Je sais pas pour vous, mais moi, un hiver comme ça, avec la neige et les températures en dessous de -10°, ça me crè m'énerve aussi

Les aléas du travail en extérieur. Enfin bon, je vais pas m'étendre là-dessus (c'est pas le but), et je vais libérer ma rage et ma frustration sur, disons au choix, des aliens belliqueux, des personnages de fanfics ou des tablettes de chocolat (miam, chocolat *bave*).

Et tout ça sur les musiques épiques de Two Steps From Hell, une vraie source d'inspiration pour moi (entre autre).

En tout cas, voici le chapitre neuf de Twins of the Death.

Dois-je vraiment rappelé que Bleach est à Tite Kubo ? Et que je ne fais qu'emprunter son univers et ses persos pour y rajouter ma modeste touche perso ? Oui ? Bon bah c'est fait.


Chapitre neuf

Drace

A Soul Society, on soufflait enfin. Aizen était désormais enfermé à quadruple tours dans la plus profonde des cellules de la prison la mieux sécurisée, son Espada avait été anéantie, et Karakura était sauvée.

Tôsen était mort. Ichimaru avait disparu, de même que les corps de certains arrancars, notamment les Primera et Tercera Espadas, ainsi que leurs fraccions respectifs. Le Sexta et le Cero étaient eux aussi introuvables, ce qui déplut à Kurotsuchi qui souhaitait utiliser ce dernier comme cobaye. Bah, il avait assez de cadavres frais comme ça pour faire mumuse.

Le calme était donc bel et bien revenu, mais pourtant, des choses inquiétantes se préparaient encore dans les ténèbres du Hueco Mundo.

- Les shinigamis renégats ont donc subit une défaite cuisante, expliqua Kuraï aux autres arrancars réunis autour de l'estrade. Soul Society est le grand vainqueur de cette guerre.

Cette fois-ci, elle était présente en chair et en os, en témoignait la présence de Aka entre Aaron et Garland.

Shyriuu boudait et grognait dans son coin. Il bouillonnait à l'idée d'être passé à côté d'une bonne occasion de buter du shinigami à la chaine, mais ne pouvait pas s'en plaindre ouvertement. De plus, il ruminait encore l'humiliation qu'il avait subit récemment. Suite à la précédente réunion, il s'était en effet fait remettre à sa place par Garland et n'avait toujours pas digéré cette énième défaite.

Aussi, il se contenta de faire la tête et de lancer des regards meurtriers au vieux chevalier qui s'en moquait royalement.

Aaron avait toujours son sourire en banane, qui faisait concurrence avec le croissant de lune qui illuminait le ciel. Même s'il ne l'avouerait jamais à haute voix, Garland s'était maintes et maintes fois demandé si, face à une situation désastreuse, son « chef » saurait garder cet éternel sourire. Mais bon, en même temps, Aaron et les situations désastreuses... C'était un couple qu'on n'était pas près de voir.

Garland, parlons-en. Toujours avec son air froid et implacable, son regard neutre et son flegme à faire pâlir d'envie les gardes anglais avec leurs livrées écarlate et leurs toques poilues. Toujours aussi loquace, aussi.

Fujin triturait ses couettes, Ozras bouquinait un magazine pour adultes qu'il avait chapardé dieu-sait-où, Yojimbo imitait Garland à la perfection, Mirras et Hamelin s'envoyaient des vannes, et les autres commentaient avec entrain les dernières nouvelles que venait d'apporter l'espionne ou discutaient de choses et d'autres sans le moindre rapport avec le sujet de la réunion.

Difficile de croire qu'il s'agissait de quinze des êtres les plus puissants du Hueco Mundo.

Voyant que ses confrères n'étaient pas spécialement concentrés, Aaron décida de les libérer pour la journée. Les arrancars ne se firent pas prié, et tous partirent vaquer à leurs petites affaires. Seuls restèrent dans la pièce Aka, Kuraï, Garland et Aaron. La brune avait en effet insisté pour parler en tête à tête avec les deux hommes. La rousse, quant à elle, alla fermer la porte et resta postée devant.

