Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Hurt/confort/Amitié, tranche de vie.

Lectrice 01 : Arlia Eien.

Acteurs : Heero, Duo, Wufei, Quatre, Hilde, Lady Une.

Note de l'auteur : Vision de Duo de Ne fais pas la sourde oreille. L'histoire reprend au chapitre 19

Début d'écriture 24 avril 2012


Chapitre 9


La soirée se passe comme tous les soirs depuis que Heero a repris le travail. Un repas vite préparé à deux en alternance pendant que l'autre passe sous la douche pour se décontracter.

Après Duo se met devant la TV, le portable sur les genoux depuis qu'Heero vient s'installer à côté de lui pour regarder le journal et avoir au moins les explications du journaliste.

En général, après Yuy s'occupe de son herbier ou il lit un livre ayant beaucoup plus de difficultés de suivre un film même si son ami lui propose de mettre les sous-titres.

Toutefois, aujourd'hui, il ne sort pas son herbier et il prend son livre, il le redépose après avoir lu seulement deux pages. Il soupire et se lève avant de dire.

-« J'y vais. »

-« Déjà ? »

-« Hn. »

-« Tu as rendez-vous à quelle heure ? »

-« Dix heures. » Rétorque le métis.

-« SMS-moi. »

-« Dès que je peux. » Rassure Heero avant de quitter la pièce.

Maxwell se laisse captiver par son film policier et sa discussion avec Wufei. Ils aiment chercher les incohérences. Ou justement le réalisme d'un film.

Quand Duo va se coucher, il entend la respiration de son ami, lente et profonde, elle le berce pour s'endormir.

Comme tous les matins, la lampe de chevet d'Heero le réveille. Cette fois par contre, Maxwell s'étonne de ne pas l'entendre se lever pour aller courir. Il l'entend faire plusieurs manipulations sur son GSM.

Cela devient réellement étrange pour lui, il doit savoir pourquoi le comportement d'Heero a changé, même s'il se doute qu'il angoisse pour le branchement de son appareil auditif.

Il ouvre les yeux et constate que Heero n'a pas coupé sa lampe de chevet, sans vraiment oser bouger pour ne pas faire peur à son ami, il l'observe.

Heero finit par se tourner vers lui et sursaute en réalisant qu'il est contemplé.

-« Tu ne vas pas courir ? » S'étonne Maxwell.

-« Je n'ai pas envie. »

Duo avance la main et caresse la joue du métis.

-« Ça va bien se passer, il n'y a qu'un pour cent de malchance. »

-« Hn »

-« Ce n'est pas ça ? »

-« Oui et non. »

-« Pourquoi te tracasses-tu, ça ne va rien changer. » Rassure une nouvelle fois Maxwell.

Il l'espère sincèrement et il se dit qu'à force de le dire cela finira par arriver. Il le répète comme une invocation pour attirer un sort.

-« Ça va changer. Duo, je ne peux pas continuer comme ça. »

Maxwell soupire. Pourquoi les personnes autour de lui ne veulent pas la même chose que lui ? Il sait bien ce qui mine son ami. Il a essayé de l'occulter, toutefois il a bien vu Heero se renfermer, devenir morose. Il est prêt à prendre le risque comme il l'a fait avec Hilde.

S'il a cédé aux avances de la jeune femme à l'époque c'était pour préserver son amitié. Heero est différent. Ils ne tomberont pas dans le même piège, il en est certain.

Au moment où Duo a pris sa décision, Heero veut sortir du lit. Maxwell sait bien que cela ne sert à rien de repousser les choses, ils ne se verront plus avant dimanche s'il le laisse partir. Lui doit se rendre chez Wufei, il ne repassera pas par la maison, alors il lui met la main sur l'épaule pour qu'il continue de lui faire face et puisse lire sur ses lèvres.

-« Je prends le risque de te satisfaire. Quand il n'y aura plus cette tension en toi, tout ira mieux. » Dit-il sincèrement la voix enjôleuse.

