Bonjour à tous !
Encore un nouveau chapitre. Cette fois on retourne à Poudlard, mais je vous promets qu'il y a de l'action. Encore un grand merci à tous pour vos reviews. Vous êtes vraiment adorables et je ne vous cache pas que ça me fait un bien fou (j'ai besoin d'un peu plus de gentillesse que d'habitude, en ce moment). Oui, bon... je vais arrêter de vous raconter ma vie. Tout ça pour dire, que j'ai pris note de vos hypothèses et de vos questions. Je vous jure que vous aurez des réponses (dans une quinzaine de chapitres...) Encore un grand merci à vous tous, ainsi qu'à vous, lecteurs anonymes, de lire cette histoire qui, mine de rien, m'a pris du temps à écrire. Merci beaucoup !
Bonne lecture !
Bises ;)
Peaseblossom
Réponse aux reviews anonymes :
Guest : Mais merci à toi ! Je suis vraiment contente que cette histoire te plaise. Et merci pour tes compliments. ça me touche énormément de savoir que tu passes un bon moment avec cette histoire. Ne t'inquiète pas, je compte bien la continuer et la finir ^^ J'évite de me lancer dans un projet d'une telle envergure si je sais que je ne vais pas avoir de temps. Donc voilà. J'irai jusqu'au bout, c'est promis. Encore merci pour tes encouragements et tes compliments. J'espère que ce chapitre te plaira. A bientôt ! Bises ;)
cici : Tu as parfaitement raison ! ^^ ça va s'éclaircir (ou s'obscurcir...) au fur et à mesure. Merci encore pour ton enthousiasme, ton soutien, et tes compliments qui me font toujours aussi plaisir. Moi aussi, je suis toujours très contente de lire tes reviews (et ne t'inquiète pas, tu peux abuser autant que tu veux des points d'exclamation !) Encore un grand merci à toi. J'espère que ce chapitre te plaira. A bientôt ! Bises ;)
Disclaimer : rien ne m'appartient, sauf l'histoire. On vous a déjà dit que JK Rowling était fabuleuse ?
Chapitre 8
Alerte à la manticore !
Scorpius entendit la sonnerie et un soupir de soulagement lui échappa. Fin de la journée. La dernière heure de cours était finie. Un cours d'Histoire de la Magie, en plus. Un truc abrutissant sur des gobelins qui n'avaient rien trouvé de mieux à faire que de se taper dessus sans raison. Le tout sur le ton monocorde, plus efficace qu'une dizaine de somnifères, du professeur Binns. Il avait essayé de s'accrocher. Mais c'était plus fort que lui. Sa plume glissait toute seule sur le parchemin, dessinant de vagues formes arrondies, tandis que ses paupières se fermaient toutes seules. Il n'était pas le seul. Il n'y avait que Rose qui arrivait à prendre des notes, sans parvenir à étouffer ses bâillements pour autant.
Aussi, quand la sonnerie se mit à résonner douloureusement dans ses oreilles endormies, il l'accueillit avec un bref sourire. Il rangea prestement ses affaires et sortit.
C'était Halloween. Les armures dans les couloirs avaient été astiquées pour l'occasion, et les fantômes s'étaient mis sur leur trente-et-un. Il vit Nick-Quasi-Sans-Tête, sa tête à demi-coupée maintenue par une gigantesque fraise tuyautée et amidonnée, en grande conversation avec le Baron Sanglant, le fantôme de Serpentard, toujours aussi sinistre, avec son pourpoint maculé de sang. Ils tournèrent la tête vers lui. Le fantôme de Gryffondor lui fit un léger signe de la main auquel il répondit, puis retourna à sa discussion. Un bruit de cavalcade retentit derrière lui.
« Mais attends ! » cria Rose.
Elle s'arrêta, essoufflée à sa hauteur. Albus les rejoignit.
« Pourquoi tu ne nous attends pas ? » râla-t-il.
Scorpius ne sut que répondre. Il n'avait jamais franchement envisagé qu'ils pouvaient être... bien... amis ? Il n'était pas franchement doué pour les relations sociales. Surtout après l'accueil auquel il avait eu droit à la rentrée. Et sa seule amie avait toujours été sa sœur. Une chose étrange se produisit, alors qu'ils rejoignaient tous trois la salle commune. Le petit garçon sentit quelque chose se réchauffer en lui.
