CHAPITRE 8 - PARTIE 2

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- Bien. Je crois que notre séjour ici est terminé. Nous nous en retournons donc dans notre bonne vieille Europe. Mes amis, dit-il en nous regardant tour à tour, se fût un plaisir comme d'habitude.

Mes parents lui adressèrent un aimable sourire.

- Edward prendra bien soin de sa progéniture, j'en suis certain. Continua-t-il et me regardant.

- Comptez sur moi.

- Et Bella …

Il tendit la main vers elle. Je voulu l'empêcher de la toucher mais elle avait déjà tendue la main vers lui et il y déposait un baiser. Trop tard.

- Prenez soins de vous ma chère, se sont des cadeaux du ciel.

Elle lui adressa un petit signe de tête.

Après ça, ils partirent lentement, sans se retourner. Nous restions tous figés, suivant leur déplacement jusqu'à ce qu'ils disparaissent sous le couvert des arbres. Ça ne leur ressemblait pas de céder si facilement. J'eu soudain un mauvais pressentiment. Comme si la mort était sur nos pas. Je prenais Bella dans mes bras et la berçais doucement pendant que tout le monde regagnait l'intérieur de la maison.

- Tu vois, souffla-t-elle la tête sur mon torse, tout s'est bien passé.

- Oui … tout s'est bien passé.

Malgré moi, je ne pouvais m'empêcher de fixer la rangée d'arbre qui s'était refermée sur leur passage et une angoisse, dont je ne su identifier l'origine, parcourue tout mon corps alors que j'entraînais Bella à l'intérieure.

***

- Pourquoi si vite Aro ? Protesta Marcus.

- Patience mes frères, patience. Tout ne s'est pas passé comme prévu mais nous avons quand même appris beaucoup de chose aujourd'hui. Après tout, si tel est leur choix.

- Et qu'avons-nous appris ? Continuais son frère.

- A défaut de posséder les jumeaux, nous aurons le garçon.

- Comment ? Demanda Caïus.

Un sourire se dessina sur le visage d'Aro.

- Simplement parce qu'il ne survivra pas à sa naissance. Mort né, mon frère. Tragique.

Ses deux frères se dévisagèrent, perdus, mais Aro affichait alors un sourire radieux ce qui suffit aux deux autres pour afficher la même expression.

***

Quelques jours après à Voltera …

La grande salle du trône était haute de plafond et les peintures qui ornaient les murs n'avaient d'égal que la beauté vertigineuse des dorures qui les encadraient. Le sol, recouvert de marbre, reflétai presque les personnes qui le foulait tellement il avait été lustré. Au fond, les trois trônes étaient vides. La lumière qui rentrait par les immenses fenêtres au style victorien, remplissait la pièce de clarté mais ne se diffusait pas sur les fauteuils royaux. Ils étaient dans un renfoncement à l'abri de toute lumière, dans l'ombre.

Aro, Marcus et Caïus, les Volturi sacrés et respectés par tous les vampires étaient au centre de l'immense pièce rectangulaire, autour d'un autel. Aro en maître de cérémonie, intima silencieusement à ses frères de mettre leurs capuchons noirs. Ils étaient maintenant tous les trois vêtus de leurs toges de cérémonie. Heidi, postée dans un coin reculé attendait, presque religieusement, les ordres de ses maîtres. Elle portait le capuchon rouge qui lui était réservé.

Aro leva alors au dessus de sa tête, une grande coupe de pierre noire, à l'aide des deux poignées qui accompagnait l'objet gothique. Il récita une prière à demi-mot, dans une langue que même ses frères ne semblaient pas saisir. Il reposa ensuite la coupe au centre de l'autel et saisie une petite dague tortueuse à sa droite. Il regarda ses frères qui croisaient les bras devant eux, l'air solennel. Après ça, le vampire le plus âgé s'entailla la main et versa son sang dans la coupe, marmonnant toujours dans la même langue. Ses frères l'imitèrent peu après et récitèrent la même chose. Ils formèrent un cercle fermé autour de l'autel en unissant leurs mains blessées et leurs voix s'élevèrent dans un écho qui remplie la salle.

Pendant que ses deux frères marmonnaient toujours, Aro fit un signe de tête à Heidi. Celle-ci se leva et disparue dans une salle adjacente pendant quelques secondes. Elle revenait ensuite vers l'autel avec un corps ligoté. L'otage pouvait marcher mais avait les mains liées dans le dos et un sac noir sur la tête.

La voix d'Aro s'éleva alors plus forte que celle de ses frères qui n'arrêtaient pas pour autant de psalmodier :

« Jour et nuit,
Ta puissance est mon abri
Autour du cercle, par trois fois,
Dans le sol, le Mal pénétrera »

Heidi entraîna l'otage au centre de l'autel et lui libéra les mains avant de quitter la pièce, toujours aussi silencieuse. Marcus libéra alors le visage de l'otage en lui retirant le sac de la tête, sans ménagement. Victoria, d'abord éblouie par le soleil, voulu protester, crier, s'échapper, mais ses efforts furent sans effet car Aro lui plaqua fermement sur visage contre l'autel et déversa le contenu de la coupe sur sa tête. Visiblement, il y avait autre chose que du sang dans le réceptacle mystique.

« Par ce sacrifice, je t'implore,

Accepte mon offrande,

Prince du monde caché »

Les trois frères se jetèrent alors sur Victoria, qui ne pu se défendre, et la démembrèrent en quelques secondes. Si rapidement que les cris de la jeune vampire rousse se perdirent dans les incantations, qui elles reprirent de plus belle. Tel finissait la mauvaise graine à Volterra.

« Io Erbëth Io Pakerbëth Io Bolkoseth

Io Patathnax Io Soro

Io Neboutosoualeth »

Un souffle glacial parcouru la pièce bien qu'aucune fenêtre ne fut ouverte. Les frères en perdirent leur capuche mais ils continuaient sans relâche leur appel, sans briser le cercle de leurs mains.