-« Ce n'est pas une question de tension, c'est une question de disponibilité, de jalousie. Je ne suis pas prêteur en amour, je m'en rends compte. »

-« À part Wufei, tu n'as pas vu les autres depuis que tu vis ici ou que tu as repris le travail. » Lâche-t-il un petit sourire en coin.

-« Il n'y en a pas eu. » Affirme Heero.

-« Bien sûr que si. » Sourit Duo en caressant la joue de son ami.

Yuy cligne plusieurs fois des paupières. Maxwell se doute que cela doit le surprendre, en quinze jours, ils ont fait continuellement le même horaire. Il n'est pas sorti en soirée. Il n'en ressent plus le besoin. Il a déjà dit non à plusieurs de ses amants qui lui demandaient de passer. Il ne voulait pas laisser Heero seul.

De toute façon, lui est persuadé que c'est la solution. Le sexe est souvent la réponse pour régler beaucoup de problèmes et d'agressivité latente. Alors il n'hésite plus, il lui dit une phrase qu'on lui a dite et qui lui a amené beaucoup de bonheur.

-« Allez, laisse-toi faire, tu sais bien que je t'aime, je ne vais pas te faire du mal. »

Il tire Heero à lui pour l'embrasser et le caresser, afin de repousser les dernières barrières de son ami et presque amant.

Maxwell est satisfait de sentir ce dernier répondre au baiser. Il savait bien que le nœud du problème se trouvait là.

Ses mains se font plus insistantes, viennent effleurer des zones qui sont en général excitantes chez ses partenaires où il donne plus que simplement du sexe pour du sexe.

Maxwell est surpris de se faire repousser alors que deux secondes avant Heero était plus que participant, ce qui lui prouvait que le sexe avec lui serait quelque chose de puissant et enivrant. Ce n'était pas la première fois qu'il avait envisagé cette solution en la repoussant toujours plus, surtout à cause des sentiments de Heero pour lui.

-« Si tu m'aimes pourquoi fais-tu ça ? » Lui lance Yuy d'une voix dure.

Pour Duo c'est comme une gifle qu'il reçoit dans le visage. Il sent le sol se dérober sous ses pieds. Il tombe dans un trou noir. Il essaye de s'accrocher à des souvenirs pour ne pas couler.

Dans un geste de colère, parce qu'il est furieux qu'Heero vienne de faire voler en éclat son équilibre si durement crée durant toutes ses années. Il met ses mains sur les épaules de Yuy et le repousse violement.

Il entend bien Heero l'appeler, il entend la détresse dans sa voix. Seulement, il ne veut plus le voir. Il ne veut pas qu'il puisse réaliser en le regardant dans les yeux qu'il est un type abject.

Car il vient de s'en rendre compte en voyant défiler rapidement son parcours devant ses yeux, c'est ce qu'il est, un sale type qui n'a jamais fait que faire les choses pour lui sans penser aux sentiments des autres, comme LUI.

Cette constatation fait couler quelques larmes chez Maxwell. Ainsi la personne qu'il vénérait plus que tout n'était qu'un immonde salaud. Comment a-t-il pu l'ignorer pendant aussi longtemps ?

-« Duo ! »

Il y a de la panique dans la voix d'Heero. Comment est-ce possible ? Comment peut-il l'aimer d'amour ou d'amitié alors qu'il allait lui faire subir la pire atrocité qu'il y a dans l'univers ?

Pourquoi cherche-t-il son attention ? Il devrait en profiter pour s'éloigner de lui. Pourquoi voudrait-il rester avec un type aussi ignoble ?

Pourtant, il l'entend encore essayer de renouer le contact.

-« Duo, ce n'est pas grave. »

Maxwell ferme les yeux et essuie la trainée de larmes. Il ne peut pas le laisser paniquer comme cela, encore moins s'excuser pour un comportement que lui a eu. Il doit le rassurer et l'éloigner de lui pour la protéger de l'être immonde qu'il est.

