« Ainsi, l'eau qui passe sous la roue du moulin ne moudra plus jamais le grain. »
Qui garde les gardiens ?
Chapitre 9
Les expériences qu'il menait sur mon corps et mon esprit étaient multiples et douloureuses, issues d'arcanes dont je ne connaissais rien. Je ne me posais pas beaucoup de questions sur leur fonctionnement. J'étais complètement fermée à toute compréhension de la magie ; je la réservais à une autre classe d'individus - une sorte d'élite - à laquelle je ne faisais pas partie. Chacun avait son rôle dans ce monde, et je n'étais pas faite pour celui-ci. L'on n'apprend pas à un oiseau comment nager, pas plus qu'à un poisson comment voler.
Chaque jour cependant, je me retrouvais enfermée dans ce même bureau à côtoyer des artefacts magiques de toute sorte, à nettoyer les restes des expériences et à ranger ce qui traînait sur des étagères pourtant déjà débordantes. Une quantité phénoménale d'objets, amassés sur plusieurs années, s'entassaient ici sans qu'ils n'eussent jamais servi ou très peu. Certains retenaient mon attention plus que d'autres, mais jamais au point de susciter un réel intérêt ou un émerveillement suffisant ; la crainte et l'ignorance me les faisaient reposer presque aussitôt après les avoir saisis.
Je n'étais pas autorisée à faire autre chose dans le bureau ; il n'avait besoin d'une main d'œuvre que pour l'assister au rangement, semblait-il. Pourquoi ses sbires ne pouvaient-ils pas s'en charger eux-mêmes, je n'en savais rien et je n'avais pas osé le lui demander. A un être comme lui, l'on ne demande jamais rien, pas plus qu'on ne lui adresse la moindre parole si on a le choix. Il est bien trop effrayant de croiser son regard dans l'attente désespérée d'une réponse, qui diffère bien souvent de celle que l'on espère.
J'essayais au maximum de ne pas regarder ses yeux, même quand c'était lui qui les plongeait dans les miens avec une intensité plus que dérangeante. C'était comme se retrouver prisonnière une deuxième fois, tétanisée par une frayeur sans nom et un pouvoir sans forme... Personne n'était en mesure de lire qui s'animait au fond de son regard, mais sous l'effet d'une résistance d'apparence naturelle, nul ne s'efforçait à essayer de s'en approcher plus que nécessaire pour le découvrir. De ce fait, j'avais pris le temps de me familiariser avec mon environnement et de regarder les choses qui se trouvaient éparpillées autour de moi. A défaut de pouvoir m'entretenir avec le maître des lieux sur cet endroit, les lieux allaient devenir leur propre porte-parole et me livrer leurs secrets dans le plus grand des silences. Une confidence interdite, une alliance improbable. Presque une trahison…
Des grimoires, des cartes, des dessins de runes... Tant de choses qui pour moi n'avaient aucune utilité ni aucun sens, mais qui pour d'autres devaient sans doute valoir plus que ma vie. Des langages d'autres peuples dont j'ignorais les vocables, la prononciation, la grammaire et l'histoire s'étalaient tout autour de moi... C'était comme si tout le monde se fut trouvé sous mes yeux, que j'avais à portée de main la clef de chacune des civilisations, de leur savoir et de leurs souhaits mais que j'étais indigne d'y pénétrer et d'y avoir accès. Je m'en sentais frustrée et rejetée.
Néanmoins, voyant que ma soumission – ou ma crainte à son encontre – était telle que je n'avais tenté aucune rébellion jusqu'à présent, j'avais été exemptée d'entraves magiques depuis peu. Une sorte de confiance tacite semblait avoir pris racine entre lui et moi. Mais que croyait-il au juste ? Que j'étais son alliée et que j'allais accepter de le seconder jusqu'à ce qu'il n'eût plus besoin de moi ? J'en doutais fort: en dépit des apparences, il était bien loin d'être stupide... Ce genre qu'il se donnait, ce n'était qu'un miroir de façade visant à tromper les gens. Si j'avais été un tout petit peu moins lucide, je ne cache pas qu'il aurait fonctionné sur moi.
Il n'y avait pas si longtemps encore, je me trouvais gratifiée de décharges magiques en guise de punitions pour peu que j'essayasse de lutter contre la puissance de mes liens. N'importe qui avec une haute image de lui-même n'aurait guère supporter aussi longtemps que moi cette situation d'asservissement et de dégradation individuelle. Toutefois, je n'avais pas les moyens de me considérer autrement. Depuis l'endroit reculé où j'avais toujours vécu, la notion de dignité et de fierté n'avait que peu d'importance, l'on était capable de mettre l'une et l'autre de côté, surtout quand elles étaient subordonnées à la nécessité. L'on n'a pas de mérite à se monter fier ni à se croire supérieur à celui à qui l'on demande de la nourriture quand on a faim. Le peu de fierté et d'estime de moi que j'avais acquis n'étaient que le résultat de mes rares prouesses au sein de l'armée.
Un long processus de perfectionnement de soi donc, mais aucun talent inné. Mon seul mérite était d'avoir persévéré.
