Hello ami lecteur!

Comme promis, je reviens vite cette fois pour vous offrir un nouveau chapitre!

Merci à tous pour vos reviews et vos encouragements! Et une pensée spéciale pour les reviewers 'anonymes' (Dixy01; Ninie-san; Cora; Lalala1995; Lowize; Ayu [pour qui je suis d'une transparence totale...Je crois que je n'arriverai jamais à te surprendre!])

Bonne lecture!

Chapitre 9 - Inhuman: Ça va chauffer chez les vampires...

Remarque: Dites-moi, est-ce que vous connaissez le groupe 'Thousand Foot krutch'? Parce que le titre de ce chapitre est directement lié à une de leur chanson (dont je suis fan évidemment). Je trouve qu'elle reflète bien l'esprit de cette fic donc voilà... Je sais pas si vous serez d'accord avec moi mais j'avais envie de vous le faire partager ;-)


Inhuman

« Tes valises sont bouclées ? »

Grimmjow haussa les épaules en jetant un regard circulaire sur la pièce.

« Ben faut croire. En même temps, j'avais pas grand-chose ! » Répliqua-t-il en levant un sourcil ouvertement moqueur devant la pile de sacs qui contenaient les affaires d'Ichigo. « Et tu voyages léger tu disais ? »

« Pour un vampire ! C'est juste quelques bouquins qui pourront être utiles… Mais t'as surement raison, j'ai pas besoin de tout ca !»

« C'est quand le départ du coup ? »

« Demain matin. »

« Pourquoi pas ce soir ? »

« Parce que, cher calice, notre chauffeur n'est qu'un faible humain a qui il faut ses huit heures de sommeil sans quoi, le trajet pourrait se révéler dangereux. Tu es si impatient que cela de partir ? »

« Aujourd'hui, demain, peut m'importe ! L'essentiel, c'est qu'on s'en aille. »

« Ma proposition semble te convenir, c'est bien. » Murmura Ichigo en posant un regard protecteur sur l'humain. « Pose ce sac ! » Ordonna-t-il en voyant que le bleuté s'apprêtait à soulever le bagage. « Ton épaule n'est toujours pas complètement remise alors, pas question que tu portes quoi que ce soit. »

« Oui chef ! » Claironna Grimmjow, à moitié agacé, à moitié amusé par le tempérament 'mère poule' de son vampire. « Bon, c'est bouclé pour moi. T'as besoin d'aide pour tes affaires ou non ? »

Ichigo secoua négativement la tête.

« Non, ca ira merci. Je n'en ai plus pour longtemps. Ensuite, je vais passer voir Hitsugaya. »

Grimmjow grimaça.

La perspective des adieux entre les deux frères ne l'enthousiasmait guère. Même si le petit vampire avait fait des efforts et se montrait désormais courtois (sans oublier qu'il lui avait un peu sauvé la vie), il préférait être le moins souvent possible dans son champ de vision.

« Si je comprends bien, j'ai tout mon temps pour une promenade au village ? »

« Exact. Ça ne t'ennuie pas ? »

« Tu déconnes ? J'vais devoir te supporter 24H/24 dans les jours qui viennent alors, crois-moi, j'vais vite en avoir assez de toi ! » Grommela le bleuté.

« T'es en train de me dire que je ne te manque jamais ? »Le taquina le rouquin.

« Bordel, qu'est-ce que tu vas imaginer ? Qu'on va devenir un gentil ptit couple tout romantique qui se fait des poutous parce qu'ils se voient pas pendant trois heures ? Tu me fais marrer Ichigo ! Allez, à toutes ! » S'exclama-t-il en s'éloignant sous le regard goguenard du vampire.


Quelques heures plus tard, près du village

Le poing serré autour de l'objet, Grimmjow ne put s'empêcher de sentir son pouls s'accélérer.

Et merde, voilà que je stresse à la simple idée d'offrir un truc à ce fichu vampire. C'est vraiment débile ! Après tout, c'est quoi ? Une babiole, un gadget histoire de l'amuser un peu. Et accessoirement de le remercier de m'avoir sauvé la vie. Même si je lui avais rien demandé. Pas de quoi en faire un foin !

