Merci à tous ceux qui lisent cette fic et en particulier à ceux qui me laissent des commentaires très sympathiques.

Désolée Jubei/Kazuki, c'est encore un chapitre court. On ne se refait pas !

Bonne lecture et n'hésitez pas à m'envoyer vos remarques (même négatives)!

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Chapitre 8.

Le dimanche, Sam avait ouvert les yeux sous une lumière diurne assez faible. Les rideaux étaient tirés mais il pouvait entrevoir le ciel gris, monotone en ce mois de décembre. Il se souvint qu'il n'avait réussi à s'endormir que vers cinq heures du matin. Il s'aperçut qu'il était seul. C'était assez inhabituel dès le matin. Il s'assit dans son lit et regarda sa montre : midi quarante-sept. Autant pour lui : il n'avait pas vu qu'il était si tard. Dean était certainement parti chercher de quoi assouvir son gigantesque appétit. En partie rassuré, le cadet essaya de déterminer la cause exacte de son insomnie : était-elle due à la peur des événements de la veille, à la petite altercation avec son grand frère ou à l'angoisse que son aîné apprenne un jour ce qu'il avait fait ?

C'est ce moment précis que choisit Dean pour revenir dans la chambre. Il portait un sac en papier qui laissait émaner des odeurs de fritures et autres éléments gras. Devant la moue dégoûtée de son cadet, il sortit un grand gobelet encore fumant, ainsi qu'un petit sachet. Il les lui tendit avec un sourire moqueur.

- Déjà réveillée, Princesse ?

Sam se leva et examina ce qu'il avait dans les mains : un grand café et des cookies. Génial ! Etonné, il s'aperçut que son aîné n'était en aucun cas fâché et qu'en plus, il avait cherché à lui faire plaisir en lui ramenant sa boisson et ses gâteaux préférés. Ils s'installèrent à la table et commencèrent à manger. La bouche pleine, Dean rompit le silence.

- Mmmm ! J'ai entendu parlé d'un truc pendant que ch'faisais les courses tout à l'heure. Dans un quartier, pas très loin d'ici, il paraît que les habitants ont vu des trucs étranges, la nuit dernière. Apparemment les nains de jardin ont décidé de mener leur petite vie et ils ont ravagé la pelouse, explosé les boîtes aux lettres et recrépi les murs.

Le cadet essayait de manger comme si de rien n'était malgré l'évident rétrécissement de son oesophage.

- Et tu ne connais pas la meilleure ! Un voisin aurait vu une lueur bleutée se diffuser à travers les fenêtres d'une maison inhabitée depuis quelques mois. Devine qui c'est ? …

Le morceau de cookie resta bloqué en travers de sa gorge. Il déglutit difficilement et haussa les épaules.

- Ta prof d'histoire : la vieille Mc Allister !

Cette fois, Sam manqua de s'étouffer. Voilà pourquoi ce nom lui rappelait quelque chose. Les battements de son cœur accélérèrent. Il s'immergea dans son gobelet. Cette vieille peau les avait-elle vu ? Que savait exactement Dean ? Essayait-il de le confondre ? Attendait-il de lui qu'il avoue tout ? Comment allait-il réagir ?

- Sam, je me demandais … J'ai l'intention d'aller voir c'qui se passe là-bas, ce soir. Tu veux venir avec moi ?

Le ton employé par son grand frère n'ayant rien d'équivoque, la pression retomba d'un seul coup. Il retint un soupire de soulagement et accepta la proposition d'un signe de tête.

- Et à propos de hier soir … commença l'aîné alors que Sam replongeait son nez dans le gobelet de café, de nouveau mal à l'aise. C'est vrai que c'était samedi soir et qu'il n'y a aucune raison pour que tu ne puisses pas traîner avec tes potes … C'est juste que … j'aimerais savoir où tu vas … pas pour t'espionner, hein ! Je me doute que t'as pas besoin de moi pour aller chauffer les nanas … mais juste … tu sais … au cas où …Enfin … n'oublie pas que papa m'a demandé de veiller sur toi !

Pourquoi fallait-il que leur père revienne encore sur le tapis ? Dean ne pouvait-il pas lui dire tout simplement qu'il s'inquiétait pour lui ? Il ne le protégeait pas uniquement parce que John le lui avait demandé, si ?

