Salut ! ^^
Il pleut encore beaucoup chez moi. C'est presque un record. Où est passé l'été ? Là, mon chat a attrapé une souris et est venu la manger à l'intérieur parce que l'herbe est trop trempée dehors. Ce n'est pas la joie. J'espère que chez vous, c'est mieux et qu'il y a du soleil.
Merci à Rinku13, Zeugma412, Suchi-story, Harryliada, Alienor la Fantasque et Noumea pour vos gentilles reviews !
(L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling)
Bonne lecture ! :)
Chapitre 9 ― Plans risqués
Dans son laboratoire, Severus reposa avec colère ses éprouvettes sur leur support. C'était inutile, il n'arrivait pas à se concentrer. Il n'arrêtait pas de penser aux meilleurs moyens de torturer les jumeaux Weasley pour qu'ils souffrent le plus possible. Il leur en voulait d'avoir touché au professeur McGonagall. Si lui ne pouvait pas la toucher, personne ne le pouvait !
Éreinté, il se frotta le visage d'une main et essaya de se calmer. Il avait de drôles de pensées. Pourquoi McGonagall l'obsédait-elle autant ? D'un simple regard, elle avait réveillé en lui des émotions bien enfouies, qui n'avaient pas ressurgi depuis l'époque où Lily était encore vivante, mais ce n'était pas une raison pour devenir fou. Les choses n'étaient pas près de changer entre lui et n'importe quelle autre femme. Le plus tôt il accepterait son destin de solitude, le mieux cela vaudrait. Minerva McGonagall n'éprouverait jamais de sentiments pour lui, autre que professionnels, jamais !
Il avait besoin de prendre l'air. Justement, il négligeait sa mission de surveillance à Pré-au-Lard. L'homme suspect rôdait peut-être encore autour de l'auberge des Trois Balais. Ce serait plus prudent d'y aller jeter quelques coups d'œil.
Severus ramassa alors sa cape sur le dossier de sa chaise et laissa derrière lui le chaudron de potion ratée encore loin d'être élucidée.
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Filius transplana à un mètre devant Aurora, sur le chemin de Poudlard.
― Pourquoi me fuyez-vous ? demanda-t-il, insulté.
Un réverbère éclairait le visage hostile d'Aurora tandis qu'elle marchait à vive allure, la natte dans le vent. Elle essaya de le contourner, mais il l'empêcha de passer en faisant un pas de côté.
― Pourquoi me fuyez-vous ? répéta-t-il, plus fort.
― Et vous ? répliqua Aurora en se croisant les bras. Pourquoi me courez-vous après ? Rosmerta meurt d'envie de connaître le septième ciel, elle aussi. Qu'attendez-vous avant de lui faire vivre l'expérience ?
― Quoi ? dit Filius, perplexe. Mais je me fous d'elle.
― Et je me fous de vous. Laissez-moi passer.
― Non !
Il se braqua devant elle, de toute sa hauteur, décidé à comprendre toute la raison de son emportement contre lui.
― Si vous êtes jalouse d'elle, je vous rassure tout de suite que je ne suis...
― Jalouse ? répéta Aurora en l'interrompant.
Elle éclata d'un rire dépourvu d'humour qui se répercuta dans l'air nocturne. Un chat effarouché bondit d'une poubelle et s'enfuit dans une ruelle.
― Pas une seconde ! déclara-t-elle avec brusquerie. Je vous la laisse complètement, ça m'est égal ! Je ne suis pas intéressée aux hommes orgueilleux qui se comportent comme de fiers hippogriffes et qui se vantent de leurs exploits sexuels. Vous êtes loin d'avoir du charme, Mr Flitwick ! Vous êtes pathétique ! Et cruel ! Comment avez-vous pu proférer de tels mensonges sur moi devant tout le monde ? De quoi ai-je eu l'air, moi ?
Un lourd silence empreint de honte suivit ses paroles. Filius eut l'impression de se liquéfier sur place. Elle avait raison. Pourquoi avait-il agi de la sorte ? Que s'était-il passé ? Comment avait-il pu ne pas s'apercevoir qu'il se comportait comme un parfait crétin ?