- Tu voulais donc nous dire quelque chose ? Demanda Aaron.

- Oui, c'est au sujet d'un « petit détail » que j'ai préféré garder sous silence lors de mon rapport. J'ai pensé que vous aimeriez tout deux être mis au courant en premier.

Les deux vasto lordes mâle échangèrent un bref regard, puis ils reportèrent leur attention sur Kuraï.

- On t'écoute, fit l'argenté.

- Alors que j'observais la fin du duel entre le Quarta Espada et le jeune Kurosaki, j'ai remarqué la présence d'un adjuchas noir.

- Oh, vraiment ? s'étonna Aaron.

- Oui. J'ai même fais le rapprochement entre cet adjuchas et un hollow que Garland et moi avions vu au canyon de granit. C'est le même, à coup sûr, vu qu'il avait toujours son ruban rouge dans ses cheveux.

Une fois encore, les deux hommes échangèrent un regard. Mais cette fois-ci, ce fut différent. La première fois, Aaron avait un air vaguement intéressé, tandis que Garland gardait son expression neutre. Mais là, leur chef semblait amusé, alors que le chevalier avait l'air... tendu.

Ce genre de réaction de la part du vieil arrancar était suffisamment rare et visible pour mettre la puce à l'oreille de Kuraï. Même Aka, restée devant la porte, le remarqua et fronça les sourcils.

Devant le silence qui s'était établi, Aaron toussota légèrement et se leva.

- Merci pour cette information, Kuraï. Si tu pouvais le retrouver et le garder sous surveillance, histoire qu'on sache ce qu'il vaut ? Qui sait, on pourrait peut-être le recruter ?

Son sourire s'élargit dans la mesure du possible, et il conduisit la brune à la porte en la remerciant pour ces efforts et le succès de sa mission. Puis il fit sortir les deux femmes en leur faisant savoir qu'ils les ferait appeler en cas de besoin.

Une fois hors de la pièce, les deux arrancars femelle n'eurent d'autres choix que de retourner à leurs quartiers.

- Ils nous cachent quelque chose... marmonna la brune.

- Mais quoi ? Demanda la rousse.

- Vas savoir. Mais une chose est sûre et certaine...

- … Ils en savent plus qu'ils ne veulent le dire.

- Depuis le temps qu'on travail avec Aaron, ce n'est pas la première fois qu'il nous fait des cachoteries... commença Kuraï.

- … Mais de la part de Garland, c'est plus inhabituel, compléta Aka.

Les deux femmes échangèrent un regard qui en disait long sur ce qu'elles en pensaient.

- Ils nous cachent quelque chose, répéta la brune.

- Bah, j'imagine qu'on aura la réponse tôt ou tard, répondit la rousse en haussant les épaules.

- Oui... Et puis comme on dit, « Tout vient à point à qui sait attendre ».

- Tu crois qu'on aura la patience d'attendre jusque là ? Demanda Aka, un grand sourire espiègle aux lèvres.

Kuraï haussa à son tour les épaules et sourit à son tour. Puis les deux femmes poursuivirent leur route.

Aucune d'elle ne vit Shyriuu sortir d'une pièce sombre devant laquelle elles étaient passées quelques secondes plus tôt. Le guerrier les regarda s'éloigner, puis jeta un regard indéchiffrable vers la double-porte de la salle de réunion.


Dans ladite salle, Aaron et Garland étaient toujours assis et discutaient de ce que l'espionne venait de leur annoncer.

- On m'avait dit qu'elle était devenue un adjuchas, mais mes agents avaient perdu sa trace de suite après sa transformation, expliqua Aaron. C'est une chance que Kuraï l'ait vu, ça signifie qu'elle est toujours en course.