« Je te libère,

Apparais devant moi,

Je t'en conjure. »

Finit enfin Aro, le regard tourné vers le plafond, dangereusement courbé en arrière. Le ciel dehors s'assombrit brusquement et le tonnerre se fit entendre. Les Volturi restèrent imperturbables. Le sol de marbre commença à trembler sous leurs pieds et des rayons de lumière incandescente semblaient vouloir s'en échapper.

Ils rompirent enfin le cercle pour voir qu'une silhouette éblouissante et baignée de lumière apparaissait au centre de la grande salle. Reculant de quelques pas, c'est sous les yeux émerveillés des Volturi que la silhouette perdit peu à peu de son éclat, ses formes masculines se précisant d'avantage.

Les trois frères gardaient le silence pendant que cet homme finissait de se matérialiser devant eux. D'abord agenouillé, il gardait la tête baissée, s'aidant d'une main pour soutenir son poids. L'éclat de lumière devenu homme, semblait essoufflé et fatigué. Ce qui ressemblait à des goûtes d'eau s'écoulaient sur tout son corps. Il leva ensuite doucement le cou vers ceux qui venaient d'exiger sa présence, laissant apparaître ses yeux d'un bleu surhumain. Un bleu trop bleu, artificiel mais à la fois envoûtant, presque hypnotisant. Sa gorge semblait obstruée, comme s'il respirait notre air pour la première fois. Tout lui paraissait douloureux.

L'homme se releva enfin, très lentement, prenant conscience de son corps, dévisageant ses mains et ses doigts comme quelque chose d'inconnu et d'étrange. Il était très grand, élancé et assez musclé. Torse nu, vêtu d'un simple pantalon de cuire noir, des tatouages tribales parcouraient son dos jusqu'à la naissance de sa largue nuque. L'étranger serrait en desserrait les poings comme pour prendre conscience de sa force. Assez charismatique, son visage était carré, ses traits à la fois sombres et perdus, son regard innocent et ses cheveux bruns coupés très court. Une barde naissante sur les joues et un nez anguleux mais en parfait équilibre avec le reste de son visage, s'accordait tout à fait avec ses lèvres fines.

- Bienvenu … bienvenu mon ami … Souffla Aro, doucement pour ne pas effrayer l'individu, tout en faisant quelques pas vers lui.

- Etes-vous … mes Appeleurs ? Demanda-t-il timidement, encore perdu.

- Il est fort probable que oui.

- Vous m'avez libéré … chuchota-t-il, presque pour lui-même. Dans quel but ?

- Un enfant. Répondit simplement Aro.

- Après je serais libre, tel est le pacte.

Cette fois, l'homme avait parlé d'une voix ferme.

- Nous sommes au courant. Souffla Aro.

- Comment dois-je m'identifier ? Reprit l'étranger après un instant de réflexion.

- Hum … Gabriel me semble approprié. Répondit le Volturi après quelques secondes d'hésitation.

- Gabriel, comme l'archange de votre monde …

Il y eu un moment de silence puis, Gabriel reprit la parole, l'air résigné.

- Bien. Parlez moi de cet enfant. Quelle est ma mission ?

Aro ne pu s'empêcher de sourire, découvrant ses dents blanches et révélatrices d'une véritable cruauté.

***

Une semaine plus tard à Forks …

Bella POV.

Je ne supportais plus la douleur et n'avais plus la force de bouger par moi-même. Mes côtes cédaient maintenant sous les assauts désordonnés des êtres qui grandissaient à l'intérieur de moi, se nourrissant de ma force vitale. Je me sentais quitter ce monde, je ne serai bientôt plus qu'une simple enveloppe charnelle. J'étais faible, je leur avais donné ma vie. Tout serais bientôt fini.

Je disais déjà au revoir à tout ce que je connaissais depuis 18 ans. Tout paraissait s'éloigner, tout était lointain. Les sons, les gens qui m'entouraient, je n'avais plus conscience du monde qui m'entourait. Je revoyais parfois ma mère et Phil à Phoenix, quand je vivais encore avec eux. Je revoyais Charlie et ma mère aussi, ensemble à Forks, et moi-même enfant. Je me renvoyais le premier jour de mon retour à Forks, perdue et seule dans ma chambre, mon petit cactus entre les mains. Le jour de l'accident au lycée et Edward. Au final, je ne voyais plus que lui. Il avait changé ma vie à jamais ce jour là et je n'aurais pu imaginer à quel point. J'allais mourir pour le rejoindre.

Les Cullen m'avait sûrement déplacé à l'étage, je n'étais plus dans le salon mais je ne m'en rappelais plus. La pièce était blanche, on aurait dit une chambre d'hôpital et ce décor augmentait mon calvaire, mais je n'avais pas peur. J'étais trop épuisée pour avoir peur de toute façon.

Ce matin là, les gens s'étaient succédés pour venir me parler à tour de rôle. Charlie, Jake, ils semblaient si tristes. Je n'avais pas compris ce qu'ils m'avaient dit. Ils m'avaient tenus la main, Charlie avait même pleuré. C'était la première fois et sûrement la dernière que je voyais mon père pleurer. Jacob, quant à lui, avait eu du mal à quitter la pièce et Edward et lui en étaient presque venus aux mains. Encore une fois, je ne compris pas pourquoi. Tout s'embrumait déjà autour de moi, sauf Edward bien sur. Il était resté auprès de moi tout le temps. Je n'avais pu entendre que sa voix, ce matin là.

- Bella … Bella mon amour … Tu m'entend ? Avait-il chuchoté à mon oreille, sa main caressant doucement mes cheveux.

- Tu as l'air si triste, je lui passais la main sur la joue et il n'avait rien répondu, je suis là.