― Je... excusez-moi..., dit-il d'une voix atterrée. Je suis vraiment désolé... Je ne voulais pas vous humilier... Je voulais juste me venger de lui... me venger de ses blagues méchantes...
Aurora baissa le regard sur ses pieds, resserrant les bras contre sa poitrine.
― Vous auriez pu vous y prendre d'une autre manière, marmonna-t-elle plus calmement. Vous montrer plus civilisé...
― Je sais... J'ai été maladroit... comme d'habitude... Je suis toujours maladroit...
Des larmes lui montèrent aux yeux et Filius se détourna pour les essuyer sous ses lunettes. Ce n'était pas le moment de pleurer. Mais il en était incapable. Sa soudaine prise de conscience le faisait souffrir.
― C'est horrible ce que je vous ai fait, poursuivit-il en se pinçant l'arête du nez. Mais comment j'ai pu ? Je suis vraiment le pire des salauds. Pire que l'autre, là-bas, qui a reçu mon poing à la figure. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je ne comprends pas... Je ne comprends rien ! Je mérite d'être battu pour vous avoir traitée aussi mal ! Je mérite de souffrir !
― Ne dites pas ça, intervint Aurora en lui attrapant le bras. Ce n'est pas grave. Vous ne recommencerez plus, c'est tout. Ne soyez pas aussi dur envers vous-même.
― Mais je vous ai humiliée ! Personne n'a le droit de vous humilier !
― Ce n'est pas grave, je vous dis.
À la lumière orangée du réverbère, le visage d'Aurora s'était radouci. Les mèches libérées de sa natte dansaient sur ses tempes, au grès de la brise. Elle semblait vouloir lui pardonner ses fautes, ce qui émut Filius profondément. Pourquoi se montrait-elle indulgente ? Elle aurait dû au contraire le haïr. Le gifler même.
― Vous êtes trop gentille avec moi, souffla-t-il tandis qu'une nouvelle larme lui échappait. Vous devriez me planter là.
Aurora sourit doucement.
― J'aime beaucoup lorsque vous me montrez votre sensibilité, murmura-t-elle. C'est la partie en vous que je préfère.
Puis elle s'éleva sur le bout des pieds et déposa un baiser sur sa joue mouillée.
Filius eut l'impression de recevoir un courant électrique. Le cœur accéléré, il tourna la tête vers la sienne, de façon à ce que leurs lèvres s'effleurent, et désira ardemment approfondir leur échange. Mais Aurora se recula de quelques centimètres pour le regarder dans les yeux, troublée, comme s'il venait de commettre une nouvelle bêtise. Il se figea, la respiration suspendue, sans oser faire un geste de plus. L'avait-il encore insultée ?
Tandis qu'ils restaient tous deux silencieux, à s'observer sans prononcer le moindre mot, elle sembla hésiter, le regard brillant. Puis enfin, elle se rapprocha de lui et vint sceller cette fois leurs lèvres dans un doux baiser.
Des feux d'artifice explosèrent dans la poitrine de Filius. Elle l'embrassait ! C'était la première fois de toute sa vie qu'une femme lui offrait cette expérience, et il frétillait de joie que ce soit Aurora.
Il voulut la serrer contre lui, mais il se retint de la toucher, de peur qu'elle change d'idée et qu'elle décide finalement de s'éloigner. Les bras écartés, il se contenta de répondre du mieux qu'il put au baiser, sans rien brusquer, savourant toute la chaleur et la douceur de sa bouche contre la sienne. Il souhaitait que ce bonheur s'éternise, quand un frémissement, qui n'eut rien à voir avec l'émotion du moment, le parcourut du bout des membres.
Il fit un bond en arrière, regardant ses mains. Ses doigts avaient commencé à rétrécir. Il retrouvait son apparence originale.
― Ah non..., souffla-t-il, horrifié.
― Ça ne va pas ? s'inquiéta Aurora.
― Si, ça va, mentit-il, mais d'une voix horriblement aiguë.