Le chevalier s'était accoudé à l'estrade et avait posé son menton sur le dos de ses mains jointes. Son regard écarlate se perdait dans le vide.

- Je continue à réprouver ce plan, rétorqua-t-il, visiblement ennuyé par l'annonce de Kuraï.

Aaron eut une légère grimace déçue. Comme quoi, son sourire en banane n'était finalement pas irrémédiablement collé à son visage.

- Bon sang, Garland, je te rappelle que tu étais d'accord. Alors, par pitié, cesse de te plaindre un peu. J'ai l'impression d'entendre ma mère.

Le chevalier lui lança un regard incrédule, ce qui arracha un nouveau sourire à l'argenté.

- Oui, enfin, c'est ce qu'elle ferait si j'en avais une. Mais bon, comme ça fait un bail que je suis un hollow... Allez, quoi, essaye un peu de t'amuser de temps en temps. Tiens, d'ailleurs, je pensais organiser une petite fête costumée. Tu préfères quel thème ? Pirates des Caraïbes, Star Wars, Twilight ou Le Seigneur des Anneaux ?

Garland ferma les yeux, secoua la tête d'un air désespéré et poussa un soupir de lassitude.


A Soul Society, la routine avait repris ses droits. Malgré tout, certains (les neuf dixième de la population du Seireitei, en fait) s'étaient autorisé à fêter la victoire des armées de la Cour sur Aizen le félon et sa horde de monstrueux hollows.

Les wizards, officiers shinigamis piégés cent ans plus tôt par Aizen et forcés à l'exil suite à leur hollowmorphose forcée, avaient été réhabilités et réintégrés dans les rangs.

Ainsi, Shinji, Kensei et Rose avaient repris leurs postes de capitaine, laissés vacants par la défection des trois traitres. Pour les autres, c'était un peu plus compliqué, mais Yamamoto trouverait bien une solution.

Hiyori, malgré le fait qu'elle ait été tranchée en deux, était de nouveau en un seul morceau. Les soins de Retsu Unohana et de Orihime conjugués avaient permis à la partie inférieure de son corps de retrouver sa place. Du coup, la petite blonde était de nouveau en état de martyriser sa proie favorite, à savoir Shinji. Et bien que celui-ci se plaignait et disait à qui voulait l'entendre qu'il regrettait qu'elle soit autant en forme, il était en vérité soulagé et heureux de voir son amie ainsi.

Les blessures avaient toutes été soignées. Soi Fon et Hachi avaient retrouvé leur bras détruit par Barragan, Matsumoto était remise entièrement, et même Hinamori allait bien – physiquement, du moins, car sur le plan mentale, elle en avait repris encore un sacré coup.

Même dans le Hueco Mundo, les évènements étaient pris avec joie et bonne humeur. Après tout, la perspective de voir des shinigamis commander à des hollows avec quelque chose de choquant, de déshonorant, et plusieurs meutes avaient eu dans l'idée de s'allier pour éliminer tous ces traitres et ces lâches qui s'étaient, de leur point de vue, aplatis comme des larves devant leurs ennemis héréditaires.

Kasumi, elle, s'en fichait.

Elle planait majestueusement, dans le ciel éternellement nocturne, et se repassait en boucle les images de la veille.

Cette fluctuation de puissants réïatsus, cet arrancar que rien ne semblait pouvoir atteindre... Elle se rendait compte à quel point il était possible de progresser. Mais en aurait-elle la possibilité ? Elle doutait qu'il suffise de le vouloir pour le pouvoir.

Elle fut tirer de ses pensées par l'émission d'un réïatsu de haut niveau, non loin d'elle. Pas suffisant pour vraiment l'inquiéter, mais son possesseur devait être en mesure de lui donner un minimum de fil à retordre.

Intéressant. D'habitude, les hollows et menos qu'elle avait rencontré jusque là ne valait pas tripette... si on ne comptait pas, bien sûr, la population de Las Noches qu'elle n'avait que vaguement ressentit.

