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Chapitre 9 : Vérité, douloureuse vérité
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Au fil des pages de résultats médicaux, Wilson craignait de plus en plus la confrontation avec la mère de son ami. Comment, après tout ce qu'elle avait déjà appris et enduré en 24 heures, allait-elle pouvoir gérer ces nouvelles ? Comment allait-il pourvoir gérer ces nouvelles ?
- James ?
- Madame House…
- Le médecin est passé te voir ?
- Oui.
- Alors ? Il a les résultats de Greg ?
Wilson ferma le dossier et regarda la mère de House dans les yeux.
- Oui.
- Ils ont trouvé quelque chose ?
- Oui.
Elle s'assit brusquement sur une chaise proche et plaqua la main contre sa bouche.
- C'est mauvais, n'est-ce pas ?
- Oui.
- James, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que… Qu'est-ce qui va arriver à mon petit garçon ?
Wilson soupira et s'assit à son tour sur l'une des chaises, posant le dossier à côté de lui. Il ne savait pas par où commencer, comment annoncer à cette mère dévastée la situation désastreuse de son fils. Et pourtant il le fallait ; il devait lui dire de quoi il s'agissait. Elle méritait qu'il soit honnête avec elle.
***
- House ?
Le diagnosticien tourna lentement la tête vers Wilson, qui se tenait près du lit.
- Ecoute, j'ai… d'assez mauvaises nouvelles. Le médecin a reçu tes résultats d'examens tout à l'heure.
Le front de House se plissa, signe qu'il était aussi attentif que possible. Wilson prit appui sur le bord du lit.
- A cause des attaques cardiaques que tu as eues, ton cerveau a été privé d'oxygène un certain temps, et tes organes en ont souffert. En fait, il s'agit surtout de tes reins. Ils étaient déjà fragilisés par ton addiction, et maintenant ils se trouvent en très mauvais état. Tu vas être inscrit sur la liste d'attente pour une greffe d'ici peu de temps.
Comprenant parfaitement ce que cela signifiait, House hocha faiblement la tête. Il parvint péniblement à attraper son masque à oxygène et à le retirer pour murmurer une phrase qui bloqua la respiration de Wilson.
- Pourquoi ils m'ont sauvé ?
- Je… House, je t'interdis de… Tu n'as pas le droit d'y penser !
- J'aurais… Voulu… Qu'ils me…
La respiration de House devint rauque et difficile. Wilson remit de force son masque à oxygène sur son visage.
- Calme-toi, respire doucement. Tu devrais te reposer. Le médecin passera un peu plus tard pour t'expliquer les choses plus en détails.
***
A peine sorti de la chambre, Wilson vit la mère de House s'approcher. Ne se sentant pas le force de lui parler pour le moment, il prétexta un besoin urgent d'aller aux toilettes et s'éloigna rapidement. Face au miroir, il s'aspergea le visage d'eau glaciale. Peut-être qu'au moins, il parviendrait ainsi à rester éveillé…
Alors qu'il prenait le temps de souffler, de se poser un peu, son téléphone sonna. Un coup d'œil à l'écran répondit à sa question : Cuddy.
- Wilson.
- Bonjour James. Vous avez eu les résultats de House ?
- Lisa, je ne suis pas son médecin…
- Si le directeur de l'hôpital refuse de vous communiquer les…
A bout de nerfs, Wilson la coupa immédiatement.
- Je ne suis pas son médecin mais oui j'ai eu ses résultats.
Il entendit la respiration de son interlocutrice s'accélérer.
- Ce n'est pas bon. Il a besoin d'une greffe de rein.
- On connaît la cause ?
- Crises cardiaques, Vicodin à volonté pendant plusieurs années… Ils devaient déjà être en mauvais état avant… tout ça.
- Je pense pouvoir prendre ma journée de demain pour venir vous relayer.
- Non, ce ne sera pas la peine.
- James !
- Lisa, je vous en prie. Je n'ai pas envie de me battre avec vous aujourd'hui.
- Alors ne vous battez pas : laissez-moi venir !
- Croyez-moi, il ne voudrait pas être vu dans cet état. Et puis on est bien assez de deux à son chevet. J'avais prévu des affaires d'avance au cas où. Tout est sous contrôle.
La jeune femme raccrocha à regrets après quelques mots. Malgré les paroles rassurantes de Wilson, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter et de se dire que sa place était auprès de House, dans cet hôpital dont elle ignorait même le nom.
***
En sortant des toilettes, Wilson vit que la mère de House était assise à son chevet et décida de ne pas les déranger. Il partit donc vers l'accueil afin de remplir des formalités qui allaient devenir de plus en plus urgentes.
- Je peux vous aider Monsieur ?