Il se bâillonna la bouche d'une main, avant de la cacher avec l'autre derrière son dos en feignant d'être pris d'une quinte de toux. Aurora lui toucha l'épaule, cherchant à l'aider. Mais elle ne pouvait rien faire. Le mieux pour Filius était de fuir immédiatement.
Il déguerpit alors le plus vite possible dans la pénombre de la nuit, sans se retourner ni répondre aux cris d'Aurora qui s'élança aussitôt derrière lui pour le rattraper. Il bouscula un groupe de sorciers qui sortaient d'un pub, sourd à leurs protestations, et bifurqua dans une ruelle. Il devait transplaner d'urgence.
Mais tandis qu'il se faufilait entre deux poubelles, un éclair rouge le manqua de peu.
― Aaargh ! cria-t-il en trébuchant contre un vieux chaudron abandonné là.
Il atterrit à quatre pattes sur le pavé raboteux en s'écorchant les paumes. Un instant plus tard, des mains fermes l'empoignèrent par les épaules, le forcèrent à se relever et le plaquèrent contre un mur de brique.
― Non ! Noooon ! paniqua Filius en se débattant.
C'était sûrement l'homme des Trois Balais qui le retrouvait pour lui régler son compte. Une lumière l'éblouit du bout d'une baguette magique dirigée vers son nez, et pendant que ses jambes se raccourcissaient sous lui, Filius reconnut alors son agresseur.
― Severus ? couina-t-il.
― Flitwick ! s'étonna le professeur Rogue en le relâchant instantanément.
Filius retomba douloureusement sur ses pieds, redevenu aussi petit qu'avant, empêtré dans ses vêtements trop grands.
― Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre, dit Rogue, un peu haletant. Vous aviez l'air suspect. Pourquoi vous sauvez-vous comme ça ?
Il se pencha pour ramasser les lunettes tombées sur le sol et les lui tendit. Au même moment, les cris d'Aurora leur parvinrent au bout de la ruelle. Filius s'empressa de renfiler ses lunettes et de sortir sa baguette.
― Vite ! s'affola-t-il. Il faut partir d'ici, il ne faut pas qu'elle me voie !
― Pourquoi ?
― Je vous expliquerai plus tard !
Filius tourna tant bien que mal sur lui même et transplana.
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― Fallusio !
Severus repoussa sa cape derrière lui et éclaira la sombre ruelle de sa baguette. Le professeur Sinistra s'avançait vers lui entre les poubelles, les mains devant le visage pour se protéger de la lumière forte.
― Fallusio, pourquoi est-ce que vous me fuyez ? Qu'est-ce qui se passe ?
― Il est parti, répondit Severus. Qui est Fallusio ?
Sinistra s'arrêta à un mètre de lui et plissa les paupières pour mieux le scruter dans la pénombre. Severus baissa alors sa baguette pour lui faciliter la vision. Lorsqu'elle le reconnut, elle eut un sursaut de surprise.
― Professeur Rogue ! s'exclama-t-elle. Mais qu'est-ce que vous faites là ?
― Je surveille les environs, informa-t-il laconiquement. Et vous ?
― J'étais avec quelqu'un. Le cousin de Filius, en fait. Il s'est volatilisé après avoir subi un malaise. Il est parti, vous dites ? Il a transplané ?
― Oui. Il avait l'air assez incommodé. J'ignorais que Filius avait un cousin.
― Il est à Poudlard depuis quelques jours. Il est venu aider Filius à mettre au point son projet.
Severus demeura impassible à la lueur de sa baguette, tandis qu'il plongeait un moment dans ses réflexions. Qu'est-ce que le professeur Flitwick était en train de manigancer ? Cette supercherie ne lui ressemblait pas.
― Excusez-moi, dit-il enfin, mais je dois rentrer.
― Il y a un problème ? s'inquiéta Sinistra.
― Non. Tout va bien, rassura-t-il en rangeant sa baguette sous sa cape. Mais ne restez pas toute seule ici. Le village n'est pas sûr depuis que le congrès doit avoir lieu chez Rosmerta.
― C'est vrai. Il y a des gens louches partout. Justement, il y en a un qui me harcelle chaque fois que je vais aux Trois Balais. Fallusio a dû intervenir pour le faire taire. Je n'avais jamais vu un homme aussi importun.