Sa curiosité piquée au vif, elle vira vers sa droite et remonta la piste. Sa vision exacerbée remarqua bientôt la source de l'énergie spirituelle.

Assis sur un rocher, un adjuchas aux allures de frelon attendait, l'observait. Sous son masque, la dragonne fronça les sourcils. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Pourquoi cet insecte poireautait là, immobile, dégageant son réïatsu comme un phare émettrait de la lumière en pleine nuit ? Et pourquoi Kasumi eut-elle l'étrange sensation que ce réïatsu lui était familier ?

Face à cette avalanche de questions, elle décida d'aller voir ça de plus près. Mais prudemment quand même. Après tout, qui sait ce qui dort sous les sables du Hueco Mundo ?

Kasumi piqua vers le frelon blanc, puis, arrivée à une centaine de mètres, elle freina et se laissa tomber au sol. Après quoi elle s'approcha, lentement, surement, comme un fauve s'approcherait de sa proie, sans quitter l'autre des yeux.

Ce faisant, elle en profita pour détailler l'étrange créature. Créature qui, quand elle ne volait pas, devait se déplacer sur deux longues jambes terminées par des pieds à trois doigts griffues. Ses deux bras s'achevaient de la même manière, avec un pouce et deux doigts sur chaque main. Son abdomen souple et long semblait pourvu d'un dard rétractable, et deux ailes translucides trônait sur son dos.

Quant à sa tête, elle se composait, entre autre, d'une bouche pleine de dents et encadrée par deux petites mandibules frémissantes, d'une paire d'antennes longues et segmentées, et de deux yeux dorés, lesquels l'observaient d'un air intéressé, curieux, dépourvus de toute animosité.

Ce n'est que lorsqu'elle eut fait la moitié du chemin que le piège se referma. Partout autour d'elle, sortant du sable comme des diables de leur boite, des dizaines d'adjuchas l'encerclèrent. Et ces bougres, bien que moins puissants qu'elle, en avaient suffisamment sous le coude pour que leur nombre soit un problème.

Certains volaient, d'autres rampaient et creusaient le sol. D'autres encore avaient l'air d'être très rapides ou relativement forts. La dragonne en avait la carapace qui frissonnait, et elle ne put s'empêcher de pousser un grondement sourd, proche du feulement d'un chat face à un chien qui le lorgnerait de trop près. Une chose était sûr, sauf si elle trouvait une bonne tactique, ça allait être serré.

L'un des adjuchas qui avait surgit presque sous son nez pris la parole. C'était un être grand et maigre, aux allures de squelette. Et celui qui, après le frelon, qui, étrangement, ne bougeait toujours pas, semblait être le plus puissant.

- Enfin on te tient, Ombre de la Mort, dit le squelette d'un ton triomphant. Ce que tu seras dés qu'on en aura fini avec toi.

- Plait-il ? Demanda la noire, qui avait retrouvé son calme.

- Tu sais que tu es devenue une vraie légende ? Repris le squelette. Insaisissable, imbattable, inarrêtable, indomptable...

- Ça commence à faire beaucoup de mot en -able, là, commenta Kasumi.

- On est pas mal à avoir des vues sur toi, à vouloir te rajouter à notre tableau de chasse et à vouloir se délecter de ton essence vitale. Mais comme t'es sacrément balèze, on s'est dit que le meilleur moyen de te faire la peau, c'était de s'y mettre ensemble.

- … Si c'est pas malheureux, ça, fit la volante en secouant la tête d'un air désolé. Vous avez eu une mince lueur d'intelligence, mais c'est pour vous comporter comme des lâches.

- Ta gueule ! Grogna le squelette. On est pas fou et on tient à notre peau.

Kasumi réfléchit à toute allure, et du regard, fit un rapide tour des forces en présence.

- Vous êtes, allez... disons une centaine. Vous pensez vraiment que ma carcasse va pouvoir vous sustenter tous ?

