Suite des aventures de Harry, j'espère que ça vous plaira.
Réponse à mes Reviews Guest:
Babylon: Pas tout à fait encore, mais au moins, on sait déjà ce que c'est. Merci à toi d'avoir commenté, à bientôt.
Encore une fois, Mimi sembla presque contente.
-Pourquoi veux-tu savoir ça ? C'est la première fois qu'on me pose la question…
Harry en fut abasourdi.
-Tu veux dire que personne à l'époque, en te voyant revenir, n'a eu l'idée de t'interroger pour savoir ce qu'il s'était passé ?
Mimi secoua sa tête, faisant valser ses grandes couettes.
-Pas vraiment, répondit-elle en tordant sa bouche. Enfin, si ! Le professeur Dippet et le professeur Dumbledore ont bien essayé de savoir, mais je ne pouvais pas leur dire grand-chose…
-Peux-tu me dire ce que tu leur a dit ? Demanda Harry.
Mimi haussa les épaules.
-Bah… Je m'étais réfugiée dans les toilettes pour pleurer parce que Olive Hornby s'était moquée de mes lunettes… J'avais envie de me suicider… Et puis j'ai entendu une voix qui parlait une langue bizarre…
-Une langue bizarre ? L'interrompit Harry.
Il se demanda si il n'avait pas fait une erreur en voyant la jeune fille se retourner vers lui, apparemment furieuse d'avoir été interrompue.
-Oui, bizarre ! Des sifflements, des trucs comme ça ! Je n'ai pas compris un traître mot de ce que cette voix racontait ! Et puis je me suis aperçue que c'était une voix d'homme, alors j'ai ouvert la porte pour lui dire de FICHER LE CAMP ! Et là…
-Et là quoi, Mimi ?
-Et bien là, je suis morte… Se remit-elle à geindre…
Harry fronça les sourcils en frissonnant. Une voix d'homme. Des sifflements. Salazar, hein ?
Une salle à laquelle seule son Héritier pourrait accéder ?
Par les couilles de Merlin, il avait été un tel crétin ! C'était ÉVIDENT !
-C'est tout ? Tu ne te souviens de rien d'autre ?
Mimi secoua la tête en chouinant.
-Non, rien. Juste deux grands yeux jaunes…
-Où ça ? Demanda Harry.
Mimi tendit le doigt et désigna le lavabo devant sa cabine. Harry s'approcha. C'était le robinet qui était fermé lorsqu'il était arrivé. D'un air distrait, il essaya de faire couler l'eau.
-Il n'a jamais marché, l'informa Mimi. Même à mon époque…
-Il ne marchait pas non plus il y a mille ans, répondit Harry. Nous avons été si stupides…
Harry était conscient que l'on pouvait sentir une certaine affection dans sa voix. Il n'y avait que Salazar pour réussir quelque chose comme ça ! Il leur avait dit qu'il avait créé une salle secrète, les avais mis au défi de la trouver, et en avait caché l'entrée sous leur nez ! Tous leurs élèves finissaient par leur parler, tôt ou tard, de ce robinet en panne qui n'était jamais réparé ! Il avaient essayé tant et plus, mais sans jamais y arriver. Salazar avait tellement du rigoler ! D'ailleurs, il faisait parfois lui-même semblant de s'en occuper ! Le robinet récalcitrant avait fini par devenir une légende : quelque chose de défectueux que les Fondateurs avaient eux-même créé, et qu'ils ne réussissaient pas à réparer ! Harry se pencha et examina le robinet de plus près.
-Potter, l'appela une voix.
Il se retourna vers Snape qui l'observait, baguette au poing. Tous les professeurs avaient observé l'échange sans un mot, ce qui était étonnant pour Lockhart, et Harry soupçonnait le regard noir du professeur Malefoy d'y être pour quelque chose…
Snape s'avança vers le lavabo dans l'intention évidente de lui lancer une batterie de sortilèges pour détecter de la Magie Noire.
-Je ne pense pas que cela marche, professeur. Connaissant Salazar, il a du protéger l'endroit d'une façon spécifique…
-Je vous en prie, Monsieur Potter, laissez Severus essayer, demanda McGonagall.