Severus s'alarma.
― Vous parlez du même homme qui a insulté Flitwick la veille ?
― Ah bon, vous en avez entendu parler ? s'étonna-t-elle.
― Rosmerta était censée m'avertir s'il revenait dans son auberge.
― Eh bien, il est revenu. Et reparti. Mais il y est peut-être retourné, je n'en sais rien.
Sans plus tarder, Severus s'engagea d'un pas ferme dans la ruelle et prit la direction du pub Les Trois Balais. Lorsqu'il entra dans l'auberge, il survola rapidement des yeux les quelques clients présents pour voir si l'un d'eux ne lui évoquerait pas un malintentionné, puis comme ils lui parurent tous assez calmes, il s'avança tout droit vers le bar et s'accouda devant Madame Rosmerta qui, de l'autre côté, s'occupait à frotter une petite cuillère d'un air rêveur.
― Bonsoir, chantonna-t-elle lorsqu'elle le vit. Qu'est-ce que je vous sers ?
― Il est revenu, lança Severus d'un ton de reproche. Il est revenu et vous ne m'avez pas averti.
Le sourire de Rosmerta se figea sur ses lèvres, puis elle déposa son torchon en blêmissant.
― J'ai oublié, s'excusa-t-elle à mi-voix.
― Comment ça, vous avez oublié ? s'agaça Severus en s'attirant des regards de la part des clients proches. Si je prends la peine de vous demander de m'avertir, c'est parce que c'est important.
― Je le voulais, c'est vrai, j'avais prévu de vous envoyer un hibou, se justifia-t-elle en tripotant sa cuillère. Seulement, j'ai été distraite...
― Distraite par quoi ?
Les joues de Rosmerta virèrent au cramoisi. Manifestement, elle n'avait aucune envie de lui confier la cause de sa distraction.
― Mais je lui ai parlé, dit-elle comme pour se racheter. Je lui ai demandé son nom.
― Et alors ?
― Il... ne m'a pas répondu... Au lieu, il m'a posé des questions sur les prochains événements à venir dans mon auberge...
― Raison de plus pour prendre cette affaire au sérieux ! s'emporta Severus qui frappa le comptoir du plat de la main.
Rosmerta sursauta et les clients proches s'indignèrent en échangeant des jurons. Severus les fit taire d'un regard noir et se pencha ensuite vers Rosmerta en baissant la voix.
― Vous ne lui avez rien dit, j'espère ?
― Non, chuchota-t-elle nerveusement. Et il n'a pas insisté.
― Où est-il, maintenant ?
― Je ne sais pas. Après s'être encore comporté comme un goujat, il s'est fait chasser de mon auberge par un certain Fallusio. Il lui a cassé le nez.
― Il a fait quoi ?
― Il l'a frappé en pleine face et lui a cassé le nez, précisa-t-elle. Avec son poing.
Severus fronça les sourcils. C'était impossible. Filius Flitwick ne se serait jamais comporté de façon aussi brutale. Il était de nature trop sensible pour ça. Rosmerta devait exagérer les faits.
― C'est la vérité ? dit-il d'un air soupçonneux.
― Est-ce que j'ai l'habitude de vous raconter des mensonges ? demanda-t-elle d'un regard vexé.
Severus la toisa en plongeant discrètement la main dans la poche de sa cape pour y empoigner sa baguette. À l'aide d'un Legilimens Informulé, il s'introduit alors dans son esprit et visionna, en accéléré, toute la scène où Flitwick avait défié cet homme, un beau merle, à la tignasse en bataille et au visage dur qui lui était étrangement familier. À la fin d'un duel d'insultes puériles, Flitwick frappait bel et bien l'homme qui se retrouvait le nez en sang. Severus émergea des souvenirs de Rosmerta avec une stupeur incrédule.
― Pourquoi me regardez-vous comme ça ? demanda Rosmerta en repoussant ses épais cheveux bouclés derrière ses oreilles. Je vous dis que c'est la vérité.