- C'est vrai, ça, remarqua un autre adjuchas. On pourra pas tous en profiter.

- On avait pourtant été clair, dit un autre. On s'y met tous ensemble pour la tuer, mais après, c'est chacun pour soi.

- C'est beau, la solidarité et l'entraide au Hueco Mundo, soupira la noire, faussement désespérée.

Elle eut la vague impression d'entendre quelqu'un pouffer de rire, mais crut que son ouïe lui avait jouer un tour. Elle se recentra sur son problème numéro un, à savoir cette meute unie par le seul et unique désir de la tuer.

Cela dit, cela faisait son affaire. Car des ennemis qui ne pouvaient se faire pleinement confiance n'était que moyennement dangereux.

- Bon, allez, assez perdu de temps ! S'exclama le chef de meute. Tous sur el...

Kasumi préféra prendre les devant et lui arracha la tête d'un coup de griffe. Puis elle lança une rafale de ceros sur les adjuchas qui lui faisaient face, avant de faucher ceux qui tentaient de l'attaquer par derrière de sa queue aux lames acérées. Elle prit finalement son envol quand les fouisseurs cherchèrent à la surprendre en la prenant par en dessous. Les volants devinrent par là-même son soucis numéro un, exception faite des ceros que les autres lui tiraient.

Afin d'être moins vulnérable aux attaques venant du sol, elle pris de l'altitude et put se concentrer sur les menos ailés. Ce fut rapidement la mêlée. Mais Kasumi en sortit en lançant une nouvelle rafale de ceros, enchainée avec des coups de queues, de griffes et de crocs.

- Impressionnant, ricana un adjuchas ailé aux allures de rapace, mais ça ne suffira pas.

Il ouvrit grand ses ailes et concentra son réïatsu en plusieurs points sur leur face interne. Les points de fluctuations devinrent des sphères d'énergie qui grossirent très vite. Quand l'oiseau de proie les jugea suffisamment chargées, il battit des ailes et les lança sur sa cible. Laquelle, attaquée de toute part par les autres aériens, n'avait pas vu venir l'attaque. Attaque qui explosa donc au beau milieu de la nuée, prenant tous les participants dans l'explosion.

Tandis que les cadavres chutaient, le rapace éclata d'un rire triomphant, rire qui mourut toutefois aussitôt lorsque le nuage se dissipa, révélant une Ombre de la Mort à la fois étonnée et déçue.

- Mai-euh ! T'as cassé mes jouets !

- Qu... Comment t'as réussi à survivre à ça ? Demanda le vautour, abasourdie.

- Bof, ça m'a à peine chatouillé, ton truc. Si tu veux voir un vrai ceros, j'en ai un super en stock.

Elle leva la tête, prit une grande inspiration, concentra une boule d'énergie verte devant sa bouche, puis elle baissa la tête et hurla en direction de l'oiseau. Et alors que son cri distordait l'air, le rayon partit en flèche et transperça sa cible... qui explosa sur le coup.

- … Cero Hurlant... Pas mal, comme nom... déclara satisfaite la dragonne pour elle-même.

Un cero venu du sol passa à quelques mètres d'elle, lui rappelant qu'elle n'avait pas fini.

- Ouais, c'est vrai qu'il y a encore les autres guignols en bas. Bon voyons, comment il a fait, déjà ? Ah ! Oui, comme ça.

Elle étendit en grand ses ailes, puis concentra son réïatsu. Tout comme feu le rapace, elle obtint une bonne dizaine de petites sphères qui grossirent peu à peu. Puis elle battit des ailes et lâcha ses projectiles, qui filèrent comme des petits météores vers le sol.

- Pas encore assez puissant... marmonna-t-elle. Pour le nom, Cero Météore. Adjugé vendu.