La Grosse Dame avait coiffé un chapeau pointu noir pour l'occasion, et une énorme citrouille sculptée au sourire menaçant trônait sur le manteau de la cheminée.
Ils firent leur devoir en attendant l'heure du repas. Le festin d'Halloween était très attendu et une ambiance de fête planait sur la salle commune. Toutes les tables et les fauteuils étaient occupés. Un joyeux vacarme régnait dans la pièce, au grand désespoir de Rose qui n'aimait pas travailler dans le bruit.
Quand ils descendirent, ce fut pour voir la Grande Salle entièrement illuminée de milliers de chandelles placées dans autant de de citrouilles qui flottaient paresseusement au-dessus des quatre longues tables. Des nuées de chauve-souris s'élançaient en formation d'un coin de la salle à un autre, avec de petits cris stridents et désagréables. Le plafond magique montrait un ciel menaçant, noir de nuages, nimbés d'une étrange lueur orangée.
Ce fut l'un des meilleurs repas qu'ait jamais mangé Scorpius. Il lui semblait qu'il n'avait pas assez d'yeux pour tout voir. Albus se jeta avec avidité sur le poulet rôti dont la peau grésillait encore. Rose lorgna avec un sourire du côté des plats entiers de légumes colorés. Scorpius ne put se décider et finalement, piocha à droite et à gauche, prenant ici des pommes de terre, là du ragoût à la citrouille. Il finit sa troisième part de tarte à la mélasse avec un soupir de contentement. C'était vraiment trop bon.
Soudain, Rusard entra en trombe dans la salle. Il traversa la grande pièce en courant, talonné par Miss Teigne. Il bondit sur l'estrade et se pencha à l'oreille du directeur. Il lui parla très vite, et trop bas pour que qui que ce soit puisse entendre. Un silence étrange plana sur la salle, comme si quelque chose d'important allait se produire. Le professeur Anceps fronça les sourcils. Dès que Rusard eut terminé sa tirade, il se leva. Sa silhouette imposante domina l'assemblée. L'atmosphère se refroidit considérablement. Quelque chose de sombre couvait dans son regard.
« Veuillez rejoindre immédiatement vos salles communes, ordonna-t-il sombrement. Pas de détours, pas d'exception. Les préfets, vous veillerez à ce que tous vos camarades vous suivent. »
Un vent de panique souffla sur la salle. Que se passait-il ? Ça avait tout l'air d'être grave. Scorpius glissa un regard en coin à Rose et à Albus. Tous deux fronçaient les sourcils et échangèrent un regard entendu.
« Il s'est passé la même chose pendant la première année de Papa et Maman, lui glissa Rose. Un troll était entré dans l'école.
- C'était une diversion, ajouta Albus. Pendant ce temps, Voldemort était parti à la recherche de la Pierre philosophale. »
Ils se joignirent aux autres élèves, qui s'agglutinaient devant les portes pour sortir. Le vacarme était tel qu'on ne s'entendait plus.
« Vous pensez que c'est la même chose ? » demanda Scorpius.
Rose haussa les épaules.
« Peut-être. Mais pour chercher quoi ? »
La foule les précipita vers l'avant. Il vit Rose écarquiller les yeux. Ça se bousculait de partout. Elle s'accrocha à son bras. Ils atterrirent dans le Grand Hall. Des colonnes d'élèves se lançaient à l'assaut des escaliers, dans un bourdonnement inquiet. Scorpius, Rose et Albus suivirent le groupe de Gryffondor vers les étages.
Soudain, Albus s'arrêta. Rose retint Scorpius.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » rouspéta-t-il.
Albus se contenta de désigner un couloir adjacent du doigt. Scorpius suivit son regard. Il vit la silhouette de James Potter s'éloigner en courant. Il fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il fabriquait ? On avait dit : tout le monde dans la salle commune.
Il surprit le regard d'Albus et un rire nerveux lui échappa.