Malgré tout, il regarda à nouveau l'objet qu'il tenait fermement. Ronde, en or jaune, étincelante sous le soleil, une superbe boussole ciselée luisait dans sa main. L'aiguille était ornementée de minuscules rubis. Travaillée dans les moindres détails. Et gravée spécialement pour lui à ses initiales. Un bijou.

Il savait qu'Ichigo n'en possédait pas. Pas besoin de ca pour s'orienter, lui avait-il dit. Encore un truc de vampire ! Il s'en fichait. Ils partaient en voyage, ce genre de présent lui paraissait indiqué. Que le rouquin en ait ou non une réelle utilité importait peu. Il avait besoin de le remercier. De faire quelque chose pour lui.

Une preuve d'amour ? Ça le faisait bien rigoler ! Il n'était pas de cette espèce là ! Des romantiques, des mollassons du cœur, beurk ! Non, pas lui ! Il était juste pragmatique, voilà tout. Il savait reconnaitre son intérêt et trouver le plaisir à sa source. Rien à voir avec des quelconques sentiments amoureux ! Juste un minimum de reconnaissance.

Malgré tout, il sentit son sourire s'élargir et il se mit à rire tout seul, profitant de la solitude, du silence, de la pureté du ciel qui s'étalait à l'horizon, pas encore taché de pourpre.

Une bien belle journée. Comme un au-revoir avant leur départ de demain.

L'aube d'une vie nouvelle commence par un crépuscule. Il comptait bien le savourer intensément.


Un lointain craquement. Le vent qui agite les branches des arbres.

Un infime tressaillement. Un frisson qui parcourt l'échine.

Une minuscule crispation. Son souffle qui se suspend.

Rien de concret, rien de véritablement perceptible.

Et pourtant, un doute s'immisce. Une crainte apparait.

Non, plus que cela, une certitude qui envahit, qui bouscule tout, qui le submerge comme une vague dévastatrice et le noie de sa noire terreur.

Et la colère qui se déverse, provoquant un irrémédiable chaos.


Manoir des vampires, au crépuscule

« JE VAIS LE TUER ! »

Ichigo, plaqué contre le sol par Hitsugaya et Madarame, hurlait comme un damné. Les deux vampires avaient les plus grandes peines du monde à le retenir.

Tout ce qu'ils avaient retrouvé de Grimmjow était de multiples traces de pas sur la route menant au village, quelques lambeaux de vêtements. Et une boussole d'or gisant dans la poussière du chemin.

Le constat avait été immédiat. L'humain avait été enlevé. Par Hallibel.

La vampire et son calice avaient pris la fuite, emmenant Grimmjow avec elle.

Tout d'abord contenue, la fureur d'Ichigo avait fini par exploser, obligeant les autres membres du clan à le ceinturer dans l'espoir de le faire revenir à la raison.

En désespoir de cause, Madarame avait bien proposé de l'assommer mais sa suggestion était tombée à l'eau sous le regard assassin d'Hitsugaya et glacial de Kuchiki.

« Par pitié, calme-toi Ichigo ! Tu n'arranges rien en réagissant ainsi ! Nous perdons du temps ! »

Les paroles d'Hitsugaya traversèrent enfin le brouillard de sa colère et trouvèrent écho en lui.

Il n'avait pas de temps à perdre. Grimmjow était encore vivant, il le sentait. Il devait le sauver !

Le vampire s'obligea à prendre de grandes inspirations, apaisant ses sens, ramenant petit à petit le calme en lui.

« D'accord. Je me calme. Je suis calme. » Soupira-t-il.

Sentant la tension redescendre, Hitsugaya et Madarame relâchèrent leur étreinte, non sans rester sur leurs gardes, des fois que le vampire reparte dans son délire furieux.

« Bien. On fait quoi ? » Demanda le rouquin.

Assis autour de la table centrale du salon, Byakuya, très calme, prit la parole.

« Il est évident qu'Hallibel n'a pas agit seule. Je ne crois pas qu'elle ait un intérêt quelconque à enlever ou tuer ton calice. Du moins, pas personnellement. Elle a agit uniquement sur ordre de quelqu'un. »

« Aizen. » Murmura Toshiro, qui avait rejoint le noble autour de la table.

