NdlA : Hello ! Me revoilà pour un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira. Ça redémarre comme en quarante, mais pour l'instant, doucement mais sûrement. J'avais oublié de vous dire que pour cette fic, mes amis, il vous faudra faire attentions aux moindres détails * ricane *, si vous ne voulez pas tomber des nues plus tard. Mais je me ferais un plaisir de vous rappeler qui est qui dans les notes de début de chapitre, pour ceux et celles qui auraont du mal à se souvenir des OCs. Pour l'instant, nous n'avons que Tsunaoka Toshi, qui est le propriétaire/serveur de la Maison du Combattant et Sandoval Willhelmina (Will) qui est la médecin légiste en chef du Bureau. Pour rappel, Kasei Joshu est la « vieille » qui supervise les inspecteurs.

Bien, un GRAND merci à Aria (bienvenue chez toi et à ton service!), Lou Celestial (merci pour tes commentaires et tes questions)TheMaskedShinobi et Arkaline (qui m'a bien fait rire avec son commentaire). Pour les suppositions, tu comprendras que je ne peux rien dire sans la présence de mon avocat (Bô-san)...Qui est aux abonnés absents, en ce moment, donc voilà ! Sans plus de blabla, je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 9 : Frustrations et fantômes

Kanehaya Oka dissimulait son inquiétude sous un masque impavide. La présence de son patient du jour dans la même pièce n'entrait pas en ligne de compte et pour cause : le docteur attendait des nouvelles d'un de ses subordonné, nouvelles qui se faisaient attendre, ce qui mettait le psychologue aux abois mais il était passé maître dans la maîtrise de ses émotions, ce qui était vital dans la société où il vivait.

Kanehaya Oka était devenu médecin du bureau chargé de la surveillance des psycho-pass des agents depuis maintenant dix-huit longues années. Sa carrière avait commencé presque en même temps que la sibylle, lorsqu'il était sortit major de sa promotion avec un doctorat de psychologie en poche. Il n'avait pas eu à postuler longtemps, étant donné qu'il avait été recruté sur les bancs même de sa faculté, lorsqu'il était âgé d'à peine vingt-trois ans. C'est ainsi que le Dr Kanehaya avait passé le l'autre moitié de sa vie à essayer de soigner les agents des forces de l'ordre qui luttaient contre la lie de la société, pour le bien de tous, et qui finissaient inéluctablement par devenir leur propres proies. C'était vraiment triste. Triste comme la vie qu'avait mené jusque là, le patient qui se trouvait en face lui et qui attendait patiemment que celui-ci en ait fini avec son monologue intérieur, ce qui n'aurait pas pu arriver avant.

« Excusez-moi, je me suis perdu dans mes pensées, s'excusa le médecin en souriant à son patient qui secoua la tête tranquillement.

— Ne vous en faites pas, senseï, lui répondit Ginoza. J'apprécie le silence de toute manière.

— Vous me semblez plus calme que la dernière fois où je vous ai vu, ou n'est-ce qu'une impression ? Interrogea le praticien en allant chercher sa tablette posée sur son bureau afin de consulter le dossier de son patient.

— Non, vous avez raison, acquiesça Gino presque étonné. Quelqu'un m'a dit quelque chose qui m'a fait réfléchir et j'ai décidé de relativiser.

— Quelqu'un ? s'intérressa le médecin, en levant la tête quelques secondes de sa tablette. Dites-m'en plus, Ginoza-san.

— Elle m'a fait comprendre que je m'inquiétais pour quelque chose sur laquelle je n'avais aucune prise et que je devrais lacher du lest.

— Elle ? Releva le psychologue. Vous avez donc rencontré une femme qui ne vous obéis pas, ou est-ce toujours la même? le raillât le médecin qui connaissait bien l'ex-inspecteur.

— Non, répondit laconiquement l'ancien porteur de lunettes. C'est une autre. A vrai dire, elle est ma nouvelle coéquipière et j'avoue que je ne sais toujours pas sur quel pied danser avec elle.

— Pourquoi ?