C'est Heero qui était dans le bon depuis le début, à l'époque de sa venue à Sank, de ne pas vouloir le fréquenter. Il l'avait mieux cerné que lui en un seul regard. Il n'a fait que profiter de sa surdité pour l'obliger à avoir des contacts, comme il a profité de l'envie de Wufei de revivre des souvenirs pour qu'il s'intéresse à lui. Chang était venu à Sank pour Heero et non lui au départ. Il n'a jamais que cherché à attirer l'attention par n'importe quel moyen.

Prenant sur lui, Duo peut bien penser une fois aux autres et non à lui, il dit.

-« Ce n'est pas ça ! »

-« Alors qu'est-ce qu'il y a ? » Insiste Yuy.

-« Ta phrase m'a fait réaliser quelque chose que j'avais occulté. » Avoue Duo en regardant toujours le plafond.

Il a tellement honte de tout ce qu'il a fait. Il ne veut pas que Heero soit souillé par son regard. Les caresses du métis sur sa joue lui font bien comprendre que son ami n'est qu'abnégation et c'est pour cela qu'il l'admire comme Wufei. Malgré tout ce qu'il lui a fait subir et qu'il ait tenté d'abuser de lui, Heero reste là à le soutenir. Il ne mérite pas son attention, son amitié.

-« Laquelle ? » Lâche Yuy.

Pourquoi insistait-il autant ? Plus il restait près de lui, plus il se sentait mal. Duo soulève les couvertures pour s'éloigner, ne plus lui faire du mal en disant.

-« Ce n'est rien, ce n'est pas grave. »

Duo est surpris de se faire plaquer dans le lit et de voir de la colère dans le regard du métis.

-« Pas cette fois, c'est grave pour te mettre dans cet état. »

-« Ça va passer. » Lâche Maxwell.

Un sourire nait sur ses lèvres, ému par tant de compassion.

-« Duo ! » Gronde Yuy. « Si je t'ai blessé, je veux le savoir pour que cela ne se reproduise plus. »

Maxwell avance sa main pour caresser la joue du métis. Il lui doit bien des explications. Quand il comprendra qui il est vraiment, alors Heero s'éloignera de lui et cette fois il acceptera la situation et le laissera partir.

-« Ce n'est pas toi, tu as juste dit ce que j'ai dit à quelqu'un mais lui ne s'est pas arrêté. Moi qui le vénérais, moi qui continue à suivre sa voie, je ne serai jamais mieux que lui. » Expose Maxwell en soupirant plusieurs fois.

-« Duo, je ne comprends rien, ce que je sais c'est que tu es quelqu'un de bien, d'attentionné, de compatissant et si tu suis l'exemple de quelqu'un, il ne devait pas être si mauvais que ça. »

Maxwell sourit, passe une nouvelle fois la main sur la joue du métis.

-« Et toi tu es quelqu'un de formidable, j'ai failli abuser de toi et tu essayes de me remonter le moral. »

-« J'étais consentant, pas très chaud, mais consentant. Sinon tu n'aurais pas eu le dessus. » Certifie Heero.

Ce que dit le métis le touche au cœur, il s'accroche à l'espoir qu'il n'est peut-être pas aussi abject qu'il le croit et qu'il arrivera à sauver leur amitié.

-« Si tu me racontais depuis le début. De qui parles-tu ? » Interroge doucement Heero.

Maxwell ne s'était pas attendu à cela. Est-ce qu'il a envie de lui raconter des détails de sa vie ? Comment est-ce que Heero va le juger ? Il ferme les yeux, expulse l'air qu'il a dans les poumons. Voilà qu'il recommence à être égoïste. S'il veut s'éloigner de celui qui a été son modèle pendant autant d'années, il doit agir différemment de lui.

Il a fini par mettre les qualités d'Heero sur les épaules de Solo. Il va raconter sa vie aussi bien pour faire le point que permettre à Heero de comprendre.

Quand on raconte les choses à haute voix, elles attrapent souvent une autre ampleur. Il regarde la lampe et commence son récit.

