses pensées et se redressa légèrement.
- Des nouvelles du sénateur March durant mon absence? demanda-t-elle.
Mark hésita à lui répondre, se demandant si le changement de sujet était une bonne chose. Mais il finit par céder et laissa tomber toutes les questions qu'il avait au sujet de la Colombie.
- Pas grand-chose non… Quand je n'étais pas à l'Agence, j'ai passé mon temps à la pister. Mais elle n'a rien fait qui sortait de l'ordinaire.
- Deux jours, ce n'est pas assez pour avoir du concret, déclara Callie. Il y aura une rencontre, c'est sûr ! La question est de savoir quand.
Elle se leva de son siège et s'étira légèrement.
- Je prends une douche et après je vais prendre ta relève.
- Je suis libre cette aprèm, répondit Mark. Je viens avec toi…
Callie acquiesça en lui souriant puis disparu derrière la porte de sa chambre. En la refermant, elle poussa un nouveau soupir, se demandant vaguement ce que pouvait faire Arizona à cet instant.
∞ Flash-Back ∞
- Tu crois que je pourrais l'utiliser? demanda d'une voix surexcitée Callie en indiquant une arme de pointe dans la pile face à elle.
Elle était en compagnie d'Arizona dans une des salles de préparations aux missions et regardait la blonde s'affairait autour du matériel dont elles auraient besoin pour la mission de Callie.
- C'est une mission d'infiltration Calliope, pas une guérilla! répondit Arizona avec un sourire amusé. Ce qu'on attend de toi, c'est d'utiliser ton charme, pas ta force…
- Je ne comprends pas pourquoi le Colonel m'a choisi moi alors, dit Callie en faisant une grimace. Je suis loin d'être la personne avec le plus de sex-appeal ici…
Arizona arrêta son geste pour se tourner vers la Latina qui arborait un sourire désabusé.
- Tu veux rire? Tu es parfaite pour cette mission Calliope. Tu es belle, intelligente et je peux t'assurer que ce Suarez ne pourra jamais résister à ce sourire… Récupérer ces codes nucléaires sera un jeu d'enfant pour toi.
Callie ne répondit pas, se contentant de fixer Arizona qui continuait de lui sourire. Elle était rassurée de savoir qu'elle l'accompagnait pour cette mission. Elle était certes l'une des recrues les plus prometteuse de la compagnie, pour ne pas dire LA plus prometteuse, mais savoir qu'elle s'apprêtait à faire une mission où tout reposerait sur elle l'inquiétait. Et la présence d'Arizona avait le don de la rassurer.
La porte de la salle s'ouvrit, laissant apparaître Alex Karev, suivit de prêt par une très jolie blonde à la silhouette frêle et grande.
- Je vous présente Lauren Boswell, déclara Alex à l'adresse des deux femmes. Une hackeuse hors-pair qui va vous accompagner sur la mission Suarez.
Callie et Arizona hochèrent la tête en signe de salut à l'autre blonde qui leur adressa un léger sourire.
∞ Fin du Flash-Back ∞
Cela faisait une heure qu'elle avait son regard vide posé sur le mur face à elle. Assise depuis tout ce temps, à se repasser en boucle la conversation téléphonique de Zetrov et du Colonel dans sa tête, Arizona n'arrivait même pas à déterminer ce qu'elle ressentait.
Après l'avoir réécouté plusieurs fois, elle s'était levée du bureau du Colonel d'un geste machinal, avait remis la boite noire dans le coffre et s'était assurée de tout remettre en ordre avant de quitter la pièce pour aller rejoindre son bureau. Et voilà où elle se trouvait en cet instant précis, face au mur froid de son bureau où était toujours accroché le tableau d'affichage composait de tous les éléments de la mission Torres, à se demander ce qu'elle devait faire.
Elle avait été au service de l'Agence depuis de nombreuses années maintenant, pensant que le Colonel R. était la personne en qui elle pouvait avoir le plus confiance. Elle avait mis ses propres désirs, ses propres valeurs et ses propres ambitions de côté par loyauté pour lui. Pour finalement apprendre qu'il était celui qui l'avait trahi et qui l'avait mise dans cette situation. Il avait tué Tim et s'en était servi pour lui faire rejoindre ses rangs.