— Elle est inexpérimentée, inconsciente, têtue comme une mule et a un caractère de cochon, révéla Ginoza en soufflant.

— Mais ? Insista le psychologue.

— Quel âge avez-vous, Kanehaya-sensei ?

— Je vous demande pardon ? sursauta le praticien qui ne voyait plus où voulait en venir l'exécuteur.

— Quel âge avez-vous ? Je dois me faire une idée de votre âge pour me faire comprendre, lui expliqua Ginoza qui eut une fugace envie de sourire.

— J'aurais bientôt quarante-deux ans, capitula Oka.

— Vous ne les faites pas, je vous donnerais la trentaine, à tout casser. Bref, cette fille est jeune, très jeune. Elle a dans les vingt ans, mais se comporte comme si elle savait déjà tout, vous voyez ce que je veux dire ?

— Oui, sourit le médecin. A son âge, j'étais pareil, dit l'homme d'un ton conciliant. C'est donc cela qui vous plaît chez votre nouvelle coéquipière ?

— Je n'ai pas dit qu'elle me plaisait, sensei. J'ai juste dit qu'elle était...

— Inexpérimentée, inconsciente, têtue comme une mule et a un caractère de cochon, répéta Kanehaya-sensei. J'ai bien entendu, or, vous n'utilisez que des adjectifs négatifs à son égard qui sont révélateur de l'intérêt que vous lui portez et que vous essayez de tuer dans l'œuf, est-ce que j'ai tort ?

Ginoza regarda par-dessus l'épaule de son médecin pour se perdre dans la contemplation de l'hologramme qui habillait la baie vitrée du bureau et qui représentait un jardin japonais d'une extrême finesse. Est-ce que le médecin disait vrai ? Ginoza n'en était pas sur, mais ce qu'il savait c'est que s'il continuait à travailler avec Shimotsuki-san, il en viendrait certainement à l'apprécier, ce qui le terrorisait.

— Je sais que la vie n'a pas été tendre avec vous, Ginoza-san, reprit le médecin. Mais peut-être serait-il temps de cesser de vous cacher derrière votre carapace et de laisser entrer des personnes ? Ce que je m'apprête à vous dire ne va sûrement pas vous plaire le prévint le psychologue tandis que Gino hochait la tête. Vous avez vécut le fait que votre père et que votre coéquipier soient devenus des criminels latents, comme une trahison. Ce qui a toujours eut une influence directe sur votre manière de travailler et sur votre psycho-pass, sur lequel vous avez veillé jalousement et parfois de manière drastique. La mort de votre père dans vos bras ainsi que la fuite de Kôgami-san vous a entraîné dans les profondeurs et ce, sans aucun espoir de retour, c'est pourquoi vous êtes devenu exécuteur à votre tour, poursuivit-il pendant que Ginoza écoutait sans laisser sa colère transparaître à l'exception de la manière dont il serrait les accoudoirs de son siège.

En d'autre temps, Ginoza aurait envoyé le psychologue sur les roses avant de prendre congés, mais il était tenu de consulter toutes les semaines et la seule fleur que lui avait fait la Sybille, avait été de pouvoir le laisser consulter ce médecin, car celui-ci l'avait toujours suivi. A présent, Ginoza doutait : Était-il sûr de laisser quelqu'un d'extérieur à son unité, le connaître aussi bien ? Il expira par le nez et se calma imperceptiblement, même si le psychologue n'avait pas été dupe.

— Donc, je pense, poursuivait le médecin, que vous avez peur de vous lier avec des personnes parce que vous avez peur d'être encore une fois blessé, termina-t-il en se renfonçant dans son siège avant de laisser une minute à son patient pour bien intégrer ce qu'il venait de dire. Vous avez avoué, en début de conversation, que vous vous inquiétez pour des choses sur lesquelles vous n'avez aucune prise et je suis sure que le psycho-pass de votre coéquipière en fait partie, n'est-ce pas ? Pourtant, l'année dernière, vous m'aviez parlé d'une chose approchante, que c'est-il passé avec cette personne ?