― Je vous crois, rassura Severus qui retrouva vite son masque d'impassibilité. Merci pour cet entretien. Maintenant, est-ce que je peux compter sur vous pour me prévenir immédiatement si vous revoyez cet homme ici ?
― Mais oui, assura Rosmerta sur un ton d'évidence, presque insolent. Cette fois-ci, je n'y manquerai pas. Soyez tranquille. Vous allez prendre de quoi boire ?
― Non. Je vais me coucher.
Severus quitta l'auberge et marcha sur le chemin du retour en se creusant l'esprit. Où avait-il vu cet homme auparavant ? Et pourquoi diable Flitwick se faisait-il passer pour son cousin auprès du professeur Sinistra et se permettait d'agir sans aucune manière ?
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Le lendemain, lorsqu'elle se réveilla, Pomona se retrouva sur le dos, sous le dais orangé d'un baldaquin. À sa droite, une fenêtre aux rideaux tirés filtrait la lumière du jour, éclairant doucement le corps d'une femme qui était étendu à plat ventre auprès d'elle. Elle était nue sous les couvertures, le visage dissimulé sous un amas de cheveux emmêlés qui remuaient au gré d'une respiration paisible.
Pomona grimaça au souvenir de la veille. Elle n'était pas fière d'avoir couché avec Trelawney, encore moins d'y avoir pris plaisir. Ce devait être un effet secondaire du maléfice. Ou bien elle avait largement trop bu. Elle refusait toujours de croire qu'elle était lesbienne.
Pomona se gratta la poitrine, découvrant par là qu'elle était encore aussi poilue que la veille. Ses couilles lui collaient entre les jambes, moites de sueur dans la chaleur des draps. Ce corps la dégouttait, d'autant plus qu'elle était encore bandée. Pourtant, elle n'était pas du tout excitée. C'était n'importe quoi. Elle avait hâte de retrouver ses seins volumineux, son ventre imberbe et son sexe regretté de femme. Quand est-ce qu'elle pourrait mettre fin aux effets de ce maléfice ? Il s'agissait de retrouver le coupable, mais si ce n'était pas Sibylle Trelawney, qui était-ce, dans ce cas ?
Pomona devait rejoindre Rolanda pour faire le point.
Avec le moins de bruit possible, elle se leva et entreprit de retrouver les vêtements de Rogue éparpillés dans la chambre. Elle commença par enfiler le caleçon noir en rechignant à devoir le reporter. Elle était due pour une douche.
Une fois tout habillée de la redingote fripée, elle chaussa les souliers, tout en se demandant l'heure qu'il pouvait être. Heureusement qu'elle ne donnait pas de cours ce jour-là. Elle se gardait toujours le vendredi pour s'avancer dans ses corrections, le week-end étant consacré à ses plantes.
Soudain, Trelawney émit une plainte ensommeillée en s'étirant dans le lit. Pomona tressaillit de panique et s'empressa d'atteindre la porte sans même prendre la peine d'attacher ses lacets. Elle ne voulait pas parler à Trelawney après cet épisode gênant passé ensemble.
Elle traversa la pièce aux nombreuses tables entourées de poufs, ouvrit la trappe avec un grincement sonore et se laissa glisser le long de l'échelle sans même se servir des échelons. Elle atterrit durement sur le sol, manquant de perdre l'équilibre, puis s'engagea dans l'escalier en colimaçon.
Quelques minutes plus tard, à bout de souffle, elle arriva devant la porte des appartements de Rolanda. Elle frappa. Elle attendit. Personne ne lui répondit. Rolanda devait dormir encore. Pomona réitéra ses coups sur le bois avec plus de force, mais toujours rien. Après mûre réflexion, elle décida de ne pas insister. Après tout, il était trop tôt pour réveiller les gens. Au-delà des fenêtres du château, le soleil se levait tout juste.
Pomona s'en retourna donc vers ses propres appartements, avec l'idée d'en profiter pour prendre une douche. De mauvaises odeurs s'exhalaient de sous ses aisselles velues. De temps à autre, elle décollait son scrotum de ses cuisses pour mieux marcher. Sa peau était couverte de sueur qui la rendait grasse.
