Bonjour.
Chapitre un peu plus long que le précédent. On apprends enfin quelques petites choses intéressantes.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, je n'ai aucun retour. Je prends autant le négatif que le positif et je ne mords pas.
Bonne lecture
- Ulrich, quarante points de vie, Odd cinquante, Aelita, trente et Yumi trente, annonça Jérémie.
- Attends, tu es en train de nous dire que nous avons toujours des points de vie ?
- Tout à fait, Ulrich.
- Mais et les blessures ?
- Ton épaule équivaut à vingt-cinq points de vie…
- Je vois, marmonna Ulrich d'un ton maussade.
- Et maintenant Einstein, où allons-nous ?
- Là où on peut éviter les péchés, lâcha l'intellectuel en pianotant sur son clavier.
- C'est possible ? s'étonna Aelita.
- Ça risque de ne pas être facile mais ce doit être faisable.
- T'es le meilleur Einstein ! s'écria Odd tout sourire retrouvé.
- Alors vous attendez quoi ? Rit celui-ci, en route!
Et avec un air plus joyeux, ils reprirent leur marche. Les lieux alentours, devenus désolé, étaient néanmoins plus calmes malgré la sérénité disparue. Jérémie, plongé dans la carte du territoire, leur indiqua le chemin à prendre avant de se lancer dans une programmation complexe.
Ulrich marchait tête basse, n'écoutant guère la conversation d'Aelita et Odd, tout ravis d'avoir retrouvé leur guide et ami. Il sentit soudain une main se refermer sur son bras et il releva la tête, rencontrant le regard de Yumi. Il s'immobilisa quelques secondes puis ils marchèrent côte à côte.
- Ulrich, je suis désolé, je n'aurais pas dû te …
- Je le méritais, coupa Ulrich, les yeux au sol. Je sais que tu es…enfin que tu m'en veux et je te comprends. Peut-être même plus que tu ne le crois.
- Ce n'est pas une raison. Je n'aurais pas dû et puis c'est tout.
Un fin sourire chargé d'ironie étira les lèvres pâles du samouraï.
- Yumi, murmura Ulrich dans un ton où perçait la tendresse.
- Ulrich je ne comprends plus. Je ne te comprends plus, soupira la japonaise. Ce dernier mois tu as tout fait pour t'éloigner. Et pourtant maintenant…
- Ecoute, je … ses épaules s'affaissèrent. Je suis désolé.
- Je ne veux plus de tes excuses, lâcha la japonaise d'un ton froid puis d'une voix plus douce. Pourquoi ? Explique-moi.
Ulrich plongea ses yeux au fond des siens et tout se chamboula en lui. L'occasion ! Inespérée mais tant souhaitée. Il allait tout lui dire, ici et maintenant. Elle comprendrait, elle pourrait même lui pardonner. Non il ne fallait pas rêver, il l'avait trop fait souffrir. Elle lui en voudrait certainement plus après que maintenant. Mais il fallait tenter. Oui sa décision était prise, il allait tout tenter, pour elle. Elle le méritait.
- Je…
- Arrêtez-vous, il y a un souci.
Ulrich jura en entendant la voix de Jérémie mais il rejoignit Odd et Aelita avec Yumi qui arborait à présent un air indifférent.
- Qu'est ce qui se passe Jérémie? Questionna Aelita.
- Droit devant vous, il y a une zone pas claire. Le signal sur mon écran est brouillé et je n'arrive pas à savoir ce qu'il y a dedans.
-Nous n'avons plus qu'à la contourner, claironna Odd.
- Impossible, décréta le blond
- Je ne sais pas pourquoi mais je sentais que t'allais dire ça…, marmonna Yumi.
- Désolé. La zone parcoure le territoire d'un bout à l'autre à vrai dire.
- Alors il va falloir entrer dedans ?
- Vous ne pourrez pas faire autrement, soupira Jérémie. Elle n'est pas très étendue, ce devrait être rapide. Et c'est toujours tout droit.
- Et tu es sûr que ce n'est pas une autre zone de "péché?" Interrogea Ulrich.
- Certain, trancha l'intellectuel, elles n'émettent pas ce genre de signal.
- Alors allons-y, décida Aelita. Pour la communication Jérémie?
- Elle risque de se couper une nouvelle fois mais se rétablira d'elle-même dès que vous serez hors de la zone. Surtout ne dérivez pas de la route, tout droit, ok ?
- A vos ordres, claironna Odd.