Je regrettais cependant l'absence d'une qualité qui m'eut sans doute servi à l'heure actuelle : une capacité de discernement immédiat, une clairvoyance innée, une culture établie... Tant de choses que je n'avais jamais appris à développer en moi, croyant que cela ne m'aurait jamais servi, mais qui m'auraient permis sur l'instant de donner sens à des formes et des détails qui n'étaient pour moi que des symboles ornementaux. Tant de choses qui me rendaient aussi ordinaire que n'importe qui, et donc incapable de sauver qui que ce soit – à commencer par moi-même. A présent que j'avais recouvré un semblant de liberté, il ne me restait plus qu'à attendre le bon moment pour m'engager dans les recoins les plus secrets du lieu. Cet endroit était si immense que je refusais de croire que tout était déjà à porter de regard. Un être comme mon geôlier devait forcément avoir des secrets dissimulés un peu partout…
°Oo°oO°
J'ignorais le décompte total des jours qui s'étaient écoulés en ce lieu de misère. La notion du temps m'avait échappé depuis que j'avais frôlé la mort, peut-être même un peu avant. J'avais relégué aux oubliettes l'espoir de voir un jour surgir des renforts pour nous porter secours. Peut-être les gens à la Citadelle avaient-ils déjà porté notre deuil et nous avaient remplacés, si toutefois il était coutume de porter le deuil des soldats disparus. J'avais essuyé là une grosse désillusion par rapport à la vie, me croyant supérieure ou tout du moins égale à tous ceux qui m'entouraient. J'avais oublié que j'étais payée pour mon métier de garde – une solde assez conséquente par ailleurs –, qui me reléguait au rang d'arme intelligente que l'on envoie combattre pour soi à défaut d'y aller soi-même. Une technique vieille comme le monde qui ne m'était pas inconnue, mais qui, je ne savais trop pour quelle raison, me laissait un goût amer en bouche. N'avaient-ils réellement que si peu de considération pour nous ? Avais-je vraiment cru que j'allais recevoir un traitement de faveur, uniquement parce que j'étais la fille du Roi ? Je m'étais moi-même refusée ce statut, j'avais gardé pour moi toute notion de parenté avec la royauté. Le Roi lui-même ignorait mon existence, et il l'ignorerait probablement à vie. Je n'étais au final que punie de ma propre présomption. Ce châtiment était le mien. Je n'avais eu que ce que je méritais…
― C'est intéressant de voir que rien en toi ne pousse à définir pourquoi l'épée t'a choisie, me dit-il en me gratifiant d'un sourire moqueur. Tu es d'une banalité déconcertante.
― Peut-être bien parce que l'épée ne m'a tout simplement pas choisie, rétorquai-je en haussant les épaules, tachant de paraître indifférente. Peut-être que vous me surestimez, et que vous avez une idée fausse de moi.
― Peut-être as-tu raison : peut-être que l'épée ne t'a pas choisie, et dans ce cas-là... Tu ne me sers plus à rien.
Il se saisit brusquement de l'épée et se rapprocha de moi si vite que j'eus à peine le temps de discerner le mouvement. A peine avais-je cligné des yeux que la pointe de ma propre lame se retrouvait pointée sous ma gorge, le poids de ma vie ne tenant plus qu'à elle seule. Il imbriqua une faible pression sur ma peau, et un filet de sang se répandit le long de ma gorge, son odeur métallique ne tardant guère à me monter au nez et à me faire fermer les yeux de résignation. J'attendis la mort mais elle ne vint pas. Lorsque je rouvris les yeux, l'arme n'avait pas bougé, mais elle rougeoyait d'une lueur dansante et vive – magnifique. Ma respiration se calma cependant que je ne pouvais détacher mon regard de cet objet qui m'avait autrefois pleinement appartenu – du moins en étais-je convaincue.
― Tu apprendras tôt ou tard que je ne me trompe que rarement lorsque je dis quelque chose. Je ne me fais pas de fausses idées sur ton compte : cette épée t'a bel et bien choisie. Toutefois...il est vrai que je me fourvoie peut-être lorsque je prétends qu'il y a une raison à cela. Peut-être y en a-t-il aucune, et dans ces conditions tu aurais simplement eu de la chance.
Je fus bien incapable de répondre un mot tant la stupeur m'avait saisie jusqu'à m'en couper le souffle. Un sourire étira ses lèvres une dernière fois, puis il essuya l'épée et la rangea avant de me libérer et de m'ordonner de passer le balais dans toute la pièce. Je le fis une fois son départ, tout en me questionnant sur la pertinence de ses propos. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée que l'épée pût être une entité vivante ayant la possibilité de choisir son détenteur – et que je fusse celui-ci. Ashlam m'avait remis en main propre cette arme, en me disant d'en faire bon usage. Il savait déjà qu'elle allait me servir. Savait-il aussi que je serais "choisie" ?
