Bonjour tout le monde.

Ce chapitre devait sortir hier, mais comme j'avais déjà mon Secret Santa à publier et également une journée bien remplie, je l'ai décalé à aujourd'hui.

Vous ne m'en voulez pas trop ?

Et si je vous dis que j'ai maintenant trois chapitres d'avance niveau relecture et que donc il n'y aura plus de coupure, vous me pardonnez ? C'est Noel en plus, la période où on doit aimer et pardonner son prochain.

Je vais arrêter mes bêtises et vous laisser profiter du dernier chapitre de l'année.

Bonne lecture et encore un joyeux Noel à vous tous.


Le corps résiste au sommeil. Le corps a mal à cause du froid et de l'adrénaline, mais il résiste au sommeil. L'esprit rejoue l'image du visage de Rogers de l'autre côté de la vitre, ses yeux et sa bouche grands ouverts.

Et n'essaie même pas ton putain de contact, connard.

CONTACT

Je te déteste.

Durée de sommeil programmée : 4,5 heures

Durée de sommeil programmée : 4 heures

Durée de sommeil programmée : 3,5 heures

Durée de sommeil programmée : 3 heures.

L'agitation du corps continue après le réveil. Barnes sort pour sa vérification matinale juste après l'aube. À cause de la tempête, la température a baissé de quinze degrés par rapport à la veille. Des nuages roses parcourent le ciel. Analyse esthétique : c'est joli. Le froid donne envie au corps de s'étendre, de grandir. Les poumons sont avides de cet air. Le corps se relaxe. Le périmètre est vide.

« Nuit difficile? » demande Sam-qui-vole à 06H48.

Barnes peut voir dans la cuisine à travers la fenêtre latérale. Les voisins de Wilson sont des jardiniers négligents : leur haie est trop grande et hirsute. Parfaite pour une surveillance rapprochée. C'est une super découverte. Les cheveux de Rogers se dressent dans tous les sens, et il a des cercles sombres sous les yeux. Il ressemble franchement à rien.

PORTER ASSISTANCE.

En délibération sur la suite à donner.

« Ouais. Je n'arrête pas de penser à ce que j'ai cru voir. »

Wilson attrape l'épaule de Rogers dans un geste reconnu comme une tentative de réconfort. La main de chair reproduit ce mouvement.

« Je sais. Ça secoue. »

« Ça fait beaucoup de et si, Sam. »

« Ce genre de pensées va te tuer. »

À ÉVITER.

Obtempérer.

« Je sais, mais -»

« Mais rien. Elles vont littéralement te tuer. »

INCOMPATIBLE AVEC LA MISSION.

Obtempérer.

« Donc tu dois arrêter, mec. C'est du poison. Tu ne peux gérer que les choses quand elles arrivent »

« J'aurai dû le suivre, Sam. »

Et voilà le Briefing de Mission qui balance en vrac tout un tas d'informations fragmentaires, et aucune d'entre elles n'a le moindre sens : une chute depuis un point élevée, un train, un terrain montagneux, une série d'émotions identifiables : peur, regret. Analyse : informations minimales, technologie rudimentaire, conditions inhospitalières. Probabilité du succès de la mission, inférieur à 20%.

Steve, tu aurais dû me chercher, quoi qu'il se soit passé.

Non. Non, Briefing est clair maintenant. Rogers avait une mission : attraper Zola. Analyse de Zola : c'est un sale fils de pute. Importance de cette mission : critique. Analyse de sa propre remarque : injuste. Détends toi, Barnes.

« Comment étais-tu supposé savoir, mec ? »

AFFIRMATION

Affirmation.

« Je ne pouvais pas. Mon cerveau le sait. Mon cœur ne l'acceptera jamais. »

« Je comprends. »

« Oui, je sais que tu comprends. »

« On ne va pas au centre aujourd'hui ? »

« Non. Je voudrais savoir si je peux entrer dans mon appartement sans me faire tirer dessus... »

À ÉVITER

Confirmer.