Et ils s'élancèrent au pas de course dans la zone redoutée. De leur point de vue à eux, ce n'était qu'une forêt un peu plus dense et aux arbres aux feuilles encore vertes. Elle était sombre et pas très rassurante, mais ils y pénétrèrent sans ralentir. Dans le silence le plus complet, ils commencèrent à traverser les bois à toute allure. Les arbres aux cimes sombres et effrayantes défilaient de tous les côtés. Milles petits bruits angoissants leur faisaient tourner la tête, lever les yeux, réprimer un frisson. C'est alors qu'un bruit couvrit tous les autres. Un bruit sourd, étouffé, angoissant, effrayant qui les stoppa. Ils jetèrent des regards autour d'eux pour en trouver l'origine jusqu'à ce qu'il résonne une deuxième fois, puis une troisième, de plus en plus proche.
- C'est derrière nous! Hurla Aelita.
- Il faut sortir d'ici, cria Yumi en les entraînant dans une course folle.
Allant plus vite que jamais, ils slalomaient entre les arbres, tentant d'échapper à un ennemi inconnu qui se rapprochait davantage de seconde en seconde.
- La lumière, s'écria Odd.
La fin de la forêt ! De la zone. Arriveraient-ils à l'atteindre avant que l'origine du bruit ne les rattrape ? Continuerait-elle à les poursuivre en dehors de la "zone"? Ils en étaient de plus en plus proches, Ulrich la voyait clairement maintenant, devançant ses amis de plusieurs mètres. Il jeta un coup d'œil par –dessus son épaule et les vit peiner à se maintenir à sa hauteur. Il ralentit légèrement, regarda Aelita le dépasser, suivit d'Odd et Yumi mais cette dernière soufflait bruyamment, la main crispée sur son ventre. Il lui prit l'autre main et l'entraîna encore plus vite.
- Ulrich…souffla celle-ci avec peine. Pars…devant… je…
- Tais-toi et cours.
Elle leva un regard étonné vers lui et malgré sa peur et sa douleur, sourit légèrement. Sa manière à lui de dire : Je ne t'abandonnerais pas alors ne songe pas à me faire changer d'avis. Le bruit était juste derrière elle, à ses talons, mais elle n'avait plus la moindre force. Le laser qui l'avait envoyé cogner dans un arbre, la coupant dans sa télékinésie peu auparavant, lui avait ouvert le ventre, la plaie était à vif et on distinguait le muscle brûlé. Un peu devant elle, elle vit Aelita ralentir. L'elfe n'en pouvait plus non plus et Odd n'était pas dans un bien meilleur état. Pourtant il imita la technique d'Ulrich, il saisit la main de la jeune fille aux cheveux roses et l'obligea à accélérer. Aelita trébucha et avec l'aide d'Odd, reprit un rythme plus trépidant encore. La japonaise sentit la pression de main d'Ulrich se raffermir tandis qu'il accélérait encore, l'entraînant avec elle. Le bruit résonna encore une fois et la peur envahit leur visage. Il était sous eux, sous leurs pieds. Les vibrations dans le sol les inquiétèrent au plus haut point. Ulrich tira Yumi vers lui et accéléra encore une fois. La Japonaise trébucha, se rétablit tant bien que mal et ils rattrapèrent Odd et Aelita. La sortie n'était qu'à quelques mètres, la lumière s'était faite plus intense. Le contact avec Jérémie se rétablirait, il saurait quoi faire lui !
- Jérémie, essaya Odd le souffle court.
- La connexion …mauvaise…sortez… je… monstre…
A ce moment-là, Ulrich ne sentit plus le sol sous ses pieds, et, la main de Yumi dans la sienne, il se sentit chuter dans un gouffre sans fin, Odd et Aelita avec eux.
Jérémie regarda les quatre points qui n'avançaient non plus horizontalement mais verticalement. Avec un air paniqué, il stabilisa tant bien que mal la communication et les appela encore et encore. Ils étaient immobiles maintenant mais aucun d'eux ne répondait. Avec un air apeuré, Jérémie jeta un coup d'œil à leurs points de vie qui n'avaient pas bougé et un éclair d'angoisse passa dans ses yeux. Quel piège Xana avait-il encore inventé ?
Ulrich battit des paupières et finit par ouvrir complètement les yeux, il tenta de se relever, y parvenant douloureusement. Sa main rencontra une paroi de terre humide et il s'y appuya avec soulagement. Ses yeux s'habituèrent peu à peu à l'obscurité ambiante mais le noir était encore trop intense pour qu'il puisse voir quoi que ce soit.
- Yumi ? Odd? Aelita? Répondez-moi !
Mais seul l'écho lui renvoya ses paroles. Le samouraï leva les yeux vers les hauteurs mais ne percevait rien, il tenta une autre solution doutant pourtant de son efficacité.
- Jérémie? Jérémie c'est Ulrich tu m'entends ?
