Résumé : Un garçon qui doit grandir trop vite. Un homme qui sacrifie son âme. Tout les séparent et pourtant…Un même fardeau…

Extrait : « Il sentit la dernière plume se détacher de son épiderme. Il ferma quelques secondes les yeux le temps que la pièce cesse de tourner. »

Ca a été laborieux, mais je pense que ça va vous plaire. Pendant que j'étais malade (oui, grosse grippe, mais pas la peine de trop m'acclamer pour mon courage de revenir sur la piste de l'écriture) avachie sur mon divan ou dans le lit avec 40 de fièvre, j'ai eu tout le loisir de cogiter…et oui, la fièvre a permis à mes délires de prendre forme ! Parce que ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas du tout comme ça que je comptais écrire cette deuxième partie. D'ailleurs, on le voit : je commence avec du psycho et à partir du moment où y a un peu d'action, c'est après que j'ai été malade…En tout cas, je suis assez satisfaite de moi : torture quand tu nous tiens ! Et oui, notre petit Voldy n'est pas content et ils vont tous se prendre la raclée sauf….Servilo ! « Mais comment cela se fait il ? »; me direz-vous (regard menaçant vers les lecteurs qui ne se posent pas la question). C'est bien ça le truc…Pourquoi Voldy est-il si gentil avec Snape ?…mmmhhh….seule moi le sais ! (rire sadique…très sadique…)

Fardeau : 2ème partie

Il sentit la dernière plume se détacher de son épiderme. Voûté au dessus de sa table, un tremblement parcourut tout son corps, affaibli par la transformation et le temps passé sous une forme qui n'était pas la sienne. Il ferma quelques secondes les yeux le temps que la pièce cesse de tourner. Lorsqu'il se sentit enfin suffisamment stable, il se redressa pour immédiatement s'asseoir sur une chaise, son équilibre pas tout à fait encore retrouvé.

Le front appuyé contre ses mains, il se remémora les dernières heures.

J'ai aidé Potter…qu'est ce qui m'a pris d'aider Potter ? Se répétait-il depuis qu'il était entré dans le passage secret.

Il aurait pu trahir sa couverture en agissant ainsi. Heureusement, aucun des Mangemorts ne l'avait remarqué et de toute manière, personne ne connaissait son apparence. Même le Seigneur des Ténèbres ignorait sous quel aspect il s'était transformé. En effet, la potion qu'il avait réalisé était assez proche du Polynectar, mais avec une durée de métamorphose plus longue. C'est lorsqu'il l'avait réalisé qu'il avait ajouté l'ingrédient qui allait déterminer sa forme. Et il avait eu beaucoup de formes différentes depuis qu'il était espion : phénix noir, loup noir, chat noir…Il avait toujours su être discret et aucun membre de son entourage n'avait jamais rien su. Il lui fallait dorénavant être plus discret, surtout face aux serviteurs de Voldemort.

D'ailleurs, que faisaient-ils dans la maison des Black ? Comment se faisaient-ils qu'il n'aie pas été prévenu de cette mission ? Que recherchait donc le Seigneur Noir dans l'ancien quartier général de l'Ordre du Phénix ?

Il secoua la tête, afin de stopper cet afflux de pensées dans son esprit encore sous l'influence de la potion.

Il s'approcha de son armoire scellée par un sort puissant. Il posa sa paume à plat sur le bois et ferma les paupières afin de mieux se concentrer. Quelques secondes plus tard, une des portes émit un cliquetis. Il ouvrit à nouveau les yeux et révéla le contenu de l'armoire d'un geste lent. De nombreux bocaux remplis de créatures plongées dans des liquides de couleurs peu ragoûtantes, et de petites fioles ornaient les différents niveaux du meuble. Sur la plus haute des étagères étaient alignées neuf flacons laissant entr'apercevoir un liquide bleu marine. Il se saisit de l'un d'entre eux, puis referma avec minutie les portes de l'armoire.