« Sois pas idiot. Tu ne vas pas... »
Trop tard. Il courrait déjà ventre à terre à la suite de son frère. Il jeta un regard presque suppliant à Rose. Ce n'était vraiment pas une bonne idée, était-il donc le seul à le comprendre ? Ils allaient droit dans le mur. Elle lui fit un sourire désolé.
« On ne peut pas le laisser tout seul, plaida-t-elle. Maladroit comme il est, il va réussir à se faire mal. »
Et elle partit en courant à son tour. Scorpius leva les yeux au plafond et courut à sa suite.
« Attends-moi ! appela-t-il.
- Dépêche ! »
Il se précipita derrière elle. Ses cheveux roux volaient derrière elle comme la flamme d'une étoile filante. Ils rattrapèrent Albus, qui s'était arrêté à un angle du couloir. Scorpius se pencha prudemment.
Il vit l'ombre de James Potter raser les murs. Le petit garçon plissa les yeux. Il y avait une silhouette sombre, prostrée sur le sol. Potter se pencha vers elle, sembla chercher quelque chose dans le vêtement de l'inconnu. Rose pencha légèrement par-dessus l'épaule de Scorpius. Ils virent James sortir une baguette de la poche intérieure de la silhouette allongée sur le sol. D'un coup sec, sans la moindre hésitation, il la cassa. Scorpius écarquilla les yeux d'horreur. Rose eut une exclamation étouffée. James leva les yeux et regarda autour de lui. Les trois enfants se rejetèrent précipitamment dans l'ombre du couloir. Scorpius ferma les yeux. Mais il ne se passa rien. Trop curieux, il se pencha de nouveau légèrement en avant. Potter lâcha les morceaux brisés de la baguette, tira sa propre baguette, et un nuage en jaillit. La légère brume scintillante flotta au-dessus de la silhouette immobile. James jeta un nouveau coup d'œil autour de lui, et Scorpius se rabattit contre le mur. Son cœur battait trop vite. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait là. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Albus lui fit un léger signe de la main, et ils se penchèrent tous les trois à nouveau, mais James Potter était parti. En revanche, la forme sombre était toujours, recroquevillée sur le sol. Rose avança silencieusement. Elle se pencha. Scorpius la vit écarter une main et se reculer avec un mouvement de surprise.
« C'est Édouard, » bégaya-t-elle.
Les deux garçons avancèrent à leur tour. C'était leur camarade de dortoir. Il ne semblait pas blessé. Mais il était inconscient. Alors que Rose tâchait de le réveiller, Albus ramassa les morceaux de la baguette du petit garçon, et Scorpius observa le nuage avec suspicion. Pourquoi Potter n'était pas venu en aide au Gryffondor inconscient ? Et qu'est-ce que c'était que ce truc ?
« On devrait prévenir... »
Rose ne termina pas sa phrase. Les torches s'éteignirent d'un coup et il n'y eut plus aucune lumière dans le couloir, excepté la lueur fluorescente, teintée de vert du nuage de brouillard conjuré par Potter, suffisante pour marquer la présence de quatre personnes dans le couloir. Scorpius n'aima pas ça du tout. C'était comme si Potter avait voulu signaler la position du petit garçon inconscient à… à il-ne-savait-pas-quoi. Il tira sa baguette et jeta un Lumos. Un petit cercle de lumière les entoura. Mais les ténèbres étaient épaisses. La faible lumière étirait des ombres démesurées et fantastiques sur les murs sans tableaux.
Puis il y eut un bruit de frottement. Très léger. Très régulier. Comme si quelqu'un ou quelque chose avançait dans leur direction. Scorpius se raidit. Il se retourna brusquement. Dans la pénombre, il vit briller deux grands yeux rouges, sanguinaires. Il recula. Son pied buta contre le corps mou d'Édouard, pas plus alerte que deux minutes plus tôt.
La main de Scorpius trembla. Il sentit une présence à ses côtés. Il comprit que Rose et Albus s'étaient relevés. Le petit garçon déglutit bruyamment, peu rassuré. La petite fille tira sa baguette à son tour et une douce lueur vint se mêler à celle de Scorpius. L'ombre s'éloigna, et dessina les contours d'une créature qui n'avait rien d'humaine.
