Beta-reader : Imliel

Réveil et rencontre.

Trois jours et demi après sa morsure, le jeune calice se réveille. Harry se sent bien, il n'a plus mal à la jambe, plus cette impression d'étouffer et de brûler, cette impression de mourir à petit feu. Il n'a pas envie de bouger de là où il se trouve. Il a le sentiment d'être à l'abri, toutes les images horribles dans sa tête semblent avoir disparues.

Harry, toujours les yeux fermés, s'étire de tout son long. Son bras rencontre un obstacle au-dessus de lui et un souffle chaud sur son front lui indique que quelqu'un se trouve dans son lit. Oh par Merlin ! Qu'est-ce que j'ai encore fait ? Pense le jeune homme.

Le petit brun ne bouge plus, sa mémoire met un certain temps avant de laisser ses souvenirs lui revenir puis il soupire. Oui, il se souvient ! Malgré son appréhension, somme toute légitime, Harry ouvre les yeux et tombe sur un torse finement musclé. Il relève la tête lentement et aperçoit le regard d'onyx de son professeur de potions posé sur lui, plein de désir et de fatalité, s'attendant probablement à des reproches ou pire des insultes.

Allez savoir avec un Gryffondor ! Surtout un Potter.

-Vous ne vous sauvez pas, Potter, demande le demi-vampire sans ironie ni méchanceté. Ma présence ne vous fait pas horreur ? J'aurais pensé que vous auriez bondi de ce lit comme un ressort, sourit l'homme comblé qu'Harry reste contre lui.

-Non, monsieur, je me sens très bien dans vos bras et je n'ai nulle envie d'en bouger, murmure Harry. Repoussez-moi si vous le désirez. Moi, je suis trop fatigué pour ça.

-Vous voulez répéter ? S'étonne le Dhampir qui ne s'attendait pas à cette réponse mais plutôt à des cris et des jérémiades.

-Je dis que je suis très bien dans vos bras, monsieur.

-Je croyais que vous me haïssiez, Potter ! Ne peut s'empêcher de demander le professeur tout en ramenant plus près de lui le corps chaud de son calice.

-Haïr n'est pas le mot. Je trouve que comme professeur de potions vous êtes imbuvable, vraiment de mauvaise foi. Je vous assure, il n'y a pas pire que vous. Vous m'avez détesté dès le premier jour alors que je n'étais responsable de rien. Je ne vous ai jamais rien fait, il me semble, monsieur!

-Et voler dans ma réserve ? Et vous promener dans les couloirs de Poudlard la nuit sous votre cape d'invisibilité ? Sans parler de tout le reste !

-Je suis le fils de l'homme qui a saboté vos années à Poudlard. Osez dire que vous ne m'en voulez pas pour ça !

-Il n'était pas le seul, monsieur Potter. Les maraudeurs étaient quatre et Sirius Black était le pire d'entre eux, cela dit c'est le passé n'en parlons plus. Et puis je ne vous en veux plus.

-Donc vous m'en avez voulu malgré tout ?

-Plus maintenant, je viens de vous le dire. Et pour être honnête, j'ai ma part de responsabilité dans ce qui s'est passé entre eux et moi.

-Vous m'en parlerez un jour ?

-Peut-être, Potter, nous verrons bien. Comment vous sentez-vous ce matin?

-Je dirais qu'à part une grande fatigue, je me sens bien.

Harry remue contre le professeur passant sa main sur la poitrine de l'homme et respirant son odeur suave. Il ne sait pas très bien ce qui lui prend mais il a très envie du Dhampir. Il est attiré par lui, quelque chose de fort le pousse vers cet homme, qui soit dit en passant est des plus hum….appétissant.

-Vous ne devriez pas faire ça, Potter ! Gémit l'homme qui sent son membre raidir à toute vitesse sous la caresse du petit brun.

-Pourquoi ? Demande le garçon innocemment en prenant quand même une jolie teinte rouge.

-Vous êtes mon calice et un Dhampir n'a pas qu'une envie de sang envers son compagnon. Je croyais que vous le saviez !

-Je sais, avoue le Gryffondor. J'ai lu le livre, je vous le rappelle.

-Donc là, vous m'aguichez ?

-J'essaye, professeur, dit Harry en souriant. Et puis, pourquoi refuser ce qui doit arriver, j'ai promis de devenir votre calice et je ne reprendrai pas ma parole. Je pense aussi que mon goût pour les hommes y est certainement pour quelque chose. J'avais disons déjà remarqué votre….heu je.