Il observa un long moment la potion de métamorphisme, comme envoûté par son mouvement circulaire, aussi lent que surnaturel.

« Mon rôle sera bientôt fini. Mais le vôtre ne fait que commencer. J'ai confiance en vous, alors, s'il vous plaît…»

« Tu as trahi et tué Dumbledore de sang froid. Comment te faire confiance après cela ! Comment être sûr que tu ne nous trahiras pas ensuite, comme tu l'as fait pour le vieux fou ! »

« Je les vengerai tous les deux et je tuerais Voldemort… »

« Severus, je souhaite te confier une mission de grande importance. »

Les muscles de ses mâchoires se contractèrent, tandis qu'il conservait ses yeux fixés sur le breuvage, attendant une réponse qui ne viendrait jamais.

Pourquoi moi ? Pourquoi m'imposer un tel fardeau ?

« C'est LUI qui a dénoncé James et Lily ! » Répondit un vieil écho.

Son regard se détacha enfin du récipient qu'il rangea dans sa poche.

C'est vrai qu'il avait fait beaucoup de mal autour de lui, il ne pouvait le nier. Mais méritait-il un tel châtiment ? Celui de jouer au traître de service ? Celui d'être la proie de toutes les haines ?

Il en avait assez. Il aurait souhaité disparaître de la surface de la terre, ne plus avoir à accomplir la sale besogne de Voldemort ou de Dumbledore. Ne plus avoir ce sentiment de culpabilité qui le rongeait depuis sa plus tendre enfance : cette culpabilité d'avoir laissé sa mère prendre les coups à sa place ; cette culpabilité d'avoir provoqué la réalisation de la prophétie, cette culpabilité d'avoir assassiné le seul homme qu'il n'aie jamais respecté…Et maintenant il se retrouvait avec le poids de protéger le fils de son pire ennemi : Harry Potter.

Il aurait préféré être envoyé à Azkaban. Il aurait préféré perdre son âme, pour ne pas être obligé d'assister au déclin d'un garçon qui, comme lui, n'aurait jamais dû avoir un tel rôle à jouer.

Mais peut-être avait-il mal compris les mots du directeur. Peut-être que ce ne devait pas être Azkaban qui devait lui faire payer ses crimes.

« Un jour, vous paierez Severus…Mais ce ne sera pas de ma main… »

QUOI !

Le cri résonna encore quelques instants avant de s'estomper dans un silence presque étouffant.

Si les murs étaient vivants, ils s'enfuiraient aussi vite que ces fichu rats…pensa Severus en observant d'un air dégoûté les petits êtres s'échapper de sa chambre. J'espère pour toi que tu fais parti de ce lot, Queudver…

Alors qu'il ouvrait avec prudence la porte de ses quartiers, Rogue remarqua plusieurs silhouettes vêtues de capes marcher en rasant les murs sombres du couloir, comme pour éviter une épée de Damoclès juste suspendue au dessus de leur front.

Que se passe-t-il ? Interrogea l'ancien Maître des Potions à une des ombres qu'il reconnut comme McNair.

Je l'ignore et je ne compte surtout pas le savoir, répondit le concerné, le regard fuyant et tentant vainement d'enfouir son visage plus profondément encore dans sa veste. Le Maître est en colère depuis qu'Amycus, Alecto et Fenrir sont revenus de leur mission. Mais il entré dans une colère noire quand Bellatrix et le jeune Malefoy sont revenus de Sainte Mangouste…

De Sainte Mangouste ? Mais pourquoi-

Peu importe le pourquoi du comment ! Je veux simplement que tu me laisses tranquillement rentrer dans mes appartements et si tu veux un conseil, tu ferais bien d'en faire autant ! Du moins, le temps que tout redevienne calme là-haut…Dit-il en levant des yeux angoissés vers l'étage.

Après un dernier regard de mépris envers son collègue de travail, le sorcier sombre rendit son bras à son prisonnier temporaire qui ne se fit pas longtemps prier pour partir.