Les impacts creusèrent des cratères et soulevèrent un épais nuage de sable. Kasumi sentie bon nombre de réïatsus s'éteindre, preuve qu'elle avait fait mouche. Mais elle n'en avait tué qu'un petit quart, et principalement les fouisseurs, qui étaient sous terre et n'avait pas vu son attaque arriver. Quelques terrestres y étaient également passés, ceux qui étaient trop lent pour fuir la zone bombardée. Et au milieu de tout ce chaos, le frelon, toujours assis sur son rocher, restait imperturbable, se contentant d'observer.

Sans s'occuper de l'insectoïde, qui, de toute façon, semblait vouloir jouer les simples spectateurs, Kasumi piqua sur un des menos terrestres, utilisant sa technique favorite de l'atterrissage brutal et mortel sur le dos. Puis elle fonça sur l'adjuchas le plus proche et le tua, avant d'éviter de justesse un ver des sables qui voulu l'attraper. Elle tomba dans le piège d'un hollow-fourmilion mais en sortit grâce à ses ailes. Elle le tua d'un Cero Hurlant qu'elle maintint pour balayer les environs.

C'était la débandade chez les assaillants, et la dragonne noire n'éprouvait même pas l'envie de les traquer. Elle acheva les courageux et les fous qui ne voulaient pas abandonner, mais laissa partir les autres. Satisfaite de sa victoire, et heureuse de s'en être mieux tirer que ce qu'elle craignait, elle se dirigea vers le cadavre du défunt chef de la meute et entama son repas.

Elle arracha une bouchée de chair spirituelle et leva la tête, s'apercevant que le frelon n'avait toujours pas bougé. Les deux adjuchas se fixèrent, se jaugèrent. Mais aucun des deux ne fit un mouvement, aucun ne chercha à partir, ni à attaquer l'autre. Ils se contentèrent de s'observer.

- Tu ne m'attaques pas ? Demanda Kasumi au bout de quelques minutes.

- … Je devrais ? Répondit enfin, et d'une voix féminine, l'insecte.

C'est une femelle comme moi, nota Kasumi.

Toutefois, la réponse de l'autre la surprenait un peu.

- Les autres ont tenté de me tuer. N'est-ce pas ton intention, à toi aussi ?

La guêpe se releva et s'avança lentement vers la dragonne, sa queue battant l'air à chacun de ses pas.

- Ce n'est pas mon but, avoua-t-elle.

- Pourtant, à ce que j'ai compris, tu m'as délibérément attiré dans leur piège.

- J'avais mes raisons.

Kasumi se redressa et s'avança vers l'autre adjuchas. Elle se rendit compte qu'elle était deux à trois fois plus grande que l'insecte, qui devait mesurer dans les deux mètres.

Petit pour un adjuchas. Très petit.

- Et quelles sont ces raisons ? Demanda la dragonne.

- Je souhaitais te revoir. Car vois-tu, depuis notre première rencontre, je ne cesse de penser à toi. J'ignore pourquoi, mais j'ai le sentiment que nous sommes liées, d'une façon ou d'une autre.

- Attends, on s'est déjà rencontré ?

La guêpe se recula de quelques pas, planta à nouveau son regard d'or dans les émeraudes de la noire et s'inclina avec respect. Alors, Kasumi eut un flash. Elle se revit dans la forêt des menos, sous forme de gillian, partageant une de ses proies avec un autre gillian destiné à évoluer. Un gillian qui s'était incliné de la même manière face à elle.

- C'était toi... comprit-elle.

- Après cette rencontre, j'ai fait mon chemin seule de mon côté. J'ai dévoré de nombreux gillians, puis ai évolué en adjuchas. Une fois sortie de la forêt des menos, j'ai continué de manger d'autres hollow afin d'évoluer. Mais j'ai aussi ressentit le besoin de te retrouver. Alors je me suis lancé à ta recherche. C'est durant cette recherche que j'ai rencontré le sac d'os et sa bande. Ils voulaient tuer l'Ombre de la Mort, et avait besoin de tous les adjuchas assez puissants pour te tenir tête. Comme je respectais les critères, ils m'ont engagée. Et comme j'étais la plus rapide, ils m'ont chargée de te traquer.