Ma voix n'était maintenant plus qu'un simple écho qui se perdait dans cette pièce qui me paraissait immensément grande.

- Il est temps Bella. On va t'aider. Moi et Carlisle, tout sera bientôt fini mon amour.

- Je sais. Mais pourquoi es-tu si triste ?

Il essayait alors de se maîtriser pour paraître plus serein, sûrement pour ne pas m'inquiéter, mais ses efforts furent vains.

- Parce que j'ai peur. Peur pour toi. Peur de ne pas réussir à vous sauver tous les trois.

- J'ai confiance en toi, lui soufflai-je, tu vas réussir.

- Comment peux tu en être aussi sûre ?

- Parce que je t'aime. Il n'y a rien que tu ne puisses faire.

Je fermais les yeux, la lumière devenant trop intense pour moi. Je senti les lèvres d'Edward se poser sur mon front puis sur mes lèvres. Je ne sentie aucune fraîcheur cette fois, ses lèvres étaient à la même température que les miennes. J'étais froide. Froide comme la mort. Je sentie même qu'Edward s'était figé en m'embrassant, j'eu presque honte de ma condition à cet instant.

- Edward ? L'appelai-je, les yeux toujours clos.

Je sentie sa main dans la mienne et son souffle sur mon visage. Encore une fois, son souffle n'avait jamais été si chaud.

- Je suis là.

- M'aimeras tu toujours quand je serais aussi froide que la glace ?

Un rire amer le secouait, pourtant je n'avais jamais été aussi sérieuse.

- Je t'aimerai pour l'éternité Bella, peu importe ta condition, tu fais partie de moi. Je ne pourrais pas vivre sans toi.

- Mais je n'aurais plus cette odeur qui t'attire tant, comment pourrais-tu me désirer dans ce cas ?

- Ne dis pas de bêtises mon ange, il y a plus en toi qu'une simple flagrance. Je t'aime pour tout ce que tu es. Ton esprit, ta beauté, ton sourire, ta catastrophique coordination …

Je riais mais m'arrêtais immédiatement en grimaçant, la douleur me brûlant les côtes. Edward resserra sa main autour de la mienne et je sentie sa main caresser mon front. La porte s'ouvrit et j'entendis des pas léger s'approcher de nous. Je ne pouvais toujours pas ouvrir les yeux. J'entendais alors la voix de Carlisle :

« Edward, il faut commencer. »

Puis la porte s'était refermée et Edward s'était installé sur le lit, derrière moi, me forçant à m'asseoir. J'appuyais tout mon poids sur lui alors qu'il passait son bras autour de moi. Ma tête lourde trouva appui sur son épaule et je respirai l'odeur de son cou, odeur qui m'apaisa immédiatement. Il chuchota alors à mon oreille :

« Bella, tu dois boire cette fiole maintenant. Nous nous reverrons très bientôt. »

J'avalai tant bien que mal le contenu de la fiole, ma drogue, en m'étranglant à moitié. Je toussais réveillant la douleur de mes côtes. Je sentie des larmes brûlantes rouler le long de mes joues. Je ne m'étais pas encore rendue compte que je pleurais avant ça.

« Chut … endors toi ma Bella … Je reste près de toi. Je ne te quitte pas. Je t'aime tellement. »

Sa voix était étouffée. Je me forçais à ouvrir les yeux pour le regarder une dernière fois. On aurait dit un ange. Mon ange. Si beau. Mon esprit s'embrumait déjà et je me forçais à imprimer cette image de lui dans mon esprit et ça, même si son beau visage était ravagé par la peine. Il restait malgré tout magnifique. Je revoyais ce jour dans la prairie où j'avais vu son corps parsemé de diamants, pour la première fois.

« Tu es magnifique » Avais-je soufflée, aussi bien à lui près de moi qu'à celui de la prairie, ce jour là sous le soleil.

Je me sentie alors sombrer, la drogue faisant sûrement son effet maintenant. Edward me berçais doucement contre lui d'avant en arrière, ses bras m'enlaçant, ses mains sur mon gros ventre douloureux. Il fredonnait alors ma berceuse à mon oreille et c'est la dernière chose agréable que je ressentie. La dernière chose.

Une fraction de seconde tout devint noir puis … j'entrais en enfer.

***

Mon corps tout entier me parut se détraquer, un coup il brûlait d'un feu si intense que je pouvais presque sentir mes organes fondre, l'autre coup il était plus froid que la glace, bloquant l'air dans mes poumons. Je ne sentais rien d'autre que ces changements brutaux de température. Des ombres difformes dansaient autour de moi me donnant le tournis. L'odeur de sang, mon sang m'emplis les narines et cette fois, j'avais des nausées. Peut-être avais-je déjà vomis, impossible de le savoir. Les ombres prirent soudain la forme de monstres hideux.

Un gros loup noir aux prunelles jaunes vives, les dents acérées, se penchait sur moi. De la salive coulait le long de sa grosse langue rose. Quand elle atteignait mon visage, la sensation de l'acide traversant ma peau me pétrifia et je hurlais de douleur.

- Edward ! Edward ! Empêche le de m'approcher !! Empêche le !! Aaaah !! Nooonnn !

« - C'est l'effet de la drogue !! Continu !! », Hurlais alors une voix familière.

« - Ne t'arrête pas ! ».