Lorsqu'elle entra chez elle en faisant claquer la porte, elle entendit une exclamation étouffée. Surprise, elle se tourna stupidement vers son Snargalouf. Évidemment, la souche restait immobile dans son pot, tranquille entre ses branches noueuses, car les plantes, à l'exception des mandragores, ne poussaient pas d'exclamations.
― Popo..., reprit la voix, ensommeillée. Tu es là...
Pomona vit alors Rolanda. Assise derrière le bureau et les plantes qui la camouflaient, elle relevait une tête échevelée, comme si elle s'y était endormie entre ses bras.
― Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda Pomona, perplexe.
― Je t'attendais, expliqua Rolanda en frottant des yeux pochés. Tu en as mis, du temps. Qu'est-ce que tu faisais ?
― Mais j'exécutais le plan, qu'est-ce que tu crois ?
― Tu as réussi à voir ses côtes ?
― Oui.
― Et alors ?
― Ce n'est pas elle.
Rolanda laissa retomber les mains sur le bureau et fixa Pomona en cillant plusieurs fois comme si elle ne savait pas quoi penser.
― Alors, c'est qui ? interrogea-t-elle après un moment.
― Je n'en sais rien, répondit Pomona en se dirigeant vers la porte de ses appartements. En tout cas, j'en ai marre. Je n'ai pas envie de recommencer cette comédie avec quelqu'un d'autre. Je vais prendre une douche, je pus l'homme.
― Mais attends !
Rolanda se leva en faisant racler la chaise, mais Pomona, la main sur la poignée, ne voulait pas aborder les détails de cette soirée. Elle souhaitait que Rolanda la dispense d'entretien, qu'elle se contente de ces infimes informations, sans insister. Mais à en juger par son regard plein d'avidité, c'était trop espérer. Pire encore, elle semblait avoir déjà tout deviné :
― Tu as couché avec elle ?
Une sensation de flammes s'empara de Pomona qui se sentit rougir violemment. Elle voulut nier, mais Rolanda, dont les yeux jaune vif viraient au safran comme sous l'effet d'un choc, en restait convaincue.
― C'est pour ça que tu ne revenais pas, continua-t-elle d'un ton étrangement contenu. Tu as couché avec elle.
― Je n'avais pas le choix si je voulais qu'elle se déshabille ! se défendit Pomona. Je l'ai séduite comme prévu et... et puis, à quoi est-ce que tu t'attendais ? J'ai suivi le plan comme il se devait ! La façon gentille, tu te souviens ?
Rolanda pinça les lèvres, les yeux à présent humides, comme au bord des larmes. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle baissa la tête en se passant une main dans le visage.
― En effet, admit-elle tout bas. À quoi est-ce que je m'attendais ?
Pomona fronça le nez. Elle ne comprenait pas sa réaction. Pourquoi était-elle en colère contre elle ? Rolanda était la première à qui l'idée de séduire Trelawney plaisait. Maintenant, elle se comportait comme si elle avait été trahie.
― Rolane ? dit doucement Pomona. J'ai fait quelque chose de mal ?
Rolanda releva la tête et s'efforça de lui adresser un sourire rassurant, mais qui restait néanmoins dolent.
― Tu y as pris plaisir ? demanda-t-elle.
Pomona soupira bruyamment, incrédule.
― Mais enfin, Rolane ! s'indigna-t-elle. On parle de Trelawney, là ! La folle qui a à peu près autant de charme qu'une chouette efflanquée !
― Et alors ? Tu as sûrement ressenti quelque chose de plaisant pendant que tu la touchais, non ? Du moins sur le plan physique ?
― J'en ai assez, je vais prendre ma douche.
L'esprit en confusion, Pomona poussa la porte et entra dans son salon. Aussitôt, Rolanda repoussa la chaise et se précipita derrière elle.
― Popo, s'il te plaît, raconte-moi ! supplia-t-elle tandis que Pomona traversait ses appartements sans s'arrêter. Je ne dirai rien à personne ! Comment as-tu séduit Trelawney ? T'a-t-elle montré ses côtes avant ou après que vous ayez couché ensemble ?
― Tes questions sont pénibles !