°Oo°oO°
Il y avait des fois où je n'étais pas autorisée à demeurer dans la pièce, quand il estimait que les expériences qu'il menait ne me concernaient pas – ce qui arrivait assez souvent. Apparemment, il n'y avait pas que l'épée qui l'intéressait, mais je n'en savais guère plus. Dans ces moments-là, j'étais renvoyée dans l'aile Est, un espace restreint et peu imposant et plus ou moins vide si l'on omettait la richesse incroyable d'une antique bibliothèque paraissant vieille de plusieurs siècles. Très peu de choses semblaient récentes en ce lieu. Je crois bien que je n'avais jamais vu autant d'ouvrages entassés au même endroit, même si je n'avais guère eu l'occasion d'avoir à faire à une multitude de livres lors de ma formation ou même ailleurs. Il m'était déjà arrivé de me saisir d'un ouvrage et de feuilleter son contenu d'un rapide coup d'œil pour me distraire, bien que mes préoccupations fussent toutes autres. Comment pouvais-je décemment décider de pallier à un manque de culture immédiat quand la nécessité me commandait expressément de faire quelque chose de sensée, tant pour ma condition que pour celle de mon entourage ? J'avais beau avoir perdu la notion du temps, je n'avais pas oublié qu'il s'écoulait inexorablement. Et que je le gaspillais indéniablement par ma lenteur d'esprit.
Pourtant...
Pourtant quand je venais ici, je n'arrivais pas à penser à autre chose, comme si mon esprit était engourdi, trop las pour fonctionner. Des songes trop lourds s'abattaient sur moi, une atmosphère trop épaisse m'empêchait de maintenir mes sens en état d'alerte. Il n'eut guère été une surprise pour moi d'apprendre qu'un enchantement entourait la pièce. J'étais complètement perdue, désorientée. Je ne savais pas quoi faire pour me soustraire de son emprise. Il ne me laissait jamais tranquille, même lorsque nous n'étions pas ensemble. Son identité et ses projets accaparaient toutes mes pensées et faisaient naître en moi des frayeurs instinctives. J'essayais de faire au mieux pour ne pas me laisser submerger par ces émotions qui ne feraient qu'annihiler toute volonté d'agir, cependant ce n'était pas chose facile. J'étais seule, faible et désemparée. Je n'avais personne sur qui compter sinon moi-même, et cette perspective était bien loin de m'enchanter. Une petite voix en moi me sommait de tenter une action malgré tout – peut-être même la dernière que je ferais – afin d'essayer de renverser la situation… Quoiqu'il pût m'en coûter.
Des jours passèrent ainsi sans que rien de nouveau ne troublât ce qui était devenu ma routine. Il se servait toujours de moi pour ses expériences, mais non plus pour celles relatives à l'épée. Tout portait à croire qu'il s'était effectivement fait à l'idée que c'était bien par chance que j'avais été choisie, et non suite à une caractéristique particulière. Il n'était pas rare que les choses de la vie fussent le résultat d'un agencement aléatoire d'événements eux-mêmes imprévus, pourquoi serais-je une exception à la règle ? J'endurais à présent la douleur sans un sourcillement, les cicatrices parsemaient mon corps comme le décompte des jours passés dans cette prison. Et s'il y avait bien une chose que je devais faire pour entamer ma libération, c'était d'abord de me soustraire de l'emprise de la douleur tant physique que mentale.
Nous étions seuls dans la pièce. Une énième expérience venait d'être achevée, et je me tenais assise sur la table à masser mon bras endoloris. La douleur me brûlait comme si j'étais restée beaucoup trop longtemps au soleil, sans qu'il n'y eût cette fois-ci le moindre stigmate. C'était une nouveauté et je n'étais guère habituée à ce genre de sensations. Pour le moment, du moins. Je ne savais pas à quoi cela rimait, si même il allait y avoir une fin à cela. Je ne voulais rien lui demander ; mes yeux, comme à leur habitude, ne cherchèrent pas à rencontrer les siens. Aussi fus-je surprise, lorsque ce fut lui qui m'adressa la parole :
― Penses-tu que la vie puisse être éternelle ?
Je demeurai interdite, incapable de croire ce qui venait de se passer. Mon regard croisa le sien, et pour la première fois depuis que je me trouvais prisonnière ici, j'y vis de l'incertitude, du doute. De l'humanité. Une once d'espoir. Cette dernière tarit bien vite toutefois, ma lucidité ne m'autorisa pas longtemps à me bercer d'illusions – mes souvenirs et mes stigmates non plus. Cet homme, il était indéniable, ne pouvait être bon. Ce ne serait pas lui qui m'aiderait. Cependant, son questionnement et son attitude réveillèrent en moi un instinct, ou quelque chose que je n'étais pas en mesure de décrire ni même d'identifier, à tel point que je doutais l'avoir même éprouvé un jour. Et si je me fourvoyais malgré tout ? Se pouvait-il que la réelle personne qui eut besoin d'aide ici, ce fut lui ?
― Je… Je ne sais pas, admis-je, confuse. Sans doute pas pour tout le monde. Les Elfes sont bien immortels, mais c'est une caractéristique propre à leur peuple, qui entraîne des conséquences sur lesquelles eux-mêmes ne peuvent influer.