Elle était devenue une horrible personne, poursuivant un seul but sans jamais laisser quoi ou qui que ce soit se mettre sur son chemin. Elle avait érigé des murs tout autour de son cœur, abandonnant l'idée de se laisser guider par lui, abandonnant tout espoir d'avoir quelqu'un qui les lui ferait s'effondrer.
Tout ça pour quoi? Rien… Elle avait été un pantin du Colonel parmi tant d'autre et alors qu'elle pensait qu'elle faisait ça pour l'honneur de Tim, pour l'honneur de sa famille, elle n'avait fait qu'être dupée pendant tout ce temps.
Arizona leva les yeux vers la seule et unique photo accrochée au tableau d'affichage. La photo d'une magnifique femme aux prunelles et aux cheveux aussi sombre que l'étaient ses pensées actuelles. Callie avait été la seule à réussir à la rendre vulnérable. Et encore…
∞ Flash-Back ∞
Avec un sourire nerveux, Callie ouvrit la porte et sortit de la salle de bain de la suite du plus luxueux des hôtels de la capitale de Cuba qu'elle occupait. Elle fit face aux deux blondes concentrées sur l'écran de l'ordinateur devant elles.
- Vous pensez que ça ira? demanda-t-elle en baissant les yeux vers sa tenue.
Arizona se décida enfin à lever les yeux de l'écran pour regarder dans la direction de Callie. Elle sentit son souffle se couper et sa mâchoire tomber face à la vision qui s'offrait à elle. Les cheveux longs et soyeux de la Latina étaient lâchés et lui tombé en cascade sur sa nuque. Elle s'était légèrement maquillée, accentuant surtout les traits de ses yeux qui faisaient parfaitement ressortir la lueur mystérieuse habitant son regard. Arizona baissa son regard pour voir la magnifique robe noire épousant parfaitement ses formes voluptueuses. Elle s'arrêtait juste au-dessus des genoux, ce qui rendait les jambes de Callie encore plus attrayantes qu'elles ne l'étaient déjà. Sans parler du bustier qui mettait en valeur sa poitrine qu'Arizona n'arrivait plus à quitter des yeux. Elle lui donnait l'impression qu'elle la suppliait de la libérer et de l'embrasser.
Un éclaircissement lointain de gorge la fit sortir de sa contemplation et elle leva de nouveaux les yeux vers le visage de Callie qui avait pris une légère couleur rosée, ce qui ne faisait que la rendre encore plus attirante.
- Tu es magnifique… commenta Arizona dans un souffle.
C'était la première fois depuis qu'elle l'a connaissait qu'elle la voyait dans une autre tenue que celle des recrues et Arizona ne put s'empêcher de penser que tout ce temps avait été une réelle perte.
- Merci, répondit Callie avec un sourire timide.
Le regard que la blonde posait sur elle avait le don de la mettre dans un état second. Elle avait déjà était regardé de façon désireuse par le passé, mais la façon qu'Arizona avait de la dévisager faisait naître une multitude de papillons au creux de son estomac. Elle en oubliait presque qu'elle était en mission et surtout qu'elles n'étaient pas seules. Mais avec ces yeux azurs ancrées de désir posés sur elle, Callie arrivait facilement à oublier la présence de Lauren Boswell. Ce qui ne semblait pas être le cas de cette dernière qui s'éclaircit une nouvelle fois la gorge, un peu plus fort cette fois-ci.
- Il serait peut-être temps qu'on revoit notre plan, déclara la hackeuse en lançant un regard perçant en direction d'Arizona qui reprenait lentement ses esprits.
- Hum oui, répondit Arizona en se tournant vers elle.
Callie s'avança vers elles tandis que Lauren lui tendait une sorte de bipper et une oreillette.
- Il faut que tu restes à moins d'un mètre de Suarez au moins trente minute pour qu'on puisse récupérer la totalité des données. Mets-ça dans ton sac, dit-elle en indiquant le bipper, et surtout fait attention à l'oreillette. S'il la voit, il saura qui tu es…
La Latina acquiesça légèrement avant de grimacer.
- Et je fais quoi s'il ne s'intéresse pas à moi? demanda-t-elle inquiète.
- Il ne verra que toi… répondit Arizona en la fixant intensément.