L'insecte se tourna vers l'horizon, là où se voyait encore, au loin, un immense bâtiment blanc.

- J'ai fini par retrouver ta trace à Las Noches. Après quoi, il a fallu faire vite pour rassembler la meute et préparer le piège.

Kasumi écoutait sans rien dire, mais là, un détail la chiffonnait.

- Si tu tenais tant que ça à me retrouver, mais pas à me tuer, pourquoi alors m'avoir laissé tomber dans le panneau sans rien dire, sans même me donner un coup de main ?

- Je voulais voir de quoi tu étais réellement capable. Voir si tu étais à la hauteur de ta légende, aussi forte qu'on le dit.

- … Je vois. Et ?

- Je suis pas déçue. Tu les as éliminé en beauté.

- Contente que le spectacle t'ait plu, maugréa Kasumi, amère.

La dragonne fit volte-face et commença à s'éloigner. Le frelon voleta à ses côtés.

- Eh ! Attends ! On pourrait peut-être voyager ensemble, dit-elle.

- Voyager ensemble ? Répéta Kasumi qui était sur la défensive.

- Oui ! J'ignore encore pourquoi tu m'attires autant. Mais qui sait, je découvrirai peut-être pourquoi en t'accompagnant. Et puis on pourrait se créer une meute à nous, évoluer vers le stade de vasto lorde, ce genre de chose...

- Je ne suis pas sûre de te faire confiance, l'informa la dragonne.

- Je suis pas du genre à frapper par derrière, répliqua l'insecte. Et si je me suis associée aux autres, ce n'est pas pour autant que je partage leur vision des choses.

La noire s'arrêta et observa attentivement la guêpe. Elle se surpris à réfléchir sérieusement à la proposition de l'insecte. Il faut dire aussi que, depuis le temps qu'elle vivait au Hueco Mundo, elle avait toujours été seule. Seule avec une sensation de vide de plus en plus difficile à combler.

Au début, il lui suffisait de dévorer d'autres hollows pour être satisfaite. Mais depuis son évolution en adjuchas, elle se rendait compte que cette sensation était bien distincte de la seule faim qui la tenaillait jusque là. Pendant longtemps, elle avait cherché à comprendre ce qu'était cette sensation de manque. Elle se rendit compte qu'en parlant avec la frelonne, en tenant avec elle une conversation qui ne faisait pas office de prélude à un combat, elle se sentait... bien. Détendue. Heureuse. Comme si... comme si elle avait enfin trouvé ce qui lui manquait.

Elle jaugea une nouvelle fois la petite adjuchas, laquelle dégageait une aura bienveillante et paisible. Son instinct lui assurait que l'insectoïde était digne de confiance, intuition appuyée par le fait que, il fallait bien le reconnaître, elle n'avait rien tenté contre elle.

Décidant de prendre le risque, Kasumi haussa les épaules.

- Bon, ok, soupira-t-elle. Tu peux venir avec moi. Mais si jamais tu t'es moqué de moi...

L'autre bondit de joie.

- Ouais ! Youpi ! T'en fais pas, tu peux vraiment compter sur moi.

- Mouais, j'espère que je fais pas erreur.

La faim les pris alors, et les poussa à se pencher sur les cadavres d'adjuchas qui trainaient encore par-ci par-là sur le sable blanc.

Au bout d'un moment, entre deux bouchées, Kasumi se rendit compte qu'elle ignorait un détail important au sujet de sa nouvelle alliée. Et c'était très certainement réciproque.

- Au fait, dit-elle, je m'appelle Kasumi. Et toi ? Comment t'appelles-tu ?

- Drace, répondit l'autre.


Et voilà, fini pour ce coup-ci. La suite... je sais pas quand. Dans le mois à venir, je pense. Promis ^^