― Vois-tu, la vie est comme un fleuve, commença-t-il en empilant ses papiers sans aucune émotion, ni prise en compte de mes paroles. L'eau qui passe la roue du moulin ne moudra plus jamais le grain. Ainsi la vie, une fois écoulée, ne pourra plus jamais animer le corps de celui qu'elle a habité pendant des années. Mais s'il arrivait que l'on puisse opérer un changement dans ce schéma linéaire… Si de cette ligne, l'on pouvait faire un cercle, pour que la vie reprenne continuellement.
― Je ne saisis pas, avouai-je clairement, bien que je sentisse la peur s'insinuer doucement en moi. Je pressentais que ces prochaines paroles n'allaient pas me rassurer, sinon pis encore.
― Trouve le moyen de retenir l'eau d'un fleuve, et tu pourras en faire un lac. Trouve le moyen d'exploiter ce lac, et plus jamais tu ne manqueras d'eau.
― Donc en fait…
Ce fut là que je réalisai où il voulait en venir, et ce que tout cela signifiait. J'étais complètement abasourdie.
― Trouve le moyen de retenir la vie, et tu pourras ne plus craindre la mort. Trouve le moyen d'exploiter la mort, et plus jamais tu ne manqueras de vie…
― C'est à peu près ça, acquiesça-t-il avec un doux sourire.
Un sourire doux, qui donnait à son visage une expression calme et sereine. Un air que je n'aurais jamais pensé voir chez lui, trop habituée à y voir une ambition malsaine, nourrie par de noirs idéaux. Cela semblait avoir disparu sur l'instant, et je me demandai ce qui animait vraiment ses actions. Quelle légitimité dissimulaient ses actes et toutes les horreurs qu'il nous avait fait subir ? Y avait-il cependant une raison suffisamment forte pour que ses actions pussent être réellement légitimes ? Un silence accueillit les minutes qui suivirent cet échange; il n'avait rien de pesant ni de dérangeant, je l'occupais à réfléchir à des questionnements qui me trottaient dans la tête.
― P…Pourquoi faire tout ça ? demandai-je à ma plus grande stupeur, n'ayant pas remarqué que j'avais formulé cette idée à voix haute.
― Une question qui n'est pas dépourvue de sens, mais à laquelle je ne suis pas obligé de répondre si je ne le souhaite pas.
― Je souhaite pas être ici, je n'ai jamais souhaité quoique ce soit d'ailleurs sinon remplir ma mission de soldat. Pourtant, je suis bien ici et la seule chose que je désire à l'heure actuelle c'est de pouvoir en sortir, rétorquai-je en sentant la colère poindre en moi, ne redoutant guère les foudres que j'étais susceptible de m'attirer par une trop grande prise de confiance.
― Tu y es contrainte, tu n'as pas le choix, répondit-il en me foudroyant du regard. Je ne suis contraint à rien venant de toi, tu n'as pas la force susceptible de me faire faire quoi que ce soit Yselda. Mes motivations ne regardent que moi, mes raisons ne sont pas les tiennes. Ne te montre pas trop familière avec moi, nous ne sommes pas sur un pied d'égalité. La seule raison pour laquelle tu es encore en vie, c'est parce que j'ai besoin de toi pour accomplir mes projets et non parce que j'éprouve à ton égard une sympathie quelconque. Prends garde à ne pas l'oublier, je pourrai te tuer simplement parce que j'en aurai envie.
Sur ce, il quitta la pièce d'un pas vif, me laissant seule avec ma mon irritation et mes craintes redoublantes.
°Oo°oO°
Je devais savoir. J'éprouvais le besoin de savoir ce qu'il se passait sous mon nez sans que je comprisse, car je ne pouvais laisser croître dans l'obscurité un mal qui finirait forcément par sortir au grand jour. Je serais en partie responsable des dégâts qu'il causerait, uniquement parce que je n'avais voulu penser qu'à moi seule en ne faisant rien pour l'empêcher. J'avais l'intime conviction – une conviction farouche –, que pour faire taire mes craintes je devais me rendre dans l'aile Ouest. L'aile qui m'était interdite. Là où, je l'avais supputé depuis quelques temps désormais, étaient rassemblés les résidus des expériences menées à part moi. Une partie de mon être ne pouvait refouler l'angoisse qui la gagnait dès lors que je pensais à ce qui pouvait bien s'y trouver. Rien que d'y songer rendait mes mains transpirantes, mais je m'y rendrais.
J'attendis longtemps le soir venu afin d'être sûre que personne d'autre n'irait errer dans les couloirs. Faire une mauvaise rencontre était bien la dernière chose que je désirais. En dépit de ma crainte, j'étais résolue et déterminée car je sentais au plus profond de moi que le sommeil me serait refusé si je me bornais à rester dans ma chambre. En théorie, cette partie du lieu n'était guère fréquentée, aucune sentinelle n'y passait, mais je ne savais si c'était par respect des ordres ou par méfiance (légitime). Dans tous les cas, lorsque je m'extirpai de ma paillasse pour partir en exploration, j'avais froid, bien que je brûlasse du feu de la volonté. Fragile volonté que la mienne toutefois, qui avait l'air de me rapporter peu en comparaison de ce que je mettais en jeu.