Il hésita quelques instants, puis prit la décision d'aller voir de ses propres yeux ce qui pouvait bien déclencher chez le Seigneur Noir une telle réaction. Il y avait décidément beaucoup trop de choses qu'il ignorait depuis quelques temps pour ne pas s'en inquiéter. Il n'avait pourtant été absent que durant quatre jours.

La mission chez les Black, puis maintenant à Sainte Mangouste…Pourquoi Voldemort me met-il tant à l'écart de ses projets ? Se douerait-il de quelque chose ? Pensa-t-il, sentant un soupçon d'angoisse traverser son esprit.

A son tour, il se guida des reflets blafards des torches suspendues contre les vieilles pierres de la demeure pour trouver son chemin. Certaines portes claquaient derrière lui tandis que d'autres grinçaient sur leur gonds dans un élan de curiosité de leur propriétaire. Sans y prêter la moindre attention, il posa son pied sur la première roche qui faisait office de marche.

Vous n'êtes que des incapables ! S'écria alors à nouveau la voix inhumaine, ce qui déclencha de nouveaux claquements de portes et des pas précipités.

Ne se laissant toujours pas démonter par l'humeur particulièrement massacrante dont semblait faire preuve le Seigneur des Ténèbres, il monta avec précaution dans l'escalier en colimaçon pour atterrir dans un long couloir où seule une grande porte en bois à double battants encore entrouverte laissait deviner une pièce bien plus éclairée.

Lentement, mesurant chacun de ses pas, Severus s'approcha de l'ouverture. Une légère chaleur frôla son visage, tandis qu'il cherchait la meilleur position pour voir et entendre à l'intérieur de l'immense salon où trônait un grand feu de cheminée, projetant des reflets dansant sur les parois.

Mais, Maître…nous ne pouvions deviner que Potter serait dans la bâtisse quand nous y sommes entrés…Se plaignit la femme prosternée avec deux autres hommes sur la gauche de la grande salle.

Je ne vous demande pas d'être devins ! Je vous ai donné un ordre ! Trouver un médaillon ! Ce n'était tout de même pas le bout du monde ! Endoloris !

Le sort atteignit de plein fouet son interlocutrice qui se mit à pousser des cris d'angoisse et de douleur. Au bout d'un instant, les tremblements de la servante cessèrent et elle se remit à genoux péniblement, la tête enfouie dans ses épaules.

Le Seigneur Noir, assit dans son fauteuil, frotta son visage reptilien tout en plissant les yeux, comme s'il avait une affreuse migraine qui l'empêchait de réfléchir. Naguini, son immense serpent, s'enroula autour d'une de ses jambes en signe de soutien.

Maître, hésita l'homme le plus imposant de sa voix rauque, je pense que Potter ignorait la raison de notre venue. Il ne semblait en aucun cas s'attendre à nous voir et…

Fenrir…Crois-tu vraiment que ce que tu penses m'intéresse ? Demanda soudain Voldemort d'une voix doucereuse.

Il observa ses serviteurs avec colère.

Peu importe la raison de sa présence ! Peu importe s'il était au courant ou non ! Il frappa violemment du poing l'accoudoir de son fauteuil. Ce que je sais, c'est que vous l'avez laissé s'échapper alors qu'il était à votre merci et que maintenant, il a une raison d'y retourner. Car il n'est pas totalement stupide ! Voir des Mangemorts occuper une vieille baraque à première vue sans importance laisse des soupçons !

Mais il-

Crucio !

Le sort atteignit cette fois-ci Greyback qui parut soudain cloué sur une croix invisible. Du sang perlait à la surface de sa robe sans pour autant qu'on y distingue une quelconque blessure. A ce spectacle, des pleurs et des gémissements étouffés s'élevèrent vers la droite du salon, attirant l'attention de Rogue. Deux femme blondes, l'une aux vêtements d'infirmière et l'autre plutôt de patiente, étaient bâillonnées et en pleur, menacées par la baguette d'une femme aux cheveux bruns et longs. Une autre silhouette blafarde était agenouillée près d'elles, dans un signe de soumission.