— Elle est devenue ma supérieure et je suis devenu son chien numéro un, répondit Ginoza d'une voix où perçait son amertume.

— Est-ce que cela ne vous incite pas à faire confiance à cette jeune femme, tout en vous motivant pour la protéger ? Appuya le l'homme assit en face de Gino.

— Vous avez raison, sourit enfin le limier, plus pour en finir avec cette conversation dérangeante que pour abonder dans le sens de son interlocuteur. Après tout, dans le meilleur des cas, elle reste mon berger* et dans le pire des cas, elle me rejoindra dans ma cellule ! Termina-t-il en se levant pour prendre congés.

— Dans votre cellule, vraiment ? S'amusa le psychologue auquel le lapsus de Gino n'avait pas échappé. Ceci dit, avez-vous des pistes, concernant cette affaire de disparitions ?

— Des disparitions ? Non, désolés, nous ne travaillons pas sur cette affaire, vous devez vous tromper d'exécuteur, le détrompa Ginoza qui avait à présent hâte de fuir le bureau.

— Oui, ça doit être ça... » dit simplement le praticien en regardant Ginoza-san sortir de son bureau, droit comme un I.

Kanehaya-san était désolé pour l'exécuteur Ginoza. Lui-même avait été à l'origine des traitements psychologiques qui permettaient de redonner des teintes claires aux psycho-pass nuageux, mais le psychologue détestait ce que la Sybille avait fait de ses recherches. Elle avait réussit à le faire se détester lui-même, et il la haïssait pour cela.

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Ginoza marchait d'un pas rapide pour rejoindre le bureau de leur unité. Tsunemori avait battu le rappel des troupes et l'ancien inspecteur se demandait pourquoi Akane, qui était tout de même sensée être encore en congés, était-elle déjà au bureau. Il s'arrêta de mauvaise grâce devant l'ascenseur et appuya le bouton d'appel d'un doigt impatient. Tapant du pied, il regarda autour de lui avant de faire un mouvement rotatif avec sa chaussure droite, pour voir si sa cheville le tiraillait encore. Avec satisfaction, il nota qu'il subsistait toujours une gène, mais que c'était supportable. Il entendait encore le médecin le prévenir.

' Évitez simplement de faire du surf et votre cheville devrait terminer de se rétablir toute seule comme une grande.'

Comme si c'était son idée à lui, de faire du surf sur un talus ! Le point positif qu'il pouvait tirer de sa collaboration avec Shimotsuki, c'était qu'il ne mourrait sûrement pas de vieillesse ou d'ennui: La jeune femme le tuerais sûrement avant.

Retenant un énième soupir, il se recomposa un visage serein pour entrer dans l'ascenseur avant de capituler et finalement pousser un soupir à fendre l'âme. Devant lui se tenait justement sa coéquipière, habillé d'un pantalon anthracite, sur des bottine de même couleurs plutôt classes, selon lui. La seule chose qui clochait, était le maillot de corps en coton blanc porté sous une veste du bureau qu'elle portait en guise de haut.

« C'est très... commençât Ginoza en ce demandant comment il allait poser la question qui lui brûlait les lèvres, sans la froisser. Il m'avait semblé que vous aviez du goût en matière vestimentaire... »

' Loupé. ' pensât Ginoza, les mots venant à peine de franchir ses lèvres.

La jeune femme le regarda en souriant, à son grand soulagement.

« J'en ai, mais ce matin, j'ai eu la malchance de croiser Will alors que je tenais un café dans les mains. Elle ne m'a pas vue et m'a fonçé dedans, lui expliqua-t-elle d'une voix enjouée qui intriguait l'ex-inspecteur.

— Je vois avec bonheur que cela n'a pas semblé entaché votre bonne humeur, dit-il de bonne grâce, tandis que Mika lui adressait encore un sourire. Vous allez me prendre pour un fou, mais personnellement, je ne vois pas pourquoi vous souriez après vous être fait asperger de café, dit-il encore. Vous ne vous êtes pas brûlée, au moins ?