Mon devoir de soldat était de mettre tout mon pouvoir à l'œuvre pour faire régner l'ordre et éradiquer définitivement toute menace susceptible de porter atteinte à la paix commune - ou individuelle. J'avais prêté serment, juré sur mes ancêtres, et je n'étais pas encore morte pour en être exemptée.
Quand je sortis de l'endroit reclus où je dormais, je fus brutalement frappée par le silence. Je n'avais jamais remarqué à quel point celui-ci était pesant. Mais l'était-il réellement ? Ou bien le poids de la mission qui m'incombait rendait tout infiniment plus lourd, même l'immatériel ? Je ne pris pas le temps de m'y attarder plus, je préférais procéder vite avant que la crainte ne m'ôtât toute force et ne me clouât au sol, incapable de bouger. Je trouvais ça pitoyable de se servir de la peur comme force moteur, et je déplorais plus encore que ce fût une technique qui fonctionnât sur moi.
J'arpentais les couloirs à pas feutrés, n'étant pas certaine des directions que j'empruntais, m'arrêtant à chacune des intersections afin de prêter l'oreille à la vie nocturne qui semblait aussi silencieuse que la mort – la paix du tombeau. Cette précaution me rassurait plus qu'elle ne paraissait me faire perdre du temps.
Cependant, après une traversée calme et sans contretemps dont j'ignorais la durée, je me figeai devant la porte qui menait à l'aile Ouest. Je notai que, de l'ensemble du lieu, il s'agissait de la seule partie non éclairée. En effet, aucune des torches pendues au mur ne brûlait ; l'endroit était plongé dans le noir de ce qui semblait être le berceau même des ténèbres. J'expirai en tremblotant, comme si j'avais eu froid. L'incertitude me gagnait de plus en plus, la pertinence de mes actes méritait d'être revue…
Au final, je parvins à me ressaisir et m'emparai de la torche allumée la plus proche avant de me jeter dans la pénombre sans plus de réflexion. Je fus surprise de constater que ce n'était pas une aile mais davantage un sous-sol, comme une sorte de crypte, qui s'enfonçait profondément sous la terre. J'eus l'impression désagréable que mes pas résonnaient plus fort sur les marches, que chaque écho se répercutait contre les murs en s'amplifiant davantage à chaque rebond. Sur les quelques mètre du début, il n'y eut rien, mais soudain un brasero apparut au milieu du passage. Du bois inusité se trouvait à l'intérieur, prêt à être allumé. Alors que je m'approchais pour l'enflammer de ma torche, un cri guttural retentit non loin de moi et me fit lâcher la torche dans le feu sous la panique. Je me maudis aussitôt d'une telle réaction précipitée qui venait de me faire perdre ma seule source de lumière mobile.
Fort heureusement, la clarté que j'en retirai me permit d'entrevoir les contours flous et imprécis de ce qui ressemblaient à des cellules, si on s'en référait à la présence des barreaux de part et d'autre du couloir. Il n'y en avait pas autant que l'on pourrait se figurer par rapport à l'endroit où j'avais été enfermée. De plus, leurs dimensions pouvaient surprendre car énormément larges et hautes. Peu communes donc. Une main décharnée sortait de l'une d'elles: ses doigts tordus semblaient vouloir agripper quelque chose que je ne voyais pas. Mais ils tremblaient, aussi. Puis brusquement, la main rentra dans la cellule où des reniflements bruyants me parvenaient. Quelqu'un pleurait ? Stupéfaite et prudente à la fois, je m'avançais en essayant de respirer le moins possible afin de ne pas me faire entendre. Je sentais mon cœur palpiter, le sang affluer à mon cerveau. Je n'étais pas loin d'entendre des cris retentir de toutes parts… Je pris garde de m'arrêter à une distance raisonnable afin de ne pas être vue.
Mais je regardais avec effroi ce qui se tenait tapis au fond de la cellule, recroquevillée sur elle-même. Une hideuse créature, que même les pires songes ne sauraient dépeindre. La peau semblait grise, épaisse et bien que le monstre humanoïde fût maigre d'apparence, on ne voyait pas ses os ni le travail de ses muscles. Sa taille était normale, similaire à la plupart des hommes que j'avais connus. Les quelques cheveux qui lui restaient étaient sans doute blanchis par le manque de lumière ; une entrave autour du cou, fixée sur le sol au centre de la cellule, l'empêchait de se mouvoir au-delà d'une certaine distance. Il n'avait pas estimé que lui lier les mains et les pieds était nécessaire et je compris pourquoi : la créature était aveugle, semblait-il. La couleur de ses yeux était d'une blancheur nuageuse, rappelant le brouillard épais ou de la fumée d'un feu étouffé par des feuilles.
Je ne saurais expliquer pourquoi j'étais persuadée que cette chose n'avait pas toujours été ainsi, qu'elle avait sans doute été humaine autrefois. Qu'avait-elle fait pour finir ici, subissant un tel sort ? Je voyais sur son visage déformé par des terreurs sans nom une tristesse profonde qui suscita ma sympathie, ma compassion, ma pitié. Je voulais lui venir en aide. Mais à un être comme cela, l'on ne pouvait offrir que la mort en guise de libération. Si elle avait pu elle-même se l'octroyer, il était indéniable qu'elle l'aurait fait. La créature renifla et sembla se détendre un peu, cependant que je m'approchais davantage de la cellule pour me mettre juste en face d'elle. D'étranges sons furent alors émis, dans un registre désespéré, implorant. Une prière, peut-être ? Mais quelle entité surpuissante pouvait entendre ce qui se tramait, ici ? Quelle miséricorde était-il possible de souhaiter ?
