Chapitre 9 :
Des visions troublantes
DISCLAIMER : L'histoire de « Bilbo le Hobbit » et tout ce qui se rattache au Seigneur des Anneaux appartient à Tolkien ! Mais Alice et Fuin sont le fruit de mon imagination.
Meldawen, Aelea WoOd, Ysa666, Ravenhill, merci pour vos dernières reviews, elles m'ont beaucoup aidé pour ce chapitre-là. J'espère qu'il vous plaira.
Une musique. Alice avait l'impression de l'avoir déjà entendue. Elle semblait aussi fluide que l'eau, aussi légère que le vent, et en même temps si calme comme la terre…
Quelqu'un chantait. La jeune fille marcha vers la source de la voix. Elle vit que ses chaussures avaient changé. Au lieu de baskets, elles portaient des petits souliers d'enfants. Elle n'avait même plus son pantalon, mais une jupe… Elle se regarda. Pas de doute, elle avait un corps d'enfant ! Mais comment ?
Elle s'approcha d'une flaque d'eau et vit son visage. C'était celui de lorsqu'elle était une enfant !
Alice…
La petite fille se redressa. Un sentier se dessinait à travers la forêt. Curieuse, elle le suivit. À mesure qu'elle avançait, la forêt se faisait moins sombre.
Les arbres perdaient leur aspect menaçant, le cliquetis des araignées se transformait en un gazouillis d'oiseaux. Alice sourit. Elle se sentait bien. Tout semblait reprendre vie à mesure qu'elle avançait.
Elle se surprit même à sautiller, comme autrefois, quand elle n'était qu'une petite fille. Elle n'y comprit rien. Comment avait-elle si brusquement changé d'âge et de physique ? Et pourquoi cette sensation de… retrouver quelque chose, avec la forêt ? Comme si elle aussi reprenait vie, ou… retrouvait quelque chose qui lui donnait le goût de vivre !
Au bout du chemin, elle aperçut quelqu'un assis sur une pierre. Ce manteau gris, ce chapeau pointu, cette barbe…
« Gandalf ! »
Le magicien leva la tête et sourit.
« Tiens ! Alice… Alors tu nous as encore devancés. Me diras-tu un jour ton secret ? »
L'enfant courut vers Gandalf et sauta dans ses bras. Le magicien lui tapota gentiment le dos.
« Gandalf… Je suis désolée d'être partie. Mais Fuin m'y a encore obligée. »
« Fuin… Tu ne devrais pas l'appeler comme ça, je pense. »
« Pourquoi ça ? »
« Regarde-toi. »
Alice recula et se regarda. Elle était de nouveau l'adolescente de quinze ans qu'elle avait toujours été. Même la forêt autour d'elle avait repris son aspect sombre et maléfique.
« Il te manque quelque chose, jeune fille. Tu n'es pas entière, pas plus que cette forêt. »
« Comment ça ? Que s'est-il passé, ici ? »
Gandalf regarda autour de lui et soupira.
« Cette forêt a été envahie par l'Ombre. Moi et d'autres magiciens comptons y venir pour régler ce problème. Mais toi, tu dois te dépêcher. »
« Me dépêcher de vous retrouver, vous et les nains ? »
« Non… Alice, pose-toi cette question : pourquoi erres-tu avec tant d'aisance et de rapidité en Terre du Milieu ? Grâce au bracelet ? Ou grâce au chemin que tu as déjà parcouru, autrefois ? »
La jeune fille n'y comprit rien. Gandalf se leva.
« Je dois y aller, maintenant. »
Le bâton qu'il tenait toujours avec lui s'illumina. Alice cligna des yeux. Quand elle les rouvrit, elle était allongée sur le sentier de la forêt. Un rayon de soleil à travers le feuillage l'avait éblouie.
Un rêve… Elle avait dormi et fait un rêve. Son estomac la rappela bien vite à la réalité. Elle avait faim ! Elle regarda son bracelet : il avait capté la lumière du soleil quand elle avait levé la main.
Et maintenant, le diamant brillait sans arrêt. Pourquoi ? Elle avait la sensation qu'un pouvoir s'était enclenché. La rapidité, à nouveau ? Elle n'en avait pas l'impression.
Haussant les épaules, elle reprit sa marche à travers le sentier. Elle finit par apercevoir quelqu'un. D'abord, elle prit peur. Elle errait depuis plus d'une journée dans cette forêt, et ses yeux s'étaient affinés à force de scruter l'obscurité. Elle vit tout de suite les oreilles pointues dépassant de la chevelure de l'étranger.
Elle crut qu'elle avait affaire à Fuin, mais cette personne-là avait des cheveux blond argenté. Et ses vêtements avaient des couleurs vertes et brunes évoquant la forêt.