-Alors, monsieur Potter, à court de mots ?

Harry remue mal à l'aise devant le regard perçant de son professeur.

L'homme complètement sous le charme fond sur la bouche du garçon, forçant le barrage de ses lèvres et caressant sa langue, ô combien délicieuses. Harry s'accroche aux bras de son demi-vampire et profite indécemment du baiser impudique, répondant à chaque caresse, à chaque mouvement de hanche contre les siennes. Le baiser devient de plus en plus brûlant. Severus est heureux : son calice l'accepte sans conditions et sans retenue même.

L'homme aux crocs acérés se retrouve sur le survivant mordillant sa lèvre inférieure et frottant lascivement son érection volumineuse sur celle du jeune homme sous lui. Le calice n'est que plaisir son esprit part à la dérive sous les caresses et les baisers du maître des potions. Le lien qui les relie et qui veut leur union se fait de plus en plus fort, le Dhampir doit prendre son calice et le proclamer sien aux yeux de son peuple d'adoption.

Severus enlève le drap, voulant contempler le corps de son compagnon. Sa main effleure le membre raidi du calice qui pousse un cri d'extase et rejette sa tête en arrière, laissant son amant suçoter son cou qui ne demande qu'à être mordu. Une bouche aventureuse se promène sur son corps, laissant des marques rouges. Le jeune homme se tend dans un plaisir évident.

Le maître des potions, heureux de la docilité de son calice malmène les petits boutons de chair entre ses lèvres. Ses mains descendent plus bas et caressent les cuisses de son jeune amant. Harry, malgré sa fausse témérité, avance une main maladroite sur le dos de Snape. Les deux amants passent un long moment à faire connaissance, à caresser le corps de l'autre, à suçoter, à embrasser, à s'aimer. Dans un dernier cri de plaisir Harry se libère contre Severus poissant son ventre tandis que le Dhampir, après deux, trois autres va-et-vient dans son amant, se vide en s'accrochant à ses épaules, tout en mordillant son cou délicat.

Tout seul dans son lit Severus trouve qu'Harry a accepté trop vite leur nouvelle relation. Oh ! Pas le fait de devenir son calice, le gamin n'avait pas trop le choix, mais le fait qu'il ait couché avec lui sans poser de question. Il y a le lien qui les pousse l'un vers l'autre, pas qu'il s'en plaigne bien au contraire. Ils ont aimé ça tous les deux, pas la peine de s'en cacher. Le corps de ce morveux contre le sien l'a électrisé, sa peau douce, ses lèvres rougies, hum pense Severus. Voilà que je recommencerai bien à pilonner ses jolies petites fesses, moi.

Pendant ce temps dans la salle de bain Harry ressent comme un malaise, comme si une présence lui manque. Seul dans la grande baignoire, il regarde encore une fois sa jambe : plus rien, il n'y a plus de plaie elle est intacte. Plus aucune douleur enfin ! Le jeune calice fait venir à lui un miroir et regarde son visage dénué de toute cicatrice : à part le tatouage, il ne reste rien sur sa joue.

-Tout est parti n'est-ce pas ? demande une voix depuis la porte.

Harry tourne la tête vers Severus et la détourne aussitôt.

-Me voir nu te gêne ? Pourtant vu ce que nous venons de faire je….

-Je n'ai pas l'habitude, c'est tout ! dit Harry en reposant le miroir. C'était la première fois pour moi, enfin la deuxième.

-Je sais.

-Non, vous ne savez rien sur moi, monsieur ! Vous n'avez jamais cherché, d'ailleurs, et puis je n'ai pas envie de me disputer avec vous aujourd'hui. Je veux seulement vous remercier de m'avoir donné l'opportunité de redevenir moi-même. Je ne comprends pas pourquoi, à part cette histoire de démon. Je veux dire, je suis un peu perdu là. Dans le livre sur les créatures de la nuit, ils disaient qu'un Dhampir prend seulement un calice quand il est amoureux de lui. Mais vous ne m'aimez pas, c'est même le contraire. Alors pourquoi ?

-Potter, je n'ai pas à répondre à vos questions et arrêtez de squatter ma baignoire. J'aimerai me laver moi aussi ! Un petit-déjeuner vous attend à la salle à manger et ça va refroidir si vous ne vous dépêchez pas.