∞ Fin Flash-Back ∞
Si les surveillances et les filatures avaient bien appris une chose à Callie, c'était que durant ces heures de calme, il lui était impossible de ne pas ressasser ses pensées les plus pesantes. Et elle en faisait encore l'expérience, alors qu'elle était garée dans un coin isolé devant la maison du sénateur March, en compagnie de Mark, à surveiller le moindre mouvement venant de l'habitation. Les évènements en Colombie ne cessaient de se rejouer dans son esprit, l'amenant à se poser des centaines de questions. Arizona lui avait peut-être dit qu'elle ne voulait plus rien à faire avec elle, ça ne l'empêchait pas de s'inquiéter pour elle.
- Tu vas enfin me dire ce qu'il s'est passé avec Robbins? demanda Mark à côté d'elle.
Callie se dégagea de sa paire de jumelles et se tourna vers lui avant de pousser un soupir. Elle laissa quelques secondes filer avant de lui raconter les évènements s'étant déroulé quelques jours avant.
- Donc tu penses que l'Agence est de mèche avec Zetrov? questionna Mark après qu'elle ait fini son récit.
- Je ne sais plus quoi penser, répondit Callie en soupirant. Mais ce qui est sûr c'est qu'il y a beaucoup de choses pas claires dans cette histoire.
- Et Robbins ne t'a pas cru?
Callie repensa au regard coléreux mais surtout empli de détresse qui avait décomposé le visage d'Arizona lorsqu'elle l'avait retenue à l'aéroport. Elle avait omis de parler à Mark de la conversation qu'elles avaient eue juste avant, lorsque la blonde lui avait clairement fait comprendre qu'elle était prête à mourir pour tuer Zetrov. Sa voix continuait de la hanter et elle se sentait totalement impuissante face à ça.
- Je pense qu'une part d'elle se pose les mêmes questions que moi, finit-elle par dire après réflexion. Le truc, c'est qu'avec Arizona, on ne sait jamais vraiment ce qu'elle pense… Un moment, j'ai l'impression qu'il n'y a que nous deux et la seconde d'après, elle redevient l'agent sans cœur qui n'en a rien à faire.
Elle reprit ses jumelles et les mit devant ses yeux, jetant un regard en direction de la maison. Mark l'observa quelques instants avant de tourner à son tour son attention vers l'objet de leur surveillance.
- Tu veux mon avis? demanda-t-il.
- Oui…
- Je pense que tu as toujours des sentiments pour elle.
Callie le lorgna d'un regard dubitatif tandis qu'il haussait les épaules. Elle laissa sa tête aller contre le dossier de son siège, réfléchissant aux paroles de son ami.
- Je suppose qu'Arizona restera toujours Arizona, commenta-t-elle finalement.
∞ Flash-Back ∞
- Et si on montait dans ma suite pour boire un dernier verre? proposa Roberto Suarez.
Arizona se mordit la langue, attendant la réponse de Callie à travers son oreillette, chose qui n'arriva pas et qui commença à l'inquiéter. Elle arrêta de faire les cents pas et se tourna vers Lauren Boswell, assise non-loin, toujours sur son ordinateur.
- La connexion est rompue! s'exclama-t-elle à son adresse.
- J'avais remarqué, répondit Boswell.
- Et qu'attends-tu pour la rétablir?!
- Et que crois-tu que je suis en train d'essayer de faire? répliqua agacée Lauren.
Elle pianota vivement sur son clavier, sous le regard inquisiteur d'Arizona qui commençait à s'impatienter. Après quelques minutes, lorsqu'elle vit que Boswell n'y arrivait pas, elle perdit son calme.
- J'y vais! déclara-t-elle en s'avançant d'un pas décidé vers les armes posées sur une table un peu plus loin.
Elle en prit une qu'elle chargea immédiatement, tandis que Lauren abandonnait son poste pour la rejoindre.
- Tu ne peux pas y aller, tu risques de faire foirer la mission!
- On pourra toujours récupérer ces données un autre jour, dit Arizona en s'avançant en direction de la porte d'entrée. Mais il est hors de question que je laisse Callie à la merci de ce psychopathe…
- Torres savait dans quoi elle s'embarquait, rétorqua Lauren en s'avançant vers elle.
