Bonjour bonjour !

J'aurais dû revenir plus tôt, je ne partais que deux semaines... Mais j'ai eu le bonheur de rentrer et de décrouvrir que mon bébé lapinou avait machouillé avec amour le cable d'alimentation de mon ordinateur ET le cable fibre. Je l'aime beaucoup, j'adore sa tata qui devait le surveiller, mais bon... Passons ! Fête des lapinous comme on dit !

Je te remercie pour ta lecture en mon absence ! pour même pour ta review certainement ! :)

Je te laisse avec ce nouveau chapitre, j'espère qu'il plaira !

Pour ce chapitre, un peu de Coldplay : watch?v=z1rYmzQ8C9Q

PS : J'ai modifié les chapitres 6 et 8, je ne sais pas ce qui s'est passé mais en tout cas merci de m'avoir prévenue ! Si cela se reproduit, il ne faut pas hésiter à regarder sur d'autres sites: je poste aussi sur Wattpad et ;)

Junie passa les bras autour du cou de César, son cavalier et fit rouler sur son poignet le bracelet en argent qu'elle portait, distraite.

César avait un an de plus qu'elle et bien qu'elle ait souvent entendu des rumeurs à leur sujet, ils n'étaient qu'amis et ils ne seraient jamais plus. Junie aimait la danse depuis toute petite. Elle avait commencé à cinq ans par de la danse classique avec sa sœur et déjà, cet art avait fait vibrer ses jeunes années. Les deux jeunes sœurs avaient rapidement montré leur talent mais pour la plus jeune, son entrée à Beauxbâtons et la découverte du contemporain avait eu l'effet d'une explosion dans sa vie. Elle avait appris à prendre le contrôle de son corps pour faire parler son cœur et avec César, ils avaient trouvé une harmonie parfaite par les nombreuses heures de travail. Parfois leurs chorégraphies pouvaient être ambiguës, certes, ce qui semblait défrayer les passions à l'Académie mais elle savait qu'il n'y avait entre eux qu'une très belle complicité. Et que ce n'était pas César qui avait envoyé ce bijou.

Junie l'avait trouvé la veille au soir déposé sur son bureau. Il n'y avait pas de mots. Juste le bracelet de fils d'argents fins entremêlés reposant dans un écrin noir. Elle avait passé en revue toutes les personnes pouvant être à l'origine de ce cadeau et tout ne revenait qu'à lui. Elle ne parvenait à se sortir cette idée de la tête. Elle ne cessait de se répéter que c'était complètement stupide...

Pourtant Junie n'était pas idiote. S'il l'avait toujours impressionné, la relation platonique qu'ils se devaient d'avoir avait évolué depuis la rentrée sans qu'elle ne comprenne comment et pourquoi. Les regards à la dérobées s'étaient multipliés. Les sourires aussi. Et les excuses minables pour avoir une raison de se parler. Junie se sentait idiote et si elle avait toujours été très raisonnable, elle ne parvenait pas à se détacher de l'idée que cette attirance était réciproque. Elle était folle. Complètement folle.

Pourtant, à cet instant, leurs regards s'accrochèrent, comme aimantés. Il dansait à l'autre bout de la salle de bal, imperturbable. Junie caressa discrètement son bracelet et le sonda, comme pour chercher une preuve qu'il était à l'origine de ce cadeau anonyme.

Évidemment, fidèle à lui-même, il ne lui en donna aucune.

Et Junie se traita de folle à nouveau.

« Je sors prendre l'air quelques minutes. »

César acquiesça, sans poser de question, puis s'éloigna vers ses amis. Junie dut se retenir de courir vers le parc et sentit à peine la morsure du froid sur sa peau. Sa sœur l'interpella, assise sur les marches entre deux autres filles de sa promo dont elle n'arrivait pas à se rappeler le nom. Les deux sœurs étaient fusionnelles comme il était rare d'en trouver, toujours complices et solidaires, réunies par leurs âges rapprochés et l'absence de leurs parents. Pourtant, à Beauxbâtons, elle ne passait que très peu de temps ensemble. Junie connaissait les amis les plus proches de Séraphine et réciproquement mais pour le reste, elle ne s'y intéressait que lorsque sa sœur lui en parlait durant les vacances.

« César s'est trouvé une autre cavalière ?

- C'est moi qui ait eu besoin de sortir. Et toi, ton bal sans cavalier ?