Mais je voulais que ça s'arrête pourtant. Pourquoi prolonger ma torture ? Mon corps fût alors prit de convulsions sous le regard cruel de ce loup géant et terrifiant, qui semblait ne pas vouloir quitter mon champ de vision. Je ne pouvais plus me débattre. Un énorme poids, que je ne pu identifier, pesait lourdement sur mes épaules. J'avais l'impression que mon corps était ouvert en deux. Je n'étais plus qu'un simple trou béant dans lequel ces ombres cauchemardesques aimaient à jouer. Cruelles et sans pitiés. Retournant une à une mes entrailles à la pince à épiler pour faire durer la brûlure encore et encore. J'étais couverte d'un liquide rouge, chaud et écarlate. Tout n'était que rouge et noir. Mon sang était bouillant, je le voyais buller sur ma peau. J'étais littéralement en ébullition. Pourquoi me laissaient-ils tous ainsi ? Pourquoi personne ne venait à mon secours ? Pourquoi m'avaient-ils tous abandonné ? Le loup s'écarta et un autre visage, digne de mes pires cauchemars, prit sa place. Un visage pâle, rouge, les yeux rouges, les cheveux rouges et ces dents … Je n'avais jamais vu des dents aussi blanches et terriblement longues. Deux énormes canines au dessus de ma gorges, grosses comme celles d'un morse.

- Noooon!! Nooon!! Jake!! Alice!! Edward !!! Je vous en supplie aidez moi !! Ne le laissé pas me scalper !!!!!!! Pourquoi pitié Nooon !! Qu'est-ce qui m'arrive ?! aaaahhhh ! Hurlais-je en pleurant tellement que j'avais l'impression de voir à travers de l'eau trouble.

« Edward Active ! Tu l'as dis toi-même bon sang ! C'est la Kétamine, elle hallucine ! Tu ne lui feras pas de mal ! », S'égosillait une voix tintée de peur mais toute fois cristalline. Comme des milliers de carillons bougeant au vent en même temps.

Le monstre aux dents immenses et rouges s'éloigna donc, malheureusement le loup réapparu. Ça ne finirait donc jamais ?! Qu'ils en finissent, je n'en pouvais plus, je souhaitais mourir.

Victoria apparue alors au dessus de mon visage, elle tenait ma propre tête dans sa main. J'avais les cheveux pleins de terre et de sang, comme si elle venait de me traîner sur cents kilomètres. Mes yeux exorbités et inexpressifs, morts. De l'autre côté quelque chose me tirai sur le bras, cette nouvelle information retenant mon hurlement face à mon scalpe. En tournant la tête, je découvrais James près à me mordre le poignet encore une fois. Je m'arrachais de sa mâchoire et tournait vivement le visage sur la gauche pour me trouver nez à nez avec Laurent cette fois, le visage mutilé par sa rencontre avec la meute, la peau en lambeau, un œil sortit de son orbite, il venait lui aussi régler ses comptes avec moi. J'étais cernée. Les Volturi, Jane, Alec, Aro … ils étaient tous à mon chevet attendant patiemment leur tour de torture. Pourquoi moi ?!

Je fermais les yeux, attendant la mort, quand quelque chose de chaud sortit de ma bouche tel un geysere. Du sang encore et toujours, mon sang. Je le vis d'abord tâcher mon pauvre corps dénudé pour ensuite se transformer en des milliers, peut-être même des milliards, de petites limaces rouges s'infiltrant dans ma peau. C'était comme si des milliards de petites scies venaient de me transpercer d'un seul coups et comme m'a gorge n'était plus obturée j'hurlais de terreur. Le nombre de monstres avait doublé autour de moi et des mains venant d'en dessous ce lit semblaient vouloir me tirer vers le bas. Pour me tirer en enfer.

Déjà je me sentais tomber. Une chute vertigineuse me donnant l'impression que mon estomac voulait s'échapper par ma bouche. Je m'accrochais au matelas de toute mes forces, mes ongles s'enfonçant dans … je tournais la tête pour identifier cette texture qui se mouvait sous mes paumes. Un nouveau cri, mêlé de larmes, sortit de ma gorge en m'arrachant une partie de l'oesophage. Des serpents, j'étais allongée sur un lit de serpent. Je pouvais même les sentir sinuer dans mon dos, brisant ma colonne vertébrale au passage. Je criais de plus belle quand un cri strident et diabolique m'arrachait les tympans.

Quelque chose de tiède venait de se poser sur mon sein. Je le regardais un moment. Rouge, couvert l'entrailles, les yeux rouges, hurlant comme un damné, de petites dents acérée avec un sourire sadique sur les lèvres et la tête surplombée de petites cornes de diablotin. J'avalais difficilement ma salive près à crier encore une fois, mais le petit démon disparu et je soupirais de soulagement.

Maintenant un voile noir obstruait peu à peu mes yeux, ce refermant tel l'iris d'un appareil photo. La dernière chose que j'entendis était les battements sourds de mon cœur ralentir doucement alors qu'ils résonnaient comme un tambour dans ma tête quelques minutes auparavant. La dernière chose que je sentie fût une violente douleur dans la poitrine, violente et bizarrement glaciale, puis dans mon cou, dans mon sein, dans ma cuisse. Enfin, du ciment semblant se frayer un passage à travers mes veines, paralysant tous mes muscles. J'étais morte. Bel et bien morte cette fois. Les derniers instants de m'a vie n'auront été que douleur et peur. Quel gâchis ! Je n'aurais servis à rien sur cette terre finalement. Ou peut-être simplement comme souffre douleur d'une maladresse pathétique. Je ne reverrai plus jamais Edward. Pourquoi m'avait-il abandonné ? Tout était fini.

Mais, dans ce cas, pourquoi la brûlure persistait-elle ainsi ?

***

Edward POV.

Bella commençait à s'assoupir. Carlisle vérifia que ses pupilles soient bien dilatées, signe que la drogue ingurgitée faisant son effet en elle. Il fallait maintenant commencer. J'étais anxieux, incapable de savoir si j'étais capable ou non de faire ça. De la sauver, de les sauver tous.