-« Tu sais que j'ai été élevé dans une bande. »

-« Oui, celle de Solo, tu étais son second d'où ton prénom. »

-« Il y avait des jeunes plus âgés que moi, mais j'étais son préféré, il avait confiance en moi. Quand il allait au travail, je restais près de lui, caché et il m'amenait l'argent qu'il gagnait. S'il était en danger, je devais faire du bruit pour faire croire que quelqu'un arrivait. » Commence à expliquer Maxwell en se replongeant dans ses souvenirs.

Il sourit en pensant à cette époque. Il était si fier d'avoir été choisi par Solo et de pouvoir l'accompagner alors que les autres restaient avec Manon.

Il sent presque la main de Solo sur sa joue pour le réveiller, il l'entend l'appeler.

-« Petit second, il est l'heure. »

Ils partaient toujours sans déjeuner parce que Solo lui achetait un pain au chocolat qu'ils mangeaient ensemble.

Il est surpris d'entendre la voix d'Heero. Il était si loin, reparti à cette époque merveilleuse.

-« Quel travail faisait Solo ? »

-« À treize ans et avec la bande à entretenir, il n'a pas eu beaucoup de choix. Il faisait le trottoir. » Reprend Duo toujours le regard sur la lampe. « La nuit, je dormais dans ses bras. Parfois, je l'entendais pleurer dans mon cou, mais un garçon ça ne pleure pas, alors je ne lui disais pas que je l'avais entendu, je gardais ce secret-là, comme celui de la façon dont il gagnait l'argent. Parce qu'il disait toujours aux jeunes qu'il fallait rester digne, ne jamais se soumettre, on pouvait aider, rendre service, mais ne jamais plier ou être dominé or certains de ses clients réguliers avaient de drôles de jeux avec lui. »

Maxwell ferme les yeux, mais les images sont encore plus réelles. Solo attaché à un crochet au mur. L'adolescent jouant le rôle d'un écolier insoumis. Bien sûr, il y avait aussi des moments plus plaisants comme la glace qu'ils allaient manger tous les deux avant de rejoindre les autres. La fois où Solo avait suivi un client dans un restaurant et qu'il avait vu par la fenêtre son ami manger un repas complet et chaud. Solo lui avait amené la mousse au chocolat qu'il n'avait pas su manger.

-« Et c'est un client qui a abusé de toi ? » Interroge Heero le retirant une fois de plus de son passé.

-« Non ! Avant que tu ne me rappelles mes propres paroles, je me souvenais que la première fois qu'on avait uni nos vies c'était moi qui l'avais provoqué pour le soulager d'une certaine tension, parce que je l'aimais plus que tout, qu'il était mon univers. Il était quelqu'un de formidable et que je voulais lui prouver que je l'aimais comme il m'aimait, que nos vies étaient unies, comme nos corps, que je pouvais lui amener du bonheur pour tout ce qu'il subissait pour notre bien. Alors un matin que je le sentais dur contre moi, j'ai reproduit ses gestes pour accueillir les clients, pour l'accueillir et je l'ai prié qu'on ne fasse qu'un. »

Une nouvelle fois Duo s'arrête, son regard se voile, le bonheur s'y inscrit. Oh oui, il voulait s'accrocher à ces moments de bonheur. Se souvenir des moments heureux. Oublier la phrase qu'Heero a dite et qui a brisé sa bulle de protection. Non, il veut rester avec des souvenirs propres, oublier la réalité des faits.

-« Mais ce n'est pas comme ça que ça s'est passé ? » Insiste Heero.

Maxwell ferme les yeux et soupire. Pourquoi veut-il tellement le ramener où tout est moche ? Ah oui ! Pour lui faire expier ses pêchés.