Les râles de souffrance du loup garou cessèrent enfin, pour laisser place au doux crépitement de l'immense cheminée.

Je veux que vous y retourniez et que vous fouillez chez les Black de fond en COMBLE ! Trouvez ce médaillon ! Je sais que c'est lui qui me l'a volé. Il est forcément là-bas ! Et maintenant, disparaissez de ma vue…

Tous les serviteurs se levèrent alors, mais, sans leur adresser un seul regard, le Mage Noir objecta de la main.

Bellatrix. Drago. Restez ici.

Et tandis que les autres membres de la confrérie s'évaporaient dans un pop caractéristique, les deux Mangemorts se prosternèrent ensembles devant leur Maître dans un silence presque religieux. Des secondes interminables s'écoulèrent, avant que la voix suraiguë fasse à nouveau vibrer les vieilles pierres de la grande salle.

Que fait-elle ici ?…Demanda-t-il soudain en faisant signe en direction des deux prisonnières.

Nous avons fait ce que vous nous aviez demandé Seigneur…Nous avons- commença le jeune Malefoy avant d'être interrompu.

Je suis le seul apte à juger si ce que vous avez accompli correspond bien à mes attentes…

Oui Maître…nous-

Et je ne suis pas du tout satisfait de ce que je vois…

Mais…

Cesses de m'interrompre !

Une lumière rouge s'échappa de la baguette du sorcier tout puissant pour atterrir directement sur le visage du jeune homme qui ne put empêcher les cris de s'échapper de son gosier. La lumière parut être absorbée par ses yeux gris qui se mirent tout à coup à saigner.

Pitié Seigneur ! MAITRE ! Pardonnez moi ! Je ne recommencerais plus ! Hurla de douleur Draco.

Voldemort baissa son bras, non de pitié mais plutôt de lassitude.

Pars. Je te rappellerai plus tard…

Bien…Maître…Répondit avec difficulté son jeune disciple, en essuyant avec des gestes désordonnés et fébriles son visage couvert d'entailles et de sang.

Il se traîna lamentablement vers la porte, puis disparut comme ses compères quelques minutes auparavant.

Revenons-en à toi Bellatrix…Je repose ma question : que fait-elle ici ?

Maître, supplia la brune, tentant vainement de rapetisser, vous m'aviez ordonné de mettre…elle hésita un instant…l'horcruxe en sécurité…

L'horcruxe…Ce n'est pas possible…

Et c'est ce que j'ai fait, sourit-elle nerveusement. Je l'ai ramenée ici…sans bien sur en donner la raison à Drago…

Elle s'approcha des deux femmes qui gémissaient de terreur et elle se saisit brutalement du menton de l'une d'entre elles.

Regardez Maître…Alice Londubats…

Elle eut alors la malheureuse idée de baisser le bâillon de la femme en question, laissant parfaitement distinguer à Severus ce qu'il se refusait de croire.

Impossible…Ca ne peut pas être vrai…Ca ne doit pas être vrai…Se lamenta l'ancien professeur.

Mais cette libération fut également accompagnée d'un hurlement hystérique de la part de la jeune femme, qui semblait terrorisée et désorientée. Forte de ce relâchement, elle s'agitait dans tous les sens, criant des propos sans queue ni tête, vociférant sa peur.

BELLATRIX ! S'époumona alors de rage le Seigneur Noir. Espèce d'IDIOTE !

Son courroux recouvrit à peine le chahut que provoquait la prisonnière, bousculant sans vergogne la seconde femme attachée derrière elle.