— Non, mais merci de demander, le remercia Mika, les yeux pétillants. En fait, vous avez raison, je ne souris pas parce qu'elle a ruiné ma tenue. En fait, je crois que c'est le nouvel exécuteur qui lui a fait cet effet-là.

— Le nouvel...Kagari ? S'étonna Ginoza. Qu'est-ce qu'il a encore fait ? demanda-t-il en s'attendant au pire, de la part du roux.

— Oh, rien, rassurez-vous. Il était seulement là, mais je pense que c'est sa présence qui a distrait Will, expliqua Mika avant de laisser échapper un petit rire.

Ginoza trouvait le son de son rire assez plaisant et il désirait ardemment que la jeune femme lui raconte la rencontre de ces deux personnages au caractère assez flamboyant. Il fallait que Ginoza se l'avoue à lui-même aussi, il voulait partager sa bonne humeur, même brièvement. Ou du moins, essayer.

— Racontez-moi, j'ai besoin de sourire un peu, moi aussi, l'incita-t-il avec une voix plus sèche qu'il ne l'avait voulu mais qu'il réussi à atténuer par un regard intéressé afin que sa collègue ne le prenne pas mal.

— Bah, j'aurais dit que c'était digne d'un film, débuta-t-elle en lui adressant un sourire en coin. Lui qui va se chercher un café ou autre à la cafétéria et elle qui en revient. Je n'avais pas vu Kagari-san, mais Will, elle, je l'avais vu, donc je l'ai interpellée. Hélas pour moi, elle a aperçu Kagari-san entre temps et m'a complètement oublié, c'est comme ça, qu'elle m'a finalement percuté et m'a privé non seulement de mon chemisier, mais aussi de mon café au lait, termina la jeune femme en riant tandis qu'ils sortaient de l'ascenseur.

— Hum, commenta Ginoza toujours aussi maussade. Vous auriez pu vous brûler gravement tout de même, et ces deux-là auraient dus se rencontrer dans un espace protégé, ou mieux, un bunker anti-atomique! bougonna-t-il en faisant attention de marcher à sa hauteur tandis qu'elle se battait avec la fermeture de la veste. Vous allez rester habillée comme ça toute la journée ?

— Hein ? Oh non, le rassura Mika. Je devrais récupérer mon linge bientôt, Will me l'a promis.

— Will, hein ? Vous êtes devenues amies ? lui demanda encore Ginoza qui se demandait intérieurement quelle mouche l'avait piqué et surtout, si c'était une bonne chose que ces deux-là soient amies.

— Je l'aime bien, lui répondit Mika. Elle est franche, fraîche et ne mâche pas ses mots, ce sont des qualités que j'apprécie.

— Je vois.

— Mais ne vous inquiétez pas, Ginoza-san, le taquina-t-elle. Puisque nous sommes coéquipiers, j'ai décidé que vous aussi, je vous aimerais bien » lui indiqua-t-elle avant de le planter dans le couloir, tandis qu'elle entrait dans le bureau en saluant les autres membres de l'équipe qui étaient déjà présents.

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L'arrivée enjouée de la jeune collègue d'Akane n'était pas passée inaperçue dans le bureau, puisque celui-ci donnait sur le couloir grâce à de grandes baies vitrées. Malgré la scène de ce matin, Shimotsuki avait l'air de bonne humeur et précédait un Ginoza plutôt mitigé, ce qui donnait un effet assez cocasse à voir. Yayoi, qui était concentrée sur son rapport qu'elle avait commencé à taper n'y avait pas prêté attention, mais rien n'avait échappé à Kagari qui sourit d'un air goguenard à Ginoza, lorsque celui-ci entra dans le bureau. Le brun l'ignora purement et simplement pour aller s'installer à son bureau et démarrer son ordinateur, tandis que le roux adressait un clin d'œil à Akane qui pinça les lèvres pour ne pas sourire.