« C'est aussi ce que je pense. Si les motivations d'Hallibel restent floues, je pense savoir ce qui intéresse Aizen. »

« Dis-moi que ce n'est pas la vengeance ! » Gronda Ichigo. « Parce que si jamais il le tue, je te jure.. »

« Ne sois pas stupide Ichigo. » Le coupa Kuchiki. « Cette histoire dépasse désormais la simple rivalité entre vous. Cela n'a même rien à voir avec la mort du calice d'Ichimaru. Quand Aizen a cherché à t'arracher ton calice, là, il s'agissait de régler vos anciennes querelles. Plus maintenant. »

Ichigo fronça les sourcils.

« Ça n'a aucun sens ! Pour quelle autre raison s'en prendrait-il à lui ? »

« Le sang. »

Ichigo tourna la tête vers son frère et le regarda sans comprendre.

« Le sang ? » Répéta-t-il.

Le petit vampire hocha la tête gravement. Byakuya reprit.

« C'est exactement cela. Vos petites gueguerres n'ont plus aucune importance pour Aizen. Que crois-tu qu'il se soit passé ? Hallibel était son informatrice, elle lui a raconté tous les événements qui se sont déroulés ces dernières semaines. En particulier la façon dont tu es allé récupérer ton humain et ta transformation. Ta transformation en une très puissante créature Ichigo. » Ajouta le noble en insistant bien sur ces derniers mots.

Le jour commençait à se faire dans l'esprit du rouquin.

« A ton avis, quelles perspectives Aizen, vampire mégalomane, peu scrupuleux et déjà incroyablement fort, a-t-il tiré de ce récit ? »

« Un moyen d'obtenir encore plus de pouvoir. » Conclue Madarame.

La réalité tomba sur Ichigo comme une pierre. Cette démonstration était d'une logique implacable. Aizen ne reculerait devant rien pour devenir encore plus puissant. Que cela passe par l'enlèvement du calice d'un des membres de son propre clan ne l'arrêtait guère. Après tout, on ne devient pas chef d'une vingtaine de vampires en faisant du sentimentalisme !

« La bonne nouvelle pour toi, Ichigo, c'est qu'il ne va pas le tuer. Du moins pas tout de suite. »

La remarque de Byakuya lui fit comme un coup de fouet.

« Cela nous laisse donc le temps d'aller le sauver. Si on part maintenant, on peut les rattraper. !» S'exclama Ichigo en se levant d'un bond.

Son mouvement ne fut pas suivi.

« Et bien… ? »

Un silence glacial lui répondit.

« Vous ne venez pas ? »

Ichigo était incrédule.

Byakuya expira longuement.

« Écoute-moi un instant, je te prie. Je mesure tout à fait l'affront qui t'a été fait. Par deux fois, Aizen t'a ravi celui qui était ton calice. Ce comportement n'est pas celui que devraient avoir les membres d'un même clan, je te l'accorde et je compatis sincèrement.

Cependant, deux points doivent être soulignés. Tout d'abord, le conseil t'avait très clairement ordonné de rendre l'humain à sa famille et de stopper toute relation avec lui. Tu as désobéi à cet ordre Ichigo. Que ce soit pour d'excellentes raisons n'y change rien. Le conseil est notre autorité, le garant de la sécurité au sein de notre clan. Tous les membres doivent se plier à ses sentences car c'est nécessaire pour le bon fonctionnement du groupe. Je suis navré mais je ne peux te soutenir là-dessus.»

Ichigo grimaça. Sa désobéissance des jours passés n'avait pas attiré de réaction ouvertement hostile dans le manoir, mais il était clair que le strict et rigide Kuchiki ne pouvait adhérer à son comportement.

« Et quel est le second point ? » Demanda froidement le rouquin.

« Aizen est notre chef. » Répondit simplement le noble. « Allez contre lui signifie défier son autorité et par conséquent, quitter le clan. Et ne te leurre pas, Ichigo, ce serait une déclaration de guerre. »

« C'est ainsi que tu envisages les choses ? »

Les mots étaient cinglants.