«… et récupérer mon costume bleu pour les funérailles de Nick. »

« La situation va être bizarre. »

« Carrément. »

« Au moins, tu ressembles déjà à quelqu'un dont on a écrasé le chien. »

« Ferme la, Sam. »

« Bien reçu. »

« C'est ce qu'ils t'apprennent au Centre ? À soigner les problèmes psychologiques des vétérans en te montrant désagréable ? »

« J'ai un diplôme spécial en emmerdeur. »

« Je te crois sans problème. »

Wilson part, et Rogers regarde à travers la fenêtre pendant 4,8 minutes avant de monter à l'étage. Il sort par la porte de devant 11,6 minutes plus tard.

Barnes quitte la haie.

Il retourne dans la haie et en détache ses cheveux. Enregistre un rappel : mettre des élastiques pour ses cheveux dans les poches. Ouch.

Rogers marche avec ses mains enfoncées dans l'horrible veste bleue, un horrible chapeau bleu marine sur son crâne géant. Tête baissée, allure lente.

Besoin d'informations : pourquoi est-ce que Rogers est aussi malheureux ? Hypothèses : concerné par de probables attaques d'HYDRA. Possible perte de collègues durant le combat. Possible crainte au sujet de l'argent, étant donné le manque actuel de travail. Le manque de revenus engendre des soucis : au sujet du loyer, au sujet de la facture pour les courses, au sujet des médicaments si on tombe malade, au sujet de l'huile nécessaire pour chauffer le logement quand il fait froid.

Barnes calcule ses dépenses par rapport à l'argent qu'il a rangé dans le sac de sport. Ses achats actuels se limitent à du café et des sandwichs au fromage grillé. Et des vêtements pour courir, même si ça fait chier. Programmer une tâche : entrer dans la maison de Wilson et laisser de l'argent à Rogers. Moins de soucis.

APPROUVER.

Obtempérer.

Le corps bouge plus légèrement, une fois qu'il a une tâche simple et utile de prévue. Rogers, de son côté, continue à se traîner dans la rue, regardant le sol. Une branche d'arbre se trouve à hauteur de tête, un peu plus loin sur le trottoir.

Lève les yeux, Rogers.

Regarde où tu vas.

PORTER ASSISTANCE.

Allez, mon pote, tu vas te provoquer une commotion cérébrale.

Rogers continue à regarder le sol, comme si la branche n'attendait pas la première occasion pour réarranger son cerveau dans une nouvelle configuration encore plus stupide que l'actuelle.

Rogers, putain de merde.

Barnes a une des grenades de l'Atout dans sa poche. Mais ça va attirer l'attention, tout comme un tir avec le pistolet.

PORTER ASSISTANCE.

J'essaie.

Un des propriétaires sur le chemin a installé de petites pierres ovales autour de ses boîtes aux lettres.

Le délai devient critique.

Blessure imminente.

Barnes lance un des cailloux sur l'arbre incriminé. La pierre frappe la branche avec un bruyant POCK, et Rogers lève la tête, se décale, puis passe sous la branche.

Blessure évitée.

Sous-objectif de mission : achevé.

Dans son immeuble, Rogers démontre deux habitudes que Barnes a déjà observé sur les vidéos en ligne : 1. Un manque total d'instinct de conservation, et 2. Il ne vérifie jamais son flanc gauche. Il entre dans le bâtiment sans vérifier le périmètre.

Il entre dans le bâtiment sans vérifier le périmètre.

Mission, je le jure sur la tête de Lénine, toi et moi sommes les seules cartes de ce gars qui tiennent la route.

CONFIRMER

Parce que, bien entendu, HYDRA a quelqu'un qui surveille la bâtiment. Barnes remarque le type durant le premier quart de sa vérification du périmètre : sur le toit du bâtiment voisin, aussi visible que le nez au milieu de la figure.

Arrivé au milieu de l'ascension des escaliers de secours, le téléphone vibre dans sa poche pendant que le son du banjo agresse son ouïe.

« C'est quoi cette connerie ? » hurle Rogers dans son oreille.

Barnes passe 0,9 secondes à tomber avant que le bras de métal ne saisisse une rambarde. Merde, il avait oublié à quel point le banjo était chiant.

Au déplorable sixième riff du banjo, Barnes est à nouveau en train de monter et Rogers a réalisé que son téléphone sonne.

Changer sa sonnerie était une erreur tactique. Il aurait dû réaliser que 1. Une cible avec un mouchard possédant 2. Un téléphone synchronisé, signifiait qu'il entendrait ce foutu son à nouveau. Peut-être que Steve va changer sa sonnerie.