« Bien, puisque tout le monde est là, nous pouvons commencer, annonça Akane en s'appuyant sur sa table. Je pensais vous faire venir plus tôt pour vous re-présenter notre nouvel exécuteur, mais puisque la plupart d'entre vous le connaissent déjà et que Mika-san s'est déjà présentée, cela ne me semble plus très utile. Ensuite, pour faire court, j'ai eu un appel du bureau ce matin, concernant une affaire que l'on va nous confier, mais je n'en sait pas plus que vous.

— Est-ce que cela concerne les personnes disparues ? Demanda Mika

Ginoza oublia momentanément de taper son mot de passe - 21112084 - et dressa l'oreille. Entendre parler pour la deuxième fois en l'espace de quelques heures, de la même affaire ne devait pas être une coïncidence, se disait-il.

— Non, je ne parle pas de cette affaire, la détrompa Akane. Bien que je sois surprise du fait que vous soyez au courant, Mika-san, s'étonna Akane.

— Je...j'en ai entendu parlé dans une boutique, s'expliqua Mika en bredouillant presque. Et j'ai aussi rencontré James Hamilton, l'inspecteur en charge de cette affaire, à la morgue.

— A la morgue ? Ah, oui, se rappela Akane. Oui, James Hamilton est l'inspecteur en chef de l'Unité trois et il est bien en charge de cette affaire. J'avais oublié que le troisième corps avait été déposé ici, cette nuit. »

C'était donc cela. Ginoza connaissait Hamilton, parce qu'ils étaient suivis par le même psychologue et que celui-ci était sur la même pente glissante que Ginoza en son temps. Cela expliquait pourquoi le psy les avait confondus, tous les deux, rien de bien mystérieux, pensait Ginoza avant que ledit Hamilton ne fasse irruption dans le bureau après avoir frappé deux coups rapides.

James Hamilton était un homme de taille moyenne qui en imposait malgré tout par sa voix grave et sa prestance qui lui venait d'un héritage britannique, du côté de son père. Il était brun avec des yeux de la même nuance que ses cheveux et portait une large cicatrice sur le côté gauche du visage, récoltée dans une rixe dans laquelle il avait été impliqué lorsqu'il était plus jeune et qu'il n'avait pas encore émigré au Japon. Celle-ci avait impressionné Mika, lorsqu'elle l'avait rencontré à la morgue, mais cela avait été sans aucune gêne que l'inspecteur en chef de l'unité trois, lui en avait expliqué l'origine parce que la jeune femme ne réussissait pas à en détourner le regard.

La cicatrice, fine trace de couleur légèrement plus claire que la peau de son visage, partait de sa tempe pour suivre le tracé de la mâchoire avant de se terminer un peu avant le menton de l'inspecteur. Ginoza avait toujours pensé que cette cicatrice devait ajouter au charme de celui-ci et qu'il devait en jouer auprès de la gente féminine, car il aurait très bien pu la cacher en se laissant pousser la barbe. Cela étant, l'ancien inspecteur connaissait assez Hamilton pour savoir que son apparence physique l'indifférait et que seule comptait l'opinion de sa femme à son égard.

« Excusez-moi, de vous déranger durant votre briefing, débuta-t-il de sa voix rocailleuse, mais la légiste m'a menacé de mille morts si je ne déposais pas ceci avant de partir sur le terrain, plaisanta-t-il en donnant la poche plastique qui renfermait ses vêtements à Shimotsuki-san.

— Merci, vous n'auriez pas du, lui dit Mika en ouvrant la poche pour en sortir son chemisier et sa veste.

— Quand un médecin légiste vous menace de mille morts, je peux vous assurer que vous prenez sa menace au sérieux, badina Hamilton en souriant à Mika avant d'adresser un signe de tête à Akane qui le lui rendit. Je suis heureux que vous alliez bien, Tsunemori-san.

— Moi aussi, lui assura Akane en souriant. J'ai entendu dire qu'une troisième victime avait été retrouvée, la nuit dernière ? demanda Akane, les sourcils froncés.

— Hélas, oui. répondit l'homme d'une voix sombre avant de faire une légère grimace. Cette affaire est un cauchemar : Trois victimes, beaucoup de témoins et tous se contredisent. Pas d'indices matériels et les corps ne présentent aucunes marques, ni aucuns résidus qui pourraient nous aiguiller, râla l'inspecteur.