D'un mouvement de main, le silence reprit son droit, laissant à moitié étouffée la mère de Neville. Puis, un second coup de poignet envoya valser la Mangemort sur la paroi opposée dans un craquement sinistre. Quand elle se releva, son bras formait un angle peu commun. Naguini se mit alors à former des cercles autour des captives, ses yeux brûlants d'un désir malsain.

Quand je t'ai demandé de mettre à l'abri l'horcruxe, je n'ai JAMAIS dit de la ramener ICI !

Un nouveau craquement, accompagné d'un cri retentit sourdement dans la pièce. La jambe de Lestrange imitait à présent son bras. Une grimace de douleur était crispée sur son visage mince.

Quand je t'ai dit de la mettre à l'abri, j'entendais de l'ORDRE DU PHENIX ! Je ne voulais pas attirer l'attention sur elle ou sur SAINTE MANGOUSTE ! Mais votre incapacité à comprendre mes ordres a encore conduit à une catastrophe qu'il va être dur de dissimuler aux yeux du monde !

Un bruit sourd se répercuta dans la pièce, suivie d'un fort gémissement. La deuxième jambe de Bellatrix venait à son tour de se casser.

Voldemort se leva et se dirigea vers les prisonnières, dont l'agitation désespérée ne soutira qu'un petit rictus sur le visage du monstre. D'un sort, il détacha l'infirmière des chaînes qui l'emprisonnaient avec sa patiente. Ces dernières se refermèrent d'ailleurs immédiatement sur les mains et les bras d'Alice. Avec une délicatesse suspecte, il saisit de ses doigts fins le col de la jeune femme et la guida lentement vers son fauteuil, auprès duquel avait retrouvé place son serpent.

J'ai mis des années à créer ces horcruxes, à me procurer une immortalité quasi certaine. Déclara-t-il tout en observant distraitement la peur déformer les traits de l'infirmière. Deux ont été détruits. Un reste introuvable…Je ne permettrais pas qu'on m'éradique ! Je suis l'avenir de tous ces sorciers, je suis leur sauveur ! Peut-être tuerai-je leur famille ou leurs amis, mais je sauverais leur sang…Pourquoi ne comprennent-ils pas ?…

De ses yeux rouges, il observa minutieusement la femme dont le visage était toujours prisonnier de sa poigne.

Pourquoi ne comprenez vous pas mon sacrifice ?…Murmura-t-il d'un air implorant à l'oreille de la captive, dont les larmes coulaient abondamment sur ses joues.

Puis, dans un élan de mépris, il la projeta violemment au sol, la laissant en pâture à Naguini qui se déroula immédiatement pour aller à sa rencontre. Prise de panique, la femme rampa maladroitement sur les pierres avant de se retrouver bloquée entre le mur et le reptile.

Du fourchelangue s'échappa de la gorge du monstre, suivi d'un cri aiguë de panique et d'agonie. Voldemort quitta du regard sa victime puis retourna son attention en direction de Lestrange.

A demi avachie sur le sol du salon, Bellatrix sembla retrouver tous ses esprits dès qu'elle sentit les yeux du Mage posés sur elle.

Voilà donc ce que tu m'obliges à faire Bellatrix…Il fit signe en direction du serpent qui serrait avec lenteur et minutie sa proie aux yeux exorbités. Tu me forces à m'abaisser à ton travail. A réparer tes erreurs…

Un cordon d'énergie pur sortit soudain de sa baguette et fouetta violemment le visage de la servante, lui laissant une traînée de sang.

Que cela ne se reproduise jamais…Grinça-t-il. Et maintenant, emportes Mme Londubats dans sa chambre discrètement. Endors-la si nécessaire mais ne lui fait aucun mal. Quand à cette gourde, dit-il en jetant un rapide regard vers l'infirmière morte, habille-la en civil, efface les traces des morsures et jette-la quelque part…Il fit un mouvement vague de la main.

Je ne veux plus voir ton visage avant que tu aies terminé…Finit-il.

Alors, dans un pop caractéristique, Lestrange s'évapora à son tour. Le serpent du Seigneur se plaça à ses pieds.