-« Si, mais ce n'était pas la première fois. J'ai eu tellement mal la première fois que je ne voulais plus dormir avec lui, alors il n'a plus voulu s'occuper de moi, j'ai été relégué dans la bande à faire les mêmes tâches que les autres, subir un peu plus de brimades de la part de Manon qui emmenait les autres aider les ferrailleurs pour quelques pièces. Elle répartissait les membres dans des sociétés où elle savait qu'ils avaient besoin de main d'œuvre à bas prix. On devait parfois plier des papiers en quatre pour les mettre dans des enveloppes, plier et coller des cartons pour faire des boites d'allumettes. Pendant ce temps-là, on était au chaud souvent. Je n'avais jamais connu ça et c'est vite devenu pesant pour moi. Alors j'ai été m'excuser auprès de Solo qui a accepté de me reprendre avec lui, mais il ne me souriait plus. »

-« Il t'a mis la pression pour que tu recouches avec lui de ta propre initiative ? » Propose Yuy.

-« Oui, mais il a fait plus doucement, il a été plus tendre sauf quand il avait un certain client. Celui de notre première fois. Alors que je le suppliais d'arrêter parce qu'il me faisait mal. Il me disait : 'laisse-toi faire, tu sais bien que je t'aime, je ne vais pas te faire de mal.' Pour finir, je lui ai demandé : 'Si tu m'aimes ? Pourquoi tu fais ça ?' Il m'a mis la main sur la bouche pour ne plus m'entendre, une autre sur le bas ventre pour… »

-« Je me doute de la raison. » Coupe-t-il en caressant la joue de son ami alors que les larmes recommençaient à couler.

-« À chaque fois que ce client venait, il était plus brutal mais je n'ai plus rouspété, je ne voulais pas qu'il m'ignore, qu'il me repousse, qu'il ne m'aime plus. Quand il a été sur son lit de mort, j'étais tout près de lui. Il m'a dit de tout faire pour ne jamais avoir sa vie, d'être celui qui donne, jamais celui qu'on prend, il m'a fait promettre de garder cet accès rien que pour lui. J'ai promis, j'espérais que ça le sauverait. »

-« Tu as raconté tout ça à Wufei ? » Questionne Heero quand il se rend compte que son ami a fini de parler.

-« Non, juste la promesse quand un jour il a voulu aller plus loin en me caressant quand on faisait l'amour. » Répond Maxwell en regardant pour la première fois Heero.

Duo coupe son réveil et reste allongé à regarder le plafond. Il faut qu'il fasse des choix. Il ne peut pas continuer comme avant. Il ne peut pas faire souffrir Heero et Wufei, ni ses autres amants.

-« Il est l'heure de te lever. » Rappelle Heero

-« Je sais mais je ne vais pas au travail. »

-« Pour ? »

-« Je dois réfléchir à tout ça. » Avoue-t-il.

Il se sent totalement vidé depuis qu'il a raconté son passé. Il serait incapable de travailler de toute façon.

-« À tout quoi ? » S'étonne Heero.

-« Mon passé, mon avenir. »

Une chose qu'il sent au fond de son cœur, c'est qu'il a envie de rester près de Heero. Mais est-ce qu'il le mérite ? Il doit aussi se poser certaines questions. Il ne peut pas continuer à s'imposer comme cela aux autres.

Voyant son ami le regard lointain, Maxwell lui fait une légère caresse sur la joue pour attirer son attention.

-« Je suis toujours partant pour qu'on aille plus loin nous deux. Mais pas maintenant. Je veux que tu restes dans cet appartement. Si Gary en a marre de t'héberger, on trouvera une solution avec Wufei. »

Voilà c'était dit. Tout dépendait de la réaction d'Heero maintenant. Il s'était étonné lui-même d'associer Wufei à son projet. Toutefois pour Duo une chose était certaine, s'il avait le choix, il ne voyait pas sa vie sans l'un ou l'autre.

-« Je peux aller à l'hôtel de temps en temps. » Propose aussi Yuy.

Cela rassure Duo de voir qu'Heero n'a pas changé d'idée, qu'il ne le repousse pas non plus. Il tend le bras pour l'accueillir contre son torse en disant.

-« Tu ne voulais pas dormir ? »

-« Je n'ai plus le temps. » Soupire Heero en rajustant son bandana.