Je la déshabillais doucement, j'aurais juré que mes mains tremblaient. J'étais terrorisé. Carlisle plaça pudiquement un drap blanc sur la poitrine et le bassin de Bella. Je me plaçais entre ses jambes attendant les instructions de mon père. Il m'indiqua jusqu'à quelle profondeur je devais l'entailler. Je me focalisais sur les sensations qui mes enfants m'avaient envoyé jusqu'ici pour ne pas me sentir coupable. Pour ne pas me voir comme le bourreau qui s'apprêtait à éventrer celle que je chérissais. Je pris une profonde inspiration et plantais mes crocs dans son ventre rond. Une goulée de sang, son sang, pénétra dans ma bouche réveillant mes instincts primitifs et bestiaux. Seule la voix de mon père me donnait la force de garder les idées claires. Il se tenait juste derrière moi, me prodiguant ses conseils médicaux. Bien que j'eusse étudié cette discipline également, il restait un mentor en la matière et mon maître. A l'instant présent, mon garde-fou.

Le corps de Bella fut alors pris de convulsions violentes et nous dûmes faire intervenir Jacob pour la maintenir en place et pour ne pas qu'elle se blesse. Rosalie et Alice étaient derrière la porte, prêtent à accueillir les nouveau-nés, mes enfants. Au vu du sang répandu sur le lit, nous avions tenu ma famille à l'écart pour leur propre sécurité et celle de Bella. L'indien, bien qu'au bord de la crise de nerf et lui-même secoué de tremblements, avait assuré pouvoir se contrôler et l'avait alors maintenu fermement par les épaules pendant que je terminais mon insistions sanguinolente. Quand elle l'avait aperçue au dessus d'elle, elle s'était mise à délirer :

« - Edward ! Edward ! Empêche le de m'approcher !! Empêche le !! Aaaah !! Nooon ! » Criai-t-elle, Jacob et moi-même nous figeant sur place.

Je sortais vite de ma torpeur, aidé par la voix rassurante de mon père, et criai à mon tour à Jacob :

« - C'est l'effet de la drogue !! Continu !! Ne t'arrête pas ! ».

Il la maintenait donc quand je plongeais avec effroi mais efficacité, mes deux mains à l'intérieur de Bella, cherchant à sortir les enfants.

- Rose, Alice, tenez vous prêtes ! Hurla mon père à mes sœurs.

Elles entrèrent rapidement dans la pièce, respirant par la bouche, attendant les bébés. Je me saisissais du premier petit corps que je trouvais et l'arrachait aux entrailles de sa mère. La petite fille. Ma fille, jamais je n'avais vue tel beauté. Elle n'avait d'égal que celle de sa mère dont elle avait d'ailleurs les yeux. Elle avait ma peau et mes cheveux. Elle ne pleurait pas et eu une drôle d'expression en inspirant de l'oxygène pour la première fois. Si je n'avais pas été aussi pressé, j'aurais ris devant cette merveille, gigotant dans mes mains. L'enfant me montra alors pour la première fois son don, plaçant dans ma tête l'image de sa mère, et bien que stupéfait, je devinais ce qu'elle désirait. J'allais alors pour la placer contre Bella un instant. Quand je me penchais vers elle, sa réaction me fit l'effet d'une gifle que je reçu de plein fouet sur le visage, son écho s'insinuant dans tout mon corps :

« - Noooon !! Nooon!! Jake!! Alice!! Edward!! Je vous en supplie aidez moi !! Le laisser pas me scalper !!!!!!! Pourquoi pitié Nooon !! Qu'est-ce qui m'arrive ?! ».

Bella hurlait comme jamais elle n'avait hurlé avant. J'étais pétrifié. Elle avait peur de moi, je la terrifiais. Puis la voix de ma sœur, qui s'emparât de ma fille, me ramena à la réalité :

« Edward Active ! Tu l'as dis toi-même bon sang ! C'est la Kétamine, elle hallucine ! Tu ne lui feras pas de mal ! » Me criait Alice.

Jacob reprit sa place au dessus d'elle et Alice quitta la pièce. Rosalie attendait maintenant le petit garçon. Je me replaçais au dessus du trou sanglant que Bella avait au milieu du corps et y replongeait les mains. Quand je sortis mon fils, Bella recracha une quantité impressionnante de sang. Je devais agir vite. Je jetais quand même un oeil sur mon fils. Tout aussi beau que sa sœur, mais bizarrement, beaucoup moins agité. Son petit cœur battait de façon irrégulière. Je dévisageais mon père qui portait les mêmes inquiétudes que moi sur ses traits. Pourtant, ce petit corps fragile, voulait également sa mère mais il me le fit comprendre autrement que sa jumelle. Il n'avait fixé que Bella depuis que je l'avais pris dans mes bras. Je l'approchais alors doucement de sa mère, veillant à ne pas entrer dans son champ de vision, et l'y déposait. L'enfant parut soulagé et gazouillait en regardant sa mère. Bella en revanche était terrorisée. Je passais donc l'enfant à Rosalie qui fut suivie de très près par Carlisle. Je lu alors dans ses pensées qu'il était inquiet pour la santé de mon fils.

Je ravalais mon inquiétude, Bella perdait des forces, son cœur venait de s'arrêter. Je me précipitai sur elle, et me saisit de la seringue en métal pour la lui planter en plein cœur, y déversant mon venin. Déjà Jacob reculait, abasourdi, déjà en deuil. Je n'y prêtais pourtant aucune attention et continuait à mordre Bella à de multiple endroit pour remplir son système de venin avant que son cœur ne lâche complètement.

Puis c'est alors que son cœur s'arrêta et que j'entendis, tout comme Jacob, son dernier battement. J'essayais d'imprimer ce son perdu à jamais, dans ma mémoire. L'indien quitta la pièce. Je restais seul avec Bella. Tant mieux, c'était ainsi que je voulais que ça se passe. Je lui prenais alors la main la regardant mourir sous mes yeux, ne sachant pas encore si mon stratagème fonctionnerai ou pas. C'était une véritable torture. La regarder mourir, se sentant aussi impuissant que je l'étais maintenant, était insupportable. Elle s'éteignait lentement. Sa température corporelle chuta immédiatement.