Ah…mon beau Naguini…que les gens sont ingrats….Soupira le monstre en lui grattant le haut du crâne.

Une voix étrange résonna alors et le Maître sourit.

Je sais qu'il est là…Ramène-le moi…

Le reptile se déroula et se traîna sur le sol dans la direction de la porte. Surpris par l'arrivée imminente de l'animal, Rogue recula et trébucha lourdement en arrière. Il sentit quelque chose s'enrouler autour de sa cheville et il fut tiré sans ménagement vers l'intérieur de la pièce.

Sale bestiole !

Voyons Severus…Pas d'insultes…Naguini n'aime pas beaucoup être insulté.

Pour réponse, le serpent se tourna dans sa direction et lui montra ses crochets d'un air menaçant.

A écouter aux portes, écoutes au moins les conversations jusqu'au bout…Déclara Voldemort avec un soupçon de rancœur. Souhaitais-tu nous fausser compagnie derrière ces battants avant que mon fidèle Naguini ne vienne te trouver ? Il serait fâcheux que tu ne nous fasses pas profiter des informations que tu as dû récolter auprès de notre cher Potter…

Il s'installa confortablement sur son siège, observant avec grand intérêt ses longs doigts fins. L'âtre derrière lui donnait à sa silhouette une allure de spectre qui fit froid dans le dos à Rogue.

S'apercevant qu'il était toujours à demi couché par terre, il prit rapidement une pose plus digne. Du moins, si l'on pouvait appeler une posture digne de se prosterner devant un homme, quelque soit son pouvoir ou ses ambitions.

N'as-tu donc rien à me dire ? L'interrompit dans ses pensées le Seigneur des Ténèbres. Ta petite escapade avec Potter ne t'as donc rien appris ?…

Severus sentit une présence intruse dans son esprit. De toute ses forces, il la chassa et tenta de retrouver un semblant de contenance. Son cerveau était surchargé d'informations, lourd de secrets…Il ne fallait à aucun prix que Voldemort entre dans son esprit et viole ses souvenirs.

Un sourire se dessina sur le visage reptilien du Maître et son regard se planta dans celui de l'ancien professeur.

Je vois que tu n'as toujours pas l'intention d'ouvrir ton esprit à ton Maître…Devrais-je prendre cela pour un manque de confiance…? Il leva la tête d'un air penseur. De respect ?…

Le Seigneur Noir lui jeta alors un regard soupçonneux.

Non Seigneur, répondit immédiatement Rogue d'une voix qui ne trahissait en aucun cas ses émois, seulement je souhaiterais garder secret ma forme lors de mes transformations…Les murs ont des oreilles et je ne voudrais pas compromettre vos plans par ma négligence…

Voldemort se leva et fit quelques pas vers Severus qui trembla légèrement en sentant la présence de l'homme proche de lui. Deux mains se posèrent sur ses épaules et le forcèrent à se relever.

Pas de ça entre nous Severus…Tu es maintenant mon plus fidèle serviteur…et j'attends de toi plus que des courbettes inutiles…

Puis, aussi nonchalamment qu'il avait quitté son fauteuil, il s'y réinstalla avec grâce, le regard perçant.

Très bien. Je vais un peu t'aider à retrouver la mémoire…

Rogue se crispa, attendant la sentence qui allait encore l'accabler. Mais au lieu de cela, la voix continua à parler.

Tu as dû assister à la catastrophe qu'ont provoqués ces incapables de Greyback et les frères Avery…Je voudrais que tu me racontes comment Potter a réussi à leur échapper une fois de plus…

Il posa ses yeux sur Severus, le visage impénétrable. Ne sachant comment prendre ce revirement de situation, l'ancien professeur se racla la gorge et évita le regard du monstre.