Quatre pattes léonines armées de griffes acérées. Un poitrail puissant, couvert d'une fourrure brune tirant sur le rouge. L'éclat métallique d'une queue de scorpion se dressant dangereusement dans l'obscurité. Une tête d'homme hideuse perchée sur un cou épais et musculeux. Un visage très pâle, rongé d'une barbe longue, sale et emmêlée. Deux yeux incandescents qui les fixaient d'un regard carnassier. Qu'est-ce que c'était que ce monstre ?
« Une manticore, » souffla Rose avec horreur.
Une manticore ? Dans un flash, il revit l'article de la Gazette qu'il avait lu quelques semaines plus tôt. « Recrudescence de la population de manticores en Grande-Bretagne... Créatures dangereuses... Prière de prévenir le Ministère de la Magie aussi rapidement que possible... » Mais comment un monstre pareil avait pu atterrir à Poudlard ?
La bête, sans les lâcher des yeux, continua d'avancer vers eux. La lueur des baguettes se reflétait en deux points d'or dans son regard de feu. Tétanisés par la peur, ils n'eurent ni la force de bouger, ni de hurler. La manticore découvrit ses canines effilées et un feulement horrifiant roula dans sa gorge. Scorpius vit la longue queue de scorpion se relever. Et il retrouva brusquement l'usage de ses facultés.
« Attention ! » hurla-t-il.
Il bondit et poussa Rose sur le côté. Le dard piqua le sol parqueté et une grosse verrue jaunâtre en surgit, avec une légère odeur de soufre.
La manticore se tourna vers eux, une lueur meurtrière dans le regard. Et soudain, la voix d'Albus retentit.
« Youhou ! Par ici ! »
D'un geste brusque, la créature se retourna. Scorpius sentit la peau dure de la queue du monstre l'effleurer. Au même moment, il songea que le dernier des Potter était un imbécile. Et quand il vit le fauve se retourner vers lui, Albus dut penser la même chose. Le visage décomposé, il détala. La manticore eut un cri de rage et galopa à sa suite.
Une longue flamme bleue jaillit de nulle part. Elle heurta de plein fouet le flanc de la manticore. Une odeur de poil brûlé envahit le couloir. Des étincelles crépitèrent. La créature fit volte-face et chargea Rose. Avec un temps de retard, Scorpius comprit que c'était elle, la flamme. Mais comment savait-elle faire ça ? Il vit son regard déterminé soutenir celui de la bête sans ciller. Au ralenti, il vit les pattes du monstre se rassembler pour sauter. En rugissant, la manticore se jeta sur la petite fille, toutes griffes dehors. Rose l'esquiva de justesse. Mais pas assez vite pour lui épargner un coup de griffes. Elle hurla. Quatre larges entailles déchirèrent son uniforme et le sang se mit à couler de son bras.
La manticore dérapa sur le sol en crissant, laissant de longues rayures blanches sur le parquet mordoré. Sa glissade s'acheva contre le socle d'une armure qui trembla sur sa base. La bête se retourna, dévisageant Rose en se léchant les babines. Des larmes coulaient sur les joues de la petite fille. Scorpius se précipita en avant. Il tendit sa baguette. Mais pourquoi donc le seul sortilège qui lui venait à l'esprit était celui qui transformait les escargots en billes ? Il croisa le regard de la manticore. Peut-être que... Non, c'était stupide.
Mais la créature fonça vers lui. Il esquiva. La queue écailleuse du monstre lui érafla le visage. Il sentit une douleur cuisante. Un liquide chaud coula sur sa joue.
Albus attira la manticore de son côté. Mais il était aussi démuni que lui face à ce monstre sanguinaire. Pourquoi personne n'arrivait ? Il cria et la bête fonça de nouveau vers lui.
« Pilae reversi ! » s'écria-t-il.
Une longue flèche argentée jaillit de sa baguette. Elle heurta la manticore de plein fouet. Il y eut un rugissement de douleur et de rage mêlées. La bête aveuglée tituba. Scorpius vit la queue du monstre foncer sur lui. Il se baissa. Le dard laissa un long sillon jaune soufre sur le mur. La queue volait en tous sens. Scorpius la suivit des yeux. Et il ne vit pas la patte griffue qui le cueillit dans le dos. Il fut propulsé contre le mur. La morsure de la douleur lui fit monter les larmes aux yeux. Il vit la manticore chanceler et tomber sur le socle de l'armure. L'armure vacilla et s'écroula, dans un bruit de casseroles, sur le monstre.