Pendant une minute je me figeais. Minute qui me parue durer des heures. Puis je l'entendit, affolé, irrégulier, frénétique, le cœur de Bella. Le cœur de Bella en pleine mutation. J'expirai alors tout l'air contenu dans mes poumons et posai mon front sur sa poitrine. J'avais réussis. Je l'avais sauvé.

Sa peau commençait déjà à durcir mais elle restait incroyablement douce et belle. Elle allait faire un vampire exceptionnel. Rosalie ne serait plus la seule beauté fatale de la famille Cullen.

***

On frappa alors timidement à la porte. Alice entra doucement, le visage fermé. Je la dévisageais, prêt à la rassurer, pensant d'abord qu'elle s'inquiétait pour Bella. Le sourire qui étirait même lèvres quelques instants avant s'effaça quand j'accédais à ses pensées. Mon sang ne fit qu'un tour et je me précipitai dans l'escalier, priant ma sœur de rester avec Bella, ce qu'elle fit sans retenir ma course.

En bas, toute ma famille me tournait le dos. Leurs pensées me glaçais le sang : Tristesse, regret, culpabilité, angoisse, compassion et tellement, tellement de peine. Je refusais de croire ce que leurs esprits me hurlaient. J'aurai voulu éteindre ces voix dans ma tête. Pour la première fois de mon existence, je refusais ce don. Il ne m'avait jamais autant pesé. J'avançais très lentement maintenant vers le chemin qui me menait à la salle à manger, là où ils étaient attroupés. J'eu le temps de voir Jacob, plaqué contre le mur opposé de la villa, les yeux rivés sur ma fille, celle-ci cajolée par Rosalie qui lui donnait le biberon. Je n'aimais pas sa façon de la regarder mais n'avais pas le temps de le corriger maintenant. Je n'osais même pas la regarder moi-même quand je passais devant Rose qui, elle aussi, était triste. Je sentais son regard chargé de compassion envers moi quand je passais devant elle, ne la regardant pas plus que mon enfant.

Ils pivotèrent enfin vers moi et je ne pu soutenir leur regard. Je m'approchais de la table alors qu'ils s'écartèrent sur mon passage, formant deux lignes distinctes autour de moi, toujours aussi lent. Comme si ma lenteur pouvait m'éviter l'image qui m'apparut à cet instant. Allongé sur le bois brun de la table, recouvert d'un petit drap blanc, trop petit, un corps. Un corps sans vie. Celui de mon fils. Je me figeai. La voix de mon père m'apparue soudain très lointaine. Il avait posé sa main sur mon épaule.

- Edward … nous avons tout essayé mais son cœur était trop fragile.

Nous avons même tenté de le transformer entièrement mais il était bien top faible. Me souffla ma mère, la voix tremblante.

Mes mains serraient la table et je dû reculer pour ne pas la briser. Je tombais alors en arrière et se fut Emmett qui me soutenu.

- Ça va aller … on est là Edward … ça va aller. M'assura mon frère.

« Ça va aller ? » Comment pouvait-il me dire une chose pareille ?

Je tombais à genoux au milieu de tous et passais frénétiquement mes mains dans mes cheveux. Jamais je ne m'étais senti aussi désemparé. Si je l'avais sortit en premier, si je m'en étais occupé plus vite, mon fils, l'unique fils que je n'aurais jamais, serait peut-être encore en vie. Je me laissais tomber sur le sol et pour la deuxième fois de ma vie, des larmes de sang tracèrent des stigmates rouges sur ma peau d'ivoire. Ma mère s'abaissa à mon niveau et s'allongea sur moi, m'entourant de son amour. Mon père l'imita, ainsi qu'Emmett et Jasper. Comme s'ils voulaient tous m'insuffler un peu de leurs forces. Je ne sais pas combien de temps nous restions ainsi, penchés les un sur les autres.

Quand je me relevais enfin, Rosalie me faisait face, ma fille dans les bras. Elle m'adressait un sourire triste mais à la fois plein d'espoir. Je baissais enfin les yeux sur ma fille. Elle avait été lavée avec soins et portait maintenant une jolie petite robe rose finit de jolie dentelles blanches. Je m'approchais de Rose qui me tendit doucement l'enfant, n'ayant pour elle que des regards pleins de tendresse. Après ça, elle s'écarta et j'allais m'asseoir sur le fauteuil que ma sœur occupait il y a quelques minutes.

Malgré la douleur que je ressentais, je devais admettre que serrer ma fille contre moi, sentir son petit cœur réagir à mes mains, admirer ses jolies boucles orangées, remplissait mon cœur de joie. En une faction de seconde elle était devenue l'une de mes raisons d'être. Je la serrais contre mon torse, lui maintenant doucement la tête et embrassais ses cheveux. Elle n'avait de cesse de jouer avec mon bracelet portant l'emblème de ma famille.

- Tu en auras un à toi un jour, Renesmée, ma fille. Chuchotai-je dans ses cheveux, la voix étouffée par la peine.

La petite gazouilla.

- A partir d'aujourd'hui ma belle, chaque instant de ma vie te sera consacré. Je te protègerais de tout. Et quand ta mère se réveillera elle t'aimera tout autant que moi. Tu ne seras jamais seule. Je t'aime.

J'embrassais son front.

L'instant d'après, elle faisait défiler dans mon esprit les images traumatiques de sa naissance et les bref images qu'elle avait eu de Bella, ensanglantée. Elle semblait en être attristée. Je pouvais le lire dans ses petits yeux innocents.

- Ce n'est pas ta faute mon cœur, lui chuchotai-je, ta maman va mieux maintenant, elle se repose. Elle sera bientôt avec nous. Je te le promets.