Arizona l'ignora et ouvrit la porte. Cependant, Lauren la referma juste après et la retint par les épaules.
- Tu es trop impliquée émotionnellement Robbins!
Arizona s'apprêtait à se dégager de son étreinte violemment lorsqu'elle entendit un bruit s'échapper de l'ordinateur. Elle échangea un regard avec Boswell qui revint sur ses pas et s'installa de nouveau devant l'écran.
- Le fichier a été totalement transféré, informa-t-elle. Torres a réussi…
À ce moment-là, Arizona entendit la voix de Callie retentir de nouveau dans son oreille. Cette dernière prenait congé auprès de Suarez avant de lui signifiait que tout allait bien. Avec un soupir de soulagement, elle retira l'oreillette et ferma les yeux quelques instants.
- Tu vois qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter! remarqua dédaigneusement Lauren Boswell.
- Il aurait pu avoir découvert l'oreillette…
- Je pense surtout que tu n'es pas rationnelle lorsqu'on en vient à Torres, répondit l'autre blonde. Si tu veux mon avis, il faudrait que tu prennes un peu de recul vis-à-vis d'elle si tu ne veux pas mettre en péril ta place au sein de l'Agence…
Arizona ne répondit pas, se contentant de fixer l'autre blonde. Elle réalisa qu'elle avait raison, elle était trop impliquée lorsqu'il s'agissait de Callie et il fallait que les choses changent très rapidement si elle ne voulait pas les mettre en danger toutes les deux.
Une heure plus tard, c'est euphorique et prête à fêter sa première mission réussie que Callie se présenta devant la porte de la chambre d'hôtel d'Arizona. Elle frappa quelques coups mais devant l'absence de réponse, elle se décida à rentrer quand même. La lumière de la pièce était faible, tamisée.
- Arizona? appela-t-elle doucement.
Mais toujours aucune trace de la blonde. Callie s'avança un peu plus et ce qu'elle vit lui donna une sensation nauséeuse au creux de l'estomac.
Elle fixa le dos nu de Lauren Boswell, endormie dans le lit et dont les draps remontaient jusqu'à sa taille, elle aussi nue. Avant qu'elle n'ait pu esquisser le moindre geste, elle entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir derrière elle et vit Arizona sortir, vêtu d'un peignoir de l'hôtel et les cheveux mouillés. Cette dernière se figea lorsqu'elle remarqua sa présence.
- Hey, lança mal-à-l'aise la blonde.
Callie ne répondit pas. Après un dernier regard en direction du corps endormi dans le lit d'Arizona, elle se détourna et sortit de la chambre, sans dire un seul mot.
Luttant contre son envie de la rattraper, Arizona s'avança vers la porte que Callie avait laissée ouverte et la referma doucement.
∞ Fin du Flash-Back ∞
La surveillance du sénateur n'avait rien donné, comme depuis quelques jours. C'est donc dépitée que Callie entra dans son loft. Après avoir dit au revoir à Mark, la seule chose qu'elle souhaitait, c'était de prendre une douche chaude et de s'effondrer dans son lit pour un sommeil qu'elle espérait plus que tout réparateur.
Rien ne semblait vouloir fonctionner comme elle le voulait et pour la première fois depuis qu'elle s'était lancée dans sa mission vendetta, elle commençait à douter de ses capacités. Webber lui avait bien fait comprendre que pour démanteler l'Underground, il fallait commencer par l'Undertaking. Et pour cela, il fallait absolument qu'elle lui apporte des preuves. Elle pensait qu'en prenant pour cible la seule femme figurant sur la liste de son père, elle trouverait quelques choses, mais il semblait que le sénateur March avait une vie des plus banales.
Elle secoua la tête et se dit qu'en quelques jours elle ne devait pas s'attendre à des miracles. Sa réussite dépendrait avant tout de sa patience et c'est sur cela qu'il fallait qu'elle se focalise. Elle s'avança donc en direction du living-room pour rejoindre sa chambre, mais elle remarqua la présence d'une personne, assise sur son grand canapé. Sans perdre une seconde, elle sortit son pistolet de derrière son dos et le pointa dans sa direction.
- Ce n'est pas nécessaire, dit Arizona d'une voix calme en se levant.