« Il a raison. » Intervint Madarame. « C'est pas que je prenne parti pour l'un ou pour l'autre. Mais tu ne peux pas espérer aller récupérer ton calice sans te battre. Et on ne combat pas le chef de son clan, c'est aussi simple que ca. »

« Aizen ne me fait pas peur. » Siffla Ichigo.

« Et c'est bien là ton erreur. Il est très puissant, tu le sais bien. Un clan de plus de 20 vampires Ichigo, rends-toi compte ! Des soutiens sur tous les continents, dans toutes les capitales. Des centaines et des centaines de lieux où il pourrait retenir ton calice. Des vampires prêts à risquer leur vie pour le défendre. Ne serait-ce qu'Hallibel et Ichimaru. Crois-tu un instant qu'ils te laisseraient l'approcher sans rien dire ? Ichigo, serais-tu assez fou pour t'ériger contre ca ? »

« Oui. »

Byakuya secoua la tête, désabusé.

« Tu n'as aucune chance. » Assena-t-il, appuyant sur chaque mot comme pour lui en faire sentir le poids d'une sentence.

« Non. C'est seul que je n'ai aucune chance. Mais à nous 4, je suis certain qu'on peut y arriver. »

Il regarda à nouveau ses comparses, toujours silencieux. Un silence pire que tous les désaveux.

« Je n'ai pas le temps de vous convaincre. Venez ou bien ne venez pas, je n'y peux rien. Moi, je vais récupérer Grimmjow avant qu'il ne soit trop tard. Et quoi qu'il m'en coute ! Si je dois me séparer du clan, et bien tant pis ! J'en fonderais un autre. Au moins, je vivrais dans la paix et la sérénité, sans craindre que mon calice me soit enlevé au gré des humeurs de certains ! Au pire, je mourrais et ce serait tout aussi bien que d'être sous le joug de ce lâche ! Alors, adieux ! »

D'un bond, Ichigo était dans la cour et traversait la pelouse d'une traite en direction du sud.

L'ombre d'Hitsugaya se profilait à ses côtés.

Ils échangèrent un regard.

« Ne me dis pas que tu es surpris ? » La voix de Toshiro était légère, presque moqueuse. Ichigo eut un fin sourire dans le noir, son cœur soudainement moins lourd.

« Je n'ai jamais douté de toi. » Répliqua-t-il, amenant à son tour un sourire sur le visage de son frère.

« Où va-t-on ? Tu as un plan ? » Questionna le petit vampire.

« Au sud. Je suis certain qu'ils se rendent à Paris. Il faut absolument qu'on les rattrape avant qu'ils ne traversent la Manche et ne rejoignent d'autres membres du clan. »

Hitsugaya acquiesça.

« Dépêchons nous alors. »

Les deux ombres forcèrent l'allure, filant à toute vitesse dans la nuit sombre.


(...)

Un violent cahotement le tira de sa torpeur. Péniblement, il ouvrit les yeux. La nuit défilait devant lui, à une vitesse fulgurante. Les chaos de la route étaient omniprésents, résonnants dans son corps comme autant de coups de poignards. Un nouveau choc le refit sombrer dans l'inconscient.


Sur la côte, le lendemain

« C'est pas possible ! » Fulmina Ichigo.

Hitsugaya, regarda encore une fois autour du lui, vérifiant les indices qu'ils avaient découvert à leur arrivée sur la côte. Mais la conclusion fut la même : ils les avaient ratés.

« Comment peuvent-ils se déplacer aussi vite ? Hallibel ne peut pas transporter en même temps son calice et Grimmjow et courir à cette vitesse ? »

Hitsugaya croisa les bras.

« Il n'y a qu'une explication : elle n'est pas toute seule. Ichimaru et Aizen sont avec elle. »

« Et alors ? » Tonna Ichigo. « Aizen a deux calices, cela revient au même ! »

« Pas si ils avaient prévu le coup et si les deux calices d'Aizen ont pris le bateau en avance. Trois vampires peuvent bien porter deux humains et se déplacer aussi vite. Sans souci. »

Ichigo dévisagea son frère. Sa bouche se tordit en une méprisante moue.