— C'est sûr que sans rien, vous devez galérer » renchérit Mika avec compassion, avant que le téléphone fixe de Kunizuka-san ne se mette à sonner.

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Dérangée dans son travail de mémoire pour son rapport, Yayoi jeta un regard curieux à l'appareil avant de décrocher.

« Oui.

— Kunizuka Yayoi-san ? demanda une voix qu'elle ne connaissait pas.

— Elle même.

— Nous recevons pour vous un appel en PCV, souhaitez-vous l'accepter ?

Yayoi leva les yeux afin de réfléchir. Qui pouvait bien l'appeler en PCV ? Sa famille avait coupé les ponts avec elle quand elle s'était lancée dans la musique et Shion aurait utilisé la ligne interne, alors qui ?

— La personne vous a-t-elle dit de qui il s'agissait ? demanda encore Yayoi en hochant la tête à l'intention d'Akane qui lui faisait signe pour lui demander si tout allait bien.

— Désolée, la personne n'a pas souhaité décliner son identité. Prendrez-vous l'appel ?

— Allez-y, soupira Yayoi.

Après tout, comment savoir qui l'appelait si elle refusait le PCV ?

— Compris.

L'opératrice cessa de parler et une succession de cliquetis se firent entendre dans l'appareil. Kunizuka écouta distraitement Hamilton informer ses collègues que le troisième corps était celui d'une personne portée disparue comme les autres, avant de se concentrer sur son correspondant, car ce n'était plus la standardiste, qu'elle avait au bout du fil. Elle le savait par la différence de tonalité qu'elle percevait, ainsi qu'à la respiration hachée de la personne qui choisit ce moment pour parler.

— Yayoi, c'est toi ? chuchota la personne.

Yayoi sentit comme si on venait de lui donner un coup en plein visage. Elle avait les oreilles bourdonnantes et ne voyait plus rien autour d'elle. Entendre la voix de cette femme l'avait ramené presque quatre ans en arrière.

Cette voix.

Sa voix.

Elle n'aurait jamais cru l'entendre à nouveau et surtout pas au bureau après avoir accepté de recevoir un appel en PCV de sa part.

Même après toutes ses années, Yayoi l'avait reconnue immédiatement. Pendant tout ce temps passé derrière les barreaux, puis en tant que chienne de chasse, Yayoi avait maintes et maintes fois imaginé ce qu'elle lui dirait si un jour, elles étaient amenées à se revoir. Mais le discours savamment préparé avait été comme effacé de sa mémoire à cet instant précis. Si bien que tout ce qu'elle pu répondre fut un simple « Oui », et le soupir de soulagement que poussât la dame ne fit que renforcer le dégoût de Kunizuka pour son manque de volonté.

— Yayoi, je sais que nous ne sommes pas quittées en bon termes, mais j'ai besoin de ton aide, chuchota rapidement la femme.

— Pourquoi ferais-je cela ? répondit sèchement la grande brune à voix basse, heureusement couverte par la discussion animée qui avait lieu dans leur bureau.

— Tu n'as aucune raison de m'aider, mais je te le demande comme une dernière faveur.

' Une dernière faveur ? ' releva l'exécutrice en luttant contre son inquiétude pour celle qui n'était plus son amie.

— Dans quoi t'es tu encore fourrée ? l'interrogea Yayoi en chuchotant furieusement.

— Je suis dans la merde jusqu'au cou, admit la jeune femme. Mais ce n'est pas pour moi que j'ai peur, poursuivit-elle avant de marquer une pause.

— Rina ? l'appelât encore Yayoi. Rina, où es-tu ?

— Je dois faire vite, il ne va pas tarder à se douter de quelque chose, si je tarde trop. Yayoi, je … J'ai, balbutia ladite Rina. Le tuer n'était pas vraiment dans nos plan, mais il a perdu la tête. J'ai peur Yayoi. Tellement peur que me faire attraper par ton bureau est le dernier de mes soucis, au contraire, je veux me rendre !