Harry haussa les épaules et s'éloigna. Il vit distinctement Lockhart qui essayait d'ouvrir la bouche, sans doute pour dire que cela devrait être son rôle, mais si tout le monde remarqua la canne de Lucius Malefoy qui se posa brutalement sur le pied du professeur de DCFM, personne n'y prêta attention…
-Si cela peut vous rassurer, répondit Harry.
De toute façon, il était curieux lui aussi. Mais il doutait sincèrement que Snape trouve quelque chose. De fait, le potionniste essaya toute une batterie de sortilèges pendant une bonne demie-heure, apparemment sans résultat… Il finit par se retourner vers la directrice en secouant la tête.
-Si il y avait eu de la Magie Noire à l'œuvre, je l'aurais trouvée, Minerva. Il y a bien de la Magie ici, et de la Magie extrêmement puissante, mais elle ne semble pas vouée à tuer… Ni même à blesser…
McGonagall regarda Snape sans répondre, pendant que Harry s'approchait de nouveau.
-Soyez prudent, Potter, souffla McGonagall.
Pas besoin qu'on le lui dise. Quelqu'un était mort ici, un animal avait été pétrifié, il n'allait pas s'approcher de cet évier en dansant. Mais comme Snape, il ne sentait aucune intention maléfique ici. Ça ne ressemblait pas à Salazar. Vraiment pas. La Créature qu'il avait cachée ici ne l'avait pas été dans un but meurtrier. C'était censé être un cadeau, un ami pour son Héritier. Il y avait forcément un moyen…
-Ce n'est pas dangereux, répondit-il d'un air vague. Ce n'est que l'entrée…
Il passa distraitement la main sur le bord du robinet, et sursauta lorsqu'il sentit une petite bosse sous ses doigts. Curieux, il se pencha. C'était bien là. Il y avait un minuscule serpent gravé sur le bord. Si il regardait bien, il avait même un petit œil en émeraude…
Comment personne n'avait pu le remarquer ? Comment les Fondatrices et lui avaient-ils pu le manquer autrefois ? Harry supposa que Salazar avait du utiliser un puissant sort de dissimulation, qui ne se levait que lorsqu'on finissait pas savoir qu'il était là…
-C'est ici, dit Harry. Je pense qu'on ne peut accéder à la Chambre des Secrets que si on parle Fourchelangue…
Un grand silence suivit sa déclaration.
-Alors Serpentard était bien un Fourchelangue… Énonça Lucius Malefoy d'un air distrait.
-Bien sûr qu'il en était un, s'exclama Harry. Tout le monde le sait, son Familier était… Oh, Merlin ! S'exclama-t-il en plaquant une main sur sa bouche.
-Un serpent, compléta Snape.
-Pas n'importe quel serpent, répondit Harry d'une voix blanche. Salazar avait un Basilic, un Basilic aveugle de naissance… Un Basilic qui a eu des œufs !
McGonagall plaqua de nouveau une main sur sa bouche en poussant un petit cri, pendant que Snape et Malefoy pâlissaient eux-aussi. Lockhart ne disait rien, ce qui était exceptionnel, mais son regard vide laissait à penser qu'il ne suivait pas grand chose…
-Qu'est ce que c'est ? Intervint la voix rêche de Rusard.
Harry se frotta les yeux d'un air fatigué.
-Un Basilic naît d'un œuf de poule couvé par un crapaud. C'est sans doute l'une des Créatures les plus mortelles et les plus effrayantes du Monde Magique. Une goutte de son venin tue en quelques secondes, et son regard… Son regard peut tuer. Je suppose que c'est ce qui est arrivé à Mimi. Quant à Miss Teigne, elle a probablement vu le reflet du basilic dans la flaque d'eau. Mimi l'a sauvée en inondant les toilettes… Salazar voulait sans doute que… Que l'Héritier de son Familier soit le Familier de son Héritier…
-Mais dans ce cas, qui a fait sortir le Basilic, Monsieur Potter ? Interrogea Lucius Malefoy.
-Je n'en ai aucune idée. L'Héritier de Serpentard, vous le savez, est Tom Marvolo Riddle, plus connu sous le nom de Lord Voldemort, énonça Harry sans faire attention au tressaillement général que produisirent ses paroles. Mais il n'est pas présent dans l'école, je vous le garantis. Poudlard m'en aurait averti, et j'aurais sentit sa présence…
Harry se frotta le menton, réfléchissant.