Mais constatant l'absence de réponse, il soupira. Dos à la paroi, il se laissa glisser jusqu'à se retrouver assis par terre. Il enroula ses bras autour de ses jambes repliées et son menton vint prendre appui sur ses genoux tandis qu'il sentait un frisson remonter le long de son dos. Il était épuisé, seul, il ne pourrait pas lutter mais comment retrouver les autres dans cette obscurité ? Il se sentait tout à coup envahi par un désespoir sans fond.
- Ulrich ?
La voix le tira de sa léthargie et il se releva rapidement en scrutant les ténèbres.
- Ulrich !
Il aperçut soudain une lueur et s'en approcha prudemment alors que la voix inconnue l'appelait encore et encore. Et soudain elle fut devant elle. C'était comme un passage, comme un autre monde et oubliant toute méfiance il y pénétra.
Ce fut le froid qui la réveilla, le froid et la douleur. Ses paupières frémirent puis s'ouvrirent et elle se redressa en constatant qu'elle connaissait parfaitement les lieux alentours. Elle se leva et posa une main parfaitement humaine sur son ventre où elle n'apercevait nulle blessure. Le tonnerre gronda et elle posa un regard apeuré sur le ciel chargé de lourds nuages gris. Elle pivota sur elle-même et contempla le collège/lycée Kadic qu'elle apercevait derrière les hautes grilles de fer. Comment était-ce possible ? Elle se retrouvait dans la réalité, vêtue de ses vêtements humains, son sac de cours sur son dos.
- Yumi.
Pour revivre une scène déjà vécue.
Elle se tourna vers Ulrich qui venait de lui saisir le bras et eut un mouvement de recul. Elle savait ce qu'il allait dire, ce qu'il allait faire, comment il allait le faire. Elle ne voulait pas réentendre ça, elle ne voulait pas le revoir, elle ne pouvait pas revivre ça une deuxième fois. Comment cela se pouvait-il ? Toutes les possibilités traversèrent son esprit du retour vers le passé jusqu'à une bulle virtuelle mais elle n'en retint aucune car tout contrôle lui échappait. Elle ne pensait plus à rien, elle ne contrôlait plus rien, elle ne pouvait que revivre cette scène atroce, bouleversante.
- Ulrich, s'entendit-elle dire sans parvenir à retenir ses mots. Qu'est ce qui se passe ?
- J'ai…J'aimerais te parler…
Elle sentit ses lèvres s'étirer en un sourire tendre, affectueux devant son ton hésitant et ses yeux baissés. Son corps ne lui appartenait plus. Elle ne pouvait rien changer. Juste revivre un souvenir.
Comment était-ce possible ? La panique s'emparait d'elle sans qu'elle ne puisse rien faire. Elle perçut les battements accélérés de son cœur tandis que le brun levait un regard froid et distant sur elle.
- C'est à propos de nous, Yumi.
- De nous ?
Le tonnerre gronda comme s'il annonçait un malheur et ses yeux se levèrent une fraction de seconde vers le ciel sombre qui menaçait un peu plus à chaque instant de laisser déferler sa rage. La japonaise posa son regard sur le brun qui lui faisait face, attendant la suite avec un mélange d'appréhension et de peur.
- De nous deux. Je peux te paraître prétentieux mais j'ai pensé à une certaine époque que l'on aurait pu…
- Où veux-tu en venir? murmura Yumi d'un ton perdu, hésitant.
- Je souhaite être honnête avec toi, Yumi. Il n'y aura jamais rien. D'ici deux mois, je ne veux plus avoir le moindre contact avec toi. Après le bac, je ne veux plus entendre parler de toi.
Les mots tombaient pour la deuxième fois, toujours aussi cruels, avec ce même regard glacial, cette attitude distante. Ses yeux plongés dans les siens, il attendait sa réaction.
- Mais…Mais pourquoi ? On…on est amis, non? Murmura Yumi d'un ton étrangement neutre mais elle ne parvint pas totalement à dissimuler sa détresse. Mais pour l'instant seul lui comptait, lui qui lui disait que c'était la fin …
-Je ne serais plus ton ami Yumi. Je suis désolé.
Un éclair illumina le ciel à ce moment-là, le tonnerre gronda plus sauvagement encore et la jeune fille se figea en le contemplant d'un air lointain, comme absent. Comme si tout, n'existait plus.
- Pourquoi fais-tu ça ? J'ai fait quelque chose ou dis quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Tu dois m'oublier, je ne peux rien t'offrir. Oublie moi Yumi, c'est mieux pour toi, répondit seulement Ulrich.
- Mais je…
- Je suis désolé, répéta Ulrich alors qu'un nouvel éclairait illuminer le ciel.