Au même moment, il y eut un bruit de cavalcade.
« Oh, Merlin ! » s'écria une voix.
Scorpius se releva péniblement. Il avait mal. Il sentait l'odeur du sang sur sa langue et dans ses narines. Des exclamations horrifiées et paniquées résonnèrent. La vision embrouillée par les larmes, il reconnut difficilement le professeur Londubat se pencher vers lui.
« Est-ce que ça va ? C'est fini maintenant. »
Scorpius acquiesça. Ses jambes flageolaient.
« Elle est bien sonnée, là, intervint la voix d'Hagrid. On doit pouvoir la ramener dans la Forêt avant qu'elle ne se réveille.
- Pas moyen de la tuer ? s'enquit le professeur Anceps.
- On ne tue pas une manticore, » le coupa sèchement Brownon.
Scorpius avait la tête qui tournait. Il leva les yeux et vit que Rose était toute blanche.
« Moi, ce que je voudrais savoir, c'est ce que quatre élèves de Gryffondor faisaient dans ce couloir, alors que l'on avait ordonné à tout le monde de rentrer dans sa salle commune, reprit agressivement le professeur de Défense contre les Forces du Mal.
- Voyons, Aristides ! s'indigna le professeur Londubat. Ils sont blessés. Il faut les emmener à l'infirmerie. Nous les interrogerons plus tard. Et puis, il faut sortir cette créature de l'école. »
Les deux hommes se dévisagèrent hostilement. Anceps s'avança entre les deux sorciers.
« Inutile de s'énerver, fit-il d'une voix apaisante, mais ferme. Neville, emmenez ces enfants à l'infirmerie. Hagrid, Aristides, je vous charge de ramener cette bête dans la Forêt. Nous éclaircirons tout cela plus tard, quand tout le monde sera calmé. »
Ils se dévisagèrent encore froidement, puis s'éloignèrent, sans protester. L'esprit de Scorpius enregistra la scène, sans la comprendre. Il essayait de ne pas penser à la douleur qui lui échauffait cruellement le dos.
Ils se dirigèrent vers l'infirmerie en silence. Le corps sans connaissance d'Édouard flottait devant eux. Le professeur Londubat semblait pensif, et contrarié à la fois. Ils traversèrent presque la moitié du château ainsi. Tous les couloirs étaient déserts. Mais les tableaux aux murs chuchotaient bruyamment. Une manticore ? A Poudlard ? On n'avait rien connu de tel depuis le basilic de la Chambre des Secrets. Était-ce seulement vrai ? Scorpius eut très envie de les faire taire.
Ils entrèrent enfin dans l'infirmerie. C'était une grande pièce voûtée comme une nef de cathédrale. De grands rideaux blancs séparaient une dizaine de lits de fer, tendus de draps moelleux. L'infirmière, une petite femme aux allures de souris, accourut vers eux.
« Est-ce vrai, Neville ? Une manticore, à Poudlard ?
- J'en ai bien peur, Vega. »
L'infirmière eut aussitôt une expression terrifiée. Puis elle sembla s'apercevoir de leur présence.
« Oh, mes enfants, mais que vous est-il donc arrivé ?
- Une mauvaise rencontre, répondit Londubat. Avec la manticore.
- Merlin tout-puissant ! »
Elle les mit chacun dans un lit, voltigeant d'un enfant à un autre en faisant pleuvoir les sortilèges de diagnostic. Elle tourna autour d'Albus pendant plus de dix minutes pour s'assurer qu'il n'avait rien. Mais pour Rose et Scorpius, ce fut une autre histoire.
« Vous allez rester ici cette nuit. Je veux m'assurer qu'il n'y a pas d'effets secondaires, leur annonça-t-elle après avoir désinfecté leurs plaies avec une lotion violette qui fumait et qui piquait. Vous pouvez retourner dans votre dortoir, monsieur Potter. »
Albus leur jeta un regard désespéré. Mais l'infirmière demeura intransigeante.