- Ma foi, je suis sûre que je m'éclate bien plus que vous tous réuni ! »

Junie pouffa de rire et tira une cigarette dans le paquet de sa sœur.

Elle fumait peu, surtout parce que c'était interdit par le règlement pour les mineurs et que contrairement à sa sœur, elle détestait l'idée que ses parents sentent l'odeur du tabac froid sur ses vêtements et dans ses cheveux. Mais le froid, le ciel étoilé et le mystère qui entourait ce petit bracelet la poussèrent à, pour une fois, ne pas se poser de question. Elle s'éloigna à travers le domaine, les yeux balayant les constellations à la recherche d'aurores boréales.

Bien sûr qu'elle n'était pas idiote. Des aurores boréales dans le sud de la France... C'était impossible. Mais pourquoi pas après tout ? On voyait des miracles s'accomplir tous les jours ! Et puis le domaine de l'Académie n'était-il pas magique ?

- « Il est interdit de fumer pour les mineurs. »

Junie se retourna d'un pas vif, cachant d'un geste maniaque la cigarette dans son dos. Pourtant, elle ne put retenir le sentiment de défi qui la fit parler.

« Ce ne sont pas aux Maîtres de Leçons de faire respecter le règlement, normalement ? »

Elle balaya, inquiète, les alentours. Ils s'étaient suffisamment éloignés du palais et de toute manière, à cette distance et dans l'obscurité, ils ne pouvaient être reconnus. Elle fixa son regard sur sa silhouette, à quelques pas d'elle. Il avait cette manière de se tenir bien trop sévère pour la douceur de son visage. Il mettait un point d'honneur à toujours être parfait et froid mais il lui avait montré une façade bien différente, ces dernières semaines. Et puis Junie aimait le provoquer. Elle porta la cigarette à ses lèvres et tira dessus, insolente.

Il la rejoignit en quelques pas, et toujours soucieux de garder un espace convenable entre eux, il lui arracha la cigarette de la bouche, la jetant au sol. Et puis il se saisit de son poignet pour observer plus attentivement le bracelet. Le bout de ses doigts l'électrisa et son souffle se bloqua imperceptiblement. Elle détendit son orbiculaire et caressa l'intérieur de son poignet, savourant le fait qu'il s'attarde dans ce contact physique. Il ne bougeait pas, elle non plus. Junie parcourra du regard sa crinière blonde, coupée courte, son nez droit et sa petite bouche qui lui donnait un air mutin. Elle sentait tous ses fantasmes alimentés par leurs quelques contacts volés, comme celui-ci, qui devenaient bien trop fréquents ces dernières semaines, lui remuer le bas ventre. Entre eux, il n'y avait qu'une attirance physique. Mais de son jeune âge, Junie n'en avait jamais connu d'aussi puissante. Elle sentit ses yeux bleus remonter vers les siens et se sentit fondre. Et puis comme si la raison lui était revenu subitement, il lâcha sa main et se retira vers le palais, la laissant pantelante.

Elle devenait folle parce qu'il la rendait folle.

o

Elle ne sut pas exactement combien de temps elle resta assise sur ce sol. Ses larmes avaient cessé mais toutes forces semblaient l'avoir quittée. Elle était passée en un instant de la jubilation au désespoir. Il l'avait rejeté après lui avoir donné tant d'espoir. Son pire cauchemar s'était réalisé, et c'était même pire que ce qu'elle aurait pu prévoir.

Des pas se firent entendre à proximité, elle baissa un peu plus la tête pour essuyer ses larmes et se releva faiblement. Elle commençait à rejoindre la salle de bal pour quitter le Palais quand on la retint par le bras.

« Est-ce que ça va ? » lui demanda-t-on dans un français maladroit.

Elle grommela en retour, refusant de lever le regard vers cette personne qu'elle ne connaissait pas du tout. Elle s'était déjà fait jeter, se faire ridiculiser en plus, non merci !

Victoire tenta une nouvelle fois de s'échapper, mais elle entendait les pas hésitant qui la suivait. Ils allaient tous deux atteindre le hall d'entrée lorsque, furieuse qu'il ne la laisse tranquille, elle se retourna en un éclair.

« Est-ce que tu vas me suivre jusqu'à minuit ?

- Un gentleman ne peut laisser une demoiselle en détresse seule ! » tenta-t-il de se défendre, rougissant.

Victoire reconnut ledit gentleman. Elle l'avait vu à de nombreuses reprises avec Teddy mais elle ne lui avait jamais parlé. Elle ne lui avait même jamais accordé la moindre importance. Seulement, il avait l'air tellement gêné qu'elle ne put continuer à lui jeter son courroux au visage.