Peut-être que du moka blanc va tomber du ciel. Genre … maintenant. Zut.

Rogers répond à l'appel.

« Qui est-ce ? »

« Qui veux-tu que je sois ? »

Ho, cette Romanoff. Pourquoi est ce qu'elle l'appelle ?

«Je me moque bien de qui tu es, tant que tu es présente, » dit Steve, « je veux te parler de plusieurs trucs. »

Le sniper d'HYDRA est un peu trop concentré sur sa cible. Barnes est (extrêmement) bon, mais il n'est pas totalement silencieux. Et pourtant le sniper ne bouge pas quand Barnes monte sur le toit.

« Tu seras à l'enterrement, non ? » demande Romanoff d'une voix traînante.

« Oui, mais je ne pense pas que... »

Le sniper se fige. C'est un mouvement familier. Le corps le connaît, il est le précurseur d'un coup de feu.

PROTÉGER

On est dessus, mon pote.

Il racle son pied le long de la surface du toit, et le sniper se retourne en l'entendant.

« Non, je sais, » dit Romanoff, « trop de monde, le risque de faire face à des questions embarrassantes est trop important. »

Barnes lève le bras de métal et agite les doigts. La bouche du sniper s'ouvre en grand. L'extrémité du fusil est pointé sur le côté. Analyse : le type connaît son job. Il ne veut pas risquer d'effrayer Rogers et de rater sa chance.

« Hé mon ami, je suis certain qu'il y a une prime sur ma tête, » dit Barnes.

Il sort un couteau (un des quatres qu'il a sur lui) très lentement.

« Je vaux plus mort ou vif ? »

« Mort, ce sera plus simple, » dit le gars. « Ce n'est pas comme s'ils pouvaient te réintégrer de toute manière ? »

Connard.

« Mais peut-être que tu souhaiteras passer un temps près de la tombe de ton ami, quand ce sera plus calme, » dit Romanoff.

Le sniper bouge. Il est rapide, pour un modèle standard d'humain.

« Disons, le lendemain, vers trois heures ? »

Ça fait du bien de se battre. Le corps connaît cette danse. Et Mission jubile à l'idée d'éliminer cette menace.

« Tu as trouvé quelque chose, » murmure Steve dans l'écouteur. Sa voix semble rauque, et Barnes hésite pendant une fraction de seconde. Est-il malade ? Analyse : non. C'est une émotion forte.

L'idiot de sniper essaie de planter un couteau dans le bras de métal.

« Merde. » dit-il.

« Yep, » dit Barnes.

« J'ai trouvé quelque chose, » dit Romanoff, et elle coupe la ligne.

Le bras de métal se connecte avec la tempe du sniper, et le type s'effondre comme une masse.

Analyse : doit-il le tuer ? Avantage : un con de moins sur terre. Désavantage : perdre une chance d'obtenir des informations. Même si Barnes n'a pas le temps de mener un interrogatoire et de protéger Capitaine-Je-Souhaite-Mourir en même temps. Mais Rogers aura peut-être envie de s'en occuper.

BON BOULOT

Hé, merci.

« Où sont mes bon dieu de carnets ? » dit Rogers à son appartement vide et à son super protecteur qui l'espionne.

C'est la merde pour redescendre au niveau du sol, mais Barnes y arrive à temps. Il est caché dans les escaliers de l'immeuble de l'autre côté de la rue quand Rogers émerge, un sac à la main.

« Qu'est-ce...»

Rogers fronce les sourcils en voyant le perron, puis il regarde à droite dans la rue, puis à gauche. Barnes doit couvrir sa bouche avec sa main de chair afin de retenir le rire que provoque sa confusion. Steve pousse le gars avec son pied. Il jette un œil des deux côtés de la rue à nouveau. C'est tellement drôle. Il sort son téléphone.

« 9-1-1. Quelle est votre urgence ? »

« M'dame, c'est Steve Rogers. Oui, M'dame, celui-là. Il semblerait que j'ai un agent d'HYDRA devant ma porte. Oui, M'dame. Attaché avec sa propre veste. Il a une arme, M'dame, mais son canon forme actuellement un angle de 90 degrés. Je pense que j'ai besoin du… FBI? Non M'dame, je n'en ai pas la moindre idée. »

Génial.