-Je peux toujours le faire réchauffer d'un sort. Et oui, je vous laisse la place, peste Harry en se levant. Je sais que vous ne voulez pas répondre à ma question et que c'est pour ça que vous devenez désagréable avec moi.

Severus ferme les yeux quelques secondes en voyant son calice dans sa nudité. Dans un terrible effort, le demi-vampire empêche son propre corps de réagir, peine perdue ! Le survivant s'enroule dans une serviette et passe devant l'homme en souriant narquoisement. Severus, excédé, claque la porte derrière lui.

-Et bien, ça promet, râle le maître des potions. Voilà que Potter a retrouvé son caractère emporté. Peste soit des Gryffondors !

L'homme sort, après s'être habillé, et aperçoit son calice endormi sur le lit simplement recouvert de sa serviette. Severus recouvre son jeune amant pour qu'il ne prenne pas froid. Lui qui aurait aimé se recoucher près de lui et abreuver sa bouche de baiser et son corps de caresses se voit contraint de le regarder dormir.

La journée suivante, Harry passe son temps à dormir et à manger : il n'a pas la force pour plus. Le soir, Severus prend sa ration de sang mordant le cou gracile de son calice et reste près de lui, le lien l'empêchant de s'éloigner au moins la première semaine. Le jeune homme se serre contre lui pour sentir sa présence car aussitôt que Snape s'éloigne, c'est la panique : il s'agite et ressent une impression d'abandon. C'est douloureux et déstabilisant.

Les trolls ont disparu des alentours de la cité des vampires. Ont-ils abandonné la partie ? Les démons savent-ils déjà que Harry Potter est devenu son calice ? se demande Severus. Comment vont réagir ces créatures démoniaques ? En attendant, aucun doute sur le fait que ce sont les démons qui ont envoyé ces créatures du diable pour les intimider : pauvres idiots qui croient que des vampires se laissent effrayer par des trolls stupides et ignares.

Tous les soirs, Draco fait un rapport à Severus sur ce qu'il a trouvé à la bibliothèque. Pour l'instant rien de concret, mais il lui reste tellement de livres à lire qu'il doute de les finir avant de partir.

Le quatrième soir, le vampire revient comme toujours lui rendre visite et lui tend un parchemin. Draco, étonné, le prend, l'ouvre et le lit.

-L'avez-vous lu monsieur ? lui demande-t-il curieux.

-Bien sûr que oui. Je lis toujours les parchemins qui me sont adressés, jeune homme.

-Pourquoi est-ce vous qui avez reçu la missive ?

-Quelle importance de savoir qui le premier doit recevoir ce parchemin ? Le principal est de savoir si nous allons répondre favorablement à ce message.

-Est-ce que vous pensez que le chef de ce clan va accepter la demande de mon père ?

-Est-ce que cela vous fera plaisir ?

-Vous répondez à ma question par une autre question ! Mais oui, cela me fera plaisir, dit Draco dans un séduisant sourire.

-Alors je vais voir ce que je peux faire. Vous avez un sourire magnifique, Draco. Sale caractère, mais magnifique sourire : vous devriez le faire voir plus souvent.

-Je n'en vois pas l'intérêt, dit le blond en reprenant sa lecture soufflé du sans-gêne du vampire. Ben quoi, c'est vrai : où cet homme a vu que je ne suis pas aimable avec les autres ? Puff ! Et lui il s'est regardé ? Continue de penser le blond.

Le vampire regarde Draco sans rien dire, puis au bout d'une demi-heure il repart dans un léger courant d'air. Le blond ne connaît toujours pas le nom de l'homme. Tout ce qu'il a remarqué, c'est qu'il est superbe, ça il ne peut le nier. Enfin pour le peu qu'il peut en voir dans cette salle un peu sombre. Il n'en a parlé à personne, ni à Severus, ni à Tobiak. Harry pas la peine d'en parler : il ne quitte pas sa chambre, Severus le garde jalousement dans son lit.

Pourtant ce soir-là, en rentrant, le blond a la chance de voir le survivant à table avec eux. Il a une mine resplendissante, par contre il a besoin de reprendre du poids. Draco est heureux de le voir enfin réveillé, les deux jeunes hommes passent leur soirée à discuter et à rire. Severus se sent un peu à l'écart : son calice ne fait pas grand cas de lui. Aurait-il changé d'avis ? Impossible leur union a été tellement fusionnelle, si intense ! L'homme en noir leur annonce que dans une semaine, ils retournent à Poudlard.