― Mais je veux savoir ! J'ai contribué à mettre au point ce plan ! Et puis, je t'ai attendue toute la nuit ! Tu es injuste, Popo !
Pomona franchit la porte de sa salle de bain et se retourna devant Rolanda, les bras croisés.
― D'accord, dit-elle pour la faire taire. Mais après ma douche. Je ne supporte plus de me sentir.
― Est-ce que je peux te regarder prendre ta douche ? demanda spontanément Rolanda, l'expression soudain gourmande.
Pomona écarquilla les yeux.
― Non ! refusa-t-elle avec irritation.
Et elle lui claqua la porte au nez.
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Severus s'était levé au petit matin pour parvenir à terminer l'analyse de sa potion contaminée, mais toujours sans succès. La mixture restait insondable. Il ne comprenait pas comment c'était possible que les ingrédients intrus soient si difficiles à démasquer. D'habitude, aucune potion ne lui résistait.
Ce fut donc avec mauvaise humeur qu'il se rendit à la Grande Salle pour le petit déjeuner.
L'endroit bondé d'élèves bruyants lui causa une légère migraine. D'un geste impatient, il tira la chaise à côté du professeur Dumbledore et s'y assit avec raideur. De l'autre côté, au sommet de sa pile de livres, le minuscule Flitwick tressaillit, mais Severus ne lui accorda pas d'attention. Il cherchait des yeux le professeur McGonagall autour de la table, qui se révéla absente. Évidemment, car elle se cachait. Elle serait sans doute furieuse s'il lui annonçait que son antidote allait encore tarder.
Pendant qu'il se servait un café bien fort, en fusillant du regard les jumeaux Weasley au moment où ils entraient dans la salle en compagnie de leur ami Lee Jordan, Dumbledore s'inclina vers lui dans sa chaise à haut dossier et lui chuchota :
― Comment ça va, Severus ?
― À merveille, répondit-il d'un ton sarcastique.
― Sérieusement, insista Dumbledore sans rire.
Severus savait où le directeur voulait en venir. Il voulait un compte rendu de sa surveillance à Pré-au-Lard. Pour se permettre de réfléchir un peu à ce qu'il allait dire, il but lentement une gorgée de sa tasse brûlante, tandis que Flitwick, l'air nerveux devant son bol de porridge, lui jetait des regards à la dérobé. Il redoutait sans doute une interrogation au sujet de Fallusio, mais ce n'était pas le moment.
― Un homme est venu deux fois aux Trois Balais, murmura Severus en reposant sa tasse avec un tintement dans la soucoupe. Il est venu hier soir et le soir d'avant. Je ne l'ai pas vu, mais j'en ai entendu parler.
― Un homme ? répéta Dumbledore, les sourcils froncés en signe d'intérêt.
― Oui.
Severus guetta la réaction de Flitwick, mais ce dernier regardait à présent le professeur Sinistra qui venait de s'asseoir plus loin avec le professeur Vector. Severus poursuivit alors à voix basse, à l'adresse de Dumbledore :
― Rosmerta me dit qu'il cherche des informations sur les prochains évènements à son auberge. Du moins, c'est ce qu'elle a découvert en l'interrogeant. Elle a essayé de découvrir son nom, mais il a refusé de le lui divulguer. Je pense que c'est un ancien Mangemort. Son visage me dit quelque chose.
― Vous l'avez vu ou vous ne l'avez pas vu ? demanda Dumbledore sans comprendre.
― Je l'ai vu dans les souvenirs de Rosmerta, clarifia Severus en désignant ses propres yeux. Avec un sort de Legilimancie.
Dumbledore se caressa la barbe en hochant la tête.
― Je vois, dit-il. Et où est-il, maintenant ?
― Je l'ignore. Il se fait chasser chaque fois qu'il vient à l'auberge. C'est qu'il est d'une impolitesse rare. Je ne sais pas s'il agit seul ou sous les ordres d'un chef de bande, mais dans les deux cas, il s'y prend vraiment de façon maladroite. Il est loin d'être discret. N'empêche, il est peut-être simplement stupide et innocent. S'il parle d'évènements, rien ne nous dit qu'il s'intéresse particulièrement au congrès. Il ne l'a pas précisé. Mais je reste sur mes gardes.