-« Ok » Lâche Duo en prenant son GSM sur la table de nuit.

C'est vrai qu'il est un peu déçu. D'un autre côté, c'est bien mieux ainsi, ce n'était pas parce qu'il a envie de tendresse qu'on doit lui en donner surtout après la façon dont il a agi.

Après avoir appelé le travail, Maxwell constate qu'Heero est debout près du lit. Il y a un peu de panique dans son regard. Il s'étonne de l'entendre dire.

-« Tu veux venir avec moi ? »

-« Non, je dois vraiment faire le point. Mais je ne ferais pas de bêtises. » Promit-il.

-« Je vais chercher ton déjeuner ? »

-« Merci à tout à l'heure. »

Quand la porte claque, Maxwell repousse les couvertures. Il prépare son sac pour partir en week-end. Il n'ira pas chez Wufei. Il tient à être seul. Il sait que son amant est déjà au travail alors il s'assied sur son lit et compose son numéro. Celui-ci décroche à la troisième sonnerie.

-« Wufei, c'est moi. Je ne viens pas. Je dois réfléchir à notre avenir et j'ai besoin d'être seul pour ça. »

-« Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Heero ? » Demande Chang en se redressant sur sa chaise.

-« Pourquoi ce serait à cause de lui ? » Lâche cinglant Maxwell.

Une image vient de lui traverser l'esprit. Wufei venant s'engueuler avec Heero. Il n'a jamais su ce qu'ils s'étaient dit lors de l'hospitalisation pour l'implant de l'appareil auditif. Il a peur que son amant trouve des arguments pour éloigner Heero et c'est encore plus étrange pour lui.

Tout s'embrouille dans son cerveau. Il se sent pris entre deux feux.

-« Duo ! » Rit Wufei. « C'est le seul qui pourrait t'obliger à te remettre en question. »

Est-ce que Wufei a raison ? Voilà encore quelque chose qu'il va devoir analyser.

-« Je vais descendre à l'auberge du Dragon Volant. »

-« Duo, viens à mon appartement. À l'auberge, tu y as des souvenirs de vacances. Mon appartement ressemble au tien, tu ne seras pas dépaysé pour faire le point et je ne serai pas là. » Argumente Chang.

-« Je ne veux pas te gêner. » Avoue Maxwell, mal à l'aise devant tant de sollicitude.

-« Duo, je peux bien faire cela pour toi, pour tout le bien que tu as apporté à ma vie. Si je peux te rendre la pareille, te permettre d'analyser ce qu'il te faut pour être heureux, alors laisse-moi le faire. »

-« Tu me donnes trop d'importance. » Soupire-t-il.

-« Je te donne ce que tu mérites, crois-moi. Je vais faire la nocturne et j'irai chez un collègue. Si tu as besoin de parler à partir de dimanche dix heures, je serai disponible. »

-« Je ne mérite pas tout ça. »

-« Si ! » Affirme Chang avant de raccrocher.

En voyant l'heure sur le réveil, Maxwell se lève. Il sait que c'est dégueulasse ce qu'il va faire, toutefois, il n'a pas envie d'affronter Heero. Alors il va sous la douche, Yuy pourra toujours se laver à l'évier.

Il ne comprend pas pourquoi ses deux amis se plient en quatre pour lui. Et semble également lui vouer une telle admiration. Rien qu'en prenant sa douche maintenant, il fait preuve d'égoïsme. Il est incapable de penser au bien-être de ses amants et de Heero avant le sien.

Alors que l'eau coule sur son corps, il a peur comme il n'a jamais eu peur. Le pire c'est qu'il ne sait pas de quoi. Chaque idée qui le traverse ne le rassure pas mais entraine d'autres pensées avec toujours des conséquences dramatiques, des souffrances pour lui et pour les autres. Il se trouve dans un cul de sac, il ne sait plus comment se protéger encore moins sans faire souffrir les autres.

Il sait qu'Heero vient d'entrer dans la salle de bain. Il l'entend bouger pourtant il n'arrête pas l'eau comme si elle pouvait le purifier de son mal-être.