Toutefois, elle demeura méfiante. Tous les elfes étaient-ils mauvais comme Fuin, ou en existaient-ils des bons ? Elle aurait dû le demander à Gandalf, avant de s'en aller.
Un deuxième elfe se joignit au premier. Ils marchaient le long du sentier, à plusieurs mètres loin d'Alice. La jeune fille ne comprenait pas pourquoi ils ne la voyaient pas. Étaient-ils plongés dans leurs pensées au point de ne pas lui porter d'attention ?
Elle hésita, puis tenta le coup. Elle en avait assez d'être seule, elle voulait parler à quelqu'un, après tout ce temps passé dans le noir et le doute !
« Excusez-moi ? »
Pas de réaction. Elle se répéta plus fort. Mais les elfes ne sursautèrent même pas.
« EH ! Vous êtes sourds ? »
Ce fut là qu'elle réalisa quelque chose d'anormal : sa voix sonnait anormalement creuse. Elle porta les mains à sa gorge, et sentit combien sa peau été froide.
Elle regarda ses mains. Elles semblaient enveloppées de la lumière qu'émettait le diamant. Tout son corps semblait enveloppé dans un manteau de fumée lumineux. Comme si elle était devenue… un fantôme.
Pourtant, elle vivait. Elle sentait la douleur dans ses pieds, la faim qui lui tenaillait l'estomac, la sueur qui collait ses vêtement à sa peau.
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Caché dans un arbre, Fuin sourit. Il la voyait parfaitement, lui. Enfin, il avait réussi. Alice était en parfait état pour utiliser la magie du bracelet. Tout ce qu'il avait fait depuis le début, les épreuves qu'il avait imposées à la jeune fille, les moqueries, la noyade, la confrontation avec les loups, l'abeille…
Il avait poussé la jeune fille à dépasser ses limites. Son énergie avait éveillé le diamant dans le bracelet. Elle pouvait l'utiliser, à présent.
Mais il fallait encore à obliger la jeune fille à utiliser la magie du bracelet de façon à ce qu'elle lui obéisse, lui, Fuin. Alice était son seul espoir pour atteindre son objectif, celui qu'il s'était fixé depuis le jour où Smaug l'avait obligé à devenir son serviteur.
Soupirant, l'elfe s'assit plus confortablement dans l'arbre et décida de prendre son mal en patience. Pour le moment, il allait juste assister à la suite des évènements, jusqu'à ce qu'elle arrive au palais des elfes. Là, il aviserait.
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Alice suivit les elfes jusqu'à un endroit fort étrange.
C'était une espèce de grande caverne qui s'enfonçait à l'intérieur de la forêt. Devant les portes de pierre, Alice vit une rivière qui descendait vers des marais au bas de grands plateaux boisés.
Les elfes marchèrent vers une grande caverne, qui menait à d'autres grottes, plus petites et fort nombreuses. Alice n'aurait jamais imaginé qu'on puisse s'y installer, mais c'était le cas. Elle voyait même des maisons dans les arbres de la forêt.
La jeune fille s'arrêta, émerveillée. Elle se souvenait de tous les contes sur les elfes et les fées qu'on racontait dans son monde. Écouter des histoires était une chose, les vivre en était une autre.
Les elfes pénétrèrent dans la grotte. Alice allait les suivre, quand elle entendit un bruit derrière elle. Se retournant, elle vit une petite forme disparaître derrière un arbre. Comme un enfant.
Curieuse, elle prit le même chemin. Elle déboucha sur une clairière encerclée d'arbres soutenant chacun une maison.
Et là, au centre de cette clairière, une petite fille couverte de boue pleurait. Alice eut un haut-le-cœur. Cette petite fille… avait des vêtements de terrienne et… des cheveux roux, comme elle !
Soudain, l'enfant leva la tête et la regarda. Alice ressentit une violente migraine et recula, les mains sur la tête.
« Pourquoi ? Pourquoi tu m'as abandonnée ? » hurla l'enfant.
Alice n'y comprit rien. Elle ressentait plusieurs sentiments : peur, douleur, rage, incompréhension. Cette enfant…
« POURQUOI ? ! ! ? » hurla l'enfant.
Son cri résonna si fort qu'Alice eut l'impression qu'il traversa son crâne, comme un pic de glace se plantant dans son cerveau.
La jeune fille se retourna en criant, désireuse de s'éloigner de cette vision de cauchemar. Elle trébucha. Sa tête heurta un rocher. Elle se sentit sombrer dans le noir, à nouveau.
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Toujours caché dans un arbre, Fuin fronça les sourcils. Ça… ce n'était pas prévu.
« Elle ne pourra donc jamais se débrouiller seul ? » soupira le jeune homme.
Sautant de son perchoir, il atterrit près d'Alice, la prit dans ses bras puis s'éloigna vers la rivière.