Potter a trouvé le passage secret que j'avais découvert quand j'étais encore au service de l'Ordre du Phénix. Je m'en servais pour vous transmettre mes informations sans avoir à me justifier à chacune de mes sorties…

Très bien…très bien…Acquiesça Voldemort d'une moue approbatrice. Tu indiqueras à ces idiots où sont tous les passages secrets de la vieille maison des Black, afin qu'un tel accident ne se reproduise plus…

Bien Maître…

Un long silence persista quelques instants dans la pièce, uniquement troublé par le crépitement du feu dans l'âtre. Les membres engourdis par sa position inconfortable et sa toute récente transformation, Rogue leva légèrement la tête, afin d'observer discrètement le Mage Noir. Ce dernier paraissait en pleine réflexion, sa main droite caressant dans un mouvement lent son menton.

Sais tu pourquoi Potter avait décidé de retourner là-bas ? Demanda-t-il soudain, le surprenant dans sa contemplation muette.

Non Seigneur…Bégaya presque Rogue. Mais je suppose que c'est parce qu'étant devenu le dernier membre proche de la famille de Sirius Black, il a obtenu la maison en guise d'héritage de son parrain. Cependant, si votre espoir est de l'y retrouver à nouveau….

Je ne suis pas stupide et lui non plus Severus…Répondit-il sèchement. Je me doute bien qu'il n'y retournera pas de si tôt, bien que…

Une ride de réflexion se dessina sur son front de l'être à tête de serpent.

Et connais tu ses nouveaux projets ?…Insista-t-il d'un air qui se voulait innocent.

Malheureusement non Maître. En revenant ici, j'ai déjà perdu sa trace…Il faudra que je le recherche immédiatement après avoir repris la potion…

Bien…alors j'attendrais tes rapports toutes les trois semaines. Je sais que tes transformations durent plus longtemps une fois que la première a été absorbée par ton corps.

Il fit silence, comme pour écouter quelque chose que lui seul pouvait entendre.

Tu peux disposer…Finit-il par déclarer. J'attends des nouvelles capitales…

Un sourire malsain se dessina sur le visage de Voldemort. Il fixa intensément Rogue, qui évita une nouvelle fois ses yeux couleur sang.

Il sentit une nouvelle tentative du Mage Noir pour pénétrer son esprit qu'il repoussa tandis qu'il se relevait péniblement sous le regard perçant du serpent géant.

Il tourna les talons, le cœur bondissant dans sa poitrine, franchit la grande porte puis repoussa lentement les battants.

Le long couloir lui sembla tout à coup bien sombre comparé à la lumière du grand salon. Suffoquant presque sous le coup de la pression et du trop plein d'informations, il se dirigea à l'aveuglette, plongé dans ses réflexions, vers ses quartiers. Alors qu'il s'approchait enfin de la délivrance, il se heurta à un obstacle. Levant subitement la tête, il reconnut Drago.

« Pitié Seigneur ! MAITRE ! Pardonnez moi ! Je ne recommencerais plus ! »

« Maître, vous m'aviez ordonné de mettre…l'horcruxe en sécurité… »

« Regardez Maître…Alice Londubats… »

Une cicatrice fendait sa joue gauche et une partie de son sourcil. En le reconnaissant, l'expression d'abord surprise du jeune homme devint méprisante et haineuse. Il accéléra le pas et repartit dans la direction d'où provenait Severus.

« J'attends des nouvelles capitales…»

Hagard, Rogue s'appuya quelques instants contre le mur, tentant de retrouver ses esprits.

« …l'horcruxe…

Alice Londubats… »

« J'ai mis des années à créer ces horcruxes…

des années…

à me procurer une immortalité quasi certaine…

Deux ont été détruits. Un reste introuvable…

Alice Londubats… »

Sentant une forte nausée envahir son corps, il se saisit de la poignée de sa porte dans un geste fébrile et y pénétra dans un claquement.

A suivre…

Voilà !OOUUUFFF….Je l'ai fini….Et maintenant, faut que je trouve ce que je vais écrire ensuite….(regard noir vers le texte…)