Elle m'envoyais alors un nouveau flot d'images : son frère. Mon cœur de serra à m'en faire hurler. Je ravalai ma douleur devant ma fille, ne souhaitant pas l'inquiéter d'avantage.

- Anthony, ton frère, nous chérirons son nom pour toujours et il sera dans nos cœurs pour l'éternité mais, il était plus fragile que toi. Il s'est endormi. Il n'a plus mal maintenant.

Renesmée se blottie contre moi, déjà triste alors qu'elle ne respirait que depuis quelques minutes. Je la berçais doucement m'imprégnant de son odeur. Un mélange de la mienne et du parfum fruité de Bella. Elle ferma les yeux, son souffle se fit régulier et ma fille s'endormie dans mes bras, pour la première fois.

***

POV Jacob.

Je n'aurais jamais imaginé réagir ainsi. J'avais d'abord ressentie une colère fulgurante envers ces sangues sanguinaires qui avaient achevé Bella, morte au premier étage. J'aurais voulus tous les étriper et en particulier ce petit démon aux airs angéliques que la médium semblait chérir plus que sa vie. Je n'arrivais même pas à être attristé par la mort de son jumeau. J'avais presque honte mais je m'en réjouissais pourtant. Qu'ils aillent tous au diable, telle était leur place.

Tout c'était précipité, Alice avait courue vers Blondie en me tendant la petite. J'eu un mouvement de recul, mais la médium me l'avait collé dans les bras sans que je ne puisse faire quoi que se soit et aussi intense que fût mon aversion envers cette petite créature, je ne pouvais me résoudre à jeter un nourrisson au sol. Pendant qu'ils s'attroupaient tous autour du garçon, je restais prostré dans un coin du salon sans pouvoir baisser les yeux sur cette enfant. J'avalais difficilement ma salive et rassemblais mon courage pour défier la mort en face.

Alors je la regardais, Renesmée. La petite n'avait aucunement peur de moi et me dévisageait l'air intrigué, son petit nez légèrement retroussé. Ces instincts vampiriques devaient être déjà suffisamment développés pour remarquer notre différence de flagrance. Je me surpris à sourire. J'en avais honte mais sur la l'instant je la trouvais adorable. La fixant d'avantage, je me perdais dans ses yeux noisette à l'instar de sa défunte mère.

C'est alors que tout devint clair. Ma colère se dissipa aussi vite qu'elle m'avait submergée. J'avais enfin trouvé un sens à ma vie. Je savais maintenant pourquoi je n'avais pu renoncer à Bella, même en sachant pertinemment que malgré tout l'amour qu'elle me portait, elle ne me choisirait jamais face à lui. Nous avions se lien, encore invisible à l'époque, ce lien qui m'avait toujours uni à elle. Je m'étais simplement trompé sur la nature de ce lien. Voilà pourquoi je n'avais pu m'imprégner de Bella alors que mes sentiments envers elle étaient plus que brûlants. Je savais enfin quelle était ma place sur cette terre, dans ce monde, autour de ces gens censés être mes ennemis. J'avais trouvé ma place et cette sensation était enivrante. Libératrice. Tout c'était mis en place comme dans ces photos étranges qui vous apparaissent quand vous vous concentrez longtemps dessus, soudainement en 3 dimensions. Comme les pièces d'un même puzzle.

Alors que la petite Renesmée approchait la petite main fragile près de mon visage pour jouer avec mes lèvres, mon nez et me tirer les cheveux (je grimaçais et elle rigolait d'une façon toute à fait adorable), je compris que j'allais assister à chaque instants de son développement, suivre sa progression, être l'ombre dans son dos, son protecteur, rien ne lui arriverait jamais. A cet instant précis, sa vie m'importait plus que la mienne. L'imprégnation fut immédiate et irrémédiable.

Blondie me l'avait alors arrachée des mains et j'étais encore trop hébété pour pouvoir réagir. Je me terrais dans un coin de la pièce, les yeux rivés sur ce petit ange. Edward descendit pour constater la mort de son garçon et, en pensant que Nessie ne connaîtrais jamais son frère, cette fois, j'en fus attristé.

En quelques minutes, cette petite avait fait ressortir le meilleur de moi-même. Elle me donnait envie de devenir meilleur.

***

Edward POV.

La nuit était tombée sur cette journée à la fois merveilleuse et terriblement chaotique. Pour la première fois depuis un siècle, j'avais souhaité pouvoir dormir. Je me sentais épuisé, vidé. Nous avions marché dans les bois pendant une bonne heure avant de trouver l'emplacement où reposerait mon fils. La nuit était noire, la lune brillante. En fasse, un petit ruisseau s'écoulait lentement et les bruits de la nuit mêlés aux clapotis de l'eau étaient très apaisants.

Mes frères avaient préalablement creusés un trou dans la terre fraîche et m'attendaient religieusement. J'étais en tête, serrant le petit corps froid d'Anthony contre moi. Mes parents me suivaient ainsi que mes sœurs. Mon esprit avait momentanément quitté mon corps. Je marchais tel un automate.

Je me baissais lentement vers le sol et fixais ce petit trou. Je n'arriverai pas à le faire, je n'arriverai pas à me séparer de lui. Etant vampire et donc immortel, la mort ne m'étais pas familière, même si j'étais moi-même un cadavre ambulant. Finalement, mon père se chargea de déposer mon fils dans se trou et je me détournai de cette image. Alice s'approcha de moi et m'embrassa le front. J'entendis alors les pelles de mes frères s'activer pour refermer ce tombeau sur mon fils. C'en était trop, je sombrais dans les bras de mes sœurs et de ma mère.

Peu à peu, tout le monde quitta les lieux, après un moment de silence et de recueillement. Moi je m'étais statufié et Carlisle eu du mal a me ramener à la réalité, pour me ramener à la maison.