- Oui, un de mes amis est hospitalisé ici pour un certain temps, Gregory House. J'habite assez loin alors j'aurais voulu savoir s'il y avait un hôtel près de l'hôpital.
- Bien sûr. Il y en a un pas très cher juste à côté, à environ 500 mètres.
- Parfait. Vous auriez leur numéro par hasard ?
La dame souriante tapa rapidement quelque chose sur l'ordinateur, griffonna quelques mots et un numéro sur un bout de papier et le lui tendit.
- Oui, tenez, le voilà.
- Merci beaucoup.
***
Wilson sortit quelques instants de l'hôpital, qu'il n'avait pas quitté depuis presque 48 heures, et appela immédiatement l'hôtel. Il réserva deux chambres avant de raccrocher et de se diriger à nouveau vers le service de soins intensifs dans lequel se trouvait son ami.
Dans les couloirs, il croisa le docteur Nolan, le psychiatre du centre Mayfield.
- Monsieur Wilson ! Bonjour. Vous vous souvenez de moi ?
- Oui, bien sûr. Bonjour docteur.
Ils se serrèrent la main, tous deux gênés.
- Vous venez voir quelqu'un ?
- Oui, je viens prendre des nouvelles de Gregory. Je pense ne pas trop m'avancer en disant que vous êtes également ici pour lui ?
- Effectivement. Je suis là avec sa mère depuis hier.
- Oh. J'ignorais que sa mère était venue.
- Je l'ai appelée. Elle est au courant de tout.
Le docteur Nolan plissa les yeux, subitement intéressé par la conversation.
- J'ai beaucoup parlé d'elle avec Gregory ces six dernières semaines… Mais c'était difficile. La plupart du temps il se renfermait sur lui-même lorsque j'abordais ce sujet. Sa plus grande crainte était qu'elle n'apprenne ce qui lui était arrivé. Il ne voulait surtout pas qu'elle sache qu'il avait été interné…
Wilson répondit un peu sèchement, se sentant accusé par le médecin en face de lui.
- Je n'ai pas vraiment eu le choix.
- Et j'en suis tout à fait conscient. La situation était quelque peu… spéciale. Mais vous comprenez bien qu'en tant que médecin responsable de Gregory, je m'interroge sur cette relation particulière qu'il entretient avec sa famille, et avec sa mère plus spécifiquement. J'ai l'impression que les bases de sa dépression, de son addiction et de ses hallucinations sont plongées dans son enfance…
Alors qu'il écoutait le débit de paroles du psychiatre, Wilson écarquilla les yeux de surprise face à la personne qui s'avançait vers eux. Il tenta de prévenir son interlocuteur à temps, mais il était déjà trop tard.
- James, qui est cet homme ? De quoi parle-t-il ?
Il jeta un regard désolé au médecin avant de se tourner vers la vieille femme qui le fixait.
- Madame House, voici le docteur Nolan. Il… Il s'occupait de Greg avant… l'incident.
- Comment ça, il « s'occupait de Greg » ?
Le psychiatre décida que c'était le moment pour lui d'intervenir et tendit la main vers la vieille femme qui la lui serra.
- Je suis enchanté de vous rencontrer madame. Comme vous l'a expliqué monsieur Wilson, je suis le docteur Nolan. Je travaille au centre Mayfield. Je suis votre fils depuis plusieurs semaines.
La mère de House sembla enfin comprendre.
- Est-ce que c'est de lui que vous parliez à l'instant ?
- En effet madame.
- Est-ce que mon fils va bien ? Je veux dire, avant d'arriver dans cet hôpital, est-ce qu'il allait bien ?
Le docteur Nolan jeta un regard désespéré à Wilson, désarçonné par la question de son patient. Comment pouvait-il lui faire comprendre l'état psychologique critique dans lequel son fils se trouvait ?
- Madame House, vous devez savoir que lorsque quelqu'un en arrive au point de devoir être interné, c'est qu'il se passe quelque chose de très grave.
- Mais, est-ce qu'il va bien ? Mon petit Greg va bien, n'est-ce pas ? Il est fort, il est brillant, il ne peut pas aller mal !
Wilson et Nolan comprirent alors à quel point leurs paroles allaient affecter la vieille femme et détruire toutes les illusions qu'elle s'était faites au sujet de son fils. Et pourtant elle devait savoir.
- Madame, Gregory va mal. Très mal. Il est malade, il a des hallucinations et a tenté de se suicider ; son état psychologique est très préoccupant.
- Non…
Le déni. La réaction classique de toute mère face à la détresse de son enfant. Ensuite viendrait la tristesse, puis la culpabilité. Et enfin, point ultime de ce flot d'émotions dévastatrices, la colère.
***
Promis, j'essaie de mettre la suite plus rapidement la prochaine fois ! Vous voulez bien me laisser une petit review quand même ? = D