― Bonjour, fis-je doucement.
L'être se redressa d'un seul coup et se jeta sur les barreaux avec une telle force que je reculai par réflexe, retenant de justesse le cri que je m'apprêtais à lâcher. Il agita les mains dans les airs, griffant ce qu'il ne pouvait atteindre. Il était déraisonnable de s'approcher plus. Mais je fis deux pas en avant.
― Je ne vous veux aucun mal, promis-je en essayant d'adopter un ton rassurant et calme. Je veux juste sortir d'ici, m'en aller. Est-ce que… Est-ce que vous pouvez m'aider ?
La colère de la créature s'apaisa au bout de quelques instants, sa respiration devint plus régulière puis elle retourna au centre de la pièce avant de s'asseoir et de ne pas me quitter des yeux, bien qu'elle ne pût me voir. Quelques secondes s'écoulèrent encore, un râlement rauque lui échappa puis l'humanoïde me tourna le dos définitivement, me laissant seule face à moi-même. Mes yeux, dorénavant accoutumés au manque de lumière, ne distinguèrent que des corps inertes sur le sol des autres cellules, où des choses indéfinissables semblaient s'être passées. Comment était-il possible qu'une telle cruauté eut pu s'exercer ? Les individus qui gisaient là n'avaient plus rien d'humain que la silhouette et une profonde angoisse m'empêcha de déglutir convenablement. Je n'étais pas capable d'expliquer ce qui avait eu lieu. Je manquais de peu de vomir mais…
― Yselda ?
― Winleth? répondis-je en accourant aussi vite que possible vers la voix. Winleth c'est toi ?
Il n'y avait pas assez de lumière ici pour que je pusse distinguer ses traits mais la joie de le savoir en vie me submergeait. C'était lui, vraiment lui, il était là avec moi… Les larmes me vinrent aux yeux et je laissais mon soulagement s'exprimer sans retenue. Il vint au plus près des barreaux et parvint à entrelacer ses doigts avec les miens, mais son visage demeura dans la pénombre. Je n'avais jamais touché des doigts aussi glacés.
― Est-ce bien toi, Yselda ?
Je crus percevoir dans sa voix autant de stupeur que de soulagement.
― Oui, c'est bien moi. Tu… Tu ne peux pas me voir même de là où tu es ? Je sais qu'il fait sombre, mais tu es un elfe et…
― Qu'est-ce que tu fais ici, tu es seule ? me demanda-t-il abruptement.
― O-oui, je suis seule, fis-je, déroutée par ce ton qu'il n'avait jamais employé avec moi. Personne ne sait que je suis venue ici. Mais il faut qu'on se dépêche de sortir d'ici Wintleth, le temps n'est pas à la discussion. Je dois trouver le moyen de te libérer. Est-ce que tu as vu une chaîne ou quelque chose ? Il n'y a pas de serrure sur les cellules, un mécanisme doit les actionner.
― Je ne peux plus rien voir Yselda, me coupa-t-il, plus aucune chose vivante.
― Comment ce…
― Je vois d'autres choses maintenant, enchaîna-t-il rapidement, je vois des silhouettes, beaucoup de silhouettes autour de toi. Il y en a une, je la vois, qui se détache du groupe et pose sa main sur ton épaule, il me semble. Je ne vois pas son visage ni n'entends sa voix…
― Winleth, coupai-je à mon tour, tremblante, qu'est-ce que tu racontes enfin ? Il n'y a que moi ici et si tu es aveugle, comment peux-tu voir de…
Je savais ce qu'il voyait, mais je ne voulais pas l'admettre. Cela ne pouvait pas être vrai, cela n'était pas possible…
― Je te l'ai dit: je ne vois plus aucune chose vivante. Mais hâte-toi de sortir. Laisse-moi ici, je ne serai plus d'aucune utilité à présent que je ne vois plus que la mort.
― Ne dis pas des choses pareilles enfin! J'ai besoin de toi : tu dois m'aider à nous sortir d'ici. Il est hors de question que je parte sans toi à mes côtés.
― Je ne ferai que te retarder, si nous nous faisons prendre c'est la fin pour nous deux. Mais tout n'est pas perdu pour toi si tu agis vite et bien.
― Non, je refuse de t'abandonner. Tu viens avec moi, je prends le risque et en assume les responsabilités. Maintenant je t'en prie: cesse de discuter et aide-moi. S'il te plaît, Winleth !
Mon empressement acheva de le convaincre. Winleth réfléchit ce qui me parut être une éternité puis me donna des directives:
― Continue sur environ dix pas, à ta droite tu tomberas sur une série de chaînes. Tire-les toutes: cela ouvrira les cellules et nous délivrera de nos entraves… Ensuite nous aviserons selon les directives.