-Pourquoi ? demande Harry. On devait rester plus longtemps ici monsieur, je n'ai pas envie de partir !

-J'ai toujours des cours à assumer, monsieur Potter. Et puis ce n'est que partie remise nous reviendrons plus tard. Demain soir, puisque vous allez mieux, nous sommes invités chez Slade, c'est un de mes amis et qui plus est, il est le chef de ce clan. C'est un très grand honneur qu'il nous fait.

Ah ben tiens, pense Draco. J'aurai une excuse toute trouvée si jamais l'inconnu m'invite encore à souper.

Tout le monde se quitte après un dernier verre. Harry file sous la douche pendant que Severus finit de noter, sur un parchemin destiné au directeur de Poudlard, la date de leur retour. Le maître des potions fait venir un magnifique hibou grand duc, attache la missive à sa patte et le laisse repartir, majestueux et fier.

-Pour qui ce parchemin ? demande Harry en entrant dans la chambre.

-Dumbledore, je lui annonce notre retour pour vendredi prochain.

-Mais cela nous laisse seulement sept jours monsieur ! Je n'ai même pas eu le temps de visiter la cité ni de connaître les habitants.

-Je sais mais ils nous restent la semaine pour visiter la ville, si tu le désires Harry. Il y a beaucoup de chose à voir et puis tu verras à quoi ressemble l'endroit où vivent exclusivement des vampires. Ensuite tu as tes études à reprendre et moi j'ai des cours à assumer.

-A quoi ça va me servir maintenant, hein ? Je ne deviendrai jamais auror.

-Vas-tu me le reprocher ?

-Non monsieur, répond Harry d'un air las.

-Arrête de m'appeler monsieur. Utilise mon prénom, par Merlin, hurle Severus excédé !

-Ne crie pas après moi Severus. Oh ! Et puis flûte je vais me coucher, ajoute le Griffondor agacé.

Harry se glisse entre les draps et tourne le dos au maître des potions.

-Potter, vous n'allez pas faire la tête pour ça quand même ?

Le jeune homme ne répond pas et s'enferme dans sa résolution de ne pas répondre à chaque fois que le Dhampir criera après lui.

-Par Salazar, pense l'homme aux yeux d'onyx brillants de désir. Un soir où l'abstinence est de rigueur grâce à ce satané calice ! Décidément, il est plus têtu qu'une mule ce morveux.

Le matin suivant, dans la maison de Severus, un homme en bas dans le hall attend que le maître des lieux daigne se lever. Celui-ci est accompagné de Lucius Malfoy.

-Que pensez-vous que Severus fasse ? D'habitude, il n'est pas homme à se prélasser dans son lit le matin.

-Monsieur Malfoy, ce que fait Severus ne me regarde pas. Je peux juste vous dire qu'il a une très bonne raison, il vous le présentera peut-être.

-Quoi ! Severus est avec quelqu'un ?

-Qu'est-ce que c'est que ce raffut ? Il y a des gens qui dorment Slade, dit Severus en descendant les marches pour aller à la rencontre de l'homme.

-Je t'amène un visiteur, mon ami.

-Lucius ! Mais que fais-tu là, ils ont fini par te libérer ?

-Oui, comme tu vois. Draco ne t'a pas dit que je venais ?

Un jeune blond, pas tout à fait réveillé, pointe le bout de son nez et regarde les trois hommes qui discutent.

-Père, vous êtes venu !

-Oui fils, pas question de te laisser seul dans cet endroit dangereux. Qui sait ce qui peut t'arriver !

-Père, je ne suis plus un enfant et puis parrain est là.

-Ton parrain, à ce que j'ai cru comprendre, est occupé par des choses plus importantes, Draco.

Le jeune homme blond ne répond pas, il a aperçu l'homme qui lui rend visite tous les soirs dans la bibliothèque.

-Slade, je te remercie de t'être occupé de Lucius. Allez dans la salle à manger tous les deux. J'arrive tout de suite, le temps de rassurer mon calice.

-Draco, tu devrais aller t'habiller, dit Lucius et rejoins-nous en bas.

Draco sursaute quand il se rend compte qu'il est seulement vêtu de son boxer. Le vampire le détaille sans vergogne, un fin sourire sur les lèvres.

Ainsi donc voilà comment il s'appelle : Slade. Finalement, il a fini par le savoir son nom, sourit le jeune Malfoy qui n'a pas encore fait le rapprochement avec le chef du clan des ténèbres.