— Qui avez-vous tué ?! Mais attends, te rendre ? Répéta Yayoi incrédule. Tu n'as jamais voulu te rendre, Rina ! C'est pour ça que j'en suis là, aujourd'hui et tu me demande de t'aider à te rendre ? Pourquoi maintenant ? Réponds moi et ne me ment pas ! Lui ordonna Yayoi en oubliant de parler à voix baisse.

— Parce que je ne suis plus... ! »

La communication fut coupée brutalement.

N'entendant que la tonalité, Yayoi fit un sourire blasé au combiné qu'elle s'efforça de reposer sur son socle dans casser celui-ci, avant de se lever pour aller prendre l'air sans égards pour ses collègues qui la suivirent du regard avant de reporter leur attention sur Hamilton qui s'apprêtait lui aussi à prendre congés.

' Yayoi, tu t'es encore fait avoir. Franchement, est-ce que je croyais vraiment qu'elle se rendrait de son plein grès ? Bien sûr que non.

Les gens ne changent pas avec le temps. Ils apprennent juste à mieux se cacher.'

Amère était un euphémisme, pour décrire l'état dans lequel était Hound 2 lorsqu'elle sortit du bureau.

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Après le départ de Yayoi et de l'inspecteur Hamilton, le silence régna quelques minutes seulement dans la pièce avant que les communicateurs des agents présents n'émettent des bruits indiquant le réception d'un nouveau message. Mika, lu rapidement le mail de Kasei Joshu qui ne contenait que quelques lignes et plusieurs pièces jointes.

L'affaire qui leur était confiée était apparemment celle d'un braquage qui avait mal tourné. Un dépôt d'arme du centre avait été attaqué par un groupe de personnes non-identifiées qui avait dérobé une vingtaine d'arme de poing obsolètes et interdites car dépourvue de contrôles Sibyllins.

Mika eut un frisson en lisant la suite.

Le gérant du dépôt avait tenté de s'opposer à leurs agresseurs et avait été battu sévèrement jusqu'à que l'un des malfrat ne réussisse à arrêter celui qui rouait de coups le gérant. D'après les témoins, il s'agissait d'une femme, car lorsqu'elle avait empêché son collègue de battre à mort le pauvre homme inconscient, son collègue l'avait frappé à son tour et elle était alors bléssée lorsqu'elle s'enfuit. La dernière ligne du message écrit les informait que le gérant avait succombé à une hémorragie interne sur la route de l'hôpital.

Shimotsuki poursuivit sa lecture en ouvrant la première pièce jointe qui était une photographie de la scène crime. Le désordre qui y régnait ainsi que les traces de sang qui recouvraient le sol laissait penser qu'il s'agissait de l'endroit où le gérant avait été battu. La deuxième pièce jointe, était, elle, un relevé des ADN qui avaient été relevés sur la scène de crime et seul l'un d'entre eux avait été reconnu par Sybille.

Un ADN féminin qui correspondait à un nom qui fit réagir Ginoza.

« On est pas sortis de l'auberge, dit-il en levant les yeux sur Mika et Akane qui conservaient un visage neutre afin de montrer à l'exécuteur qu'elles ne voyaient pas ce qu'il voulait dire.

Il soupira avant de leur expliquer où il voulait en venir.

— Takizaki Rina était la chanteuse du groupe Prophecy. Groupe dans lequel Kunizuka était guitariste avant de se faire attraper par des agents parce qu'il s'agissait d'un groupe de rock non autorisé par la Sybille » les renseigna Gino avant de jeter son stylo sur la table et de se renverser sur son siège.


NdlA : Chapitre, un peu plus court que les autres, mais impossible de couper ailleurs sans faire un travail de boucher. Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Vous souvenez-vous de qui est Rina ? Comme dit au début du chapitre, j'espère que vous suivez bien =)

Pour ceux et celles qui ont la flemme d'aller faire des recherches, on se donne rendez-vous au prochain chapitre ! Bisouilles !