« Dehors ! Allez donc vous reposer, vous en avez besoin. »
La tête basse, le petit garçon sortit. Le professeur Londubat l'accompagna. Scorpius le vit chuchoter quelque chose à l'oreille d'Albus, mais il était trop loin pour entendre.
L'infirmière leur tendit à chacun au pyjama rayé blanc et bleu et les envoya se coucher, tandis qu'elle s'occupait d'Édouard, toujours inconscient.
« Qu'est-ce qui lui est arrivé, à ton avis ? » demanda Rose à voix basse.
Scorpius haussa les épaules. Il grimaça. Ça tirait dans le dos.
« Je ne sais pas. Mais ça a sûrement quelque chose à voir avec la manticore.
- Dites donc, vous deux, je vous ai demandé d'aller vous coucher. Arrêtez de papoter ! » s'écria l'infirmière.
Elle donna un coup de baguette, et les rideaux se refermèrent en cliquetant, les isolant parfaitement.
Seul avec ses pensées, Scorpius fixa le plafond de pierre blonde. Une manticore. Il avait affronté une manticore. Et Merlin soit loué, il était encore en vie. Il sentit la douleur se réveiller dans son dos et se retourna sur le ventre. Cette créature n'avait pas pu entrer toute seule. On l'y avait forcément aidée. Et soudain, Scorpius se souvint. Lors du cours de vol, la silhouette sombre, qui sortait de la Forêt Interdite, quelque chose de caché sous sa cape. Était-il possible que... Ça remontait à plus d'un mois. Les manticores grandissaient-elles si vite ? Il faudrait qu'il demande à Rose. Mais s'il pensait juste, alors les événements de ce soir avaient été réfléchis et préparés depuis longtemps. Et quel rapport avec Édouard ? Et avec James Potter ? Le nuage qu'il avait invoqué avait tout l'air d'avoir pour but d'attirer la manticore. Mais pourquoi ?
Sa tête était douloureuse à force de questions. Il ferma les yeux. Il pouvait entendre les murmures de l'infirmière près de son lit, et le vent qui soufflait contre les fenêtres.
Soudain, il entendit les portes de l'infirmerie s'ouvrir avec grand bruit. Plusieurs personnes entrèrent, en discutant vivement.
« Je vous en prie, messieurs ! intervint la voix de l'infirmière. Vous êtes dans une infirmerie ! »
Le ton baissa aussitôt. Mais pas assez pour empêcher Scorpius d'entendre.
« Alors Vega, qu'a-t-il ? »
C'était le professeur Anceps qui avait parlé.
« Impossible à dire. Je n'arrive pas à comprendre ce qui le tient inconscient depuis si longtemps. Ses signes vitaux sont bons et il n'est pas blessé. Je n'avais jamais vu une chose pareille. »
Un silence tendu accueillit sa déclaration.
« Je pense qu'il faudrait l'envoyer à Sainte-Mangouste, consulter un spécialiste. »
La voix du professeur Londubat intervint à ce moment.
« Mais ce n'est pas la manticore qui l'a mis dans cet état.
- Dans ce cas, coupa Brownon, toujours aussi sec, celui qui a fait cela a sans doute voulu nous éloigner pendant qu'il commettait son forfait. Ou pire. »
Nouveau silence. Quand Anceps reprit, Scorpius pouvait presque l'entendre froncer les sourcils.
« A quoi pensez-vous, Aristides ? »
Il y eut un moment de flottement, puis la voix de Brownon reprit, impassiblement :
« Que le but de la manœuvre était peut-être de se débarrasser d'un témoin gênant. Il est arrivé quelque chose à ce jeune garçon. Sans la présence fort inattendue de mademoiselle Weasley et de messieurs Potter et Malefoy, la manticore l'aurait certainement dévoré. Et nous n'aurions eu aucun moyen de savoir ce qui lui était arrivé. »
Scorpius se tendit dans son lit. Il n'aimait pas beaucoup Brownon, mais il avait sûrement raison. Mais qu'avait-on fait à Édouard que l'on voulait cacher ?