Avant de sortir de la pièce, Heero lui lance.

-« À tout à l'heure, j'y vais. »

Quand la porte claque, Maxwell coupe l'eau et se sèche. Il a un avion qu'il peut prendre dans deux heures, il est temps pour lui de se dépêcher.

Sur la table de la cuisine, il dépose un mot qu'il vient de rédiger.

Je suis déjà parti chez Wufei

Je serai ce soir sur le chat si tu veux.

Je reviens dimanche dans la nuit.

Il tient à profiter du maximum de temps avant de prendre des décisions qui vont changer la vie de beaucoup de personnes. Depuis la douche, il entrevoit une solution, seulement il ne comprend pas pourquoi c'est si clair tout d'un coup dans sa tête.

Après avoir laissé sa voiture sur le parking de l'aéroport, Duo monte dans l'avion. Installé à son siège, il essaye de rassembler les pièces d'un puzzle qui est en réalité sa vie. Il faut bien qu'il commence quelque part ses réflexions.

Arrivé à l'aéroport, il marche jusqu'à l'appartement de Wufei. Il gravit les étages. Il pousse la porte. Son amant ne lui a pas menti, il est vide. Il ne peut s'empêcher de sourire en voyant un mot sur la table de la cuisine, dire qu'il a laissé le sien au même endroit.

Et c'est aussi une preuve d'attention du Chinois. Il est repassé par ici afin de préparer les lieux comme l'atteste le mot.

Fais comme chez toi. Je t'ai amené des barquettes du traiteur que tu aimes bien, elles sont dans le frigo.

Je travaille cette nuit et je dors une partie de la journée chez Lee Wang.

Tu peux me joindre par téléphone.

J'espère qu'on pourra se voir au moins dimanche matin.

Ça, il avait bien l'intention de l'accorder à son amant. Il sort son GSM pour vérifier si Heero ne lui aurait pas envoyé un SMS et pour en rédiger un pour Wufei.

Heero n'a rien envoyé, il ne doit pas avoir fini son entretien mais il l'avait prévenu que cela durerait, qu'il fallait calibrer toutes les électrodes une à une avant de pouvoir l'appareiller définitivement.

Je suis arrivé, tu en as fait de trop. À dimanche 10 heures

La réponse ne tarde pas.

À dimanche.

µµµ

Maxwell se rend dans la chambre et se couche sur le lit. Il s'y met en boule. Il se sent vraiment mal. Il ne comprend pas comment il avait pu mettre Solo si haut dans son estime. Comment peut-il avoir oublié les fois où Solo le prenait de force ?

Comment Solo subissant ce genre de chose pouvait-il le reproduire ?

Comment un type aussi abject avait-il pu se sacrifier pour élever des orphelins ?

Duo ouvre les yeux et les cligne plusieurs fois avant qu'un petit sourire apparaisse sur ses lèvres. Solo n'était pas complètement mauvais. Il en était heureux. Solo s'était laissé malmener, humilier par amour pour eux. Il subissait tout cela pour rapporter de l'argent. Il aurait pu mettre Manon sur le trottoir pour l'aider et il lui avait appris à travailler autrement en lui trouvant sa première place dans une usine.

Il se rappelle qu'un client a demandé un jour à Solo d'amener un copain ou une copine plus jeune que lui pour qu'ils s'amusent à trois. Duo avait eu peur qu'il n'accepte et vienne le chercher derrière les cartons, surtout que l'homme proposait pas mal d'argent. Pourtant Solo n'avait jamais cédé.

Il peut comprendre que Solo ait voulu pouvoir donner de l'amour, être le maître du jeu une fois de temps en temps. Passer sa rage sur quelqu'un parce qu'il ne pouvait pas le faire sur les clients. Il aurait perdu de l'argent. Solo était aussi jeune que lui au moment de la guerre.

Son téléphone qui sonne le tire de ses réflexions. Il est étonné de voir que c'est Heero.

À Suivre…