« Ce fils de p*** a tout prévu… »

Sentant la colère gagner de nouveau le rouquin, Hitsugaya préféra calmer le jeu.

« Garde ton énergie, tu en auras besoin. Et allons plutôt trouver un moyen de transport rapide. »


(...)

Humidité.

Froid.

Douleur.

Autant de sensations qui traversaient sans peine le brouillard de son hébétude. L'impression que la nuit était sans fin. Comme si le ciel lui-même lui faisait comprendre qu'il n'y avait plus d'espoir.

Ils étaient revenus. Pour lui.

Il était à la merci de ces deux tarés. Des tarés très dangereux.

Et l'autre, la blondasse ! Dire qu'il ne s'était pas méfié lorsqu'il l'avait vue venir vers lui. Complètement jetée, elle aussi. Du peu qui avait filtré jusqu'à lui, il avait compris qu'elle l'avait vendu en échanges des faveurs du brun. Quelle espèce de sale grognasse ! Il lui démonterait bien la tête s'il en avait l'occasion !

Mais, pour une obscure raison, il pressentait que le scenario risquait de ne pas tourner à son avantage.

Le psychopathe en chef était venu lui faire un brin de causette quelques heures auparavant, Il n'en avait pas retenu grand-chose. C'était juste après l'avoir très confortablement installé contre le mur de pierres froides, entravé aux pieds et aux mains. Du cinq étoiles. Il pouvait entendre les champignons pousser tellement l'air ambiant y semblait propice !

Ca allait faire mal, il le sentait.


(...)

La mine arborée par Aizen ne fit que confirmer cette impression. Un chat devant un bol de lait n'aurait pas eu l'air plus gourmand. Grimmjow eut la très désagréable impression d'être la cerise sur le gâteau, le petit plus qui fait saliver. Il grimaça malgré lui. Dieu qu'il détestait ces satanés vampires !

« Te voilà réveillé. » Chantonna Aizen en s'approchant de lui. « J'en suis fort aise. »

Ben pas moi. Pitié, je peux pas m'évanouir de nouveau ?

Le brun se mit à sa hauteur, détaillant la courbe de sa mâchoire, les lignes de son cou, admirant le tracé d'une veine.

« Je ne pensais pas que nous nous reverrions, jeune garou. Non, vraiment pas… Mais le destin fait bien les choses, n'est ce pas ? »

« Ca dépend du point de vue… » Marmonna Grimmjow.

Aizen haussa négligemment les épaules.

« Ne t'inquiète pas. Sache qu'en ce qui me concerne, ton point de vue n'a aucune importance. Je dirais même que ta personnalité, tes envies, tes sensations, même ta vie !, tout cela ne compte absolument pas pour moi ! A mes yeux, tu n'es qu'une seule et unique chose : une source de sang. Une source rare et précieuse, à laquelle j'ai hâte de goûter ! »

La ferveur diabolique qui brillait dans les yeux noisette fit frémir l'humain.

« Alors, je vais te traiter comme telle. Je vais préserver ta vie et ton intégrité physique afin que la source que tu es continue de couler. Tu vois, le deal est simple : tu me donnes ton sang et je ne te tue pas. »

« Espèce de salaud ! » gronda Grimmjow.

« Chuuuut.. » Lui intima le brun en posant un doigt sur les lèvres du bleuté. « Allons, ne sois pas vulgaire, cela me porte sur les nerfs. N'oublie pas que je te garde en vie pour avoir ton sang. Rien ne m'oblige à te garder dans un état optimal, si tu vois ce que je veux dire. Alors... » Le regard se fit acier. « Sois sage. »

La menace était claire. Grimmjow ravala sa colère et resta muet, attendant que l'autre ait fini de le détailler comme une viande sur l'étal du boucher. Le doigt d'Aizen quitta ses lèvres pour glisser le long de son cou, descendant jusqu'à sa gorge puis remontant jusqu'à sa jugulaire.