― Winleth, de quelles directives tu…
― Les silhouettes qui s'animent ont un langage significatif. Ne perds pas de temps !
Je hochai la tête et me précipitai à l'endroit indiqué, où je saisis l'ensemble des chaînes avant de toutes les tirer vers le bas et d'entendre le déclic salvateur de la libération. Je me pressai de retourner vers Winleth et de l'aider à se relever. Tout courbaturé qu'il était, il dut se reposer sur moi avec force le temps de retrouver son équilibre et de se souvenir de la façon dont fonctionnaient ses jambes.
― Hâtons-nous hors d'ici, murmurai-je doucement avant de l'entraîner par la main.
― Non ! Attends! Yselda, attends… Tu ne peux pas partir sans… ton épée. Ne pars pas sans elle, reprends-la-lui. Tu en auras besoin.
― On n'a pas le temps Winleth, contredis-je en secouant la tête bien qu'il ne pût le voir. Tant pis pour l'épée…
― Non, maintint fermement mon ami. Non, cela est sérieux. Tu dois la récupérer.
― Mais je ne sais même pas où elle se trouve! couinai-je de désespoir.
― Ils voient tout… Fais-leur confiance, et laisse-les te guider à-travers moi.
Je n'eus pas le choix, le ton de Winleth ne laissait place à aucune discussion. Je fus contrainte d'accepter malgré ma faible croyance en la réussite de cette entreprise qui ne m'apparaissait pas nécessaire. Ce n'était qu'une épée, certes particulière, mais rien de plus qu'un objet si magique fût-il. On pouvait reforger des épées. Pas une vie.
Winleth ne cessa de me donner les informations de manière concise, bien que je demeurasse toujours perplexe quant à ce qui pouvait bien nous guider. J'avais du mal à admettre que de telles forces pouvaient être à l'œuvre. Je me faisais guider par des êtres dont le repos n'aurait pas dû être troublé… Au final, je parvins malgré tout à récupérer mon épée, qui se mit à rougeoyer lorsque je m'approchai d'elle. La saisir me redonna confiance et me donna l'impression de pouvoir affronter n'importe quel ennemi approchant. J'avais toujours été douée à l'épée… En dépit de mes réticences, j'étais heureuse de l'avoir retrouvée - j'en aurais sans doute jubiler si le temps ne nous faisait pas autant défaut…
Très vite, nous reprîmes ce qui comptait vraiment à mes yeux: notre fuite. Winleth me guida toujours, et ma main enserrait toujours la sienne qui s'était réchauffée. Néanmoins je le sentais encore très faible, fragile… Nous repassâmes près de la crypte-prison. Au moment même où nous voulûmes la dépasser, la créature que j'y avais trouvée surgit des ténèbres et nous barra la route. Je m'arrêtai net, empêchant du bras Winleth de continuer.
― Que se passe-t-il Yselda ? Qu'y a-t-il ?
― Chut… Ne fais pas le moindre geste, lui murmurai-je en essayant de le faire reculer sans quitter la créature des yeux.
Celle-ci poussa un cri assourdissant et s'avança vers nous à pas lent, fixant sans couleur dans notre direction. Elle ne pouvait pas nous voir mais elle savait où nous trouver avec exactitude. Dans ses oreilles lui parvenaient nos souffles apeurés, dans son nez allaient se cacher l'odeur de notre peur. Instinctivement, ma main avait glissé jusqu'à ma lame, que je me savais prête à utiliser le moment venu. J'espérais n'avoir pas trop perdu la main depuis…
Sa figure était encore plus déformée qu'auparavant, de sa bouche coulait de la bave gluante. Une odeur de mort s'échappait de son corps telle de la chair moisie. Sa poitrine s'élevait et s'abaissait à un rythme effrayant, anormal. Ses membres décharnés tressaillaient sans raison apparente. Elle n'était plus effrayée cette fois-ci, elle était en colère. Elle réclamait vengeance pour son emprisonnement. Je voulus lui parler, lui adresser une parole pour lui dire que nous n'étions pas celui qu'elle cherchait à atteindre, mais la confusion me rendait muette comme une pierre. Le temps semblait s'être figé autour de moi, je ne voyais plus que cette monstruosité s'avancer doucement vers nous avec une forme de délectation malsaine. Comment cet être avait-il pu être humain autrefois ?
― Halte là ! cria une voix derrière nous.
Je me relevais de la position de combat que j'avais adoptée et vis la créature se redresser également : non… Pas lui, pensai-je.
Sa bouche s'ouvrit en grand, révélant des dents tout à fait normales mais terrifiantes sur l'instant. Son rugissement me fit grincer des dents et, avant même que je m'en fusse rendu compte, elle avait sauté au-dessus de nous pour le rejoindre. Il s'était finalement réveillé… Mes poils se hérissèrent le long de mes bras, cependant que Wileth m'engagea à continuer. J'obéis, entendant derrière moi des bruits de lutte, de coups portés et… de magie lancée. Une sorte de wouf me parvint et la créature hurla de douleur, un cri aigu signifiant tellement de souffrance qu'il me fit frissonner d'appréhension. Si nous nous faisions prendre… Il n'y avait qu'une fenêtre en face de nous, et au moment où je pris appuis dessus, je me rendis compte qu'il n'y avait rien en-dessous de nous. Rien sinon le court d'un fleuve si noir sous la pénombre de la nuit que je ne pouvais en voir le fond. Prendrait-on le risque de sauter ?