Elle leva les bras en signe de bonne volonté et s'avança doucement vers elle.
- Je suis ici en amie…
∞ Flash-Back ∞
De loin, elle pouvait voir la tristesse se refléter sur le visage de Callie alors qu'elle était appuyée au bar de l'hôtel, un verre à la main. Arizona ne savait pas si c'était le fait qu'elle commençait à la connaitre mieux que personne ou si la brune possédait les yeux les plus expressifs au monde, mais elle n'avait pas besoin de dire quoi que ce soit pour traduire ses pensées ou ses sentiments. Et la voir triste, en cet instant précis et à cause d'elle, enlevait à Arizona toute la volonté qui l'avait amené à venir ici dans un premier temps. Mais avec une grande inspiration, elle prit son courage à deux mains et s'avança vers elle. Arrivée à sa hauteur, elle s'installa sur le tabouret à côté d'elle.
Callie ne prit pas la peine de se tourner vers la personne qui venait de s'asseoir à côté d'elle pour savoir de qui il s'agissait. Elle se contenta de boire une gorgée de son verre, tandis qu'elle entendait Arizona en commandait un aussi.
- Je suis désolée pour ce que tu as vu, s'excusa la blonde après quelques instants.
- Tu n'as pas à t'excuser, finit par dire Callie d'une voix lente et rauque, traduisant les effets de l'alcool. Ce n'est pas comme si tu me devais quelques choses…
- Je sais. Mais c'était inapproprié sur une mission. Ta mission qui plus est…
Un rire jaune s'échappa de la gorge de Callie tandis qu'elle portait de nouveau son verra à ses lèvres. Si seulement Arizona savait à quel point elle n'en avait rien à faire de cette mission. Après un long silence, elle reprit la parole:
- Je n'ai pas rêvé… Ces regards, ces sourires que tu m'adressais… Ces compliments… Je ne les ai pas rêvés… Tu flirtais avec moi… Et comme une idiote, j'ai pensé que…
Avec un raclement de gorge, elle s'interrompit, ne remarquant pas que la mâchoire d'Arizona se serrait. Cette dernière avala difficilement sa salive avant de répondre.
- Je suis désolée, dit-elle à nouveau. C'est ma nature d'être comme ça avec les femmes qui m'entourent… Mais je ne voulais pas te donner de faux espoirs.
Callie laissa de nouveau échapper un rire sans joie et acquiesça doucement, sans prononcer un seul mot.
- Je ne suis pas quelqu'un pour toi Calliope… Et je tiens trop à notre amitié pour qu'il se passe quoi que ce soit et j'espère que ça ne changera rien…
Avalant d'une traite le reste de son verre, Callie se tourna enfin vers elle et se força à sourire.
- Pas de soucis Arizona, déclara-t-elle. Tu n'as rien fait de mal…
Elle se leva de son tabouret toujours en souriant et lui souhaita une bonne nuit. Elle tourna le dos à Arizona et se dirigea vers l'ascenseur sous les yeux de la blonde tandis que son sourire se fanait.
∞ Fin du Flash-Back ∞
- J'ai fait énormément d'erreur Calliope, déclara Arizona en finissant de lui raconter les découvertes qu'elle avait fait sur le Colonel et Zetrov, et je sais que je t'ai fait souffrir en en commettant quelques-unes…
Elle marqua une pause, cherchant la meilleure façon de formuler ce qu'elle souhaitait lui dire. Elle était assise sur le canapé, face à Callie, depuis un long moment maintenant, et elle s'était rendue compte que depuis qu'elle avait découvert la vérité sur le Colonel, c'était la première fois qu'elle savait ce qu'elle voulait faire.
- Mais si tu m'en donnes la chance, continua-t-elle, je suis avec toi à cent pour cent…
Callie ne put s'empêcher de sourire face aux paroles d'Arizona. Paroles qu'elle n'aurait jamais pensé entendre un jour, même dans ses rêves les plus fous. Mais ce n'était pas un rêve, c'était la réalité. Arizona était assise face à elle et lui promettait de travailler à ses côtés.
Sans dire quoi que ce soit, elle posa sa main sur celle de la blonde et l'étreignit légèrement tout en acquiesçant.