-Je vais être honnête avec vous. Pour certaines raisons, que seuls les membres du Magenmagot peuvent comprendre, je possède le don de Fourchelangue. Je ne l'ai utilisé qu'une fois, sans comprendre à l'époque. C'était peu de temps avant l'arrivée de Hagrid, j'ai conversé avec un serpent en captivité dans un zoo, avant de le lâcher sur mon cousin dans un accès de Magie instinctive. Cependant, ce n'est pas moi qui ai réveillé le Basilic et ouvert la Chambre, je peux vous le jurer sous un Serment Inviolable…
-Et qui peut bien l'avoir fait, dans ce cas !? Gronda Rusard.
Harry le regarda d'un air calme.
-Il reste l'hypothèse de la Magie Noire. Peut être qu'un objet en rapport avec Salazar est entré, d'une façon ou d'une autre, dans Poudlard, et peut être que cet objet possède un étudiant, dit-il en coulant un discret regard vers Lucius Malefoy, qui pâlit imperceptiblement.
-Mais dans ce cas, quel élève ? Demanda McGonagall. Je n'ai rien remarqué d'anormal…
Harry hésita un instant.
-Je pense pouvoir faire une supposition, professeur. Cependant, sans preuves, nous ne pouvons rien faire. Contrairement à ce que tout le monde pense, ce n'est pas parce qu'il y a possession qu'il y en a forcément des traces. Salazar était extrêmement doué dans toutes les formes de Magie de l'Esprit. Ce sont aussi des capacités de ce genre qui lui ont valu le surnom d' « Homme-Serpent ». On disait de lui qu'il pouvait s'insinuer dans un esprit et y implanter une idée si discrètement que la personne ne s'apercevait même pas de sa présence ! Heureusement, il utilisait le plus souvent ce don sur moi, et rarement pour autre chose que des broutilles…
Harry rougit légèrement et s'interrompit. Salazar utilisait cette capacité lorsqu'il était occupé, à se battre ou avec un étudiant, et que son Serpent préféré avait envie de s'envoyer en l'air… Il toussota pour chasser sa gêne et reprit.
-Je ne doute pas que son Héritier soit aussi doué que lui dans ce domaine. Je suis désolé, vraiment ! Je pense savoir qui est possédé, mais je ne peux pas débarquer devant cette personne et fouiller ses affaires ou son esprit sur de simples allégations. Je veux dire, dans l'absolu, nous pouvons, mais dans les faits, c'est totalement illégal… Je pense que tout le monde va devoir s'attendre à une autre attaque, peut être même plusieurs… Nous ne pourrons agir que lorsque nous n'aurons plus le choix, n'est ce pas ? Peut être que le professeur Malefoy et vous, professeur McGonagall, en temps que membre du Conseil d'Administration de Poudlard et en temps que directrice, vous devrez jouer le jeu un moment…
McGonagall poussa un soupir.
-Je suis navré, Potter, mais je me sens impuissante… Je m'en veux de devoir encore me reposer sur vous, vous n'êtes qu'un enfant…
Harry sourit.
-Ne vous en faites pas, professeur. Cette fois encore, c'est entre Salazar et moi, quelque part… Il fait peut être ça pour moi, vous savez ? Pourquoi la chatte de Rusard, je n'en ai aucune idée, mais si il avait voulu la tuer, il aurait facilement réussi. Peut être qu'il ne l'a pas voulu. Nous nous sommes vus l'année dernière, alors peut être bien qu'il fait ça pour attirer mon attention ?
La vieille femme soupira de nouveau.
-Vous devriez aller vous coucher, Potter. Argus, venez, nous allons emmener Miss Teigne à l'infirmerie, d'accord ? Dit-elle en prenant le vieux concierge par le coude.
Rusard se retourna et lança à Harry un regard mauvais, mais la suivit, le corps de son chat dans les bras. Harry aurait aimé parler à Lucius Malefoy, mais il était évident que Severus et lui allaient discuter probablement pendant toute la soirée…
-Retournez dans votre dortoir, Potter, le renvoya le Maître des Potions. Merci pour votre aide.
-Bonne nuit, professeur Snape, professeur Malefoy, salua-t-il.
Et il parti, tout le monde oubliant Lockhart au milieu du couloir maudit…