« Je suis désolée, mais je ne suis pas d'humeur à parler. J'ai juste besoin de sortir un peu. Seule.

- Vu l'état dans lequel je t'ai trouvé, je ne sais pas si c'est une bonne idée de te laisser seule auprès de falaises… »

Lassée, elle lâcha un rire nerveux et se dirigea vers la porte d'entrée. Qu'il la suive s'il n'avait que ça à faire de sa soirée.

Le froid lui fouetta immédiatement le visage, détachant quelques mèches de son chignon. Elle frissonna et regretta le dos nu de sa robe. Quelle idiote de ne pas avoir été chercher son châle dans la salle de réception. Mais plutôt attraper froid que de croiser Teddy.

Elle sentit son estomac se contracter en repensant à l'abandon dont elle venait d'être la victime. Elle songea à Teddy, à ses mains brulantes contre sa peau, à l'odeur de ses boucles turquoise, à leur douceur entre ses doigts. Elle se replongea dans son regard sombre et dévorant. Elle se mordit la lèvre en sentant la colère grandir en elle. Il en avait eu aussi envie qu'elle, Victoire ne l'avait pas forcé. Et un baiser de cette intensité ne pouvait signifier autre chose que du désir, et si ce n'était pas des sentiments puissants. De son côté, elle était consciente qu'elle avait toujours, aussi loin qu'elle se souvienne, voulu plus avec son cousin. Elle n'avait jamais douté qu'il finirait leur vie ensemble. Mais aujourd'hui, elle n'était plus sûre de rien. S'il avait voulu la briser, il n'aurait pu être plus efficace que la manière dont il s'y était pris ce soir. Et cela laissait Victoire complétement perdue.

Consciente que sa crise de larmes avait repris de plus belle, elle se laissa tomber sur un banc à l'écart du château et son suiveur ne tarda pas à s'installa à côté d'elle. D'abord silencieux, il finit par lui proposer de se confier, parce que c'était toujours plus simple de se confier à un inconnu. Mais si elle ne connaissait pas son nom, il n'était pas inconnu mais ami avec la source de ses malheurs. Et Victoire doutait qu'il ne sache pas qui elle était pour Teddy : ils avaient ouvert le bal ensemble !

Si elle pouvait cependant se murer dans son mutisme, elle ne put réprimer le claquement de ses dents. Aussitôt elle le vit retirer sa vaste pour la passer sur ses épaules.

« Tu vas avoir froid… voulut-elle refuser son geste.

- Ne t'en fais pas, j'ai grandi sur la côte écossaise et voyagé dans des pays bien plus froid. J'ai un métabolisme de Warrior !

- Sur la côte écossaise ? Où donc ?

- L'ile de Kerrera, tu connais ? C'est une petite ile au large d'Oban.

- Oban, oui bien sûr, j'habite avec ma famille du côté de Galmisdale ! Je ne savais pas qu'il y avait des sorciers dans cette partie de l'Ecosse !

- C'est parce que je suis né-moldu. Je m'appelle Adam.

- Victoire.

- La cousine de Teddy Lupin, je sais. Ted ne parle pas beaucoup de sa vie mais ce soir, on ne pouvait pas te louper avec lui. Tu es très jolie dans cette robe. Même sans cette robe d'ailleurs ! »

Avis que ne devait pas être partagé par Teddy justement. Elle ne put retenir de nouvelles larmes.

« Oh non, excuse-moi ! Je ne savais pas que les compliments faisaient pleurer les filles ! »

Il la tira contre lui et eut l'impression que la température était montée de 20°C lorsqu'il essaya ses larmes maladroitement, étalant plus encore son maquillage sur ses joues.

« Super métabolisme ou sort de réchauffement si tu veux mon avis ! »

Adam ne put s'empêcher de rire, son secret découvert. Victoire se redressa et laissa percer un sourire. Elle ne connaissait pas le jeune homme mais son rire communicatif eut raison de sa carapace.

« Je suis désolée… Je n'ai pas passé une très bonne soirée…

- Mais la soirée n'est pas encore finie ! Qu'est-ce que tu aimerais que je fasse pour te remonter le moral ? Je connais des blagues très nulles ! Ou bien j'ai quelques films sur mon ordinateur portable. Ils sont moldus mais ils sont drôles !

- Ta cavalière va se sentir seule.