« C'est là n'est-ce pas ? »

Grimmjow comprit immédiatement qu'il faisait allusion à l'endroit où Ichigo le mordait. Comprenant ce qu'il voulait faire, la colère contenue éclata.

« Vas- te faire foutre, enfoiré ! » Cracha-t-il.

La main d'Aizen se transforma en un étau d'acier enserrant sa gorge, lui coupant le souffle.

« Petit insolent. » Siffla le vampire. « Te réduire au silence ne pose aucun problème. Si tu veux que j'épargne tes cordes vocales, je te conseille de rester tranquille. »

Le visage du brun plongea vers son cou. Grimmjow ferma les yeux, horrifié de sentit le souffle sur sa peau, les lèvres humides effleurant une zone devenue intime au fil des morsures avec Ichigo.

Les crocs du vampire pénétrèrent sa chair, déchirant sa peau, libérant son flux vital. Aizen poussa un grognement de plaisir. Le sang du garou était un nectar. Parfumé, savoureux, il y avait un caractère dans ce liquide qu'il n'avait trouvé dans aucun autre. A regret, il relâcha l'humain. Il ne fallait pas en abuser. Du mois, pas le premier soir !

Grimmjow garda les yeux fermés. Il ne voulait pas voir son visage.


En France, deux jours après

Le visage d'Ichigo était un masque noir.

Ils n'étaient pas là.

Il s'était trompé.

Il avait tout misé sur la vitesse, supposant qu'Aizen irait se refugier dans son château de la région parisienne. Mais ils n'étaient pas là.

Il avait commis une erreur.

Et cette erreur risquait d'être fatale à Grimmjow.


« On va lui donner un petit bain. »

Ichimaru leva la tête, surpris.

« Un bain ? »

Agacé, Aizen eut un mouvement de colère.

« Dois-je répéter ? Je m'approche de cet humain tous les jours pour boire son sang, j'apprécierai qu'il ne sente pas le fennec ! Dans quel état de propreté crois-tu qu'il soit désormais ? »

Ichimaru s'inclina sous la colère de son maitre. Il n'était pas de son ressort de juger les desiderata d'Aizen, même si il désapprouvait fortement cette nouvelle lubie.

« Pardonnez-moi, Aizen-sama. Je m'en occupe tout de suite. »

« Que tout soit préparé dans ma chambre. Je superviserai cela moi-même. »


(...)

« Déshabille-toi. » Ordonna le brun.

Grimmjow ouvrit de grands yeux.

« P-Pourquoi ? »

« A ton avis, espèce de demeuré ? Tu as devant toi une baignoire remplie d'eau chaude. Si je devais te noyer, je n'aurais pas pris la peine de la faire chauffer ! Je veux que tu te laves ! Donc déshabille-toi et entre là dedans. Immédiatement. »

La voix ne souffrait aucune protestation.

En grimaçant – son épaule était toujours douloureuse, visiblement la captivité n'aidait pas à la guérison- il ôta tous ses vêtements et entra dans la bassine. Ça aurait pu être agréable si les yeux noisette n'étaient pas dardés sur lui, scrutant ses moindres gestes.

Un détail de son torse attira son attention.

« C'est une jolie estafilade que tu as là. » Remarqua le brun.

Grimmjow lui jeta un coup d'œil hostile.

« Souvenir d'enfance. »

« Ha, les joies des fratries garous j'imagine… »

L'humain n'était clairement pas enclin à aborder ce sujet et, haussant les épaules, attrapa la savonnette.

Son mouvement d'humeur n'échappa pas au brun.

« Frotte bien. Que tu sois propre, ca me changera. » Ordonna-t-il sèchement.

Une ribambelle de noms d'oiseaux, un chapelet d'insultes tournait en boucle dans la tête de Grimmjow. Il aurait donné cher pour pouvoir lui faire partager ses pensées mais après ces derniers jours, il ne se savait clairement pas à la hauteur.

Il entreprit alors de se frictionner vigoureusement l'épiderme.

Satisfait, Aizen se leva et quitta le champ de vision de l'humain, se dirigeant vers la fenêtre.

C'est ca, va admirer les bestioles qui galopent dehors et fiche moi la paix. Taré. Dégénéré. Abruti. Psychopathe.