Pour répondre au regard interrogateur de son aîné, il acquiesça en hochant légèrement la tête. Il le vit froncer les sourcils.

- Ca va, Sammy ? Tu as l'air … bizarre. Tu devrais peut-être aller te recoucher.

- Non, tout va bien. J'vois pas pourquoi tu dis ça.

- Pour rien. C'est juste que d'habitude tu es un vrai moulin à paroles et que j'ai du mal à trouver le bouton off. Et là tu n'ouvres la bouche que pour manger et encore, tu avales de travers !

- Oh, euh, non. C'est juste que j'écoutais ce que tu racontais et en plus j'avais vraiment la dalle, alors … Tiens d'ailleurs, merci pour les cookies. Ils sont super bons.

Dean le regarda, suspicieux. Il n'avait pas l'air convaincu par les propos de son cadet mais il n'insista pas. Il avait terminé de manger. Il se frotta les mains et balança le papier gras dans le sac en papier puis il s'enferma dans la salle de bain. Sam en profita pour transférer ce qu'il avait emprunté la veille dans le sac de son aîné. Il prit soin de repositionner le journal de leur père comme il l'avait trouvé. Il allait pousser un soupire de soulagement lorsqu'il compris que cette histoire était loin d'être terminée. Il allait devoir assurer jusqu'au bout s'il ne voulait pas éveiller les soupçons.

Le soir venu, il accompagna son aîné, tout en prenant garde à ses actes et à ses paroles. Sur le chemin qui les menait à la demeure, il prit soin de rester légèrement en arrière pour faire mine de ne pas connaître la route. Il posa également un nombre incalculable de questions concernant les esprits et la meilleure manière d'en venir à bout. Il s'intéressa à chaque petit détail jusqu'à que ce que Dean lui demande froidement d'arrêter de lui prendre la tête avec toutes ses questions. Arrivés sur place, ils constatèrent les dégâts matériels exposés plus tôt dans la journée. Puis, le plus vieux remarqua la porte fracturée. Mais une fois à l'intérieur, l'IMF ne donna rien. Après avoir examiné chacune des pièces, ils arrivèrent à la conclusion que s'il y avait eu une présence surnaturelle dans cette maison, elle n'y était plus. En revanche, Dean s'attarda sur la fenêtre brisée. A la place de la vitre, une bâche occultait l'ouverture.

- Il y a encore des bouts de verre dans la cour. Elle a été cassée de l'intérieur. Tu crois qu'elle a été fracassée hier soir ?

Pour toute réponse, son cadet haussa les épaules.

- Peut-être qu'il y avait des squatteurs quand c'est arrivé. Si c'est le cas, ils ont dû avoir les boules … Je me demande si …Non, c'est pas possible.

- Quoi ? Osa demander Sam, inquiet.

- Non, rien. Je me disais que c'était encore des crétins qui avaient voulu invoquer un esprit ou un truc comme ça. Mais si ç'avait été le cas, quoiqu'ils aient ramené, ce serait encore là. Et il n'y a rien. T'y comprends quelque chose toi ? Parce que moi, j'pige que dalle.

Encore une fois, le plus jeune se borna à répondre d'un simple signe de tête.

- Mouais. Il s'est quand même bien passé quelque chose. Même si on aurait pu croire que la sénilité a fait halluciner l'ensemble des voisins, ça a quand même laissé des traces. Il y a même de la terre à l'intérieur de cette baraque. La porte ne s'est pas ouverte et refermée toute seule … Je sens que cette histoire va me prendre la tête … Bon, on rentre. On verra bien demain s'il s'est passé autre chose.

Pour plus de sécurité, Dean inspecta toute la rue mais là encore, rien d'étrange n'apparaissait. Finalement, ils prirent le chemin du retour. Contrairement à l'aller, ils étaient silencieux, chacun réfléchissant à cette affaire mais avec un point de vue très différent.

Toujours sur le qui-vive, Sam fut obligé de jouer un rôle de composition jusqu'à ce qu'ils aillent enfin se coucher. L'accumulation du stress avait engendré une fatigue harassante. Malgré tout, il avait toujours du mal à s'endormir. Il se maudissait pour ce qu'il avait fait et il jura qu'on ne l'y reprendrait plus.