― Winleth…
― Saute Yselda.
Je sautais.
La chute ne dura que trois secondes. La froideur de l'eau me paralysa l'espace d'un instant, mais je me repris assez vite pour remonter à la surface. J'entendis un cor résonner au-dessus de nous, signe que l'alarme venait d'être donnée. Je fis de mon mieux pour nager jusqu'à Winleth et l'aider à ne pas se noyer, mais le courant était fort et je n'avais pas assez de force pour nous maintenir tous les deux à la surface. Je luttais contre les éléments et contre moi-même, refusant de capituler et de mourir de la sorte alors que nous avions finalement réussi à sortir d'ici. Mais c'était difficile.
Si difficile…
Ce chapitre a eu du mal à sortir, surtout que j'ai dû réécrire la fin parce que ça devenait n'importe quoi - disons plus que maintenant...
PROCHAIN CHAPITRE: RENCONTRE AVEC ARAGORN ! (Yay, enfin)
Il me tarde de l'écrire, après tout c'est surtout sur l'évolution de leur relation que se base l'essentiel de la fiction ! Je vous promets que pendant un moment l'on va se détacher de l'ambiance... obscure, pour retourner sur quelque chose de plus "basique" et de plus connu. Malheureusement, les chapitres mettront toujours autant de temps à sortir, mais j'essaye de les gaver (de manière cohérente) un maximum afin que vous ayez quelque chose à lire de consistant. Je vous remercie toujours autant de votre présence à mes côtés dans cette aventure, et nous avons d'ailleurs atteint les 30 followers, ce qui est une toute première pour moi. Un remerciement tout particulier à celles et ceux qui prennent le temps de commenter, pas nécessairement tous les chapitres mais de temps en temps, car cela me permet de discuter avec vous et de savoir ce qui vous plaît !
Prenez soin de vous mes petits,
Lhenaya.
Réponse aux reviews (sans compte):
JennaHope:
Merci de te montrer chaque fois si indulgente avec moi, mais je me sens comme obligée de répondre à certains engagements vis-à-vis de l'accord implicite que j'ai passé avec vous, lecteurs. Or la régularité sinon la rapidité de publication doit en faire partie, et malheureusement c'est le premier défaut que l'on peut souligner dans mon travail... Heureusement néanmoins que tu fais partie de mon lectorat, car une fois que tout le monde m'aura lâché parce que l'attente sera devenue trop longue et insupportable, au moins seras-tu toujours là ! J'ai conscience que l'histoire progresse trèèès lentement et que de multiples questions surgissent à chaque fois - ce qui est normal, vu que la majorité de l'histoire se déroule sous le point de vue d'Yselda, qui est elle-même larguée la plupart du temps (pauvre petite).
Donc mon "méchant psychopathe" est, comme tu as pu le constater ici, quelqu'un qu'il vaut mieux ne pas fréquenter si l'on ne désire pas avoir de contact direct avec la mort.
Oh, je m'incline à tes pieds et ceux de tes huit personnalités sans plier les genoux (en vrai c'est pas possible) pour tant de magnanimité à mon égard ! Très légère romance il y aura en effet, mais bien plus tard dans la fiction (une fois que quelques autres trucs se seront passés avant).
Ma petite Yselda réfléchit en effet beaucoup même si la plupart du temps ça ne sert à rien (ou presque). Au fond, je crois que nous-mêmes réfléchissons de la sorte... si c'est bien le cas, je crois que j'ai réussi à la rendre aussi réelle que nous et je crois que ce sera mon plus grand succès. Yselda n'est pas réellement une "héroïne", elle ne cherche pas à se démarquer des autres, à renverser l'ordre ou que sais-je encore. Elle veut vivre selon des principes, car elle incarne davantage le sens de l'engagement et la droiture que l'action et l'impulsivité. Elle possède sa propre vision du bien et de ce qui est juste, qui peut différer parfois de celle des autres (comme tu as pu le voir ici quand elle parle de son rôle au sein de l'armée).
T'inquiète pas pour les pavés, j'aime lire autant que vous (héhé).
Plein de bisous,
Lhena
Guest:
Bonjour à toi Guest, ta participation active à la fiction me va droit au cœur. S'il t'arrivait de repasser par ici, n'hésite pas à mettre un petit nom histoire que je puisse m'adresser à toi de manière plus intime - on est comme une grande famille ici. N'hésite pas non plus si tu veux me faire part d'autre chose, à moi ou aux autres lecteurs d'ailleurs je me ferai un plaisir de faire passer le message en début ou fin de chapitre.
Tes retours seront toujours plus agréables à lire que mes chapitres (de mon point de vue, du moins) et j'ai moi-même hâte de voir ce que vous penserez des évolutions de l'histoire.
Bien à toi,
Lhenaya