- Je ne pense pas qu'elle se rende compte de mon absence, je n'ai pas non plus été très chanceux ce soir. » Ils échangèrent un sourire à la fois triste et compréhensif. « Mais parle-moi un peu de toi. Qu'est-ce qu'une jolie écossaise fait à Beauxbâtons ? Et surtout pourquoi se retrouve-t-elle en larmes alors que tant de jeunes hommes révéraient d'une danse avec elle ?

- Ma mère est française, et puis si j'ai longtemps regretté de ne pas aller à Poudlard, je préfère largement le mode de fonctionnement ici. Et le climat, la plupart du temps ! Dans quelle maison es-tu à Poudlard ?

- Serdaigle. Rien de très folichon ! » Victoire se laissa de nouveau tirer un petit rire. Un silence s'installa ensuite entre eux, mais il n'avait rien de gênant ou d'écrasant. Elle se surprit à apprécier la présence et l'attention que lui portait son nouvel ami en oubliant presque ce qu'il s'était passé à peine une heure plus tôt avec Teddy. « Est-ce que tu viendrais danser avec moi ?

- Je ne peux pas retourner là-bas, regarde-moi !

- Un petit récurvite et on est parti ! »

Victoire regarda sa montre, il était déjà 2h30 du matin. La fête prendrait fin bientôt et la population avait dû réduire dans le château, au vu du nombre d'élève qui regagnait leur pavillon. Puis elle n'allait pas continuer de se cacher. Elle était plus victime de la situation de toute manière ! Et elle voulait remercier Adam pour ses attentions.

De retour dans la salle de bal, il devait rester une vingtaine de personnes sur la piste de danse et Victoire soupira en se réjouissant de ne reconnaitre personne. Adam lui retira la veste des épaules pour la poser sur une chaise et la prenant par les épaules, il la poussa vers la scène.

Elle eut l'impression de plus rire en une heure que dans toute la soirée. Adam dansait comme un pied. Il dansait si mal que Victoire ne comprenait pas comment il faisait pour rester debout. Elle s'attarda sur ses cheveux châtains et épais et sur sa courte barbe, ses lèvres fines étirées en un sourire joueur, ce qui plissait ses yeux. Il était à peine plus grand qu'elle et son veston de costume soulignait une carrure fine.

Lorsque la musique ralentit et qu'ils se sentirent gênés de rester parmi ces couples, ils s'éloignèrent pour se réhydrater et Adam lui parla de sa place d'Attrapeur dans l'équipe de Quidditch, du travail de ses parents dans le tourisme et de tous les voyages qui avaient rythmé sa vie à leur côté. Il lui proposa de lui faire découvrir l'ile de Skye dès que le beau temps reviendrait et rendrait les chemins moins glissants. Il lui posa des questions sur ses parents, sur sa petite sœur qui prendrait 11 ans à Noël.

Ce fut les professeurs qui les mirent à la porte aux alentours de 4h du matin. Il lui avait remis sa veste sur ses épaules mais ça ne la protégea que peu de la pluie qui s'était abattue sur le domaine. Ils coururent jusqu'au pavillon de la Chasse et arrivèrent trempés mais souriant. Victoire ne savait comment le remercier d'avoir sauvé sa soirée.

« J'aimerais récupérer ton adresse pour t'envoyer des hiboux pendant les vacances.

- Des hiboux au pluriel ! Chanceux que je suis ! » Elle lui frappa l'épaule en rigolant. Adam la raccompagna jusqu'à la porte de sa chambre. « Merci pour cette soirée Victoire, j'espère te croiser avant le départ demain matin.

- C'est moi qui te remercie Adam. Tu as vraiment été adorable avec moi. » lui chuchota-t-elle pour ne pas réveiller les autres habitants du pavillon.

Elle lui rendit sa veste trempée avec un sourire désolé et se mit sur la pointe des pieds pour lui déposer un bisou sur la joue.

En refermant la porte de sa chambre, elle posa la tête sur le battant de sa porte et ferma les yeux. Elle ne savait que penser de cette soirée. Une chose était sûre, elle avait en tout cas trouvé un nouvel un ami. Ou plutôt l'inverse, c'était lui qui l'avait trouvé !

Laissant tomber sa robe au sol, elle revêtit son pyjama et sauta sous ses couettes qui lui paraissait très froide comparé au sort de réchauffement d'Adam.

Une chose était sûre, elle devrait avoir une longue conversation avec Teddy au matin.