Il sembla hésiter puis se pencha soudain vers elle et posa ses lèvres sur les siennes avec une douceur extrême. Yumi ne put retenir la larme qui s'échappa et roula sur sa joue. Il détacha ses lèvres des siennes et sans un regard pour elle, enfonça les mains dans ses poches et s'éloigna tête basse. Elle tendit un bras vers lui comme pour le retenir et le laissa retomber. Il disparut bientôt de sa vue alors que la pluie prenait en intensité, se mêlant à ses larmes.
Pourquoi se souvenir ? Pourquoi revivre cette scène ? Ne l'avait-elle pas assez vu ? Assez rêvé ? Elle sentit une main se saisir de la sienne mais ne réagit pas tout de suite. Elle sentit alors une chaleur l'envahir et elle leva les yeux vers celui qui la tenait.
- Ul…Ulrich.
Son regard était différent, coupable, chaleureux, triste et tendre. D'où était-il venu ? Que se passait-il? Ce n'était qu'un souvenir.
- C'est fini, murmura le brun avec un maigre sourire en la prenant dans ses bras. C'est fini. Répéta-t-il puis l'écartant de lui, il plongea ses yeux dans les siens, une expression de regret envahissant son beau visage. J'aimerais que tu me pardonne. Yumi, j'aimerais que tu me crois car je regrette vraiment cette scène, mes mots, mon attitude. J'aimerais pouvoir revenir dans le passé et agir autrement. J'aimerais pouvoir rire, parler et te regarder comme avant. Yumi j'aimerais tant de choses mais pour le moment rien de tout cela n'est possible. Alors pour l'instant, je vais me contenter de te supplier de me pardonner et de me faire confiance. Je t'expliquerais tout plus tard mais il faut retrouver Aelita au plus vite, nous n'avons pas beaucoup de temps.
Yumi tourna la tête et vit Odd un peu plus loin. Totalement déboussolée, elle suivit Ulrich qui l'entraîna, sa main dans la sienne. Elle se retrouva brutalement dans les ténèbres, de plus en plus perdue, totalement incapable de s'expliquer les événements qui s'enchaînaient avec incohérence.
- Là-bas, remarqua Odd.
Ils foncèrent dans la direction indiquée et Yumi aperçut une faible lueur avant de se retrouver encore une fois plongée dans la réalité.
- L'Hermitage, remarqua Ulrich
- Evidemment, approuva Odd, ce qui doit tarauder le plus Aelita en ce moment c'est son père…
Aelita était immobile dans le salon propre, les larmes roulants sur ses joues. Elle s'écroula soudain au sol en criant.
- Arrêtez ! Arrêtez ! laissez-moi tranquille ! Allez-vous-en !
Elle s'agitait dans tous les sens, affolée, paniquée, et ses pleurs redoublaient.
- J'y vais, déclara Odd.
Il pénétra dans la pièce, prit Aelita dans ses bras et revint aussitôt vers Ulrich et Yumi qui l'attendait. Ils coururent et retrouvèrent peu après l'obscurité. Odd déposa Aelita et il lui parla d'une voix douce et rassurante qui finit par calmer la jeune fille.
- J'ai … J'ai vu mon père…, sanglota-t-elle. Je l'ai vu… Il est mort… Ils l'ont tué… Il a eu le temps de me dire… il a dit… que tout était perdu… et toute ses voix…ses échos dans ma tête…
- Aelita calme toi, rassura Odd, rien n'était réel. Xana s'est juste servi de nos peurs.
- Nos peurs ?
- Il a survolé vos esprits, déclara soudain la voix de Jérémie. Et il s'est servi de votre plus grande préoccupation actuelle pour la matérialiser devant vos yeux et vous déstabiliser.
- Jérémie, s'étonna Aelita.
- J'ai réussi à rétablir la communication un peu avant qu'Ulrich ne sorte de son monde à lui. Je n'ai plus eu qu'à lui expliquer la situation et voilà le travail.
- Mais…mais…, balbutia Aelita plus perdue encore que Yumi.
- Ne t'en fais pas c'est fini, vous êtes presque arrivé, annonça Jérémie d'une voix rassurante et apaisante.
- C'est la dernière ligne droite, claironna Odd.
- Après ce sera fini. Tu auras ton père et nous serons libéré de Xana, ajouta Ulrich.
- Pour toujours, compléta Jérémie. Alors, d'attaque ?
- Quand tu veux, répondirent en cœur les lyokoguerriers.
Mettant alors chacun de leurs côté les soucis personnels, ils s'élancèrent dans la direction indiquée par Jérémie pour les dernières difficultés.