Au dessus de la tombe de mon fils, gravé sur la pierre, son nom : Anthony Massen Cullen – âme furtive, laissant une trace indélébiles dans nos cœurs, pour toujours. Aimé et chérie à jamais.

***

Gabriel POV.

La nuit était sombre, la Lune pleine, signe que les forces magiques étaient avec moi. Tapis dans l'ombre, j'attendais mon heure. Ils déposèrent ce petit corps, recouvert d'un linceul blanc, dans la terre. Ils étaient tous en retrait sauf le vampire qui portait l'hybride et le leader de leur clan. Les autres s'éloignèrent laissant les deux premiers échanger quelques mots. Celui aux cheveux cuivrés semblait en proie à une plus grande douleur que les autres.

Je ne comprenais pas pourquoi, ils ne l'avaient connu que quelques instants pourtant. Ce monde était si étrange. Humains et créatures des ténèbres semblaient être habités par des sensations que je ne pouvais connaître. Ces « sentiments », tel était le mot qui désignait ces réactions dans leur monde. J'en étais dépourvu.

Je n'appartenais à aucune de leurs races. Ma force et mes pouvoirs me donnaient une certaine supériorité et pourtant, face à ce spectacle que je ne comprenais pas, je me sentais insignifiant. Depuis le premier jour où, ce qu'ils appelleraient « mes yeux » s'étaient posés sur le crépuscule, il y a des milliards d'années, rien ne m'avait jamais été inconnu. J'étais de nature omnisciente, comme tous les miens. Ces images m'étaient pourtant incompréhensibles. Mais j'avais répondu à leur appel. M'ennuyant sur mon rocher, aveuglé par la beauté de l'inconnu, j'étais descendu sur Terre et tel était mon fardeau.

J'apprendrai. Ce mot me faisait sourire. Je n'avais jamais rien eu apprendre jusque là.

Une fois que les vampires eussent quitté les lieux, je sortais de ma cachette et avançais lentement vers le petit tas de terre fraîchement retournée. La lune l'éclairait. Quel bel astre. Je n'avais pas ce genre de ciel d'où je venais, je n'avais pas de ciel du tout, en tout cas, pas un ciel tel qu'ils l'entendaient ici. Je m'accroupissais près du petit tas et en caressais la surface. Une légère brise emporta au loin quelques cendres. Je les regardais s'envoler pour ensuite me concentrer à nouveau sur le sol. Je plongeais alors fermement mes deux mains dans la terre qui s'effaça sous ma force. Je libérais le petit corps sans vie, le libérant de sa parure blanche. Je l'observais un instant. Ni humain, ni vampire et pourtant bien mort, ici, dans mes bras. Etrange petite chose hybride si fragile et tellement puissante à la fois. Même inanimé, je sentais son pouvoir. Il serait amené à devenir un puissant allié pour mes Appeleurs. Volturi, leur clan, son nouveau clan.

Ils m'avaient permit de descendre sur Terre, me demandant en retour la vie de cet être si particulier. Ma curiosité envers ce petit n'était pas aussi poussée que la leurs mais peut importe, un marché était un marché : « Ramène l'enfant vivant et vie, explore et déguste chaque parcelle de ce monde », avait-il dit. Leur chef, Aro. C'était celui avec qui j'avais passé ce marché. Celui qui avait procédé au sacrifice pour m'appeler. Aro, très puissant incontestablement.

Je soupirai, fixant toujours l'enfant. La lune allait se retirer, il était temps. Je posais donc la main sur le corps du nourrisson. Il était si petit que toute ma main le recouvrait. La lumière jaillie de la paume, réchauffant le corps que je serais. Les premières convulsions le secouaient tandis que la lumière que j'extirpais de mon enveloppe humaine se faisait plus intense, montant le long de mon bras. Seconde vague de convulsions et un premier « BOOM », se fit entendre dans la poitrine du petit garçon. J'augmentais la pression sur lui. Maintenant, c'était comme si la lune c'était faite soleil devant nous. « BOOM », « BOOM ». Je fermais les yeux, rompant lentement le contact entre nous. La forêt redevint noire.

« BOOM », « BOOM »

« BOOM », « BOOM »

J'ouvrais les yeux et plongeais immédiatement dans le regard noir du petit qui me fixait. Son pouvoir était bien plus puissant que je ne l'avais prédit, même s'il ne s'en doutait pas encore. Il semblait me parler. J'arrivais à décrypter les images qui circulaient dans sa tête. Du sang. Le petit se mordait les lèvres. Il avait faim je pense. Du sang. Comment un être aussi jeune pouvais connaître le sang. L'instinct de survie certainement.

Je me concentrais de nouveau afin de satisfaire son envie. Les yeux fermés, murmurant quelques prières magiques, je voyais apparaître un jeune faon ayant répondu à mon appel. « Ton sang est pur jeune ami », pensai-je en regardant l'animal, « Ta mort n'aura pas été vaine ». Je lui brisais la nuque et récoltait au creux de ma main, le doux nectar rouge qui s'écoulait de la bête. Le bébé pencha instinctivement la tête vers ma paume, posant ses minuscules doigts sur moi, et buvait. Je voyais déjà la teinte de ses iris changer du noir profond au rouge sang. Quel petit être fascinant. Je comprendrais peut-être un peu mieux les désirs d'Aro maintenant.

Je protégeais alors l'enfant dans ma camisole noire, celle qu'ils m'avaient donné, et l'emportais avec moi.

Vers Voltera.

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Vous en savez maintenant un peu plus sur Gabriel, mais le personnage se dévoilera d'avantage par la suite.

Les choses sérieuses commencent ...

Plus que 3 Chapitres.

J'en profite pour faire une petite pub pour mon autre fic (All Human), que j'ai commencé à publier en début de semaine : Beautiful Disaster. N'hésitez pas à y jetter oeil ;)

A la semaine prochaine !