« C'est beaucoup mieux comme cela. »

Grimmjow lâcha la savonnette de frayeur. Elle disparut au fond de la baignoire. Il sentit un sourire se dessiner sur le visage d'Aizen, qui se trouvait à quelques centimètres derrière lui.

« Ohh, voyons, je ne voulais pas te faire peur… »

Grimmjow déglutit bruyamment.

« Ca va.. » Piaula-t-il sans être très convaincant.

Horrifié, il vit une main se glisser dans l'eau de la baignoire.

« Qu'est-ce que.. ? »

« Je récupère le savon. Il faut bien que tu finisses de te nettoyer. »

Grimmjow était tétanisé. Tous ses muscles étaient contractés dans l'espoir de se faire le plus petit possible, cherchant à éviter tout contact avec cette main baladeuse. Il faillit hurler quand il sentit qu'on effleurait doucement sa hanche droite et dû se cramponner aux rebords de la baignoire.

Il sentit le sourire d'Aizen s'agrandir.

La main sortit de l'eau, tenant le savon.

L'humain manqua de pousser un soupir de soulagement.

« Merci. » Balbutia-t-il. « Je vais… »

« Tsssss, tu es trop tendu. Je vais m'en occuper. »

Avant que Grimmjow ait pu protester, il sentit une main d'Aizen se poser sur son épaule tandis que l'autre retournait dans l'eau du bain.

« Non, arrêtez.. »

« Ne bouge pas ! » Ordonna sèchement le vampire en agrippant l'épaule de Grimmjow.

Aussitôt, une vague de douleur se diffusa dans tout son corps. Cet enfoiré savait où appuyer. Son épaule démise était un parfait moyen de pression.

Haletant, le cœur battant à 100 à l'heure , Grimmjow ne put que rester immobile tandis que sous l'eau, la main baladeuse se promenait sur ses abdominaux, glissait sur ses cuisses et caressait ses flancs.

Aizen enfouit son visage dans les cheveux de l'humain.

« Cela faisait bien longtemps tu sais qu'un humain ne m'avait pas autant mis en appétit. Je comprends Ichigo… Quel petit veinard. Avoir pu profiter de toi pendant tout ce temps….Mais je crois qu'on va rattraper le temps perdu. » Susurra-t-il de sa voix la plus suave.

Pour Grimmjow, ces paroles firent l'équivalent d'un coup de poignard dans le ventre. Cet enfoiré n'allait quand même pas…. ?

Comme pour répondre à sa question, la main baladeuse devint indiscrète et se faufila entre ses jambes. Grimmjow poussa un grognement de révolte et tenta de se lever. La poigne d'acier autour de son épaule se serra encore un peu plus, lui arrachant un gémissement de douleur.

Aizen plaqua sa joue contre la sienne.

« J'adore ca, c'est une si douce musique à mes oreilles. » Susurra-t-il tandis que sa main entreprenait un va et vient brutal.

Grimmjow poussa une plainte sourde qui ravit son tortionnaire. Le brun lâcha son épaule et, le saisissant par les cheveux, attira sa tête vers l'arrière. Sans ménagement, il s'empara des lèvres de l'humain, pénétrant sa bouche de sa langue.

Sa fureur explosa sous l'intrusion du brun, lui donna comme une décharge dans le corps.

Grimmjow se débattit comme un diable pour se débarrasser du vampire. D'un violent coup de pied, il se dégagea de la main qui le maintenait sous l'eau tandis que de ses mains, il frappait Aizen à la tête de toutes ses forces. Surpris, le brun, déséquilibré, tomba. Sans réfléchir, Grimmjow sortit de la baignoire et se jeta vers la porte.

Il ne l'avait pas atteint qu'un coup de poing sur la tempe le plongea dans un noir total.


Bon, vous l'aurez compris, les (...) signifie le point de vue de Grimmjow,qui ignore bien évidemment tout de son lieu de détention et a un peu perdu la notion du temps..

Alors, ca vous a plu?

Je vous préviens, le prochain chapitre arrivera plus lentement que celui-ci! Mais il arrivera!

A bientôt!

;-)