― Vous faites bien, approuva Dumbledore, inquiet. J'imagine que Rosmerta vous le signalera si cet homme revient dans les parages ?
― C'est ce dont on a convenu, assura Severus en espérant que Rosmerta, cette fois, reste vigilante. En attendant, je continue mes allers-retours au village, au cas où je le verrais ailleurs. Je reste aussi sur mes gardes quant à d'autres suspects.
― Vous me tiendrez au courant pour la suite. Je vous remercie, Severus.
Pendant que Dumbledore retournait à son assiette, les sourcils toujours froncés, Severus avala une seconde gorgée de son café fort d'un air songeur, puis se tourna vers le professeur Flitwick dans le but d'élucider maintenant cette affaire de cousin excentrique.
Mais il tomba sur une pile de livres vacante et un bol de porridge à moitié mangé.
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Vêtue de sa chemise de nuit, les cheveux défaits, la jeune Minerva fouillait ses tiroirs à la recherche de la friandise qu'elle avait confisquée la veille en début de cours aux jumeaux Weasley. Selon leurs explications, cette sucrerie provoquait une hausse de température à celui qui la mangeait, l'autre moitié étant l'antidote. Si c'était vrai, cette invention lui serait utile pour convaincre Dumbledore de la dispenser de cours pour la journée. Le directeur venait toujours lui rendre visite lorsqu'elle était malade. Il fallait donc que sa nausée soit authentique si elle voulait tromper sa perspicacité légendaire.
Enfin, elle trouva ce qu'elle cherchait, enveloppé dans un papier rose pastel. Satisfaite, elle le posa sur son bureau, attrapa sa plume en s'asseyant et entreprit d'écrire un mot pour Dumbledore. Elle lui décrivit des symptômes imaginaires, racontant qu'elle s'était réveillée ce matin avec une violente nausée et que, malheureusement, elle se trouvait dans l'impossibilité de donner ses cours. Lorsqu'elle termina son tissu de mensonges, elle se rendit devant la cheminée dans laquelle elle jeta une poignée de poudre de cheminette et envoya sa missive dans les flammes vertes en direction du bureau de Dumbledore.
Pendant que le feu s'éteignait lentement dans la cendre, elle eut alors un éclair de culpabilité. Qu'était-elle devenue pour se comporter ainsi de manière aussi malhonnête ? Elle ferait bien de revoir ses valeurs morales. Mais une caresse sur son ventre parfait de jeune fille lui suffit pour raviver ses désirs. Après tout, elle ne demandait qu'une seule journée de plaisir.
Résolue, elle retourna à son bureau et attrapa le flacon de potion de Vieillissement qu'elle but en comptant ses gorgées, puis reprit la friandise qu'elle déballa et examina à la lumière de la fenêtre.
Une moitié était verte, l'autre rouge. Laquelle fallait-il manger en premier ? Elle opta pour le rouge. Le vert, une couleur habituellement rassurante lorsqu'elle n'était pas associée aux Serpentard, devait logiquement avoir été réservé pour l'antidote. Elle croqua alors dans la sucrerie, avala le morceau au goût qui se révéla un peu amer et attendit patiemment les effets pendant que sa peau se parcheminait.
Ce fut immédiat. Une brusque nausée lui monta à la tête et elle s'effondra par terre, sonnée. Elle voulut se relever, mais elle en fut incapable. Toutes ses forces l'avaient subitement quittée, la laissant tremblante et aussi molle qu'une poupée de chiffon.
Durant un moment, elle craignit que la friandise combinée à la potion de Vieillissement se soit changée en poison. Mais elle se força à rester calme et à ne pas imaginer le pire. En vérité, son plan se déroulait à merveille. Ces symptômes réalistes allaient duper Dumbledore sans aucun problème.
Rangeant dans la poche de sa chemise de nuit l'autre moitié de sucrerie qu'était son précieux antidote, elle s'étendit devant la cheminée, la respiration laborieuse, et attendit courageusement l'arrivée de Dumbledore.
À suivre... :)
